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Culture, le magazine culturel en ligne de l'Université de Liège

Les musiques religieuses noires, de 1865 à nos jours

Après 1865, les Negro Spirituals firent leur apparition suivis des Jubilee Songs (c.1900-1935) et des Gospel
Songs (des environs de 1935 à nos jours). Dans les années '60 et '70, sous l'influence de nouveaux styles
populaires auprès des adolescents comme le Rock and Roll et le Rhythm and Blues, le Gospel fut à l'origine
des Musiques Soul et Disco, tout en poursuivant sa propre évolution vers le Gospel Contemporain

Les Negro Spirituals
Au lendemain de la Guerre de Sécession, on l'a vu, les ex-esclaves eurent peu d'options pour s'en sortir,
 une d'entre elles était l'éducation mais il fallait soit en avoir les moyens soit être au bon endroit au bon
moment. Des intellectuels noirs du Nord, des enseignants en majorité, descendirent en masse dans le
Sud, pour éduquer leurs frères et sœurs de race et de nombreux établissements d'enseignement pour Noirs
se créèrent : la Fisk University à Nashville mais aussi des Collèges, des Instituts et des High Schools .

                                                                     Comme aujourd'hui, ces établissements
durent subvenir à leur besoins et les administrateurs de Fisk University eurent une idée originale : fonder
une chorale universitaire se faisant un répertoire de Spirituals, inspirés par la Bible et chantés a capella
ou discrètement accompagnés au piano, en mettant l'accent sur la beauté et la justesse des voix, sur une
harmonisation sans faille et en gommant toutes les rétentions africaines, sauf le canevas appel-réponse.
En effet cette chorale était amenée à se produire exclusivement devant un public blanc qui était le seul à
l'époque capable de payer pour assister à un tel récital. C'est ainsi que naquirent les Negro Spirituals. En
outre les chanteurs étaient habillés élégamment et leur maintien était digne et compassé, c'était la seule
façon de ne pas effaroucher leur public.

Fisk Jubilee Singers
                                                                                               Marian Anderson

                             © Université de Liège - http://culture.ulg.ac.be/ - 14/04/2020
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le succès fut immédiat et considérable, les Fisk Jubilee Singers allèrent chanter leurs Negro Spirituals
partout en Amérique et même en Europe (ils donnèrent un récital pour la Reine Victoria à Londres en
1873), l'argent rentra à flot, leur université fut sauvée et cela donna des idées à toutes les autres écoles
supérieures noires qui créèrent aussi leurs chorales de Negro Spirituals. Ce style musical se perpétua
jusqu'à nos jours mais devint l'apanage de chanteuses classiques et d'opéra qui gardèrent à ces chants
leur caractère solennel et grandiloquent. Ce furent, avant la deuxième guerre mondiale des artistes noir(e)s
comme Marian Anderson, Paul Robeson, Eva Jessye, Roland Hayes, Jules Bledsoe, etc. et après
1945, Leontyne Price, Jessye Norman, Kathleen Battle, Wilhelmina Fernandez , Barbara Hendricks et
bien d'autres encore.

     Fisk Jubilee Singers :                  Paul Robeson :                           Leontyne Price
    Swing low sweet chariot              Swing low sweet chariot                   He shall feed his flock
           (Youtube)                           (Youtube)                                (Youtube)

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   Jessye Norman - Kathleen                 Marian Anderson                         Barbara Hendricks:
      Battle: He's got the                    Deep river                             Mary had a baby
    whole world in his hands                  (Youtube)                                 (Youtube)
          (Youtube)

Les Jubilee Songs
On l'aura compris, les Negro Spirituals destinés à un public blanc n'intéressèrent qu'une frange infime
de la population noire qui continua à fréquenter ses églises baptistes et méthodistes où on chantait des
Spirituals de plus en plus africanisés comme dans les camp meetings avec des syncopes, de l'exubérance,
en utilisant le corps comme caisse de résonance pour marquer le rythme, malgré la résistance de la plupart
des pasteurs soucieux de respectabilité et qui temporisaient, mais avec des succès mitigés. Ces chants
s'inspiraient autant de la Bible que des Évangiles. C'était un peu l'anarchie, chaque dénomination édictant
ses règles et chaque église donnée les interprétant avec plus ou moins de liberté et de fantaisie. On vit
ainsi apparaître des petites chorales avec ou sans solistes, des prêcheurs charismatiques, des groupes
masculins allant se produire d'église en église, des évangélistes itinérants … mais deux règles furent tout
autant intangibles qu'irritantes pour beaucoup : l'interdiction des instruments de musique dans les églises et
celle de danser ! Ce dernier interdit fut contourné en glissant les pieds sur le sol sans qu'ils en décollent,
pour que ce ne soit pas considéré comme une danse. On les appela des « shuffles ».

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éternellement et en 1895, un schisme, secoua l'Église Baptiste noire : le Révérend Charles Mason, à
Memphis, fonda la Church of God in Christ ( C.O.G.I.C.) qui , tout en respectant les grands principes
baptistes, accepta les instruments de musique à l'église et permit pirouettes et autres gambades qui étaient
des danses d'exultation. Très rapidement, ce schisme conduisit à l'apparition d'une foule de sectes baptistes
indépendantes, les Églises Sanctifiées et Pentecôtistes où tous les instruments de musique furent admis,
des pianos, des batteries, des guitares, des cuivres et parfois, des orchestres de jazz au complet. Cela mit
un peu d'ordre dans l'anarchie mais pas totalement. On vit se développer des Jubilee Groups masculins a
capella comme le Dinwiddie Colored Quartet, fondé en 1898, qui fut le tout premier à graver des 78 tours
en 1902 pour la compagnie Victor.

                                                                                              Charles Mason

D'autres groupes de ce type eurent un succès phénoménal dans les années '20 et '30 enregistrant quantité
de disques qui se vendirent comme des petits pains : le Norfolk Jubilee Quartet, le Birmingham Jubilee
Quartet, le Dunham Jubilee Quartet, les Mitchell's Christian Singers, les Heavenly Gospel Singers,
etc, etc.

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        Dinwiddie                Norfolk Jazz &                   Birmingham
     Colored Quartet             Jubilee Quartet                Jubilee Quartet
       Down on the                 Revival day              Do you call that religion ?
     old campground                (Youtube)                       (Youtube)
        (Youtube)

Des évangélistes itinérants, souvent guitaristes voire harmonicistes ou pianistes, et très proches de leurs
alter ego du blues, connurent eux aussi un succès populaire inouï et vendirent beaucoup de disques comme
Blind Willie Johnson, Mother McCollum, Blind Joe Taggart, Sister Cally Fancy, Elder Curry, Bessie
Johnson, le Révérend Edward W. Clayborn et des dizaines d'autres….

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  Blind Willie Johnson          Rev. Edward                  Mother Mc Collum                   Sister Cally Fancy
      Dark was the              W. Clayborn                Jesus is my air-o-plane              Goin' on to Heaven
  night, cold was the         Men don't forget                   (Youtube)                       in the sanctified
   ground (Youtube)           your wife for your                                                  way (Youtube)
                            sweetheart (Youtube)

Des prêcheurs charismatiques devinrent des idoles du public noir qui venaient les écouter et ensuite
achetaient leurs disques par milliers comme les Révérends J.M. Gates, A.W. Nix, Emmett Dickerson…

Des solistes et/ou instrumentistes se taillèrent eux aussi un beau succès comme, parmi beaucoup
d'autres, la pianiste aveugle du Texas, Arizona Dranes ou le guitariste Washington Phillips lequel, dans
Denomination blues, brocarda les défauts des églises baptistes et méthodistes.

      Rev.J.M. Gates                      Arizona Dranes                      Washington Phillipe
      & Congregation                      I'm going home                      Denomination blues
    Death black train is                on the morning train                     (Youtube)
  coming (1926) (Youtube)                    (Youtube)

On put aussi aller écouter les chorales attachées à chaque église noire et d'où se détachèrent parfois
solistes et instrumentistes en leur sein et sinon, des artistes en visite. Dans les années 30, on vit apparaître,
à côté des Jubilee Groups (de 6 à 8 membres), des Male Quartets a capella comme le Golden Gate

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Quartet, où l'accent était mis sur l'harmonisation des quatre tessitures de voix, lead polyvalent, ténor,
baryton et basse ; il y a avait parfois deux ténors et deux barytons, ce qui donnait un groupe de six
chanteurs mais quand même un quartet à quatre voix.

Enfin, il faut compléter ce tableau en citant les musiciens de blues et de jazz qui, voulant aller à
l'encontre d'un mythe très répandu selon lequel blues et jazz étaient les musiques du diable (devil's
music), incorporèrent des Negro Spirituals, des Jubilee Songs et, plus tard, des gospels à leur répertoire
comme, parmi beaucoup d'autres, l'Impératrice du Blues elle-même, Bessie Smith ou le fondateur du
Mississippi blues rural Charley Patton mais aussi Blind Willie et Kate McTell, Thomas A. Dorsey, Louis
Armstrong, les Chicago Sanctified Singers avec Big Bill Broonzy, etc. La liste est loin d'être exhaustive.

Golden Gate Quartet early song              Charley Patton                           Blind Willie McTell
  Gospel train-Rock my soul           Jesus is a dying bed maker                        Pearly gates
          (Youtube)                           (Youtube)                                  (Youtube)

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Les Gospel songs

                                     C'est Thomas Andrew Dorsey (1899-1993) qui révolutionna le
domaine de la musique religieuse africaine-américaine en 1935 suite au décès de sa femme en couches. Il
fut littéralement le Père de la musique Gospel. Il avait été le pianiste attitré de la «Mère du Blues», Gertrude
« Ma » Rainey, une des plus célèbres chanteuses de blues dit classique des années 20, puis il avait été
pianiste de barrelhouse et de boogie woogie à Chicago sous le nom de Georgia Tom, avant de former un
duo avec le guitariste Tampa Red et de devenir, à eux deux, les fondateurs et spécialistes du Hokum Blues,
un blues très festif et aux paroles souvent pornographiques comme «Tight like that ».

Malgré cela, Dorsey était très intéressé par la musique religieuse noire depuis longtemps et, dès le début
des années '30, il travailla régulièrement avec des églises de son quartier du South Side à Chicago, en
particulier avec la Pilgrim Baptist Church sur Indiana Avenue dont il organisa les diverses chorales et où il
fut le directeur musical de 1932 jusqu'à la fin des années '70 . En 1933, il fonda la National Convention
of Gospel Choir qui organisa une compétition annuelle de chorales religieuses, chaque fois dans une
ville différente et, en 1935, suite à son drame personnel, il décida de laisser carrément tomber sa vie de
bluesman et de se consacrer entièrement à la musique religieuse.

Il prôna une réforme en profondeur pour dépoussiérer ce qui existait. En fait, son idée était simple : écrire
des morceaux avec des paroles inspirées par les Évangiles (Gospels) et des faits de la vie courante en
dialoguant familièrement avec les Apôtres, Jésus, Marie et le Saint Esprit mais sur des musiques et des
rythmes de blues surtout et, un peu, du jazz, en somme son bagage personnel.

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sans relâche, il accumula des dizaines et des dizaines de compositions originales, bourrées de swing et de
rythmes syncopés sur des mélodies plaisantes, des Gospel Songs souvent qualifiés de Gospel Blues et il
s'associa avec une chanteuse, Sallie Martin avec laquelle il alla présenter ses compositions un peu partout
dans l'Amérique noire.

De G à D : Necie Morris, Kenneth Morris et Sallie Martin, c.1940

Lentement mais sûrement, il fit une quasi-unanimité. Ses compositions étaient sur partitions, il en avait le
copyright et il les vendit par milliers d'exemplaires. En outre il devint talent scout, chercheur de talents, et il
découvrit Mahalia Jackson, Brother Joe May, James Cleveland et des dizaines d'artistes qui furent les
grandes vedettes du Gospel de l'Âge d'Or (1935-c.1970).

              e
Bien sûr, la 2 Guerre mondiale vint ralentir quelque peu ces activités mais dès 1945, tout redémarra en
fanfare et Dorsey devint une icône du Gospel. Il le demeura jusqu'à sa mort en 1993, en laissant derrière
lui des centaines de compositions qui sont toujours au répertoire de tous les groupes religieux, comme
Take my hand Precious Lord, If you see my savior, Peace in the valley, God is good to me, A little talk with
Jesus, That's good news, etc, etc. Là où les Blues parlent de mauvaises nouvelles (morts, accidents, sexe,
problèmes de couple, maladies, drogue) et sont donc la musique des bad news, les chansons de Dorsey
sont toujours positives, elles sont le vecteur des bonnes nouvelles. Les Gospels sont donc les symboles des
good news.

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   Thomas A. Dorsey/Tampa              Thomas Dorsey, the father                      If you see my savior         Take my hand, P
  Red :Tight like that (Youtube)       of gospel music (Youtube)                           (Youtube)                       (Youtu

                                      e
Les conséquences de la 2 guerre mondiale sur les musiques africaines
américaines

                                                                                               La seconde guerre
mondiale apporta son lot de changements dans la société américaine.

- Beaucoup de musiciens/chanteurs mâles étant sous les drapeaux, de nombreux groupes féminins se
créèrent et poursuivirent leur carrière après la guerre.
- Le Petrillo Ban (1942-1944) se traduisit par une grève des musiciens syndiqués et donc des
enregistrements mais les groupes de gospel eurent leurs églises où chanter et aussi la radio qui touchait
beaucoup de foyers, pour faire leur promotion.
- Les moyens d'enregistrement se démocratisèrent et après la guerre, des centaines de petites compagnies
indépendantes purent se créer et donner leur chance à toute une série de groupes et de chanteurs qui
étaient refoulés par les « majors ». Certaines de ces compagnies s'intéressèrent au blues…et au gospel :
Apollo, Savoy, Peacock, Nashboro, Specialty, Jewel, Herald, King...

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- Il devint possible d'électrifier les instruments de musique sur une grande échelle et donc de les amplifier.
- Les stations de radio se multiplièrent et nombre d'artistes furent prêts à tout - même à payer les D.J.'s -
pour que leurs disques passent sur antenne.
- Cela alla de pair avec la notoriété et l'importance des D.J.s noirs.
- Certaines chorales de gospel comme les Wings of Jordan bâtirent toute leur carrière sur la radio, avec
succès.

Illustrations : Charles A. Tindley - Lucie Campbell

Beaucoup plus d'artistes ayant accès au disque et à la radio, il fallut compter avec les compositeurs, il fallut
des maisons d'édition de partitions et tout le business que cela impliquait. En ce qui concerne le gospel,
parmi les nouveaux compositeurs on retrouva ceux qui avaient débuté avant 1940 comme Lucie Campbell
et Charles A. Tindley et tous les petits nouveaux comme Thomas A. Dorsey bien sûr, Roberta Martin,
Kenneth Morris, Herbert W. Brewster, etc.

Un nouveau média, la télévision, vint encore augmenter la visibilité des musiciens de tous les styles
populaires et, dès la fin des années 50, le phénomène des festivals en plein air démarra avec de nouveaux
débouchés pour les musiciens de variétés, de jazz, de blues et de gospel.

L'Âge d'or de la musique Gospel

                                                                                                   Dans
la continuité, des styles de gospel existant avant 1940 continuèrent à prospérer mais en recourant à
l'amplification électrique et en enrichissant partiellement leur répertoire avec les Gospel Blues de Thomas A.

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Dorsey ; ce fut le cas des évangélistes itinérants, des solistes et instrumentistes véhéments et passionnés
qui modernisèrent leur répertoire comme les quelques Jubilee Groups qui eurent encore la faveur du public
noir. Et il en alla de même avec de nouveaux prêcheurs charismatiques tout à fait en phase avec leurs
ouailles. Il y eut aussi des chorales dans le vent, soit itinérantes soit attachées à leur église, comme avant,
mais où des solistes de talent se révélèrent et firent souvent des carrières solos. Mais les plus grandes
vedettes de cet Âge d'Or furent les nouveaux groupes féminins, des groupes mixtes et des quartettes
masculins qui ne chantaient plus a capella : dans chaque groupe, deux voire trois chanteurs étaient aussi
des guitaristes électriques exaltés et il y avait souvent des percussions. Fréquemment, plusieurs leaders
se relayaient avec chacun leur personnalité propre, les uns plus réservés, les autres extravertis. Dans
les églises et en concert, ils descendaient dans le public et lui demandaient de témoigner leur foi avec
exubérance (Testify), ils tentaient, avec succès, d'instaurer un état de transe tant pour eux-mêmes que pour
les spectateurs et ils développèrent un style qui a pris le nom de Hard Gospel.

Parmi les nombreux groupes féminins les plus populaires, on citera les Caravans, Clara Ward et les
Ward Singers, les Davis Sisters, les Sallie Martin Singers, Dorothy Love Coates et les Gospel
Harmonettes, etc. Certains sont encore en activité.

             Caravan                     Clara Ward Singers /                       The Original Gospel
        Old rugged cross               Marion Williams, Packin up                 HarmonettesYou Must Be
           (Youtube)                           (Youtube)                           Born Again (youtube)

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les quartettes masculins les plus charismatiques de cette époque furent les Sensational Nightingales,
les Soul Stirrers, les 5 Blind Boys of Alabama, les Blind Boys of Mississippi, le Spirit of Memphis
Quartet, les Dixie Humming Birds, etc… Quelques-uns continuent encore leur carrière.

Parmi les groupes Jubilee à l'ancienne, on retrouve l'inoxydable Golden Gate Quartet. Dans les années
'70, ils allèrent s'installer à Paris où ils bénéficièrent d'un accueil chaleureux qui ne s'est jamais démenti, le
groupe s'y produit encore de nos jours.

Parmi les Prêcheurs qui furent parfois des millionnaires du disque, il y avait le Révérend C.L. Franklin
(père d' Aretha Franklin), le Révérend Kelsey, le Révérend B.C. Campbell, Elder Beck, etc.

    Sensational Nightingales         Joe Ligon/ Mighty Clouds of Joy                   Pilgrim Jubilees              Reverend C.L.
        Burying ground                  I know I've been changed                    God 's been good to me            Eagle stirs he
          (Youtube)                             (Youtube)                                 (Youtube)                        (Youtube

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De nombreux solistes se firent une place au soleil et furent adulés par les fidèles africains américains
comme les chanteuses Mahalia Jackson, Sister Rosetta Tharpe, Marion Williams, Marie Knight,
 Aretha Franklin (avant de passer au jazz puis au R&B et à la soul), des chanteurs comme le pianiste
James Cleveland , Cleophus Robinson , Brother Joe May, Alex Bradford… et des évangélistes comme
le Révérend Utah Smith, les Two Gospel Keys, etc.

        Albertina Walker                     Mahalia Jackson                         Brother Joe May               The conso
       Lord remember me                        Didn't it rain                     Move on up a little higher    Give me my f
           (Youtube)                           (Youtube)                                (Youtube)                   (Youtube

Parmi les groupes mixtes, citons entre autres le duo mari-femme The Consolers, les Roberta Martin
Singers, les Bradford Specials et les Staple Singers.

Lentement mais sûrement de grandes chorales rallièrent les suffrages et devinrent célèbres comme la
chorale de St Paul Baptist Church en Californie et l'Abyssinian Baptist Church Choir à New York, tout
en faisant des émules comme les Voices of Victory, etc.

Les soubresauts
L'histoire des musiques religieuses noires est loin d'être un fleuve tranquille et les péripéties allaient se
bousculer. Dès 1955, il y eut une chute significative de la vente des disques de gospel au bénéfice de
nouveaux styles qui cartonnaient auprès des jeunes, comme le Rhythm & Blues et, déjà, la musique soul
naissante très en vogue dès le début des sixties. Globalement, le R&B étaitt une fusion du jazz avec le
blues tandis que la musique soul était une fusion du gospel avec le blues. Une majorité des artistes qui se
détachèrent du lot dans ces styles nouveaux avaient un très fort background gospel et tous avaient chanté
dans leurs églises - car quasi tous les Africains Américains passent par la case église dans leur enfance et
dans l'adolescence - et beaucoup avaient fait partie de groupes de gospel.

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                                                   Par ailleurs, les mouvements pour les droits civiques et pour
                                                        1
la fin de la ségrégation raciale, peu actifs jusque là , prirent une ampleur inouïe sous l'égide du Pasteur
Martin Luther King. qui organisa des marches dans tout le Sud pour réclamer des droits égaux pour tous
avec, en représailles, les excès et bavures policières que l'on sait, avec des réactions de haine raciste
abjecte infamante et honteuse d'une partie agissante des populations blanches du Sud. Pour donner du
courage aux marcheurs, ces marches furent accompagnées de chants religieux à double-entendre ou
modifiés comme We shall overcome , We shall not be moved, You'd better leave segregatiion alone, We'll
never turn back, Oh Freedom, Fighting for my rights… rejoignant par là les Spirituals à double sens de
                             e
l'Underground Railroad du 19 s. qui annonçaient de façon codée l'imminence d'évasion d'esclaves vers
le Nord, voire les modalités de la fuite. Ces pratiques, remises au goût du jour, relancèrent quelque peu
l'intérêt de la population noire pour les chants religieux.

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                                                      Les années '60 furent aussi l'époque d'un Folk Music
Revival avec, à la clé, des festivals en plein air qui étaient quelque part une variante résurgente des
Camp Meetings. Toutes les musiques traditionnelles y furent ainsi remises à l'honneur par le disque et
par des apparitions en festivals, les musiques indiennes (Native music), les musiques ethniques des
immigrants (Juifs, Polonais, Allemands, Tchèques, Scandinaves, etc.) et bien entendu les musiques
africaines américaines aussi, en ce compris les musiques religieuses. Dans ce dernier cas, cela conduisit
à des Message Songs, des chants de revendication portés par des groupes comme les Staple Singers
qui passèrent avec armes et bagages du gospel traditionnel aux Message Songs, sur des rythmes de soul
music car ils étaient sous contrat Stax Records, une des compagnies qui se spécialisa dans la musique
Soul avec une branche gospel et une branche blues. Les Staple Singers voulaient que les Noirs américains
retrouvent leur fierté, qu'ils s'affirment haut et fort en tant que tels, qu'ils exigent l'égalité et le respect sans
concessions, et le groupe enregistra beaucoup de morceaux comme Respect, Be what you are, Unlock
your mind, Why am I treated so bad, etc. qui eurent un succès national et international et en fit un groupe
culte de ces années de combat.

Les années '70 apportèrent leur lot d'innovations et enregistrèrent de nouvelles péripéties. Nombre d'artistes
du gospel traditionnel étaient ulcérés de voir que, pour la plupart, ils gagnaient chichement leur vie en
comparaison des fortunes que leurs collègues de la soul music amassaient, collègues dont beaucoup
étaient issus de leurs rangs. L'hémorragie s'accentua et ceux que l'on appelait les transfuges quittèrent le
gospel traditionnel en masse, quelques-uns pour le Rock and roll (comme Little Richard) mais la majorité
pour la musique soul comme Sam Cooke et Johnny Taylor (tous deux ex- Soul Stirrers), Wilson Pickett,
Dionne Warwick, Lou Rawls, Solomon Burke, Aretha Frankin, Al Green... D'aucuns s'essayèrent au
va-et-vient entre gospel et soul, avec des succès divers et on vit même apparaître des groupes de Gospel
Rock comme les Mighty Clouds of Joy...

Comme si ces coups de boutoir portés au gospel traditionnel ne suffisaient pas, ses icones moururent l'une
après l'autre : Mahalia Jackson et Brother Joe May en 1972 , Clara Ward et Rosetta Tharpe en 1973 at
avant eux Sam Cooke, Archee Brownlee (des 5 Blind Boys of Mississippi)...

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Beaucoup en conclurent que c'était la fin de l'Âge d'Or du Gospel mais les réactions de survie prirent le
relais.

L'ère des grandes chorales (Mass Choirs)
En 1968, James Cleveland (1931-1991), l'ex pianiste des célèbres Caravans, mais aussi chanteur,
arrangeur, compositeur, leader, grand maître et organisateur de chorales, lança un mouvement qui plaidait
pour un retour à l'orthodoxie, « Gospel is still Gospel ». Il fonda le Gospel Music Workshop of America
 (dans la continuité de la National Convention of Gospel Choirs de Thomas A. Dorsey) qui demeure ,malgré
le décès de son fondateur en 1991, un workshop toujours aussi prestigieux en 2015 que lors des premières
années de sa création quand il rassembla, chaque année des douzaines de chorales pré-sélectionnées
(beaucoup d'appelés, peu d'élus) qui tentaient de ravir le titre de Meilleure Chorale de Gospel de l'année.

         James Cleveland,
           Peace be still
            (Youtube)

L'originalité de Cleveland fut de lancer, avec succès, la formule des grandes chorales mixtes de plusieurs
dizaines de membres, les Mass Choirs qui connaissent encore une grande vogue de nos jours dans toutes
les églises noires et elles sont doublement mixtes dorénavant , hommes-femmes mais aussi blancs-noirs.
Cleveland y gagna un titre, celui de Crownprince of Gospel et il fut suivi dans cette voie par l'évangéliste
Shirley Caesar, une ex-chanteuse des Caravans comme lui, et que l'on surnomme la First Lady of Goospel,
toujours très active en 2015.

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Le Gospel contemporain

                                                 L'ère des Mass Choirs atteignit son apogée en 1969 avec
une chorale de Californie, les Edwin Hawkins Singers, qui sortirent un disque dont un morceau devint un
classique des classiques, repris par des milliers de groupes et de solistes noirs bien sûr, mais aussi par
des Américains blancs, des Européens, des Africains ou des Asiatiques, encore aujourd'hui. Il s'agissait
du célébrissime Oh Happy Day composé par le pianiste Edwin Hawkins et chanté par Dorothy Morrison
avec accompagnement de tambourin et d'une chorale. Ce fut une révolution en ce sens que ce morceau fut
repris par TOUTES les stations de radio (noires ET blanches) du monde entier, en ce compris les stations
généralistes non spécialisées en musique, il se retrouva dans les juke-boxes partout dans le monde et fut,
pour la première fois, un crossover massif. Le gospel sortit des ghettos noirs pour se retrouver sur la scène
internationale et la grande masse des publics NON-noirs-américains découvrit l'existence d'une musique
africaine-américaine par ce biais.

     Edwin Hawkins singers
        Oh Happy day
          (Youtube)

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                                                    Cette ouverture vers un public blanc très réceptif eut des
conséquences immenses. Le chanteur-pianiste-compositeur noir Andrae Crouch se rua dans cette
ouverture, suivi par Jessy Dixon, un chef de chorale noire de Chicago. Avec un groupe mixte de musiciens
noirs et blancs, de chanteurs masculins et féminins, Crouch élabora un soul gospel qui s'adressait aussi
à un public blanc et, en 1976, il fut invité à l'Ichtius Festival, une réponse religieuse au festival profane
de Woodstock. Le groupe de Crouch, les Disciples, fut le seul groupe à demi Africain Américain dans
une mer de chorales et de solistes blancs mais ils remportèrent un succès colossal. C'était l'époque du
mouvement hippie et du «Love and Peace» largement ouvert aux Noirs. Dans le domaine des musiques
religieuses noires, ce fut la fusion entre gospel et pop music et l'intrusion d'un mélange de Rock et de Soul
dans le gospel avec profusion de cordes, de synthétiseurs, de keyboards et de cuivres, les arrangements
furent sophistiqués et les mélodies pop. On parla de plus en plus de Gospel contemporain. Le Gospel
traditionnel de l'Âge d'Or n'en mourut pas mais il devint un style marginal, toujours pratiqué de nos jours
mais par un nombre réduit de groupes et de solistes, pour un nombre de plus en plus réduit d'amateurs. Les
temps changeaient et le public voulait sans cesse du neuf... On lui en donna et pas qu'un peu.

                                                                                         Andrae Crouch et les Disciples
                                                                                                             Photo DR

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                                                   Le gospel contemporain évolua dans le sens de la
disparition progressive de la frontière entre le séculier et le sacré, les artistes estimant qu'il étaient d'abord
des êtres vivants, des pêcheurs angoissés qui doutaient mais en phase avec la musique moderne de leur
temps avant d'être, comme avant, des pêcheurs repentis, sûrs d'eux et sauvés. Les quartettes d'avant
furent remplacés par des Mass Choirs comme le Mississippi Mass Choir, le Georgia Mass Choir, le
Chicago Mass Choir, les Bethel Temple Voices of Christ du Bishop Robert Evans, etc.dont les sources
d'inspiration pouvaient être la musique classique de Bach, de Haendel, etc. Et parmi leurs nouveau hérauts,
il y avait, entre autres, John P. Kee.

En 2015, la scène gospel est foisonnante, à noter que c'est le seul style musical ancestral encore populaire
au sein des communautés noires d'Amérique. De manière générale, le blues et le jazz ne sont plus prisés
que par les amateurs blancs en Amérique, par les Européens et par les Asiatiques. Les Noirs s'en sont
détournés en masse (« c'est de l' Old time Music » !) au bénéfice du rap de Jay-Z et consorts, de la New
Soul ( Beyoncé…) et de la grande variété internationale (Michael Jackson, puis Madonna, maintenant les
Boys Bands, Katy Perry, Rihanna...).

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                                                 Les variantes du gospel contemporain sont multiples. Les
paroles sont toujours à connotation religieuse (mais parfois si peu, si peu), il y a du Hip Hop gospel, du
gospel rock-funk-pop, le Black Gospel et la Christian Music (blanche), les grands frères ennemis d'antan se
sont rapprochés jusqu'à fusionner et les grands de ces nouvelles formes de Gospel sont Kirk Franklin, The
Winans, Mary Mary, Dottie Peoples, Yolanda Adams, Tye Tribbett, Smokie Norful, Donnie McClurkin
et beaucoup d'autres encore qui ont une popularité gigantesque au sein des communautés de toutes
couleurs en Amérique. Ils sont millionnaires du disque (mais curieusement, ces vedettes sont peu connues
en Europe !). Il y a même du Gospel Jazz avec la Texane Kim Burrell, du Gospel Reggae avec Christafari
et du Gospel néo-soul-funk-rock avec les Four Kornerz… Bref une vitalité du tonnerre.

  Aretha Frankin aux obsèques            Jackson Southernaires                         Dottie Peoples,              kirk Fran
      de Albertina Walker                   Old ship of Zion                          Nobody can do me        My life is in yo
           (Youtube)                          (Youtube)                                  (Youtube)                   (Youtu

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         Yolanda Adams                      Mary Mary (Erica and                  Donnie McClurkin-Yolanda
         Never give up                    Tina Campbell, Go get it              Adams-Kirk Franklin, The prayer
           (Youtube)                            (Youtube)                                (Youtube)

Les héritiers du Gospel - Soul Music - Disco Music - Soul Moderne - R&B
moderne
La Soul Music naquit à la fin des années '50 et son histoire, qui va de pair avec celle du Rhythm & Blues,
fut abondamment contée par des spécialistes comme Jeff Hannusch, Peter Guralnik, Phyl Garland, Robert
Pruter, Gerri Hirshey, Michael Haralambos et par une foule d'auteurs qui, de nos jours, se consacrent plutôt
à des biographies ou à des encyclopédies. Cette musique était littéralement le résultat de la fusion du blues
et du gospel. Les paroles religieuses furent abandonnées mais la plupart des vedettes du style venaient
de l'église et avaient pris avec eux le bagage instrumental qui s'ouvrit encore davantage aux rythmes et
aux mélodies du blues. Les pionniers ne venaient pas tous directement d'une église mais ils en aimaient la
musique et ils la parodièrent avec ferveur comme Ray Charles dans What'd I say, I got a woman, This little
girl of mine (parodie du gospel « This little light of mine »). La soul d'un James Brown fut du «preaching»
avec un jeu de scène qui imitait un pasteur haranguant sa congrégation, ici son public, et tombant à genoux,
en transe. De même, Ike et Tina Turner participèrent au même cérémonial avec, en sus, des danses
lascives et explicites des choristes, les Ikettes, etc. Et il y eut des douzaines de solistes et de groupes qui
allèrent dans le même sens.

Deux grandes compagnies de disques (parmi des douzaines d'autres) se consacrèrent à ce style : la Stax
Records (fondée par Jim Stewart, un Blanc, à Memphis avec, à son palmarès, Otis Redding, Wilson
Pickett, les Staple Singers, Isaac Hayes, etc… tenants d'une soul torride, très bluesy, dynamique et
rythmée) et la Tamla Motown Records (fondée par Berry Gordy, un Noir, à Detroit avec, au catalogue,
Diana Ross et les Supremes, les Temptations, Marvin Gaye, les Four Tops, Stevie Wonder, Smokey
Robinson, les Jackson Five avec Michael Jackson, etc… tenants d'une soul plus soft, moins agressive et
très dansante).

Par la suite, les sous-genres se sont multipliés, Chicago soul, Philadelphia soul, Psychedelic soul, Blue-
eyed soul, British soul, Northern soul (UK), Modern soul, Nu soul, Neo soul, soul-influenced electronica, et

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des styles très influencés par la soul comme la house, le drum'n' bass, le UK garage, le downtempo, etc. qui
                              e
sont en fait la pop music du 21 siècle.

En 2015, la soul et le nouveau R&B, c'est Erika Badou, Beyonce, Katy Perry, Shakira, Christina
Aguilera Pharell Williams et toute une cohorte d'artistes très populaires auprès des jeunes... et des moins
jeunes.

           Beyonce                            Katy Perry                            Pharell Williams
         Drunk in love                        Dark horse                                Happy
          (Youtube)                           (Youtube)                               (Youtube)

Quant à la musique disco, elle apparut vers la mi- '70 comme un avatar de la soul, plus funky, plus soft,
plus sophistiquée, plus chic et encore plus dansante avec Gloria Gaynor, Donna Summer, Barry White et
une cohorte de solistes et de groupes noirs (Earth Wind and Fire, Boney M…) et blancs (Bee Gees…).
Comme le monstre du Loch Ness, ce style disparaît puis ré-apparaît au fil du temps, un peu partout dans le
monde et, de nos jours encore, il y a des groupes de musique disco et beaucoup d'amateurs pour les suivre
et les encourager.

Tous ces courants musicaux sont importants mais marginaux par rapport au cadre choisi pour ce panorama
des musiques noires américaines et on renverra le lecteur qui veut en savoir plus aux magazines qui en
parlent (comme Soul Bag en France, ….) et aux nombreux livres mis sur le marché.

                                                                                                       Robert Sacré
                                                                                                          Août 2015

1
  Avant King, le N.A.A.C.P. ( National Association for the Advancement of Colored People) fut fondé en
1909 à partir du Niagara Movement créé en 1905 par W.E.B. DuBois. Il défendit le droit de vote des Noirs
dans le Sud et combattit les lynchages, avec des succès lents et relatifs jusque dans les années '50.

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Bibliographie sommaire
Musiques religieuses africaines américaines
Anthony Heilbut, The Gospel Sound - Good News and Bad Times, Limelight Edition, 1985
Robert Sacré, Les Negro Spirituals et les Gospel Songs, Que Sais-je ? no.2791, Presses Universitaires de
France, 1993
Horace Clarence Boyer, How sweet the sound - The Golden Age of Gospel, Elliott & Clark Publ., 2005
Alan Young, Woke me up this morning. Black Gospel Singers and the Gospel Life, University Press of
Mississippi, 1997
Encyclopedia of American Gospel Music, W.K.McNeil editor, Routledge, 2005
Bill Carpenter, Uncloudy Days. The Gospel Music Encyclopedia, Backbeat Books, 2005
Steve Turner, An illustrated History of Gospel. Gospel Music from early spirituals to contemporary urban,
2010 ; Lion Hudson plc Oxford, England

Robert Marovich, A City Called Heaven: Chicago and the Birth of Gospel Music,University of Illinois Press,
mars 2015.

Soul et Disco

Gerri Hirshey, Nowhere to run. The story of soul music, Macmillan, 1984 ; en Français Étoiles de la Soul et
du R&B, 2013
Peter Guralnik, Sweet Soumusic - Rhythm & Blues and the Southern Dream of Freedom, Harper & Row
1986
Sébastian Danchin, Encyclopédie du Rhythm & Blues et de la Soul, Fayard 2002
Florent Mazzoleni, Motown Soul et Glamour, Le Serpent à Plumes, 2009
Florent Mazzoleni, L'Odyssée de la Soul et du R&B, Hors Collection, 2010

 Les musiques religieuses noires, de 1835 à nos jours
>> Le Blues : Le Blues avant 1945 -- Le Blues moderne d'après 1945 -- Le Blues aujourd'hui
>> Le Jazz : Les origines -- Les cinq âges du Jazz

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