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Note de présentation relative au
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope
(APPB)
Pour la protection d’un site d’hibernation à Chiroptères
Commune de Vouvray-sur-Huisne et Sceaux-sur-Huisne (72)Sommaire I. Présentation du site des Carrières souterraines des Roches à Vouvray-sur-Huisne .................... 2 I.1. Localisation.......................................................................................................................... 2 I.2. Historique du site ................................................................................................................. 4 I.3. Caractéristiques générales................................................................................................... 4 I.4. Mesures de protection et de classement .............................................................................. 5 I.5. Usages................................................................................................................................... 7 II. Intérêt scientifique du site........................................................................................................... 8 II.1. Liste des espèces ................................................................................................................. 8 II.2. Statut des espèces ............................................................................................................. 10 II.3. Evolution des populations sur le site et menaces ............................................................ 10 II.4. Menaces avérées ou potentielles sur le site ..................................................................... 12 III. Proposition de mise en place d’un arrêté préfectoral de protection de biotope ...................... 15 III.1. Sécuriser le site ............................................................................................................... 15 III.2. Assurer un suivi scientifique .......................................................................................... 16 III.3. Sensibiliser le public ....................................................................................................... 16
Introduction
Les Chiroptères sont des espèces figurant dans les annexes II et/ou IV de la directive n°
92/43/CEE du 21 Mai 1992 modifiée concernant la conservation des habitats naturels ainsi que
de la faune et de la flore sauvages, dite « Directive Habitats Faune Flore ». Une grande partie de
ces espèces est classée dans les Annexes II de la Convention de Bonn (23 Juin 1979) et la
Convention de Berne (19 Septembre 1979). Toutes sont également protégées au niveau national.
Enfin, certaines bénéficient d’un classement sur la Liste rouge régionale des Chiroptères menacés
de Pays de la Loire (Marchadour Coord, 2009).
Les Chiroptères sont visés par un Plan National d’Action, qui émane du Ministère en
charge de l’Environnement et est porté par la Société Française d’Etude et de Protection des
Mammifères (SFEPM) et la Fédération des Conservatoires d’Espaces Naturels. Ce plan fait
l’objet d’une déclinaison régionale dans laquelle la mise en place de protections réglementaires
de type Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope est un indicateur de la réalisation des
objectifs mentionnés dans ce Plan. Ainsi, l’un des objectifs du Plan à l’échelle régionale est de
protéger, de manière notamment réglementaire, les gites d’hibernation de Chiroptères
d’importance internationale, nationale ou régionale. La mise en place d’Arrêtés Préfectoral de
Protection de Biotope est un moyen ciblé de pérenniser des sites clés dans le cycle biologique de
ces espèces.
Menacé par un projet d’extension de carrière, le site des Carrières souterraines des
Roches est particulièrement concerné. Sa conservation en tant que site d’hibernation
d’importance régionale, du fait notamment de sa situation géographique vis-à-vis d’autres sites
d’hibernation sarthois, s’inscrit dans le cadre des objectifs de la déclinaison régionale du Plan
National d’Action.
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 1I. Présentation du site des Carrières souterraines des Roches à
Vouvray‐sur‐Huisne
I.1. Localisation
Figure 1 : Carte de définition du périmètre Natura 2000
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 2Figure 2 : Carte de localisation des Carrières souterraines des Roches.
(Positionnement des entrées réactualisé par pointage GPS)
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 3Nom : Carrières souterraines des Roches
Communes : Vouvray-sur-Huisne et Sceaux-sur-Huisne
Parcelles cadastrales :
Four à chaux : Entrée par les parcelles 351 et 355. La cavité s’étend sous les parcelles :
351, 355, 356.
Souterrain Nord : Entrée par la parcelle 401. La cavité court sous la parcelle 401.
Souterrain Sud : Entrée par la parcelle 401. La cavité s’étend sous la parcelle 401.
Carrière Ouest : Entrée par la parcelle 346. La cavité court sous les parcelles 26, 346,
348, 400.
Carrière Est : Entrée par la parcelle 28. La cavité s’étend sous les parcelles 28, 93, 348,
350.
Les Carrières souterraines des Roches sont situées sur la rive gauche de la Vallée de
l’Huisne, à la limite des communes de Vouvray-sur-Huisne et Sceaux-sur-Huisne.
I.2. Historique du site
Les premières données historiques connues concernant les Carrières souterraines des
Roches remontent au XIXe siècle, avec mention d’une douzaine d’espèces sur le site. Celui-ci a
fait l’objet de plusieurs protocoles d’études, les opérations de baguage de Chiroptères ayant
débuté en 1948.
Dans les années 70, les Carrières souterraines des Roches étaient connues pour héberger
les plus belles populations de Chiroptères de la Sarthe. Elle abritait parfois quelques individus de
Rhinolophe euryale. La commune de Vouvray-sur-Huisne possédait à l’époque un plus grand
nombre de cavités qu’aujourd’hui. Une partie d’entre elles, la Carrière des Chaussumeries
notamment, a été détruite par l’exploitation à ciel ouvert.
Suite à la mise en exploitation à ciel ouvert, le site semble avoir perdu une partie de ses
effectifs hivernants. Ainsi, les chiffres mentionnés dans la bibliographie dans les années 80 font
état d’une chute de près d’un tiers des effectifs observés en hiver, suite à l’agrandissement de
l’exploitation à ciel ouvert. Seuls les souterrains des Roches I et II sont restés intacts. La Grande
Carrière et la Carrière des Cheminées ont en grande partie été détruites au cours des années 80
(DOCOB des Carrières souterraines des Roches, CENS, 2003).
Aujourd’hui, le site est prospecté tous les ans en vue du suivi des populations hivernantes
dans le cadre de l’animation du DOCOB.
I.3. Caractéristiques générales
Cinq cavités ont été identifiées :
- La cavité dite du « Four à chaux », dont une partie a été amputée.
- Le « Souterrain Nord » : il se trouve le long d’un chemin situé aux environ du
centre de la parcelle 401.
- La « Souterrain Sud » possède deux entrées : la première se trouve le long du
chemin qui permet d’accéder au Souterrain Nord, et la seconde se situe sur la
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 4partie haute de la parcelle 401, le long du chemin de la parcelle 398, auprès du
calvaire.
- La « Carrière Ouest », dite des « Trois Cheminées », a son entrée située à
l’extrémité nord de la parcelle 346. Il s’agit d’une cavité assez vaste, et très
propice à l’accueil des Chiroptères, et ceci bien qu’elle ait été amputée dans sa
partie sud, consécutivement à l’exploitation de la carrière aérienne.
- La « Carrière Est », aussi dite « Grand Carrière ». Celle-ci possédait à l’origine
une entrée dans la parcelle 93. L’extension de la carrière aérienne a entrainé la
destruction récente de la plus grande partie de la cavité, causant d’importants
effondrements et l’apparition de trouées au niveau du front de taille (DOCOB
des Carrières souterraines des Roches, CENS, 2003).
La formation géologique de la zone est issue du Secondaire, et plus particulièrement du
Jurassique. Il s’agit de Calcaire corallien de la Ferté-Bernard, qui affleure sur la rive gauche de
l’Huisne. L’unité inférieure est constituée de calcaires oolithiques blanchâtres, bien calibrés, en
banc massifs, avec quelques accumulations de Bivalves et de Nérinées (DOCOB des Carrières
souterraines des Roches, CENS, 2003).
I.4. Mesures de protection et de classement
Figure 3 : Périmètre de la ZNIEFF n° 00004190.
(La superficie des Carrières Ouest et Est s’appuie sur des relevés topographiques.
La superficie des autres cavités a été extrapolée. Des relevés permettant de cartographier le Four à chaux et les Souterrains Nord et Sud sont à prévoir).
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 5Les Carrières souterraines des Roches sont inscrites à l’inventaire du patrimoine naturel,
aussi appelé inventaire ZNIEFF, pour Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et
Floristique (n°00004190, 2ème génération, cf. Annexe 1). Il fait partie également des sites
proposés pour la politique « Espaces Naturels Sensibles » du département de la Sarthe. Toutefois,
ce site n’est pas retenu en tant qu’ENS à l’heure actuelle, compte tenu de l’impossibilité d’y
assurer des animations grand public (DOCOB des Carrières souterraines des Roches, CENS,
2003).
Les Carrières souterraines des Roches sont aussi classées en tant que Site Natura 2000
« Carrière souterraine de Vouvray-sur-Huisne (n° FR5200652) (cf. fig. 2). Il fait l’objet d’un
DOCOB et d’une animation Natura 2000 menée par le CENS depuis 2003, et qui doit permettre
la protection à long terme des cavités.
Les cavités ont été
fermées en 2006 et 2007 dans
le cadre d’un contrat Natura
2000. La pose de barrières
métalliques et de portes en
bois a permis de limiter
considérablement le
dérangement des Chiroptères
hivernants, mais aussi
d’éviter les accidents
humains lors des visites non
autorisées des carrières
souterraines.
Figure 4 : Grille fermant l’entrée
de la cavité dite du « Four à chaux »
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 6I.5. Usages
Les Carrières souterraines des Roches ne sont pas soumises à une activité humaine
prépondérante. Elles ne sont pas exploitées de manière souterraine, en tant que champignonnière.
La cavité dite « Carrière Ouest » s’étend sur une partie souterraine de la carrière
exploitée, et sous un champ habituellement cultivé en céréales.
La cavité dite « Carrière Est » s’étend quant à elle sous la carrière aérienne en cours
d’exploitation. La première autorisation d’exploitation date du 18/01/1991, pour une production
maximale de 54 000 tonnes par an et une surface exploitable de 22 000 m² (DOCOB des
Carrières souterraines des Roches, CENS, 2003). La carrière est toujours en activité et peut être
exploitée, de part les documents officiels, jusqu’en 2016.
Le propriétaire (Orbelot Granulats du Maine) de la carrière souhaite mener un projet
d’extension de carrière, dont il a déposé la demande d’autorisation à la Préfecture de la Sarthe le
15 Décembre 2010. La production annuelle passerait de 10 000 tonnes à 150 000 tonnes, avec
une extension de surface passant de 27 578 m² à 135 228 m² et un approfondissement de la
carrière jusqu’à la cote minimum de 85 m NGF.
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 7II. Intérêt scientifique du site
II.1. Liste des espèces
Le site des Carrières souterraines des Roches est un site d’hibernation, qui héberge durant
les mois d’hiver suivant les années environ une dizaine d’espèces de Chiroptères, dont la liste est
donnée ci-dessous :
Nom scientifique Nom vernaculaire
Barbastella barbastellus Barbastelle d’Europe
Myotis bechsteini Murin de Bechstein
Myotis daubentoni Murin de Daubenton
Myotis emarginatus Murin à oreilles échancrées
Myotis myotis Grand Murin
Myotis mystacinus Murin à moustaches
Myotis nattereri Murin de Naterrer
Plecotus auritus Oreillard roux
Rhinolophus ferrumequinum Grand Rhinolophe
Rhinolophus hipposideros Petit Rhinolophe
Des observations plus anecdotiques ont pu être réalisées au cours des décennies de suivi
de ces cavités.
Le Rhinolophe euryale (Rhinolophus euryale) a été observé en 1955 et 1957 (3 individus
au total). L’espèce n’a jamais été revue depuis, mais reste présente dans le sud de la Sarthe.
Le Rhinolophe de Mehely (Rhinolophus mehelyi) a également été compté en 1955 et 1956
(2 individus au total). Il s’agit d’une espèce d’affinité méditerranéenne, elle n’a jamais été revue
en Sarthe depuis.
Enfin, la Sérotine commune (Eptesicus serotinus) a été observée dans le Souterrain des
Roches (DOCOB des Carrières souterraines des Roches, CENS, 2003).
Figure 5 : Essaim de Grand Rhinolophe en Figure 6 : Grand Murin en hibernation
hibernation.
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 8Figure 7 : Essaim de Vespertillions à oreilles échancrées
Les effectifs observés varient considérablement d’une espèce à une autre. Le diagramme
suivant donne un aperçu de la répartition des effectifs dans les cavités :
Répartition moyenne des populations de Chiroptères de 2001 à 2013
Carrières souterraines (Vouvray/Huisne)
6,75 0,46 0,54
2,08
20,69
7,77 Barbastella
2,25
barbastellus
Myotis
bechsteini
47,15
Myotis
emarginatus
Myotis
myotis
Rhinolophus
ferrumequinum
Rhinolophus
hipposideros
Myotis
30,38 daubentoni
Myotis
mystacinus
238,77 Myotis
nattereri
Plecotus
auritus
Figure 8 : Répartition moyenne des populations de Chiroptères de 2001 à 2013 dans les Carrières
souterraines des Roches.
Le DOCOB a montré que l’intérêt du site des Carrières souterraines des Roches est
principalement lié à la présence d’une colonie de Murins à oreilles échancrées. Le graphique
témoigne de la prédominance de cette espèce durant la dernière décennie.
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 9On dénombre ensuite trois espèces fortement représentées : le Grand Rhinolophe, le
Grand Murin et dans une moindre mesure le Murin à moustaches.
Les Carrières souterraines des Roches accueillent régulièrement quelques individus de
Barbastelle d’Europe et de Murin de Bechstein, espèces arboricoles et sylvicoles, moins frileuses,
dont seuls quelques dizaines d’individus sont observés en Sarthe chaque hiver.
Historiquement, le site présentait un intérêt tout particulier pour le Grand Rhinolophe
(Rhinolophus ferrumequinum). Selon le DOCOB, il était considéré comme l’un des trois seuls
sites en Sarthe à accueillir un essaim de plus de 50 individus. En 2013, les observations
confirment le maintien de cette espèce avec une forte population (74 individus dont un essaim de
50 individus dans la cavité du Four à chaux, qui n’a pas été vandalisée).
II.2. Statut des espèces
Toutes les espèces de Chiroptères sont protégées au niveau national. Certaines des
espèces présentes sur le site bénéficient cependant d’une protection à l’échelle européenne.
Enfin, les listes rouges régionale, nationale et européenne mettent en évidence la fragilité des
populations de certaines d’entre elles à plus ou moins grande échelle.
Le tableau suivant récapitule les statuts des espèces de Chiroptères qui utilisent les
Carrières souterraines des Roches :
Nom scientifique Liste rouge Liste rouge Liste rouge Directive
européenne française PdL Habitats
Barbastella barbastellus VU LC LC Annexes II et IV
Myotis bechsteini VU NT DD Annexes II et IV
Myotis daubentoni LC LC LC Annexe IV
Myotis emarginatus LC LC LC Annexes II et IV
Myotis myotis LC LC VU Annexes II et IV
Myotis mystacinus LC LC LC Annexe IV
Myotis nattereri LC LC LC Annexe IV
Plecotus auritus LC LC LC Annexe IV
Rhinolophus ferrumequinum NT NT LC Annexes II et IV
Rhinolophus hipposideros NT LC NT Annexes II et IV
Une partie de ces espèces fait déjà l’objet de mesures de conservation en Pays de la Loire.
Outre le classement d’espèces telles que le Murin de Bechstein sur la Liste rouge régionale, les
Chiroptères bénéficient d’un Plan National d’Actions, à présent décliné à l’échelle régionale.
II.3. Evolution des populations sur le site et menaces
Les données historiques décrivent les cavités de Vouvray-sur-Huisne comme étant le site
d’hibernation le plus important de la Sarthe, accueillant près du quart des effectifs du
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 10département. Ces effectifs ont chuté de près d’un tiers dans les années 1980, suite au début de
l’exploitation à ciel ouvert (DOCOB des Carrières souterraines des Roches, CENS, 2003).
L’importance du site, estimé lors de la classification de 2009, met en évidence l’intérêt
régional des Carrières souterraines des Roches pour la conservation des Chiroptères (Déclinaison
Pays de la Loire du Plan Action Chiroptères, LPO Anjou, 2009).
De plus, ces cavités abritent 5 à 6% des effectifs régionaux.
Cet Indice de Valeur Patrimoniale (IVP) a été estimé chaque année depuis 2001, et son
évolution est présentée sur la figure 8.
Evolution de l'Indice de Valeur Patrimoniale de 2001 à 2013 pour
l'ensemble du site
(Vouvray sur Huisne/FR5200652)
100
90
80
70
60
IVP
50
40
30
20
10
0
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Année de prospection
Figure 9 : Evolution de l’Indice de Valeur Patrimonial.
(Bleu foncé : Intérêt national ; Bleu moyen : Intérêt régional ; Bleu clair : Intérêt départemental)
L’IVP a régulièrement diminué depuis 2001, à la fois du fait de l’exploitation à ciel
ouvert, mais aussi des dérangements (vandalisme). La remontée importante de l’indice en 2006,
suite à la pose des grilles de fermeture des cavités, est la preuve manifeste de l’impact négatif de
la fréquentation humaine sur l’hibernation des Chiroptères.
L’une des principales menaces pesant sur les Chiroptères concerne leurs sites
d’hibernation. Les cavités souterraines sont souvent visées par de multiples dégradations, et sont
donc régulièrement dérangées. L’originalité d’un tel lieu exerce un attrait important, qui attire en
premier lieu les spéléologues, mais aussi une population moins sensibilisée, qui utilise les cavités
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 11pour y dresser des feux de camp et y laisse de nombreux déchets. Ces activités sont très
dérangeantes pour les Chiroptères. La chaleur, la respiration de visiteurs et la lumière sont des
facteurs de réveil pour les animaux en hibernation, car ils sont pour eux le premier signe
indicateur de l’apparition d’un prédateur. Les Chiroptères cherchent alors à déterminer s’ils sont
menacés, et ce regain d’activité entraine une forte consommation d’énergie (augmentation du
rythme cardiaque et de la respiration qui sont ralentis pendant l’hibernation, observation intense
des alentours). Les Chiroptères utilisent leurs réserves de graisse lors de ces réveils. Des réveils
trop fréquents entrainent une consommation importante de ces réserves, et peuvent à terme
causer une mortalité des individus, par épuisement.
De plus, les propriétaires de ces cavités, qui souhaitent éviter toute forme d’accident due à
une intrusion non autorisée, en viennent parfois à combler les galeries souterraines, ce qui
entraine une perte d’habitat importante pour les Chiroptères.
II.4. Menaces avérées ou potentielles sur le site
Les menaces pesant sur les Carrières souterraines des Roches sont principalement
d’origine anthropique. Depuis la sécurisation du site, les installations ont fait l’objet de
dégradations régulières.
Les barrières métalliques et les portes en bois
posées ont souffert de vandalisme, de nombreuses
traces indiquent que les souterrains sont
régulièrement visités (feux de camp, déchets de
verre). Cette fréquentation perturbe
considérablement l’hibernation des Chiroptères
(bruit, fumée, chaleur humaine).
Figure 10 : Barrière métallique descellée.
Figure 11 : Vandalisme, destruction
d’une portion de mur afin de pénétrer
dans la cavité du Souterrain Sud.
Figure 12 : Feu de camp dans le
Souterrain Sud.
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 12Figure 13 : Galerie ré-ouverte par des
personnes non autorisées dans la Carrière Est.
La carrière aérienne a également un impact sur les cavités en elles-mêmes. L’exploitation
à ciel ouvert a été responsable à plusieurs de reprises de l’effondrement de salles. L’utilisation de
machines de chantier a causé en Septembre 2008 la destruction de la voute de l’une des salles de
la Carrière Est, salle qui a ensuite été remblayée par des gravats (infraction pénale du fait de la
destruction d’habitat d’espèces protégées). Cette ouverture dans la voute permet à la lumière de
passer, entraine l’apparition d’un courant d’air froid, facilite l’entrée éventuelle de prédateurs.
L’ensemble de ces facteurs sont défavorables aux Chiroptères en hibernation. Toutes ces
destructions sont également responsables d’une perte de volume habitable non négligeable pour
les Chiroptères, et ont entrainé plusieurs chutes d’effectifs consécutives depuis 30 ans.
Figure 14 : Ouverture de la voute de la Figure 15 : Salle comblée par les granulats
Carrière Est vue de l’extérieur. dans le Carrière Est.
De plus, au vu du caractère particulièrement fragile et friable de la roche calcaire qui
constitue les parois des cavités, il est possible que les vibrations dues aux tirs de mines prévus
par l’exploitant fragilisent encore davantage la roche, et entraine un effondrement des cavités à
moyen terme.
Enfin, les différentes études menées sur les populations de Chiroptères hivernantes de la
Sarthe mettent en évidence le caractère isolé des cavités de Vouvray-sur-Huisne. Ce site s’avère
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 13être le seul site d’hibernation d’importance connu dans l’est du département, et se trouve à
grande distance des autres grands foyers d’hibernation (Vallée du Loir : 50 km et Vallée du
Rutin : 35 km) de la Sarthe.
Si les cavités de Vouvray-sur-Huisne venaient à disparaître, il paraît peu probable que les
Chiroptères hibernant dans ces cavités parviennent à rejoindre les foyers d’hibernation de la
Vallée du Loir ou de la Vallée du Rutin. Certaines espèces, comme le Petit Rhinolophe, ont une
capacité de dispersion limitée à quelques kilomètres, ce qui les rend totalement incapable de
réaliser une telle migration (Marchadour Coord., 2009).
La conservation les cavités de Vouvray-sur-Huisne paraît alors indispensable à la survie
de ce foyer de population sarthois.
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 14III. Proposition de mise en place d’un arrêté préfectoral de
protection de biotope
Au regard des éléments exposés ici, le classement du site en Arrêté Préfectoral de
Protection de Biotope permettrait la conservation pérenne d’un site clé abritant une population
hivernante de Chiroptères en Pays de la Loire, remplissant ainsi une part des objectifs d’un Plan
d’Action Chiroptères en Pays de la Loire.
Cet arrêté s’étendrait sur le périmètre présenté sur la figure suivante. Il comprend les
parcelles dans lesquelles sont localisées les entrées des cavités, ainsi que les parcelles sous
lesquelles s’étendent les cavités souterraines. Certaines parcelles n’ont été incluses que pour
partie dans ce périmètre, car elles correspondent à des chemins.
Source : BD Ortho IGN 2005
Figure 16 : Proposition de périmètre.
III.1. Sécuriser le site
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 15- Obturer toutes les ouvertures par des grilles/portes.
- Restauration des murs détruits donnant accès aux cavités.
- Surveillance à l’aide d’appareils photos.
III.2. Assurer un suivi scientifique
Un suivi scientifique annuel en période d’hibernation, ainsi qu’une étude concernant le
regroupement automnal, seront effectués afin de connaître l’évolution des populations d’espèces
protégées. Les résultats seront annuellement communiqués à la DREAL, la DDT, la Préfecture,
et au service de garderie départemental de l’ONCFS.
III.3. Sensibiliser le public
Des interventions seront régulièrement réalisées afin de sensibiliser les habitants proches
du site ainsi que les employés du carrier à la protection des Chiroptères et de leurs habitats et aux
sanctions encourues.
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 16Annexe 1 : ZNIEFF de type 1de 2ème génération
Source BD Ortho IGN 2005
Positionnement des cavités réactualisé par pointage GPS.
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 17Annexe 2 : Cartographie des Carrières Ouest et Est
Projet de mise en place d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) pour la
protection d’un site d’hibernation de Chiroptères 18Vous pouvez aussi lire