Le pavillon des Sessions - Chefs-d'oeuvre du musée du quai Branly au Louvre
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* SOMMAIRE
* Editorial du Président Jacques Chirac
* Editorial de Stéphane Martin, Président du musée du quai Branly
* Introduction
* Le Pavillon des Sessions, une Ambassade au cœur du Louvre
Genèse d’un grand projet
A rebours du regard occidental : les Taïnos au Petit Palais en 1994
Les arts premiers au Louvre : manifeste et polémiques
Le musée imaginaire de Jacques Kerchache
Du pavillon des Sessions au musée du quai Branly
Calendrier
* Le pavillon des Sessions, une sélection de 108 chefs-d’œuvre
L’Afrique
Sculpture zoulou
Sculpture fon
L’Asie
Sculpture d’ancêtre adu zatua
L’Océanie
Figures de rituel funéraire Uli
Statue du dieu Rao
Les Amériques
Sculputre aztèque. Serpent à plumes Quetzalcoatl
Sculpture yup’ik
La scénographie du Pavillon des Sessions
* Eléments biographiques
* Informations pratiques
2* EDITORIAL DU PRESIDENT JACQUES CHIRAC
Le 13 avril 2000, « l'art premier » entrait dans le XXIe siècle ; enfin considéré pour lui-même.
La création du pavillon des Sessions devint symbole d'ouverture au monde et de reconnaissance. A
l'issue de près d'un siècle de controverses et de débats passionnés, un art qualifié tour à tour de
« primitif », de « premier », de « primordial » selon les époques ou les exégètes, entrait au Louvre,
l'un des plus grands musées du monde, d'où il était injuste d'écarter des civilisations entières.
Pour les pays d'origine des œuvres, il était important de voir leurs cultures enfin reconnues et
dignes d'être présentées dans ces murs.
Changer le regard, le regard sur l'œuvre, le regard sur l'autre, telle était bien l'ambition de cette
première étape, l'entrée au Louvre. Cet emblème culturel, ce lieu de consécration, accueillait une
centaine de chefs-d'œuvre des « arts lointains », sculptures reconnues depuis longtemps par les
spécialistes mais jusqu'alors ignorées du grand public.
Cette sélection de chefs-d’œuvre était et reste un manifeste.
Le choix éclairé de mon ami Jacques Kerchache, inspirateur de cette première étape du musée
du quai Branly, ne prétendait pas être un condensé de l'histoire culturelle de quatre continents, ni
même un musée idéal. La cohérence et la beauté du parcours proposé, dont la scénographie a
été subtilement pensée par Jean-Michel Wilmotte, servent une anthologie éclairée, sensible et
inspirée. Elle réunit les œuvres issues des collections nationales du Musée de l'Homme et du Musée
des arts d'Afrique et d'Océanie ainsi que des prêts généreux de musées de régions, des dons et
prêts de collectionneurs, de musées des pays d'origine. Avec ceux-ci progressivement, nous avons
construit de nouveaux rapports fondés sur la compréhension, le respect mutuel, le dialogue et
l'échange.
L'émotion est toujours aussi présente devant ces sculptures d'Afrique, d'Insulinde, d'Océanie, des
Amériques et d'Arctique. Elle conforte le pavillon des Sessions en tant que porteur d’un message
qui a gardé intacte une force esthétique et scientifique. Le succès indéniable du musée du quai
Branly ne rend pas moins nécessaire la présence de chefs-d’œuvre de ces civilisations non
européennes parmi les icônes respectées de la culture occidentale.
Aujourd’hui, l’objectif n’est plus seulement de légitimer des cultures trop longtemps méprisées,
mais de les rendre accessibles, de les faire vivre en instaurant un véritable dialogue des cultures.
C’est grâce à ce dialogue, c'est dans le respect de la singularité et de la différence, que nous
parviendrons ensemble à bâtir un monde plus tolérant.
Editorial publié dans le hors-série de Connaissance des arts « le pavillon des Sessions, chefs-d’œuvre du musée du
quai Branly au Louvre », édité en 2010.
3* EDITORIAL DE STEPHANE MARTIN,
PRESIDENT DU MUSEE DU QUAI BRANLY
Les sculptures présentées au pavillon des Sessions offrent un vaste panorama des arts
d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, et rendent compte du génie créatif des cultures
non occidentales. Ce lieu d’exposition, inauguré au sein du Louvre le 13 avril 2000, précède
l’ouverture, en juin 2006, du musée du quai Branly.
Près d’un siècle après qu’Apollinaire l’eut réclamé, plus d’une centaine de chefs-d’œuvre issus des
cultures d’Afrique, des Amériques, d’Insulinde et d’Océanie ont pris place aux côtés de la Joconde
et de la Vénus de Milo. Geste audacieux mais légitime, pour une juste reconnaissance de ces arts
chargés - presque au sens magique du terme - d’un siècle d’aventure artistique intense, de
découvertes ethnologiques, historiques, sociales ; en bref, pour paraphraser Roland Barthes, de
strates, de discours et de sens.
Les curiosités ethnographiques des voyageurs d’autrefois ou même les « bois nègres » qui
nourrissaient la curiosité de Picasso et de ses amis ont changé de statut et, désormais, des chefs-
d’œuvre de la création universelle sont entrés au Louvre.
La plupart des œuvres présentées au pavillon des Sessions sont des archétypes célèbres exposés à
maintes reprises dans le monde entier. Alors, pourquoi le Louvre ? Parce qu’on ne saurait
méconnaître l’incommensurable force symbolique du premier musée de France.
Depuis vingt-cinq ans, le paysage des musées de France a beaucoup changé. L’impact du Centre
Georges Pompidou et des expositions des Galeries nationales du Grand Palais sur le rôle culturel et
social des collections publiques a bouleversé la fonction muséale. La création d’institutions
nouvelles ambitieuses, comme le musée d’Orsay, la Galerie du Jeu de Paume, le musée Picasso, a
considérablement enrichi l’offre parisienne. Le Louvre, comme Versailles dans le domaine
patrimonial, n’en conserve pas moins une place à part.
La présence du musée du quai Branly au pavillon des Sessions est bien un manifeste. C’est d’abord
un geste politique, voulu comme tel par Jacques Chirac, Président de la République de 1995 à 2007:
pour une reconnaissance des arts d’Afrique, des Amériques, d’Océanie et d’Asie au cœur d’un
lieu éminemment emblématique de nos hiérarchies culturelles et artistiques ; et pour une porte
ouverte au plus grand nombre.
Trois partis pris ont été mis en œuvre :
Tout d’abord, celui d’une sélection d’œuvres à la fois personnelle et chargée de sens. Il aurait été
illusoire de prétendre organiser un tour du monde en cent sculptures où chaque société aurait été
représentée de façon exhaustive. La sélection de Jacques Kerchache, d’une remarquable qualité,
s’appuie sur l’excellence formelle des œuvres en excluant tout risque d’anecdote ou
d’exotisme.
L’inscription, ensuite, dans l’esprit architectural et muséographique du Palais. Ces sculptures
rejoignent un palais dont la rénovation a préservé l’âme architecturale, tout en y déployant la
diversité inouïe des collections. Jean-Michel Wilmotte détient cette intime connaissance du Louvre.
Il a su, avec intelligence et sensibilité, combiner dans son travail au pavillon des Sessions le respect
qu’imposent de grands chefs-d’œuvre et des effets de lumières tamisés et subtils.
La création enfin, dans un salon séparé, d’un « espace d’interprétation » qui donne au visiteur accès
à la plupart des informations disponibles à ce jour sur chacune des sculptures exposées. Par les
informations qu’il fournit sur l’origine de l’œuvre, son histoire depuis qu’elle est connue, sa
fonction comme son contexte de création, on mesure l’alchimie mystérieuse issue de l’imbrication
de l’état actuel des connaissances occidentales sur ces sociétés. Il permet de dépasser la querelle
supposée entre les « esthètes » et les « savants » : dès lors qu’il est admis avec humilité que l’entrée
au musée d’un objet l’installe, par définition, hors de son contexte d’origine, nul ne peut résister à
l’envie d’aller au-delà de l’émotion qu’il procure, de recueillir les commentaires de ceux qui ont
vécu parmi ses pairs et cherché à comprendre ses mystères.
Editorial publié dans le hors-série de Connaissance des arts « le pavillon des Sessions, chefs-d’œuvre du musée du
quai Branly au Louvre », édité en 2010.
4* INTRODUCTION
« Le temps était venu de donner une plus grande
visibilité à ces relations nouvelles, placées sous le
signe de la reconnaissance, du partage, de la
fraternité… C'est pourquoi j'ai souhaité que les arts
premiers trouvent en l'an 2000 leur juste place
dans les institutions muséales de France. [...] Je me
réjouis que les œuvres exposées dans cette salle des
Sessions puissent être confrontées aux nombreuses
formes d'expression artistique présentes au Louvre.
En cela, parce qu'il y a possibilité d'une mise en
relation avec d'autres productions culturelles, ce
lieu est un manifeste, porteur d'un message fort.
Tant que le message aura besoin d'être transmis,
tant que le Louvre sera pour le public le symbole de
reconnaissance qu'il est aujourd'hui, ces salles
rempliront leur juste mission. »
Jacques Chirac, Président de la République,
Discours d'inauguration du pavillon des Sessions au
musée du Louvre, le 13 avril 2000.
Le pavillon des Sessions est inauguré le 13 avril 2000, près de 100 ans après le souhait formulé
par Apollinaire pour que le Louvre recueille « certains chefs-d’œuvre exotiques dont l’aspect
n’est pas moins émouvant que celui des beaux spécimens de la statuaire occidentale ».
Il aura fallu l’exceptionnelle intuition d’un amateur et spécialiste de la sculpture mondiale, Jacques
Kerchache, et surtout l’appui et le soutien sans relâche du Président Jacques Chirac pour que ce
lieu emblématique, le Louvre, abrite enfin des sculptures d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des
Amériques.
La curiosité de Jacques Chirac envers les arts non occidentaux et son goût des voyages donnent
naissance à un premier projet qui va à l’encontre de la sempiternelle célébration du 500e
anniversaire de la découverte de l’Amérique.
En 1994, l’art des Taïnos des Grandes Antilles est présenté au Petit Palais. Le commissariat en
est confié à Jacques Kerchache, ami du Président. Il s’agit là d’un geste politique novateur qui
permet de porter un regard noble sur des sculptures exceptionnelles et pourtant méconnues,
sur une civilisation anéantie en quelques décennies. Cette exposition à l’ambiance chargée de
mystère propose un point de vue à rebours de l’ethnocentrisme ambiant et reflète un souci
d’universalité qui relève aussi d’un profond humanisme.
Dans le prolongement de cette manifestation, l’idée est lancée de donner aux arts non
occidentaux la place qui leur revient sous le regard de l’Occident. Elle est accompagnée d’un
manifeste : « Les chefs-d’œuvre du monde entier naissent libres et égaux… ». Le combat
reprend sous l’égide des grandes figures intellectuelles du 20e siècle, comme Fénéon ou Malraux.
Une inscription des « arts premiers », selon un terme cher à Jacques Chirac, dans le panthéon
de l’art occidental s’impose avant la création d’une grande institution entièrement dédiée à ces
trois quarts de l’humanité.
Le pavillon des Sessions, antenne et « préfiguration » du musée du quai Branly, dont Jacques
Kerchache est le concepteur ainsi que le scénographe avec Jean-Michel Wilmotte, est inauguré
le 13 avril 2000 et connaît un immense succès populaire. Dans le même temps, les préparatifs de
cette institution consacrée aux arts et civilisations non occidentaux se profilent : bientôt à Paris, au
pied de la tour Eiffel, le musée du quai Branly sortira de son écrin de verdure pour devenir une
véritable cité culturelle, lieu de dialogue entre les cultures.
5* LE PAVILLON DES SESSIONS,
UNE AMBASSADE AU CŒUR DU LOUVRE
e
L’art dit « primitif » est aujourd’hui engagé dans un nouveau destin. Il entre dans le XXI
siècle avec un autre visage. Il est enfin admis à être considéré pour lui-même, dans la
complexité et la différence assumée des sociétés qui ont suscité sa création mais sans se
dérober, au prétexte d’un contexte par définition étranger, à l’admiration universelle.
Stéphane Martin, Président du musée du quai Branly, avril 2000
Inauguré le 13 avril 2000, le pavillon des Sessions, situé au palais du Louvre entre l’aile de Flore et
l’aile Denon, expose 108 chefs-d’œuvre du monde entier au cœur de l’un des plus grands musées
des beaux-arts classiques au monde.
Dans l’espace de 1400 m2 aménagé par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, ces pièces
exceptionnelles, choisies par Jacques Kerchache pour leur force esthétique et leur pouvoir
d’évocation, voisinent avec les plus grands chefs-d’œuvre de l’art occidental conservés au musée
du Louvre.
L’ouverture du pavillon des Sessions a marqué un tournant important dans l’histoire du regard
que l’Occident porte sur les arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques,
soit les trois quarts de l’humanité et 6000 ans d’histoire du monde : la Victoire de Samothrace et la
Vénus de Milo cohabitent aujourd’hui avec la maternité rouge dogon ou avec le serpent à
plumes « Quetzalcoatl ».
L’entrée au Louvre des arts tenus longtemps et injustement pour « primitifs » est l’aboutissement
d’un rêve porté par bien des hommes depuis plus d’un siècle : poètes, artistes, scientifiques,
collectionneurs, chefs d’Etat ou simples citoyens.
* Genèse d’un grand projet
D’après décision royale, sous le règne de Charles X, un musée de marine et d’ethnographie appelé
« musée Dauphin » est créé en 1827. Il ouvre ses portes au public en 1830.
On peut y voir quelques très belles sculptures rapportées par de grands voyageurs tels que
Bougainville, Cook, Lapérouse, au milieu de panoplies d’armes ou d’objets usuels classés par
séries. Toutes ces pièces sont alors considérées comme des « spécimens ethnographiques ». Jules
Ferry prend d’ailleurs le parti d’isoler ces « curiosités exotiques » dans un musée à vocation
purement scientifique. Ainsi les trois quarts de l’humanité sont-ils malheureusement exclus du
Louvre et de « l’exposition des produits de l’art le plus élevé ».
Le 23 janvier 1878, le musée d’Ethnographie du Trocadéro est inauguré. Il rassemble des
collections jusqu’alors dispersées dans différentes institutions publiques : le musée Dauphin, la
bibliothèque Sainte-Geneviève, la bibliothèque nationale, les collections de Saint-Germain en
Laye…
6Le goût évolue à partir de 1905-1906 avec le regard nouveau posé par les artistes fauves,
cubistes, expressionnistes sur l’art nègre, terme désignant à la fois l’art africain et océanien. Le
patrimoine universel des formes est enfin reconnu et l’art occidental s’en trouve profondément
marqué.
En 1909, Guillaume Apollinaire estime que « Le Louvre devrait recueillir certains chefs-d’œuvre
exotiques dont l’aspect n’est pas moins émouvant que celui des beaux spécimens de la statuaire
occidentale. »
Dans une enquête intitulée « Seront-ils admis au Louvre ? », Félix Fénéon, en 1920, s’interroge à
son tour.
De longues années s’écouleront avant que Claude Lévi-Strauss, à propos des Indiens de la côte
nord du Pacifique, ne déclare : « l’époque n’est pas lointaine, sans doute, où les collections
provenant de cette partie du monde quitteront les musées ethnographiques pour prendre place
dans le musées des Beaux-Arts entre l’Egypte ou la Perse antique et le Moyen-âge européen. Car cet
art n’est pas inégal aux plus grands… », puis qu’André Malraux affirme en 1976, dans
« l’Intemporel », que « beaucoup veulent l’art nègre au Louvre où il entrera ».
En 1990, un manifeste paraît dans la presse, intitulé « les chefs-d’œuvre du monde entier
naissent libres et égaux ». Il prône l’ouverture au Louvre d’un département consacré aux arts
d’Afrique, d’Océanie, des Amériques et d’Insulinde. Jacques Kerchache, qui en est l’initiateur, réunit
près de trois cents signatures d’artistes, d’écrivains, de philosophes, d’anthropologues, d’historiens
de l’art…
C’est un signe fort mais s’agissant d’une question éminemment politique, il faut qu’elle soit portée
aussi par une volonté de même nature. Elle s’exprime en 1995. Un an après son élection à la
Présidence de la République, Jacques Chirac annonce la création d’un musée – le musée du quai
Branly - qui regroupe les collections du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie et celles du
laboratoire d’ethnologie du musée de l’Homme, soit près de 300.000 objets. Ce musée aura trois
fonctions : une fonction de conservation et de présentation des collections, une fonction de
recherche et une fonction d’enseignement.
Parmi les missions du musée du quai Branly figurait, en tête du calendrier, l’ouverture en 2000
du pavillon des Sessions, qui avait accueilli plus de 6 millions de visiteurs en 2010, 10 ans après
son ouverture.
* A rebours du regard occidental : les
Taïnos au Petit Palais en 1994
A la faveur d'un questionnement sur l'ethnocentrisme,
Jacques Chirac, amoureux des arts premiers, saisit
l'occasion d'une rencontre par laquelle débutera
l'histoire du pavillon des Sessions : il confie, en 1994, les
clés d'un grand musée parisien à Jacques Kerchache.
L'exposition L’Art des sculpteurs Taïno, chefs-d’œuvre des
Grandes Antilles précolombiennes au Petit Palais, du 24
février au 29 mai 1994, met pour la première fois à
l'honneur les sculpteurs des Grandes Antilles
précolombiennes dans un espace muséal à leur mesure.
* Les arts premiers au Louvre : manifeste et polémiques
Je ne pense pas que le Louvre du 21e siècle pourra être vraiment un grand musée s'il ne comporte pas
une section importante consacrée aux arts premiers, dont les sculptures africaines font partie.
Jacques Kerchache
(Entretien avec Jean Marie Drot réalisé à l'occasion de l'exposition Sculpture africaine organisée par Jacques
Kerchache à la Villa Medicis de Rome (7 mai – 15 juin 1986), 1986)
Le projet de faire entrer les chefs-d’œuvre de l’art non occidental au musée du Louvre, loin
d’emporter une adhésion générale, suscite de nombreuses polémiques relayées à l’époque par les
médias français.
7En 1990, Jacques Kerchache publie dans la presse le manifeste « Les chefs-d'œuvre du monde
entier naissent libres et égaux ».
Le Manifeste de Jacques Kerchache
Le 15 mars 1990, paraît dans la presse, un manifeste pour l’ouverture au Louvre d’un
département consacré aux arts d’Afrique, d’Océanie, des Amériques et d’Insulinde. Jacques
Kerchache, qui en est l’initiateur, réunit près de 300 signatures de personnalités du monde
artistique, culturel et scientifique.
« Pour que les chefs-d’œuvre du monde entier naissent libres et égaux… La huitième section du
Grand Louvre ».
« Le Grand Louvre du 21e siècle constituera le lieu de reconnaissance des formes d’art existant dans ce
qu’elles ont de plus remarquable. Pourtant rien n’est officiellement prévu pour accueillir les objets
issus des cultures africaines, américaines, arctiques, asiatiques et océaniennes dans ce qui deviendrait
alors la huitième section. En effet, malgré le soutien de principe que les plus hautes autorités de la
république apportent à cette proposition, des freins semblent se manifester à plusieurs niveaux du
Grand Louvre. Ces résistances sont d’autant plus inquiétantes que le cahier des charges concernant la
distribution des surfaces doit être prochainement déposé. Si aucune décision n’est prise, la France de
1989 aura entériné, par un aveuglement qui n’est sans rappeler celui qui a justifié la nuit coloniale,
l’exclusion pour les décennies à venir des œuvres majeures produites par les trois-quarts de
l’humanité. Nous demandons instamment l’ouverture de la 8e section du Grand Louvre. (…) »
Parmi les signataires :
Arman, Peintre Maurice Godelier, EHESS, CNRS
Tahar Ben Jelloun, Ecrivain Michel Guy, Ancien ministre de la Culture
Claude Berri, Réalisateur-producteur Jacques Lanzmann, Ecrivain
Christian Boltanski, Peintre Marc Lebot, Historien d’art
Peter Brook, Metteur en scène Jean-François Lyotard, Philosophe
Henri Cartier-Bresson, Photographe Jean-Hubert Martin, Directeur du MNAM
César, Sculpteur Euzham Palcy, Cinéaste
Hubert Damish, Professeur et historien d’art Anne Parillaud, Comédienne
Claire Denis, Cinéaste Claude Roy, Ecrivain
Léo Ferré, Artiste pour le dialogue des Léopold-Sédar Senghor, Académicien
civilisations Daniel Spoerri, Peintre
Pierre Gaudibert, Conservateur Musée Jean Tinguely, Sculpteur
Nationaux Paul Virilio, Urbaniste
* Le musée imaginaire de Jacques Kerchache
Il aura fallu plus d’un siècle de débats animés et de farouches controverses, portés par des
poètes et des peintres, des anthropologues et des historiens, des collectionneurs et des
critiques d’art…
Mais il aura fallu aussi la volonté politique du chef de l’Etat qui a voulu engager la France, à
l’aube du troisième millénaire, dans un nouveau type de relations avec les pays héritiers de ces
civilisations trop longtemps méconnues, pour qu’enfin, au musée du Louvre début 2000, des salles
consacrées aux arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques soient proposées au public. Et
un musée situé quai Branly, à Paris, qui a ouvert ses portes en juin 2006.
L’inauguration officielle du pavillon des Sessions a lieu le 13 avril 2000, en présence de Jacques
Chirac qui apporte tout son soutien à cette présentation muséale ; présentation qui lui tient
particulièrement à cœur et dans laquelle chaque œuvre a sa place unique et sa raison d’être.
Jacques Kerchache a en tête ce que sera le pavillon des Sessions dès le démarrage du projet. Sa
sélection de chefs-d’œuvre est magnifiée par sa collaboration scénographique avec Jean-Michel
Wilmotte.
Dans l’espace multimédia, sont projetées des images d’archives inédites de la préparation de
l’ouverture qui montrent Jacques Kerchache procédant avec minutie aux derniers réglages. Des
8interviews et coupures de presse, annonçant l’ouverture de ce lieu inédit sont également
présentées, ainsi que les captures sur le vif des moments clés de l’inauguration : discours des
parrains, interviews de personnalités, séquences filmées de l’entrée du public dans un espace
sacralisé qui découvre avec étonnement les arts premiers au musée du Louvre, etc.
* Du pavillon des Sessions au musée
du quai Branly
En 2006, le musée du quai Branly ouvre ses
portes : six ans après le pavillon des Sessions, la
présence des arts et civilisations d’Afrique, d’Asie,
d’Océanie et des Amériques dans les musées
parisiens a désormais un double ancrage
symbolique : au musée du Louvre et au pied de la
Tour Eiffel. Le pavillon des Sessions a préfiguré
un projet unique au monde et totalement
nouveau : le musée du dialogue des cultures.
Un emblème – La Chupicuaro :
Culture Chupicuaro (600 - 200 avant J.-C.)
Etat du Guanajuato - Mexique
Terre cuite polychrome
Cette statuette de Chupicuaro, emblème du musée du quai Branly, est
exposée au pavillon des Sessions. Elle est la première œuvre entrée dans
les collections du musée du quai Branly.
Cette céramique mexicaine aux formes généreuses doit son nom au site
archéologique de Chupicuaro, au Mexique occidental. Elle est remarquable
par son exceptionnel état de conservation, l’éclat des couleurs et le
modernisme du graphisme qui orne ses formes généreuses
Issues d’un complexe funéraire, ces statuettes étaient associées à des rites
liés à la fertilité et au renouveau des saisons. Caractérisée par sa couleur
rouge agrémentée de motifs géométriques noirs, blancs et beiges, la
Chupicuaro n’a rien perdu de son extraordinaire vitalité malgré ses 25
siècles.
9* Calendrier
1995
Mai. Le Président de la République constitue une commission chargée de réfléchir aux moyens les
plus appropriés pour que l’art dit « primitif » trouve sa juste place dans les institutions muséales de
la France.
1996
Avril. Cette commission, présidée par M. Jacques Friedmann, rend ses conclusions. Elle préconise
de réunir les collections du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie avec celles du
laboratoire d’ethnologie du musée de l’Homme, au sein d’une institution nouvelle placée sous la
double tutelle du ministère de la Culture et du ministère de l’Education nationale et de
l’Enseignement supérieur, avec une triple mission : préserver et présenter les collections,
développer la recherche de l’enseignement.
Octobre. Le Président de la République, M. Jacques Chirac, en accord avec le gouvernement de M.
Alain Juppé, décide de la création, à Paris, d’un musée des Arts et des Civilisations ainsi que de
l’ouverture de salles au Palais du Louvre qui présentent des chefs-d’œuvre d’Afrique, d’Asie,
d’Océanie et des Amériques.
1997
Février. Création de la mission de préfiguration du musée des Arts et des Civilisations, sous la
forme d’une association 1901 présidée par M. Jacques Friedmann.
1998
Mars. Un jury présidé par M. Jean Lebras, président de l’établissement du Grand Louvre, retient le
projet de M. Jean-Michel Wilmotte pour l’aménagement du pavillon des Sessions du Palais du
Louvre.
Mai. Lancement d’une politique d’acquisition d’œuvres d’art dont la mise en œuvre sur cinq ans
permet de compléter les collections nationales.
Juin. Début des travaux d’aménagement du pavillon des Sessions, au Palais du Louvre.
Juillet. Le Président de la République, en accord avec le gouvernement de M. Lionel Jospin, choisit
un terrain de l’Etat situé 29/55, quai Branly à Paris (VII), pour l’implantation du futur musée.
Décembre. Création de l’établissement public du musée du quai Branly, établissement public
administratif maître d’ouvrage placé sous la double tutelle du ministre de la Culture et de la
Communication, Mme Catherine Trautmann et du ministre de l’Education nationale, de la
Recherche, de la Technologie, M. Claude Allègre. Désignation en conseil des ministres de son
Président-directeur général, M. Stéphane Martin. La mission de préfiguration cesse ses activités.
1999
Janvier. Lancement du concours international de maîtrise d’œuvre pour la construction du musée
du quai Branly.
Décembre : Le projet présenté par le groupement Architectures Jean Nouvel, AJN-OTH Bâtiment-
Ingérop est lauréat du concours d’architecture.
2000
Le 13 avril 2000. Inauguration du pavillon des Sessions au Palais du Louvre qui présente plus de
cent chefs-d’œuvre des arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques issus des collections
nationales et territoriales, ainsi que de collections publiques des pays d’origine.
2001
Octobre : Début du chantier des collections en provenance du musée des arts d’Afrique et
d’Océanie, ainsi que du laboratoire d’Ethnologie du musée de l’Homme.
Début des travaux sur le site du quai Branly.
2003
Mise en place de la muséographie du musée du quai Branly.
2006
Le 23 juin 2006 : Ouverture du musée du quai Branly.
10* LE PAVILLON DES SESSIONS,
UNE SELECTION DE 108 CHEFS-D’ŒUVRE
Les 108 œuvres exposées au pavillon des Sessions ont été choisies par Jacques Kerchache en raison
de leur identité singulière. Le choix de ces pièces incontestables sur le plan plastique est le résultat
d’un projet longuement mûri. Ce sont avant tout la valeur esthétique et l’exigence de qualité qui
ont orienté la sélection des œuvres, et non l’exhaustivité ou l’encyclopédisme.
Regroupées par aires géographiques – Afrique, Asie, Océanie et Amériques – les sculptures
présentées proviennent des collections publiques françaises - musée de l’Homme, musée national
des Arts d’Afrique et d’Océanie, musées territoriaux… Ces collections exceptionnelles ont
également été enrichies grâce à un plan pluriannuel d’acquisitions, par le biais de dépôts consentis
par plusieurs musées nationaux et territoriaux français, mais aussi par des institutions des pays
d’origine.
L’Afrique est représentée par 42 sculptures. Une cuillère zoulou d’Afrique du sud de la
première moitié du 20e siècle, montrant le caractère essentiel de la mixité entre beauté et fonction,
mais aussi une représentation du dieu Gou en fer venant du Bénin, font également partie des
pièces majeures de cette collection.
Sculpture zoulou
Cuiller
19e siècle – début du 20e siècle
Région du Kwazulu-Natal, Afrique du Sud
Bois
Chaque habitant du peuple zoulou possède sa cuiller qu’il utilise en
différentes occasions, pour prélever de la nourriture d’un plat
commun. C’est un objet très personnel, rangé après usage dans un
étui. Sa grâce est caractérisée par l’extrême finesse dans sa
forme, et par son cou, démesurément allongé.
Sculpture fon
Sculpture dédiée à Gou, divinité du fer et de la guerre
Attribuée à Akati Ekplékendo
Avant 1858
Pays : République du Bénin
Fer
La singularité de cette statue réside dans le fait qu’elle est
entièrement fabriquée à partir de métal de provenance
européenne : ses pieds sont en fer forgé, le socle en tôle d'acier et
la tête est une boule creuse sur laquelle le visage est attaché
comme un masque et coiffée d'un chapeau surmonté par un écrou
vissé sur le boulon. Des épaules jusqu'au milieu des cuisses, le corps
est revêtu d'une tunique sans manches en tôle mince dont les
feuilles, découpées au ciseau, récréent l'ampleur des tuniques de
guerre dahoméennes.
Cette représentation de Gou, le dieu de la Guerre, présente tous ses
emblèmes : un hameçon (le tonnerre), un poignard et une lance
(attributs du soldat), un serpent (le dieu arc-en-ciel), un couteau,
une houe (attributs du cultivateur et du forgeron). Aujourd'hui, Gou
est le dieu des chauffeurs et des mécaniciens.
11L’Asie s’illustre par 6 pièces, dont notamment cette statue en bois de l’Île de Nias figurant un
esprit ancestral et ayant appartenu à André Breton.
Sculpture d’ancêtre adu zatua
19e siècle
Nord de l’île de Nias – Indonésie occidentale
Bois
Cette statuette en bois sculpté représente un personnage masculin
de haut rang assis sur un siège. Paré de ses atours, il porte une
couronne dentelée, sa tête est ceinte d'un diadème, son cou est orné
d'un collier à torsade « nifatali », son oreille droite d'une grande
boucle. Ces statuettes sont gardées à l’intérieur des maisons, placées
près des fenêtres ou sur un autel. Elles sont destinées à accueillir
l’âme du mort et lui redonner vie. Des rites spéciaux leur étaient
adressés, en contrepartie de leur bienveillance et de leur
protection en cas de conflits ou de maladies.
L’Océanie est mise en valeur par 28 sculptures provenant principalement de Mélanésie et de
Polynésie. Une sculpture des îles Carolines de Micronésie, un Uli de Nouvelle-Irlande et des
sculptures de l’île de Pâques évoquant des revenants figurent parmi les pièces majeures.
Sculpture
Figure de rituel funéraire Uli
18e - début 19e siècle
île de Nouvelle-Irlande – Papouasie-Nouvelle-Guinée
Bois, pigments naturels, opercules de turbo
Cette statue hermaphrodite est l’un des plus beaux spécimens de la
culture de l’île centrale de la Nouvelle-Irlande, sur le plateau de
Lelet. Ces statues étaient utilisées pour honorer les morts, tradition qui
s’est éteinte au 20e siècle. Elles représentaient les ancêtres dotés du
pouvoir et de la force d’un chef de clan.
Sculpture
Statue du dieu Rao
10e siècle ?
île de Mangareva, Archipel des Gambier, Polynésie française
Bois
Cette statue est l’un des vestiges exceptionnels de la culture de
l’île de Mangareva. Avec quelques onze autres statues, elle a
échappé à la destruction liée à l’arrivée des missionnaires. D’après la
liste du père Caret, cette représentation serait celle du dieu Rao. Rao
était dédié au curcuma (renga), racine dont les Mangaréviens
extrayaient un condiment mais aussi un colorant jaune. Ils teignaient
ainsi les ceintures d’écorces végétales portées lors de certaines
cérémonies liées à la fertilité. La forme fuselée du corps et des bras
en balancier n’est pas sans évoquer celle des pirogues.
12Les Amériques présentent 32 sculptures qui recouvrent de vastes espaces géographiques du Sud
au Nord et une histoire très riche, du premier millénaire avant J.-C. à la première moitié du 20e
siècle. Une sculpture aztèque du serpent à plumes Quetzalcoatl ou une sculpture Yup’ik y sont
notamment exposés.
Sculpture aztèque, serpent à plumes Quetzalcoatl
1400-1521
Pays: Vallée de Mexico – Mexique
Andésite : pierre couleur brun rougeâtre avec des veines noires
Cette sculpture fut certainement exécutée dans l'une des villes les
plus importantes de la vallée de Mexico où les Aztèques firent venir
des artistes étrangers et des matières nobles, notamment le porphyre.
Cette statue est vraisemblablement la représentation du légendaire
serpent à plumes, Quetzalcoatl, qui se transforma en soleil, et qui
créa la terre et l'homme. Cette divinité créatrice, liée au cycle de la
vie est couvert de plumes de quetzal, réputées rares et chères, de
couleur verte, comme la végétation, symbole de renouveau.
Sculpture Yup’ik (Inuit), masque dit « du cygne et de la baleine »
Date : début du 20ème siècle
Pays: Alaska – Etats-Unis
Bois polychrome et plumes.
Ancienne collection d’André Breton
Ce masque est avant tout un assemblage. Avec une inventivité
totale, l’artiste s’est plu à détourner des éléments disparates pour
les organiser dans l’espace, et jouer librement des formes et des
volumes. Un oiseau imaginaire déploie le ramage de sa queue,
hérissée de pendeloques. Ce masque que l’on imagine vibrant est à
l’image d’un mobile de Calder, ou des cadavres exquis chers aux
surréalistes. Il illustre merveilleusement l’esthétique inuit : jeux de
mots, jeux de formes.
Notice de Jacques Kerchache
Des fiches illustrées sont disposées tout au long du parcours. Dans l’espace multimédia une
douzaine d’écrans interactifs permettent d’accéder de façon ludique à des informations sur
l’histoire des objets, leur contexte, leur usage, la société qui les a produits.
* La scénographie du pavillon des Sessions
Sous l’impulsion de Jean-Michel Wilmotte, les volumes et les lignes sont simplifiés, les motifs de
1930 restaurés, pour un résultat épuré et aéré. Les matériaux - bronze, pierre et verre - respectent la
clarté et la pureté du lieu.
Les 1400 m² du pavillon des Sessions sont divisés en aires géographiques, comme au musée du quai
Branly, les changements entre chaque zone se faisant par une variation de la volumétrie.
Le système d’éclairage indirect joue sur l’ombre et la lumière, et se diffuse sur les sculptures réunies
par culture, mais aussi par affinités de formes.
13* ELEMENTS BIOGRAPHIQUES
* Jacques Kerchache
Né en 1942 à Rouen, Jacques Kerchache était le conseiller scientifique
de l’établissement public du musée du quai Branly. Il est à l’initiative
de ce musée, avec le Président de la République française M. Jacques
Chirac, et il est l’auteur de la sélection exposée au pavillon des
Sessions.
Il a effectué de nombreux voyages d’études entre 1959 et 1980 en
Afrique, en Asie, en Amérique et en Océanie à l’occasion desquels il a
dressé un inventaire critique des grandes collections de sculptures. De
1960 à 1981, il tient une galerie d’art et y expose aussi bien des artistes
contemporains (Malaval, Pol Bury, Sam Szafran…) que de l’art
« primitif ». Durant cette période il rencontre Max-Pol Fouchet et André Breton qui ont exercé sur lui une
influence considérable. En 1978, il est nommé conseiller technique du Président Senghor pour le projet
du Musée des Civilisations Noires de Dakar.
Il a participé à de nombreuses expositions d’importance dans le monde entier, en tant que commissaire
ou consultant, dont Sculpture Africaine en hommage à André Malraux en 1986 à la Villa Médicis, l’Art des
sculpteurs Taïno en 1994 au Petit Palais, et Picasso/Afrique : Etat d’esprit au centre Pompidou en 1995. Il
fut par ailleurs expert et consultant pour l’exposition du musée d’art moderne de New York, Le
e
Primitivisme dans l’art du 20 siècle en 1984 ainsi que pour l’exposition Afrique, l’art d’un continent,
présentée à la Royal Academy de Londres en 1985.
Il est l’auteur de l’ouvrage de référence, L’art africain, publié chez Citadelles et Mazenod.
Il décède en 2001, bien avant l’inauguration du musée du quai Branly dont il a été l’une des
personnalités les plus marquantes.
* INFORMATIONS PRATIQUES www.quaibranly.fr
A l’occasion des 10 ans du pavillon des Sessions le 13 avril 2010,
Connaissance des arts a publié un hors-série de 36 pages, au prix de 10 €.
Visuels disponibles pour la presse
http://ymago.quaibranly.fr
Accès fourni sur demande
Contact presse :
Pierre LAPORTE Communication - tél : 33 (0)1 45 23 14 14 - info@pierre-laporte.com
Contacts musée du quai Branly :
Nathalie MERCIER Magalie VERNET Lisa VERAN
Directrice de la communication Adjointe de la directrice de la Chargée des relations médias
nathalie.mercier@quaibranly.fr Communication 33 (0)1 56 61 70 52
Responsable des relations médias lisa.veran@quaibranly.fr
magalie.vernet@quaibranly.fr
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