PANORAMA DE PRESSE - CGT 05/02/2018 08h21 - Panorama réalisé avec Pressedd - cgt finances publiques

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PANORAMA DE PRESSE - CGT 05/02/2018 08h21 - Panorama réalisé avec Pressedd - cgt finances publiques
PANORAMA DE PRESSE

      05/02/2018 08h21

             CGT

    Panorama réalisé avec Pressedd
PANORAMA DE PRESSE - CGT 05/02/2018 08h21 - Panorama réalisé avec Pressedd - cgt finances publiques
SOMMAIRE

                                               SYNDICALISME
                                                     (2 articles)

                       " Ne laissons pas le patronat confisquer le débat sur
dimanche 4 février     l'entreprise " (1015 mots)                                                           Page 5
      2018             La Fondation Jean-Jaurès, un cercle de réflexion social-démocrate, devait publier,
                       samedi 3 février, un rapport sur les re…

                       Fonction publique : la CFDT dénonce un " gros problème de
dimanche 4 février     méthode " (783 mots)                                                                 Page 7
      2018             Ils y vont fort ! " Interrogé par Le Monde peu après les annonces chocs du
                       gouvernement sur la réforme de la fonction publi…

                                          ACTUALITE SOCIALE
                                                     (6 articles)

                       Un plan social avec la bénédiction des ordonnances Macron
lundi 5 février 2018   (788 mots)
                                                                                                            Page 9
                       «Pas une journée sans qu'un salarié ne vienne me voir à la machine à café ou
                       ailleurs pour me dire qu'il a bien regardé les…

                       Pourquoi les évolutions du baccalauréat aggraveraient-elles
lundi 5 février 2018   les inégalités ? (2076 mots)                                                         Page 11
                       La réforme du baccalauréat, que le président de la République a inscrite à son
                       programme électoral et que le ministre de l'…

                       Les polémiques sur le pouvoir d’achat perturbent l’agenda du
lundi 5 février 2018
                       gouvernement (1024 mots)                                                             Page 14
                       C’est une petite musique qui a légèrement changé. Comme une variation de
                       tonalité discrète, mais bien présente. Il y a encore quelq…

                       Femmes voilées recherchent job désespérément (2068 mots)
                       Elles y vont le plus souvent avec la boule au ventre. Pour tout demandeur            Page 17
dimanche 4 février
      2018             d'emploi, l'entretien d'embauche est une épreuve.…

                       Les étranges licenciements pour faute grave chez Free (592 mots)
                       Par Adeline Daboval 315 licenciements en trois ans, dont… 266 pour faute grave !     Page 20
lundi 5 février 2018   C’est l’un des chif…
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Nouveau sursis pour l'aciérie Ascoval (478 mots)
                        Le site de l'aciérie Ascoval à Saint-Saulve (Nord) devrait reprendre son activité      Page 22
lundi 5 février 2018
                        aujourd'hui, selon les syndicats. Les 30…

                                         MOUVEMENTS SOCIAUX
                                                       (4 articles)

                        Holiday Inn : l'espoir d'une sortie de conflit (511 mots)
lundi 5 février 2018    Leur ténacité semble en passe de payer. Au Holiday Inn de la Porte de Clichy           Page 24
                        (Paris), les salariés grévistes de la sous-tra…

                        L’inquiétude grandissante des salariés de Carrefour (1049 mots)
                        « “Alors, vous allez fermer ?” Cette question, les assistantes de caisse l’entendent   Page 25
lundi 5 février 2018
                        plusieurs fois par jour de la part des clients…

                        Carrefour (729 mots)
                                                                                                               Page 28
lundi 5 février 2018    Carrefour De Montreuil à Aix-les-Milles, les salariés se mobilisent contre la…

                        Le conflit entre la CGT et la direction de Corolis s’enlise
                        (426 mots)
                                                                                                               Page 30
lundi 5 février 2018    Beauvais Par Patrick Caffin Ils étaient quatre à avoir dormi dans l’abri de fortune
                        qui ser…

                                      EUROPE ET INTERNATIONAL
                                                       (2 articles)

                        Rôle social de l'entreprise : les limites du modèle américain
                        (1106 mots)
lundi 5 février 2018                                                                                           Page 32
                        Comment s'assurer qu'une entreprise ne limite pas sa définition du succès à la
                        rentabilité maximale pour ses actionnaires ? C'est l…

                        En Allemagne, le conflit des métallos se durcit (1052 mots)
samedi 3 février 2018   SOCIAL Daimlerstrasse est coupée pour quelques heures. Deux policiers ont              Page 34
                        arrêté par précaution la circulation sur c…
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SYNDICALISME

               4
PANORAMA DE PRESSE - CGT 05/02/2018 08h21 - Panorama réalisé avec Pressedd - cgt finances publiques
dimanche 4 février 2018
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                                                              1015 mots

    FRANCE

    " Ne laissons pas le patronat confisquer le débat sur l'entreprise "
    Le directeur de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein, et le patron de la CFDT,
    Laurent Berger, veulent amender la future loi " Pacte "
    La Fondation Jean-Jaurès, un cercle         la réforme du code du travail est cette    sivement.
    de réflexion social-démocrate, devait       question de la gouvernance et de la
    publier, samedi 3 février, un rapport       définition des entreprises. La concer-     G. F. Oui, progressivement, mais
    sur les relations entre entreprises et      tation sur le projet de loi " Pacte "      réellement ! C'est pour cela que nous
    citoyens. Alors que le gouvernement         est l'occasion de reposer ces enjeux :     poussons aujourd'hui ensemble dans
    prépare son " plan d'action pour la         il faut -rééquilibrer le pouvoir entre     la même direction.
    croissance et la transformation des         -travail et -capital.                      L'exécutif assume une orientation
    entreprises " (Pacte), ces travaux sug-     Ne craignez-vous pas une -opposi-          pro-entreprises. N'est-ce pas un
    gèrent de modifier le code civil pour       tion frontale de la part du patro-         obstacle pour faire passer ce type
    élargir la définition de l'entreprise à     nat ?                                      de propositions ?
    ses obligations sociales et environne-      L. B. Concernant la réécriture du          L. B. A travers la question de la gou-
    mentales. Autre proposition : renfor-       code civil, il faut évidemment trouver     vernance de l'entreprise, il y a celle
    cer la place des administrateurs sala-      une formulation incitative qui ne          du partage du pouvoir. Les -salariés
    riés dans les organes de gouvernance.       crée pas d'insécurités juridiques. Il y    ne nous disent pas qu'ils n'aiment
    Des positions également défendues           a quelques grands patrons qui sont         pas leur entreprise ! Ne nous laissons
    par la CFDT et que détaillent son se-       les pieds sur le frein mais ce ne sont     pas confisquer le -débat sur l'entre-
    crétaire général, Laurent Berger, et le     pas eux qui dirigent le pays ! J'en ren-   prise par le patronat. On verra si le
    directeur général de la Fondation           contre d'autres qui disent : il y a be-    conservatisme gagne ou si une ver-
    Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein.           soin de rénover la vision de l'entre-      sion moderne des rapports écono-
    Pourquoi publier ce rapport main-           prise aujourd'hui. Mais sont-ils dans      miques et -sociaux et du monde de
    tenant ?                                    les organisations patronales ? La ré-      l'entreprise     l'emporte.    D'autres
    Gilles Finchelstein Le débat a été          ponse est moins évidente.                  consi-dèrent qu'il vaut mieux rester
    relancé par le président de la Répu-                                                   à cette vieille vision où il faudrait se
    blique lui-même en octobre 2017 -           G. F. Il faut aller au-delà des fausses    -battre contre les entreprises, ce qui
    lors d'une interview sur TF1 - . C'est un   évidences qui voudraient que l'entre-       n'a pas de sens car cela revient à se
    débat difficile parce que conflictuel.      prise n'appartienne qu'aux action-         battre contre les salariés eux-mêmes.
    Il y a une opposition sourde d'une          naires et n'ait pour objet que de réali-
    partie du patronat, plus enthousiaste       ser le maximum de profits. Il y a aus-     G. F. Nos propositions ne sont pas
    pour modifier une large part du code        si des parties constituantes dont dé-      " anti-entreprises ", au contraire ! Il
    du travail qu'un article du code civil.     pendent l'existence et la production       faut sortir de ce paradoxe, propre à la
    Une partie de la gauche, notamment          de l'entreprise, et un écosystème au-      France, selon -lequel l'entreprise oc-
    la gauche radicale, continue, dans sa       tour, les parties prenantes.               cupe une place marginale dans le dé-
    relation à l'entreprise, à osciller         Concernant les administrateurs             bat public, alors qu'elle est de plus en
    -entre ce qu'étaient l'appropriation        salariés,   le   gouvernement        ne    plus centrale dans la transformation
    collective des moyens de production         semble pas favorable à un abaisse-         de la société. L'entreprise est non
    et la confrontation sociale. Il y a en-     ment des seuils…                           seulement le lieu de création des ri-
    fin une opposition d'une partie de la       L. B. On peut imaginer que les en-         chesses mais aussi le lieu où se règle
    majorité elle-même pour qui, eu             treprises de plus de 1 000 salariés qui    la question du changement clima-
    égard à son parcours, ces enjeux sont       vont mettre cela en œuvre en 2019          tique, un lieu d'innovation technolo-
    secondaires.                                soient évaluées en 2020 ou 2021 et         gique et sociale, et le lieu de la for-
                                                que le passage à 500 se fasse en           mation des inégalités salariales. Il est
    Laurent Berger Un des impensés de            2021. Il faut faire les choses progres-   toujours préférable de régler les in-

↑                                                                                                                                     5
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égalités au moment où elles se                  pouvoir.                                   qui étaient celles de mai 2017
    forment -plutôt que de chercher à les                                                      existent toujours. Mais huit mois
    atténuer par la suite avec une fiscali-         L. B. Je n'ai jamais connu de mo-          seulement après le début de ce quin-
    té redistributive.                              ments où c'était facile. Ce gouverne-      quennat, ce n'est l'heure ni des bi-
    Avez-vous le sentiment qu'il est                ment va avoir à se prononcer très vite     lans, ni des renoncements, ni de se
    plus difficile de se faire -entendre            sur la vision qu'il a des corps inter-     replier sur soi-même.
    par ce gouvernement que par le                  médiaires et dire s'il compte s'ap-
    précédent ?                                     puyer ou non sur eux. La démocratie        Propos recueillis par El. B. R.B.-D.
    G. F. On manque un peu de recul.                politique ne s'en sortira pas si elle      et A. T. ■
    D'expérience, je sais que c'est tou-            n'entend pas la démocratie sociale.
    jours difficile, y compris, s'agissant          On voit à travers différents événe-          Propos recueillis par El. B. R.B.-D.
    de la Fondation Jean-Jaurès, lorsque            ments de ces dernières semaines que                                       et A. T.
    ce sont les socialistes qui sont au             les fractures territoriales ou sociales

    Parution : Quotidienne                                                   Tous droits réservés Le Monde 2018
    Diffusion : 278 790 ex. (Diff. payée Fr.) - © OJD PV 2016/               4B9A13C38490C30A75921B301102F14B88D3571EE1896CB8AAE3312
    2017
↑                                                                                                                                        6
    Audience : 2 416 000 lect. (LNM) - © AudiPresse One 2016
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dimanche 4 février 2018
                                                                      Page 8
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    FRANCE

    Fonction publique : la CFDT dénonce un " gros problème de méthode "
    Recours aux contractuels, rémunération au mérite, plan de départs… la réforme inquiète
    Ils y vont fort ! " Interrogé par Le            sens mais la CFDT sera attentive et exi-       nombreux. " Dans les fonctions pu-
    Monde peu après les annonces chocs              geante pour que l'action publique              bliques, c'est aussi l'état du dialogue
    du gouvernement sur la réforme de               continue de reposer demain sur des             social et du corps social qui pose un
    la fonction publique, Laurent Berger            agents publics reconnus et respectés ",        vrai problème, déplore-t-il. C'est la
    ne cache pas son mécontentement.                ajoute-t-il.                                   démonstration que lorsque il n'y a pas
    Le secrétaire général de la CFDT de-                                                           de dialogue social, les agents n'ont au-
    mande à l'exécutif des " clarifications         L'idée avancée par le ministre de l'ac-        cune chance d'être écoutés. "
    ". " Il y a un gros problème de méthode         tion et des comptes publics, Gérald
    : c'est très étonnant d'annoncer une            Darmanin, d'un " plan de départs vo-           Les récents conflits sociaux dans les
    concertation sur toute l'année 2018 et          lontaires " lui paraît en revanche " to-       Ehpad ou les prisons -témoignent
    de donner dès à présent une partie des          talement      inappropriée   ".   "   Nous     également, selon lui, d'un malaise
    conclusions ", dénonce-t-il, en de-             n'avons pas de tabou à construire des          plus profond des agents publics. " Le
    mandant à ce que le gouvernement                dispositifs d'accompagnement à des             problème, c'est qu'on ne parle pas des
    rencontre très vite les organisations           évolutions professionnelles : forma-           missions du service public ni de ce que
    syndicales.                                     tion, montée en compétences, mobilité,         notre pays est prêt à investir pour avoir
                                                    et pourquoi pas pour -celles et ceux qui       des politiques publiques de solidarité
    Dans le détail, Laurent Berger attend           en auraient exprimé clairement le sou-         dignes de ce nom, fustige M. Berger.
    des précisions concernant la rémuné-            hait, à accompagner un départ mais             On n'écoute pas les fonctionnaires, on
    ration au mérite que l'exécutif sou-            sur la seule base du volontariat et de         ne parle pas du travail réel. "
    haite développer pour les agents pu-            manière sécurisée ", fait valoir M. Ber-
    blics. " Il faut dire quelle est la part de     ger. Ce dernier souligne qu'il existe          Pour lui, cette situation résulte d'une
    la rémunération collective et quelle est        déjà aujourd'hui une indemnité de              approche uniquement comptable de
    la part de l'individuel, pointe le syndi-       départ volontaire mais qu'" à peine            ces probléma-tiques. " Toutes les der-
    caliste. Ça ne peut pas être un bascu-          quelques di-zaines de fonctionnaires           nières politiques publiques ont été
    lement, une décision qui -entraînerait          ont souhaité en bénéficier ". " On les         conduites sous l'angle budgétaire, cri-
    des disparités liées aux marges budgé-          comprend : les conditions sont très ris-       tique le secrétaire général de la
    taires des employeurs plus qu'en fonc-          quées d'autant qu'en plus, les fonction-       CFDT. Les fonctionnaires souffrent
    tion de l'investissement au travail. "          naires ne cotisent pas à l'assurance           parfois de conditions de travail très
    " Conditions très risquées "                    chômage et en sont donc exclus, re-            dures mais surtout d'un sentiment de
    Autre motif d'inquiétude : le recours           lève-t-il. Les freins au changement ne         non-reconnaissance qui est -terrible. "
    aux contractuels qui serait plus im-            sont pas toujours du côté où on les            Et de conclure : " Etre considéré
    portant. " On nous parle du dévelop-            croit. "                                       comme un coût en -permanence donne
    pement du contrat dans les fonctions                                                           un sentiment de mal-être. "
    publiques : ça veut dire quoi ? Pour            Au-delà de l'émoi soulevé dans la
    qui ? Comment ? Tout ça mérite des              fonction publique par ces annonces,            élise Barthet,      Raphaëlle     Besse
    éclaircissements car il y a des craintes        M. Berger estime que les principaux            Desmoulières, et Audrey Tonne-
    de profonds bouleversements pour les            intéressés sont déjà fragilisés : ab-          lier ■
    agents. " Pour autant, le numéro un             sence de coup de pouce au pouvoir
    de la CFDT ne se dit pas opposé à               d'achat, rétablissement du jour de ca-                       par élise Barthet, Ra-
    des évolutions mais à condition " de            rence, gel du point d'indice… Les mo-           phaëlle Besse Desmoulières, Et Au-
    dire clairement de quoi on parle ". "           tifs de griefs à l'encontre de l'actuel                              drey Tonnelier
    Hurler au loup maintenant n'a aucun             gouvernement et des précédents sont

    Parution : Quotidienne                                                       Tous droits réservés Le Monde 2018
    Diffusion : 278 790 ex. (Diff. payée Fr.) - © OJD PV 2016/                   119C53BD8050620B15E61BA08A0FA17984B3FB1C91386E47D665298
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PANORAMA DE PRESSE - CGT 05/02/2018 08h21 - Panorama réalisé avec Pressedd - cgt finances publiques
ACTUALITE SOCIALE

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PANORAMA DE PRESSE - CGT 05/02/2018 08h21 - Panorama réalisé avec Pressedd - cgt finances publiques
lundi 5 février 2018
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    SOCIAL-ECO

    GEMALTO

    Un plan social avec la bénédiction des ordonnances Macron
    Bénéficiaire de centaines de millions d'euros, le leader mondial de la sécurité numérique profite
    de la fin de la prise en compte des profits du groupe au niveau international pour licencier près
    de 300 salariés en France.

    «Pas une journée sans qu'un salarié          lontaires ou pas, priorité aux se-        d'un groupe à l'échelle mondiale,
    ne vienne me voir à la machine à café        niors), peu sur le bien-fondé. Sauf       ajoute le syndicaliste. La direction a
    ou ailleurs pour me dire qu'il a bien        peut-être à partir de ce lundi, lors      attendu la publication de ces textes
    regardé les catégories définies dans         d'un comité central d'entreprise.         qui permettent de ne considérer le
    le PSE (plan de sauvegarde de l'em-          Pour l'anecdote, se mènent parallè-       PSE qu'au regard du résultat de la so-
    ploi NDLR) et qu'il pense qu'il peut y       lement les NAO (négociations an-          ciété française. »
    échapper. » Ce syndicaliste témoigne         nuelles obligatoires) sur les salaires.
    du stress, de l'incertitude et de l'ato-     La direction veut rendre effective        Un déficit peut s'organiser aisément.
    misation qui règnent sur le site Ge-         l'augmentation en juillet, soit après     Explications : « L'ensemble du top
    malto de La Ciotat depuis que le             le PSE, et non en février, comme à        management, soit une trentaine de
    groupe a annoncé en décembre der-            l'accoutumée. Et elle propose une         personnes, est payé par une société
    nier un plan de licenciement concer-         augmentation de 2 % si les syndicats      qui s'appelle GIS. C'est Gemalto
    nant 288 postes, puis défini, de façon       signent un accord concernant ce           France qui règle l'addition alors qu'ils
    jugée arbitraire par l'intersyndicale,       même PSE, mais 0,5 % en cas de non-       dirigent clairement Gemalto NV »,
    113 catégories. Ingénieurs, techni-          signature.                                soit le groupe mondial. Coût total :
    ciens, responsables commerciaux,                                                       26 millions. Une réaffectation du
    salariés du leader mondial de la sé-         L'entreprise se trouve-t-elle en si       coût à la multinationale basée à Am-
    curité numérique, les voilà traités          mauvaise posture ? La direction           sterdam et la filiale française affiche-
    comme des variables d'ajustement. «          argue du déclin du marché américain       rait un bénéfice, rendant difficile-
    Il y a énormément de couples,                des cartes SIM et cartes bancaires.       ment justifiable un plan de suppres-
    comme sur tous les lieux de travail. Je      L'activité aurait baissé « de 28 à 35     sion d'emplois. En France, le nombre
    ne vous dis pas l'ambiance », ajoute         % entre 2016 et 2017 ». Pourtant, les     de salariés s'établit à 3 000. C'est
    le syndicaliste.                             résultats affichés par Gemalto sont       donc près de 10 % des effectifs qui
                                                 presque insolents : 453 millions d'eu-    vont être concernés. Le site le plus
    Début décembre, la direction an-             ros de bénéfices nets en 2016 pour        touché sera celui de La Ciotat, avec
    nonce ce « plan social ». Quelques           un chiffre d'affaires de 3,1 milliards,   130 suppressions de postes sur 750.
    jours plus tard, l'info tombe : Gemal-       soit un taux de rendement de 15 %.        L'économie prévue sur la masse sala-
    to sera racheté par Thales, dont             Et, pour 2017, « les chiffres ne sont     riale sera de 28 millions d'euros. De-
    l'offre coiffe sur le fil celle d'Atos. Le   pas encore connus », pointe Chris-        puis des années, ce centre de re-
    PDG du gagnant de l'enchère évoque           tophe Bassas, ingénieur à La Ciotat et    cherche et développement est vic-
    « une bourse à l'emploi » : priorité         responsable FO, mais le pactole an-       time de délocalisations en Inde, aux
    aux licenciés de Gemalto pour des            nuel devrait s'établir à 300 millions     états-Unis, à Dubaï. Christophe Bas-
    postes chez Thales. Espoir passager.         d'euros. Pourtant, la multinationale      sas le sait déjà : tout son service est
    Le rachat tarde à être officialisé tan-      argue d'un déficit de la filiale fran-    supprimé, direction Singapour. Le
    dis que les réunions de négociations         çaise à hauteur de 17 millions d'euros    cas de Gemalto et de sa matière grise
    ont commencé et que la direction de          pour justifier son plan de licencie-      broyée est en passe de devenir une
    Gemalto veut boucler l'affaire d'ici à       ment. « Pour nous, c'est clairement       affaire nationale puisque deux an-
    début juin. Les réunions s'enchaînent        rendu possible par une disposition        ciens candidats à l'élection présiden-
    à un rythme effréné. Les discussions         des ordonnances Macron qui permet         tielle apportent leur soutien aux sa-
    portent sur les modalités (départs vo-       de ne plus tenir compte de la santé       lariés en venant les rencontrer sur le

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PANORAMA DE PRESSE - CGT 05/02/2018 08h21 - Panorama réalisé avec Pressedd - cgt finances publiques
site de La Ciotat : Jean-Luc Mélen-             mon ce lundi.   ■                                par Christophe Deroubaix
    chon vendredi dernier et Benoît Ha-

    Parution : Quotidienne                                              Tous droits réservés L'Humanité 2018
    Diffusion : 34 877 ex. (Diff. payée Fr.) - © OJD DSH 2016/          EB9C03A388E0BF06C5F51F101E0921BF8FC3261711CD60E0718E970
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    Audience : 372 000 lect. (LNM) - © AudiPresse One 2016
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    TRIBUNE IDÉES

    PROJET DE RÉFORME DU DIPLÔME NATIONAL

    Pourquoi les évolutions du baccalauréat aggraveraient-elles les inégalités ?
    rappel des faits A la lecture des pistes proposées par Pierre Mathiot dans son rapport remis au
    ministre de l'éducation nationale, les craintes d'une hiérarchisation accrue s'expriment.

    L
         a réforme du baccalauréat, que       cer.                                      ciales. Autrement dit, laisser les
         le président de la République a                                                élèves « libres » de choisir leurs dis-
    inscrite à son programme électoral et     Un récent dossier du Conseil national     ciplines, c'est en grande partie laisser
    que le ministre de l'éducation natio-     d'évaluation du système scolaire          des déterminismes sociaux et sco-
    nale a d'ores et déjà actée, renforce-    (Cnesco, juin 2016) montre pourtant       laires jouer librement sur les choix
    rait considérablement le poids du         que des tests nationaux font progres-     individuels.
    contrôle local pour l'obtention du di-    ser en moyenne les apprentissages
    plôme national. Désormais, 40 % de        des élèves et réduisent les inégalités    Un tel baccalauréat, réduit à un certi-
    la moyenne générale au baccalauréat       scolaires. Il concluait que le bacca-     ficat d'études secondaires, ne pourra
    dépendraient à la fois du contrôle        lauréat français, avec un champ très      jamais permettre seul l'accès à l'en-
    continu et de « partiels », sorte de «    large de matières et une multiplicité     seignement supérieur, il a obligatoi-
    bacs blancs » organisés en cours d'an-    d'épreuves complexes, correspond          rement pour corollaire la sélection
    née. Certes, le ministère semble avoir    bien aux formes d'évaluation qui          généralisée sur des éléments qui
    repris l'idée d'une banque nationale      peuvent avoir un effet bénéfique sur      échappent au scolaire. Le « supplé-
    de sujets, mais ce sont bien les ensei-   les résultats des élèves.                 ment au diplôme », en forme de «
    gnants qui évalueraient leurs propres                                               portefeuille de compétences et d'ex-
    élèves. On est bien loin des épreuves     Comment penser alors que réduire le       périences », que propose le rapport
    nationales et anonymes qui garan-         nombre des épreuves puisse amélio-        Mathiot, ressemble à s'y méprendre
    tissent l'égalité de traitement des       rer la réussite des élèves, y compris     à un aveu car il consacre l'idée que
    candidats. Faute d'un horizon com-        parmi les plus défavorisés ?              le baccalauréat devient accessoire et
    mun que constitue l'épreuve termi-                                                  s'attache à des critères d'évaluation
    nale, le cadrage national des exi-        A cette question, le ministre et Pierre   comme l'engagement et la motiva-
    gences en termes de contenus et de        Mathiot répondent par l'individuali-      tion, autant de compétences très dis-
    méthodes disparaît. Les inégalités        sation des parcours. Les élèves choi-     criminantes socialement.
    entre les territoires et les établisse-   siraient deux enseignements « ma-
    ments ne peuvent que se creuser. Les      jeurs » dès la fin de la seconde, en      (1) Syndicat national des enseigne-
    évaluations synthétisées dans les         fonction de leur projet d'orientation     ments de second degré-Fédération
    bulletins ou celles organisées locale-    post-bac. Ces deux seules matières        syndicale unitaire.
    ment sans garantie d'anonymat ne          feraient l'objet d'évaluations termi-
    peuvent donc qu'affaiblir le diplôme      nales et, dans la mesure du possible,     Notre analyse et nos craintes se
    national. Les formations de l'ensei-      devraient constituer la base d'un         basent sur le rapport Mathiot, remis
    gnement supérieur pourraient alors        grand oral de 30 minutes en juin de-      le 28 janvier au ministre de l'éduca-
    être presque fondées à trier les ba-      vant un jury de trois personnes, dont     tion. Les arbitrages de M. Blanquer
    cheliers en fonction de l'établisse-      un non-enseignant.                        seront connus le 15 février. L'appré-
    ment d'origine et de ses pratiques,                                                 ciation sur le baccalauréat donnée
    réelles ou supposées. Le baccalauréat     Invoquer la liberté de choix des          dans le rapport n'est qu'une reprise
    nouvelle mouture prendrait de plus        élèves relève en fait du leurre. Dans     des poncifs habituels sur le sujet :
    en plus l'apparence d'un bac maison,      les pays où cette logique modulaire       trop lourd, trop complexe, trop de
    dont la valeur dépendrait de la répu-     de lycée à la carte est poussée au        mentions, jeu des options permet-
    tation du lycée, que le nombre            maximum, comme au Royaume-Uni,            tant des moyennes supérieures à 20,
    d'épreuves nationales, réduit à cinq,     on observe au contraire le renforce-      etc. Partant de ce constat, il se pro-
    ne pourra en aucun cas contrebalan-       ment des inégalités scolaires et so-      pose donc de créer un lycée général

↑                                                                                                                                  11
totalement rénové. Il s'agirait de         entièrement construit comme une            économiques et sociales (SES) SES/
    mettre fin aux séries existantes (S, L,    propédeutique aux études universi-         maths et SES/histoire-géographie et
    ES ) en créant, dès la seconde, des        taires. Il est d'ailleurs symptoma-        quatre parcours scientifiques avec
    modules de spécialisation dans deux        tique de ne trouver dans le rapport        des majeures maths maths/physique-
    disciplines, qui correspondront aux        aucune description détaillée de la fu-     chimie, maths/sciences de l'ingé-
    attendus de l'entrée à l'université.       ture voie technologique, dont les          nieur,      maths/informatique      et
    Les choix de fin de seconde devien-        élèves auront de grandes difficultés à     sciences de la vie et de la Terre/phy-
    draient donc déterminants pour la          intégrer autre chose qu'un IUT au vu       sique-chimie. Sous prétexte de
    poursuite d'études dans le supérieur,      des attendus publiés. L'absence to-        mieux individualiser la formation et
    les possibilités de changement de          tale du baccalauréat professionnel du      de mieux préparer les élèves à
    disciplines entre semestres n'étant        rapport est également emblématique         l'orientation post-bac, on demande
    pas plus réalistes que les actuelles «     de la rupture avec le projet d'un lycée    donc à des élèves d'à peine 15 ans de
    passerelles », dont on sait que, à         à trois voies traitées de manière égale    se surspécialiser dès la première, ce
    quelques exceptions près, elles sont       et avec une finalité commune : per-        qui ne peut que conditionner et rigi-
    impossibles. Les élèves devront donc       mettre qualification et acquisition de     difier leur future orientation.
    se spécialiser et s'orienter à 16 ans      diplômes ouvrant à un large choix de
    vers des poursuites d'études supé-         poursuites d'études.                       Les lycéens vont perdre en culture
    rieures qu'ils et elles n'ont pas encore                                              générale et ne gagneront que très peu
    construites. Il n'y aurait plus que        Ce lycée est celui de l'entre-soi, orga-   dans les disciplines majeures puisque
    cinq épreuves        terminales,     une   nisé pour les enfants des classes su-      celles-ci seront amputées de près de
    épreuve au printemps sur les deux          périeures, qui, avec leurs familles,       la moitié de leur dotation horaire si
    disciplines majeures, un écrit de phi-     sauront construire leur parcours sco-      les élèves, comme c'est prévu,
    losophie, l'ensemble, avec l'épreuve       laire pour s'assurer la poursuite          passent ces épreuves au milieu du se-
    anticipée de français, comptant pour       d'études souhaitée et valorisée.           cond semestre de terminale. Il est en
    60 % de la note. Le « grand oral »,                                                   effet prévu que les résultats des ma-
    sans de forts moyens horaires d'enca-      (1) Fédération de l'éducation, de la       jeures soient intégrés dans Parcour-
    drement et de remédiation, entérine        recherche et de la culture-Confédé-        sup afin d'être pris en compte par les
    une prime à l'héritage culturel socia-     ration générale du travail.                universités. En différenciant et spé-
    lement très marqué (aisance orale,                                                    cialisant autant les formations, la ré-
    autonomie dans le travail, clarté du       à la suite à la publication du rapport     forme va renforcer la hiérarchie des
    projet post-bac sur lequel pourraient      Mathiot, beaucoup de commentaires          parcours puisqu'elle démultiplie les
    porter le temps d'échanges libres ).       et d'articles ont été publiés, mais très   possibilités de choix à l'intérieur des
                                               peu soulignent les véritables consé-       anciennes séries, ce qui risque de
    Le reste des disciplines serait évalué     quences que l'adoption de cette ré-        provoquer la création de classes de
    en interne dans les lycées. Pour           forme pourrait avoir sur l'organisa-       niveau, dont on sait qu'elles défavo-
    celles-ci, le caractère national du di-    tion du bac et la structure des lycées     risent les élèves les plus faibles. Il y
    plôme est fragilisé. Le baccalauréat       d'enseignement secondaire. Le rap-         a, de plus, de fortes chances pour que
    n'est plus le premier grade universi-      port Mathiot introduit trois innova-       tous les lycées ne puissent pas propo-
    taire ouvrant aux élèves les licences      tions majeures dans l'organisation du      ser tous les parcours, ce qui va créer
    de leur choix, mais bien un outil de       bac.     La    première      innovation    de fortes inégalités d'offre entre les
    sélection pour le supérieur, licences      concerne la fin des séries de l'ensei-     gros établissements et ceux de plus
    comprises.                                 gnement général au profit de par-          petite taille.
                                               cours composés d'un tronc commun
    Il va se transformer en partie en bac      (TC) et d'un couple de (disciplines)       La seconde innovation concerne le
    maison, dont la valeur dépendra de         majeures que les élèves passeraient        contrôle continu en cours de forma-
    l'établissement.     Mécaniquement,        en évaluation terminale et qui comp-       tion (CCF), censé être plus équitable
    l'acceptation, ou non, à l'entrée à        teraient pour le bac. Il est prévu, pour   (et moins coûteux) que l'évaluation
    l'université deviendra dépendante de       les parcours de l'enseignement géné-       en fin de formation. Or, contraire-
    l'établissement et donc de l'origine       ral, quatre parcours littéraires           ment à ce qui est parfois affirmé, le
    sociale et géographique des élèves.        lettres/langue vivante, lettres/civili-    CCF n'avantage pas les élèves faibles
                                               sation ancienne, lettres/arts et           puisqu'il minore leurs progrès (si un
    Le tronc commun n'est qu'un alibi          lettres/histoire-géographie , deux         élève a successivement au cours de
    qui cache un lycée au service du tri,      parcours avec des majeures sciences        l'année les trois notes 8, 10 et 12, il

↑                                                                                                                                    12
aura 10 de moyenne avec le CCF alors            d'expression en public, aisance cor-       ces raisons, donc souhaitable qu'il
    que son véritable niveau final, le plus         porelle, présentation de soi valori-       soit tout simplement abandonné. ■
    prédictif, correspond à sa dernière             sante). Cette épreuve devrait être in-
    note de 12). De plus, le CCF risque de          troduite dès la seconde afin que les
    désavantager les élèves issus des ly-           élèves aient le temps de s'y préparer      Claire Guéville
    cées populaires, car les enseignants            sérieusement. Rappelons toutefois
    y sont souvent accusés de surévaluer            que les lycéens passent déjà une           Secrétaire nationale Snes-FSU (1),
    leurs élèves pour les encourager. Le            épreuve à l'oral : les travaux person-     responsable du secteur lycées
    bac sera donc de plus en plus un di-            nels encadrés (TPE), en première. Au
    plôme local et sa valeur dépendra de            final, le projet Mathiot va entraîner      Marie Buisson
    la ville ou de l'établissement dans             une spécialisation précoce et stérile
    lesquels l'élève l'aura obtenu.                 des élèves et renforcer la hiérarchie      Secrétaire générale de la Ferc-CGT
                                                    des bacs. Il n'a en réalité qu'un seul     (1)
    Enfin, le rapport Mathiot prévoit l'in-         but : faciliter la présélection (et non
    troduction d'un « grand oral interdis-          la formation) des élèves, pour l'en-
                                                                                               Jean-Yves Mas
    ciplinaire » d'une demi-heure devant            seignement supérieur. C'est un projet
    un jury de trois personnes (dont une            peu lisible pour les familles, qui
                                                                                               Professeur de sciences écono-
    ne serait pas prof !) et qui compterait         risque de complexifier inutilement
                                                                                               miques et sociales
    pour le bac. Or les épreuves orales             l'organisation administrative des ly-
    avantagent souvent les élèves les               cées et surtout d'augmenter l'inégali-
    plus dotés en capital culturel (facilité        té des chances. Il serait, pour toutes

    Parution : Quotidienne                                                   Tous droits réservés L'Humanité 2018
    Diffusion : 34 877 ex. (Diff. payée Fr.) - © OJD DSH 2016/               9A94E3308AA0610905A81A80C70B311F89836F1211AD62FFA71EEF9
    2017
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    Audience : 372 000 lect. (LNM) - © AudiPresse One 2016
lundi 5 février 2018
                                                            1024 mots

    ÉCONOMIE FRANÇAISE—ÉCONOMIE

            Les polémiques sur le pouvoir d’achat perturbent l’agenda du
                                   gouvernement
                     C’est une petite musique qui a légèrement changé. Comme une variation de
                     tonalité discrète, mais bien présente. Il y a encore quelques semaines, l’exécu-
                     tif l’assurait en chœur : dès la fin du mois de janvier, les Français – et en pre-
                     mier lieu les salariés du privé – allaient pouvoir constater, à travers la hausse
                     de leur salaire net, qu’Emmanuel Macron et son gouvernement font tout pour
                     que « le travail paie ». La première partie des baisses des cotisations chômage
                     et maladie, en faisant plus que compenser la hausse de la contribution sociale
                     généralisée (CSG), allait leur donner la preuve concrète que l’exécutif se pré-
                     occupait tout autant du quotidien de ses concitoyens que de la redynamisation
                     de l’économie et du soutien aux entreprises.

                     En ce début février, la mélodie a évolué. Au sein de l’exécutif, on met soudain
                     le sujet en sourdine. « Après des années où on leur a parlé de hausse du pouvoir
                     d’achat sans forcément de résultats, il est normal que les Français aient encore du
                     mal à nous croire. Notre discours prendra probablement toute l’année 2018 à in-
                     fuser », explique-t-on dans les couloirs de Bercy.

                     Au cabinet de Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances, le
                     message est clair :

                     « On ne travaille pas sur le pouvoir d’achat, qui peut dépendre de votre consom-
                     mation de tabac, de diesel, ou du smartphone que vous achetez. Ce que nous assu-
                     mons, c’est que 21 millions de Français ont vu leur salaire net augmenter fin jan-
                     vier. »

                     Si l’exécutif semble aussi chatouilleux sur le sujet, c’est que, depuis le début de
                     l’année, les annonces du gouvernement « n’impriment pas ou peu », constatent
                     plusieurs députés La République en marche (LRM), dépités. « Les gens en-
                     tendent surtout les augmentations de la CSG, de l’essence, du tabac ou des
                     timbres », se désole l’un d’eux.

                     Les riches restent les grands gagnants
                     Bercy avait pourtant mis le paquet : distribution d’un « livret du pouvoir
                     d’achat » dès l’automne, mise en place début janvier d’un simulateur acces-
                     sible en ligne pour calculer son gain précis, communication en conseil des mi-
                     nistres avec exemples concrets selon le niveau de revenus…

                     Mi-janvier, une étude de l’Observatoire français des conjonctures écono-
                     miques, un cercle de réflexion classé à gauche, a pourtant conclu que les très
                     riches restaient les grands gagnants des mesures fiscales et sociales de la nou-
                     velle majorité. Fin décembre, dans une passe d’armes inédite avec l’Insee, Ber-
                     cy avait « contesté formellement » les conclusions de l’institut statistique, qui
                     indiquait que les mesures Macron gréveraient le pouvoir d’achat des ménages
                     en 2018.

↑                                                                                                          14
Au sein du groupe LRM, plusieurs députés défendent la nécessité de prendre
    des mesures supplémentaires, dans l’espoir de dissiper l’image de « président
    des riches » qui colle à la peau d’Emmanuel Macron, et de répondre aux at-
    taques de l’opposition. « Je veux m’investir prioritairement pour la défense du
    pouvoir d’achat des travailleurs pauvres », explique au Monde Brigitte Bourgui-
    gnon, la présidente LRM de la commission des affaires sociales de l’Assemblée.
    L’ex-socialiste, qui se veut désormais le fer de lance du « pôle social » de la ma-
    jorité, plaidepour le rétablissement de l’exonération de cotisations sociales sur
    les heures supplémentaires. La députée du Pas-de-Calais réclame également
    la revalorisation de la prime d’activité de « 80 euros au 1er janvier 2019, au lieu
    de l’augmentation progressive prévue en quatre fois entre la fin de l’année 2018 et
    2021 ».

    « Le renforcement du pouvoir d’achat de ceux qui gagnent le moins doit être notre
    priorité », a également souligné le député LRM de Côte-d’Or, Didier Martin, le
    31 janvier, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée. « Il est néces-
    saire d’aller plus loin. Il faut renforcer la prime d’activité pour deux millions et de-
    mi de foyers modestes, revaloriser le complément mode de garde pour 83 000 fa-
    milles monoparentales et augmenter le minimum vieillesse pour un demi-million
    de Français défavorisés », a-t-il déclaré.

    Député apparenté LRM de l’Essonne, l’ex-premier ministre Manuel Valls
    plaide lui aussi pour de nouvelles mesures en faveur du pouvoir d’achat. « Je
    défends la défiscalisation des heures supplémentaires pour renforcer le pouvoir
    d’achat des salariés et des classes moyennes », déclare-t-il au Monde, jugeant
    également nécessaire d’instaurer « une réforme des minima sociaux autour d’un
    revenu décent garanti ».

    Un peu d’air pour l’exécutif
    Les oppositions s’engouffrent dans la brèche. « Macron et redistribution, ça ne
    fait pas une rime riche ! », a fustigé le patron des députés socialistes du groupe
    Nouvelle Gauche, Olivier Faure, dans Les Echos du 2 février. Le patron du parti
    Les Républicains, Laurent Wauquiez, dénonce « un acharnement du gouverne-
    ment contre les classes moyennes », en soulignant que les « gens modestes » sont
    pénalisés par la hausse du diesel et les retraités par celle de la CSG. « Dans les
    réunions, avant, les retraités disaient : “Macron, on lui laisse sa chance.” Mainte-
    nant, ils disent : “Il me manque de l’argent !” », témoigne le sénateur LR de Pa-
    ris, Pierre Charon.

    Face à ce tir croisé, le gouvernement ne pouvait rester immobile. Dès mercredi
    31 janvier, lors des questions au gouvernement, Gérald Darmanin, le ministre
    de l’action et des comptes publics, a déclaré que « l’exonération de cotisations
    sociales sur les heures supplémentaires et leur défiscalisation [constituent] l’acte
    II de l’augmentation concrète du pouvoir d’achat ». « C’est une promesse de cam-
    pagne, elle sera tenue », a assuré Bruno Le Maire le même jour. « On ne s’interdit
    aucune piste », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux,
    jeudi 1er février, confirmant que le sujet est « en réflexion ».

    Jusque-là, M. Darmanin semblait isolé dans son plaidoyer en faveur de cette
    proposition phare du programme d’Emmanuel Macron, passée aux oubliettes
    depuis septembre. Si la mesure figure bien dans les annexes du projet de loi de
    finances 2018, avec son coût (3,5 milliards d’euros), aucune date n’était avan-

↑                                                                                              15
cée pour sa mise en place.

                             « On le fera, mais il faut voir quand, si c’est dès 2019 ou si l’on attend, cela dé-
                             pendra de l’état des finances publiques et s’il y a d’autres priorités », assure au-
                             jourd’hui Bercy. De fait, la meilleure conjoncture économique – le PIB a finale-
                             ment crû de 1,9 % en 2017, alors que le gouvernement avait indiqué 1,7 % dans
                             son budget rectificatif – qui génère des recettes fiscales supérieures, donne un
                             peu d’air à l’exécutif. Mais elle risque aussi d’entraîner une hausse des reven-
                             dications de la part des catégories de Français qui s’estiment lésés par la poli-
                             tique économique d’Emmanuel Macron.

                               Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, à Bercy, le 11 janvier.

                             Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, à Bercy, le 11 jan-
                             vier.

                             CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS

                                                                     Par Alexandre Lemarié, Audrey Tonnelier

    Parution : Quotidienne                                                      Tous droits réservés http://www.lemonde.fr 2018
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dimanche 4 février 2018
                                                                Page 10
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    FRANCE

    Femmes voilées recherchent job désespérément
    De jeunes diplômées racontent leur difficulté à trouver un emploi
    Elles y vont le plus souvent avec la         contraire à la loi, qui interdit aux en-   J'ai vu la différence entre avant et
    boule au ventre. Pour tout deman-            treprises de discriminer lors de l'em-     après, même lorsque je recherchais un
    deur d'emploi, l'entretien d'em-             bauche, que ce soit en fonction de la      job d'été, témoigne-t-elle. Je n'avais
    bauche est une épreuve. Lorsqu'on            religion, du sexe, de l'âge ou de tout     jamais eu de problème avant. " La dif-
    est une femme et que l'on porte un           critère autre que les compétences. "       férence a persisté lorsqu'il s'est agi de
    voile, il devient vite un tourment. "        Elle a pour conséquence que le secteur     décrocher un emploi. " J'ai vite com-
    Parfois, c'était plus le foulard que moi-    privé devient une peau de chagrin pour     pris qu'il fallait mieux l'enlever lors des
    même qu'on regardait ", témoigne My-         ces femmes ", ajoute Lila Charef.          entretiens, même pour un simple tur-
    riam (les femmes interrogées ont                                                        ban, explique cette employée d'un
    souhaité préserver leur anonymat),           De nombreuses femmes témoignent            cabinet de conseil. Pour un même
    une -Parisienne de 23 ans titulaire          de cette difficulté par leur parcours.     poste, sans turban, ça passait beau-
    d'un BTS d'assistant manageur.               Elle surgit parfois avant même la fin      coup mieux. Ce domaine recrute beau-
                                                 de leurs études. A -Angers (Maine-         coup, j'avais plein de propositions,
    Il arrive que, pendant l'entretien, le       et-Loire), après de nombreux refus,        mais j'ai compris que ce serait un frein.
    recruteur glisse une question à ce su-       en master d'économétrie, Sarah a dû        "
    jet. " On m'a déjà demandé : lorsque         faire son stage de fin d'étude au sein
    vous viendrez travailler, -enlèverez-        de l'université. Dans son mastère en       A Paris, les entretiens se " passent
    vous votre voile ? ", se souvient la Tou-    systèmes d'information et d'aide à la      bien " pour Myriam mais n'abou-
    lousaine Samira, 24 ans, titulaire           décision, le directeur de formation et     tissent pas pour autant à une em-
    d'un DUT de techniques de commer-            le coach en communication avaient          bauche. " Vous correspondez au poste,
    cialisation. Mais souvent, il demeure        prévenu Mina : avec son voile, elle        mais avec votre foulard, ça ne passera
    un non-dit. Pourtant, c'est bien à ce        aurait du mal à -trouver un emploi         pas ", lui disent des recruteurs. A Pôle
    moment-là que se referme, pour               qui corresponde à ses compétences          emploi, un conseiller l'a " mise en
    beaucoup de ces diplômées, la porte          d'ingénieure en informatique déci-         garde " contre les conséquences du
    entre-ouverte de l'entreprise recru-         sionnelle. Cette Toulousaine de 26         port du foulard. Cette incertitude sur
    teuse que leur CV avait pourtant in-         ans a eu un avant-goût de ce qui l'at-     les motifs profonds des refus qui leur
    téressée. Dans le huis clos de l'entre-      tendait au moment de trouver un            sont opposés est déstabilisante.
    tien d'embauche, les femmes voilées          stage. Elle avait postulé avec des CV
    ressentent durement l'obstacle invi-         sans photo. Le jour de l'entretien,        Une fois qu'elle a eu fini son stage
    sible qui leur est réservé sur la voie       elle avait un discret foulard noué en      chez Orange, à Toulouse, Mina s'est
    de l'emploi salarié, en particulier de       turban. Avec le recruteur, cela ne         mise en quête d'un emploi. " Là, je
    l'emploi qualifié auxquels les ont           s'est pas bien passé. " L'attitude de      n'ai eu que des refus, raconte-t-elle.
    préparées leurs diplômes.                    cette personne, ses regards, montrait      Je décrochais des entretiens, certaines
    Du mal à trouver un stage                    qu'elle n'était pas contente ", résume-    entreprises me contactaient spontané-
    C'est une réalité impossible à quanti-       t-elle. Elle a finalement effectué son     ment car -elles recherchaient mon pro-
    fier, difficile à saisir. " Le refus d'em-   stage de six mois chez Orange, qui         fil, mais quand j'arrivais, on me disait
    bauche est assez peu visible car il est      avait déposé une offre dans son mas-       que finalement il n'y avait pas de place
    très difficile de le démontrer ", souligne   tère.                                      ou que je ne correspondais pas ", dit
    Lila Charef, -directrice exécutive du                                                   la jeune ingénieure. Un jour, pendant
    Collectif contre l'islamophobie en           En région parisienne, Linda, 28 ans,       un entretien, deux recruteuses lui
    France (CCIF). C'est pourtant une            a perçu un changement lorsqu'elle a        demandent si elle a une idée de ce qui
    pratique bien réelle, dont le caractère      commencé à se voiler, en seconde           a pu motiver les refus précédents. Le
    insidieux n'empêche pas qu'elle soit         année de mastère de management. "          voile, répond-elle. " Oui, pour nous, le

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voile ne peut pas passer. Il faudra le re-   voile – par -l'association Cœxister. "        de partir au Royaume-Uni, où c'est
    tirer, et on signera un contrat tout de      Je pouvais être moi-même ", se sou-           beaucoup plus souple ". Samira a inté-
    suite. " Elle a refusé.                      vient-elle. Puis elle a dû chercher           gré un centre de formation privé ac-
                                                 ailleurs. Après des déconvenues, elle         ceptant les femmes voilées, mais
    Garder le voile, le retirer : devant les     s'est résolue à aller tête nue à un en-       pour un emploi qui n'a " rien à voir
    difficultés, ce dilemme s'impose à           tretien. " Ça m'a fait bizarre. Mais on       avec - ses - qualifications " de com-
    toutes un jour ou l'autre. Chacune le        me regardait enfin comme une per-             merciale. Elle réfléchit à la suite : "
    résout à sa façon, soit en tranchant         sonne lambda ! ", se souvient-elle.           J'attends d'avoir la bonne idée pour
    une fois pour toutes, soit en hésitant,      Elle a été embauchée et se demande            monter une auto-entreprise ", dit-elle.
    mais jamais simplement. La socio-            encore si ses collègues l'auraient
    logue Fatiha -Ajbli a étudié dans sa         considérée de la même manière si              Mina a travaillé dans une association
    thèse, soutenue en 2011, les " stra-         elle était venue voilée au début. " Les       dont les bénévoles se sont révélés "
    tégies variées " de ces femmes qui           gens croient que parce qu'on est voilée,      intolérants ", puis dans une école pri-
    cherchent à concilier voile et emploi.       on ne parle que de religion ou qu'on ne       vée musulmane. " Malheureusement,
    " La nature de leur arbitrage entre le       sait pas rigoler ", ironise-t-elle.           cette intolérance nous pousse bien sou-
    travail et le signe religieux déterminera                                                  vent à travailler “en communauté”,
    leur trajectoire professionnelle ", ré-      Linda a fini par retirer son foulard. "       dans une entreprise dont le patron est
    sume-t-elle. Même si, de manière gé-         Dès ce moment, ça s'est très bien passé.      musulman, alors que ce que j'aime,
    nérale, " plus le diplôme est important      J'ai décroché un stage. Pour mon pre-         c'est le contact avec les gens de tous
    et professionnalisant, plus la place de      mier job, j'ai pris la décision d'y aller     horizons ", regrette Mina.
    la visibilité religieuse sera prête à être   sans – j'avais un loyer à payer. On de-       Evolution vers l'entrepreneuriat
    aménagée ", Fatiha Ajbli note que les        vient schizo : on a l'impression d'être       Aujourd'hui, trois ans après avoir fini
    nouvelles générations de prati-              deux personnes selon qu'on porte son          ses études, elle est télésecrétaire à
    quantes sont moins " complexées "            voile ou non. " Son choix ne va pas           domicile, avec le statut d'autœntre-
    que les précédentes et plus détermi-         sans interrogations : " L'enlever, c'est      preneuse. Tout en élevant son en-
    nées à concilier les deux. " Elles sont      un déchirement pour nous, témoigne            fant, elle gère les plannings de méde-
    moins marquées par cette tension, plus       la jeune femme. On ne se sent pas             cins et d'entreprises. Elle est payée à
    à l'aise avec l'articulation des deux        nous-mêmes. Après, on s'y fait. Je l'en-      l'appel et gagne " une misère ". Mais
    sphères ", -observe-t-elle.                  lève avant d'arriver au travail. J'ai l'im-   elle " préfère travailler seule plutôt que
    " On devient schizo "                        pression d'être une hors-la-loi. " Elle se    de - se - prendre des refus ". Mina
    Myriam a tenu bon : " Dans ma fa-            demande comment cela se passerait             n'entend pas en rester là : " Garder le
    mille, certains me disaient de le retirer    si elle demandait à son employeur de          voile, ça ne me handicape pas du cer-
    pour l'entretien. J'ai été tentée, mais il   pouvoir venir voilée. Avec la " peur          veau ! " Elle essaye de développer son
    fait tant partie de moi. Je ne voulais pas   que mes collègues changent de regard          activité d'autœntrepreneuse " pour
    l'ôter. J'ai étudié comme tout le monde,     sur moi ".                                    les années à venir ".
    pourquoi serais-je désavantagée par
    un bout de tissu ? " Elle a fini par être    Mina n'a pas voulu le retirer : " Il fait     La réorientation vers l'entrepreneu-
    embauchée dans une entreprise pa-            partie de moi ", tranche-t-elle. Ses          riat d'une partie de ces femmes qui
    risienne de services. D'abord à un           professeurs     l'avaient    prévenue         ont trouvé close la porte du salariat,
    poste de téléconseillère qui ne lui          qu'elle aurait du mal à trouver un            c'est ce que scrute la doctorante en
    convenait pas. La perspective de re-         emploi à Toulouse et lui conseillaient        sociologie Hanane Karimi. Initiale-
    commencer ce parcours du combat-             d'aller en région parisienne. Cette re-       ment, elles sont allées en nombre
    tant l'a dissuadée de chercher               cherche sans aboutissement est                vers des plates-formes d'appels télé-
    ailleurs. A la faveur d'une mobilité         usante. " A force de chercher, le moral       phoniques et le télémarketing. La
    interne, elle est devenue gestion-           en prend un gros coup ", reconnaît-           chercheuse observe que " ces straté-
    naire et " cela se passe très bien ".        elle.                                         gies d'évitement ne comblent plus ces
                                                                                               femmes et elles trouvent dans l'entre-
    A Paris, après sa formation de comp-         Toutes évoquent des périodes de dé-           preneuriat un moyen de dépasser la li-
    table, Fatoumata, 26 ans, a elle aussi       couragement et de perte de confiance          mitation du marché de l'emploi ". D'où
    voulu conserver son voile. Consé-            en soi. Certaines, qui n'ont pu trou-         la croissance d'un entrepreneuriat
    quence, elle a dû se contenter dans          ver un emploi à la hauteur de leurs           musulman féminin dans des do-
    un premier temps de garde d'enfant           qualifications, se rabattent sur des          maines très variés, de l'artisanat au
    avant d'être -embauchée – avec son           pis-aller. Sarah, l'analyste, " envisage      coaching sportif en passant par les

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