LES CHANTIERS S'ACTIVENT, ÉNERGIES RENOUVELABLES EN MER : RAPPORT #5 - Observatoire des énergies ...
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ÉNERGIES RENOUVELABLES EN MER :
LES CHANTIERS S’ACTIVENT,
LES EMPLOIS EN FORTE CROISSANCE !
RAPPORT #5.
2021
www.merenergies.frSOMMAIRE
1. ÉDITO............................................................................................................. 4
2. LEXIQUE...................................................................................................... 6
3. C
ONTEXTE DE LA FILIÈRE DES ÉNERGIES MARINES
RENOUVELABLES EN FRANCE......................................................... 8
4. SYNTHÈSE DES RÉSULTATS.............................................................. 11
5. S
TRUCTURES ET ENTREPRISES FRANÇAISES
AU CŒUR DE LA FILIÈRE DES ÉNERGIES DE LA MER........... 18
5.1 Entreprises prestataires et fournisseurs de la chaîne de valeur..................19
5.2 Développeurs-exploitants de parcs commerciaux
ou de fermes pilotes........................................................................................................ 37
5.3 Organismes de recherche et/ou de formation impliqués dans les EMR.....44
5.4 Acteurs institutionnels : acteurs publics et collectivités, acteurs locaux
de développement économique et gestionnaires de ports............................52
6. LES ÉNERGIES DE LA MER DANS LES RÉGIONS.................... 59
6.1 Hauts-De-France............................................................................................................. 60
6.2 Normandie.......................................................................................................................... 62
6.3 Bretagne.............................................................................................................................. 64
6.4 Pays de la Loire................................................................................................................ 66
6.5 Nouvelle-Aquitaine......................................................................................................... 68
6.6 Occitanie..............................................................................................................................70
6.7 S
ud-Provence-Alpes-Côte d’Azur............................................................................72
7. ANNEXE..................................................................................................... 74
Méthodologie employée pour la réalisation de cette étude................................. 75
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 3ÉDITO
LE CLUSTER MARITIME FRANÇAIS, GRÂCE AU SOUTIEN DES GRANDS ACTEURS
INDUSTRIELS DE LA FILIÈRE ET DE L’ADEME, EN PARTENARIAT AVEC LE SER, LE GICAN
ET FEE POURSUIT SON ANALYSE DE LA FILIÈRE FRANÇAISE DES ÉNERGIES DE LA MER
AVEC CETTE 5e ÉDITION DE L’OBSERVATOIRE.
La création de l’Observatoire des énergies de la mer en 2016 avait pour objectif de montrer, année après
année, les réalités économiques de la filière, d’apporter la preuve que des milliers d’emplois durables et de
qualité seraient créés dans nos régions.
1er OBJECTIF ATTEINT ! LES ACTEURS FRANÇAIS ONT RÉUSSI À CAPTER UNE GRANDE PARTIE
DE LA VALEUR ET DES EMPLOIS CRÉÉS PAR LES PROJETS FRANÇAIS
Beaucoup d’observateurs craignaient que le retard français dans les EMR se traduise par des créations
d’emplois hors de France. Ce n’est pas le cas. La majorité de la valeur et des emplois issus des projets fran-
çais sont bien ancrés dans notre pays. Nous devrons faire mieux encore dans les prochaines années en
mobilisant le tissu des industries nationales et en recourant plus encore aux services maritimes et au-delà
à l’ensemble des entreprises françaises ayant des compétences à proposer. Si les emplois sont si nombreux
en France c’est aussi parce que des industriels ont tenu leurs engagements et y ont construit des usines. De
plus, n’oublions pas que les entreprises françaises de la filière réalisent aussi un chiffre d’affaires important
à l’export.
2020 : UN CHANGEMENT D’ÉCHELLE GRÂCE AUX PREMIERS PARCS FRANÇAIS
L’année 2020 marque donc un changement d’échelle pour la filière française qui connait un vrai décollage
grâce à la construction du premier parc français à Saint-Nazaire, et au lancement des chantiers de ceux de
Fécamp et Saint-Brieuc.
Les énergies de la mer contribuent désormais fortement au développement de l’économie bleue. Cette
réussite, malgré le contexte de la crise de la Covid, est un encouragement fort pour l’action engagée par
la « Coalition pour la transition écoénergétique du maritime », initiée par le Cluster Maritime Français en
partenariat avec l’ADEME.
La filière a fait la démonstration de sa compétitivité et de solidarité, elle contribue fortement à la réindus-
trialisation de la France et à sa souveraineté énergétique. Plus que jamais elle a besoin de visibilité et espère
une PPE ambitieuse pour la période 2024-2028.
FRÉDÉRIC MONCANY DE SAINT-AIGNAN
Président du Cluster Maritime Français
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 5LES ÉNERGIES DE LA MER,
DE QUOI PARLONS-NOUS ?
AU-DELÀ DE L'ÉOLIEN, POSÉ ET FLOTTANT, IL Y A BIEN D'AUTRES TECHNOLOGIES
L’ÉNERGIE ÉOLIENNE POSÉE L’ÉNERGIE THERMIQUE DES MERS
L’éolien en mer posé permet d’exploiter l’énergie L’énergie thermique des mers (ETM) permet d’ex-
cinétique du vent disponible en mer. Le vent fait ploiter la différence de température entre les eaux
tourner les pales de l’éolienne, un générateur superficielles et les eaux profondes des océans :
transforme l’énergie cinétique en énergie électrique. L’éolienne l’énergie est issue de l’échange thermique entre
est fixée sur le fond marin jusqu’à une limite technique de profon- l’eau froide et l’eau chaude. Pour que le cycle de
deur qui est actuellement de 50 mètres. l’ETM fonctionne, il est nécessaire de disposer d’un
différentiel d’au moins 20°C.
A noter que la climatisation est aussi une application directe de
L’ÉNERGIE ÉOLIENNE FLOTTANTE l’énergie thermique des mers avec le système SWAC (Sea Water
L’éolien flottant permet d’exploiter l’énergie Air Cooling).
cinétique du vent dans des zones profondes
où l’installation d’éoliennes posées sur le fond
marin n’est pas réalisable. La différence principale entre les
éoliennes en mer flottantes et les éoliennes en mer posées se SOLAIRE PHOTOVOLTAÏQUE
situe au niveau du support sur lequel repose l’éolienne. L’éo- FLOTTANT
lienne est fixée sur une structure flottante maintenue par les L’énergie solaire photovoltaïque flottant réside
lignes d’ancrage reliées au fond marin afin de limiter les mou- dans l’installation de centrales photovoltaïques
vements. Différentes technologies de flotteurs existent, per- sur l’eau. Cette technologie présente de nombreux avantages, en
mettant une installation à des profondeurs allant de 50 mètres plus de remédier au manque d’espace au sol, et sur les toitures
jusqu’à plusieurs centaines de mètres. : en particulier, le milieu marin est une zone qui dispose d’un
ensoleillement maximal, et la fraicheur de l’eau permet d’éviter la
surchauffe des capteurs.
L’ÉNERGIE HYDROLIENNE
L’hydrolienne permet d’exploiter l’énergie ciné-
tique contenue dans les courants associés au
déplacement des masses d’eau qui accompagne L’ÉNERGIE OSMOTIQUE
le phénomène de marée (marémoteurs, maréliennes, lagons L’énergie osmotique permet d’exploiter la
artificiels). Pour l’énergie des courants fluviaux, seule l’énergie différence de salinité entre l’eau douce et l’eau
cinétique du déplacement des masses d’eau est captée. de mer. Les deux natures d’eau étant séparées
par une membrane semi-perméable, elle consiste à utiliser une
hauteur d’eau ou une pression créée par la migration de molécules
L’ÉNERGIE HOULOMOTRICE à travers ladite membrane. La pression d’eau en résultant assure
Le houlomoteur permet d’exploiter l’énergie des un débit qui peut alors être turbiné pour produire de l’électricité.
vagues et de la houle. Le soleil crée le vent et le
vent forme la houle qui, à l’approche des côtes, se
transforme en vagues.
SITE D’ESSAIS FERME PILOTE PARC COMMERCIAL
Un site d’essais est une infrastructure Une ferme pilote est un site qui Un parc commercial est une
mutualisée, raccordée au réseau permet de tester plusieurs prototypes infrastructure permettant l’exploitation à
d’électricité, destinée aux entreprises qui simultanément. Il permet de valider grande échelle de moyens de production
développent des systèmes d’énergies de ou de rectifier leur installation et leur d’électricité (éolien flottant, houlomoteur
la mer afin de valider techniquement leurs fonctionnement dans des conditions par exemple). Son modèle économique
démonstrateurs dits de « première de semblables à celles d’un futur parc est basé sur les produits de la vente
série » à l’échelle réelle, afin de valider ou commercial. Une ferme pilote peut de l’électricité sur le réseau. Un parc
de modifier le design et/ou les procédés fonctionner de 2 à 20 ans. commercial peut fonctionner plus de 20
d’installation et d’intervention en mer. Ces ans.
tests sont réalisés pendant une période
assez courte (quelques mois).
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 73. C
ONTEXTE DE LA FILIÈRE
DES ÉNERGIES MARINES
RENOUVELABLES EN
FRANCE
©École Centrale Nantes© Navantia
A
vec deux nouveaux parcs d’éolien en mer Les avancées décrites ci-dessus se traduisent directement par
posé dont la construction a commencé en de l’activité pour les entreprises de la filière. Pour les trois parcs
2020 (Fécamp et Saint-Brieuc), l’année écou- d’éolien posé en construction, les opérations qui se sont tenues
lée confirme la bonne dynamique de la filière en 2020 ont principalement concerné des travaux pour le rac-
initiée en 2019 avec le début des travaux du cordement ainsi que la fabrication et l’assemblage des futurs
premier parc français (Saint-Nazaire). L’année équipements des parcs. Des chantiers et infrastructures de pro-
2021 devrait marquer un tournant pour certains de ces projets duction industrielle temporaires ont ainsi vu le jour (Navantia-
avec le début de l’installation des fondations en mer, rapprochant Windar à Brest et Bouygues TP au Havre), notamment pour la
un peu plus la filière des premières mises en service. De plus, fabrication des fondations qui accueilleront les éoliennes des
2021 sera également l’année du début des travaux pour le parc de parcs commerciaux. Ces moyens de production viennent s’addi-
Courseulles-sur-Mer, dernier des 4 projets attribués au cours du tionner aux infrastructures historiques et pérennes qui sont éga-
premier round d’appel d’offres de 2012, à atteindre cette étape. lement mobilisées pour la construction des parcs français (GE
Renewable Energy pour les nacelles et Chantiers de l’Atlantique
À défaut d’appel d’offres nouveau, deux débats publics prépara- pour les sous-stations électriques). De nouveaux moyens de pro-
toires se sont déroulés au cours de l’année 2020 : le premier en duction sont également en cours de construction à l’image de la
Normandie visait à identifier une zone pouvant accueillir dans un future usine Siemens Gamesa Renewable Energy de nacelles et
premier temps un projet d’1 GW d’éolien posé. Une zone a été de pales (première mondiale), ou seront agrandis comme l’usine
identifiée au large du Cotentin et la procédure d’appel d’offres de pales GE Renewable Energy de Cherbourg.
pour l’attribution du projet a été enclenchée début 2021. Le
second s’est tenu en Bretagne et avait pour objectif la désigna- Ces aménagements ont été possibles grâce à la mobilisation des
tion d’un site propice à l’installation d’un parc commercial éolien ports qui ont investis dans l’aménagement de leurs infrastruc-
flottant de 250 MW (puis 750 MW) au large des côtes Sud de la tures, à l’image du port de Brest qui a mis en service son polder
région. Il s’agira du premier parc commercial à être attribué pour EMR ou le port du Havre qui a aménagé le terrain sur lequel sera
cette technologie. Au total, ce sont 1,25 GW de plus qui devraient construite l’usine Siemens Gamesa Renewable Energy. Il en est
être attribués d’ici 2022, s’ajoutant aux 3,5 GW déjà en cours de de même pour le port de Port-La Nouvelle qui investit massive-
développement, des AO 1,2 et 3. ment afin de devenir un hub logistique pour le déploiement de
l’éolien flottant en Méditerranée.
Au sujet de l’éolien flottant, la ferme pilote Éoliennes Flottantes
du Golfe du Lion a obtenu définitivement et sans recours les Côté innovations technologiques, acteurs académiques et
autorisations administratives nécessaires à sa construction. Les entreprises poursuivent leurs synergies et collaborations, à
travaux de raccordement pour ce projet devraient commencer l’image de l’entreprise Eolink qui a annoncé l’installation de son
à l’automne 2021. Concernant l’hydrolien, les deux conces- prototype d’éolienne flottante de 5 MW sur le site du SEM-REV de
sions précédemment attribuées dans le Raz Blanchard ont l’École Centrale Nantes.
été respectivement reprises par Normandie Hydroliennes et
CMN-HydroQuest.
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 9Les acteurs de la filière
DÉVELOPPEURS-EXPLOITANTS PRESTATAIRES ET FOURNISSEURS
Les développeurs-exploitants sont les entreprises qui DE LA CHAÎNE DE VALEUR
portent des projets de parcs commerciaux ou de pro-
La catégorie des prestataires et fournisseurs de la chaîne
jets pilotes mais également des projets de raccordement
de valeur regroupe l’ensemble des entreprises délivrant
des infrastructures EMR dans le but de les exploiter par la
des prestations ou fournissant des équipements dans le
suite. Leur rôle consiste à concevoir un projet (caractéris-
cadre d’une activité en lien avec les énergies renouvelables
tiques techniques, socio-économiques, environnemen-
en mer. Leurs activités sont très variées et concernent
tales, financières), dans le cadre d’un appel d’offres, et de
l’ensemble du cycle de vie d’un projet : du développement
le mettre en œuvre jusqu’à sa construction et son exploi-
technologique et de la réalisation d’études et mesures en
tation, sa maintenance et son démantèlement. Ainsi les
amont des projets, en passant par la fabrication et l’as-
développeurs-exploitants se chargent d’intégrer au mieux
semblage d’éléments jusqu’à la construction en mer, l’ex-
le projet au sein du territoire et d’obtenir les autorisations
ploitation et la maintenance et le démantèlement. Cette
nécessaires à sa réalisation. En tant que maître d’ouvrage,
catégorie comprend les activités industrielles et de ser-
le développeur-exploitant joue un rôle essentiel dans la
vices nécessaires à la réalisation matérielle des projets, y
filière puisqu’il est à l’origine des projets et qu’il désigne
compris les activités de Recherche et Développement des
les prestataires chargés de leur réalisation.
acteurs privés.
ORGANISMES DE RECHERCHE ACTEURS INSTITUTIONNELS,
ET/OU FORMATION ORGANISMES PUBLICS,
Les organismes publics (ou semi-publics) de recherche COLLECTIVITÉS, ACTEURS
et/ou formation (universités, laboratoires, établissements TERRITORIAUX ET GESTIONNAIRES
publics de recherche, centres de formation, etc.) consti- DE PORT
tuent un rouage essentiel de la filière. Les travaux de
Cette catégorie regroupe une grande diversité d’acteurs
recherche permettent d’accompagner le développement
puisqu’elle comprend l’ensemble des acteurs qui accom-
des différentes technologies (efficacité, compétitivité) et
pagnent le développement de la filière et de ses acteurs
d’optimiser au mieux leur déploiement en identifiant les
industriels et académiques, tant sur le plan national que
conditions nécessaires à la définition de zones propices.
territorial. Il s’agit des organismes d’Etat, établissements
La recherche porte aussi sur les aspects environnemen-
publics nationaux et locaux, collectivités territoriales,
taux et sociétaux de ces projets. Quant à elles, les activités
pôles de compétitivité, agences de développement éco-
de formation fournissent les compétences théoriques et
nomique, clusters, Chambres de Commerce et d’Industrie
techniques nécessaires aux futurs professionnels du sec-
ainsi que les ports quels que soient leurs statuts. Leurs
teur des énergies renouvelables en mer afin qu’ils puissent
activités reflètent cette variété d’acteurs puisqu’ils inter-
accomplir la grande diversité des métiers que comptent
viennent aussi bien sur l’encadrement, le pilotage et le
la filière.
développement de la filière à l’échelle nationale que sur
la structuration économique du secteur et sa promotion
à l’échelle régionale ou locale ainsi que sur son finance-
ment. Les gestionnaires de port sont eux aussi essentiels à
la filière puisqu’ils mettent à disposition les infrastructures
nécessaires à la construction des futurs projets EMR.
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 104. SYNTHÈSE
DES RÉSULTATS
©EDPR WindFloat AtlanticLES CHIFFRES CLÉS DE LA FILIÈRE
DES ÉNERGIES MARINES RENOUVELABLES
FRANÇAISES EN 2020
1,5 Mds €
INVESTIS*
+222%
La barre du milliard d’euros a été largement dépassée,
notamment du fait des investissements engagés pour la
construction des parcs de Saint-Nazaire, Saint-Brieuc et
Fécamp et de leur raccordement. 3,6 Mds€ ont ainsi été
investis par les acteurs de la filière depuis 2007.
833 M€ +173%
DE CHIFFRE D’AFFAIRES RÉALISÉS
Pour la première fois la majorité du chiffre d’affaires
des prestataires et fournisseurs de la chaîne de valeur
est réalisée grâce au marché domestique (71%). Celui-
ci a été multiplié par 10 en deux ans pour s’établir à
568 M€ (+478 M€ sur un an) tandis que l’export est
également en hausse (+34 M€).
4 859 ETP +59%
Après avoir dépassé pour la première fois les 3 000
emplois en 2019, les créations de postes se sont
accélérées au sein de la filière (principalement chez les
fournisseurs industriels de la chaîne de valeur) pour
approcher un total de près de 5 000 ETP.
3
C’EST LE NOMBRE DE PARCS
COMMERCIAUX ET DE LEUR
RACCORDEMENT EN CONSTRUCTION EN
FRANCE EN 2021
*sommes effectivement dépensées durant l'année 2020ÉOLIEN EN MER : TOUS LES
INDICATEURS SONT AU VERT !
A
u cours de l’année 2020, la construction de deux nouveaux parcs éoliens en mer et de leur raccordement a débuté (Saint-
Brieuc et Fécamp) et les travaux entamés en 2019 pour celui de Saint-Nazaire se sont poursuivis. Les opérations menées
en 2020 pour ces trois projets, qui sont à l’origine d’importants investissements effectivement réalisés cette même année
par les porteurs de projet, concernent principalement la fabrication des éléments constitutifs des parcs et de leur raccordement.
Une grande partie de l’activité industrielle se déroule en France et génère des retombées pour la filière nationale, se traduisant
par une nette hausse de l’emploi et du chiffre d’affaires ce que confirment la hausse du nombre de répondants dans la plupart
des régions (de nouvelles entreprises françaises impliquées et des répondants aux profils plus variés, à l’image de la filière) et la
hausse de l’investissement dans les moyens de production industrielle.
© Bertrand Biger - Chantiers de l'Atlantique
Chiffre d’affaires et
investissements Emplois
K€ Nb. ETP
1 600 000 6 000
1 400 000
5 000
1 200 000
4 000
1 000 000
800 000 3 000
600 000
2 000
400 000
1 000
200 000
0 0
2016 2017 2018 2019 2020
EMPLOIS CA INVESTISSEMENTS
Entreprises Acteurs
Organismes de
Développeurs prestataires et/ou institutionnels
recherche et/ou
Exploitants fournisseurs de la et gestionnaires
TOTAL
formation
chaîne de valeur de port
Nombre d’ETP* 233 576 3 992 58 4 859
*emplois équivalent temps plein (-9%*) (+32%) (+72%) (+22%) (+59%)
Chiffre d’affaires 11 660 8 955 806 474 6 448 833 537
2020 (k€) (+21%) (+4 378%) (+174%) (+268%) (+173%)
Investissements 4 314 1 228 052 153 481 71 523 1 457 370
2020 (k€) (+60%) (+324%) (+87%) (-3%) (+222%)
Répondants 23 20 217 30 290 (=)
(-28%) (+33%) (+6%) (-23%)
* % d’évolution sur un an
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 13LA CONSTRUCTION DES TROIS PREMIERS PARCS ÉOLIENS EN MER FRANÇAIS ET DE LEUR
RACCORDEMENT À L’ORIGINE D’UN BOOM DES INVESTISSEMENTS
La construction d’un parc éolien en mer et de son raccor-
INVESTISSEMENTS PAR CATÉGORIE D’ACTEURS
dement nécessite des investissements colossaux et cela
apparaît clairement dans les chiffres de cette année. En
effet, les montants engagés par les développeurs-exploi- K€
1 500 000
tants dépassent pour la première fois le milliard d’euros
(+938 M€ sur un an), témoignant du déploiement effec- 5%
tif de l’éolien en mer posé au large des côtes françaises.
1 200 000
Les gestionnaires de port continuent d’adapter leurs
infrastructures (avec un niveau d’investissement sem-
blable aux deux années précédentes) afin de répondre aux
enjeux logistiques induits par le déploiement de l’éolien 900 000
en mer, à l’image du port de Port-La Nouvelle. De plus, 84 %
les investissements pour les parcs et leur raccordement
ont un effet d’entraînement sur les investissements des 600 000
fournisseurs de la chaîne de valeur qui continuent de
se structurer en France. La construction de nouveaux 17 %
moyens de production, à l’instar de l’usine de pales et de 300 000
nacelles Siemens Gamesa Renewable Energy au Havre 26 % 65 %
et de l’agrandissement des usines de nacelles à Saint- 36 %
35 % 18 % 11 %
Nazaire et de pales à Cherbourg de GE Renewable Energy, 0
2018 2019 2020
engendre une augmentation de plus de 87% des investis-
sements réalisés par ces acteurs. Concernant les autres
technologies les investissements relatifs à l’hydrolien se Entreprises prestataires rganismes de recherche
O
et/ou fournisseurs de la et formation
maintiennent à 5 M€, tandis que ceux dédiés au houlomo-
chaîne de valeur Développeurs-exploitants
teur et à l’ETM atteignent désormais un niveau similaire.
cteurs institutionnels et
A
gestionnaires de port
UNE SPECTACULAIRE HAUSSE DE L’EMPLOI
La hausse du nombre d’emplois constatée en 2020 (+1 794 ETP, en mer posés au large des côtes françaises et de leur raccorde-
+59%) se concentre principalement dans la catégorie des presta- ment comme en témoigne l’augmentation de 82% des emplois
taires et fournisseurs de la chaîne de valeur (+1 669 ETP soit 92% dédiés à cette technologie en un an. L’effet d’entrainement sur
de l’augmentation globale) et dans une moindre mesure chez l’emploi des investissements pour les parcs et leur raccorde-
les développeurs-exploitants. Comptant près de 4 000 emplois, ment est fort, tandis que l’effet structurel du renforcement de
les prestataires et fournisseurs de la chaîne de valeur repré- la chaîne de valeur pérennise les implantations industrielles. Les
sentent désormais 82% de l’emploi total de la filière (contre 70% technologies ne faisant pas encore l’objet d’un développement
en 2018), témoignant de l’accentuation du caractère industriel commercial génèrent elles aussi de l’emploi : 150 ETP dédiés à
de celle-ci au cours des dernières années et de son implantation l’hydrolien et 70 ETP pour le houlomoteur.
dans les territoires. Ces chiffres sont directement liés aux activi-
tés engendrées par la construction des premiers parcs éoliens
UNE FILIÈRE RÉSISTANTE ET SOLIDAIRE FACE À LA CRISE
90% DES ENTREPRISES DÉCLARENT QUE LEUR ACTIVITÉ EMR N’A PAS OU PEU ÉTÉ IMPACTÉE PAR LA CRISE SANI-
TAIRE (pas d’impact pour 55% d’entre elles et une légère baisse pour 35%). Certaines entreprises de la filière ont aussi pu
démontrer leur solidarité vis-à-vis des secteurs mis en difficulté par la crise sanitaire, notamment l’aéronautique, en accueillant
plusieurs dizaines de travailleurs mis à disposition par leur société d’origine.
INDICE DE CONFIANCE SUR LA CONJONCTURE ÉCONOMIQUE POUR 2021 : 3,48 sur 5 (+0,34 point en un an)
NOMBRE DE CRÉATIONS DE POSTES ENVISAGÉES EN 2021 : +1 500 ETP
Les prévisions de créations de postes communiquées par les entreprises répondantes de 2019 se sont révélées justes puisque
celles-ci s’élevaient à environ 1 000 ETP et que 987 ETP supplémentaires ont été enregistrés en 2020. Les 1 500 créations de
postes envisagées pour 2021 proposent donc une perspective crédible vu le contexte de l’activité générée par la construction
des parcs et de leur raccordement et des commandes de projets à l’export.
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 14Fabrication
Développeurs Études et Construction et Exploitation et
R&D et assemblage
exploitants développement opérations en mer maintenance
des composants
LE MARCHÉ DOMESTIQUE MOTEUR DE LA CROISSANCE DU CHIFFRE D’AFFAIRES
DE LA FILIÈRE, L’EXPORT TOUJOURS PERFORMANT
Avec l’émergence d’un marché national significativement créa- moyens de production importants et la construction du parc de
teur de valeur, la filière réalise pour la première fois la majorité Saint-Nazaire, lequel se trouvait être le plus avancé en 2020. Tous
de son chiffre d’affaires sur le territoire national (plus des 2/3 les domaines d’activité présentent un chiffre d’affaires en hausse
contre moins de 10% en 2018). Avec un chiffre d’affaires domes- (notamment les activités de fabrication et d’assemblage (+280
tique de 568 M€ en 2020 (soit une multiplication par 10 en deux M€) et des opérations en mer (+130 M€), témoignant de la mobi-
ans), le marché français constitue désormais le débouché natu- lisation des acteurs de la filière dans toute leur diversité pour la
rel que la filière attendait, s’ajoutant aux bonnes performances construction des parcs et de leur raccordement. Concernant les
traditionnelles à l’export qui témoignent de sa compétitivité. Le autres technologies, le houlomoteur (6 M€) et l’hydrolien (4M €),
chiffre d’affaires des prestataires et fournisseurs de la chaîne de sont celles ayant généré le plus de chiffre d’affaires en 2020.
valeur est réalisé à 53% en Pays de la Loire, région accueillant des
ÉVOLUTION DU CHIFFRE D’AFFAIRES EMR (DOMESTIQUE ET EXPORT) RÉPARTITION DU CHIFFRE D’AFFAIRES PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ
1%
3%
3%
7% 4%
10 % 71 % 20% 26%
90 % 31 % 36%
69 % 29 %
tudes et mesures pour le
É onstruction et opération en mer
C
2018 2019 2020 développement de parcs Exploitation et maintenance
Recherche et développement Transport et logistique
technologique
CA EMR export CA EMR domestique Services supports (QHSE,
Fabrication avocats, consultants,
Assemblage financeurs…)
DES RETOMBÉES QUI PROFITENT À L’ENSEMBLE DE LA CHAÎNE DE VALEUR
AVEC LA SOUS-TRAITANCE
Avec 62% des emplois déclarés et 72% du chiffre d’affaires réalisé,
© EDF RE
les grandes entreprises constituent des acteurs incontournables
pour les énergies renouvelables en mer, disposant des compé-
tences pour la fabrication des équipements des parcs et de leur
raccordement ainsi que de leur installation. Ces entreprises, dites
de ‘Rang 1’, sous-traitent une partie de leur activité à des TPE, PME
et ETI, générant de l’activité et diffusant les retombées dans les
entreprises de taille inférieure. Ainsi entre 2018 et 2020, les effec-
tifs des TPE-PME consacrés aux EMR et leur chiffre d’affaires réalisé
dans le secteur ont été multipliés par près de 2 pour atteindre res-
pectivement 600 ETP (15% des emplois) et 62 M€ (8% du chiffre
d’affaires). Sur cette période, les effectifs et le chiffre d’affaires
des ETI ont été multipliés par près de 3 (922 ETP soit 23% des
emplois et 160 M€ déclarés en 2020). La poursuite des démarches
engagées pour accroître la collaboration entre les ‘Rangs 1’ et les
sous-traitants et une meilleure structuration de la filière permet-
traient aux plus petites entreprises d’avoir une activité encore
plus importante au sein du secteur. L’activité des Clusters régio-
naux (Aquitaine Blue Energies, Bretagne Ocean Power, Neopolia,
Normandie Maritime, Wind’Occ) vise à concrétiser cette ambition.
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 15UNE FORTE CROISSANCE DES EMPLOIS QUI BÉNÉFICIE
À TOUTES LES RÉGIONS
LES CHIFFRES DE NORMANDIE EN FORTE CROISSANCE MAIS LES PAYS DE LA LOIRE
RESTENT EN TÊTE
HAUTS-DE-FRANCE
201
NORMANDIE
ÎLE-DE-FRANCE
GRAND-EST
BRETAGNE
1090
PAYS DE LA LOIRE 53
441 892
CENTRE-VAL-DE-LOIRE
BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ
1612 4
3
NOUVELLE-AQUITAINE
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
85 104
SUD PACA
OCCITANIE
OUTRE-MER
6
157 212
CORSE
FERME PILOTE
1
PARC COMMERCIAL
SITE D’ESSAIS
EN CONSTRUCTION
PARC COMMERCIAL NOMBRE D’EMPLOIS
ANNONCÉ DIRECTS (ETP)
PARC COMMERCIAL RECHERCHE ET
USINE
ATTRIBUÉ DÉVELOPPEMENT
Avec 33% des emplois, les Pays de la Loire restent la première des grands groupes, connaît également une hausse importante
région pour cet indicateur, même si sa part relative baisse au pro- (+439 ETP), en lien avec la conception des projets. A noter que
fit de la Normandie (22% des emplois, en hausse de 5 points), de d’autres régions profitent de la montée en puissance de la filière,
l’Île-de-France (18%, +3 points) et de la Bretagne (9% de l’emploi). à l’image de l’Occitanie (+49 ETP), du Grand Est (+43 ETP), d’Au-
La hausse de l’emploi enregistrée cette année est d’autant plus vergne-Rhône-Alpes (+39 ETP), ainsi que de la Nouvelle-Aquitaine
visible dans les régions accueillant des projets en construction et/ (+28 ETP) et de Sud-Provence-Alpes-Côte-d’Azur (+21 ETP).
ou accueillant des infrastructures industrielles. Ainsi la Normandie
est la région présentant la plus forte croissance puisque l’emploi Pour 2021, la poursuite des activités de fabrication et d’assem-
y a doublé (+567 ETP, début du chantier de fabrication des fon- blage liées aux projets en construction, le début des opérations
dations du parc de Fécamp par Bouygues TP et recrutements à d’installation en mer ainsi que l’entrée en construction du parc de
l’usine de pales GE Renewable Energy de Cherbourg), suivie par Courseulles-sur-Mer et de son raccordement ainsi que des fermes
les Pays de la Loire (+507 ETP, chantier du parc de Saint-Nazaire, pilotes éoliennes flottantes constituent un potentiel de crois-
usines des Chantiers de l’Atlantique et GE Renewable Energy) sance significatif en termes d’emplois et de chiffre d’affaires, pour
et la Bretagne (+104 ETP, chantier du parc de Saint-Brieuc par toutes les régions et en premier lieu en Normandie, Bretagne et
Navantia-Windar). L’Île-de-France, accueillant les principaux sièges dans les Pays de la Loire.
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 16LES FAITS MARQUANTS
DES AUTRES CATÉGORIES
D’ACTEURS
➜
+938 M€
D’INVESTISSEMENT
DÉVELOPPEURS
EXPLOITANTS
Depuis l’entrée en construction du parc de
Saint-Nazaire et de son raccordement en
2019, ainsi que celles de Saint-Brieuc et
Fécamp en 2020, les investissements réa-
lisés par les développeurs connaissent un
véritable envol (+1,1 Md depuis 2018, soit
une multiplication par 13). Cette dynamique
a bénéficié pleinement aux territoires sur
lesquels sont implantés les projets : Pays de
la Loire, Normandie, Bretagne.
59 LABORATOIRES
➜ 200
DE RECHERCHE ET FORMATION
CHERCHEURS
ORGANISMES PUBLICS
pour le développement des énergies
renouvelables en mer, principalement
localisés en Bretagne, Île-de-France et
Normandie. Des effectifs stables, un
chiffre d’affaires multiplié par 2 depuis
2016 et des investissements à hauteur
de 4 M€. Cela témoigne de l’implication
importante de ces acteurs pour le déve-
loppement des technologies, les études
nécessaires à leur déploiement ainsi que
des nombreuses collaborations exis-
tantes avec les entreprises de la filière.
+6,5 M€
ET GESTIONNAIRES DE PORT
ACTEURS INSTITUTIONNELS
➜ DE CHIFFRE D’AFFAIRES
pour les gestionnaires de port (+268%
sur un an). Ces infrastructures logis-
tiques sont indispensables pour les
EMR et mobilisés pour la construction
des premiers parcs et de leur raccor-
dement (La Rochelle, Nantes, Brest, Le
© Ailes Marines
Havre). Dans le même temps, les inves-
tissements sont stables à plus de 70
M€ (dont 61 M€ sont à mettre au crédit
des ports).5. STRUCTURES ET
ENTREPRISES FRANÇAISES
AU CŒUR DE LA FILIÈRE
DES ÉNERGIES DE LA MER
© École Centrale Nantes5.1 E
ntreprises prestataires et
fournisseurs de la chaîne de valeur
La catégorie des entreprises prestataires et fournisseurs de la chaîne de valeur regroupe l’ensemble des entreprises délivrant des
prestations et/ou fournissant des équipements aux acteurs en charge de développer, produire et transporter des énergies renou-
velables en mer. Les activités de ces entreprises sont très variées et concernent l’ensemble du cycle de vie d’un projet : du dévelop-
pement technologique et de la réalisation d’études et mesures en amont des projets, en passant par la fabrication et l’assemblage
d’éléments jusqu’à la construction en mer, l’exploitation, la maintenance et le démantèlement. Cette catégorie comprend les activités
industrielles et de services nécessaires à la réalisation matérielle des projets, y compris les activités de Recherche et Développement
des acteurs privés.
L’Observatoire des énergies de la mer remercie les 217 entreprises prestataires et fournisseurs de la chaîne de valeur qui ont participé
à sa cinquième édition. Leur contribution permet de présenter des résultats robustes et de référencer les entreprises de la filière,
implantées en France. Les voici :
➡ 8.2 France ➡ ECCS ➡ Kraken subsea solutions ➡ RTSYS
➡ ABYSS CAD ➡ ECOCEAN ➡ LATESYS ➡ S.A.K OFFSHORE
➡ ACTEMIUM ➡ ECOPLAGE ➡ Legendre Construction ➡ SABELLA
➡ ADV PROPULSE ➡ ECR Environnement ➡ LEMER Fonderie ➡ SAIPEM
➡ AFC ➡ EEL ENERGY ➡ LEON GROSSE ➡ SAMT ARMATURES
➡ Agence Maritime Saint-Brieuc ➡ Ekium ➡ LER - Les Energies ➡ SCE
➡ AKROCEAN ➡ EN Moteurs Renouvelables ➡ SEALINK
➡ ALOTECH ➡ ENERGIE DE LA LUNE ➡ LMG Marin France ➡ SEANEO
➡ ALTITUDE 44 ➡ Engie Solutions ➡ Louis Dreyfus Travocean ➡ Seaturns
➡ AMETRA ➡ ENOLIA ➡ MADFLY ➡ SEENEOH
➡ Anciens Etablissement Kraif ➡ eOdyn ➡ MAREPOLIS ➡ SEGULA TECHNOLOGIES
➡ ANTEA GROUP ➡ Eol-C ➡ Maritime Kuhn ➡ SEPFA
➡ Arcadis ➡ EOLINK ➡ MAURIC ➡ Services Voltige
➡ ARTELIA ➡ EUROPE TECHNOLOGIES ➡ Météo-France ➡ SHORETEAM
➡ Avel Marine Concept ➡ EVIAA-MARINE ➡ METEOLIEN ➡ Siemens Gamesa Renewable
➡ AVHS ➡ eXcent Group ➡ MJ2 Technologies S.A.S. Energy
➡ BDM-Conseil ➡ FERRY CAPITAIN ➡ Muehlhan Sarl ➡ SIER
➡ Bertrand Dumas ➡ FMGC ➡ NaRval Solutions ➡ Sinay
➡ Biodiv-Wind ➡ FOREXI SAS ➡ NATURAL POWER ➡ Sirea
➡ BIOTOPE ➡ FOSELEV ➡ NAUREX BEAT SAM ➡ Snef
➡ Blue Shark Power System ➡ Fouré Lagadec ➡ Naval Energies ➡ SNM HEAVY HANDLING
➡ BLUESIGN ➡ Fournie Grospaud Synerys ➡ NAVANTIA ➡ Société nouvelloise de
➡ Bourbon subsea services ➡ GE Renewable Energy ➡ NAVIGAU CONSULTING remorquage
➡ Bouygues Travaux Publics ➡ GECKOSPHERE ➡ Navispec france ➡ Société Savoisienne de Vérins
➡ Brest Expertise Maritime ➡ GEOTEC ➡ NEODYME Hydrauliques
➡ BRL ingénierie ➡ GEPS TECHNO ➡ NEODYME BREIZH ➡ Sofresid Engineering
➡ BUREAU VERITAS ➡ Groupe ADF ➡ NEOTEK ➡ SOLARINBLUE
➡ BW Ideol ➡ Groupe Bouhyer ➡ NERVION OFFSHORE BREST ➡ SPIE Industrie & Tertiaire
➡ C2Strategies ➡ GROUPE CARBOMAN ➡ Nexans ➡ Subsea Tech
➡ Cadden ➡ Groupe MAGI CBR STLI ➡ NOVELTIS ➡ SUEZ - Centre Rivages Pro
➡ CAE Groupe ➡ GROUPE NAVTIS ➡ OCEA Tech
➡ Chantier bretagne sud ➡ HACE SAS ➡ OPT’ALM ➡ TECHNIPFMC
➡ Chantiers de l’Atlantique ➡ HELIBERTE HJS ➡ OTECMI SGS ➡ TERRASOL
➡ Charier ➡ HERPORT ➡ Ouest Protection ➡ TETIS
➡ Cie Maritime CHAMBON ➡ Horizontal Drilling Multi-Services ➡ TGO
➡ CLS (Collecte Localisation International ➡ PIRIOU ➡ THOMSEA
Satellite) ➡ HYDROQUEST ➡ PLANITEC ➡ TMP
➡ CMN ➡ IDEA ➡ Ponticelli ➡ UNSEENLABS
➡ CNI ➡ IDREVA ➡ PRESCOM ➡ VALEMO
➡ COMI SERVICE ➡ INGELIANCE TECHNOLOGIES ➡ PRINCIPIA ➡ Vallourec
➡ Consult’Ocean ➡ INNOSEA ➡ Principle Power France ➡ VALOREM
➡ Corrosion France ➡ Interdrones services ➡ ProLarge ➡ VITEO
➡ CRT Morlaix ➡ INTERNATIONAL PEINTURE ➡ PROPONANT ➡ Voith
➡ D-ICE Engineering SAS ➡ PSM ➡ WICS NAVAL
➡ D2m Engineering ➡ ISL ➡ QUASAR CONCEPT ➡ Windar France
➡ DEME ➡ JIFMAR OFFSHORE SERVICES ➡ Quiet-Oceans ➡ Windfan Consulting
➡ DILLINGER France ➡ Jotun France ➡ Richard Marine Consulting ➡ WIPSEA
➡ DORIS Group ➡ KEOPS Automation ➡ ROXTEC ➡ ZELIN
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 191. É
VOLUTION DES PRINCIPAUX INDICATEURS
LA FILIÈRE COMPTE DE PLUS EN PLUS D’ENTREPRISES
Pour cette 5e édition, le nombre de répondants pour la catégo- Nombre de Évolution
rie des prestataires et fournisseurs de la chaîne de valeur atteint structures par rapport
son plus haut niveau depuis le début de l’Observatoire avec 217 2020 à 2019
répondants (+12 par rapport à l’an dernier) dont 70 primo-ré-
pondants. La région des Pays de la Loire compte le plus grand Pays de la Loire 54 +20
nombre de répondants et la plus forte dynamique (profitant de
l’activité générée par le chantier du parc de Saint-Nazaire et de Île-de-France 38 +3
son raccordement) devant l’Île-de-France (région qui accueille Bretagne 35 -28
de nombreux sièges sociaux) et la Bretagne, région phare de
l’économie maritime (la baisse de répondants s’expliquant par Occitanie 22 +2
un effort de démarchage plus important l’an dernier dans le
cadre d’une analyse « focus » sur cette région). Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur 18 +6
Nouvelle-Aquitaine 16 +1
ÉVOLUTION DU NOMBRE DE RÉPONDANTS
Normandie 13 +2
217
205 Hauts-de-France 8 +1
Auvergne-Rhône-Alpes 7 +4
169
Grand-Est 3 +3
147
138
Centre-Val de Loire 2 -1
Bourgogne-Franche-Comté 1 -1
TOTAL 217 +12
2016 2017 2018 2019 2020
LA DYNAMIQUE DE L’EMPLOI S’AMPLIFIE
L’année 2020 marque un changement de dimension pour la filière
industrielle des énergies renouvelables en mer avec une hausse
de 1 668 ETP sur un an (+71%), faisant suite à l’augmentation déjà
significative en 2019 (+854 ETP). La hausse de l’emploi en 2020 ÉVOLUTION DU NOMBRE D'ETP DÉDIÉS AUX EMR
au sein de cette catégorie d’acteurs explique 93% de l’augmen-
tation totale de l’emploi de la filière, renforçant le caractère indus- 3992
triel de celle-ci. Ainsi les effectifs ont plus que doublé par rapport à
2016 et ceux-ci ont augmenté de plus de 2 500 ETP par rapport au
point bas de 2018 (causé par le décalage des projets à cause de la
longueur des procédures administratives), qui peut constituer un
point de référence avant la construction des premiers parcs com-
merciaux d’éolien posé en France. 60% de la hausse constatée sur 2323
un an résulte de l’augmentation des effectifs au sein d’entreprises 2099
ayant répondu en 2019 (soit près de 1 000 ETP en plus au sein
de ces entreprises), le reste provenant de nouveaux répondants 1696
1469
(principalement des PME et ETI). La moitié des entreprises répon-
dantes de l’an dernier ont vu leurs effectifs augmenter et parmi
elles, une vingtaine concentre 93% de la hausse observée en
2020 (principalement des grandes entreprises). Il apparaît que les
entreprises concernées par les principales hausses ainsi que les
nouveaux répondants qui déclarent des volumes d’emplois impor-
tants sont impliquées dans les activités liées à la construction des
parcs commerciaux. 2016 2017 2018 2019 2020
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 20LE MARCHÉ DOMESTIQUE EST EN 2020 LE MOTEUR DE LA CROISSANCE DE LA FILIÈRE
La mobilisation des entreprises françaises pour la construction
des parcs commerciaux apparaît clairement . En effet, le chiffre ÉVOLUTION DU CHIFFRE D'AFFAIRES RÉALISÉ
d’affaires de la filière a connu en un an une hausse de 512 M€ DANS LES EMR (K€)
(+174%, dépassant la barre des 800 M€), dont 478 M€ de hausse
pour le seul marché domestique. Le chiffre d’affaires réalisé sur le
territoire national a été multiplié par 10 depuis 2018 (année pré- 800 000
568 574
cédant la construction du premier parc français). L’émergence
d’un marché domestique significativement créateur de valeur
pour les entreprises nationales qui en captent donc une grande 600 000 57 501
partie se traduit par le fait que le chiffre d’affaires domestique
(71% du chiffre d’affaires global) est pour la première fois supé- 89 429 493 844
rieur au chiffre d’affaires à l’export (celui-ci était de 90% en 400 000 143 686
400 324
2018) qui est en légère hausse par rapport à 2019. Ceci s’ex-
plique par le fait que les entreprises françaises mobilisent leurs 292 088 90 914
moyens de production pour le marché national mais que les 200 000 237 900
203 263
entreprises disposant de ressources pour se positionner sur les
marchés à l’étranger sont également compétitives. La moitié
des entreprises ayant répondu en 2019 déclare un chiffre d’af- 0
faires en hausse (17% de l’augmentation du chiffre d’affaires est 2016 2017 2018 2019 2020
à mettre au crédit de nouveaux répondants) et 10 entreprises CA EMR export CA EMR national
représentent 95% de cette hausse. L’émergence d’un marché
domestique important est une bonne nouvelle, notamment
pour les petites entreprises qui pourront se faire une expérience
avant de se positionner à l’export (un tel schéma est à reproduire
rapidement pour l’éolien flottant afin d’avoir des atouts à l’export
par la suite).
DES INVESTISSEMENTS AU PLUS HAUT POUR PRODUIRE LES ÉQUIPEMENTS
DES PARCS COMMERCIAUX
ÉVOLUTION DES INVESTISSEMENTS LIÉS AUX EMR (K€)
153481
91849 92068
86412
82037
2016 2017 2018 2019 2020 © RTE
Après quatre années de relative stabilité des investissements à et au Havre pour les fondations par exemple). De plus, la visibilité
des niveaux élevés (aux alentours de 80 à 90 M€), ceux-ci ont à court et moyen termes dont bénéficient les industriels leur
connu une nette hausse de 71 M€ en 2020, soit une multiplica- permet également d’investir dans la construction de nouveaux
tion par près d’1,9 en un an, et atteignent leur plus haut niveau moyens industriels, à l’image de Siemens Gamesa Renewable
depuis le début de notre enquête. Il faut y voir une relation de Energy et son usine du Havre qui produira des nacelles et des
cause à effet avec les investissements réalisés par les déve- pales pour la majorité des parcs déjà attribués en France et dans
loppeurs-exploitants pour la construction des parcs commer- l’adaptation ou l’agrandissement des infrastructures existantes
ciaux puisque celle-ci implique la fabrication d’équipements (des (GE Renewable Energy à Cherbourg et Saint-Nazaire).
fondations par exemple) nécessitant la construction de chan-
tiers, temporaires ou pérennes, adaptés à ces activités (à Brest
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 21Conclusion
➜ L a hausse du nombre d’entreprises répondantes au
sein des prestataires et fournisseurs de la chaîne de
valeur, la forte hausse des emplois au sein de cette
catégorie (qui représente 92% de la hausse de l’em-
ploi total de la filière) ainsi que la forte hausse de
l’investissement dans les moyens de production
montrent la capacité de la filière française à répondre
efficacement aux besoins des parcs en construction
sur le territoire national.
➜L a France concentre d’ailleurs une grande part
des investissements européens de la filière avec
deux usines de turbines, deux usines de pales,
une usine de sous-stations électriques. Ceci sans
que sa compétitivité et donc sa capacité export, dans
un marché international en forte croissance, ne soit
atteinte, au contraire. Notre étude montre clairement
l’effet d’entrainement direct, de l’investissement
dans de nouveaux parcs aux moyens de productions
et aux emplois dans les territoires. Il y a un effet struc-
turant des parcs sur la dynamique industrielle.
➜C e sont d’ailleurs les territoires de ces projets en
phase de réalisation qui captent la plus grande part
© EDF RE
de ces retombées.
NOUVEAUX INDICATEURS
NOMBRE D’ANNÉES DEPUIS LE DÉBUT DE L’ACTIVITÉ DANS LES EMR : 7 ans en moyenne. Ce chiffre
témoigne de l’implication relativement récente des entreprises françaises par rapport à l’Europe du Nord
et correspond à la date des premiers appels d’offres en France, témoignant de l’importance d’un marché
national pour mobiliser les sociétés intéressées.
DIFFICULTÉS DE RECRUTEMENT : 32% des entreprises ont rencontré des difficultés de recrutement. Une
offre de formation adaptée et une meilleure visibilité pour les métiers concernés pourraient permettre un
recrutement de salariés facilité pour les entreprises dans le cadre de leur développement. De plus, une meil-
leure connaissance du tissu économique par les acteurs de la formation est indispensable à l’identification
des compétences nécessaires et des débouchés existants.
IMPACT COVID 19 : 55% des entreprises ne déclarent aucun impact, 35% une légère baisse d’activité, 9%
une forte baisse. 57% des entreprises déclarent un impact similaire de leur activité EMR par rapport à leurs
autres activités, 34% un impact moindre de leur activité EMR, 10% un impact plus important. D’après ces
chiffres, la filière des énergies renouvelables en mer a été moins impactée que d’autres secteurs indus-
triels, démontrant sa solidité face aux aléas. A noter que cet impact diffère selon les activités (l’industrie a dû
s’adapter et les activités maritimes ont été fortement compliquées).
DIVERSIFICATION : 36% DES ENTREPRISES interrogées déclarent les EMR comme un axe de développe-
ment majeur de leur activité, 28% comme un relais de croissance significatif, 12% l’essentiel de l’activité,
une diversification mineure ou une activité ponctuelle. Ainsi les EMR représentent une activité significative
voire majeure pour 3 entreprises sur 4 parmi nos répondants.
PARITÉ : 23% DE FEMMES AU SEIN DES EMPLOYÉS DES PRESTATAIRES ET FOURNISSEURS de la
chaîne de valeur (24,6% pour l’ensemble de la filière). On note une baisse de la part des effectifs féminins au
sein des prestataires et fournisseurs de la chaîne de valeur (29% en 2018, 25% en 2019) pouvant s’expliquer
par une augmentation des métiers à caractère industriel (occupés par des effectifs majoritairement mascu-
lins). De plus les formations pourraient s’ouvrir davantage à la population féminine.
RAPPORT #5 / JUIN 2021 / OBSERVATOIRE DES ÉNERGIES DE LA MER 22Vous pouvez aussi lire