Le Christ ne cesse de grandir - Henri Madelin, sj - Association des Amis de Pierre ...
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p. 1 p. 3 p. 5 Le Christ ne cesse de grandir Henri Madelin, sj. Pierre Teilhard de Chardin, ce savant croyant nous invite, "d'une façon ou d'une autre, à imaginer, au- dessus de la biosphère animale, une sphère humaine, la sphère de la réflexion, de l'invention consciente, de l'union sentie des âmes (la noosphère si l'on veut) et à concevoir, à l'origine de cette entité nouvelle, un phénomène de transformation spéciale affectant la vie préexistante." (L'Hominisation, Œuvres III, p.92, Seuil). Et, pour approcher la profondeur inépuisable du mystère dans lequel nous plonge l'approche de Noël, chacun peut lire, dans Hymne de l'Univers et Le Milieu divin, des pages éblouissantes sur les splendeurs célébrées dans la contemplation de l'incarnation du Christ. Les écrits de saint Jean et de saint Paul donnent une dimension cosmique à cet événement immergé dans l'immensité de l'espace et l'épaisseur du temps. Dans un monde qui s'unifie peu à peu en se complexifiant, les croyants doivent se laisser porter par les flux de l'évolution. Avec elle, le Christ continue de grandir sous nos yeux, lui qui n'a pas encore atteint sa pleine stature mystique et cosmique. "… et depuis que Jésus est né, qu'Il a fini de grandir, qu'Il est mort, tout a continué de se mouvoir parce que le Christ n'a pas achevé de se former. Il n'a pas ramené à Lui les derniers plis de la Robe de chair et d'amour que lui forment ses fidèles… Le Christ mystique n'a pas atteint sa pleine croissance ― ni donc le Christ cosmique. L'un et l'autre, tout à la fois, ils sont et ils deviennent." (Le Christ cosmique, Œuvres XII, p.68-69, Seuil). Être chrétien, ce n'est donc pas regarder nostalgiquement en arrière. Le passé ne peut être la projection idéalisée de ce que nous cherchons à tâtons aujourd'hui. Car la naissance du Christ est elle-même venue au terme d'une immense agitation cosmique, des progrès de l'instinct, de la lente éclosion de la pensée, de l'éveil de la conscience, du frottement de multiples cultures. "Les prodigieuses durées qui précèdent le premier Noël ne sont pas vides du Christ, mais pénétrées de son influx puissant. […] Il ne fallait rien moins que les labeurs effrayants et anonymes de l'Homme primitif, et la longue beauté égyptienne, et l'attente inquiète d'Israël, et le parfum lentement distillé des mystiques orientales, et la sagesse cent fois raffinée des Grecs pour que sur la tige de Jessé et de l'Humanité, la Fleur pût éclore. Toutes ces préparations étaient cosmiquement, biologiquement, nécessaires pour que le Christ prît pied sur la scène humaine. Quand le Christ apparut entre les bras de Marie, il venait de soulever le Monde." (Mon Univers, Œuvres IX, p.89-90, Seuil). Si nous sommes sincères, "… nous serons forcés d'avouer que nous n'attendons plus rien", comme le P. Teilhard le déplorait au soir de sa vie. Mais ce serait, englués dans les satisfactions illusoires qu'apportent
2 les multiples conforts de la vie moderne, ignorer la puissance de la Résurrection de Jésus promise à toute créature, renoncer à déchiffrer les signes d'un monde autre qui germe dans le nôtre, ne plus se consumer au milieu des immenses douleurs et des rires innombrables qui accompagnent cette évolution devenue "consciente d'elle-même". Ce serait pécher contre l'Esprit. "… voici que votre humanité palestinienne s'est peu à peu épandue, de toutes parts, comme un iris innombrable où votre Présence, sans rien détruire, pénétrait, en la sur-animant n'importe quelle autre présence autour de moi…" (Le Cœur de la Matière, Œuvres XIII, p.68, Seuil). Ces paroles splendides sont le cantique de louange d’un scientifique doublé d’un homme profondément religieux. En les lisant au temps de Noël, on comprend qu’il a fallu du temps avant que le verbe de Dieu ne prenne chair, du temps pour que l’homme puisse se tenir debout et échanger avec des paroles, du temps pour que grandisse sa conscience et qu’il s’éveille à la connaissance d’un Dieu devenu homme et débordant d’amour et de miséricorde pour chacun, quel qu’il soit et où qu’il en soit.
3 Christ never stops growing Henri Madelin, sj Pierre Teilhard de Chardin, a man of faith and of science, invites us " to imagine, in one way or another, above the animal biosphere, a human sphere, the sphere of reflection, of conscious invention, of the conscious unity of souls (the noosphere, if you will), and to conceive, at the origin of this new entity, a phenomenon of special transformation affecting pre-existent life" (Hominization, Vol. III). And in order to get closer to the inexhaustible mystery we are immersed in by Christmas approaching, everyone can read in Hymn of the Universe or The Divine Milieu dazzling pages about the splendors celebrated in the contemplation of the incarnation of Christ. The words of St John and St Paul give a cosmic dimension to that event plunged in the immensity of space and the depth of time. In a world that is becoming unified little by little as it is getting more complex, believers must let themselves be carried along by the flow of evolution. With it, Christ goes on growing under our very eyes, as He has not reached as yet His full mystical and cosmic dimension. "… and since Christ was born, and ceased to grow, and died, everything has continued to move because he has not yet attained the fullness of his form. He has not gathered about Him the last folds of the garment of flesh and love woven for him by his faithful… The mystical Christ has not reached the peak of his growth ― nor, therefore, has the cosmic Christ. Of both we may say that they are and at the same time are becoming." (The Cosmic Christ, Volume XII). Then being a Christian is not looking nostalgically backward. The past cannot be the idealized projection of what we are groping for nowadays. Because Christ's birth itself has come at the end of an immense cosmic unrest, of the progress of instinct, of the slow blooming of thinking, of the awakening of conscience, of the rubbing of numberless cultures. "The endless aeons that preceded the first Christmas are not empty of Christ, but impregnated by his potent influx. […] It called for nothing less than all the fearsome, anonymous toil of primitive man, for the long drawn-out beauty of Egypt, for Israel's anxious expectations, the slowly distilled fragrance of the Greeks, it walled for all these before the flower could bloom on the stock of Jesse and of mankind. All these preparations were cosmically, biologically, necessary if Christ if Christ was to gain a footing on the human scene. […] When Christ appeared in the arms of Mary, what he had just done was to raise up the world." (My Universe, Volume IX). If we are honest, "… we shall be bound to confess that we don't expect anything anymore", as Fr Teilhard lamented at the end of his life. But that would be, glued to the delusive satisfactions brought about by the many comforts of modern life, being unaware of the power of Jesus Resurrection promised to all creatures, giving up decoding the signs of a different world that is germinating in ours, stop burning away in the midst of the immense pains and
4 the numberless laughs that come along with this evolution that has become "conscious of itself". It would be a sin against the Spirit. "… your humanity which once was born in Palestine began now to spread out gradually everywhere like an iridescence of unnumbered hues through which, without destroying anything, your presence penetrated, and endued every other presence about me with supervitality." (The Heart of Matter, Volume XIII). These magnificent words are the hymn of praise of a scientist that is also a deeply religious man. When reading them at Christmas time, one understands that a dose of time was necessary before the word of God could become flesh, some time before man could be standing and exchange words with others, some time for his conscience to grow up and for him to awaken to the knowledge of a God that has become a man, overflowing with love and mercy for everyone, whoever he may be and whatever level he has reached.
5 Cristo no cesa de crecer Henri Madelin, sj. Pierre Teilhard de Chardin, este sabio creyente nos invita, "de una manera u otra, a imaginar, por encima de la biosfera animal, una esfera humana, la esfera de la reflexión, de la invención consciente, de la unión sentida de las almas (la noosfera, si se quiere) y a concebir, en el origen de esta nueva entidad, un fenómeno de transformación especial que afecta a la vida preexistente". (L'Hominisation, Œuvres III, p.92, Seuil). Y, para acercarnos a la inagotable profundidad del misterio en el que nos sumerge la proximidad de la Navidad, todos podemos leer, en el Himno del Universo y en El Medio Divino, páginas deslumbrantes sobre los esplendores celebrados en la contemplación de la encarnación de Cristo. Los escritos de San Juan y San Pablo dan una dimensión cósmica a este acontecimiento inmerso en la inmensidad del espacio y el espesor del tiempo. En un mundo que se unifica poco a poco haciéndose más complejo, los creyentes deben dejarse llevar por los flujos de la evolución. Con ella, Cristo sigue creciendo ante nuestros ojos, él, que aún no ha alcanzado su plena estatura mística y cósmica. "....y desde que Jesús nació, que dejó de crecer, y que murió, todo ha seguido moviéndose porque Cristo no ha acabado de formarse. No ha terminado de recoger los últimos pliegues del Vestido de carne y amor que le forman sus seguidores.... El Cristo místico no ha alcanzado su pleno crecimiento – ni, por consiguiente, el Cristo cósmico. Uno y otro, y a la vez, son y están deviniendo." (Le Christ cosmique, Œuvres XII, p.68-69, Seuil).. Ser cristiano, por lo tanto, no es mirar hacia atrás con nostalgia. El pasado no puede ser la proyección idealizada de lo que andamos buscando a tientas hoy. Porque el nacimiento de Cristo mismo se produjo al final de una inmensa agitación cósmica, del progreso del instinto, del lento florecimiento del pensamiento, del despertar de la conciencia, de la fricción de múltiples culturas. "Las prodigiosas duraciones que precedieron a la primera Navidad no están vacías de Cristo, sino impregnadas de su poderosa afluencia. Han sido precisos, ni más ni menos, los espantosos y anónimos sudores del hombre primitivo, la larga belleza egipcia, la ansiosa expectativa de Israel, el perfume lentamente destilado de los místicos orientales, la sabiduría cien veces refinada de los griegos, para que la Flor brotara en el tallo de Jesé y de la Humanidad. Todas estas preparaciones fueron cósmica y biológicamente necesarias para que Cristo tomara pie en la escena humana. Cuando Cristo apareció en los brazos de María, acababa de levantar al mundo". (Mon Univers, Œuvres IX, p.89-90, Seuil).. Si somos sinceros…"nos veremos obligados a confesar que ya no esperamos nada", como deploró el P. Teilhard al final de su vida. Pero eso sería, atrapados en las ilusorias satisfacciones de las múltiples comodidades de la vida moderna, ignorar el poder de la Resurrección de Jesús prometida a toda criatura, renunciar a descifrar los signos de otro mundo que está germinando en el nuestro, no entender en absoluto que los inmensos dolores e innumerables gozos de este mundo son las formas concretas que reviste la evolución, que se ha vuelto "consciente de sí misma". Eso sería pecar contra el Espíritu.
6 "...He aquí que vuestra humanidad palestina se ha ido extendiendo, por todas partes, como un inmenso arco iris donde vuestra Presencia, sin destruir nada, iba penetrando y sobre animando cualquier otra presencia a mi alrededor...." (Le Cœur de la Matière, Œuvres XIII, p.68, Seuil). Estas espléndidas palabras son el cántico de alabanza de un científico y hombre profundamente religioso. Leyéndolas en Navidad, entendemos que ha sido necesario tiempo antes de que el Verbo de Dios se hiciera carne, tiempo para que el hombre se pusiera de pie e intercambiara con palabras, tiempo para que su conciencia creciera y despertara al conocimiento de un Dios que se había hecho hombre y que estaba desbordando de amor y misericordia por todos, cualesquiera que fueran y dondequiera que estuvieran.
7 ¡FELIZ NAVIDAD Y CON NUESTROS DESEOS DE UN AÑO NUEVO 2020 LLENO DE PAZ CON EL COSMOS! El Presidente de la Asociación de Amigos de Teilhard de Chardin (sección española), Dr. Emiliano Aguirre, y la Junta Directiva (Leandro Sequeiros, Javier Castellano, Manuel Medina, Manuel Cortés, Eduardo Ochoa, Lola Poveda y Juan V. Fernández de la Gala) deseamos a todos los Asociados y Amigos de Teilhard de Chardin una Feliz Navidad y un nuevo año 2020. “Cuando Cristo, prolongando el movimiento de su Encarnación, desciende al pan para reemplazarle, su acción no se limita a la parcela material que su Presencia viene, por un momento, a volatilizar, sino que la trans-sustanciación se aureola con una divinización real, aunque atenuada, de todo el Universo. Desde el elemento cósmico en que se ha insertado, el Verbo actúa para subyugar y asimilar todo el Resto” (Teilhard, El Sacerdote, 1918).
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