L'IMPACT DES DONS : 2017-18 - MCGILL UNIVERSITY
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J
e suis heureux de vous présenter le Rapport 2017-2018 sur la portée de la philanthropie à l’Institut
et hôpital neurologiques de Montréal (le Neuro). Au cours de la dernière année, le Neuro a mis en
œuvre de nouvelles et transformatrices initiatives en sciences fondamentales, en recherche à visée
thérapeutique et en soins palliatifs.
Notre nouvel Institut de science ouverte Tanenbaum (ISOT) place le Neuro à l’avant-garde du mouvement
de la science ouverte, en plein essor dans le monde. Grâce à l’ISOT, qui englobe un référentiel de données
cliniques, biologiques, radiologiques et génétiques (Référentiel C-Big) ainsi que nos plateformes de pointe
en neuroinformatique et en découverte de médicaments, le Neuro fait figure de leader mondial par sa
façon révolutionnaire de mener la recherche scientifique. La science ouverte multiplie nos possibilités
de collaborer avec des partenaires universitaires et industriels, de mettre en commun les expertises
et d’apprendre des autres afin d’accélérer l’avancement des connaissances fondamentales et de la
thérapeutique, dans le plus grand intérêt des patients.
Forte de votre générosité, la recherche sur le cancer du cerveau progresse. Depuis sa création en 2015,
le gala Une Brillante Soirée, organisé par des proches de nos patients, a permis de réunir près de trois
millionsde dollars au profit de la recherche en neuro-oncologie du Centre de recherche sur les tumeurs au
cerveau. Le gala a contribué à ouvrir de nouvelles voies pour des stratégies thérapeutiques prometteuses.
Votre soutien engendre aussi des programmes aux effets plus immédiats en matière de soins aux
patients. Nombre de traitements fort prometteurs pour la sclérose latérale amyotrophique (SLA)
se profilent à l’horizon. Notre nouvelle Unité d’essais cliniques de phase 1 sur la SLA nous permettra
d’être parmi les premiers à adopter ces médicaments et à les offrir à nos patients, dès la phase
d’expérimentation.
Par ailleurs, le Programme de soins neuropalliatifs Susan Cameron Cook concevra des stratégies
palliatives personnalisées selon les besoins spécifiques et distincts des patients atteints d’une maladie
neurodégénérative. La progression de leur état s’inscrit souvent dans un horizon temporel très différent
de celui d’autres patients en soins palliatifs, ce qui rend les approches courantes inappropriées. Notre
but est de devenir un chef de file en élaborant des voies palliatives destinées spécialement à des
personnes atteintes d’une maladie neurodégénérative.
Notre installation dans le nouveau pavillon de l’aile nord du Neuro va bon train. Outre d’offrir plus d’espace
pour les laboratoires, l’équipement et le personnel, on pourra y mener des projets irréalisables il y a
à peine quelques années.
Enfin, le Neuro a reçu un don porteur de transformation de la Fondation Azrieli pour créer le Centre Azrieli
de recherche sur le trouble du spectre de l’autisme.
Comme vous pouvez le constater, ce rapport comporte beaucoup de nouvelles à vous communiquer
– et pour lesquelles vous remercier. Aucune de ces initiatives et réalisations n’aurait eu lieu sans votre
générosité visionnaire. De concert, nous révolutionnons la recherche et les soins aux patients!
Docteur Guy Rouleau O.Q., M.D., Ph. D. FRCP(C) MSRC
Directeur, Institut et hôpital neurologiques de Montréal»
Voilà une véritable entreprise novatrice. Conjuguer la science
ouverte et des biobanques est une initiative de pointe.
»
- Dr Jason Karamchandani, le directeur du Référentiel C-Big
A
ux quatre coins du monde, des chercheurs voient de la première biobanque de science ouverte à comporter
souvent leurs efforts pour résoudre des énigmes de l’information clinique, les chercheurs disposeront
neurologiques entravés par les stratégies usuelles d’information non seulement sur la maladie d’un patient,
de partage de l’information – ou, en fait, de non-partage mais aussi sur l’état d’un patient avec le temps, sur la façon
de l’information. Fidèle à sa raison d’être de maximiser dont la maladie progresse et sur la façon dont le patient
les soins et le bien-être des patients, le Neuro a institué, réagit aux traitements. » La participation des patients est
face à cet état de fait, l’Institut de science ouverte manifestement au cœur de cette initiative. « Nos soins et
Tanenbaum (ISOT) en décembre 2016, grâce à un très notre recherche sont axés sur les patients et nous dési-
généreux don de 20 millions de dollars de la Fondation rons qu’ils comprennent ce qu’ils font lorsqu’ils
familiale Lawrence et Judith Tanenbaum. consentent à participer à ce programme », ajoute
le Dr Karamchandani, qui souligne qu’aucune
« L’Institut de science ouverte Tanenbaum est
information permettant d’identifier des
une façon novatrice de pratiquer la science,
patients ne sera partagée.
et notre décision d’emprunter cette voie a
beaucoup retenu l’attention des médias et Le Neuro est un pionnier en partage de
de nos pairs à travers le monde », confie le données. Il y a vingt ans, le Pr Alan Evans,
D r Guy Rouleau, directeur du Neuro. « Il y a qui est à la tête de l’initiative de neuroinfor-
cinq ans, cette réalisation aurait été impossible. matique de l’ISOT, a dirigé le développement
Ce n’est que maintenant que nous disposons des de LORIS, une plateforme de partage de données
outils requis pour rendre l’information accessible et d’imagerie cérébrale pour une étude sur la croissance
de la capacité pour générer assez de données à partager. » normale du cerveau qu’ont subventionné les National
Institutes of Health. Aujourd’hui, LORIS sert de base à la
Concrètement, l’initiative de science ouverte amènera le
plateforme de neuroinformatique de l’ISOT, ce qui facilitera
Neuro à partager des données de recherche sur des portails
le partage d’information avec les chercheurs. « Nous avons
en cours de développement; le Neuro impose aussi à ses
agrandi la base de données afin de prendre en compte des
collaborateurs, ceux à qui servira le partage d’information,
données de laboratoire, d’échantillons de tissus et d’autres
de se conformer aux principes de science ouverte et de
sortes de données; sa conception initiale ne prévoyait pas leur
partager les résultats de leurs travaux. L’ISOT repose sur
partage », indique le Pr Evans. « D’où l’importance de soutenir
trois piliers : le référentiel de données cliniques, biologiques,
les personnes responsables du codage et de la conception
radiologiques et génétiques (Référentiel C-Big), une plate-
de ces plate-formes, pour que nos chercheurs puissent
forme de neuroinformatique et une plateforme de découverte
télécharger des données vers un référentiel centralisé,
de médicaments. Alors que le Référentiel C-Big fournit un
ou avoir accès aux données d’autres personnes dans un
volume considérable de données, l’initiative de neuroinfor-
format utile pour eux. »
matique intègre celles-ci en vue de leur analyse et de leur
partage avec d’autres chercheurs, et la plateforme de Le Pr Evans est aussi le chercheur principal d’une subvention
découverte de médicaments fournit des lignées de cellules de la Fondation Brain Canada concernant le partage
souches provenant de patients et des analyses qui permettront de données de science ouverte. « Nous avons formé une
aux scientifiques du monde entier d’explorer de possibles coalition de quelque 40 chercheurs du Canada pour créer
voies vers de nouvelles thérapies. Le but ultime : accélérer la une seule plateforme nationale, la Plateforme canadienne
recherche et mettre au point des traitements efficaces pour de neurosciences ouvertes, et l’ISOT jouera un rôle de
diverses neuropathologies. premier plan dans cet effort », ajoute le Pr Evans.
« Le Référentiel C-Big est un outil pour les chercheurs
universitaires et de l’industrie », explique le Dr Jason
Karamchandani, qui en est le directeur. « Comme il s’agit
LE NEURO | 5SOUTIEN DES ÉTUDIANTS
6
La science ouverte :
Un moteur pour accélérer la
découverte de médicaments
C
es 40 dernières années, le modèle de découverte cellules sanguines de patients atteints d’une maladie
de médicaments en vigueur dans le secteur neurologique, avant de les convertir dans le type de cellules
pharmaceutique, quoique concluant pour certaines nerveuses les plus touchées dans la neuropathologie. »
applications, a été peu probant pour les maladies neuro-
Les chercheurs peuvent ainsi comparer l’état normal et
dégénératives. « Considérons la maladie de Parkinson :
l’état malade des cellules d’un patient, ce qui est possible
aucun nouveau médicament modifiant le cours de la
depuis longtemps pour certaines maladies, mais qui constitue
maladie n’a été mis au point ces 40 dernières années,
une percée pour la recherche en neurologie. Le Centre
malgré les centaines de millions de dollars investis dans la
de recherche et de développement sur les médicaments,
recherche », indique le Dr Edward Fon, dont le laboratoire
organisation canadienne sans but lucratif qui vise à accélérer
mène de la recherche moléculaire et cellulaire sur le
la transformation des découvertes en produits thérapeutiques
parkinson. « On doit se demander s’il existe une meilleure
novateurs, et le Structural Genomics Consortium international
façon de trouver des traitements qui modifieront le cours
ont formé des partenariats avec l’Institut de science ouverte
des maladies, en ralentissant leur progression ou en
Tanenbaum en vue d’utiliser la plateforme de CSPI.
la stoppant. La science ouverte n’est pas une panacée à tous
les maux, mais un atout important de la solution. » « Si nous arrivons à identifier des composés potentiels pour
cibler des maladies comme le parkinson et à les partager
L’initiative de découverte de médicaments vise à soutenir
pour que la communauté scientifique les passe au crible
la recherche par des analyses étudiant différents aspects de
et les teste, nous démultiplions le taux de découverte »,
cellules cibles et leur partage avec des collègues du monde
dit le Dr Fon. « D’autres chercheurs peuvent profiter des
entier. Le principal véhicule de partage des analyses est la
ressources que nous mettons au point, et les chances de
plateforme de cellules souches pluripotentes induites (CSPI)
voir 100 laboratoires trouver quelque chose d’utile sont
du Neuro, développée récemment grâce aux capitaux de
beaucoup plus fortes que celles d’un seul laboratoire.
démarrage généreusement donnés par M. Sebastian van
Faire émerger un produit thérapeutique pour la maladie
Berkom et Mme Ghislaine Saucier. « Les chercheurs peuvent
de Parkinson serait une prodigieuse retombée. »
se servir de nos analyses conformes aux normes de l’industrie
afin de tester des composés », dit le Pr Thomas Durcan, un
chercheur qui s’intéresse au parkinson et qui gère la plateforme
de CSPI. « En collaboration avec des chercheurs de l’Université
Laval, nous reprogrammons en cellules souches des
6 | LA PHILANTHROPIE CHANGE DES VIESSOUTENIR LA RECHERCHE
6
Une course contre la montre :
Rendre de nouveaux traitements de la
SLA accessibles le plus tôt possible
A
vant de pouvoir utiliser sous licence de nouveaux Les patients participant aux essais de phase 1 passent au
produits thérapeutiques prometteurs chez des moins 24 heures au centre, durant lesquelles ils ont besoin
patients, il faut les tester au cours d’essais cliniques. de l’aide du personnel. Le centre, où des essais cliniques
Or, le temps est compté pour les patients atteints de sont en cours, dispose donc de l’espace et de l’équipement
sclérose latérale amyotrophique (SLA) – un diagnostic de indispensables, ainsi que du soutien destiné au personnel
SLA se révèle en général fatal dans un horizon de deux à nécessaire. « Le centre nous permet de prendre les devants
cinq ans. Ainsi, pendant que des chercheurs s’appliquent en participant à des essais cliniques, et de moins dépendre
à mettre au point des traitements pour prolonger la vie des de la disponibilité de l’hôpital, qui peut être limitée », ajoute
patients tout en améliorant leur qualité de vie, le fruit de la Dre Genge. Lorsque le centre ne sert pas à des essais
leurs efforts n’atteint la plupart des populations cliniques cliniques pour la SLA, on peut l’employer pour des essais
qu’après des années d’essais. cliniques concernant d’autres maladies neurodégénératives.
L’initiative permettra aussi aux étudiants des cycles supérieurs
Grâce à un don de 1,5 million de dollars de la Famille Reed
et aux postdoctorants du Neuro qui s’intéressent à la SLA
et de la Fondation Tenaquip, le Neuro a créé un Centre d’essais
de tisser des liens solides avec des sociétés biotechnologiques
cliniques de phase 1 consacré à la SLA, qui contribuera à faire
et pharmaceutiques, et d’entretenir un réseau utile s’ils
passer les découvertes de la recherche scientifique et médicale
désirent faire profiter de leur expertise des laboratoires de
à la pratique clinique de façon plus rapide et efficace, dans
recherche de l’industrie.
l’intérêt des patients du Neuro et d’ailleurs.
Le Centre d’essais cliniques de phase 1 est la première
Les essais cliniques de phase 1 sont la première étape dans
étape de l’ambitieux centre d’excellence global sur la SLA
l’évaluation de nouveaux médicaments chez des patients.
que le Neuro désire créer, et représente un des cinq aspects
« Cette initiative permettra à nos chercheurs d’intervenir tôt
majeurs de cette initiative. Les autres sont l’expansion
dans le processus de découverte de médicaments pour que
de l’actuelle clinique multidisciplinaire de SLA afin d’ajouter
nos patients aient accès, dès que possible, aux nouveaux
un axe d’étude sur la démence, ainsi que des éléments
traitements qui pourraient changer le cours de leur maladie
centrés sur des données d’imagerie, des données
dans ses premiers stades. Cela aura une grande incidence
génétiques et une biobanque.
sur ce que nous sommes en mesure d’offrir aux patients »,
dit la Dre Angela Genge, directrice de l’Unité de recherche
clinique du Neuro. « Le Canada ne compte nulle part ailleurs
de centre d’essais cliniques de phase 1 consacré à la SLA. »
LE NEURO | 7SOUTENIR LA RECHERCHE
6
Soirées brillantes,
recherche brillante
L
e cancer du cerveau est difficile à traiter en raison du
caractère unique du cancer de chaque personne. Or,
au Centre de recherche sur les tumeurs au cerveau du
Neuro, on a identifié une protéine qui semble être commune
dans le développement des cancers. « Cette molécule joue Sonder le cancer
un rôle fondamental dans le développement neuronal
normal et dans le développement du cancer du cerveau – Les activités cliniques et
le mécanisme qui permet la transition des cellules souches de recherche du Dr Kevin
en cellules différenciées ou en cellules cancéreuses est le Petrecca ont donné lieu à
même », dit le Dr Kevin Petrecca, directeur du Centre. une nouvelle technologie,
« Il s’agit d’une découverte majeure qui ouvre sur de la sonde Raman, qui peut détecter des cellules
nouvelles cibles de traitement, en ce sens que les premiers cancéreuses en temps réel durant leur ablation
stades du cancer présentent des similarités – contrairement du cerveau d’un patient. Le matériel de la sonde,
aux stades avancés. Nous cherchons donc à identifier terminé il y a près de deux ans, a été décrit dans
quelques voies fondamentales à cibler chez tous les l’édition 2016 du Rapport sur la portée de la
patients atteints d’un cancer du cerveau. » philanthropie au Neuro; au cours de la dernière
année, le développement des données logicielles
La recherche du Dr Petrecca a bénéficié du gala Une Brillante
s’est poursuivi pour l’apprentissage-machine,
Soirée, dont la troisième édition a eu lieu le 18 octobre 2017
enrichissant la bibliothèque de données afin que
et qui a recueilli depuis sa création près de trois millions
le logiciel détermine avec plus de précision si une
de dollars au profit du Centre de recherche sur les tumeurs
cellule est cancéreuse ou non.
au cerveau. « Forts du soutien d’Une Brillante Soirée,
nous comprenons mieux le cancer du cerveau et son Récemment, l’équipe de recherche a été invitée par
développement, et nous avons fait des découvertes le Secrétariat américain aux produits alimentaires et
pour mettre au point des approches thérapeutiques qui pharmaceutiques (la Food and Drug Administration)
mèneront, nous l’espérons, à des médicaments efficaces », à participer à un programme d’accès accéléré en vue
ajoute le Dr Petrecca. « De la découverte d’une molécule d’obtenir une approbation réglementaire. L’équipe
qui intervient dans le développement du cancer du cerveau, de recherche a amorcé des essais cliniques, avec
à la compréhension de son fonctionnement dans ses des chirurgiens qui utilisent la sonde pour les aider
moindres détails, nous en sommes à présenter le fruit de ces à décider où faire des incisions.
travaux de recherche lors de conférences. Nous avons été Le Dr Petrecca et son équipe ont constitué la
approchés par des entreprises et nous sommes en train de compagnie ODS Medical avec le Pr Frédéric Leblond
tester des médicaments dans des modèles thérapeutiques de Polytechnique Montréal, afin de commercialiser
de la maladie ici dans notre laboratoire. Nous avons réalisé la sonde, et ont mené à bien la collecte de capitaux
des progrès importants et devrions bientôt avoir un nouveau de démarrage. Bien que la mise au point de la sonde
médicament à tester chez des patients. » ait été réalisée sans financement de donateurs, des
« Je ne soulignerai jamais assez l’importance du gala chercheurs postdoctoraux financés par des fonds
Une Brillante Soirée. Le financement public est insuffisant philanthropiques ont contribué de façon déterminante
pour favoriser le développement de nouveaux agents au logiciel de la sonde, et les connaissances que
thérapeutiques, et les sociétés pharmaceutiques et le Dr Petrecca a acquises dans le cadre de ses
biotechnologiques ne mènent pas ce genre de recherche recherches soutenues par des donateurs ont nourri
fondamentale coûteuse et ardue. Sans nos donateurs, il indirectement la croissance de la sonde Raman. La
serait difficile de réaliser des travaux de cette nature », sonde anti-cancer a été récompensée par le prix du
dit le Dr Petrecca. public Québec Science –Découverte de l’année 2017.
LE NEURO | 9UN APERÇU DU NEURO EN CHIFFRES
6
{ LA PHILANTHROPIE ET LE NEURO* }
4 278 donateurs
16,3 M$ recueillis
*Année financière 2017
1M$
recherche sur les
1M$ nouvel
cancers du cerveau équipement
800 K$
recherche sur la
750 K$
sciences infirmières et
600 K$recherche sur la
500 K$
recherche sur les
sclérose en plaques soins aux patients maladie de Parkinson maladies rares
Plus de 750 000 $ distribués aux étudiants
et chercheurs postdoctoraux en bourses financées par des donateurs
{ RAYONNEMENT MÉDIATIQUE DU NEURO }
2 689 8 743 4 219
articles sur le Web abonnés Facebook abonnés Twitter
10 | LA PHILANTHROPIE CHANGE DES VIES{ QUELQUES-UNES DES PREMIÈRES DU NEURO }
Acquisition des premiers appareils d’IRM,
de TEP et de tomodensitométrie et du premier
tomodensitomètre portable au Canada
Création du premier programme de soins
palliatifs consacré aux patients en neurologie
au Canada
Premier à offrir un programme de sciences
infirmières en neurosciences
Création de la première clinique spécialisée
en sclérose en plaques au Canada
{ FAITS INTÉRESSANTS À PROPOS DU NEURO }
Fondateur et premier directeur du La Pre Brenda Milner, illustre L’actuel directeur du Neuro, le
Neuro, le Dr Wilder Penfield a figuré neuropsychologue novatrice, a Dr Guy Rouleau a contribué
dans un Doodle de Google le 26 janvier reçu les prestigieuses distinctions à identifier plus de 20 gènes
2018 – jour de son 127e anniversaire! suivantes : Ordre du Québec, Ordre responsables de maladies.
du Canada, Société royale du Canada,
Temple de la renommée médicale Six scientifiques du Neuro ont reçu
canadienne, Prix Kavli, Prix Balzan, le Prix Wilder-Penfield du Québec :
et Prix international de la Fondation Brenda Milner (1993),
Gairdner en recherche en santé. Albert J. Aguayo (1994)
La professeure Milner fêtera son Frederick Andermann (2003)
centenaire en 2018. George Karpati (2006)
L’Unité de recherche clinique que Guy Rouleau (2012)
dirige la Dre Angela Genge au Alan Evans (2016)
Neuro est le principal recruteur en
vue d’essais cliniques au Canada.
LE NEURO | 1112 | LA PHILANTHROPIE CHANGE DES VIES
SOUTENIR
SOUTIEN
LES SOINS
DES ĒTUDIANTS
AUX PATIENTS
66
Une nouvelle
approche aux soins
neuropalliatifs
«L es gens pensent que les soins palliatifs ne s’appliquent
qu’aux personnes en fin de vie », dit Justine Gauthier,
infirmière en soins neuropalliatifs. « Or, ce n’est pas
le cas. Des programmes classiques de soins palliatifs sont
« Et dans le cas d’un diagnostic à l’issue fatale, nous
abordons des directives médicales avec les patients et
explorons leurs volontés plutôt que d’attendre à la dernière
minute pour envisager ces questions. L’autonomie d’un
conçus pour des patients dont le pronostic de fin de vie patient compte beaucoup pour nous, et nous veillons à ce
est évident, tels que des patients qui en sont aux stades qu’une personne puisse prendre ses propres décisions »,
avancés d’un cancer. La situation diffère pour les patients ajoute-t-elle.
ayant une maladie neurologique comme le Parkinson, la SLA,
Le programme a été lancé officiellement en octobre 2016,
voire une tumeur au cerveau. Certains vivront longtemps
grâce à un don de la famille de Susan Cameron Cook.
avec une maladie limitant l’espérance de vie, et comme ils
Outre d’être le premier centre au Canada à fournir des
sont en général plus jeunes que la plupart des patients en
soins palliatifs à des patients atteints d’une maladie
soins palliatifs. Il leur faut donc du soutien différent. »
neurodégénérative, le Programme de soins neuropalliatifs
En janvier 2017, Mme Gauthier a été désignée infirmière Susan Cameron Cook est soutenu par un fonds d’éducation
en soins neuropalliatifs du nouveau Programme de soins et de formation établi en 2007, grâce à un don généreux
neuropalliatifs Susan Cameron Cook du Neuro. Elle a de la Fondation familiale Rossy. Le Dr Hall et Mme Gauthier
collaboré étroitement à la conception du programme avec ont déjà proposé des ateliers et des séminaires en ligne,
son directeur, le Dr Jeffery Hall, un neurochirurgien qui vient développant ainsi l’aspect éducatif du nouveau programme.
d’effectuer une formation de perfectionnement en soins
« L’essence des soins palliatifs n’est pas le décès; c’est plutôt ce
neuropalliatifs en Suisse. Cette initiative est la première du
qu’on fait avant », dit Mme Gauthier. « Le programme suppose
genre au Canada. « Nous voulons accompagner les patients
un partenariat continu avec les patients, pour leur assurer
tôt dans leur maladie, à un stade où nous pouvons les aider
la meilleure qualité de vie possible, ainsi qu’aux membres de
davantage. Et il va sans dire que nous les accompagnons
leur famille et aux personnes qui les soignent. »
lorsqu’ils sont en fin de vie » ajoute-t-elle.
»
Si le modèle usuel de soins palliatifs en hôpital ou en
centre spécialisé convient aux patients en fin de vie, les
autres requièrent des approches novatrices. « Nous les
aidons en les mettant en contact avec diverses ressources
de la communauté qui leur permettront de demeurer chez L’essence des soins palliatifs
eux aussi longtemps que possible », ajoute Mme Gauthier,
qui assure un suivi avec ces patients en leur parlant
n’est pas le décès; c’est plutôt
régulièrement. ce qu’on fait avant.
»
– Justine Gauthier, infirmière en soins neuropalliatifs
LE NEURO | 13Évaluer la maladie d’Alzheimer
SOUTENIR LA RECHERCHE
6
Si votre groupe d’étude compte des personnes qui
» développeront probablement la maladie d’Alzheimer,
vous augmentez l’efficacité statistique de votre essai et »
testez des traitements plus efficacement.
– Le Pr Louis Collins
directeur du laboratoire de neuroimagerie et de technologies chirurgicales
P
lus d’un demi-million de Canadiens sont atteints de inversement lié à la capacité cognitive. « En caractérisant
démence, d’après la Société Alzheimer du Canada qui l’impact de la microangiopathie sur la cognition, nous pourrons
n’entrevoit pas un avenir encourageant : le nombre la distinguer de la perte de cognition causée par la maladie
passera à plus de 900 000 en 15 ans. La détection et le d’Alzheimer, ce qui est important, car la démence vasculaire
traitement s’avèrent donc essentiels afin d’améliorer peut être traitée. Les techniques développées par Mahsa
la santé et d’accroître l’espérance de vie de personnes permettront d’évaluer à quel point la démence pourrait être
atteintes de la maladie d’Alzheimer. Grâce à un don de due à la maladie vasculaire plutôt qu’à la maladie d’Alzheimer;
Joanne et André B. Charron, le laboratoire de neuroimagerie il sera ensuite possible de traiter le problème et le patient
et de technologies chirurgicales du Pr Louis Collins a pu pourra guérir », souligne le Pr Collins.
soutenir financièrement des doctorants qui mènent des
Plusieurs autres projets menés au laboratoire du Pr Collins
projets de recherche sur différents aspects de la maladie
font appel à l’imagerie pour évaluer et caractériser la
d’Alzheimer et de la démence.
maladie d’Alzheimer, toujours en vue d’améliorer le
Les lobes temporaux médians – des structures au diagnostic et le pronostic. « Nombre d’outils permettent
centre du cerveau qui interviennent dans le processus de d’établir un diagnostic, qu’il s’agisse de tests du liquide
mémoire – s’atrophient dans différentes démences, dont céphalo-rachidien ou de tests de neuropsychologie, mais
la maladie d’Alzheimer, et en général plus l’atrophie est peu aident à établir un pronostic. Or, dès confirmation
rapide, pire sera la démence. Or, évaluer l’atrophie étant du diagnostic, une personne s’empresse de demander
loin d’être facile, la doctorante Azar Zandifar a mis au point à quoi sa vie ressemblera, si son état restera stable ou
des techniques d’imagerie par résonance magnétique s’aggravera, et quelle est son espérance de vie. Avec le
pour segmenter le cerveau, identifier avec précision le soutien de donateurs, nous travaillons à une combinaison
lobe temporal médian, et estimer son volume. d’outils pronostiques pour arriver à répondre à ces
questions », ajoute le professeur.
« Arriver à caractériser l’atrophie avec précision est un outil
efficace de diagnostic précoce et de pronostic. Ce serait Le résultat est que dans une cohorte de quelque 400 sujets
aussi très utile dans un essai clinique, pour déterminer ayant des troubles cognitifs légers, son équipe parvient à
la potentialité d’un nouveau produit pharmaceutique prédire, avec une fiabilité diagnostique d’environ 74 pour cent,
à réellement ralentir, stopper, voire inverser le rythme qui progressera vers la maladie d’Alzheimer et qui restera
de l’atrophie dans la structure », dit le Pr Collins. Les stable sur une période de trois ans. L’équipe se consacre
techniques qu’Azar Zandifar a mises au point pourraient maintenant à pouvoir formuler un pronostic plus tôt, ce
même servir à un diagnostic précoce et permettre de qui serait particulièrement utile lors d’essais cliniques
détecter l’atrophie avant que d’autres symptômes objectifs de médicaments. Les essais peuvent être limités par la
de la maladie d’Alzheimer se manifestent. difficulté d’identifier les personnes qui en sont au stade
précoce de la maladie d’Alzheimer. « Si votre groupe d’étude
Une autre doctorante, Mahsa Dadar, utilise des images
compte des personnes qui développeront probablement la
obtenues par résonance magnétique pour étudier
maladie d’Alzheimer, vous augmentez l’efficacité statistique
l’hyperintensité de la substance blanche, des lésions
de votre essai et testez des traitements plus efficacement »,
cérébrales causées par la microangiopathie. Bien que
ajoute le Pr Collins.
nous ayons presque tous quelques petites lésions, elles
sont sans importance en petit nombre; or, d’après des
études, après un certain point le nombre de ces lésions est
LE NEURO | 15SOUTENIR LES ÉTUDIANTS
6
Votre soutien est crucial pour aider les
étudiants du Neuro à exceller. Voici trois articles
qui illustrent la portée du soutien philanthropique
pour des chercheurs prometteurs de
niveau doctoral et postdoctoral.
Comprendre la réception de la douleur
« Le cortex préfrontal est la partie du cerveau qui intervient Maria Zamfir a obtenu en 2017 la bourse de voyage en
dans le traitement de l’expérience de la douleur », explique neurosciences Albert Gombay, grâce à laquelle elle a
Maria Zamfir, qui travaille au laboratoire du Pr Philippe pu assister à la 38e rencontre scientifique annuelle de
Séguéla. « Or, nos connaissances sur le fonctionnement la Société canadienne de la douleur à Halifax. « J’y ai
des récepteurs sont limitées. » Ses travaux portent sur le rencontré le conférencier principal, un professeur qui étudie
traitement de la douleur par les récepteurs opioïdes mu aussi les opioïdes dans le cortex, et j’ai discuté de notre
et l’effet d’analgésiques opioïdes. « Mon projet étudie en intérêt commun en recherche », dit-elle. Elle a aussi fait la
particulier le cortex cingulaire antérieur, qui fait partie du connaissance d’autres chercheurs éminents du domaine,
cortex préfrontal, pour mieux comprendre comment les rendant son expérience très productive pour établir un
récepteurs opioïdes mu fonctionnent lorsque des patients réseau de recherche professionnel. « Je garde contact avec
prennent des analgésiques pour diminuer la douleur. Nous ces chercheurs et je garde ainsi la porte ouverte pour de
espérons que cette recherche fondamentale finira par aider futures collaborations », conclut-elle.
à la mise au point de médicaments », ajoute t-elle.
» Je garde contact avec ces chercheurs et je garde
ainsi la porte ouverte pour de futures collaborations.
– Maria Zamfir
»
16 | LA PHILANTHROPIE CHANGE DES VIESEn quête d’un traitement curatif
Chanshuai Han travaille au laboratoire de recherche sur « Depuis le congrès, le nouvel objet de mes recherches
les maladies neurodégénératives du Pr Peter McPherson est de trouver le moyen d’aider les enfants atteints de
grâce à une bourse de recherche Jeanne Timmins Costello cette mutation », dit-elle. Chanshuai Han dirige maintenant
obtenue après son doctorat en Chine, où elle étudie la des collaborations internationales, qui font appel à des
protéine DENND5A, dont on sait très peu de choses. « Nous cellules provenant de ces jeunes patients et transformées
savons qu’elle intervient dans le développement neuronal », en cellules souches, puis en neurones cibles en vue de les
dit la chercheuse. analyser; un premier article scientifique sur ses travaux
a été publié en novembre 2016.
Grâce à ses travaux, elle a reçu une bourse de voyage
Lewis Reford pour chercheurs postdoctoraux afin « J’espère qu’il en découlera des outils efficaces pour
d’assister au congrès annuel de l’International Society for aider les patients. La bourse de voyage a permis de
Developmental Neuroscience. Elle y a fait une présentation tout consolider. Sans ma présentation au congrès, cette
par affiche et y a rencontré des chercheurs de l’Université collaboration et toute la recherche qu’elle a engendrée
de Toronto et du SickKids Hospital qui soignent des enfants n’auraient eu lieu qu’après la publication de mon article
atteints d’une mutation de cette même protéine. La forme sur la recherche – en supposant qu’elles auraient eu
grave d’encéphalopathie épileptique que cause la DENND5A lieu. Ma participation au congrès a fait bouger les choses
touche uniquement de très jeunes enfants. plus vite. »
LE NEURO | 17Augmenter la réalité lors d’une
intervention chirurgicale
Simon Drouin a quitté le géant de l’industrie du jeu UbiSoft patient et l’écran de l’ordinateur, qui est souvent assez
pour intégrer en tant que technicien le laboratoire de éloigné; nous cherchons donc à présenter toutes les
neuroimagerie et de technologies chirurgicales du Pr Louis données de navigation bien à la vue du chirurgien »,
Collins en 2002 et y créer IBIS, le système peropératoire explique-t-il.
d’imagerie du cerveau. Le système visait à corriger un
En collaboration avec des chirurgiens neurovasculaires
problème courant des programmes qui assistent les
qui s’aident d’un microscope chirurgical pour disséquer
neurochirurgiens en salle d’opération. Avant une intervention
des vaisseaux sanguins très petits dans le cerveau,
chirurgicale, un patient subissait un examen d’IRM afin de
Simon Drouin est à mettre au point une façon d’utiliser
cartographier son cerveau pour guider le chirurgien – sauf
ce type de microscope pour afficher les données de
qu’après l’ouverture de la boîte crânienne, la dilatation et le
navigation. Ses travaux explorent la façon de saisir
déplacement du cerveau rendaient inutile la carte obtenue
l’image du microscope, de l’augmenter avec les données
par IRM. Le système IBIS résout le problème en recourant à
de navigation, principalement dérivées d’un examen par
des échographies effectuées régulièrement durant l’intervention
imagerie des tissus sous la surface, avant de remettre
chirurgicale. Bien que moins précises que les images d’IRM, les
l’image dans le microscope pour qu’elle soit correcte sur
images échographiques peuvent y être superposées, ce qui
le plan perceptuel. « Le chirurgien verra l’image normale
permet au programme d’ajuster la « carte du cerveau » pour
du microscope, ainsi que la réalité augmentée montrant
montrer avec plus de précision où le chirurgien dirige le bistouri.
le tissu sous-jacent, qui peut être une tumeur au cerveau ou
Après avoir mis au point le système IBIS initial (que d’autres des vaisseaux sanguins », explique-t-il. Bien que les travaux
chercheurs ont perfectionné depuis), Simon Drouin a quitté de Simon Drouin ne soient pas soutenus directement par
le laboratoire du Pr Collins pour effectuer une maîtriseet la philanthropie, ils ont profité indirectement du soutien
occuper un autre emploi. Revenu en 2010 il a peu après des donateurs aux travaux du Pr Collins.
amorcé son doctorat et axé ses efforts sur l’ajout de la réalité
augmentée au système IBIS. « Les systèmes commerciaux
obligent le chirurgien à promener son regard entre le
18 | LA PHILANTHROPIE CHANGE DES VIESLETTRE DE LA DIRECTRICE GÉNÉRALE, PHILANTHROPIE
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J
e souhaite sincèrement que vous lisiez avec plaisir le Rapport 2017-2018
sur la portée de votre philanthropie au Neuro. Il atteste à quel point VOUS
êtes des partenaires essentiels de nos activités de recherche, de formation
et de soins aux patients.
Avant d’assumer mes fonctions à titre de directrice générale de la philanthropie
au Neuro, les témoignages que j’entendais au sujet de cette institution renommée
me fascinaient. Combien de fois ai-je ressenti toute l’émotion dans l’expression
de gratitude d’anciens patients du Neuro et des membres de leur famille? C’est
l’une des raisons qui m’ont motivée à joindre mes efforts à ceux de toute l’équipe
du Neuro. Et je ne suis pas déçue. Au cœur des premières révolutionnaires et
des réussites plurielles du Neuro se trouvent les personnes qui les rendent
possibles. Chaque étudiant, chercheur et professionnel de la santé, chaque patient,
a une histoire unique. Je me sens responsable de faire connaître ces histoires à la
communauté locale, nationale et internationale, dans le cadre de notre recherche
continue de financement, de plus en plus nécessaire si l’on veut demeurer
toujours à l’avant-garde des soins prodigués aux patients et repousser les
frontières de la science.
Je me réjouis de l’abondance de bonnes nouvelles à vous communiquer dans
ce rapport, toutes porteuses d’inspiration et d’espoir pour l’avenir. Notre travail est
toutefois loin d’être achevé. Le vieillissement de la population s’accompagne hélas
d’une incidence exponentiellement croissante de maladies du cerveau. La réalité
est que la plupart d’entre nous seront directement ou indirectement touchés par
ces maladies souvent accablantes.
N’hésitez pas à me contacter et je serai enchantée de vous faire découvrir le Neuro
et le travail incroyable qui y est accompli chaque jour. Je me ferai aussi une joie de
connaître vos aspirations à l’égard du Neuro.
Merci d’être un membre vital de la communauté du Neuro et de contribuer à ses
initiatives à l’avant-garde des neurosciences mondiales!
Anièle Lecoq
Directrice générale, Philanthropie
514 398-5770
LE NEURO | 19Institut et hôpital
neurologiques de Montréal
3801, rue University
Montréal (Québec) H3A 2B4
Canada
T 514 398-1958
C donations.mni@mcgill.ca
Publié par le département de
l’avancement universitaire
20 | LA PHILANTHROPIE CHANGE DES VIESVous pouvez aussi lire