CATALYSTS FOR CHARLEROI - ACCÉLÉRER LA CROISSANCE DE L'EMPLOI DANS LA RÉGION DE CHARLEROI - CATCH Charleroi
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CATALYSTS
FOR
CHARLEROI
RAPPORT
DU GROUPE
D’EXPERTS
-
SEPTEMBRE
2017
ACCÉLÉRER
LA CROISSANCE
DE L’EMPLOI
DANS LA RÉGION
DE CHARLEROICATCH Catalysts for
Charleroi
Rapport du Groupe d’Experts
Septembre 2017
Accélérer la croissance de l’emploi
dans la Région de Charleroi
Le 10 novembre 2016, un Groupe d’Experts sous la présidence de
Jean-Pierre Hansen a été mandaté par le Gouvernement Wallon
pour définir des axes d’accélération de la croissance de l’em-
ploi dans la Région de Charleroi au départ du Plateau Nord de
Gosselies.
Ce travail est l’une des réponses du Gouvernement Wallon et
des Forces Vives de Charleroi suite à l’annonce de l’intention de
Caterpillar de fermer son site de production de Gosselies.
Il résulte de ce travail un plan d’accélération baptisé Catalysts for
Charleroi – CATCH en abrégé.
Ce document présente une version simplifiée du plan à destina-
tion du grand public, notamment pour respecter la nature confi-
dentielle de certains projets industriels.
3constitué de Jean-Pierre Hansen et Thomas Dermine, a accom-
Préface Paul Magnette pli un travail remarquable en un temps très court. Mobilisant les
meilleurs industriels de la région, qui ont accepté de mettre leurs
compétences et leurs réseaux au service de cet objectif partagé,
Bourgmestre de Charleroi et associant toutes les Forces Vives locales, le groupe CATCH a
développé une stratégie de redéploiement qui fait d’ores et déjà
figure de référence, comme en témoigne la volonté de nombreuses
autres régions de se doter d’un instrument identique.
Aucune activité industrielle ne naît du néant. La plupart du
temps, elle se déploie à partir d’une activité pré-existante, qui se
diversifie et s’amplifie en tirant le meilleur parti des développe-
ments technologiques récents. Or, Charleroi est riche d’une his-
toire industrielle qui se prolonge dans les temps présents. Dans
Lorsqu’une multinationale décide de fermer l’un de ses plus impor- le verre, la chimie, l’acier, les constructions mécaniques ou l’aé-
tants sites de production, il y a peu de choses, hélas, que l’auto- ronautique et le spatial, elle dispose d’un savoir-faire et d’ou-
rité publique puisse faire pour l’en empêcher. L’avenir des travail- tils de production reconnus mondialement. Plus récemment, les
leurs de cette entreprise, et plus largement du développement secteurs des biotechnologies, du recyclage des matériaux, des
socio-économique de la région, relève en revanche pleinement de technologies de l’image ou de la logistique, pour n’en citer que
la responsabilité publique. quelques-uns, sont venus compléter ce riche tissu industriel.
Dès le lendemain de l’annonce de la fermeture du site de Gosselies Au-delà des stratégies propres à chaque secteur et à chaque
par la direction de Caterpillar, les autorités locales et régionales entreprise, le plan CATCH vise à créer les interactions et les vues
ont activé tous les leviers pour entamer sans délai la reconversion. d’ensemble qui permettent d’accélérer et d’amplifier ce mouve-
ment de reconversion industrielle entamé il y a près de trente
La première priorité fut d’accompagner les travailleurs. La mise ans. S’inspirant des meilleures pratiques d’un État entrepreneur,
en place des cellules de reconversion par la Région wallonne, il mobilise intelligemment les ressources publiques dans cette
avec le soutien financier de l’Union européenne, vise à permettre optique. Et, chose rare, il n’oublie pas de valoriser le capital spa-
à chacun des anciens travailleurs de Caterpillar de valoriser au tial de la région, et d’inscrire cette reconversion dans un mouve-
mieux le formidable savoir-faire acquis au cours de leurs années ment de redéploiement territorial plus large.
dans l’entreprise, et de le compléter, pour retrouver un emploi de
qualité dans les meilleurs délais. L’accueil très positif réservé au plan CATCH dès sa divulgation,
dans tous les milieux, est en soi un premier succès qu’il faut
La deuxième priorité consista à récupérer le site de Gosselies. mettre à l’actif de ses auteurs et tous ceux qui ont été associés à
Nous avons trop souvent vu à Charleroi des sites industriels, lais- la réflexion. La mise en place d’une Delivery Unit, qui suivra l’exé-
sés à l’abandon par leur propriétaire pendant des décennies, tour- cution du plan et veillera à entretenir la dynamique, en étroite
nés en friche et en plaie urbaine, alors qu’ils pouvaient accueil- collaboration avec les acteurs publics de développement, est le
lir de nouvelles activités. Le site de Gosselies, étendu sur près gage d’autres succès.
de cent hectares, remarquablement équipé, localisé aux abords
de deux axes autoroutiers européens, d’un aéroport et d’un pôle Mon seul voeu, en tant que bourgmestre de Charleroi, et ancien
technologique, constitue un atout de redéploiement essentiel Ministre-Président wallon ayant coordonné ces travaux, est que
pour la région, et il était fondamental que la Wallonie le récu- le plan CATCH atteigne les objectifs ambitieux qu’il s’est donnés
père, à titre gratuit, pour le mettre à la disposition de tous ceux en termes de création de valeur et d’emplois, et qu’il puisse, dans
qui veulent investir à Charleroi. quelques années, être reconnu comme un modèle dont d’autres,
confrontés à des circonstances similaires, pourront s’inspirer.
Mais pour qu’un tel site prenne toute sa valeur, il fallait qu’il soit ins-
crit au coeur d’un vrai projet. Le groupe de travail mis en place par
le Gouvernement Wallon, coordonné par le très efficace binôme
4
5Il a aussi été constaté que, si l’unicité des instances publiques
Avant-Propos Jean-Pierre en matière de financement (Sambrinvest) ou d’infrastructures
(IGRETEC) permettait une grande clarté de vue aux investisseurs,
Hansen
il n’en allait pas de même pour ce qui concerne l’animation éco-
nomique, dont la responsabilité était trop fragmentée entre une
dizaine d’opérateurs.
Président du Groupe
d’Experts CATCH Enfin, les industriels ont constaté que le nombre d’emplois dits
induits - c’est-à-dire ceux qui sont créés dans la vie journalière
du fait des emplois industriels directs – pouvait être limité par
l’attractivité du territoire en cause. Il fallait donc, en liaison avec
l’opération de rénovation urbaine en cours à Charleroi, que les
territoires industriels du nord de la Ville se modernisent eux aussi
et qu’une réflexion en ce sens soit entreprise dans le plan global.
Une nouvelle ambition de croissance et d’emploi
Le 31 mars 2017, le Plan CATCH, issu de ces travaux, a été pré-
senté à la presse après son approbation par le Gouvernement. Le
Après la décision du groupe Caterpillar de fermer son site de texte qui vous est proposé ici, coordonné par Thomas Dermine,
Gosselies, la Wallonie a mis en place différents groupes de tra- qui fut l’une des chevilles ouvrières du Plan, en détaille les prin-
vail pour limiter autant qu’il se pouvait l’impact social de ce dra- cipes, les propositions et les perspectives.
matique événement.
Il s’agissait aussi de réfléchir à la manière de relancer l’activité
économique sur le territoire de l’Aéropôle et ainsi d’amorcer une
renaissance de la création d’emplois. Un groupe d’industriels a
été mobilisé par le Gouvernement de Wallonie, avec pour mission
de formuler des propositions visant à accélérer la croissance sur
ce territoire, au départ des atouts locaux et dans le cadre de la
politique industrielle de la Région, notamment le Plan Marshall.
Une douzaine de chefs d’entreprises ont ainsi travaillé de novembre
2016 à mai 2017 avec IGRETEC et le Comité de Développement
Stratégique de Charleroi Métropole pour arrêter les termes d’un
plan ambitieux, visant le court et le moyen terme.
Il est vite apparu que, contrairement à une idée reçue, la région
de Charleroi créait effectivement de l’emploi (plus de 11 000
entre 2005 et 2015) mais que, simultanément, plusieurs ferme-
tures de grandes entreprises en détruisaient, pratiquement à due
concurrence (près de 10 000 sur la même période). Au total, et
sur ces dix années, la croissance du nombre d’emplois salariés y a
été de 1%, contre respectivement 9% pour la Wallonie et 8% pour
l’ensemble du pays.
Le groupe s’est ainsi d’abord posé la question de savoir comment
créer plus d’emplois tout en limitant l’occurrence et l’impact de
pertes de postes de travail.
6
7Table des matières
Chantier 3.3 Lancer
une zone e-santé unique au monde 59
(fondée sur le RSW)
Préface par Paul Magnette (Bourgmestre de Charleroi) 4 Pilier 4 - Creative & Digital 62
Avant-Propos par Jean-Pierre Hansen 6
Chantier 4.1 Développer
un hub créatif & digital 64
(Président du Groupe d’Experts CATCH)
au centre de Charleroi
Résumé des travaux 10 Chantier 4.2 Enclencher
la transformation digitale 68
des entreprises de la région
Partie I Introduction 16
Chantier 4.3 Mettre
en place l’infrastructure 71
Contexte du Plan CATCH 16 digitale de demain
Symbolique proposée 19 Pilier Transversal - Core Catalysts 73
Chantier 5.1 Renforcer
le suivi individualisé & proactif 74
Situation actuelle de l’emploi et évolution 2005-2015 21
des acteurs économiques critiques
Partie II Le Plan CATCH 27 Chantier 5.2 Pousser
l’internationalisation de Charleroi 77
attraction et exportation
1. Les piliers du Plan CATCH 29
Chantier 5.3 Rendre Charleroi plus attractive 80
Pilier 1 - Advanced manufacturing 30
2. Vue consolidée de l’impact en termes de potentiel 84
Chantier 1.1 Dynamiserl’innovation des acteurs 33 de création d’emplois
technologiques en place
Partie III Réflexions en lien avec l’aménagement du territoire 86
Chantier 1.2 Lancerde nouveaux partenariats 34
intra- et intersectoriels Rendre le Plateau Nord plus attractif 86
Chantier 1.3 Développer l’activité de maintenance 36
dans l’aviation militaire & civile Clarifier l’organisation spatiale du Plateau Nord 87
Pilier 2 - Airport & Logistics 38 Transformer l’Aéropôle en un cadre de travail 90
connecté et de qualité
Chantier 2.1 Soutenir
la croissance suprarégionale 41
de l’aéroport Revoir l’accès à la circulation automobile du Plateau 96
Nord
Chantier 2.2 Attirer
de nouveaux acteurs dans l’advanced 46
warehousing & logistics Intégrer le Plateau Nord dans le Projet Urbain de 97
la Ville de Charleroi
Chantier 2.3 Développer les métiers logistiques de niche 48
Anticiper les besoins d’expansion de l’Aéroport 100
Pilier 3 - Health & Bio 50
Partie IV Préalables nécessaires à la mise en œuvre 104
Chantier 3.1 Accélérer la croissance du Biopark 53
Partie V Conclusions 108
Chantier 3.2 Développerun écosystème santé 57
autour des grands hôpitaux Remerciements 110
8
9comprenant notamment des représentants des syndicats et du
Résumé des travaux Gouvernement.
Les travaux du Groupe d’Experts sont basés sur une consultation
bottom-up et plus de 200 interactions avec le top management
d’entreprises de la région, mais aussi des associations et experts
locaux, régionaux et internationaux. Le Groupe d’Experts a for-
malisé ses recommandations dans un plan intitulé Catalysts for
Charleroi – CATCH en abrégé.
Le Plan CATCH se concentre sur quatre secteurs décisifs pour
le futur de Charleroi : l’industrie manufacturière de pointe
Advanced Manufacturing, les transports et la logistique Airport
& Logistics, les industries du vivant Health & Bio et les secteurs
Suite à l’annonce par Caterpillar de son intention de fermer son à la croisée du créatif et du digital Creative & Digital. Ces 4 sec-
site de Gosselies, un Groupe d’Experts a été mandaté par le teurs, qui s’inscrivent pleinement dans la politique industrielle
Gouvernement Wallon afin de wallonne définie par le Plan Marshall, offrent un potentiel d’en-
traînement important pour Charleroi et des effets positifs sur
« déterminer une stratégie d’accélération l’emploi à long terme. Représentant ~25% de l’emploi total de
de croissance pour la zone nord de Charleroi en l’arrondissement de Charleroi (en 2015, ~33 000 salariés sur
activant les leviers existants, en complétant un total de ~127 000), ils ont aussi contribué à la création de
les chaînes de valeur industrielles présentes sur plusieurs milliers d’emplois depuis 2005. À travers ces secteurs
le territoire, et, ce, en s’inscrivant dans clés, CATCH vise, entre autres, à pérenniser l’ancrage des acteurs
la politique industrielle wallonne définie dans industriels majeurs présents à Charleroi en renforçant les écosys-
le Plan Marshall » Note au Gouvernement tèmes locaux qui les entourent.
Wallon du 10 novembre 2016.
Environ 50 initiatives concrètes ont été développées et regrou-
Ce Groupe est composé des membres suivants : pées au sein de 15 chantiers et 5 piliers. Les chantiers qui consti-
tuent le Plan CATCH ont été conçus et validés sur la base de ~200
Thierry Castagne Conseil de l’Industrie interactions avec ~100 acteurs du tissu économique et social de
Jean-Jacques Cloquet BSCA la région. De toutes les initiatives identifiées, une cinquantaine a
Bruno Colmant Degroof Petercam été retenue sur la base de leur faisabilité et de leur potentiel de
Bernard Delvaux Sonaca création d’emplois puis regroupée en 15 chantiers.
Dominique Demonté Biopark ULB / Comité de Développement
Stratégique de Charleroi Métropole
Virginie Dufrasne Lixon Pour l’industrie manufacturière de pointe Advanced Manufacturing,
Renaud Moens IGRETEC les chantiers sont centrés sur l’innovation dans l’industrie et le
Benoit Moritz ULB, La Cambre développement de l’activité de maintenance dans l’aviation
Bruno Schröder Microsoft Belgique
Emmanuel Terrasse Thales Alenia Space Belgium 1.1 Dynamiser l’innovation des acteurs technologiques
Marc Van Den Neste et Marc Foguenne AGC de la région par l’application d’une méthode d’in-
novation systématique en cycle court.
Le Groupe est présidé par Jean-Pierre Hansen avec le support
de Thomas Dermine et du Boston Consulting Group. Le Groupe 1.2 Lancer de nouveaux partenariats intra- et inter-
a travaillé de façon rapprochée avec la taskforce wallonne mise sectoriels pour générer, par exemple, de nouveaux
sur pied au lendemain de l’annonce de la fermeture de Caterpillar débouchés dans
les nouveaux matériaux ;
l’électronique de puissance.
10
11
Résumé des travaux Résumé des travaux1.3 Développer l’activité de maintenance dans l’avia- Pour les secteurs à la croisée du créatif et du digital Creative &
tion en capitalisant sur l’expertise présente : Digital, le but est de structurer un hub de grande envergure au
a ttirer un centre de maintenance centre-ville et de digitaliser les entreprises existantes.
pour les avions civils ;
r enforcer la position dans la maintenance 4.1 Développer un hub créatif & digital au centre de
militaire. Charleroi en co-localisant les acteurs locaux de
ces secteurs, en créant un programme d’incu-
Pour les transports et la logistique Airport & Logistics, CATCH bation de haut niveau et en mettant en place
vise à accélérer la croissance en prenant appui sur les activi- Digipolis, un dispositif d’animation mettant le
tés existantes à succès (p.ex. BSCA ou les centres logistiques numérique à la portée du grand public.
présents)
4.2 Enclencher la transformation digitale des entre-
2.1 Soutenir la croissance suprarégionale de l’aéro- prises locales par
port de Charleroi en développant un plan à long la massification des structures de recherche
terme afin d’assurer la faisabilité et la profitabilité actives dans le numérique ;
de différentes options stratégiques (p.ex. point-to- le lancement d’un projet pilote pour les entre-
point, point-to-hub, hub). prises à haut potentiel.
2.2 Cibler proactivement de grands acteurs du secteur 4.3 Soutenir les nouvelles activités numériques à
logistique, principalement actifs dans l’e-com- Charleroi en amenant l’infrastructure digitale –
merce et dans l’industrie biopharmaceutique afin capacités de transmission et de stockage –
de les attirer dans la région de Charleroi. aux meilleurs standards.
2.3 Développer les métiers logistiques de niche (p.ex. Pour l’ensemble de ces secteurs, les catalyseurs transverses Core
radio-isotopes, médicaments, vaccins, prothèses) Catalysts visent à renforcer le tissu économique local et à rendre
en facilitant la collaboration entre les acteurs la Ville et ses zones d’activités plus attractives.
logistiques et les clients potentiels.
5.1 Renforcer le suivi individualisé et proactif des
Pour les industries du vivant Health & Bio, CATCH se base sur acteurs économiques en phase critique, principa-
trois forces – le BioPark, les hôpitaux et le Réseau Santé Wallon lement en protégeant les grandes entreprises vul-
(RSW) – et le renforcement des liens entre les acteurs en présence nérables et en assistant les PMEs à haut potentiel.
3.1 Accélérer la croissance du Biopark en y attirant 5.2 Accélérer l’internationalisation de Charleroi en
des sociétés et en soutenant les entreprises exis- renforçant l’attraction ciblée d’investisseurs
tantes dans leurs projets de développement. internationaux ;
expérimentant à Charleroi des nouveaux sys-
3.2 Créer un écosystème santé autour des grands tèmes d’aide à l’exportation.
hôpitaux, en attirant des entreprises qui offrent
des services aux patients et aux hôpitaux et en 5.3 Renforcer l’attractivité de la Ville, principalement
renforçant les liens avec le Biopark. en renforçant sa connectivité avec ses parcs d’ac-
tivités économiques et ses investissements dans
3.3 Positionner Charleroi dans le domaine de l’e-santé les technologies urbaines.
sur la base du RSW :
d
éfinir les modalités techniques et juridiques À l’horizon 2025, CATCH vise à créer 8 à 12 000 emplois dans la
permettant l’exploitation des données ; région de Charleroi, dont 6 à 8 000 emplois directs dans les sec-
attirer des acteurs big data. teurs ciblés, ce qui permettra de combler l’écart entre Charleroi
et la Wallonie en termes de taux de création d’emplois.
12
13
Résumé des travaux Résumé des travauxEntre 2005 et 2015, ~11 000 emplois ont été créés dans la région
de Charleroi. Cependant, et malgré les efforts consentis, ~10 000
Évolution de l’emploi à Charleroi
emplois ont été détruits, notamment par des restructurations au Milliers d’emplois salariés
sein de groupes internationaux présents à Charleroi, effaçant 2005 à 2025
presque intégralement l’impact de la dynamique positive enclen-
chée. Fin 2015, ~127 000 personnes étaient employées dans
l’arrondissement de Charleroi. L’annonce par Caterpillar de son 135 Création
d’emplois
intention de fermer son site de Gosselies va probablement cau-
ser la suppression de 3 000 postes de travail (directs et sous-trai- 132
~2-4 directs,
indirects et
induits
tants). Grâce au Plan CATCH, d’ici 10 ans, de 6 à 8 000 emplois Plan CATCH
directs seront créés, soit plus du double du nombre d’emplois Création
détruits par Caterpillar. En outre, par l’application des multiplica- d’emplois
teurs économiques, on peut s’attendre à ce que 2 à 4 000 emplois 126 127 126 ~6-8 directs
Plan CATCH
indirects et induits soient créés.
125
D’ici 2025, l’ambition du plan CATCH est que la région compte
entre 133 et 137 000 emplois, ce qui correspondrait à un taux de
croissance annuel moyen de 0.8 à 0.9% entre aujourd’hui et 2025, 123
en ligne avec l’évolution prévue de l’emploi w allon.
2005
2015
2017
2019
2021
2023
2025
+ 0,8% + 0,8% Wallonie Taux de
croissance
Charleroi
+ 0,1% + 0,9% annuel
Effet Caterpillar et croissance Statu quo entre 2015 et 2025
Plan CATCH emplois directs seulement
Plan CATCH emplois directs, indirects et induits
Sources : ONSS
14
15
Résumé des travaux Résumé des travauxlocaux est lancée, des infrastructures sont développées pour
Partie I Introduction rendre l’accès à l’aéroport et au centre-ville plus aisé, des fonds
européens significatifs (FEDER) sont mis à profit pour moderni-
ser la ville et ses alentours dans une optique intégrant l’histoire
Contexte du Plan CATCH industrielle de la Ville et vision urbaine contemporaine. Une éner-
gie sans égale est injectée au cœur de Charleroi pour rendre à la
Ville et à la région tout entière son lustre d’antan.
Les résultats sont au rendez-vous. Au cours des dix dernières
années, plus de 11 000 emplois sont créés, dont la moitié autour
du Plateau Nord de Gosselies : le Biopark et tout le pôle santé
avoisinant attirent plusieurs dizaines d’entreprises, des pépites
en émergent (telles qu’OncoDNA ou BoneTherapeutics), l’aéro-
port voit son nombre de passagers passer de 3 à 7 millions par an
Le passé industriel de Charleroi est grandiose. Depuis sa nais- en quelques années, plusieurs acteurs majeurs viennent y instal-
sance en tant que ville il y a tout juste 350 ans, Charleroi a été, ler une activité logistique (comme bpost et Johnson & Johnson),
à de nombreuses reprises, un berceau d’innovation : ses indus- plusieurs entreprises dans la manufacture de pointe (telles que
tries mécaniques, électriques et chimiques pionnières et son rôle la Sonaca, Thales Alenia Space Belgium, Alstom et AGC) se (re)
dans le développement des arts visuels n’en sont que quelques placent sur une courbe ascendante, des acteurs créatifs (tels
exemples. que Dreamwall et Keywall) se développent et acquièrent une
renommée internationale dans le sillage de l’École de Marcinelle.
Vers la fin du XIXe siècle, la Ville de Charleroi et son agglomération, Chaque année, ces secteurs porteurs d’avenir offrent de nou-
produisant la part la plus importante des richesses du pays, parti- veaux exemples du renouveau qui est en cours dans des secteurs
cipent grandement à l’accession de la Belgique au rang de 2e puis- de pointe à Charleroi, en cohérence avec la vision industrielle de
sance industrielle mondiale. Cette richesse fournit à la Belgique la Wallonie.
les moyens d’entamer de vastes chantiers à travers tout le pays
(routes, chemins de fer, tramways, voies fluviales, éclairage, équi- Malgré ces efforts, et les résultats probants, plusieurs claques
pements des administrations, écoles, grands hôpitaux…). viennent ralentir ce développement : certaines restructurations
douloureuses des dernières années ramènent au constat que la
La fermeture progressive des exploitations minières, le posi- transition du tissu industriel de Charleroi n’est pas encore abou-
tionnement difficile des industries en aval perdant en compéti- tie. Environ 10 000 emplois ont été détruits sur la même période,
tivité, et peut-être un manque de proactivité dans les efforts de effaçant quasi intégralement l’impact de la dynamique enclen-
reconversion mènent sur la pente d’un lent déclin industriel de chée. L’entreprise Caterpillar fait une première fois parler d’elle
Charleroi. en 2013, avec la suppression d’environ 1 400 emplois. L’annonce,
le 2 septembre 2016, de son intention de fermer complètement le
Les pouvoirs publics locaux et la Région wallonne décident que site de Gosselies, vient ajouter une ligne majeure à une liste déjà
ce déclin ne sera pas le seul destin de la Ville. De grands travaux trop longue, avec cette fois une perte estimée à plus de 3 000
sont entrepris depuis les années 90 pour repositionner Charleroi emplois (directs et sous-traitants).
au centre de l’Europe. Ils sont renforcés dès 2005 par le Plan
Marshall qui définit des secteurs porteurs d’avenir, les pôles de Les Autorités locales et régionales prennent clairement position.
compétitivité. Brussels South Charleroi Airport est ouvert, un Malgré son caractère douloureux pour la région et ses travail-
centre de recherche de l’ULB de premier plan dans les sciences leurs, la fermeture de Caterpillar ne sera pas un coup d’arrêt dans
du vivant y est transféré pour créer le Biopark, des centres de la dynamique de reconversion de Charleroi, mais une opportu-
recherche de pointe sont inaugurés (p.ex. CETIC et Cenaero), nité, un catalyseur pour l’accélérer dans les secteurs qui feront
certaines entreprises en difficulté sont reprises par la Région et le Charleroi de demain.
relancées (p.ex. Sonaca), la rénovation des deux grands hôpitaux
16
17
Partie I Introduction Partie I IntroductionDans la mesure où les secteurs à plus faible valeur ajoutée conti- Symbolique proposée
nueront à subir la pression concurrentielle croissante de pays à
bas coûts salariaux et les effets de l’automatisation, il est néces-
saire plus que jamais d’accélérer la reconversion dans ces sec-
teurs à haute valeur.
Un symbole est proposé pour représenter l’effort lancé : l’atome
Le Plan Catalysts for Charleroi - CATCH en abrégé - est lancé et de carbone.
s’inscrit dans la lignée des efforts récents de la Région et de la
Ville en visant très haut, très loin, mais en fondant ce futur sur les
racines centenaires de la Ville.
Quatre secteurs décisifs pour le futur, charbon du Charleroi de
demain :
1. L’industrie manufacturière de pointe
Advanced Manufacturing
2. Les transports et la logistique
Airport & Logistics
3. Les industries du vivant
Health & Bio
4. Les secteurs à la croisée du créatif et du digital
Creative & Digital
Ces secteurs créeront de l’activité, par eux-mêmes ou en synergie
avec les autres secteurs. Ils sont les flambeaux passés et futurs
de la Ville. Ils font partie des secteurs-clés choisis et poussés par
la Région toute entière à travers les Plans Marshall successifs et
les pôles de compétitivité. Ils génèrent des retombées sur tous les
autres secteurs, de façon directe, indirecte ou induite – le concept
de multiplicateur économique agit : un emploi est créé, le travail-
leur consomme des produits ou des services achetés à d’autres
prestataires (ce qui crée des emplois), et à ces emplois est attaché
un pouvoir d’achat dépensé localement ou ailleurs.
18
19
Partie I Introduction Partie I Introduction ituation actuelle de l’emploi et évolution
S
2005-2015
L’arrondissement de Charleroi compte aujourd’hui un peu plus
de 125 000 emplois salariés (chiffres enregistrés fin 2015). La
croissance de l’emploi au cours des 10 dernières années sur cet
arrondissement est de seulement 1% alors que la Région wallonne
et la Belgique affichent des pourcentages significativement plus
élevés de 8 à 9%.
Évolution du nombre d’emplois
Au cœur de la molécule, un ensemble de catalyseurs fondamen-
par zone géographique
2005 = 100
taux : poursuivre le développement des infrastructures en cours
2005 - 2015
pour rendre la Ville plus attractive aux yeux des entreprises et des
familles, accompagner de façon ciblée les entreprises (grandes
ou plus petites) de ces quatre secteurs, renforcer la recherche et
l’approche d’acteurs étrangers et pousser les entreprises locales 110 109
à se tourner vers l’international. Wallonie
Belgique
Simple, cet atome de carbone rappelle aussi le charbon et la riche
108
histoire de la Ville. Il illustre aussi les liaisons dont l’atome peut
bénéficier pour s’apparier de façon équivalente à d’autres atomes
tels que l’hydrogène, l’oxygène, l’azote, ou le carbone lui-même,
afin de créer des molécules de plus en plus complexes.
105 -8 p.p.
Charleroi
100 101
1ers licenciements
Caterpillar
50
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
100 = 3,59 M Belgique
100 = 0,94 M Wallonie
100 = 0,13 M Charleroi
Sources : ONSS, Hainaut Développement, Analyses BCG.
20
21
Partie I Introduction Partie I IntroductionSi l’économie et l’emploi croissent de manière semblable dans Entre 2005 et 2015, le nombre total d’emplois dans l’arrondisse-
l’ensemble du pays entre 2005 et 2010, un découplage entre ment de Charleroi n’a augmenté que d’approximativement mille
Charleroi d’une part et la Wallonie et la Belgique d’autre part unités, passant d’environ 126 400 emplois en 2005 à environ
s’amorce en 2010 : alors qu’elle ne fait que ralentir en Belgique 127 400 emplois en 2017. Si cette variation nette semble faible
et en Wallonie, la croissance s’inverse à Charleroi. Les secteurs (moins de 0.1% sur base annuelle), les variations brutes montrent
économiques secondaires entraînent cette décroissance de l’em- une toute autre image de la structure de l’emploi à Charleroi. En
ploi entre 2010 et 2015, avec 10% de pertes en plus à Charleroi effet, entre 2005 et 2015, plus de 10 000 emplois ont été détruits
qu’en Région wallonne et en Belgique. suite à des grandes restructurations de groupes industriels sou-
vent étrangers (Carsid, AGC, Caterpillar en 2013). En parallèle et
sur la même période, entre 2005 et 2015, plus de 11 000 emplois
Évolution du nombre d’emplois ont été recréés. Le moteur de la création d’emplois est donc bien
par secteur d’activité en marche à Charleroi mais les créations d’emplois sont masquées
2008 = 100 par une structure industrielle historique qui a continué de subir à
2008 - 2015 retardement les conséquences des mutations économiques. Tout
aussi intéressant, l’analyse montre que près de 8 000 emplois sur
les 11 000 emplois créés entre 2005 et 2015 sont le fait d’entre-
Activité économique secondaire Activité économique tertiaire prises locales déjà implantées en Wallonie. Le solde est le fait
industrie service d’entreprises non-wallonnes s’installant dans la région. Il est
112 donc erroné de croire que la croissance de l’emploi ne peut être
110 110 109 le fait que d’investisseurs étrangers car ce sont principalement
-3 p.p. les entreprises et les entrepreneurs déjà implantés à Charleroi
106
qui nourrissent en grande partie la croissance.
100 100
90 90 90
Décomposition de l’évolution
-11 p.p. du nombre d’emplois
80 79 80 Nombre d’emplois
2005 - 2015
2008
2014
2009
2010
2011
2012
2013
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2015
0 117 000 123 500 130 000
Activité économique quaternaire
public Emploi total en 2005
126 400
110 - 10 000
Variation 2005-2015
Destruction d’emplois
102
100 101 -1 p.p. Création externe + 3 000
d’emplois
(hors Wallonie)
+ 8 000
90 Création locale d’emplois
Belgique 127 400
80 Wallonie
Emploi total en 2015
Charleroi
Sources : ONSS, Hainaut Développement, Analyses BCG. Sources : ONSS, Hainaut Développement, AWEX, BSCA, Analyses BCG.
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
22
23
Partie I Introduction Partie I IntroductionCette création d’emplois par des acteurs exogènes (non issus de étant exclu), ~10 000 dans l’Advanced Manufacturing (notam-
Wallonie) représente ~3 000 postes sur 10 ans, soit une moyenne ment Sonaca, Total, Alstom, Thales Alenia Space Belgium, AGC),
de ~300 par an (10-15 dossiers x 20-30 emplois). L’analyse de ~9 000 dans l’Airport & Logistics (dont plus de 3 000 autour de
ce flux de dossiers montre que si la région de Charleroi parvient l’aéroport et plusieurs milliers dans la logistique), et le reste dans
à attirer un volume non négligeable de nouveaux acteurs, tant les autres secteurs stratégiques du plan Marshall (le créatif et le
leur nombre que leur taille moyenne restent légèrement en-des- digital, l’industrie alimentaire, le traitement des eaux et déchets
sous de ce qu’on observe dans d’autres régions. Travailler sur et l’économie circulaire). Ces secteurs offrent non seulement de
les leviers d’accélération du flux provenant d’acteurs non wal- nombreux exemples de création d’emplois au cours des dernières
lons est donc une piste d’amélioration prioritaire. En particu- années mais génèrent également un effet d’entraînement pour
lier, les chiffres montrent que la Flandre et Bruxelles, la France, d’autres emplois. Ce sont sur ces secteurs, représentant déjà 25%
les Pays-Bas et l’Allemagne représentent une vaste majorité des de l’emploi à Charleroi, que se focalise le Projet CATCH.
investissements. Renforcer cette approche systématique de nos
voisins-partenaires est donc clé. Environ 1 000 entreprises se retrouvent dans le périmètre du
Projet CATCH. Une majorité des emplois se retrouve dans les
grandes entreprises : 25 entreprises emploient plus de 200 col-
Répartition sectorielle des emplois à Charleroi laborateurs et totalisent 2/3 des emplois (soit ~21 000 emplois).
Milliers d’emplois Les autres entreprises totalisent ensemble 1/3 des emplois (soit
2015 ~12 000 emplois). Ce constat doit amener à une approche d’ac-
compagnement différenciée des entreprises : les besoins des
127,4 grandes entreprises, souvent vulnérabilisées par une rude concur-
rence internationale, sont souvent bien éloignés de ceux des plus
Emploi Total à Charleroi
petites qui parfois peinent à se développer faute d’accès à diffé-
rents leviers de croissance (p.ex. financement, expertise, temps).
11 9,6 8,5 4 Principalement de l’emploi Principalement de l’emploi
marchand non inclus dans non marchand, financé par
les pôles de compétivité les autorités
Enfin, une analyse de la répartition des emplois en fonction du
du plan Marshall domicile des travailleurs (basée sur trois employeurs carolos
majeurs) montre que seule une minorité des collaborateurs (~30%)
habite dans la région de Charleroi – et cette tendance est d’autant
33,1 56,3 38,0 plus marquée que l’entreprise emploie du personnel plus quali-
Emploi Privé Emploi Privé Emploi Public fié (par exemple, chez Thales, 61% des ouvriers habitent Charleroi
Secteur Plan CATCH (Hors Secteur Plan CATCH) contre seulement 25% des cadres). Afin de maximiser l’impact du
pouvoir d’achat des nouveaux emplois créés dans la région, il est
donc primordial de redonner à Charleroi une attractivité en tant
Health & Bio que cadre de vie, à travers toutes ses composantes : sécurité, sco-
Advanced Manufacturing
Airport & Logistics
larité, commerces de proximité, culture, sport, infrastructures de
Creative & Digital transport intra-muros et connectant les zones de loisirs et résiden-
tielles aux zones économiques, etc. Même si ce travail n’a pas pour
Sources : ONSS, Hainaut Développement, Analyses BCG. but principal de rendre Charleroi plus attractive comme lieu de vie,
l’un des chantiers du plan CATCH aborde la question explicitement.
D’après l’analyse sectorielle de l’emploi de l’arrondissement de
Charleroi, les secteurs prioritaires du Plan Marshall représentent
un quart de l’emploi total, soit ~33 000 emplois : ~11 000 dans
l’Health & Bio (dont 6 000 dans les 2 grands hôpitaux (CHU
et GHdC) et 1 000 dans le Biopark ; le secteur médico-social
24
25
Partie I Introduction Partie I IntroductionLieu de résidence des travailleurs
Lieu de résidence des travailleurs, %
Partie II Le Plan CATCH
2016
Thales
5% 9% 47% 39%
100%
Charleroi
Sonaca
8% 3% 27%
62% Fondée sur 5 piliers et 15 chantiers, l’ambition du Plan CATCH
est de créer de l’activité à long terme (à un horizon de 5 à 10 ans)
100% mais également à plus court terme (à un horizon de 3 à 5 ans).
Les 15 chantiers du Plan CATCH ont pour ambition de créer de
Charleroi
6 à 8 000 emplois directs dans les secteurs inclus dans le cadre
Biopark de ce plan à l’horizon 2025. Le Plan CATCH ambitionne ainsi de
2% 57% 22%
créer 2 fois plus d’emplois que ceux qui ont été détruits par la
fermeture de Caterpillar.
19%
Cet objectif de création d’emplois est ambitieux…
100%
Charleroi L’objectif représente un accroissement de 25% de
l’emploi dans les secteurs concernés ;
Charleroi (inclut les codes postaux commençant par 60xx, 61xx et 62xx)
Wallonie hors Charleroi Il implique la mise à disposition de moyens
Bruxelles & Flandre
Étranger
financiers et humains considérables au cours de
la décennie à venir ;
Sources : Analyses BCG, Données transmises par les acteurs mentionnés.
Il est conditionné par la mise en place d’une gou-
vernance adaptée pour lancer et suivre les diffé-
rents projets.
…mais résolument réaliste.
Une telle création d’emplois est comparable à ce
qu’on a pu observer dans d’autres cas de recon-
version / accélération économique (p.ex. les objec-
tifs du plan SALK mis en place par la Province du
Limbourg suite à la fermeture de Ford à Genk) ;
26
27
Partie I Introduction Partie II Le Plan CATCHDes objectifs similaires ont déjà été atteints en
partie dans le passé récent : environ 11 000
1 Les piliers du Plan CATCH
emplois ont été créés au cours des 10 dernières
années dans l’arrondissement de Charleroi,
dont près de la moitié dans les secteurs qui nous
occupent ;
La place est disponible : au taux de remplissage
équivalent au développement des 10-15 dernières
années, soit 20-40 emplois / hectare (moyenne sur
l’ensemble des parcs gérés par IGRETEC), les 200-
300 hectares de parcs économiques disponibles
devraient permettre d’accueillir 6 à 8 000 emplois.
Advanced Airport
La suite de cette deuxième partie est structurée autour de deux Manufacturing & Logistics
chapitres-clés formant la charpente principale du Plan :
1. Développement des 5 piliers et des 15 chantiers
du Plan
2. Impact consolidé du Plan en termes d’emplois créés
Health Creative
& Bio & Digital
28
29
Partie II Le Plan CATCH Partie II Le Plan CATCHPilier 1 - Advanced manufacturing Fiche sectorielle Advanced manufacturing
Activités principales
Nombre d’emplois, 2016
2 300 2 100 1 200 1 200 800 600
Produits Matériels Produits Équipements Produits Machines et
chimiques de transport en plastique / éléctriques électroniques / équipements
non métalliques optiques
Principaux acteurs Taille des entreprises
Nombre d’emplois, 2016 Nombre d’emplois et d’entreprises, 2016
1 600 Sonaca
900 Total
800 Alstom
800 Thales Alenia Space 5 300 1 600 1 100 200
Charleroi est depuis des décennies une terre d’industrie : pro-
7 GE ~15 ME ~50 PE ~70 TPE
ducteur majeur dans l’industrie lourde après la révolution indus- 600 Dow Corning
trielle, de nombreuses sociétés industrielles y ont été créées,
telles que les ACEC (ancêtre d’Alstom et de Thales Alenia Space 300 S.A.B.C.A
Grandes entreprises (> 200)
Belgium), la Sonaca ou AGC. 300 Nexans Moyennes entreprises (50 - 200)
Petites entreprises (10 - 50)
Très petites entreprises (< 10)
Ces sociétés emploient une main-d’œuvre qualifiée, ce qui consti-
tue un avantage concurrentiel incontestable pour Charleroi.
Sources : ONSS, Hainaut Développement, BNB, RTBF, IWEPS.
30
31
Partie II Le Plan CATCH Partie II Le Plan CATCHCes dernières années, le paysage de l’industrie carolo s’est for- Chantier 1.1 Dynamiser l’innovation des
tement diversifié et a grandement évolué. Dans l’aéronautique, la
Sonaca et la SABCA jouissent d’une renommée internationale dans acteurs technologiques en place
le domaine de la production de pièces à haute valeur ajoutée pour
les avions (Airbus, Embraer…) et de l’entretien des F16 pour de nom-
breuses armées européennes. Dans l’électronique de puissance, De nombreux acteurs industriels majeurs font constamment
Alstom et Thales Alenia Space Belgium excellent respectivement preuve d’innovation, tant au niveau des produits et services que
dans les secteurs ferroviaire et aérospatial. Plus récemment, AGC des procédés.
Europe a fermé le centre de production de Roux mais a ouvert son
centre de recherche européen à Gosselies. L’entreprise va ouvrir Le processus d’innovation prend différentes formes. Alors que
sous peu, en partenariat avec la Région wallonne, une chambre de nombreux groupes anglo-saxons semblent orienter leur pro-
anéchoïque (salle d’expérimentation dont les parois absorbent les cessus d’innovation vers le développement rapide de solutions
ondes sonores ou électromagnétiques) unique dans le monde par répondant à un besoin émanant du marché, les entreprises euro-
sa taille. Ces acteurs ont aujourd’hui une véritable force de frappe péennes et wallonnes s’engagent dans des voies plus prospectives
R&D grâce à leurs très nombreux ingénieurs et peuvent compter – et à plus long terme.
sur les capacités d’autres entreprises et des centres de recherche
de la région, tels que le CETIC ou Cenaero. Par ailleurs, alors que les acteurs historiques suivent des processus
d’innovation structurés sur plusieurs années, d’autres entreprises
Pour ce secteur, nous avons dégagé 3 chantiers majeurs : technologiques choisissent une voie plus agile. Celles-ci prouvent
l’intérêt, voire la nécessité, de raccourcir la durée du processus
Dynamiser l’innovation des acteurs technolo- d’innovation, quitte à définir des objectifs plus modestes pour
giques en place (p. 33) ; chaque cycle et des jalons intermédiaires. L’innovation agile des
fers de lance de l’industrie digitale comme Google inspire de plus
Lancer de nouveaux partenariats intra- en plus d’acteurs et génère des résultats probants dans de nom-
et intersectoriels (p. 34) ; breux secteurs, tels que l’industrie manufacturière (Tesla), la dis-
tribution (Starbucks) ou la logistique (Amazon).
Développer l’activité de maintenance dans l’avia-
tion militaire et civile (p. 36). Au niveau de la région, la Sonaca s’est lancée il y a déjà plusieurs
années dans un tel processus, ce qui a débouché aujourd’hui
Les deux premiers chantiers, centrés sur l’innovation dans l’in- sur plusieurs projets concrets, à différents stades de maturité.
dustrie, s’inscrivent dans la nécessité croissante des entreprises C’est au terme de l’un de ces multiples sprints que la Sonaca et
de ce secteur à innover. ses ingénieurs ont abouti au Sonaca Aircraft (un petit avion pro-
duit par la Sonaca) – le projet le plus avancé issu de ce genre de
réflexion. En à peine 2 ans, le projet est passé d’une simple idée
à la commercialisation – le carnet de commandes se remplit déjà.
La réplication systématique de ce
Chantier 1.1 modèle d’innovation agile dans les
sociétés de la région, et en particulier
Dynamiser l’innovation des dans celles disposant d’une base solide
acteurs technologiques de en recherche et développement, pour-
la région par l’application rait à terme créer un nombre d’emplois
d’une méthode d’innovation conséquent. Nous proposons de l’im-
systématique, rapide dans plémenter de manière continue dans
l’exécution et basée sur le toutes les entreprises qui ont les capa-
modèle agile / ideation sprint. cités suffisantes pour ce faire.
33
32
Partie II Le Plan CATCH Partie II Le Plan CATCHChantier 1.2 Lancer de nouveaux partenariats souhaité. La création d’un cluster en électro-
nique de puissance à Charleroi pourrait changer
intra- et intersectoriels les choses : la présence des grandes entreprises
du secteur comme Thales Alenia Space Belgium
et Alstom ainsi qu’un centre de recherche et de
La recherche et l’innovation sont deux domaines fondamentaux formation créera à terme un écosystème, qui se
dans lesquels les sociétés doivent investir continuellement afin de développera avec l’installation de PMEs dans la
rester compétitives. La Belgique est connue pour être une terre région. Ce cluster en électronique de puissance
d’accueil pour la recherche et le développement, qu’elle soutient accueillera un nouveau centre de compétence uni-
massivement par des politiques d’aide généreuses. Il reste que ce versitaire consistant en un master
sont principalement les grandes entreprises qui en bénéficient spécifique dans cette discipline (mas-
(GSK, Solvay…). De plus, ces recherches se font souvent en silo ter en électronique de l’énergie) mais
au sein de ces sociétés et parfois plus largement au sein des sec- Chantier 1.2 aussi en des activités de recherche
teurs (comme dans les pôles de compétitivité wallons). portées par les sociétés apporteuses
Lancer de nouveaux de projets.
Au-delà de l’innovation au sein de chaque entreprise, des pro- partenariats intra- et
jets inter-entreprises démontrent également un potentiel impor- intersectoriels d’innovation Ce type de partenariat doit être poussé
tant de création d’activités entre différentes sociétés. Dans la fou- pour les entreprises carolos par une équipe qui met systématique-
lée de ce qui est proposé au niveau mono-entreprise (Chantier afin de mutualiser leurs forces ment en contact les sociétés ayant des
1), nous proposons d’étendre la méthodologie agile à des entre- pour créer de nouveaux centres de recherche dans la région de
prises complémentaires, qu’elles appartiennent à un même pôle débouchés. En particulier, Charleroi.
de compétitivité ou non. deux projets déjà identifiés :
renforcer le cluster
Durant la phase de développement du plan, le Groupe d’Experts de l’électronique de
a mis en évidence deux exemples concrets de tels projets, sur des puissance avec la
sujets qui touchent plusieurs grands acteurs et pourraient impli- création d’un master
quer de nombreuses petites et moyennes entreprises spéciali- spécifique dispensé à
sées de la région : Charleroi ;
faciliter la collaboration
Nouveaux matériaux entre les différents
Le thème des matériaux a été identifié comme acteurs avec des
central par plusieurs membres du Groupe d’Ex- compétences dans des
perts et de nombreuses personnes rencontrées. nouveaux matériaux.
Plusieurs projets internes ont été évoqués, de
nombreux ingénieurs spécialistes recensés et des
besoins importants identifiés pour le futur. Une
collaboration ouverte entre les différents acteurs
est proposée pour accélérer le mouvement.
Électronique de puissance
Les besoins de plusieurs acteurs à Charleroi sont
importants, mais les ressources restent difficiles
à trouver. Dès lors, une formation longue par les
employeurs est aujourd’hui nécessaire pour ame-
ner les ingénieurs nouvellement engagés au niveau
34
35
Partie II Le Plan CATCH Partie II Le Plan CATCHChantier 1.3 Développer l’activité de La Sonaca et la SABCA ont des connaissances significatives et
pertinentes dans l’aéronautique. La SABCA est reconnue pour
maintenance dans l’aviation son savoir-faire sur les F16 et s’occupe aujourd’hui d’une par-
militaire & civile tie de la flotte belge. La Sonaca produit des pièces complexes
pour plusieurs grands avionneurs internationaux et fait depuis
de nombreuses années la maintenance des drones militaires de la
La maintenance d’avions (et assimilés) représente un marché très défense belge (pour les pièces externes à l’électronique).
important sur lequel l’aéroport de Charleroi et les acteurs prin-
cipaux de la région ne sont aujourd’hui que peu présents, à l’ex- Ces expériences combinées sont un véritable atout pour la région,
ception notable de la SABCA active de longue date sur les F16 et qui est en bonne position pour attirer une bonne partie de la
la Sonaca, plus récemment, sur les drones militaires. maintenance des nouveaux avions de la défense belge, et de pro-
poser des services dans l’aviation civile (business jets, hélicop-
La croissance très rapide de l’aéroport de Charleroi, l’allongement tères, drones industriels…).
de sa piste dans un futur proche, le fait que Ryanair et d’autres
sociétés basent de plus en plus d’avions à Charleroi plaident pour Un point important aujourd’hui est que même si l’aéroport com-
le développement d’un pôle de maintenance de taille européenne. mence à arriver à pleine capacité, il reste encore de la place dans
les halls de la SABCA et la Sonaca possède des terrains avec accès
À court terme, Ryanair vient d’annoncer son objectif d’ouvrir plu- à la piste. Ce qui ouvre les possibilités
sieurs centres de maintenance en Europe continentale. Le posi- pour la maintenance.
tionnement optimal de Charleroi devrait jouer en sa faveur pour Chantier 1.3
accueillir un tel centre : Si Charleroi et BSCA arrivent à se posi-
Développer l’activité de tionner avec des partenaires embléma-
Charleroi occupe une position centrale au niveau maintenance dans l’aviation tiques tels que la Sonaca et la SABCA
européen et au sein du réseau de la compagnie civile et militaire en attirant sur le marché de la maintenance mili-
irlandaise ; tout d’abord un centre de taire et civile, la région et son aéroport
maintenance pour les avions pourraient devenir un acteur incon-
Le nombre d’avions basés à Charleroi est en aug- civils basés à Charleroi mais tournable au niveau européen, que ce
mentation (près d’une vingtaine aujourd’hui), ce aussi en se positionnant à plus soit pour l’aérostructure (tout sauf les
qui justifie l’ouverture d’un centre à Charleroi, long terme sur les nouveaux moteurs, en ce compris l’avionique…)
plutôt que de devoir envoyer les avions à d’autres programmes de maintenance ou pour les moteurs.
endroits en Europe (vu le coût du kérosène) ; militaire (remplacement des
F16, nouveaux A400M…)
L’utilisation à pleine capacité des centres de main- et non militaire (aviation
tenance actuels de Ryanair rend une croissance business).
difficile sans ajouter de nouvelles capacités.
Par ailleurs, la force aérienne belge va se doter d’un nouveau
chasseur bombardier dans les prochaines années. Ce programme
représente à lui seul un budget de ~15 milliards Euros dont 2/3
pour la seule maintenance, et une augmentation d’environ 50%
par rapport au coût de fonctionnement du F16 actuel. D’autres
besoins sont annoncés dans le militaire (p.ex. hélicoptères,
drones, avions de transport), ce qui renforce l’opportunité pour
Charleroi de développer un positionnement fort sur cet axe pour
les décennies à venir.
36
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Partie II Le Plan CATCH Partie II Le Plan CATCHVous pouvez aussi lire