Thousands of light years from here - JONATHAN SULLAM - Irene Laub
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(FR)
Thousands of light years from here
JONATHAN SULLAM
11.01.19 > 22.02.19
VERNISSAGE en présence de l’artiste
10.01.19, 18h > 21h
Jonathan Sullam, Pranahuti, 2019, Black aluminium coated disc and holographic powder (detail)
www.irenelaubgallery.com | Rue Van Eyck 29 | 1050, Brussels, Belgium | +32 2 647 55 16JONATHAN SULLAM
À PROPOS DE L’EXPOSITION
Le corps de travail du plasticien Jonathan Sullam (Bruxelles, 1979) suit une logique protéiforme en constante
évolution. Il y développe une analyse incisive des mécanismes de fonctionnement des systèmes d’oppression
et de la révolte qui en est le miroir. L’artiste, qui s’emploie à observer et décortiquer les aspirations humaines,
interrogeant la valeur allégorique d’objets quotidiens et se penchant sur l’ascension ou la subversion de symboles
contemporains, prend ici une toute autre direction. Mais que se passe-t-il quand l’anthropologue de terrain
tourne son regard vers le ciel ?
Bien avant l’échappée, tout commence de façon intime, tactile, presque corporelle. Les formes exposées ici
naissent du papier. A la genèse de son processus créatif, Jonathan Sullam déploie de grandes surfaces de papier
épais qui allient souplesse et mouvance à une pesante plasticité. Cette surface primitive parfaite est ensuite
éprouvée de deux manières. La première, illustrée dans Ring of fire concerne la découpe et l’ablation – ce cercle
noir est le débordement d’une forme pleine, peinte sur papier puis découpée de l’intérieur, à distance du bord.
Et c’est à la fois le résidu et la frontière qui sont ici mis en valeur, en tant que traces de la découpe. Il en est de
même pour WTC, une grille géométrique au rythme ascendant, matrice de formes rectangulaires qui lui ont été
enlevées. Le second type de mise à l’épreuve est la torsion, présente dans Velvet Underground ou Expansion. Une
courbure de l’espace faisant danser la feuille de papier qui roule, se tord, se replie sur elle-même et engendre
des dialogues alternés entre plein et vide, entre présence et absence.
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Ensuite vient la transmutation de ce premier matériau mouvant et malléable. Les chorégraphies que l’artiste
a pu y faire surgir sont mises à l’épreuve des techniques industrielles et du métal lourd et froid, qui menace
de geler la forme dans une écrasante immobilité. Pourtant, au-delà du changement de densité et de matière,
c’est une impression de légèreté, une vibration lumineuse qui ressortent de ces structures. En effet, malgré leur
valeur sculpturale intrinsèque, celles-ci sont également des supports destinés à accueillir une peinture radieuse
et atmosphérique. Jonathan Sullam transforme ses courbes, ses cercles et ses grilles en paysages célestes
– crépuscules, aurores boréales ou nuits étoilées. Les aplats de couleurs, en apparence désincarnés, puisent
une inspiration avouée dans les recherches du groupe Supports/Surfaces, tout en s’en distinguant de façon
significative. Si pour ceux-ci, la surface est libre de tout référent externe, de tout message ou de toute émotion
et « interdit les projections mentales ou les divagations oniriques du spectateur » (La peinture en question, 1969),
les œuvres de Jonathan Sullam, au-delà de leur fascination pour le support et ses transformations, dégagent une
expressivité sobre mais presque lyrique.
La surface, uniforme au premier regard, révèle également un aspect stratigraphique inattendu. En effet, qu’elles
soient marquées par un noir intense ou un fondu de couleurs, la profondeur picturale de ces structures est
obtenue par une superposition minutieuse de couches de préparation, de peinture et de vernis, interrompue
par de longues périodes de séchage et par le polissage répété des plans ainsi obtenus. Ce procédé confère
une dimension temporelle à l’œuvre, ainsi qu’une profondeur physique évoquant les minces couches de glacis
employées par les Primitifs flamands pour faire entrer la lumière à l’intérieur même de leurs peintures. Grâce
aux vernis, l’œuvre transcende sa propre surface, d’une part en permettant au regard de plonger dans la matière,
et d’autre part en créant une impression de dilatation vers l’extérieur. Sous l’effet combiné de la courbure des
formes et de l’étendue miroitante, les reflets s’animent ; des colonnes lumineuses semblent émaner de la
matière, déformant l’espace environnant et prolongeant l’œuvre au-delà de ses frontières physiques. La même
alchimie opère au cœur de la photographie Delight and Glory, dans laquelle le spectre chromatique semble
vibrer. L’éphémère résultat de la division d’un faiceau lumineux, capturé et aplani, mais offrant pourtant l’illusion
parfaite du chatoiement d’un arc-en-ciel.
Il y a donc de la vie sous ces surfaces lisses. Quelque chose d’insondable y est tapi, aguichant notre œil et
excitant notre curiosité – astres scintillants, univers se repliant sur eux-mêmes, mondes lointains contenus
dans un cercle imparfait… La vibration et le rythme y sont omniprésents. Et, au-delà des évocations cosmiques,
l’humain se réaffirme comme référent absolu. Cette primauté du rapport humain est établie par la dimension
des œuvres, auxquelles les corps sont instinctivement invités à se rapprocher et se comparer. La vibrance des
courbes et du spectre lumineux trouble autant les frontières entre l’objet et son environnement que celles qui
séparent la forme et l’humain qui s’y confronte. Le corps, pris comme échelle de mesure, terrain d’expérience et
moyen d’appréhender l’œuvre, se laisse alors lui-même entraîner dans le double mouvement qu’elle opère – une
immersion dans la matière et une constante expansion à travers l’univers.
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Joathan Sullam, Talking loud saying nothing, 2018, Bronze microphones and stands, 184 x 50 x 50 cm each
Jonathan Sullam, It’s all going south from now on, 2014, Polished and broken glass, 110 x 7 cm
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Jonathan Sullam, Knocking on heaven’s door, 2017, Metal structure and neons, 200 x 230 cm
Politics of discontent at Irène Laub Gallery Brussels (BE) 2018
Jonathan Sullam, Sing a Song, 2014, Guitar amplifier, fan and piezzo microphone, 90 x 120 x 45 cm
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Jonathan Sullam, Board of bills - upward stance, 2015, Mirror polished aluminium structure and led system, 420 x 850 x 150 cm, Fluide-Mons 2015, Thuin (BE)
Jonathan Sullam, Not so distant, 2014, 8 Framed Multimedia silkscreen print, 300 x 220 cm (each)
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L OEIL Magazine
10.03.16
Par Claude Lorent
2 L'actu SEMAINE DU 18 AU 24 MARS 2016 ARTS LIBRE
Commentaire l Expo en vue
Gratuit et
financements Le monde en balan
alternatifs
Par Claude Lorent
Une vente aux ench res vient d avoir
lieu pour soutenir les activit s d une
institution mus ale d pendant des
pouvoirs publics. Une telle initiative
n est ni neuve, ni unique, ni exclusive
ment belge. Dans le cas pr sent qui fut
comment dans nos colonnes, cette
pratique pr sent e comme un one
shot rappelle une fois de plus les caren
ces de nos gouvernants (on ne fera pas
le d tail des responsabilit s) et les
choix politiques frileux en mati re de
culture, notamment dans le domaine
des beaux arts. On ne compte plus
aujourd hui le nombre d actions de ce
type pour venir en aide aux infrastruc
tures existantes, voire aux projets
innovants. Soir es Vip, d ners s lects
chic et chers, ventes diverses, associa
tions de g n reux amis, aides la
restauration ou la cr ation, appels et
souscriptions pour des ditions et
sollicitations aux dons d artistes se
multiplient tout va. Souvent avec
succ s car on a le sentiment qu il faut
sauver la culture face des choix poli
tiques contestables. Dans ce processus,
les priv s, bien logiquement, embo
tent le pas aux officiels politiques qui
sont en principe les garants d une saine
gestion de la culture. Nombreux sont
d ailleurs les priv s qui ont pris le
relais indispensable pour assurer le
soutien et le rayonnement de la cr a
tion, m me si d aucuns ont d r duire
la voilure pr vue face, g n ralement,
aux co ts trop lev s d un fonctionne
ment optimal. Personne ne leur jettera h Chez Feizi, premi re exposition monographique en galerie pour le jeune
le moindre petit caillou car on sait que
la culture a un prix si on veut respecter plasticien bruxellois Jonathan Sullam.
nos artistes qui savent, et bien souvent
davantage que d autres, se montrer APR S PLUSIEURS ANN ES con percevoir le fil d Ariane qui les re nement de l an 2000 ! D o les di
g n reux. Mais est ce bien eux sacrÈes exclusivement la prÈsen lie malgrÈleur diversitÈtant de su manches sans voiture !
soutenir les institutions cr es pour les tation d artistes chinois contem jet que de technique. Le titre de Aujourd hui, le discours est diffÈ
accueillir ? Pendant ce temps il en est porains, la galerie bruxelloise Feizi l expo, Relics&Contemplationî rent, il est Ècologique. On joue sur
qui r clament la gratuit des activit s qui dispose toujours d un lieu offre dÈj une indication qui con une autre peur. A quand l obsoles
artistiques mettant en p ril un bon Shangha et maintient son contact voque la fois le passÈ, peut tre cence ? Autre relique, le moteur de
fonctionnement. La situation le per avec les artistes montrÈs antÈrieu m me quelque chose d iconique, cet engin peint en couleur pÈtrole
met elle ? Ne faudrait il pas mieux rement, a dÈcidÈ de modifier sa de prÈcieux ou d emblÈmatique, brillante, posÈ sur un socle. Une
tenir compte des vraies situations trajectoire. La directrice fran aise la fois le regard sur un motif qui uvre d archÈologie contempo
sociales des visiteurs ? Et puisque l on Ir ne Laub ouvre dÈsormais son peut interloquer. Objet, photo, raine transformÈe en sculpture.
se penche sur la question du finance espace aux artistes de toutes origi nÈon, sÈrigraphie, sculpture et Superbe par ailleurs !
ment, ne serait il pas plus sage de nes engagÈs dans un art bien ac peinture, chaque proposition en
soutenir les lieux existants avant de tuel et accro t de la sorte un poten gendre sa propre technique en Future or no ?
songer creuser le trou en cr ant de tiel de diffusion internationale. fonction de l intention. La pre Les pi ces de l exposition fonc
nouvelles structures ? Mons 2015 en mi re pi ce, visible d ailleurs de tionnent de mani re dichotomi
est un funeste exemple ! Et tant qu Objets symboliques l extÈrieur, est un moulage d une que avec quand m me une cer
parler de gratuit , rappelez vous, ces Dans cette nouvelle orientation, pompe essence ancien mod le. taine prÈdilection pour la phase au
lieux que l on appelle galeries d art, elle a invitÈ pour une premi re RÈalisÈe en cire (produit pÈtrolier), cours de laquelle la contemplation
sont gratuits et la programmation est expo monographique en galerie, elle est forcÈment inutilisable. annoncÈe serait dÈceptive et fixe
en perp tuel renouvellement ! un jeune artiste belge, Jonathan Voil la relique d un objet qui ca rait plut t le passÈ que l avenir, la
Visitez les ! Sullam, dont on a eu l occasion de ractÈrise la civilisation de l hymne menace que la solution. Une photo
voir rÈguli rement des pi ces dans la voiture et qui peut faire allu d une vitre totalement embuÈe
divers ensembles dont une partici sion aux prÈdictions des annÈes qui ne laisse donc rien voir, ni de
pation remarquÈe au 186 Louise, septante au cours desquelles les l extÈrieur, ni de l intÈrieur, pro
ainsi qu en solo la Maison des scientifiques les plus sÈrieux et pose deux mots : eternally/tempo
Arts de Schaerbeek. Les uvres bien informÈs annon aient la fin rary. Ils finiront par s effacer. Tous
rassemblÈes donnent l occasion de des rÈserves pÈtroli res avec l av les deux. En face, une immense
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L OEIL Magazine
10.03.16
Par Claude Lorent
SEMAINE DU 18 AU 24 MARS 2016 ARTS LIBRE L'actu 3
alan ce dans un Ètat d entre deux
A gauche, Jonathan Sullam, Not so distant ,
2014, 8 s rigraphies encadr es, laque sur
photo, 300 x 220 cm.
A droite, David , n on, 200 x 200 cm et She
gives life we drain it (Elle donne la vie nous la
drainons), 2015, cire et poudre de marbre,
60 x 50 x 150 cm.
COURTESY GALLERY FEIZI, BRUSSELS. © PHOTO D.R.
Bio express
N en 1979 Bruxelles, Jonathan Sullam a
poursuivi sa formation la Slade School of
Fine Arts Londres. Il expose r guli re
ment en groupe depuis 2005 en Belgique,
en Angleterre, en France, aux Pays Bas, en
Italie. Sa premi re expo personnelle en
centre d art s est tenue en 2015 la Maison
des Arts de Schaerbeek. La m me ann e, il
a re u le Prix Marc Feullien de la Fondation
Marie Louise Jacques pour la sculpture. Il a
effectu des r sidences en Chine et
Mexico.
COURTESY GALLERY FEIZI, BRUSSELS. © PHOTO MIKA L FALKE
Infos pratiques
Jonathan Sullam, Relics&contempla
tion . Galerie Feizi, 8b, rue de l Abbaye,
1050 Bruxelles. Jusqu au 15 avril. Du mardi
au vendredi de 11h 13h et de 14h
18h30, samedi de 14h 18h30. Infos :
www.gallery feizi.com
Publication. Jonathan Sullam, I Killed My
Mom , uvres illustr es et comment es,
texte de Barbara Geraci (voir la citation),
d. Maison des Arts de Schaerbeek.
photo, divisÈe en huit, montre l ef poursuivre sa route ? Derri re un
fondrement d une plateforme pÈ mur, dans un espace rÈduit, un roi
troli re (Golfe du Mexique, 2010). de pique lumineux nommÈ David
La fin d un autre symbole civilisa en allusion biblique, voit sa propre
tionnel ou le signe d un renouveau image au sol, effondrÈe. Quelle est
venir ? IsolÈ sur une feuille blan donc sa vÈritable situation ? DÈ
che, un nuage au noir tr s renforcÈ, tient il le pouvoir ou est il dÈchu ?
laissant percer peu de lumi re, est La question qui se pose en finale :
en suspension. pÈe de Damocl s ? que choisir, le No Future de la pun
Tombera, tombera pas ? Quelle est kitude ou Future simplement ?
la menace ? Va t il simplement Claude Lorent
PARTICIPATIONS
En ce moment, l artiste participe plusieurs expositions collectives : Atti
tudes sculpture #1 , Eduardo Secci Gallery Florence (Italie), jusqu au
30 avril; Travers es , s lection d uvres de la collection de la Province de
COURTESY GALLERY FEIZI, BRUSSELS. © PHOTO MIKA L FALKE
Li ge, Limburglaan 10, Maastricht (NL), jusqu au 20 mai; Semantics of
numbers , Societe Art Gallery, 106 rue Vanderstichelen, 1080 Bruxelles,
jusqu au 24 avril.
Cristallis es entre des tats interm diaires
allant de la chute l ascension, les uvres de
Jonathan Sullam se r v lent travers des
tensions pouvant basculer d un sens l autre.
Barbara Geraci
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INTRAMUROS
2015
Par Laurence Pen
Djos Janssens,
L'ombre n'a pas encore étendu
son emprise sur nos espérances,
Fluide 2015
© photo : Simon Paque
-./,%#)
Fluide - arts actuels en terre médiévale est
la quatrième édition du parcours d’art actuel
de Thuin1. Organisé cette année en partena-
riat avec Mons 2015, il devient désormais une
biennale qui a pour particularité de conserver
un certain nombre d’œuvres d’une édition à
l’autre pour devenir un musée à ciel ouvert.
Dorothée Duvivier, attachée au BPS 22, est la !"#$%&'#()
première commissaire de cette nouvelle for-
mule. Elle a invité 18 artistes à produire une
œuvre en dialogue avec la cité, sa configura- #')
tion et son patrimoine architectural.
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Jonathan Sullam,
Board of Bills (Upward Stance), 2015
Structure en aluminium poli miroir,
système LED plus de Osram (840x420x200 cm)
Commande de la ville de Thuin pour le parcours
Fluide - Mons 2015
Remerciements Dorothée Duvivier, BPS22, Paul Furlan,
André Louis, Matelek.
Fluide IntraMuros M66 / 40
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INTRAMUROS
2015
Par Laurence Pen
Les œuvres que JONATHAN SULLAM (°1979 ; Jonathan Sullam, Sing a Song, 2014
Ampli guitare électrique, ventilateur et microphone
vit et travaille à Bruxelles) expose à Thuin piezzo (90x120x45cm)
Photographie Mikael Falke
dans le cadre du parcours Fluide – Mons 2015
et prochainement à la Maison des Arts de
Schaerbeek, proposent un dialogue avec le
lieu qui les accueille, révélant tantôt la pré-
gnance du paysage, tantôt l’imaginaire qui
peut naître de l’occupation d’une architecture,
témoin d’une époque révolue.
Située sur le site de l’ancien Collège des Oratoriens, précisé-
ment sur la partie transformée en parking, Board of Bills joue
elle-même sur l’idée d’une ambiguïté entre son intégration dans
le paysage et la vision d’une certaine modernité. Il s’agit d’un
panneau de plus de huit mètres sur quatre, en métal poli, réflé-
chissant ainsi sur toute sa surface la vue sur la vallée que l’on
peut observer depuis ce point culminant. La fonction actuelle
du lieu amène à envisager l’ensemble comme un drive-in, ce
panneau se présentant à l’échelle d’un écran de cinéma, voire
à celle des panneaux publicitaires implantés sur le bord de
certaines routes. C’est d’ailleurs sur cette signification que le
titre joue. Transformant par inversion le mot Billboard (panneau
d’affichage) en Board of Bills (panneau des dettes), Jonathan
Sullam fait référence à l’affichage public tel qu’il est apparu dans
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l’Antiquité. Dans l’Egypte ancienne, le code civique est gravé sur
des obélisques afin de s’assurer de sa connaissance par le plus
grand nombre. L’espace public en tant qu’espace régi par des
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règles communes semble ainsi être une des préoccupations de
l’artiste. Le paysage y apparaît ici en tant qu’espace construit
dans son rapport au pictural.
En d’autres contextes, ce rapport à la réalité reste distendu
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comme, par exemple, dans les impressions sérigraphiques sur
lesquelles l’artiste intervient. Ainsi, Jonathan Sullam procède à Jonathan Sullam fait le choix de conférer à l’ensemble une JONATHAN SULLAM
l’agrandissement d’une photographie publiée dans la presse, ambiance sombre et ironique, portée par le titre : I Killed My I KILLED MY MOM
montrant l’effondrement d’une plateforme pétrolière dans le MAISON DES ARTS DE SCHAERBEEK
Mom. L’ensemble des pièces, toutes en lien avec cette période
147 CHAUSSÉE DE HAECHT
Golfe du Mexique en 2010 (Not so distant, 2014). Divisée en de transition, s’articulent, en des états paradoxaux, entre rêve 1030 BRUXELLES
huit parties encadrées séparément, l’image est aussi travaillée et désillusion. Ainsi l’usage des paillettes et de la dorure, déjà WWW.1030CULTURE.BE
par la sérigraphie, qui met en évidence les différentes couches présent dans les phrases écrites avec une chaîne dorée main- DU 14.09 AU 31.10.15
la composant. Cette perspective est accentuée par l’artiste qui tenue en suspension (Unchain my heart, 2012), revêt ici une
rehausse les parties les plus sombres à la laque noire, forçant les nouvelle signification, celle de la considération de l’enfance BOARD OF BILLS
IN FLUIDE 2015, ARTS ACTUELS EN
contrastes et créant une profondeur dans l’image. Ce parti pris en tant que période idyllique révolue. Et à l’artiste d’avancer :
TERRE MÉDIÉVALE
vient souligner la dualité sur laquelle celle-ci repose : d’une part “cette période singulière propre à l’adolescence est à la fois le SOUS COMMISSARIAT DE DOROTHÉE
la pesanteur de la structure est renforcée et sa chute accentuée, lieu fondateur d’une attitude révoltée et d’un penchant pour le DUVIVIER – B.P.S.22
d’autre part l’effondrement trouve un contrepoint visuel dans politique… N’est-il pas, après tout, le bassin collectif du monde WWW.FLUIDE-THUIN.BE
l’échappée d’une épaisse fumée. Toute l’œuvre repose ainsi sur des adultes ?”. WWW.JONATHANSULLAM.COM
JUSQU’AU 20.09.15
des points d’équilibre entre la chute et l’ascension. Laurence Pen
La vision de l’œuvre comme coexistence de deux forces oppo- IN LOUISE 186
sées est particulièrement explicite dans David (2014), le person- Avec les interventions de Jean-Baptiste
nage biblique apparaissant sous les traits du roi de pique. La Bernadet, Marcel Berlanger, Sébastien
composition de la pièce, figure en néon dédoublée selon un axe Bonin, Eric Croes, Delphine Deguislage,
Damien De Lepeleire, David de Tscharner,
symétrique, dont l’un des personnages au sol est dominé dans Lionel Estève, Céline Gillain, Brice
un rapport de confrontation à son double, n’est pas sans rappe- Guilbert, Benoit Platéus, Stéphanie
ler les représentations peintes de David et Goliath, dont celle du Roland, Axel Van Steenberghe & Dzia,
Caravage a la particularité de montrer non pas le combat mais le The Darwin Sect, Sophie Whettnall et
Nadjim Zoubir dans un immeuble de
moment où la défaite de Goliath est confirmée. Jonathan Sullam bureaux de près de 3.000 m2 en cours de
évince l’envahissante figure de Goliath, pour ne conserver que réaffectation.
l’imagerie populaire du roi de pique, vu comme un homme mûr 186 AVENUE LOUISE
et non sous les traits du jeune berger conforme au personnage 1000 BRUXELLES
WWW.LOUISE186.BE
biblique. Si combat il y a désormais, c’est celui d’un homme
DU 11.09 AU 4.10.15
contre lui-même.
L’exposition solo qui se tient à la Maison des Arts de Schaerbeek Jonathan Sullam, Not So Distant, 2014
8 impressions sérigraphiées à la laque noire
et invite l’artiste à entrer en dialogue avec le lieu, entend propo- (300x220cm)
ser une allégorie du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Remerciements Beatrice Lortet / Photographie
Mikael Falke
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INCHIESTADI BATTITO
2014
Par Luciano Marucci
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INTRAMUROS
2013
Par Colette Dubois
JONATHAN SULLAM
BLACK GOLD
La pratique artistique de JONATHAN SULLAM
GALERIE ARTECONTEMPORANEA est résolument multiple. Qu’il utilise le film,
22 RUE DES CHEVALIERS, l’installation, la sculpture ou la performance,
1050 BRUXELLES
T + 32 (0) 496 67 33 16
il s’agit toujours de rencontrer le “hic et nunc”
MA.-VE. DE 16H À 20H ET SUR RDV de la situation dans laquelle l’artiste est ame-
DU 17.01 AU 1.03.13 né à intervenir. Son œuvre se divise en deux
volets distincts: d’une part, des interventions
dans l’espace public menées notamment avec
la plateforme artistique mobile institute qui
s’inscrivent dans la réalité socioculturelle d’un L’artiste définit cette suspension comme “une espèce de fil tendu
lieu; de l’autre, des installations sculpturales entre la possibilité d’exister ou de disparaître”. On retrouve ce
où il aborde des questions plus existentielles. moment d’hésitation, de balancement dans son travail d’instal-
lation sculpturale. Avec Up, installation réalisée dans la vitrine
de V-tro Gallery, il se présente de manière très littérale : le sol
!"#$%#"&"'#( oscille entre soulèvement et affaissement, sans choisir ni l’un,
ni l’autre. Le questionnement ne porte plus alors sur un lieu
d’expérience collective, comme il pouvait le faire avec la ville,
mais sur la position de chacun vis-à-vis de sa propre vie, du
#)#$*+!)# sens que chaque décision prise va ou non lui conférer. C’est le
cas de l’installation Burn or Fade qui se réfère à une chanson
mythique de Neil Young Hey, Hey, My, My dans laquelle le chan-
teur pop déclare “il vaut mieux brûler que s’éteindre à petit feu”.
Sur le mur, les mots “Burn” et “Fade” s’allument et s’éteignent
au rythme du va-et-vient d’un ventilateur. Ces mots touchent au
mode de vie de tout un chacun, et surtout à l’intensité qui anime
une vie, à celle que l’on place dans la pratique ou l’expression
artistique. Quelque soit le choix du spectateur (ou de l’artiste) le
mouvement de balancier continue, rappelant de façon inces-
sante qu’un choix doit être fait. La sculpture Unchain my heart
visualise un amoncellement de chaînes dorées d’où émerge
la phrase “I’m gonna love you forever”. Le titre de l’œuvre est
emprunté à une chanson de Ray Charles, les mots sont ceux
de la déclaration d’amour, toujours exceptionnelle lorsqu’on
la reçoit ou qu’on l’offre et terriblement banale lorsqu’elle est,
comme c’est le cas ici, détachée de toute relation réelle. La
formule s’élève du sol comme dans un dessin animé, prête à se
mouvoir au rythme d’une mélodie. L’amas de chaînes marque
le joug d’un amour qui se veut éternel et la question se pose
de savoir si le désir porte sur la prison, sur l’or ou sur l’amour.
Sommes-nous dans une étude sentimentale ou face à un slogan
publicitaire ? L’artiste peut aussi jouer les cyniques comme dans
Shred my being, pièce présentée en novembre dernier dans le
En Chine, à Chongqing – l’une des plus grandes villes du monde, cadre de l’exposition We do not Remember Berlin Wall2. Sous
au développement ultra rapide -, Jonathan Sullam (°1979 ; vit un rouleau de papier noir sur lequel est imprimée une liste de
et travaille à Bruxelles) se demande à quoi rêvent les habitants 25 adjectifs qualifiant idéalement l’individu (beauté, confiance,
et les ouvriers face au skyline de la ville moderne. Il se rend ambition, conviction, belief, trust, …) se trouve une déchique-
dans différents endroits de la ville, muni d’un nuage fait d’une teuse géante qui en broie le message le temps d’une seconde
trame de métal et de coton, suspendu entre ciel et terre qui toutes les trois minutes. Si la machine semble détruire une part
sert d’attrape-rêve, de catalyseur d’un imaginaire collectif, suc- des croyances de l’artiste vis-à-vis de lui-même, du monde et
cessivement soumis à un habitant de la mégapole. En 2009, à de l’art, ses reliquats s’enroulent non sans une pointe humour
Monterrey, au Mexique, pour Hold up, l’artiste met en place une noir comme autant de serpentins sur le sol.
campagne médiatique rassemblant presse écrite, radio et télévi-
sion où il annonce qu’il va déplacer la Maison de la Culture d’un Entre questionnement d’un lieu et d’un espace et interroga-
centimètre. Pendant douze heures, le bâtiment sera dûment tion des choix fondamentaux de l’être au monde, le travail de
sanglé suivant les plans publiés auparavant et le public sera Jonathan Sullam s’attache au contexte géographique, physique,
présent pour assister à l’impossible opération. La Maison de social ou philosophique dans lequel il s’expose. Chaque nou-
la Culture est restée en place, mais le public s’est déplacé 1. En velle intervention, chaque œuvre est pour lui un nouveau défi
2007, lors du festival Nuit Blanche, un écran de laser séparait de Jonathan Sullam à élaborer le dispositif le plus adéquat pour mettre en place la
son volume le sol de la Grand Place de Bruxelles des étages de Unchain my heart, 2012 possibilité d’une expérience partagée.
350m de chaînes, peinture dorée
ses maisons historiques. Cette frontière entre haut et bas, floue Shred my being, 2010 Colette Dubois
et fluorescente, interrogeait le sens des séparations. On le voit 100 lames, structure en métal, 25 mètres de rouleau
imprimé. 1 Selon l’artiste, Hold Up entendait ainsi “fonctionner comme un pèlerinage administratif, en
avec ces quelques exemples, les interventions de Sullam dans
mobilisant les institutions dans l’élaboration du projet et de son système médiatique. L’implication du
l’espace public prennent un caractère résolument événementiel. spectateur répondait à une exigence minimale de sa croyance dans l’élévation de la maison en lui
Elles sont soutenues par un dispositif apparemment simple, demandant ce “dernier centimètre de crédulité” pour compléter l’œuvre.”
mais très travaillé qui permet d’englober les spectateurs et de 2 Du 8 au 25 novembre 2012 à la Quincaillerie Vander Eycken, 26 rue Van Aa, 1050 Bruxelles.
les placer dans une situation d’incertitude, de balancement, de
suspension dans un état de latence.
Jonathan Sullam IntraMuros M57 / 46
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