LE TRIMESTRIEL EN BREF - Valeurs mobilières Desjardins
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LE TRIMESTRIEL EN BREF
P r i n te m ps 2 0 1 8
« La peur et l’euphorie sont des forces dominantes, et la peur est de multiples fois plus forte que l’euphorie. Les bulles
se forment très lentement à mesure que l’euphorie monte. Puis la peur surgit, et elle se dégonfle très brutalement.
Quand j’ai commencé à examiner cela, j’étais dans une sorte d’état de choc intellectuel. La contagion est le phénomène
critique qui provoque l’effondrement. » (A. Greenspan)
Faisant suite à une année 2017 exceptionnelle sur plusieurs fronts (accélération de l’économie mondiale, politiques
monétaires et budgétaires expansionnistes, taux d’intérêt bas, inflation faible, rentabilité des entreprises, quasi absence
de volatilité et rendement boursier élevé), l’emballement boursier de janvier incitait à la prudence. Sur le radar, plusieurs
indicateurs clignotaient au rouge !
Le 2 février au matin, la glace a cédé sous le poids de l’exubérance des investisseurs. Une exubérance irrationnelle
portée par l’adoption d’un nouveau pacte budgétaire et fiscal ayant vu le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq atteindre
sept sommets simultanément en janvier. Il aura fallu l’annonce d’une croissance plus rapide que prévu du salaire
horaire aux États-Unis pour faire basculer les bourses. Tenons-nous-le pour dit, les germes d’un repli (moins de 10 %)
ou d’une correction (plus de 10 %) se développaient depuis un bon moment !
Bien que le ciel ne nous soit pas tombé sur la tête, le Dow Jones a tout de même fluctué de quelques 20 000 points
durant la première semaine de février. Dans l’intervalle entre le sommet et le creux, les grandes bourses ont baissé de 9
% (TSX et CAC) à 13 % (Nikkei, DAX, FTSE). Aux États-Unis, la baisse de près de 12 % du S&P 500 passera à
l’histoire comme une correction dans un « bull market » ! Depuis 1945, Goldman Sachs a répertorié 23 autres
incidences similaires dont la durée est de quatre mois. Il faut ensuite compter autant de mois pour que l’indice retourne
à son sommet précédent.
Une correction dans un « bull market » n’est pas le début d’un « bear market » ! Certes, le cycle actuel est atypique de
par sa nature et l’interventionnisme nécessaire pour dynamiser ses vecteurs de croissance, dont l’inflation. En juillet
2019, il deviendra le plus long des 33 cycles répertoriés par le NBER depuis 1854 aux États-Unis. La toile de fond
économique et financière est propice à une poursuite du cycle jusqu’en 2020. Il faudra surveiller la montée du
protectionnisme commercial, dont les conséquences seront négatives pour l’ensemble, et suivre la courbe de
rendement, les écarts de crédit et les indicateurs avancés pour évaluer l’évolution vers une récession et un « bear
market » boursier.
Au début de la deuxième moitié de la 8e manche, le cycle d’investissement est soutenu par le synchronisme de
l’économie mondiale, des politiques monétaires, budgétaires et fiscales stimulantes et la rentabilité des entreprises. Les
investisseurs devront composer avec la volatilité, la normalisation graduelle des politiques monétaires dans plusieurs
pays industrialisés, l’orientation future de la BCE et de la BdJ, la montée des taux d’intérêt et les multiples d’évaluation.
À l’opposé des bourses, le marché obligataire nord-américain est dans un « bear market » depuis l’automne. Il
nécessite une bonne dose de prudence dans sa gestion. Tactiquement, nous recommandons une stratégie « risk-off »
pour les titres à revenu fixe et « risk-on » pour les actions en portefeuille.
À moins qu’une bulle d’investissement fasse revivre les épisodes de 2000, 2007 et 2011, le cycle boursier évoluera
avec la toile de fond économique. Historiquement, il est plus avantageux de déterminer la nature du « bear market »
que d’identifier la fin du « bull market ». Une étude de Goldman Sachs révèle qu’il n’y a pas grande différence entre
vendre trois mois avant ou après la fin du cycle boursier. L’investisseur doit surtout identifier la nature (événementielle,
cyclique ou structurelle) du « bear market » puisque sa durée et son amplitude varient de façon importante selon le cas.
À partir de cette interprétation, il ajustera sa stratégie d’investissement en conséquence.
Notre lecture de la toile de fond laisse présager un prolongement du cycle économique et boursier, mais elle invite à
une prudence relative à l’égard des obligations. Malgré la correction de février, 2018 demeure propice à une
surpondération des actions, un positionnement neutre dans les placements alternatifs et une sous-pondération de
l’encaisse et des revenus fixes. Géographiquement, nous recommandons de surpondérer les États-Unis, l’Europe et les
pays émergents, mais de sous-pondérer le Canada et le Japon.
Globalement, cette toile de fond est défavorable au marché obligataire, plus spécifiquement aux obligations
gouvernementales. Depuis le début de l’année, la réaction des investisseurs aux statistiques américaines sur
l’emploi illustre une prise de conscience de l’évolution des salaires et de l’inflation et l’orientation de la politique
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monétaire. Bien qu’elle ait géré avec brio le déploiement d’un arsenal monétaire expérimental et les attentes des
investisseurs à ce jour, la Fed devra continuer à exceller en portant son taux directeur à son point neutre. Un
accident de parcours n’est pas à exclure !
D’ailleurs, aucune banque centrale n’a jamais tenté l’exploit de normaliser sa politique monétaire à partir d’un taux
directeur aussi bas. Mal interprétée, une déclaration de la Fed peut déclencher une hausse brusque des taux et un
réalignement de la prime de risque. Nous réitérons que prudence est mère de sûreté pour les titres à revenu fixe en
portefeuille.
À l’opposé du marché obligataire, le « bull market » des actions n’est pas terminé, mais il se fait long. Il faut voir la
correction boursière de février comme une pause après un sprint insoutenable ayant vu le Dow Jones, le S&P 500
et le Nasdaq enchaîner sept records successifs en janvier. Le S&P 500 affichait une séquence sans repli de 3 % en
310 jours et de 5 % en 402 jours; un record de longévité. En fait, la dernière correction datait de 2015.
Il faut voir la correction de février pour ce qu’elle est : une correction dans un « bull market » et non le début de la
fin ! La toile de fond continue à favoriser une stratégie de type « risk-on » pour les actions. Absente en 2017, la
volatilité fera partie intégrante de l’équation d’ici la fin du cycle. Les investisseurs devront aussi s’ajuster à
l’évolution de l’inflation, des salaires et des taux d’intérêt.
Une fois compris que le taux directeur sera aligné sur les indications prospectives du FOMC et que les Treasuries
10 ans peuvent monter au-dessus de 3 % sans pour autant causer une catastrophe, les investisseurs ajusteront les
ratios de valorisation en conséquence.
Sur un horizon de 3 à 6 mois : Les perspectives économiques et financières sont constructives et positives. D’une
part, le marché obligataire sera influencé par l’inflation et la politique monétaire. Une hausse graduelle des taux
d’intérêt est prévisible. D’autre part, le marché boursier continuera de former une base technique avant d’amorcer
sa phase de remontée vers son sommet antérieur. Depuis 1945, les corrections durent quatre mois (en l’occurrence
de février à mai 2018), tout comme la phase de remontée (juin à septembre 2018). Fondamentalement, les
perspectives sont positives pour les actions.
En fin de 8e manche, il faudra porter attention aux signes de complaisance et d’exubérance. En 9e, l’exubérance
tend vers l’irrationalité et les signaux précurseurs d’une fin de cycle clignotent au rouge.
La répartition tactique pour un portefeuille au profil équilibré (encaisse, 5 %, revenu fixe, 35 %, actions, 50 % et
placements alternatifs, 10 %), dont la tolérance au risque est moyenne, la répartition tactique est la suivante : 5 %
d’encaisse, 25 % d’obligations, 60 % d’actions et 10 % de placements alternatifs (dont les placements privés et les
infrastructures).
Le 14 février la pondération de l’encaisse a été réduite de 10 à 5 % et celle des actions, augmentée de 55 à 60 %.
Voici le plan de match qui déclencherait une autre baisse de l’encaisse au profit des actions :
• Une baisse additionnelle de 5 % du S&P 500 verrait l’encaisse diminuer à 3 % et les actions augmenter à 62 %;
• Une baisse additionnelle de 10 % du S&P 500 déclencherait une réflexion sur la nature de la correction et
l’éventualité d’un « bear market ».
Sur un horizon de placement de 12 à 18 mois : À partir de la deuxième moitié de 2019, il faudra se
questionner sur la durée du cycle économique et boursier et les probabilités d’un « bear market ». Si l’économie
e
nord-américaine amorçait la 9 manche avec un alignement de frappeurs de puissance (inflation supérieure aux
cibles officielles, perception de retard dans le cycle de normalisation monétaire, montée erratique des taux d’intérêt,
élargissement des écarts de crédit, multiples d’évaluation élevés, exubérance irrationnelle des investisseurs
indépendants, essoufflement de l’effet fiscal sur les bénéfices des entreprises américaines et valse-hésitation des
indicateurs économiques avancés), il faudrait teinter la stratégie d’investissement d’une prudence relative.
Bien qu’il soit trop tôt pour statuer sur les scénarios de type « boom bust » ou stagflation, il faut s’attendre à ce que
ces thématiques trouvent des disciples et fassent leur chemin dans les médias financiers.
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Une stratégie de type « risk-off » pour les actions sera éventuellement propice pour protéger la valeur des
portefeuilles contre les effets d’un « bear market ». L’inverse sera aussi vrai pour les obligations (exception faite
d’un contexte de stagflation) et les placements alternatifs.
La répartition stratégique pour un portefeuille au profil équilibré (encaisse, 5 %, revenu fixe, 35 %,
actions, 50 % et placements alternatifs, 10 %) la répartition est la suivante : 5 % d’encaisse, 40 %
d’obligations, 40 % d’actions et 15 % de placements alternatifs.
Répartition géographique américaine : La toile de fond économique et financière est favorable à une poursuite
du cycle d’investissement en 2018-2019. Toutefois, il faudra renouer avec la volatilité et la normalisation monétaire
et obligataire d’ici la fin du cycle. Contrairement au marché obligataire, le marché des actions continuera à évoluer
dans sa phase « bullish » d’ici la prochaine récession. Globalement, nous anticipons une hausse d’environ 9 % du
S&P 500 en 2018. Nous recommandons de surpondérer les actions américaines à hauteur de 40 % d’un
portefeuille adéquatement diversifié dont la cible est de 37 %.
Répartition géographique canadienne : La toile de fond économique et financière est favorable à une poursuite
du cycle d’investissement en 2018-2019. Les investisseurs devront s’habituer à la volatilité et à la normalisation des
taux d’intérêt d’ici la fin du cycle. Contrairement aux obligations, les actions continueront d’alimenter les rendements
des portefeuilles d’ici la prochaine récession. Globalement, nous anticipons une hausse d’environ 10 % du TSX en
2018. Toutefois, les tensions commerciales avec les États-Unis, dont l’ALENA, les difficultés rencontrées par
l’industrie canadienne du pétrole et du gaz pour transporter ses produits et la sensibilité de la demande intérieure
aux fluctuations des taux d’emprunt, nous amènent à sous-pondérer les actions canadiennes à hauteur de 32 %
d’un portefeuille adéquatement diversifié dont la cible est de 37 %.
Répartition géographique européenne : Surpondérer les actions européennes à hauteur de 12 % d’un portefeuille
adéquatement diversifié dont la cible est 10 %. Une stratégie de couverture de change partielle intégrée à des
fonds négociés en bourse ou des fonds communs de placement est recommandée.
Répartition géographique japonaise : Sous-pondération des actions japonaises à hauteur de 4 % d’un portefeuille
adéquatement diversifié dont la cible est 6 %. Une stratégie de couverture de change partielle intégrée à des fonds
négociés en bourse ou des fonds communs de placement est recommandée.
Répartition géographique marchés émergents : Surpondérer les actions des MÉ à hauteur de 12 % d’un
portefeuille adéquatement diversifié dont la cible est de 10 %. L’utilisation de fonds négociés en bourse (VWO-US
ou EEMA-US) ou de fonds communs de placement est préconisée.
Actions : L’année 2017 s’est soldée par d’excellents rendements et par l’absence de volatilité. L’année 2018 s’est
amorcée dans cette même veine, la plupart des indices nord-américains établissant de nouveaux sommets en
janvier. Février et mars marquent une rupture dans cette séquence et le retour tant souhaité d’un peu de volatilité !
Les premiers élans de volatilité au début février étaient le fruit d’une publication de statistiques de l’emploi dans
lesquelles les salaires horaires affichaient une progression avoisinant les trois pour cent. Quelques séances plus
tard, le marché affichait son premier recul de dix pour cent depuis le début 2016. Fidèle à son habitude, le marché a
rapidement rebondi. Ensuite, la seconde salve est venue des déclarations protectionnistes du président américain.
N’est-il pas ironique que ce soit désormais le président communiste chinois qui fasse l’éloge des échanges
commerciaux mondiaux ? Cette seconde salve s’est accentuée avec la découverte de ce que (oh, mon Dieu !),
Facebook accumulait des données sur ses membres. Les marchés ont à nouveau culbuté et tentent encore de se
rétablir.
De telles périodes de fluctuations ne sont pas rares. Certes, elles sont devenues plus discrètes au cours des
dernières années. Cependant, depuis 1950, les marchés ont connu plus d’une vingtaine d’épisodes de corrections
de dix à vingt pour cent dans un cycle pourtant haussier. Ces corrections ont en moyenne entraîné des baisses de
treize pour cent et ont duré environ quatre mois, soit le même temps qu’elles ont mis pour récupérer.
Les récentes fluctuations ont comme avantage d’avoir rendu les multiples d’évaluation plus abordables. En plus
d’être relativement plus attrayante que la richesse obligataire, l’évaluation des actions (MSCI All Country World
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Index) est de retour à un niveau légèrement inférieur à sa moyenne observée depuis 1990, une fois exclu le secteur
technologique.
Si les conditions ne sont pas réunies pour mettre un terme au présent cycle haussier, les rendements futurs
devraient néanmoins pâlir en comparaison de ceux des dernières années, en plus d’être accompagnés d’une
volatilité supérieure. Cette combinaison générera des rendements ajustés en fonction du risque qui rendront les
investisseurs envieux des dernières années et qui ramèneront à l’avant-scène la valeur du bon conseil.
Actions canadiennes : Telle une équipe sportive qui cherche à aligner les victoires sans y parvenir, le manque de
constance de la bourse canadienne est éloquent. Après des déboires sévères en 2015 et au début de 2016, le TSX
a vigoureusement rebondi en fin 2016 puis, en 2017, a tenté de suivre les bourses mondiales pendant un seul
trimestre sur quatre. Depuis janvier, l’indice phare canadien est fidèle à ses récentes habitudes, et ce, même si
l’économie se porte bien.
L’analyse sectorielle révèle deux réalités. D’une part, l’imposant secteur financier continue de produire avec la
régularité d’un métronome et devrait être l’un des premiers bénéficiaires de la remontée des taux d’intérêt, mais reste
suspect en raison d’une éventuelle déconfiture des ménages canadiens. Le résultat est un secteur qui malgré un
dividende moyen approchant les quatre pour cent, se négocie à environ onze fois les bénéfices. D’autre part, la
bourse canadienne demeure excessivement sensible aux prix des matières premières. Si les métaux industriels sont
toujours sujets au ralentissement chinois, le raffermissement des cours pétroliers aurait dû profiter à la filière
énergétique. Or, les entreprises canadiennes n’ont pas été conviées à la grande fête pétrolière mondiale, enclavées
par l’incapacité chronique à acheminer leur production vers les raffineries nord-américaines ou encore vers
l’exportation océanique.
Si cela n’était pas assez, une épée de Damoclès menace la bourse canadienne : le risque de nouvelles mesures
protectionnistes du voisin du sud. La portée de telles mesures devrait être relativement limitée pour l’ensemble de
l’économie intérieure, mais certains secteurs seraient sans aucun doute plus affectés. Départager les victimes et les
épargnés sera une tâche sans doute périlleuse exigeant beaucoup de minutie des analystes. Ceux-ci seront donc
contraints de réduire les anticipations de bénéfices tout en optant pour des multiples d’évaluation inférieurs afin de
tenir compte des nouveaux risques accrus. Cette combinaison pourrait bien reléguer la bourse canadienne à la
traîne des autres marchés, encore une fois.
Si un tel scénario n’est pas le plus probable selon nous, nous lui accordons malgré tout une probabilité non
négligeable de 20 à 30 %.
Parmi les actions canadiennes, nous maintenons une position favorable au secteur financier et neutre à l’égard du
secteur industriel et des ressources naturelles, principalement en raison du pétrole, et nous laissons la
consommation en position sous-pondérée.
Actions américaines : Amorçant sa dixième année en mars, le présent cycle haussier trouve déjà sa place parmi
les plus longs de l’histoire. Bien que près de 75 % des gains des dernières années soient la résultante de la
croissance des bénéfices, la progression fulgurante affichée laisse l’impression que les valorisations de la bourse
américaine sont élevées.
Ceux qui discutent de la valorisation généreuse de l’indice S&P 500 font fréquemment référence au ratio
cours/bénéfices de Shiller qui monte à plus de 33 et qui suggère des rendements pour les dix prochaines années
oscillant entre zéro et deux pour cent. Nous partageons en partie l’idée que les rendements futurs seront inférieurs
au passé récent. Or, l’indice de Shiller mérite quelques précisions. La méthode de Shiller consiste à prendre le cours
actuel des actions et à le diviser non pas les bénéfices passés, ou anticipés, mais par leur moyenne des dix
dernières années. L’objectif étant de lisser l’évaluation indépendamment du cycle économique. Si cette logique
s’avère intéressante, le contexte actuel donne un résultat anormal. En effet, lorsqu’on calcule aujourd’hui le bénéfice
moyen des dix dernières années, on incorpore les bénéfices de 2008 et 2009, deux années où les profits avaient été
terrassés par la pire crise financière en cent ans. Cette normalisation affecte donc démesurément le dénominateur
du ratio. Qui plus est, si le ratio C/B de Shiller est aujourd’hui élevé, on peut présumer que d’ici deux ans il retombera
à 22, et ce, même si on exclut toute croissance des bénéfices. À 22 fois le bénéfice, l’indice de Shiller annonce
généralement des gains de cinq à dix pour cent pour les années suivantes. Alors faut-il vraiment attendre deux ans ?
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L’autre facteur qui donne l’impression que la bourse américaine est chère est lié à sa composition sectorielle. Les
entreprises technologiques américaines sont des titans mondiaux, mais intégrés dans l’indice S&P 500. Par ailleurs,
ces entreprises affichent aujourd’hui les bilans parmi les plus sains, les marges bénéficiaires les plus fortes, des
rendements des capitaux propres hors du commun et s’échangent pourtant à une très légère prime par rapport au
reste du marché. En 2000, ce secteur s’échangeait à plus de 42 fois les bénéfices, soit 20 fois plus que le reste du
marché. Aujourd’hui, la prime n’est que de 3 à 4 points.
Bien qu’elle soit elle aussi sujette à des replis spontanés, la bourse américaine devrait maintenir son leadership en
2018, entre autres, soutenue par la dose d’incitation fiscale dont elle bénéficiera. Après avoir vu les profits bondir en
près de 14 % en 2017 aux États-Unis, la croissance devrait y être égale ou supérieure en 2018. Comme la
croissance finira par ralentir et que la remontée des taux d’intérêt viendra tôt ou tard comprimer la prime de risque, le
multiple d’évaluation devrait quelque peu fléchir. Nonobstant cette pression, les principaux indices américains
devraient produire des gains honorables.
Parmi les actions américaines, nous maintenons la sous-pondération des secteurs de la consommation et des
ressources naturelles et nous surpondérons les valeurs industrielles (avec une préférence pour les technologies) et
les titres sensibles aux taux d’intérêt. Des stratégies visant à bonifier le rendement courant (par exemple, la vente
d’options d’achat couvertes) sont aussi à considérer.
Revenu fixe :
La répartition tactique pour un portefeuille au profil équilibré (encaisse, 5 %, revenu fixe, 35 %, actions, 50 % et
placements alternatifs, 10 %), dont la tolérance au risque est moyenne, la répartition est la suivante : 5 %
d’encaisse, 25 % d’obligations, 60 % d’actions et 10 % de placements alternatifs (dont les placements privés et les
infrastructures). Plus spécifiquement pour la composante revenu fixe des portefeuilles, voici le plan de match pour
trois types d’investisseurs :
1 2
1. Stratégie d’investissement pour l’investisseur 2. Stratégie d’investissement pour l’investisseur
dont la base de référence est l’Indice obligataire dont la base de référence est l’indice obligataire
universel FTSE TMX Canada : FTSE TMX court terme :
Répartition recommandée par catégorie : Répartition recommandée par catégorie :
o Canada : 27 % o Canada : 13 %
o Provinces : 35 % o Provinces : 46 %
o Municipalités : 0% o Municipalités : 0%
o Sociétés : 38 % o Sociétés : 41 %
Répartition recommandée par échéance : Répartition recommandée par échéance :
o Court terme : 13 % o Court terme : 100 %
o Moyen terme : 65 % o Moyen terme : 0%
o Long terme : 22 %
Durée recommandée : 3,12 ans
Durée recommandée : 7,46 ans
1
Cette stratégie d’investissement s’appuie sur le mandat Revenu fixe dont la gestion est assurée par DGIA.
2
Cette stratégie d’investissement s’appuie sur le mandat Obligations à court terme dont la gestion est assurée par DGIA.
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3. Stratégie d’investissement pour l’investisseur passif pour qui le rendement absolu et la préservation du
capital sont impératifs et non négociables :
Stratégie d’investissement Répartition recommandée par échéance :
o Échelonnement sur cinq ans o Court terme : 75 à 100 %
o Appariement des échéances selon un o Moyen terme : 0 à 25 %
besoin spécifique o Long terme : 0%
Répartition recommandée par émetteur : Durée recommandée : 2 à 3 ans
o Canada : 0 à 100 %
o Provinces : 0 à 100 %
o Municipalités : 0 à 100 %
o Sociétés : 0 à 40 %
L’investisseur en phase de décaissement pourrait bonifier son rendement avec une rente assurée ou en modifiant
sa répartition des actifs pour augmenter son exposition aux actions privilégiées, aux obligations à haut rendement
et aux titres de croissance. Tout est une question de tolérance au risque et de dosage.
La recherche de rendements a eu pour effet de réduire la prime de risque dans le secteur obligataire, dont les
provinces, les municipalités, les sociétés et les émetteurs d’obligations à rendement élevé. Pour ces derniers, bien
que la prime de risque se soit élargie au troisième trimestre, elle demeure relativement basse d’un point vue
historique. Vu le degré de risques associés à ces titres, ils peuvent représenter jusqu’à 10 % de la composante
investie dans les sociétés d’un portefeuille à revenu fixe adéquatement diversifié. L’exposition à ces titres est
proportionnelle à la tolérance au risque de l’investisseur.
La répartition stratégique pour un portefeuille au profil équilibré (encaisse, 5 %, revenu fixe, 35 %, actions, 50 %
et placements alternatifs, 10 %), la répartition est la suivante : 5 % d’encaisse, 40 % d’obligations, 40 % d’actions et
15 % de placements alternatifs.
La seule certitude est l’incertitude vers laquelle la fin de la grande expérience monétaire et la normalisation
subséquente des politiques monétaires nous mèneront. Aucune banque centrale n’a tenté l’expérience à partir d’un
degré détente monétaire aussi élevé et d’un taux directeur aussi bas. La réaction des acteurs économiques et
financiers accoutumés aux taux d’intérêt bas depuis longtemps est une inconnue avec laquelle les banques centrales
devront composer lorsqu’elles ajusteront les conditions monétaires. La réponse populiste (dont la montée en force du
protectionnisme) aux revendications de l’électorat pourrait complexifier leur tâche. Au Canada, la BdC devra aussi
composer avec l’endettement des ménages et la tendance du marché immobilier résidentiel (notamment l’évolution
des prix).
Le marché obligataire évolue maintenant dans sa phase « bearish ». Des pointes d’angoisse sont à prévoir alors que
les banques centrales normaliseront leurs politiques monétaires en cascade avec le temps. Aux États-Unis, le taux
directeur sera aligné sur les indications prospectives du FOMC. Au Royaume-Uni, en Australie et au Canada, il sera
ponctué de « stop-and-go ». Dans la zone euro, la BCE mettra fin à son programme quantitatif en septembre et
pourrait hausser son taux directeur en fin d’année. Au Japon, la BdJ maintiendra un degré de détente monétaire élevé
au-delà de 2019.
Globalement, le marché obligataire invite à la prudence sur un horizon de 12 à 18 mois, mais aussi à un opportunisme
lorsque les indicateurs avancés pointeront vers une fin du cycle. Il faudra alors modifier la stratégie en favorisant une
durée plus longue en portefeuille et une surpondération des obligations gouvernementales. Si, pour le moment, la toile
de fond incite à une sous-pondération tactique des revenus fixes en portefeuille à hauteur de 25 % d’un portefeuille
adéquatement diversifié au profil équilibré, elle passera à 40 % lorsque le baromètre économique clignotera au
rouge.
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Synthèse des recommandations
Répartition tactique des actifs - N + Répartition sectorielle - Canada - N +
Encaisse Industriel - Technologie
Revenu Fixe Consommation
Actions Sensible aux taux d’intérêt
Alternatif Ressources naturelles
Répartition tactique des échéances
Répartition
géographique tactique - N + (FTSE TMX obligataire court terme)
Canada - N +
États- Unis Court terme
Europe Moyen terme
Japon Durée de 3,2 ans
Pays émergents Répartition tactique des émetteurs
(FTSE TMX obligataire court terme)
Répartition sectorielle - US - N +
- N +
Industriel - Technologie
Fédéral
Consommation
Provincial
Sensible aux taux d’intérêt
Municipal
Ressources naturelles
Sociétés
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