DOSSIER QUELLES SOLUTIONS POUR LES AIDANTS ? - MAGAZINE
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MAGAZINE
N O T R E M É T I E R : L A P R É V O YA N C E C O L L E C T I V E C O M P L É M E N TA I R E D E L A FA M I L L E
DOSSIER
QUELLES SOLUTIONS
POUR LES AIDANTS ?
N° 25 - JANVIER 2018
EXPERTISE
SERVICES AUX BÉNÉFICIAIRES :
L’OCIRP MÈNE L’ENQUÊTE
FOCUS
DIALOGUE & SOLIDARITÉ : 20 ANS AU
SERVICE DES PERSONNES ENDEUILLÉESSOMMAIRE
ECHOCIRP Magazine n° 25 - janvier 2018
04/ PERSPECTIVES
• « Écrire ensemble une nouvelle page
de l’histoire de l’OCIRP »
06/ ÉCOSYSTÈME
• Quelles sont les incapacités des personnes âgées ?
• Couverture des risques sociaux : la montée 08/ LE DOSSIER
en puissance des institutions de prévoyance AIDER ET TRAVAILLER : QUELLES
• Aidants : le don de jours de repos bientôt adopté ? SOLUTIONS POUR LES AIDANTS ?
• Handicap : les recommandations de l’OMS • Bien-être et santé des aidants :
un impact non négligeable
• Quelles sont les attentes des aidants ?
• Un défi à relever pour les employeurs
• Congés rémunérés : les projections de la Chaire TDTE
L’OCIRP
L’Organisme commun des institutions de rente et de
prévoyance protège les familles face aux risques
décès, handicap et perte d’autonomie, dans le cadre de
contrats collectifs d’entreprise ou d’accords de branche
professionnelle. C’est une structure paritaire qui unit
des organismes de prévoyance diffusant ses garanties :
Les groupes de protection sociale :
AG2R LA MONDIALE - AGRICA - APICIL - AUDIENS -
14/ INNOVATION B2V - HUMANIS - IRCEM - KLESIA - LOURMEL -
• Diversification des contrats collectifs : MALAKOFF MÉDÉRIC.
ce qu’en pensent les entreprises et les salariés
Les organismes de prévoyance :
16/ FOCUS ANIPS - APGIS - CAPSSA - CIPREV - KERIALIS - IPBP -
DIALOGUE & SOLIDARITÉ IPECA PRÉVOYANCE - IPSEC (GROUPE HUMANIS) -
UNIPRÉVOYANCE.
• Vingt ans au service des personnes endeuillées
Les partenaires :
• Écouter et soutenir, des missions essentielles
IDENTITÉS MUTUELLE -
18/ EXPERTISE MUTEX - UNMI.
• Services aux bénéficiaires : l’OCIRP mène l’enquête
20/ PARTENARIAT ECHOCIRP est une publication de l’OCIRP – ISSN : 1963-2177 – 17, rue de Marignan, 75008 Paris –
Tél. : 01 44 56 22 56 – Mail : courriel@ocirp.fr – www.ocirp.fr – Directeur de la publication : Pierre Mayeur
• Quand les personnes fragiles renoncent Directeur adjoint de la publication : Jean-Manuel Kupiec – Directrice de la rédaction : Sylvie Pinquier-Bahda
Rédactrice en chef adjointe : Anne Saulnier – Conception et réalisation : Epoka et OCIRP – Ont
à l’aide à domicile participé à ce numéro : Anne Chetrit, Philippe de Tartas, Laurent Duviols, Gilles Marchand, Katia
Pakula, Florence Sorin-Gomez.
22/ SÉLECTION Crédits photos : Couverture : iStock/shapecharge – p. 3 : Augustin Détienne – p. 4 : Jean-Philippe Somme –
p. 5 : iStock/efenzi – p. 6 : iStock/erul1979 – p. 7 : fotosearch/Image Zoo – p. 8 : iStock/XIXinXing – p. 11 : iStock/
Squaredpixels – p. 12 : iStock/IIsafx – p. 14 : fotosearch/Antenna, iStock/yasinguneysu – p. 16 : iStock/adamkaz
– p. 17 : Augustin Détienne – p. 19 : iStock/yulkapopkova – p. 21 : iStock/Peopleimage – p. 22-23 : D.R.
Ce magazine est imprimé en France sur du papier 100% recyclé – Impression : Graph Imprim
2 y ECHOCIRP Magazine N° 25 – janvier 2018ÉDITO
VERS DE NOUVEAUX
CHALLENGES
Par Philippe Pihet et Jean-Louis Peyrude,
présidents paritaires de l’OCIRP
En 2017, nous avons tourné une page de l’histoire de notre
Institution. L’année de nos 50 ans a vu arriver un nouveau
Directeur général qui a notamment proposé à la gouver-
nance un plan stratégique, « Cap 2020 ».
Celui-ci a été validé par le Conseil d’administration : les
fondations étaient saines, le plan place l’Union-OCIRP au
centre de ses partenaires, pour ses partenaires.
C’est l’axe principal de la stratégie de l’Union ; au cœur
de ses réflexions pour le développement de projets com-
muns en matière de prévoyance face au décès et à la
perte d’autonomie.
NOUS DEVONS RELEVER
Ensemble, nous protégerons les salariés et leurs familles,
CES DÉFIS POUR RENFORCER les accompagnerons à travers nos engagements sociaux.
LA PROTECTION SOCIALE Les modèles familiaux évoluent, les risques de perte d’auto-
COLLECTIVE COMPLÉMENTAIRE. nomie augmentent et l’innovation est une nécessité dans
nos activités. Nous devons relever ces défis pour renforcer
la protection sociale collective complémentaire, au service
des salariés et de nos partenaires.
Tous ces challenges seront défendus par l’ensemble des
collaborateurs de l’OCIRP. Qu’il nous soit permis de leur
redire notre confiance et de leur présenter, ainsi qu’à nos
partenaires, nos meilleurs vœux.
Philippe Pihet,
président,
Jean-Louis Peyrude,
vice-président.
www.ocirp.fr y 3PERSPECTIVES
L’OCIRP NE POURRA
SE DÉVELOPPER QU’EN
PLAÇANT LES INSTITUTIONS
DE PRÉVOYANCE AU CŒUR
DE SES ACTIONS.
« ÉCRIRE ENSEMBLE
UNE NOUVELLE PAGE
DE L’HISTOIRE DE L’OCIRP »
Nommé en juin 2017 à la tête de l’Union, Pierre Mayeur a de grandes ambitions
pour favoriser son développement – des ambitions qu’il concrétise aujourd’hui
avec le plan stratégique Cap OCIRP 2020.
Après sept ans passés à la tête de la tion et l’association Dialogue & Solidarité. Au fil du temps, le lien avec les institutions
Cnav, vous avez été nommé en 2017 Mais c’est véritablement en situation que de prévoyance s’est distendu. J’ai donc
directeur général de l’OCIRP. Quelle j’ai pu découvrir l’OCIRP dans toute sa consacré mes premiers mois à rencon-
vision en aviez-vous avant de prendre diversité et imaginer ce que pourrait être trer leurs dirigeants. Plutôt que de raison-
vos fonctions ? ma contribution. ner en fonction de ce qui est bien pour
En tant qu’Union d’institutions de pré- l’OCIRP, il nous faut réfléchir à ce qui est
voyance, il s’agit d’une structure très Justement, que souhaitez-vous apporter ? bien pour les institutions membres. C’est
originale dans le champ de la protection L’OCIRP, qui vient de célébrer ses 50 ans, un changement de prisme et de posture
sociale. C’est également l’un des rares, est à la croisée de chemins. Il nous faut qui est nécessaire. Le plan stratégique
voire le seul organisme qui s’occupe de donc écrire, ensemble, une nouvelle page est bâti sur cette conviction : l’OCIRP ne
la question du veuvage, et notamment du de son histoire. Les évolutions du marché, pourra se développer qu’en plaçant les
veuvage précoce, dont l’impact est très de la société et de la règlementation institutions de prévoyance au cœur de
fort pour le conjoint survivant et les enfants. appellent non pas une remise en cause ses actions.
Notre système de protection sociale du modèle, mais un questionnement sur
n’apporte quasiment aucune réponse à sa valeur ajoutée. L’OCIRP s’était déjà doté Quels sont les points essentiels de Cap
ce sujet complexe. L’OCIRP s’en charge, d’un plan stratégique, couvrant les années OCIRP 2020 ?
à travers les rentes conjoint et éducation. 2015-2019. J’ai souhaité en formaliser un Ce plan est bâti sur deux axes clés : le
Je connaissais également son engage- autre, sur trois ans – 2018 à 2020 –, pour premier vise à refonder la légitimité et
ment sociétal, avec notamment la Fonda- redonner un cap, un sens. l’utilité de l’Union, en réaffirmant les fon-
4 y ECHOCIRP Magazine N° 25 – janvier 2018être mieux valorisés auprès des ins-
titutions membres. Il est également
important de raisonner en termes de
satisfaction client : nos offres corres-
pondent-elles aux besoins des bénéfi-
ciaires ? Lors du versement de la rente
RENFORCER NOTRE par l’institution de prévoyance, comment
peut-on intervenir de la façon la plus
VALEUR AJOUTÉE AUPRÈS
fluide et efficace possible ? Nos efforts
DES INSTITUTIONS doivent se concentrer sur des délais
DE PRÉVOYANCE. raccourcis et le développement d’une
offre numérique – à l’image de l’accom-
pagnement à l’orientation scolaire, très
apprécié par les jeunes bénéficiaires
orphelins. De plus, de nombreux béné-
damentaux – les relations constantes Comment comptez-vous associer ficiaires ne se sentent pas concernés
avec les institutions de prévoyance, la davantage les institutions membres par nos prestations, pensent trop sou-
mise en œuvre de nouveaux services, aux orientations de l’OCIRP ? vent – à tort – qu’elles sont réservées
la valorisation commerciale de l’enga- Il est essentiel de créer les conditions de la à des personnes en grande difficulté.
gement sociétal. Le second consiste à confiance. C’est avec cette ambition que L’enjeu est donc de réussir à toucher
repenser notre offre, pour continuer à je suis allé à la rencontre des dirigeants plus de monde, en intervenant au bon
jouer un rôle majeur dans la prise en et que je les ai sollicités pour avoir leur moment. Des partenariats sont d’ailleurs
charge de la perte d’autonomie. Il nous avis sur le plan stratégique. Et c’est avec à inventer, par exemple avec les caisses
faut, pour cela, concevoir des produits les institutions de prévoyance que nous d’allocations familiales.
d’assurance originaux et attractifs, devons définir nos intérêts communs – qui
comme l’aide aux aidants qui sera mise vont au-delà de la somme des intérêts de En ce début d’année, quels vœux for-
en œuvre en 2018. chacune d’entre elles. L’OCIRP, plus que mulez-vous pour l’OCIRP ?
Le plan stratégique intègre également jamais, est un élément de différenciation Je souhaite que notre modèle paritaire
la question de la performance. Comme dans la galaxie de la protection sociale : il démontre toute sa pertinence au cours
toute entreprise, l’OCIRP doit améliorer nous faut le réaffirmer. de l’année 2018. Il s’agit d’un modèle
son pilotage, notamment de gestion des porteur de valeurs, auxquelles l’OCIRP
ressources et de communication interne. De quelle façon comptez-vous renfor- et les institutions de prévoyance sont très
Notre taille, celle d’une moyenne entre- cer les liens avec les bénéficiaires des attachés. C’est grâce au développement
prise, doit nous permettre de gagner en prestations ? de nos membres que l’Union se déve-
agilité et en réactivité, pour remporter Un travail remarquable est mené par les loppera : ce cercle vertueux doit être
de nouveaux marchés et renforcer notre équipes, notamment pour les conjoints renforcé. Enfin, je formule le vœu que
valeur ajoutée auprès des institutions de survivants et les orphelins. Les services chaque salarié s’approprie et porte le
prévoyance. innovants que nous proposons doivent plan stratégique.
www.ocirp.fr y 5ÉCOSYSTÈME
QUELLES SONT LES INCAPACITÉS DES PERSONNES ÂGÉES ?
Dans une récente note d’analyse, l’Insee plus fréquemment touchées. Viennent des cas, ils entraînent des limitations dans
s’est intéressé aux habitants d’Île-de- ensuite des difficultés concernant la la réalisation des activités quotidiennes.
France de plus de 60 ans. Un quart souplesse. Les problèmes sensoriels Au total, près de 10 % des Franciliens
d’entre eux sont concernés par des et cognitifs sont moins fréquents. de 60 ans ou plus déclarent être sévè-
problèmes fonctionnels sévères tout en Comme l’Insee le rappelle, les problèmes rement limités. Pour eux en particulier,
vivant à domicile. Ce sont les fonctions fonctionnels doivent être considérés un accompagnement adapté (aide tech-
motrices (18 %), plus particulièrement comme une première alerte au risque de nique, aménagement du logement) per-
des membres inférieurs, qui sont le dépendance. En effet, dans trois quarts mettrait de prolonger l’autonomie.
AIDANTS : LE DON
DE JOURS DE REPOS
BIENTÔT ADOPTÉ ?
Le 7 décembre dernier, l’Assemblée
nationale a adopté une proposition
COUVERTURE DES RISQUES SOCIAUX : de loi visant à étendre le dispositif
LA MONTÉE EN PUISSANCE de dons de jours de repos non pris
aux aidants familiaux. La loi du 9 mai
DES INSTITUTIONS DE PRÉVOYANCE 2014 autorise en effet des salariés
d’entreprise privée à céder une par-
Maladie, handicap, accident du travail décès et autres dommages corporels, tie de leurs congés à des collègues,
ou maladie professionnelle, vieillesse, en prenant en charge environ les deux parents d’enfants malades. Seule
survie, famille, emploi, logement et pau- tiers de l’activité, contre près d’un tiers condition : l’accord de l’employeur.
vreté, exclusion sociale… Les risques pour les institutions de prévoyance. Depuis 2015, le dispositif est étendu
sociaux couvrent de multiples réalités. La Drees signale également les effets à la fonction publique. Les parlemen-
Une récente analyse de la Drees fait le de la recomposition récente du secteur taires ont ainsi souhaité « mieux
point sur la place des principaux acteurs. en groupes — mutualistes, de protection accompagner les aidants dans leurs
Trois types d’organismes proposent des sociale ou d’assurances. La répartition missions ». Une avancée importante,
contrats d’assurance en France : les du marché des risques sociaux diffère pour laquelle l’OCIRP s’engage
mutuelles, les institutions de prévoyance quand on se réfère à la catégorie juri- depuis des années (voir le dossier,
et les sociétés d’assurances. Dans le dique de la tête de groupe et non à celle page 8). Il reste encore à déterminer
domaine des risques sociaux, les socié- de chaque entité. La part de marché des les conditions d’application du dis-
tés d’assurances représentent près de sociétés d’assurances est alors réduite positif, notamment les critères d’ap-
la moitié du marché, les mutuelles un (45 % contre 49 %), comme celle des préciation de la perte d’autonomie
tiers et les institutions de prévoyance mutuelles (27 % contre 32 %), au profit de la personne prise en charge. La
un cinquième. Les premières dominent de celle des institutions de prévoyance proposition de loi doit maintenant
notamment la couverture des risques (28 % contre 19 %). être examinée par le Sénat.
6 y ECHOCIRP Magazine N° 25 – janvier 2018HANDICAP :
LES RECOMMANDATIONS DE L’OMS
Dans son rapport mondial sur le handicap, l’Organisation
mondiale de la santé livre neuf recommandations.
PERMETTRE L’ACCÈS À L’ENSEMBLE individuel, toute personne handicapée
DES POLITIQUES, SYSTÈMES ET SERVICES doit être consultée sur chaque question
GÉNÉRAUX la concernant.
Il s’agit de privilégier l’inclusion transver-
sale : soit la garantie, par les pouvoirs DÉVELOPPER LES RESSOURCES
publics, que les personnes handicapées HUMAINES
participent à toute activité ou tout ser- Les attitudes et connaissances des
vice destiné aux citoyens, comme l’édu- personnes travaillant dans plusieurs
cation, la santé ou l’emploi. secteurs (éducation, santé, réadapta-
tion, protection sociale, emploi, médias,
INVESTIR DANS DES PROGRAMMES etc.) sont importantes pour garantir la
ET SERVICES SPÉCIFIQUES non-discrimination et la participation.
Une gamme de services de soutien et L’OMS recommande une formation
d’assistance peut répondre aux besoins adéquate sur le handicap.
de certaines personnes handicapées.
Il est nécessaire de développer des PRÉVOIR UN FINANCEMENT SUFFISANT
services multidisciplinaires de meilleure ET AMÉLIORER L’ACCESSIBILITÉ
qualité, plus accessibles, plus flexibles, ÉCONOMIQUE AMÉLIORER LA COLLECTE DES DONNÉES
mieux intégrés et bien coordonnés. Les services assurés par l’État doivent SUR LE HANDICAP
s’appuyer sur des financements à la Des méthodologies de collecte des
ADOPTER UNE STRATÉGIE NATIONALE fois suffisants et durables. Une condi- données doivent être mises au point,
SUR LE HANDICAP tion essentielle pour s’assurer qu’ils testées dans différentes cultures et
Il est important de baser la stratégie et couvrent bien tous les bénéficiaires appliquées de manière systématique.
les plans d’action associés sur une ana- ciblés et que les prestations sont de Les comparaisons internationales
lyse de la situation. Plusieurs facteurs bonne qualité. peuvent fournir des points de référence
doivent être pris en compte : prévalence et contribuer au suivi des progrès des
du handicap ; besoins en services ; situa- AMÉLIORER LA SENSIBILISATION DU politiques.
tion sociale et économique ; barrières GRAND PUBLIC ET LA COMPRÉHENSION
sociales et environnementales. DU HANDICAP RENFORCER ET SOUTENIR
Pour favoriser une société inclusive, il LA RECHERCHE SUR LE HANDICAP
IMPLIQUER LES PERSONNES est crucial d’améliorer la compréhen- Plusieurs domaines de recherche
HANDICAPÉES sion du handicap par le grand public, doivent être privilégiés, notamment :
Les bénéficiaires doivent avoir la de lutter contre les perceptions néga- l’impact des facteurs environnemen-
possibilité de participer à toutes les tives et de représenter le handicap de taux sur le handicap ; la qualité de vie ;
réflexions. Les organisations doivent manière impartiale. Éducation, monde les obstacles aux services ordinaires
s’impliquer dans la définition de stra- du travail et médias doivent être en et spécifiques ; le coût du handicap et
tégie ou de plan d’action. Au niveau première ligne. la rentabilité du financement public.
www.ocirp.fr y 7LE DOSSIER
BIEN-ÊTRE
ET SANTÉ DES
AIDANTS
Un impact
non négligeable
Julien Bergeot, doctorant en
économie de l’université de
Cergy-Pontoise, a choisi comme
sujet de thèse le vécu et le
stress des aidants. L’analyse des
recherches internationales fait
ressortir plusieurs points clés.
20 %
C’EST L’AUGMENTATION DE
LA PRÉVALENCE DE PROBLÈMES
DE SANTÉ MENTALE CHEZ
LES AIDANTS.
8 y ECHOCIRP Magazine N° 25 – janvier 2018AIDER ET TRAVAILLER
QUELLES
SOLUTIONS
POUR LES AIDANTS ?
On estime à plus de 10 millions le nombre d’aidants non professionnels
en France. Environ la moitié d’entre eux sont en activité. Une population
encore peu prise en compte par les entreprises et les pouvoirs publics,
et qui attend des mesures concrètes pour mieux vivre et mieux concilier
vie privée, vie d’aidant et vie professionnelle.
Aujourd’hui, les soins et le temps consacrés à une la gestion d’une vie professionnelle relève souvent
RÉDUCTION
MOYENNE, personne âgée, en situation de handicap ou atteinte de la gageure — au sein de l’Union européenne,
PAR d’une maladie chronique, reposent souvent sur un ou 58 % des aidants ont une activité professionnelle.
SEMAINE,
DU TEMPS plusieurs proches : les aidants. Un soutien indéfec- Le sujet est aujourd’hui pris en compte par les pays
1/3 H EFFECTIF
DE TRAVAIL.
tible, mais difficile à assumer en parallèle avec la vie de l’Union. Onze mesures de soutien existent, plus
personnelle et professionnelle. Toutes les familles et ou moins présentes dans les différents pays : la
tous les employeurs sont potentiellement concernés. reconnaissance formelle ; la rémunération directe ;
POUR LES AIDANTS « Le soutien s’inscrit de plus en plus dans la durée, la rémunération indirecte, avec des aides dédiées
RESTÉS EN EMPLOI,
UN ÉCART DE ce qui fragilise les aidants », indique Jean-Manuel aux personnes aidées ; le congé parent en perte
RÉMUNÉRATION AVEC Kupiec, directeur général adjoint de l’OCIRP, d’autonomie (souvent non rémunéré, comme en
LES AUTRES SALARIÉS
SE CRÉE À LONG
en introduction de la conférence « Aider et travail- France) ; le congé parent en fin de vie ; le maintien
TERME. ler : quels enjeux, quels dispositifs ? », organisée des droits à la retraite ; l’aménagement du temps
le 16 novembre dernier par la chaire Transitions de travail ; le conseil ; l’aide au répit ; la formation ;
démographiques, transitions économiques (TDTE), les groupes d’entraide.
NOMBRE
MOYEN
6 jours
la Caisse des Dépôts, l’OCIRP et la Fondation « Au Royaume-Uni, mais aussi au Luxembourg et en
Médéric Alzheimer. Italie, l’ensemble des mesures est mis en œuvre,
DE JOURS
SUPPLÉMENTAIRES comme le révèle l’étude menée par l’association
D’ARRÊT MALADIE, La France plutôt bien placée Eurocarers, précise Jean-Manuel Kupiec. La France
PAR RAPPORT AUX
NON-AIDANTS. La fragilisation est effectivement un enjeu à relever : est bien placée à l’échelle européenne, mais deux
des problèmes de santé et de stress à long terme mesures n’existent pas : la rémunération directe et
peuvent se présenter (voir l’encadré ci-contre), et le maintien des droits à la retraite.» >>>
www.ocirp.fr y 9BAROMÈTRE SUR LES AIDANTS ACTIFS QUELLES SONT
Qui sont les aidants de 40 à 64 ans ? LES ATTENTES
DES AIDANTS ?
La Fondation Médéric Alzheimer a mené l’enquête avec le soutien La Fondation Médéric Alzhei-
de Klesia pour en savoir plus sur les aidants d’un proche âgé. mer lève le voile sur la situation des
aidants. Une étude a été menée
55 %
DES AIDANTS
53 %
SONT DES
24 %
ONT AU MOINS UN
auprès de 8 000 personnes de
40 à 64 ans, dont 2 300 aidants.
Pour Nina Zerrar, adjointe au res-
TRAVAILLENT FEMMES ENFANT À CHARGE ponsable du pôle études écono-
À TEMPS PLEIN DE MOINS DE 15 ANS
miques et actuarielles, trois ensei-
gnements majeurs peuvent en être
tirés : « Un aidant sur cinq déclare
74 %
que cette activité a des consé-
VIVENT
EN COUPLE quences sur la vie professionnelle :
refus d’une mobilité géographique
ou d’une promotion, pause dans la
carrière, etc. Par ailleurs, les Fran-
çais souhaitent un environnement
professionnel bienveillant et sou-
>>> La difficile conciliation des vies jusqu’à un an sur l’ensemble de la carrière. tenant – 83 % attendent plus de
de l’aidant Avec l’accord de l’employeur, il est fraction- soutien de l’entreprise, et 70 % se
Une réflexion s’impose pour renfor- nable et transformable en temps partiel. déclarent favorables à un don de
cer l’accompagnement des aidants. congés. Ils anticipent différemment
« Quelques chiffres sont révélateurs de Vers des politiques de soutien l’aide apportée selon le proche
leur situation, explique le directeur géné- mieux adaptées concerné : 35 % des personnes
ral adjoint de l’OCIRP. Une moyenne de Roméo Fontaine, chercheur à l’Ined, interrogées sont prêtes à adapter
6 jours d’arrêt maladie de plus que les s’est livré pendant la conférence à une leur vie professionnelle pour aider
non-aidants par an, 226 km de distance démarche prospective. « Du fait du vieil- un parent, contre 73 % dans le cas
moyenne entre les aidants et les aidés, lissement croissant de la population d’un conjoint ».
et un quart des arrêts de courte durée et de l’augmentation du taux d’activité
(3 à 5 jours) non prévus. En 2017, le Baro- des 50-70 ans, de plus en plus d’aidants
mètre OCIRP Autonomie a révélé que les devraient être en emploi. Mais il ne faut
aidants salariés attendent avant tout un pas aller trop vite dans l’analyse : tout va DE PLUS EN PLUS
aménagement du temps de travail, le main- dépendre de la façon dont les aidants D’AIDANTS DEVRAIENT
tien des droits sociaux, le renforcement de vont pouvoir répondre aux sollicitations ÊTRE EN EMPLOI.
l’aide au répit et des congés rémunérés. » — s’ils peuvent, ou pas, concilier cette
Si la loi ASV (adaptation de la société au double exigence.» d’une assurance dépendance devrait
vieillissement) du 28 décembre 2015 ne Roméo Fontaine souligne que « le vieil- être plus fréquente à l’avenir ; de moins
répond pas entièrement à ces attentes, lissement de la population implique une en moins de personnes âgées veulent
elle constitue une avancée notable, en augmentation de la demande de prise faire porter la charge de l’aide sur leurs
mettant notamment en place un disposi- en charge ». Toutefois, pour le chercheur, proches. « Les pouvoirs publics et les
tif d’urgence en cas d’hospitalisation de plusieurs facteurs limiteront sans doute entreprises doivent définir des poli-
l’aidant, un droit au répit (500 euros maxi- l’exposition d’aidants potentiels : les tiques adaptées de soutien aux aidants.
mum/an) et un congé de proche aidant. Ce personnes âgées vieilliront plus sou- L’un des enjeux qui se présentent est la
congé est non rémunéré. Opposable, il est vent en couple ; l’aide peut être parta- réduction des coûts d’opportunité liés à
d’une durée de trois mois renouvelable gée au sein de la fratrie ; la détention l’impact de l’aide sur la santé. »
10 y ECHOCIRP Magazine N° 25 – janvier 2018L’importance d’une approche
collective
C’est l’ancienne secrétaire d’État char-
gée des personnes handicapées, puis
auprès de la ministre des Solidarités et
de la Cohésion sociale, Marie-Anne Mont-
UN DÉFI À RELEVER
POUR LES EMPLOYEURS
On constate dans les entreprises et les branches
professionnelles une prise de conscience sur
TROIS TÉMOIGNAGES
PRÉSENTÉS LORS
DE LA CONFÉRENCE
champ, qui a conclu la conférence du 16 le sujet du soutien aux aidants. « AIDER ET TRAVAILLER :
QUELS ENJEUX,
novembre 2017. « L’approche, qui doit être QUELS DISPOSITIFS ? »
collective, ne peut pas être seulement
institutionnelle, estime la nouvelle prési- « AGIR EN FONCTION lement le souhait de continuer à travailler.
dente de la Caisse nationale de solidarité DE CHAQUE SITUATION » Un accord concerne le don de jours, mais
pour l’autonomie (CNSA). Il faut penser Laurence Breton-Kueny, il n’est pas sollicité.
les réponses en prenant appui sur les DRH du groupe Afnor Notre démarche est donc d’agir en fonc-
attentes des aidants et de leur écosys- « Nous sommes convaincus qu’il n’y a tion de chaque situation, plutôt que d’anti-
tème. L’une d’elles est sans doute le pas de performance économique sans ciper. Elle a déjà permis de délier la parole.
congé autorisé, solvabilisé, pour allouer performance sociale. Dans le cadre de Les managers sont formés aux signaux
un temps défini, adapté aux besoins et notre politique de santé et de qualité de faibles, afin de les remonter à la DRH pour
attentes de la personne aidée. L’entre- vie au travail, à destination du millier de déterminer les causes (professionnelle
prise doit se penser comme un territoire collaborateurs du groupe, des actions de et/ou personnelle) du malaise de colla-
de santé. La CNSA va jouer pleinement sensibilisation sont menées. Les aidants borateurs. Une meilleure connaissance
son rôle. Nous devons réunir toutes les font appel à l’assistante sociale, et des des situations permet de trouver la façon
parties prenantes dans une démarche congés rémunérés peuvent être accor- adaptée de venir en soutien, grâce à un
prospective, en accordant une place dés – au cas par cas, en fonction de la panel d’aides disponibles.
de choix aux aidants actifs dans cette situation personnelle. L’aménagement du Face à l’allongement de la durée de tra-
réflexion. » temps de travail est souvent transitoire, vail, avec l’augmentation des problèmes
le temps de trouver des solutions plus de santé, les politiques sociales des
pérennes ; les aidants expriment généra- entreprises doivent être davantage tour- >>>
www.ocirp.fr y 11>>> nées vers la prévention. Tous les aidants
potentiels peuvent en tirer bénéfice.
Nous devons faire preuve d’innovation
sociale. Par exemple, en Chine, les objets
connectés se développent, favorisant les
contacts entre aidants et aidés, et des
antennes de police sont dédiées au
soutien envers les personnes âgées. La
problématique d’aidant est souvent tem-
poraire : elle peut être vécue comme une
expérience qui fait évoluer, dont il faut
parler en mettant en avant les retours
d’expérience. Le rôle de l’entreprise est
de faire tomber les tabous pour libérer
la parole — et donc mieux comprendre,
pour mieux agir. »
« UNE ENQUÊTE AVEC L’OCIRP,
POUR ÉVALUER LES BESOINS
DE LA BRANCHE »
Bernadette Fulton, secrétaire
générale de la Fédération nationale
de l’habillement
« La FNH a toujours accordé une grande la situation des aidants, avec l’OCIRP. ficulté. Ces quelques exemples illustrent
attention aux salariés et à leur bien-être. Très peu de dirigeants d’entreprise notre volonté de créer de l’innovation
Nous commençons à aborder la pro- connaissent cette thématique, il faut sociale.
blématique des aidants : il est difficile mettre le sujet sur la table. » L’objectif pour 2018 est d’introduire
d’évaluer exactement les besoins, la dans la convention collective l’aide aux
parole étant limitée par la dimension « FAVORISER L’INNOVATION aidants, par des dispositifs adaptés à
intime du sujet. Nous avons décidé de SOCIALE AU NIVEAU leurs besoins : en particulier, le temps
sensibiliser les salariés de la branche, INTERPROFESSIONNEL » partiel et le don de jours de congés.
avec un dossier de notre magazine Thierry Grégoire, président de La dépendance est un sujet clé dont
dédié aux aidants. Avec 33 % de sala- l’Union des métiers et des industries nous devons nous emparer, en associant
riés en temps partiel et un retour à de l’hôtellerie-saisonniers les partenaires sociaux et en utilisant les
l’emploi de retraités, la situation de la « La branche comporte un million de ressources dont nous disposons. Il faut
branche nous amène à souhaiter une salariés, dont une majorité de jeunes. maintenant porter cette conviction au
étude sur ce sujet. Avant 1997, il n’existait pas de convention niveau de l’interprofessionnel, afin d’en-
Nous allons donc initier un travail de collective, le dialogue social est encore courager l’implication d’autres branches.
fond, sur le long terme. Avec le concours récent. Nous avons mis en place, cette En termes de méthode, celle que nous
de l’OCIRP, une enquête va être année, la rente handicap avec l’OCIRP, privilégions est le pragmatisme assumé,
conduite pour évaluer les besoins de et nous nous attachons à améliorer sans sans carcans juridiques. Il est essentiel
la branche et les attentes des salariés. cesse les garanties. Un mécanisme d’ac- de favoriser l’innovation sociale avant
Une première étape a été l’organisa- tion sociale est également prévu pour d’encadrer juridiquement les nouvelles
tion d’une matinée de sensibilisation sur accompagner les salariés en grande dif- dispositions. »
12 y ECHOCIRP Magazine N° 25 – janvier 2018CONGÉS RÉMUNÉRÉS :
LES PROJECTIONS
DE LA CHAIRE TDTE
Alors que les congés rémunérés sont
plébiscités dans toutes les enquêtes sur
les besoins des aidants, Alain Villemeur,
directeur scientifique de la chaire Transi-
tions démographiques, transitions éco-
nomiques (TDTE), a réalisé une étude
préliminaire sur les coûts engendrés
par la possibilité pour les aidants actifs
de bénéficier de 5 jours de congés,
soit au moment de l’entrée de la per-
BAROMÈTRE sonne aidée en perte d’autonomie (dis-
OCIRP positif 1), soit annuellement au béné-
fice de l’ensemble des proches aidants
AUTONOMIE (dispositif 2).
2017 À l’horizon 2021, le premier dispositif
(entrée en dépendance) coûterait 51 mil-
Focus sur lions d’euros par an pour les GIR 1 et 2 de
les aidants salariés la grille AGGIR (dépendance lourde), soit
un taux de cotisation de 0,006 %. Le coût
double si l’on étend le dispositif aux GIR 3
BAROMÈTRE
MALAKOFF MÉDÉRIC :
DES INITIATIVES
68,6 %
DES SALARIÉS, DÉLÉGUÉS
et 4. Toujours à l’horizon 2021, le second
dispositif (5 jours de congés rémuné-
rés annuels, ouvert aux aidants de per-
SYNDICAUX ET DRH INTERROGÉS sonnes en perte d’autonomie) représen-
EMPLOYEUR POUR JUGENT QU’UN SALARIÉ AIDANT
terait une charge de 152 millions d’euros
LIMITER LES ABSENCES SERAIT MOINS RÉTICENT À
INFORMER SON EMPLOYEUR (soit un taux de cotisation de 0,018 %)
DE SA SITUATION S’IL POUVAIT pour couvrir les GIR 1 et 2 et de 438 mil-
L’étude portant sur la santé et le bien-
BÉNÉFICIER DE DISPOSITIFS DE
être des salariés s’intéresse notamment SOUTIEN. lions d’euros (et un taux de cotisation de
aux aidants. Dans l’édition 2016, 18 % 0,051 %) pour couvrir les GIR 1 à 4.
des salariés se considèrent comme Pour Alain Villemeur, le soutien des
aidants, contre 9 % en 2010. Au sein
des entreprises, la prise en compte
de ce phénomène donne lieu à de
59,8 %
DES AIDANTS JUGENT
aidants actifs à l’entrée de la personne
aidée en dépendance en GIR 1 et 2
(dispositif 1) représente un coût raison-
nombreuses initiatives : dons de RTT ; UTILES UNE ASSURANCE nable. Il rappelle qu’actuellement, le
congés de solidarité ; télétravail ; ser- OU UNE ASSISTANCE coût annuel des conséquences éco-
SPÉCIFIQUES.
vice externe d’assistance sociale ; nomiques du rôle des aidants pour
campagnes d’information ; groupes de les entreprises est estimé à 6 milliards
69%
parole ; etc. Alors que 34 % des aidants d’euros par France Alzheimer. Pour le
ont été contraints de prendre au moins chercheur, l’intérêt économique des
une journée d’absence non prévue dispositifs de congés rémunérés est à
DES SALARIÉS PENSENT QU’IL EST
en 2016 (8 points de plus que les non- DU RESSORT DES EMPLOYEURS
apprécier au regard de la diminution des
aidants), la mobilisation de l’employeur DE DONNER AUX AIDANTS LES arrêts maladie, ainsi que de l’améliora-
MOYENS DE MIEUX CONCILIER tion de la satisfaction et de la producti-
autour de cette problématique permet
VIE PROFESSIONNELLE, VIE
de limiter les absences. PERSONNELLE ET VIE D’AIDANT. vité des salariés.
www.ocirp.fr y 13INNOVATION
DIVERSIFICATION DES
CONTRATS COLLECTIFS :
CE QU’EN PENSENT
LES ENTREPRISES
ET LES SALARIÉS
D’après le 12e baromètre CTIP/Credoc, la généralisation
de la complémentaire santé transforme en profondeur
la couverture santé déjà mise en place dans l’entreprise.
Plus de garanties, plus d’options : de quoi séduire
leurs bénéficiaires ? Éléments de réponse.
Le nombre de risques couverts en pré- aux garanties rendues obligatoires par
voyance est en hausse : 86 % des sala- des accords de branche. Une tendance
riés bénéficient d’au moins une garantie, de fond qui touche la quasi-totalité des
mais ils sont de plus en plus nombreux à grandes entreprises, mais aussi les TPE
disposer de deux garanties, voire davan- de moins de dix salariés — la couverture
tage. C’est l’un des principaux enseigne- des risques lourds est présente dans recommandations de sa branche. Le dia-
ments du dernier baromètre du Centre 83 % d’entre elles. logue dans l’entreprise comme dans les
technique des institutions de prévoyance, Sans surprise, les accords de branche branches pourrait expliquer le maintien
dévoilé début décembre. sont perçus comme positifs par trois d’une couverture des ayants droit dans
L’enquête révèle ainsi que près de huit quarts des entreprises. Leurs principaux 65 % des entreprises concernées.
salariés sur dix bénéficient d’indemnités avantages, selon les employeurs interro- Parmi les entreprises équipées, une sur
journalières en cas d’arrêt de travail ; 63 % gés ? La solidarité entre tous les salariés cinq a dû modifier son contrat. Les modi-
ont souscrit, dans le cadre d’un contrat col- du secteur (39 %), la simplicité de mise en fications apportées aux contrats existants
lectif, un capital en cas de décès ; 61 % une place (30 %) et la modicité du coût (13 %). n’ont suscité de réactions négatives des
rente d’invalidité ; et près d’un sur deux salariés que dans 22 % des cas. Les rares
dispose d’une rente pour le conjoint en Peu de réactions négatives entreprises à n’avoir pas répondu à l’obli-
cas de décès. Seule la garantie dépen- Comme le révèle le baromètre, la géné- gation légale sont de très petites entre-
dance est délaissée : 35 % des salariés ralisation de la complémentaire santé prises, qui mettent en avant le manque
sont équipés et 28 % la souhaitent. s’est traduite — logiquement — par une de temps, le coût et la complexité.
forte progression du nombre d’entre-
Les atouts des accords de branche prises couvertes : 86 % d’entre elles la Des options facultatives,
Comment expliquer ce résultat globale- proposent à tous leurs salariés, contre à la charge des salariés
ment positif ? Si un quart des entreprises 64 % en 2015. Pour la mise en place, la Autre enseignement notable du baro-
ont modifié leur contrat prévoyance suite majorité des entreprises a choisi la négo- mètre : le développement des options
aux réformes de 2016, cette hausse des ciation entre employeurs et salariés, tan- facultatives ne semble pas impacter la
risques couverts est principalement liée dis qu’une sur dix a choisi de suivre les bonne perception du contrat collectif.
14 y ECHOCIRP Magazine N° 25 – janvier 2018TARIFS NÉGOCIÉS,
PRÉVENTION
ET ACTION SOCIALE
Des services appréciés
57 %
DES SALARIÉS ONT ÉTÉ INFORMÉS
PAR LEUR ORGANISME D’ASSURANCE
DE L’EXISTENCE DE TARIFS NÉGOCIÉS.
30 %
DES SALARIÉS Y ONT
51 %
DES SALARIÉS EN
DÉJÀ EU RECOURS PROFITERAIENT HDS OCIRP,
(55 % DANS
L’OPTIQUE).
S’ILS EN AVAIENT
L’OCCASION.
UNE INNOVATION
RÉCOMPENSÉE
83 % 67 %
Le palmarès de l’Argus de l’inno-
vation mutualiste et paritaire a mis
l’OCIRP à l’honneur.
DES SALARIÉS DES ENTREPRISES
PLÉBISCITENT APPRÉCIENT Le 5 décembre 2017, le jury lui a
LES ACTIONS DE LES ACTIONS accordé ses suffrages dans la caté-
PRÉVENTION. DE PRÉVENTION.
gorie « qualité de service et relation
adhérents ». C’est le dispositif Haut
Afin de respecter le cadre posé par les De nombreux employeurs et salariés se rejoignent degré de solidarité OCIRP qui a été
nouveaux contrats responsables, six également sur l’importance de développer des mis en avant. Il fournit aux branches
entreprises sur dix proposent des options activités sociales. Ils y sont favorables, en par- professionnelles une plateforme de
facultatives à leurs salariés. Et dans près ticulier à la prise en charge de cotisations et services commune à l’ensemble
de remboursements de frais de santé pour les
d’un cas sur deux, elles sont à la charge des salariés. Le principe : après
plus démunis (44 % des salariés et 46 % des
exclusive de ces derniers, soit une hausse employeurs). un audit social et un appel à pro-
de 11 points par rapport à 2015. jets, l’OCIRP met en œuvre les ser-
« Devenue obligatoire, la complémen- vices retenus — prévention, action
taire santé est davantage perçue sociale… — avec les prestataires
comme une charge que l’entreprise doit choisis, grâce à un outil qui s’im-
essayer d’optimiser au mieux, notam- plémente dans le système d’infor-
ment en optant pour des contrats à coût DEVENUE OBLIGATOIRE, mation de chaque organisme assu-
réduit et en proposant aux salariés qui le LA COMPLÉMENTAIRE SANTÉ reur recommandé.
souhaitent d’améliorer eux-mêmes leur EST DAVANTAGE PERÇUE Ce qui a séduit le jury ? «La démar-
couverture, explique Jean-Paul Lacam,
COMME UNE CHARGE QUE che de mutualisation intelligente, et
délégué général du CTIP. C’est une le fait de transformer une contrainte
conséquence que nous avions malheu-
L’ENTREPRISE DOIT ESSAYER
règlementaire aux contours flous en
reusement prévue. » La complémentaire D’OPTIMISER AU MIEUX. opportunité ». Environ 500 000 sala-
santé collective reste toutefois plébisci- riés bénéficient de cette solidarité.
tée par les salariés, qui estiment, à 52 %,
payer « le juste prix ».
www.ocirp.fr y 15FOCUS
Les 20 ans de Dialogue & Solidarité
DIALOGUE & SOLIDARITÉ
VINGT ANS AU SERVICE
DES PERSONNES ENDEUILLÉES
Accueil, soutien et écoute : ces piliers de l’action menée par
Dialogue & Solidarité n’ont pas changé depuis la création de l’association.
Son champ d’intervention s’est en revanche élargi, avec l’expansion
des espaces sur le territoire et le développement de partenariats.
Pour les personnes touchées par le veu- L’implication des institutions tiens par an sont ainsi réalisés, ainsi que
vage, les premières semaines sont géné- adhérentes plusieurs dizaines de groupes de parole.
ralement marquées par la présence de Dès 1997, l’OCIRP décide de soutenir L’ensemble de ces services est totale-
l’entourage familial et amical. Une période les actions portées, à l’origine, par des ment gratuit pour leurs bénéficiaires.
de soutien essentielle, mais de courte bénévoles de la FIAV (Fédération inter-
durée, laissant ensuite les veuves et veufs nationale des associations de veuves). Sensibiliser le grand public
seuls pour affronter la perte et débuter le Offrir un soutien moral, prévenir les Dialogue & Solidarité s’implique égale-
travail de deuil. Les accompagner, pour risques d’isolement, mettre en place ment dans des actions de communica-
répondre à leurs besoins : c’est précisé- des groupes de parole… Ces initiatives tion et de sensibilisation, destinées au
ment l’objectif de Dialogue & Solidarité. seront progressivement structurées et grand public. Il s’agit de conférences sur
« L’OCIRP a souhaité s’engager auprès renforcées au fil des années, grâce à les thèmes du deuil, du veuvage et de la
des personnes endeuillées, au-delà de la l’implication de l’organisme et de ses reconstruction après la perte d’un proche,
rente versée aux veuves et veufs, indique membres. Après le premier lieu d’ac- organisées avec une institution membre
Bernard Devy, président de l’association. cueil, ouvert dans les locaux parisiens de l’OCIRP, ou encore de contributions
Le veuvage peut en effet provoquer une de l’OCIRP, d’autres seront ensuite créés à des publications. Des actions protéi-
perte de repères, des difficultés person- en province. Un espace a ainsi ouvert à formes qui positionnent Dialogue & Soli-
nelles et professionnelles.» Rennes en 2000, avec le soutien d’AG2R darité comme une association experte,
La Mondiale, avant bien d’autres — une forte d’un maillage territorial unique au
quinzaine aujourd’hui. plus près des besoins.
Le soutien proposé aux personnes Grâce à l’implication sans faille de l’équipe
LES PARTENAIRES veuves prend différentes formes : des — Magali Montu, responsable de l’asso-
ET MEMBRES ACTIFS entretiens individuels, pour celles et ciation, les professionnels de l’écoute et
ceux qui souhaitent s’exprimer en privé ; les bénévoles —, nul doute que les 20
Les groupes de protection sociale
des échanges par téléphone, dans les prochaines années devraient être aussi
AG2R LA MONDIALE - AGRICA -
cas d’impossibilité à se déplacer ; et des riches que les deux premières décennies.
APICIL - HUMANIS - KLESIA -
groupes de parole, animés par des pro-
MALAKOFF MÉDÉRIC
fessionnels et des bénévoles formés et → Pour en savoir plus :
expérimentés. Plus d’un millier d’entre- dialogueetsolidarite.asso.fr
16 y ECHOCIRP Magazine N° 25 – janvier 2018ÉCOUTER ET SOUTENIR,
DES MISSIONS ESSENTIELLES
Entretien avec Bernard Devy, ex-président de l’OCIRP,
président de Dialogue & Solidarité.
Que retenez-vous de la célébration des d’accueil. Le partenariat avec les centres
20 ans de l’association, qui s’est tenue de prévention Bien Vieillir des fédéra-
le 17 novembre à Angers ? tions Agirc-Arrco en est un bel exemple.
Au-delà des nombreuses réalisations qui Des actions communes avec la Cnav et
émaillent sa jeune histoire, je me félicite la Cnaf sont également à l’étude. Nous
de l’engagement constant de l’OCIRP et devons également réussir à mieux nous
de ses adhérents. La protection sociale faire connaître, afin de toucher davantage
s’inscrit dans une approche globale de personnes en situation de veuvage.
grâce aux initiatives de ces institutions,
et Dialogue & Solidarité en est le par- Jeanne Bischoff, malgré sa disparition,
fait exemple. Le 17 novembre dernier, restera l’une des figures emblématiques
j’ai été particulièrement touché par les de l’association, qu’elle a longtemps
témoignages des bénévoles. Ils sont eux- présidée. Quels ont été ses apports ?
mêmes passés par l’épreuve du veuvage Par son implication constante, elle a joué
CHIFFRES-CLÉS et mettent ensuite leur expérience au ser- un rôle fondamental dans l’association,
Données 2016 vice de personnes récemment endeuil- dès ses débuts. Elle avait le cœur sur la
lées. Leur mission est essentielle. main, tout en connaissant parfaitement son
sujet. Cette alliance de qualités humaines
Quels sont selon vous les principaux et de professionnalisme a été précieuse,
1 484
APPELS REÇUS
15
ESPACES D’ACCUEIL ET
enjeux qui attendent Dialogue &
Solidarité ?
Aujourd’hui, l’association s’appuie sur 15
notamment pour convaincre le Conseil
d’administration de l’OCIRP d’aller toujours
plus loin dans l’accompagnement des per-
SUR LE NUMÉRO D’ÉCOUTE EN FRANCE
espaces d’accueil. Nous n’allons pas les sonnes en difficulté. Je retiens d’elle son
NATIONAL GRATUIT. MÉTROPOLITAINE.
multiplier à l’avenir, mais plutôt décen- immense élégance, dans la parole et le
traliser nos interventions en renforçant comportement, ainsi qu’un sens des res-
1132
ENTRETIENS 13
notre présence dans d’autres structures ponsabilités jamais pris en défaut.
INDIVIDUELS. CIDFF (CENTRES
D’INFORMATION SUR
LES DROITS DES FEMMES HOMMAGE À JEANNE BISCHOFF,
32 UNE FEMME D’ACTION
ET DES FAMILLES)
DÉPARTEMENTAUX SONT
PARTENAIRES LOCAUX. À l’OCIRP, Jeanne Bischoff a été administratrice du collège
GROUPES DE PAROLE, salariés, de 1983 à 2011, et présidente de la Commission
POUR 274 PARTICIPANTS.
d’action sociale, de 1992 à 2011. Devenue présidente de
20 363
Dialogue & Solidarité à sa création, en 2004, elle l’est res-
16
PROFESSIONNELLES
VISITES SUR LE SITE
INTERNET ET
tée jusqu’en 2016.
Femme engagée, elle a toujours été présente aux côtés des équipes
de l’OCIRP dans le développement de son accompagnement social
DE L’ÉCOUTE ET 265 COURRIELS auprès de ses bénéficiaires et de son association Dialogue & Solidarité
4 BÉNÉVOLES. REÇUS ET TRAITÉS.
pour écouter et soutenir les veuves et veufs.
www.ocirp.fr y 17Vous pouvez aussi lire