Journée de réflexion 2018 La psychiatrie dans le canton de Berne La sécurité IT dans les cabinets
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Le magazine de la
No 6 Société des Médecins
decembre 2018 du Canton de Berne
Sujets de cette édition
Journée de réflexion 2018
La psychiatrie dans le
canton de Berne
La sécurité IT dans les
cabinets
doc.be 06/2018 Editorial 1Les soins médicaux de base du point
de vue de la psychiatrie
Selon les statistiques des pays de l’UE (y compris la Suisse),
en une année, 38 % de la population est confrontée à des
troubles mentaux. Le traitement de ces troubles fait partie des
soins m édicaux de base. Il arrive souvent que les médecins
généralistes traitent également des dépressions, des troubles de
l’anxiété et des addictions et que les psychiatres gèrent les
troubles somatiques.
En d’autres termes : nous, les psychiatres, apportons également
une contribution importante aux soins de base. Selon l’OFSP,
une coopération étroite et bien coordonnée entre les différentes
professions de santé est essentielle pour les soins de base.
Nous avons un objectif commun : ensemble, nous soutenons la
salutogenèse, les structures familiales et professionnelles. Pour
y parvenir, nous avons besoin de plus d’échanges entre les
spécialistes. Dans mon quotidien de médecin, je travaille avec
différents partenaires et interlocuteurs : des physiothérapeutes,
des ergothérapeutes et des thérapeutes complémentaires
mais aussi des services de soins psychiatriques à domicile, des
services sociaux et bien sûr avec des médecins généralistes.
Le maintien de tous ces contacts dépasse souvent les ressources
d’un seul cabinet. Ce qu’il faut, c’est une nouvelle cohésion
et une nouvelle reconnaissance de la part de l’État et des assu-
reurs maladie.
Des soins de base communs, tels que je les souhaiterais,
apporteraient une nouvelle répartition des rôles et, surtout, une
communication plus interdisciplinaire. Poser des questions
est l’une de nos compétences fondamentales en tant que méde-
cins. Pensons à poser cette question à nos collègues en 2019 :
quo vadis ? Il suffit d’une question pour entamer un nouveau
dialogue.
Dr méd. François Moll
Vice-président de la Société des Médecins du Canton de Berne
2 doc.be 06/2018 EditorialContenu Remarque personnelle
5 Pas d’économies pour
les frais de santé
Ces dernières semaines, le service de
soins à domicile de Berne (Spitex) a
solidarité n’a pas été rédigé par la SMCB
et que la collecte de signatures a été ef-
La journée de réflexion de la SMCB de approché de nombreux membres de la fectuée sans en informer la SMCB et sans
cette année était consacrée à des SMCB pour une campagne de signatures. son consentement. Néanmoins, dans
sujets sensibles. La raison de cette campagne fut une dé- l’absolu, le Comité partage les préoccu-
cision du Tribunal fédéral selon laquelle pations de l’association d’aide et de soins
10 Psychiatrie : davantage
de mise en réseau, des soins
les frais de matériel pour les plaies et les
soins ne doivent plus être pris en charge
à domicile de Berne.
plus personnalisés et plus par les caisses d’assurance-maladie.
d’offres ambulatoires
Le colloque 2018 sur la psychiatrie s’est Dans un appel aux responsables des
concentré sur le développement futur organisations d’aide et de soins à domi-
de la psychiatrie dans le canton de Berne cile du canton de Berne, l’Association
et sur la mise en réseau des différents Spitex du canton de Berne a faussement
acteurs. prétendu que cette campagne de signa-
tures avait lieu en concertation avec la
12 Les jeunes prennent leur
avenir en main
SMCB et a joint un prétendu courrier de
solidarité de la SMCB. Le Comité exécutif
Cette année, MEDIfuture a attiré plus de la SMCB constate que le courrier de
de 400 futurs et jeunes médecins à Berne.
La Société des Médecins du Canton
de Berne a participé à l’événement et
disposait de son propre stand.
15 La sécurité informatique est
du ressort des patrons
Les cabinets médicaux peuvent être
la cible des cybercriminels. Pascal
Lamia explique ce à quoi les médecins
doivent faire attention.
18 Le Big Data nécessite une
interprétation humaine
Les acteurs du système de santé ne
peuvent pas faire l’impasse sur la trans-
formation numérique, mais ils peuvent
la façonner. Test d’aptitude à la conduite :
désormais en ligne et à partir
de 75 ans
À partir du 1er janvier 2019, les automobi- main, ont été remplacés par un outil en
Mentions légales listes devront se soumettre à un examen ligne nommé BEmedko. Le contenu du
doc.be, organe de la Société des Médecins du médical tous les deux ans pour vérifier processus n’a pas changé. Les médecins
Canton de Berne ; éditeur : Société des Médecins leur aptitude à la conduite uniquement sont guidés dans ce programme Web
du Canton de Berne, Postgasse 19, 3000 Berne 8 / à partir de 75 ans. Parallèlement, le d’une manière analogue au format papier
paraît 6× par an ; responsable du contenu : Conseil fédéral relève de 70 à 75 ans la actuel.
comité directeur de la Société des Médecins du limite d’âge pour les médecins cantonaux
Canton de Berne ; rédaction : Marco T ackenberg, habilités à effectuer des examens de La connexion à BEmedko se fait au
Simone Keller et Markus Gubler, service de médecine du trafic. moyen du nom d’utilisateur et du mot
presse et d’information de la SMCB, Postgasse 19, de passe personnels attribués par HIN.
3000 Berne 8, T 031 310 20 99, F 031 310 20 82 ; Dans le canton de Berne, l’Office de la Afin de pouvoir être identifiés individuel-
tackenberg@forumpr.ch, keller@forumpr.ch, circulation routière et de la navigation lement, les médecins ne peuvent pas se
gubler@forumpr.ch ; annonces : Simone Keller, a modifié le système de contrôle médi- connecter au moyen d’un compte groupé
keller@forumpr.ch ; conception / layout : Definitiv cal le 1er novembre 2018 (cf. newsletter (p. ex. cabinet de groupe).
Design, Bern ; impression : Druckerei Hofer SMCB du 22.08.2018 et du 16.11.2018).
Bümpliz AG, 3018 Berne ; photo de couverture : Le formulaire d’inscription et la feuille Plus d’informations : www.be.ch/bemedko
Fridolin Marty, photo prise par Marco Zanoni d’anamnèse, remplis aujourd’hui à la
doc.be 06/2018 Quoi de neuf ? 3Pas d’économies
pour les frais
de santé
Que faut-il penser des mesures prises par
le Conseil fédéral pour réduire les coûts
dans le domaine de la santé ? Quel peut être
le coût des soins de santé ? Quelles seraient
les conséquences d’un budget global ? La
journée de réflexion de la SMCB de cette
année était consacrée à des sujets sensibles.
Hans-Peter Kohler, membre Texte : Sandra Küttel, direction de aux États, de rédiger un rapport d’exper-
du Grand Conseil et médecin : secrétariat SMCB tise. L’objectif : proposer des mesures de ré-
« Notre profession doit Photos : Marco Zanoni duction des coûts pour diminuer les coûts
résoudre les problèmes elle- de la santé. Un rapport contenant 38 me-
même et parvenir à un sures a été présenté. Le Conseil fédéral a
accord avec les partenaires Peu de temps avant la date clôture de la rédaction, lui-même défini les mesures prioritaires et
sociaux. » nous avons reçu la triste nouvelle qu’Urs Roth avait les a soumises pour consultation. La pé-
mis fin à ses jours. Le comité de la SMCB exprime riode de consultation dure jusqu’à fin 2018.
ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses
proches et à ses amis. Au fil des ans, la Société FMH : « des allégations non fondées
des Médecins du Canton de Berne a entretenu un et de fausses données alimentent
échange extraordinairement constructif avec Urs le débat »
Roth et Visana. Les primes d’assurance-maladie sont-elles
effectivement si lourdes à porter pour le
budget d’un ménage sur deux comme on
a pu le lire dans le journal gratuit « 20 mi-
nutes » le 15.08.2017 ? Nora Wille, colla-
boratrice scientifique personnelle du pré-
La direction de la SMCB a discuté avec des sident de la FMH, Jürg Schlup, a évoqué
intervenants de haut niveau sur les « Me- lors de la réunion à huis clos une étude
sures du Conseil fédéral contre la hausse représentative du Moniteur de la santé gfs
des coûts de la santé ». Lesquelles doit-on 2018. L’étude de l’institut gfs présente une
rejeter, lesquelles doit-on accepter et que image quelque peu différente : 5 à 11 % de
se passera-t-il ensuite ? la population considèrent les primes d’assu-
rance-maladie comme un problème. 54 %
Voilà ce qui s’est passé jusqu’ici : fin 2016, des personnes interrogées les trouvent éle-
le conseiller fédéral Alain Berset a chargé vées, mais supportables, pour 28 % d’entre
un groupe d’experts internationaux prési- elles les primes ne posent aucun problème.
dé par Verena Diener, ancienne conseillère Beaucoup de bruit pour rien ? Non, car les
doc.be 06/2018 Journée de réflexion 2018 5Graphique : évolution du PIB Frais de santé
en comparaison avec les PIB
coûts de santé au cours des AOS
15 dernières années
(source : economiesuisse)
700 000
600 000
500 000
400 000
300 000
en 1000 CHF par année
200 000
100 000
0
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
coûts de la santé sont une charge lourde economiesuisse : tout est une
pour 800 000 personnes. C’est donc un pro- question de proportions
blème à prendre au sérieux. Pour Fridolin Marty, économiste et res-
ponsable de la politique de santé chez eco-
Des mesures sont nécessaires. Il est évident nomiesuisse, tout est une question de pro-
qu’il faut d’abord empêcher les prestations portions : le produit intérieur brut (PIB) de
médicales inutiles ou évitables. Toutefois, la Suisse est nettement supérieur aux coûts
les experts ne sont pas d’accord sur le po- des soins de santé (voir graphique). En
tentiel d’économies : l’Office fédéral de la d’autres termes : nous pouvons nous per-
santé publique (OFSP) s’appuie sur des es- mettre ce système de santé. Toutefois, cela
timations d’experts et estime le « potentiel ne s’applique pas à un groupe important :
d’amélioration de l’efficacité » à 20 %. Rien les primes d’assurance-maladie absorbent
ne le prouve et l’OFSP ne précise pas non presque toutes les économies des ménages
plus où ce potentiel pourrait être réalisé. avec un seul revenu et avec deux enfants.
Où peut-on vraiment faire des « De nos jours, rien n’est gratuit »
économies sans que cela ne fasse Comme Fridolin Marty l’a montré, les fi-
mal ? nances cantonales seront beaucoup plus
La FMH considère l’EFAS – le fi nancement grevées par les dépenses de santé que ré-
uniforme des prestations ambulatoires et compensées par l’augmentation des recettes
stationnaires – comme un important po- fiscales. Il n’est donc pas surprenant que les
tentiel d’économies. Du point de vue de parlementaires voient la nécessité d’agir
la FMH, le rapport d’expertise n’est pas sur les coûts des soins de santé. Et lorsque
à la hauteur. Si les soins de santé sont de le législatif s’active, cela conduit générale-
plus en plus transférés vers le secteur am- ment à de nouvelles lois. Plus les dépenses
bulatoire, comme l’a décidé l’OFSP avec sont élevées, plus il y a de réglementations.
la réglementation « l’ambulatoire avant le Le problème : chaque mesure entraîne des
stationnaire », il en résultera à terme une conséquences indésirables.
augmentation des primes. C’est pourquoi
l’EFAS est nécessaire, exige Nora Wille, Par exemple, les montants forfaitaires in-
consultante FMH. Sans EFAS, il n’y a pas citent à contrôler les coûts, mais peuvent aus-
d’ambulatoire avant le stationnaire – tel est si mener à la sélection des patients. D’autre
le mot d’ordre. part, les remboursements de prestations
individuelles n’incitent guère à contrôler
6 doc.be 06/2018 Journée de réflexion 2018Le regretté Urs Roth, CEO les coûts, alors que, dans le même temps, « La profession médicale doit prendre son
de Visana, lors de la journée la sélection des patients suscite peu d’inté- destin en main et se battre pour un système
de réflexion en août 2018. rêt. Et qu’en est-il de « l’ambulatoire avant de santé libre avec un esprit de libre entre-
le stationnaire » ? Fridolin Marty a mis en prise », déclare Fridolin Marty.
garde contre ses conséquences lors de la
journée de réflexion : plus le secteur finan- Le point de vue de l’assureur maladie
cé solidairement est grand, plus l’influence La présence du CEO de Visana, Urs Roth,
du politique sera importante. Le politique à la journée de réflexion, a prouvé qu’il est
sera donc impliqué dans les décisions thé- possible de collaborer d’égal à égal avec les
rapeutiques à l’avenir. partenaires tarifaires. Il a offert son aide
dans la recherche de solutions. Urs Roth
economiesuisse estime également qu’il est a vu dans la structure du personnel de son
nécessaire d’agir dans le domaine du finan- entreprise que les primes d’assurance-ma-
cement des services ambulatoires et sta- ladie posaient un problème pour une par-
tionnaires : un tarif différent conduit à une tie de la population. En effet, chez Visana
« distorsion du choix du traitement due au de nombreux collaborateurs sont unique-
remboursement », explique M. Marty. eco- ment occupés à réclamer les primes d’assu-
nomiesuisse considère également que sans rance-maladie impayées.
EFAS, il n’y a pas d’ambulatoire avant le
stationnaire. Les assureurs disposent de trois leviers qui
leur permettent d’influer directement sur
Que faire ? la croissance des coûts de l’assurance-ma-
Quelles sont les recommandations d’econo- ladie obligatoire : ils peuvent réduire leurs
miesuisse à l’intention du corps médical ? propres coûts administratifs, contrôler les
D’abord et avant tout, nous devons éviter factures de manière cohérente en utilisant
de jouer au Pierre Noir : moins les parte- les critères EAE et mener des négociations
naires sociaux sont d’accord, plus la méde- tarifaires dans les secteurs ambulatoire et
cine d’État se développe. Le corps médical stationnaire. Cependant, deux de ces trois
devrait coopérer avec les autres professions leviers ne sont pas très appréciés des pres-
médicales, les assureurs maladie et l’indus- tataires de services et des assurés.
trie et chercher des solutions. M. Marty voit
un grand potentiel dans la numérisation. Visana soutient la majorité des mesures du
Les médecins doivent s’adapter à cette Conseil fédéral soumises à consultation.
tendance. Pour l’assureur, les principales priorités
doc.be 06/2018 Journée de réflexion 2018 7Nora Wille : « Selon le sont l’abolition du principe de territoriali- mental. L’exigence d’un budget global fait
Moniteur de la santé gfs 2018, té, l’introduction d’un système de prix de défaut dans ce paquet. Du point de vue du
5 à 11 % de la population référence et l’ajustement des marges de rapport d’expertise, ce serait la mesure la
considèrent que les primes commercialisation. Le principe « ambula- plus rationnelle. Pirmin Bischof suppose
d’assurance-maladie sont toire avant stationnaire » et le financement que le budget global sera inclus dans le deu-
un problème. 54 % des uniforme des prestations ambulatoires et xième paquet de mesures, qui sera adopté
personnes interrogées les stationnaires étaient également des prio- en 2019 après les élections fédérales du
trouvent élevées, mais rités pour Urs Roth. Il voyait un potentiel mois d’octobre. Selon Pirmin Bischof, « il
supportables. » d’économies dans la planification régionale est préférable de prendre des décisions en
des soins de santé et le Health Technology toute sérénité après les élections, plutôt
Assessment HTA – l’évaluation de la per- qu’avant. »
formance basée sur des méthodes scienti-
fiques par rapport aux critères EAE. L’article expérimental a été bien accueilli
au Parlement. « Le fait que l’on teste les
Quelle est la prochaine étape ? Urs Roth choses est une bonne idée, la nécessité
s’est montré pessimiste lors de la journée d’agir est bien là », a déclaré M. Bischof
de réflexion. Chaque changement suscite avec conviction. Le poids des primes sur
des oppositions. En fin de compte, on ferait les budgets familiaux augmente. M. Bischof
un référendum pour que malgré tout rien est également sceptique quant à la possibi-
ne change. lité de réaliser des économies de 20 % sans
limiter les prestations.
Les politiques conseillent de
rester serein L’exigence d’un budget global est beaucoup
Le haussement d’épaules semble être l’at- plus délicate pour M. Bischof. Il existe une
titude la plus fréquente au sein de la Com- menace réelle de rationnement dans le sec-
mission de la santé du Conseil des États, teur de la santé. Imaginez la situation sui-
comme l’a signalé Pirmin Bischof, conseil- vante : un certain nombre d’opérations sont
ler aux États. Il a recommandé une analyse nécessaires. Cependant, pour des raisons
en toute sérénité. L’alarmisme ne fait pas de coût, seul un certain nombre de patients
avancer les choses. Il faut examiner les pro- peut bénéficier de ces opérations. L’expé-
blèmes, les analyser et définir une solution. rience de ces modèles à l’étranger montre
également que les délais d’attente pour les
Le premier paquet de mesures du Conseil rendez-vous avec des médecins spécialistes
fédéral se concentre sur l’article expéri- passent de un à deux mois à six mois.
8 doc.be 06/2018 Journée de réflexion 2018La direction de la SMCB a De longues périodes d’attente et des pres- Strittmatter : « Ils se sentent seuls et impuis-
discuté avec des intervenants tations rationnées : est-ce notre avenir ? sants sur le champ de bataille des acteurs de
de haut niveau sur les M. Bischof s’est dit confiant que les me- la santé. Cela peut donner l’impression que
« Mesures du Conseil fédéral sures « ne seront pas mises en œuvre de les acteurs de la santé se portent bien aux
contre la hausse des coûts manière radicale ». D’où lui vient cet opti dépens des patients et que personne n’est as-
de la santé ». misme ? La démocratie va tout arranger. sez compétent et capable de s’imposer pour
En fin de compte, c’est le peuple qui décide. résoudre les problèmes de manière durable.
Et les médecins sont tenus en haute estime Tout le monde semble dépassé ».
par la population. Ils font partie des rares
groupes qui remportent habituellement un « Avant de pouvoir parler d’une campagne,
référendum. nous devons être conscients de la sensibi-
lité des patients », a fortement conseillé
Les patients sont nos alliés M. Strittmatter. Bien sûr, il est vrai que le
Comment affronter ce combat référen- PIB augmente plus vite que les coûts des
daire ? La réponse à cette question a été soins de santé. En revanche, cet argument
donnée par le publicitaire Hermann Stritt- ne convient pas à la communication de
matter de GGK Zurich. M. Strittmatter a masse. Ce serait arrogant. On ferait passer
30 ans d’expérience en tant que respon- le message suivant : « Nous pouvons nous le
sable de campagnes politiques. Il sait permettre, ce n’est pas un problème. » Pour
quelles préoccupations politiques peuvent Herrmann Strittmatter, ce serait une er-
être communiquées et comment mettre en reur de communication.
place une campagne intelligente.
Les patients sont les partenaires les plus
M. Strittmatter a fait référence aux articles importants des médecins. Ils sont du côté
parus dans les quotidiens de ces dernières des médecins et font pression sur les poli-
semaines : « La transparence sur les prix tiques. Les patients sont souverains dans
des médicaments » – « Une lutte acharnée une démocratie directe. Les politiques sont
pour les patients à Zurich » – « Un quart des engagés envers eux et non pas envers les
lits d’hôpitaux est superflu » – « Les rentes médecins. Une campagne doit donc com-
ne suffiront plus pour vivre » – « Trop de mencer par les patients. M. Strittmatter l’a
traitements inutiles ». Bien que le corps bien dit : « nous n’avons pas droit à l’erreur.
médical jouisse encore d’un haut niveau Nous devons peser nos mots. »
de confiance au sein de la population, les
patients commencent à douter. Hermann Un travail difficile attend le comité.
doc.be 06/2018 Journée de réflexion 2018 9Psychiatrie : davan-
tage de mise en
réseau, des soins
plus personnalisés
et plus d’offres
ambulatoires
Le colloque 2018 sur la psychiatrie s’est concentré
sur le développement futur de la psychiatrie
dans le canton de Berne et sur la mise en réseau
des différents acteurs.
Texte : Andrea Renggli, service de presse augmentation. Dans le même temps, la durée du
et d’information séjour diminue. Cela pourrait signifier que le trai-
Photo : iStockphoto tement psychiatrique en milieu hospitalier a été
déstigmatisé et professionnalisé et que de nom-
Le canton de Berne dispose d’un réseau bien dé- breux traitements se sont également allégés.
veloppé de services psychiatriques, l’accent étant
mis sur les institutions hospitalières. Il y a ce fai- Le Prof. Thomas Müller, directeur médical de la
sant une très forte concentration dans les zones clinique privée de Meiringen, appelle à un chan-
urbaines et des pénuries dans les zones rurales. gement vers des soins intégrés. Il s’agit de mettre
On constate notamment une lacune dans la psy- en place et d’étendre les services de soins de jour et
chiatrie gériatrique où l’offre ne suit pas l’évolution ambulatoires, tels que les cliniques de jour, les ser-
démographique. Lors du colloque sur la psychia- vices de psychiatrie gériatrique et les traitements à
trie de Meiringen en 2018, Pierre Alain Schnegg, domicile, en coopération avec les services de soins
directeur de la santé publique et de la prévoyance ambulatoires. Il est également important de ren-
sociale, a souligné qu’à l’avenir, l’accent devra être forcer la mise en réseau et la coopération entre les
mis sur les prestations ambulatoires et de proximi- différents services de psychiatrie et de médecine
té. Ceci se justifie non seulement pour des raisons somatique.
financières, mais aussi pour des raisons médicales,
comme l’ont montré les présentations des experts Dans le canton de Berne, des modèles de traite-
médicaux. ment psychiatrique aigu à domicile sont actuelle-
ment à l’étude dans diverses commissions, mais
Le nombre de patients stationnaires n’ont pas encore été mis en œuvre.
augmente
La psychiatrie stationnaire est bien développée Absence d’offres intermédiaires
non seulement dans le canton de Berne, mais éga- L’accent mis actuellement sur la psychiatrie sta-
lement dans toute la Suisse. Pour 1000 habitants, tionnaire est dû, du moins en partie, à de mauvaises
il y a 1,3 lit dans le domaine psychiatrique. C’est mesures incitatives. C’est ce qu’a déclaré le profes-
environ deux fois plus que ce que recommande seur Urs Hepp, directeur médical de l’Institut de
l’OMS. Or le nombre de patients est en constante psychiatrie intégrée de Winterthour (IPW). Dans
10 doc.be 06/2018 Colloque sur la psychiatrieProf. Thomas Müller : « Dans le système actuel, les caisses d’assurance-maladie les patients psychiatriques en Suisse sont admis à
la psychiatrie de demain, et les cantons ne financent que les services des cet effet. Ici aussi, des offres intermédiaires pour-
il est également important de établissements de soins stationnaires et des psy- raient être intéressantes, par exemple pour les pa-
renforcer la mise en réseau chiatres exerçant en libéral. Les modèles modernes tients qui refusent un traitement hospitalier mais
et la coopération entre les de soins intermédiaires comme la gestion de cas, le acceptent un traitement à domicile.
différents services de traitement à domicile, les cliniques de jour, l’inter-
psychiatrie et de médecine vention d’urgence ou les services psychiatriques de Le traitement psychiatrique dans
somatique. » consultation ont une position « entre deux chaises ». une société très individualisée
De plus, les tarifs ambulatoires ne couvrent pas les La psychiatrie n’opère pas dans un espace vide,
prestations des offres intermédiaires. mais suit les tendances sociales. Ces dernières an-
nées, les pays occidentaux sont devenus une société
Cependant, Urs Hepp est convaincu que les offres très individualisée avec des valeurs centrales telles
intermédiaires ne sont pas seulement souhaitées que la réalisation de soi et la tolérance. Selon Dirk
par les patients, mais seraient également intéres- Richter, directeur de la recherche et du développe-
santes d’un point de vue financier : si le traitement ment des services psychiatriques universitaires de
à domicile est mis en œuvre à l’échelle nationale, Berne (UPD), cela signifie pour la psychiatrie un
des économies annuelles d’environ 100 millions passage des soins axés sur la personne, pratiqués
de francs pourraient être réalisées dans toute la aujourd’hui, aux soins contrôlés par la personne.
Suisse. M. Hepp voit d’autres possibilités d’éco- Cette nouvelle approche favorise la prise de déci-
nomies grâce à des diagnostics plus affinés. Il sion partagée. La préférence du patient est prise en
soupçonne que trop de patients en Suisse sont compte, même si elle n’est pas la solution privilé-
hospitalisés trop longtemps. Selon lui, 20 à 30 % giée du point de vue médical. La réadaptation et
des traitements hospitaliers en psychiatrie adulte la psychothérapie sont prioritaire sur les médica-
peuvent être évités grâce à une évaluation des dia- ments. Des éléments de ce type de soins contrôlés
gnostics en amont. C’est un défi pour les médecins par la personne se sont déjà développés en Suisse,
généralistes, qui redirigent souvent les patients vers mais, à l’avenir, les soins devraient s’inspirer en-
la psychiatrie en milieu hospitalier. Dans le canton core plus systématiquement de ce modèle, dans
de Berne, la mise en réseau des médecins géné- l’espoir que cela renforcera également la responsa-
ralistes et des psychiatres varie considérablement bilité personnelle des patients.
d’une région à l’autre.
Urs Hepp voit un autre problème dans le taux très
élevé de séjours à des fins d’assistance dans les
hôpitaux psychiatriques. Environ 20 % de tous
doc.be 06/2018 Colloque sur la psychiatrie 11Les jeunes
prennent leur
avenir en main
Cette année, MEDIfuture a attiré à Berne
plus de 400 futurs et jeunes médecins.
L’une des questions brûlantes était : « Hôpital
ou cabinet ? » La Société des M
édecins
du Canton de Berne était elle aussi présente
avec un stand et de nombreuses informa-
tions précieuses.
Texte : Simone Keller, service de presse Une véritable passion pour
et d’information son métier en milieu hospitalier
Photo : Marco Zanoni Esther Hilfiker, présidente de la SMCB, est
convaincue que ce travail en vaut la peine.
En cette matinée de novembre marquée « Nous rencontrons ici les médecins du fu-
par la grisaille, l’affluence était forte à l’ou- tur. Nous pouvons faire un état des lieux de
verture des portes du Champions Lounge leurs besoins et les prendre en charge lors
au Stade de Suisse. Plus de 400 participants d’un échange personnel. » Outre la SMCB,
se sont rendus à la 12e édition de MEDI plus de 40 institutions se sont présentées et
future. Le congrès a affiché complet pour ont exposé leurs services variés. Elles ont
la première fois. L’immense intérêt ma- appâté les congressistes avec des gadgets
nifesté montre que l’événement offre un et des concours. L’entretien personnel avec
cadre d’information idéal pour découvrir des employeurs potentiels est lui aussi très
le métier de médecin et ses multiples fa- prisé. Le docteur Franziska Maurer-Marti
cettes et pour planifier sa propre carrière. souligne dans son exposé que ce réseau
est justement nécessaire pour la suite de
« Par rapport à autrefois, les étudiants en la carrière. La médecin-chef de la clinique
médecine ont davantage conscience qu’il gynécologique de Bürgerspital de Soleure
doivent organiser pleinement leurs vies retrace sa propre carrière. Elle indique
privées et professionnelles. Ici à MEDI- clairement que devenir médecin-chef né-
future, on sent que les futurs médecins cessite une chose : avoir une véritable pas-
prennent leur avenir en main et qu’ils le sion pour son métier. « Si ce job ne vous
construisent », remarque François Moll. Le plaît pas, vous ne résisterez par longtemps.
vice-président de la SMCB avec ses collè- L’équilibre entre vie privée et profession-
gues du comité directeur, Esther Hilfiker et nelle ne signifie rien pour moi. Je vis pen-
Rainer Felber, ainsi que d’autres membres dant que je travaille ! », affirme la gynéco-
du comité. La SMCB est également la seule logue.
société de médecins ayant son propre stand
d’exposant en 2018.
12 doc.be 06/2018 MEDIfuture 2018Esther Hilfiker : « À M
EDIfuture, Beaucoup de responsabilités partager le travail avec des confrères et sur
nous rencontrons les méde- au sein d’un cabinet la part des tâches administratives.
cins du futur. Nous pouvons Il faut aussi de la passion lorsqu’on décide
faire un état des lieux de de reprendre un cabinet de médecine gé- Pour ceux qui sont capables d’envisager
leurs besoins et les prendre nérale. Le docteur Cyrill Bühlmann a osé la voie menant au cabinet, la brochure de
en charge lors d’un échange faire ce choix et il ne l’a pas regretté. En la SMCB « Un cabinet médical qui roule »
personnel. » tant que généraliste à Sempach, près de propose des informations de qualité. Elle
Lucerne, il est fasciné par le large spectre est largement distribuée. Rainer Felber, le
médical qui l’occupe tous les jours. « Dans vice-président, est ravi de s’engager en fa-
mon cabinet, je peux prendre des décisions veur de la relève : « Au moment où les inté-
de manière plus autonome qu’à l’hôpital rêts particuliers au sein de la communauté
et mes patients me donnent directement médicale se développent, MEDIfuture est
leur feed-back », affirme le Dr Bühlmann. un lieu de rencontre très important. »
En tant que propriétaire du cabinet, il
est responsable des divers domaines, du
personnel à l’infrastructure en passant
par les finances. Il profite aujourd’hui des
expériences qu’il a acquises à l’hôpital. Il
conseille donc aux étudiants d’élargir leur
horizon : « Il est utile d’avoir des connais-
sances dans d’autres spécialités et de passer
par d’autres établissements. Cela renforce
la compréhension des différentes cultures
et du partage des tâches. »
Beaucoup d’engagement
à MEDIfuture
Dans leurs exposés, Franziska Maurer-
Marti et Cyrill Bühlmann ont mis en lu-
mière les deux voies possibles : l’hôpital ou
le cabinet. Les jeunes médecins sont parti-
culièrement préoccupés par cette décision.
Ils se posent aussi des questions sur le tra-
vail à temps partiel, sur les possibilités de
doc.be 06/2018 MEDIfuture 2018 1314 06/2018 Reminder
doc.be 05/2018 Editorial Änderungen MedizinalberufegesetzLa sécurité
informatique est
du ressort des
patrons
Les PME suisses sont des cibles privilégiées
des cybercriminels. Les cabinets médicaux
peuvent eux aussi être dans leur ligne de
mire. Pascal Lamia, directeur de MELANI,
la Centrale d’enregistrement et d’analyse
pour la sûreté de l’information de la Confé-
dération, explique ce à quoi les médecins
devraient faire attention.
Pascal Lamia : « Les cyber Interview : Markus Gubler, service de la finance et les assurances, mais aussi
criminels misent sur presse et d’information l’administration publique et le secteur des
la tromperie consciente et Photos : Béatrice Devènes secours et de la santé. Nous observons et
abusent pour cela surtout analysons la situation actuelle pour identi-
d’entreprises connues Pascal Lamia, à quoi ressemble fier les menaces le plus tôt possible. Nous
et dignes de confiance en une journée de travail ordinaire du sommes pour cela en contact étroit avec les
Suisse : Swisscom, l’admi directeur de MELANI, la Centrale exploitants des infrastructures sensibles et
nistration fédérale des d’enregistrement et d’analyse pour nous les aidons à surmonter les incidents.
contributions, Migros, Coop. » la sûreté de l’information de la Le Conseil fédéral a défini notre mission
Confédération ? en 2003. Il a ainsi reconnu suffisamment
Il n’y en a pas. Je me lève tôt et j’arrive au tôt qu’il y avait besoin d’agir dans la cyber-
bureau vers 6h30. À cette heure-là, je peux défense. Pour le moment, notre mission ne
me faire une idée générale de la situation s’étend pas aux PME ou aux particuliers.
dans le calme : quelles sont les menaces ac- Nous voulons que cela change avec la nou-
tuelles ? Quels signalements ont été reçus velle cyberstratégie. À l’avenir, les PME
pendant la nuit ? Où en sont les dossiers devraient pouvoir recourir à nos services.
que nous avons traités les jours précé- Pour cela, nous avons besoin d’un effectif
dents ? Les particuliers et les PME peuvent plus important. Les 19 employés actuels de
nous signaler des incidents suspects avec le MELANI ne suffisent pas.
formulaire de signalement disponible sur
notre site Internet. Environ 10 000 signale- À quoi ressemblent les
ments nous parviennent chaque année. cyberattaques à l’heure actuelle ?
La Suisse a été et est une cible idéale pour
Quelle est la mission de MELANI ? les assaillants. La Suisse est un petit pays
Notre mission de base consiste à protéger moderne et innovant. Nous avons d’excel-
les infrastructures sensibles du pays. En lentes connexions à Internet, de nombreux
font notamment partie l’approvisionne- foyers sont connectés. Nombre d’entre eux
ment en énergie, l’industrie pharmaceu- gèrent leurs finances par l’intermédiaire
tique et chimique, les télécommunications, d’une solution de banque en ligne. Par
doc.be 06/2018 Interview 15ailleurs, nous avons beaucoup de PME qui Si l’introduction à grande échelle de
sont une cible privilégiée pour les cyber signatures numériques n’est que
attaques. peu réaliste, de quelles alternatives
disposent les PME et les particuliers
Les attaques suivent-elles un modus pour se prémunir de cyberattaques ?
operandi particulier ? Nous conseillons une approche préventive.
Un assaillant a en principe deux options : Les patrons d’entreprise tels que les pro-
l’orage ou l’attaque ciblée. Dans le cadre priétaires de cabinets doivent se préoccu-
d’un orage, il inonde la Suisse d’e-mails in- per de leur informatique. Comment organi-
désirables, le fameux spam. Il ne fait pas la ser mon activité lorsque mon informatique
distinction entre des particuliers, des PME ne fonctionne pas ? Puis-je travailler sans
et des infrastructures sensibles. Il s’agit l’informatique ? Suis-je moi-même respon-
d’infecter autant d’appareils et de systèmes sable de l’informatique ou fais-je appel à
que possible. Lors d’attaques ciblées, les des tiers ? Dans ce dernier cas de figure, je
assaillants visent des PME précises pour dois m’assurer que mon prestataire infor-
les contaminer par exemple de manière matique maîtrise la sécurité des données.
ciblée avec des chevaux de Troie cryptés Lors d’un cryptage de données, est-il ca-
ou pour obtenir des informations impor- pable de rétablir rapidement les données de
tantes. Les PME concernées sont alors par la veille pour que le système puisse à nou-
exemple confrontées à des demandes de veau fonctionner ? Chaque entrepreneur
rançons qui peuvent rapidement dépasser doit se poser ce genre de questions.
les 10 000 francs. Il arrive également qu’elles
ne se rendent compte que trop tard que des Cette vision ne s’est manifestement
informations leur ont été volées. pas encore imposée partout,
sinon vous n’auriez pas présenté
Pour qu’un assaillant puisse récemment le test rapide de cyber-
énétrer le réseau d’une PME, les
p sécurité pour les PME.
portes doivent être ouvertes de C’est vrai. MELANI n’a pas développé le
l’intérieur, n’est-ce pas ? test rapide. Nous en avons simplement enca-
Oui. C’est le facteur humain. Des employés dré le contenu. ICT Switzerland et d’autres
de la PME ou des collaborateurs du cabi- organisations ont fait avancer le projet.
net médical doivent ouvrir manuellement Nous ne voulions pas bombarder les PME
des liens infectés ou des fichiers en pièces avec un règlement de 200 pages contenant
jointes à des e-mails pour que les mali- des recommandations. Une telle approche
ciels soient activés. Toutefois, il est déjà n’aurait pas été adaptée. Le test rapide se
arrivé que des collaborateurs aient cliqué compose d’un questionnaire qui peut être
sur des e-mails indésirables sur leur mes- rempli en cinq à dix minutes. Grâce à leurs
sagerie privée et que les logiciels espions propres réponses, les PME voient où elles
ne se soient répandus qu’au moment de la en sont en matière de sécurité informatique.
connexion au réseau de l’entreprise. Le test rapide doit être considéré comme
une aide à la décision.
Les cybercriminels misent sur
la tromperie consciente … Le test rapide est donc aussi une
… et abusent pour cela surtout d’entreprises campagne de sensibilisation.
connues et dignes de confiance en Suisse : Absolument. Beaucoup de PME se sont
Swisscom, l’administration fédérale des tournées vers nous après une attaque. Et
contributions, Migros, Coop. Les e-mails elles posent toujours la même question :
malveillants sont maintenant conçus de comment aurait-on pu éviter cela ? Le test
manière si professionnelle qu’ils se diffé- rapide doit permettre de se pencher sur la
rencient à peine des vrais. Les signatures problématique des cyberattaques.
numériques et les cryptages renforceraient
la sécurité. En revanche, le fait de les uti-
liser à grande échelle est extrêmement
coûteux.
16 doc.be 06/2018 InterviewAfin de tester la cybersécurité À quoi un médecin doit-il faire Cet article a paru pour la première fois
des PME nous avons produit attention dans son cabinet ? dans le Swiss Dental Journal SSO 11/2018.
un test rapide qui se compose De nombreux appareils, surtout les plus Il est réimprimé avec l’accord amical du
d'un questionnaire de dix récents, disposent de leur propre accès à périodique.
minutes en ligne. Internet. Cela permet aux fabricants d’accé-
der directement aux appareils pour mettre
à jour le firmware et obtenir les données de
performance. Le médecin ou le proprié- L’expert en sécurité informatique
taire du cabinet doit en être conscient. Il prodigue ses conseils
faut qu’il s’informe sur les normes de sécu-
rité auprès des fabricants. En effet, la sécu- Si les données ont été cryptées en externe, il est
rité informatique est toujours du ressort des difficile, voire impossible de les rétablir. Grâce aux
patrons. Pour moi, externaliser l’informa- mesures suivantes, vous améliorerez la sécurité
tique est toutefois judicieux à partir d’une informatique de votre cabinet médical.
certaine taille d’entreprise.
1. N’ouvrez jamais d’e-mails lorsque vous êtes
Les cabinets doivent-ils créer leurs stressé. Attendez d’être au calme.
propres solutions ou une association 2. Demandez-vous si vous vous attendez à une
professionnelle pourrait-elle aussi requête de la part de cette entreprise. En cas
recommander des normes ? de doute, supprimez l’e-mail.
Bonne question. Actuellement, il existe 3. Faites des sauvegardes quotidiennes de vos
déjà des prestataires tels que HIN qui pro- données.
posent le cryptage d’e-mails et l’assistance 4. Stockez les sauvegardes quotidiennes sur des
logicielle dans ce domaine. Des solutions disques durs externes différents.
à grande échelle s’imposeront lorsque le 5. Entreposez les disques durs externes dans des
prix sera convenable. Un membre d’une as- endroits différents.
sociation qui ne veut pas investir plusieurs 6. Utilisez des disques durs de diverses généra-
milliers de francs par an dans l’informa- tions.
tique préférera bien sûr souscrire une solu-
tion standardisée. Même si aucune norme
ne s’impose, l’association professionnelle
peut malgré tout sensibiliser ses membres
régulièrement aux questions de la sécurité
informatique et de la cybercriminalité.
doc.be 06/2018 Interview 17Le Big Data
nécessite une
interprétation
humaine
Les acteurs du système de santé ne peuvent pas faire
l’impasse sur la transformation numérique, mais
ils peuvent la façonner. Une telle réflexion i mplique
d’étudier les questions de l’utilisation et de la
qualité des données.
Texte : Simone Keller, service de presse Migros prodigue des conseils de santé (nutrition,
et d’information mouvements, détente, et médecine) depuis 2017 sur
Photo : Alexander Egger (www.alexanderegger.ch) la plateforme de santé iMpuls. La transformation
numérique continuera de bouleverser notre système
« Nous ne pouvons pas nous soustraire aux mégaten- de santé. Reste à savoir à quelle vitesse et comment.
dances. C’est pourquoi nous devrions les étudier « Il est temps que les acteurs de la santé conçoivent
en temps utile », affirme le Dr Eike Wenzel lors la mutation numérique », affirme avec conviction le
du congrès 2018 pour l’économie de la santé et les prof. Alfred Angerer de la Haute école zurichoise
sciences de la santé qui s’est tenu à Berne. Wenzel de sciences appliquées (ZHAW). Il partage trois
est le fondateur et le directeur de l’Institut für Trend- recommandations avec les congressistes :
und Zukunftsforschung de Heidelberg (institut pour
l’étude des tendances et de l’avenir). D’après lui, la 1. L es entreprises doivent veiller suffisamment
mutation démographique, la numérisation et la santé tôt, à ce que la transformation numérique pro-
seront les mégatendances qui marqueront durable- gresse, faute de quoi elles risquent de passer à
ment notre système de santé ces 30 à 50 prochaines côté d’importants développements. Dans ce cas,
années. Il cite la santé d’une part parce que la san- elles devront concentrer un immense travail ul-
té numérique occupe une place de plus en plus im- térieurement lors d’un bouleversement radical.
portante et d’autre part car la signification du terme 2. Les entreprises ont besoin d’une approche systé-
évolue au fil du temps. Dans les années 1960 et 1970, matique afin de découvrir et de développer en in-
la santé désignait surtout l’absence de maladie. Plus terne des innovations (numériques), par exemple
tard, le terme s’est également étendu aux facteurs en créant un poste de Chief Innovation Officer.
fitness et wellness. Depuis le début du XXIe siècle, 3. L es entreprises doivent prendre au sérieux la
son acception est encore plus complète : il s’agit du peur des individus face à la nouveauté, mais
bien-être total, du corps, de l’âme et de l’esprit. C’est elles ne doivent pas perdre leur propension à
justement parce que la santé s’entend de manière l’expérimentation pour autant.
aussi large actuellement que les investissements dans
ce domaine progressent. Les foyers dépensent sur- Plus de données engendrent plus
tout de plus en plus d’argent sur le marché secondaire d’interprétation
de la santé : le sport, la nutrition, le wellness, etc. De nombreuses personnes manifestent un certain
scepticisme face à l’intelligence artificielle. D’après
Façonner la mutation numérique elles, de nombreux emplois, y compris dans le sec-
Les entreprises exploitent le progrès technologique teur de la santé, deviendront superflus avec l’intelli-
pour s’emparer du marché de la santé sur la base gence artificielle. Ces dernières années, les champs
de nouveaux modèles commerciaux. C’est ainsi que d’applications se sont diversifiés et les machines
18 doc.be 06/2018 Congrès pour l’économie de la santé et les sciences de la santé« Notre système de santé sont devenues plus intelligentes. Les machines in- maladies : l’intervention a lieu avant que les symp-
doit-il être réinitialisé ? ». telligentes s’appuient sur des réseaux artificiels de tômes de la maladie ne se manifestent.
Telle est la question qui a été neurones qui sont capables d’apprendre à partir
posée lors du 15e congrès d’expériences, comme le cerveau humain. Elles dia- Deuxièmement, il est de plus en plus facile de relier
suisse pour l’économie de la gnostiquent des tumeurs malignes ou des inflamma- divers jeux de données entre eux et donc de trouver
santé et les sciences de tions pulmonaires en partie. En outre, elles ne sont des liens entre des caractéristiques et des compor-
la santé. jamais fatiguées et n’ont pas de besoins humains. tements qui ne sont pas reliés entre eux de manière
Pourtant, en dernier recours, c’est l’expertise hu- nécessairement causale. Les patients ne sont pas
maine qui interprète les résultats des machines in- en mesure de décider comment de telles données
telligentes. Cette interprétation de données prend seront utilisées.
justement de l’importance avec le flot croissant
d’informations. L’absence de données n’est pas une solution
Selon Prainsack, ceux qui pensent qu’il est possible
Les patients sont coresponsables de ce flot. Ils col- de venir à bout de ce problème en collectant moins
lectent eux-mêmes de plus en plus de données et les de données se trompent. Tout comme Angerer, elle
mettent à la disposition de tiers. Il en résulte aussi estime elle aussi qu’il incombe aux acteurs de parti-
que l’auto-responsabilité se propage actuellement ciper à la conception de la mutation. « Le Big Data
comme approche de solution dans la politique de nécessite une grosse interprétation. Les personnes
santé pour atténuer la hausse des coûts. Les choses qui interprètent des données doivent être valori-
que quelqu’un peut contrôler lui-même, relèvent de sées. Dans le même temps, nous avons besoin de
sa propre responsabilité. nouveaux experts capables de faire la distinction
entre de bonnes et de mauvaises données », déclare
Avertissement : trop de responsabilités la politologue. Les formes problématiques d’utilisa-
pour soi tion de données doivent être interdites et celles qui
Pour Barbara Prainsack, professeure d’analyse se caractérisent par une forte utilité sociale doivent
comparée de champs politiques, cette mise en être encouragées. La médecine personnalisée qui
avant de l’auto-responsabilité est problématique rend les différences entre les différents patients de
pour deux raisons : d’une part parce que les possi- plus en plus palpables ne doit pas exclure certaines
bilités de diagnostic de la médecine personnalisée personnes de certaines prestations de santé. L’au-
et numérique créent de plus en plus de possibilités to-responsabilité ne peut conduire à des solutions
d’interventions de plus en plus tôt. Ainsi progresse pérennes que si elle est ancrée dans la responsabili-
l’exigence implicite de se soumettre à des examens té collective. La complexité ne cesse de s’intensifier.
à titre préventif et de participer à l’auto-surveil- Les gens qui ne tiennent plus le rythme des évolu-
lance. Tout cela est censé permettre de dépister des tions ne doivent pas être laissés sur le bord du chemin.
doc.be 06/2018 Congrès pour l’économie de la santé et les sciences de la santé 19Labor ist Labor.
Persönlich, Calendrier 2019
das sind wir. Société des Médecins
du Canton de Berne
17 janvier
Conférence des présidents
(président(e)s des cercles médicaux),
l’après-midi
28 février
Assemblées des cercles médicaux,
pour tout le canton
21 mars
Assemblée des délégués,
l’après-midi
Das medizinisch-diagnostische 9 mai
Labor an der Südbahnhofstrasse 14c Chambre médicale FMH,
in Bern. journée complète à Bienne
22 mai, 14 h
PME bernoises, assemblée ordinaire
des délégués, session de printemps
professionell
www.medics.ch und persönlich
6 juin
Conférence élargie des présidents
(président(e)s des cercles médicaux
et des sociétés spécialisées),
publix.ch
l’après-midi
13 juin
Assemblées des cercles médicaux,
pour tout le canton
15 août
Journée de réflexion, comité
de direction
15 octobre, 17 h
PME bernoises, assemblée ordinaire
des délégués, session d’automne
17 octobre
Assemblée des délégués,
l’après-midi
31 octobre
Facettenreiche Praxis- Chambre médicale FMH,
soFtware Mediwin cB journée complète à Bienne
Die Praxissoftware MediWin CB beinhaltet viele Optionen, die Sie
14 novembre
nach Ihren Bedürfnissen nutzen können: Krankengeschichte, Assemblées des cercles médicaux,
Agenda, Medikamentenverwaltung, Schnittstellen und noch viel mehr. pour tout le canton
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20 doc.be 06/2018 AnnonceVous pouvez aussi lire