Lignes directrices sur la nutrition - www.ifrc.org Sauver des vies, changer les mentalités.
←
→
Transcription du contenu de la page
Si votre navigateur ne rend pas la page correctement, lisez s'il vous plaît le contenu de la page ci-dessous
Lignes directrices sur la nutrition www.ifrc.org Sauver des vies, changer les mentalités.
© Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève, 2015 Toutes les parties de ces Lignes directrices peuvent être copiées à des fins non commerciales, à condition de citer clairement la source. La Fédération internationale apprécierait d’être tenue informée de toute utilisation faite de ce document. Toute demande de reproduction à des fins commerciales doit être Case postale 303 adressée directement au Secrétariat de la Fédération internationale CH-1211 Genève 19 (secretariat@ifrc.org). Suisse Les opinions et recommandations exprimées dans ces Lignes direc- Téléphone : +41 22 730 4222 trices ne reflètent pas systématiquement la politique officielle de la Fédé- Fax : +41 22 733 0395 ration internationale. De même, les désignations et les cartes utilisées Courriel : secretariat@ifrc.org dans cette publication n’impliquent aucun jugement de la part de la Site web : www.ifrc.org Fédération concernant le statut juridique des territoires concernés ou de Lignes directrices sur la nutrition leurs autorités. Sauf mention contraire, toutes les photos utilisées dans 1255500 05/2015 F la présente publication sont la propriété de la Fédération internationale. Couverture et illustrations : Mathilde Laurent (mathildelaurent.fr@gmail.com) Suivez-nous :
Lignes directrices
sur la nutrition
La Fédération internationale des Sociétés de la Guidées par la Stratégie 2020 – le plan d’action col-
Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (Fédération in- lectif pour faire face aux défis humanitaires majeurs
ternationale) est le plus vaste réseau humanitaire de et du développement de la décennie – la Fédération
volontaires au monde. Chaque année, avec ses 189 internationale et les Sociétés nationales sont détermi-
Sociétés nationales membres dans le monde, elle agit nées à « sauver des vies et changer les mentalités ».
en faveur de 97 millions de personnes par le biais de La Fédération internationale et les Sociétés nationales
services et de programmes de développement à long tiennent leur force de leur réseau de volontaires, du
terme, ainsi que de 85 millions de personnes, à tra- savoir-faire acquis dans les communautés, de leur indé-
vers des opérations d’urgence en cas de catastrophe pendance et de leur neutralité. Elles s’emploient à amé-
et de relèvement précoce. Elle œuvre avant, pendant liorer les normes humanitaires, en tant que partenaires
et après les catastrophes et les urgences sanitaires du développement et en intervenant en cas de catas-
pour répondre aux besoins et améliorer les conditions trophe. Elles persuadent les décideurs d’agir en toutes
d’existence des personnes vulnérables. Elle le fait de circonstances dans l’intérêt des personnes vulnérables.
façon impartiale, sans distinction fondée sur la natio- Ce faisant, elles rendent les communautés saines et
nalité, la race, le genre, les croyances religieuses, la sûres, réduisent les vulnérabilités, renforcent la résilience
classe sociale ou les opinions politiques. et encouragent une culture de paix dans le monde entier.Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Lignes directrices sur la nutrition
Table des matières
Liste des acronymes 5
À propos de ces lignes directrices 7
Informations générales 7
Objectif 8
Priorités/contenu 8
Introduction à la nutrition 9
Pourquoi la nutrition est-elle importante ? 9
Qu’est-ce que la malnutrition ? 11
Promouvoir une bonne nutrition 11
Quels sont les types de malnutrition ? 12
Formes graves de malnutrition 14
Quels services de santé et de nutrition sont requis ? 16
Que peuvent faire les volontaires ? 17
Synthèse de la partie 1 19
Régime alimentaire familial 21
Pourquoi est-il important d’avoir une bonne alimentation ? 21
Quels sont les bons comportements en matière de nutrition ? 22
Que peuvent faire les volontaires ? 29
Synthèse de la partie 2 30
La nutrition des femmes 31
Pourquoi une bonne nutrition est-elle importante pour les femmes et les adolescentes ? 31
Quels sont les bons comportements des femmes et des adolescentes en matière de nutrition ? 32
Régime alimentaire adapté 33
Absence de maladies 35
Pratiques de soins appropriées 37
Quels sont les services de santé et de nutrition disponibles ? 39
Que peuvent faire les volontaires ? 40
Synthèse de la partie 3 41
3Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge Lignes directrices sur la nutrition La nutrition des nourrissons et des jeunes enfants 45 Pourquoi une bonne nutrition est-elle importante pour les nourrissons et les jeunes enfants ? 45 Quels sont les bons comportements en matière de nutrition ? 47 Régime alimentaire adapté 47 Absence de maladies 55 Pratiques de soins appropriées 57 Quels services de santé et de nutrition sont requis ? 59 Que peuvent faire les volontaires ? 61 Synthèse de la partie 4 62 Boîte à outils 63 Outil de détection et d’orientation 63 Interprétation des indicateurs de la mesure du périmètre brachial 66 Mise en place d’un système d’orientation vers les services de traitement de la malnutrition aiguë 67 4
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Lignes directrices sur la nutrition
Liste des acronymes
FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
Fédération Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
OMS Organisation mondiale de la Santé
ONG Organisation non gouvernementale
PB Périmètre brachial
PSSBC Premiers secours et santé à base communautaire
SIDA Syndrome d’immunodéficience acquise
SRO Sels de réhydratation orale
VIH Virus de l’immunodéficience humaine
56
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Lignes directrices sur la nutrition
À propos de ces
lignes directrices
Informations générales
Près d’un milliard de personnes dans le monde souffrent de dénutrition, c’est-à-
dire manquent des aliments nécessaires pour se nourrir correctement. Toutefois,
l’absence d’accès aux vivres n’est pas seule en cause ; les mauvais comportements
et pratiques en matière de nutrition et d’alimentation jouent également un rôle.
Ce sont les enfants qui sont les plus vulnérables. Ainsi, plus d’un tiers des enfants
africains souffrent de malnutrition chronique, qui compromet de manière perma-
nente la croissance physique et le développement mental dès l’âge de deux ans. Le
meilleur moyen de mesurer le taux de malnutrition est donc d’évaluer le nombre
d’enfants de moins de cinq ans qui sont trop petits par rapport aux normes inter-
nationales (ce que l’on appelle le « retard de croissance »). En général, des taux
élevés de retard de croissance indiquent que toute la communauté pourrait souf-
frir de problèmes nutritionnels.
La santé et la nutrition sont étroitement liées. Près de la moitié des décès d’en-
fants pourraient être évités si la malnutrition ne venait pas s’ajouter à la maladie.
Parallèlement, la maladie accroît le risque de malnutrition chez les enfants. Les
mères sous-alimentées donnent naissance à des enfants présentant une insuffi-
sance pondérale, qui risquent davantage une fois adultes d’avoir eux-mêmes des
enfants en sous-poids. Les personnes positives au VIH ont besoin de nutriments
supplémentaires, surtout lorsqu’elles prennent des médicaments antirétroviraux.
Les adultes qui souffrent d’un manque de micronutriments (vitamines et miné-
raux) et d’autres carences sont souvent fatigués et, par conséquent, moins pro-
ductifs. Cela réduit leur capacité de subvenir aux besoins de leur famille et, au
niveau national, freine considérablement l’économie d’un pays.
L’obésité, une autre facette de la malnutrition, est maintenant reconnue dans la
plupart des pays comme un problème grave et croissant, et un facteur décisif dans
les maladies non infectieuses telles que le diabète. Parfois, des enfants sous-ali-
mentés et des adultes obèses prédisposés aux maladies vivent sous le même toit,
et il apparaît de plus en plus clairement que les enfants souffrant de malnutrition
risquent davantage de souffrir d’obésité et de problèmes connexes une fois adultes.
Objectif
Les présentes lignes directrices visent à compléter les documents de référence et
les outils de formation élaborés par la Fédération internationale dans le domaine
7Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Lignes directrices sur la nutrition
de la santé, notamment les manuels et les supports de formation La lutte contre les
épidémies à l’usage des volontaires et Premiers secours et santé à base communautaire 1.
Ces lignes directrices devraient être utilisées à des fins de sensibilisation, de renfor-
cement des capacités et d’intégration dans les programmes des Sociétés nationales
en matière de santé, de nutrition et de sécurité alimentaire. Les Sociétés nationales
qui souhaiteraient faire de la lutte contre la malnutrition l’un de leurs objectifs
principaux sont encouragées à participer aux mécanismes de planification natio-
nale et aux débats politiques relatifs à cette question. Étant donné que de nombreux
gouvernements et donateurs entendent faire mieux connaître les initiatives prises
en vue de réduire les taux de malnutrition, coopérer avec les différentes parties
prenantes et jouer le rôle de partenaire d’exécution peut être une stratégie payante
pour les Sociétés nationales, qui pourront ainsi renforcer leurs propres capacités,
s’assurer de la qualité de la mise en œuvre et participer à un programme ayant suf-
fisamment d’impact pour bénéficier à un grand nombre de personnes vulnérables.
Les Sociétés nationales peuvent donc utiliser ces lignes directrices pour sensibi-
liser le public et renforcer les capacités internes en vue de mener des interventions
dans le domaine de la nutrition, ainsi que de promouvoir des bonnes pratiques et
des principes en la matière similaires à ceux recommandés par d’autres acteurs.
Les supports peuvent aussi être utilisés pour intégrer la lutte contre la malnutri-
tion dans des programmes existants. Par exemple, ils pourraient être inclus dans
la formation dispensée au personnel ou aux volontaires dans le cadre des pro-
grammes de sécurité alimentaire ou de premiers secours et santé à base commu-
nautaire, ou encore dans les séances d’éducation nutritionnelle s’adressant aux
mères qui consultent les services d’urgence des dispensaires.
Priorités/contenu
Ces lignes directrices contiennent des informations et des conseils sur les meil-
leures pratiques mondialement reconnues pour lutter contre la malnutrition ;
elles visent à favoriser les « programmes fondés sur des données probantes »
(c.-à-d. les interventions dont il a été prouvé, après des études approfondies,
qu’elles étaient efficaces pour obtenir les résultats escomptés). Nous nous
sommes efforcés de faire concorder les messages véhiculés dans le présent texte
avec la documentation existante sur ce thème et des sujets connexes. Cependant,
cette documentation est généralement axée sur la promotion de l’allaitement et
ne traite pas suffisamment d’autres questions clés telles que l’alimentation com-
plémentaire ou la nutrition maternelle.
Les outils figurant dans ces lignes directrices sur la nutrition devraient de préférence
être utilisés pour déterminer des domaines prioritaires aux fins de la transmission
de messages et du changement des comportements. Au niveau local, il peut être
plus judicieux d’utiliser des supports de formation ou des messages sur la nutrition
adaptés à la situation locale, qu’ils soient conçus dans le cadre de programmes du
ministère de la Santé ou d’autres programmes locaux de promotion de la nutrition,
ou élaborés en phase avec ces programmes. Il convient de consulter ces documents
lorsque des interventions au niveau des communautés sont prévues.
En l’état actuel, ces lignes directrices abordent les principaux thèmes suivants : partie
1, introduction à la malnutrition ; partie 2, régime alimentaire familial ; partie 3, la
nutrition des femmes ; et partie 4, la nutrition des nourrissons et des jeunes enfants.
1 Fédération internationale, La
lutte contre les épidémies Des sujets connexes, tels que la prévention et le traitement des maladies, le VIH et
à l’usage des volontaires la promotion de l’hygiène, sont traités exhaustivement dans d’autres documents
(décembre 2008) et Premiers
secours et santé à base
(plus précisément, Implementation guide for Community-based health and first aid in action
communautaire (mars 2009). (CBHFA) ; La lutte contre les épidémies à l’usage des volontaires ; Guidelines on HIV prevention).
8Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
1. Introduction à la nutrition
1.
Introduction à la nutrition
À la fin de cette partie, vous :
• comprendrez pourquoi une bonne nutrition est importante ;
• aurez acquis des connaissances sur la malnutrition et ses causes ;
• saurez quels services de santé et de nutrition sont disponibles ;
• saurez ce que peuvent faire les volontaires.
Pourquoi la nutrition est-elle
importante ?
Notre corps a besoin d’une quantité suffisante d’aliments adéquats qui nous
apportent l’énergie nécessaire pour grandir, apprendre, travailler et rester en
bonne santé. Les enfants de moins de deux ans ont des besoins particuliers car
leur organisme se développe et évolue rapidement, même avant la naissance.
Les femmes enceintes et les mères allaitantes doivent également bien se nourrir
pour préserver leur propre santé et celle de leurs nourrissons.
La santé et la nutrition sont étroitement liées. Un enfant bien nourri a beaucoup
plus de chances de se remettre d’une maladie grave qu’un enfant souffrant de
malnutrition. Par contre, des maladies aiguës ou récurrentes comme le palu-
disme ou la diarrhée peuvent augmenter le risque de malnutrition chez l’enfant.
Les écoliers et les adultes qui souffrent d’un manque de micronutriments (vita-
mines et minéraux) ou d’autres carences nutritionnelles peuvent se sentir fati-
gués, avoir de la peine à travailler et avoir une santé fragile. Il peut être difficile
pour ces adultes de subvenir aux besoins de leur famille. De même, les adultes
présentant un excès de poids important risquent plus que les autres de déve-
lopper certains problèmes de santé graves.
Une bonne nutrition est importante pour la santé et le bien-être de chacun. Elle
est toutefois particulièrement cruciale pour les nourrissons, les jeunes enfants, les
mères et les adolescentes, qui deviendront mères à leur tour. Comme le montre
le diagramme ci-après, une mauvaise nutrition ne serait-ce que pendant une
phase du cycle de vie peut compromettre la santé non seulement de la personne
concernée, mais aussi des générations futures.
9Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Lignes directrices sur la nutrition
Graphique du cycle de la vie
Relations Impacts de la malnutrition
Taux plus élevés
de morbidité,
de décès
Femme
âgée
fragile Insuffisance
Femme pondérale à la
Bébé
âgée naissance
Adolescente
Femme Mère souffrant et jeune mère
adulte Adolescente présentant un
de malnutrition
retard de
croissance
Capacité
d’apprentissage et
productivité plus faibles
Les causes de la malnutrition sont multiples, interdépendantes et complexes.
Causes immédiates
• Régime alimentaire inadapté : une personne a un régime alimentaire ina-
dapté lorsqu’elle ne consomme pas d’aliments suffisamment variés (qualité)
et/ou qu’elle ne mange pas assez (quantité).
• Maladies : lorsqu’une personne est malade, elle perd l’appétit et son corps ne
parvient plus aussi bien à assimiler la nourriture, ce qui l’affaiblit et le rend
plus vulnérable à d’autres maladies. De plus, les maladies et les blessures en-
traînent un besoin accru de nutriments pour la phase de rétablissement.
Causes sous-jacentes
• Insécurité alimentaire2 : on parle d’insécurité alimentaire lorsqu’une famille
est incapable de produire ou d’acheter assez d’aliments suffisamment va-
riés pour subvenir à ses besoins. Même lorsqu’il y a assez de vivres dans un
ménage, il arrive que ceux-ci ne soient pas répartis équitablement et que la
priorité ne soit pas donnée aux membres vulnérables de la famille, comme
les enfants ou les femmes.
• Insuffisance des soins maternels et infantiles : parfois, les mères et leurs
enfants n’ont pas une alimentation adaptée à cause de tabous locaux ou par
manque de connaissances, de soins ou d’attention.
• Insuffisance des soins de santé et environnement insalubre : des services
de santé de base peu accessibles ou inutilisés, le manque d’hygiène dans la
2 Il y a insécurité alimentaire zone d’habitation, des systèmes d’assainissement inexistants ou déficients et
quand l’accès aux aliments
et leur disponibilité et/ou leur l’absence d’eau potable sont autant de facteurs qui engendrent des risques
utilisation sont inadéquats. sanitaires et contribuent aux problèmes de nutrition.
Messages clés
Une bonne nutrition est importante à tout âge. Notre corps a besoin d’une quantité suffisante d’aliments adéquats qui
nous apportent l’énergie nécessaire pour grandir, apprendre, travailler et rester en bonne santé. Les enfants de moins
de deux ans ont des besoins particuliers, car leur organisme se développe et évolue rapidement, même avant la
naissance. La santé et la nutrition sont étroitement liées : une personne doit bien se nourrir pour se maintenir en forme,
tandis qu’une santé fragile peut se répercuter sur son état nutritionnel.
10
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
1. Introduction à la nutrition
Qu’est-ce que la malnutrition ?
Causes de la malnutrition
Malnutrition
Causes immédiates Régime alimentaire Maladie 3 Les protéines, les graisses,
inadapté
les glucides (amidons), les
vitamines et les minéraux sont
différents types de nutriments.
4 Cela signifie que ces enfants
Sécurité Insuffisance des auraient survécu à la maladie
Insuffisance des
Causes sous-jacentes alimentaire du soins de santé et s’ils n’avaient pas été sous-
soins maternels
ménage environnement alimentés. Une autre étude a
et infantiles
inadéquate insalubre révélé que plus de 30 % des
décès d’enfants pouvaient
être directement attribués à la
malnutrition.
Institutions formelles et informelles, éducation,
Causes fondamentales 5 Dans les présentes lignes
structure économique, politique
directrices, le terme
« nourrisson » désigne
généralement les enfants de
La malnutrition est une affection due à un manque de nourriture, à la consom- moins de six mois, tandis que
mation d’aliments inadaptés ou à l’incapacité d’extraire des aliments les nutri- le terme « jeune enfant » vise
les enfants de plus de six mois.
ments3 nécessaires. Les personnes souffrant de malnutrition ont des difficultés Le mot « bébé », plus général,
à grandir, à apprendre, à réaliser des travaux physiques, à résister aux maladies a été proscrit pour éviter
et aux blessures et à se rétablir. toute confusion quant aux
recommandations spécifiques
à un âge. Les termes « enfant »
Une mauvaise nutrition entraîne de graves conséquences : ou « enfants » ont été utilisés
pour désigner les nourrissons
• Dans plus de la moitié des cas de décès d’enfants dus à la diarrhée, au palu- ET les jeunes enfants.
disme et à la pneumonie, la malnutrition est une cause sous-jacente4. 6 Dans la plupart des cas de
• Chez les enfants, 20 % des décès liés à la malnutrition sont dus à une malnutri- malnutrition aiguë ou chronique
modérée, les bonnes pratiques
tion sévère, mais les 80 % restants se rapportent à des formes de malnutrition en matière de nutrition et
légères ou modérées qui touchent la plupart des enfants, mais qui ne sont pas d’alimentation sont essentielle-
ment les mêmes, qu’on essaie
facilement détectables et restent souvent ignorées au niveau des communautés. de « guérir » ou de « prévenir »
la malnutrition. C’est pourquoi
Les femmes enceintes, les mères allaitantes et les jeunes enfants sont les plus ces lignes directrices mettent
l’accent sur la prévention.
vulnérables à la malnutrition. Il a été prouvé que les enfants qui souffrent de Un processus de sélection
malnutrition pendant leurs deux premières années de vie subissent des dom- peut ensuite permettre de
distinguer, parmi tous les jeunes
mages physiques et mentaux irréversibles. enfants, ceux qui souffrent de
malnutrition modérée, lorsqu’il
faut limiter le nombre de partici-
La malnutrition pendant la grossesse fait courir de grands risques tant à la mère pants aux séances de formation
qu’à l’enfant à naître. Une femme enceinte sous-alimentée peut souffrir de com- ou qu’une aide alimentaire ou
plications pendant sa grossesse ou lors de l’accouchement. Son enfant peut des allocations en espèces sont
proposées. Dans de tels cas,
avoir des problèmes de croissance dans l’utérus et, par conséquent, naître avec les participants cibles peuvent
un poids trop faible. Les nourrissons5 qui présentent une insuffisance pondérale être soit les personnes ayant
des enfants sous-alimentés ou
à la naissance sont davantage exposés aux problèmes de santé. celles ayant de jeunes enfants
et répondant à d’autres critères
de vulnérabilité, soit toutes les
Promouvoir une bonne nutrition personnes ayant de jeunes
enfants. En cas de malnutrition
aiguë sévère, il est recom-
mandé aux volontaires de
toujours orienter les personnes
Le diagramme ci-dessus montre les trois principes clés dans lesquels on peut vers un poste de santé et de ne
répartir certaines actions ou certains « comportements » en vue de promouvoir participer à la prise en charge
thérapeutique qu’exception-
une bonne nutrition. Pour lutter contre la malnutrition, la prévention est la meil- nellement, dans le cadre d’un
leure stratégie 6. programme plus vaste.
11Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Lignes directrices sur la nutrition
Ces trois principes clés sont :
Un régime alimentaire adapté
• Tous les membres du ménage mangent des aliments assez variés et en quan-
tité suffisante, en tout temps.
L’absence de maladies
• Tous les membres du ménage se protègent contre les maladies telles que la
diarrhée, le paludisme et le VIH, et contre les vers intestinaux, qui nuisent à
l’assimilation de la nourriture par l’organisme.
Des pratiques de soins appropriées
• Tous les membres du ménage reçoivent les soins nécessaires, surtout les plus
vulnérables, comme les femmes enceintes, les mères allaitantes et les jeunes
enfants. Dans le cas des enfants, cela signifie de bonnes pratiques alimentaires
et un milieu caractérisé par la bienveillance et l’attention. Il s’agit aussi d’as-
surer un environnement favorable aux mères pour qu’elles puissent se nourrir
correctement, se reposer et avoir le temps de s’occuper de leurs enfants.
Ces trois principes clés seront rappelés dans tout ce document, qui recense aussi
des comportements recommandés et des messages de sensibilisation spéci-
fiques à des groupes particuliers comme les familles (partie 2), les adolescentes,
les femmes enceintes et les mères allaitantes (partie 3), et les nourrissons et les
jeunes enfants (partie 4).
Messages clés
Les trois principes clés d’une bonne nutrition sont : 1) un régime alimentaire adapté – manger des aliments
adéquats en quantité suffisante ; 2) l’absence de maladies – rester en bonne santé ; et 3) des pratiques de soins
appropriées – assurer un bon niveau de soins, de repos et d’hygiène, ainsi qu’un milieu stimulant et bienveillant
pour les jeunes enfants.
Quels sont les types
de malnutrition ?
Si la prévention reste la meilleure option, il est important de savoir reconnaître
les différents types de malnutrition et, le cas échéant, de savoir vers quels ser-
vices orienter les personnes concernées pour qu’elles reçoivent un traitement.
Il existe plusieurs types de malnutrition7 : (voir tableau ci-contre)
7 Certains experts décrivent 
la malnutrition comme
la combinaison de la
« dénutrition » (aiguë ou
chronique, y compris les
carences en micronutriments)
et de la « suralimentation »
(surpoids ou obésité). Dans
le présent supplément,
des termes plus courants
sont utilisés, à savoir
« malnutrition » pour désigner
les cas de mauvaise nutrition,
et « surpoids » pour évoquer
les personnes souffrant
d’obésité. Une personne
en surpoids peut aussi
présenter un manque de
micronutriments ou d’autres
carences alimentaires.
12Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
1. Introduction à la nutrition
Insuffisance pondérale Une personne présentant une insuffisance pondérale a un poids trop faible pour
son âge parce qu’elle est trop mince et/ou trop petite par rapport à la plupart des
personnes de la même tranche d’âge. L’insuffisance pondérale peut être due à
une malnutrition chronique ou aiguë, et elle est considérée comme une mesure
combinée de ces deux types de malnutrition. Elle est réversible si un régime
alimentaire adapté et de bonnes pratiques en matière de santé et de soins sont
suivis. Les enfants dont le poids est insuffisant risquent de présenter des troubles du
développement et sont plus vulnérables aux maladies. L’insuffisance pondérale se
mesure en comparant le poids à l’âge (rapport poids-âge).
Malnutrition aiguë Les personnes qui souffrent de malnutrition aiguë sont très maigres. Cette forme
(émaciation) de malnutrition, appelée aussi « émaciation », peut être sévère ou modérée. Elle est
réversible avec un traitement adapté et de bonnes pratiques de soins. Les enfants
émaciés sont jusqu’à 20 fois plus susceptibles que les enfants bien nourris de
mourir de maladies courantes comme la diarrhée. L’émaciation peut être répandue
chez les enfants de six à 24 mois. Elle s’évalue en comparant le poids à la taille
(rapport poids-taille) ou en mesurant le périmètre brachial (tour de bras).
Malnutrition Les personnes souffrant de malnutrition chronique sont en général trop petites pour
chronique leur âge, mais pas forcément maigres. La malnutrition chronique est connue aussi
(retard de sous le nom de « retard de croissance ». Le retard de croissance étant irréversible
croissance) après l’âge de deux ans, de bonnes pratiques nutritionnelles sont essentielles les
1 000 premiers jours. Les enfants qui présentent un tel retard risquent d’avoir des
troubles du développement et sont plus vulnérables aux maladies. Le retard de
croissance se mesure en comparant la taille à l’âge (rapport taille-âge).
Obésité Les personnes obèses ou en surpoids présentent une accumulation excessive de
(surpoids) graisse corporelle. Le surpoids est réversible en suivant un régime alimentaire adapté,
en faisant de l’exercice et en respectant de bonnes pratiques en matière de santé et
de soins, en particulier chez les enfants et les adolescents en pleine croissance. Chez
ces derniers, le surpoids augmente le risque de souffrir d’hypertension artérielle, de
diabète et de troubles cardiaques à l’âge adulte. De nombreux adultes en surpoids
sont atteints de ces maladies. Le surpoids se mesure en comparant le poids à la taille
(rapport poids-taille).
Carences en L’organisme a besoin de substances nutritives spéciales comme les vitamines et les
micronutriments minéraux en très petites quantités, raison pour laquelle on les appelle les « micronutri-
ments ». En règle générale, les carences en micronutriments ne sont pas détectables
immédiatement mais elles peuvent avoir un impact considérable sur la croissance, la
santé et les capacités d’apprentissage. Les carences les plus fréquentes concernent la
vitamine A, le fer et l’iode. Les carences en micronutriments sont généralement traitées
à titre préventif dans les régions où elles sont notoirement répandues.
Messages clés
Une personne qui est extrêmement maigre pourrait souffrir de malnutrition aiguë. Pour le savoir, on mesure le
périmètre du haut du bras à l’aide d’un ruban gradué spécial ou on compare le rapport poids-taille à une référence
donnée. Cette personne peut se rétablir si elle suit un traitement, et il est donc crucial de l’orienter vers un
dispensaire pour qu’elle y reçoive des soins.
Une personne qui est très petite pour son âge pourrait souffrir de malnutrition chronique. Pour le savoir, on
compare le rapport taille-âge à une référence donnée. Les enfants souffrant de malnutrition chronique sont plus
susceptibles de tomber malades et d’avoir des difficultés à l’école. Les effets sur le développement physique et
mental sont permanents (irréversibles).
Une personne qui est très grosse est en surpoids et risque davantage de souffrir de certaines maladies comme le
diabète plus tard dans sa vie. Le surpoids se mesure en comparant la taille au poids. Retrouver un poids normal
contribue à réduire les risques pour la santé.
Une personne qui n’a pas un régime alimentaire varié pourrait manquer de certains minéraux et vitamines
(micronutriments). Ces carences peuvent compromettre la santé à tout âge et empêcher une croissance et un
développement normaux chez l’enfant.
13Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Lignes directrices sur la nutrition
Formes graves de malnutrition
Deux formes de malnutrition aiguë représentent une menace immédiate pour
la vie d’un enfant et doivent être traitées rapidement : l’émaciation (maigreur
excessive) et l’œdème nutritionnel (excès de liquide dans les tissus corporels), ou
une combinaison de ces deux affections.
Émaciation/maigreur Elle est due à un régime alimentaire inadapté (aliments pas assez variés mais surtout
(marasme) en quantité insuffisante) et/ou à la présence de maladies réduisant la capacité de
l’organisme d’assimiler correctement la nourriture. L’émaciation peut se présenter
comme une forme modérée ou sévère de malnutrition aiguë.
Symptômes :
Retard de croissance
• Visage émacié à l’aspect flétri, yeux enfoncés et joues creusées
• Os saillants, par ex. côtes visibles
• Membres frêles
• Peau flasque, notamment autour des fesses
• Appétit généralement conservé
• Irritabilité (pleurs fréquents)
Détection:
• Chez le nourrisson, comparer le rapport poids-taille à une référence donnée
• Chez l’enfant de 6 mois à 5 ans, mesurer le périmètre brachial et/ou comparer le
rapport poids-taille à une référence donnée
• Chez l’enfant de plus de 5 ans et chez l’adulte, comparer le rapport poids-taille à
une référence donnée
• Chez la femme enceinte et la mère allaitante, mesurer le périmètre brachial
Œdème nutritrionnel 8 Il est dû à un régime alimentaire inadapté (généralement, aliments insuffisamment
(kwashiorkor) variés) et/ou à la présence de maladies réduisant la capacité de l’organisme
d’assimiler correctement les nutriments présents dans la nourriture. L’œdème
nutritionnel est toujours considéré comme une forme sévère de malnutrition aiguë. Il
est toujours bilatéral (par ex. il touche les deux pieds).
Symptômes :
• Visage gonflé et bouffi
• Ventre gonflé
• Œdème (enflure) touchant d’abord les deux pieds et les mollets, mais pouvant
aussi s’étendre à tout le corps
• Modifications de la peau (pâleur, desquamation, plaies)
• Modifications des cheveux (brunissement, cheveux clairsemés et raides)
• Perte d’appétit
• Désintérêt vis-à-vis de l’entourage
Détection:
• Vérifiable SEULEMENT par pression des doigts
• IMPOSSIBLE à détecter uniquement par l’observation
Messages clés
Les enfants dont le ventre est gonflé souffrent d’un œdème nutritionnel et/ou sont atteints de parasites ou de vers
intestinaux. Ils devraient être orientés vers un dispensaire pour y recevoir un traitement contre la malnutrition. En cas
de parasites ou de vers intestinaux, des médicaments spécifiques doivent être administrés.
8 L’œdème est un excès
de liquide dans les tissus
corporels, qui peut se
manifester par une enflure (par
ex. des chevilles, des pieds,
des mollets, des mains, des
paupières, etc.).
14Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
1. Introduction à la nutrition
Les trois formes de carences en micronutriments ci-dessous sont courantes. Elles
constituent également une menace mortelle. Seul un œil averti peut les reconnaître.
Anémie ferriprive Elle est due à une carence en fer dans l’alimentation et/ou à la présence de
maladies telles que le paludisme et les parasitoses intestinales. L’anémie sape la
santé et l’énergie.
Symptômes :
• Pâleur de la paupière interne, de la peau sous les ongles, des gencives, de la
langue, des lèvres et de la peau
• Fatigue
• Maux de tête
• Essoufflement
Carence en vitamine A Elle est due à un manque de vitamine A dans l’alimentation et/ou à la présence de
maladies telles que la diarrhée et la rougeole. Les carences en vitamine A nuisent à
la santé et à la croissance.
Symptôme :
• Cécité nocturne
Symptômes d’une carence grave :
• Sécheresse oculaire accompagnée de lésions spumeuses sur les paupières
internes, apparaissant souvent près du bord extérieur de l’iris (tâches de Bitot)
• Sécheresse ou fatigue oculaire, ou opacification de la cornée (xérosis cornéen)
• Amollissement de l’œil et ulcération de la cornée (kératomalacie)
Troubles liés à une Ils sont dus à un manque de sel iodé et de poisson dans le régime alimentaire,
carence en iode et s’expliquent aussi par l’absence d’iode dans le sol (souvent dans les régions
montagneuses), entraînant un manque d’iode dans les denrées cultivées.
L’organisme étant incapable de stocker l’iode longtemps, il a besoin de minuscules
apports chaque jour. Les carences en iode compromettent la santé et le
développement mental. Elles peuvent provoquer une affection appelée « goitre ».
Symptômes :
• Les cas graves de goitre ont pour symptôme visible un cou enflé (glande thyroïde)
Il existe d’autres formes de carences en micronutriments, notamment en : zinc,
acide folique (vitamine B6), cobalamine (vitamine B12), thiamine (vitamine B1),
riboflavine (vitamine B2), niacine (vitamine B3), vitamine B6, vitamine C, vita-
mine D, calcium, sélénium et fluorure.
Messages clés
Les carences en micronutriments les plus courantes concernent le fer, la vitamine A et l’iode, dont le manque nuit à
la santé et à la croissance. Des compétences particulières peuvent être nécessaires pour détecter ces problèmes
potentiellement mortels. Un régime alimentaire varié ou la prise de compléments spéciaux peut garantir un apport
suffisant en micronutriments.
15Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Lignes directrices sur la nutrition
Quels services de santé et de
nutrition sont requis ?
Cette partie décrit certains services de santé et de nutrition visant à traiter ou à
prévenir la malnutrition. La partie 3 porte sur les services de santé et de nutrition
préventifs à l’intention des femmes, tandis que la partie 4 fournit de plus amples in-
formations sur ces services en ce qui concerne les nourrissons et les jeunes enfants.
La disponibilité des services de santé et de nutrition peut varier d’un pays à l’autre,
et même d’une région à l’autre à l’intérieur d’un même pays. La malnutrition est
plus répandue dans certaines zones, et les politiques et les programmes des pou-
voirs publics peuvent être influencés par la disponibilité de ressources humaines
et financières.
Les volontaires devraient connaître les services fournis au niveau local et savoir
comment orienter les personnes vers ces services en fonction de leurs besoins.
Les services de santé et de nutrition adaptés aux personnes souffrant de différents
types de malnutrition sont répertoriés ci-dessous, ainsi que leurs avantages spécifiques.
Services de santé et de nutrition
Pour les personnes Alimentation thérapeutique (pour traiter la malnutrition aiguë sévère)
souffrant de • Traitement en établissement des personnes souffrant de malnutrition aiguë sévère avec complications médi-
malnutrition aiguë cales et/ou perte d’appétit
(essentiellement • Traitement ambulatoire des personnes souffrant de malnutrition aiguë sévère sans complications médicales
les enfants) et ayant conservé leur appétit
Alimentation d’appoint (pour traiter la malnutrition aiguë modérée)
• Traitement ambulatoire des personnes souffrant de malnutrition modérée
• Généralement disponible dans les régions touchées par l’insécurité alimentaire, et dans les situations d’urgence à la
suite de catastrophes ou de conflits
Pour les personnes Supplémentation (pour traiter chacune des carences en micronutriments)
présentant l’une • Comprimés de fer et d’acide folique pour l’anémie ferriprive légère ou sévère
des trois carences • Suppléments d’huile enrichie en vitamine A pour la cécité nocturne et les lésions oculaires (sauf la kératomalacie)
en micronutriments • Suppléments de sel iodé pour les carences en iode (une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour
les plus courantes les patients ayant un goitre)
Services préventifs Les campagnes de sensibilisation et de changement des comportements axées sur la nutrition des nourrissons
pour les enfants et des jeunes enfants peuvent être menées par le biais des dispensaires et d’autres services de proximité
assurés par les pouvoirs publics ou les ONG. Les campagnes de sensibilisation se concentrent généralement sur
les bonnes pratiques, tandis que les services de conseil ou les discussions en groupe donnent aux participants
des idées sur les moyens de surmonter leurs difficultés à appliquer de meilleures pratiques.
Dans certains pays, les établissements de santé locaux proposent des services de promotion et de suivi de la
croissance pour les enfants de zéro à deux ans au moins ; dans ce cadre, les enfants sont pesés et leur courbe
de croissance est reportée sur un graphique. De cette manière, les parents et les agents de santé peuvent
vérifier si l’enfant grandit bien. Si la croissance n’est pas normale, des conseils en matière de nutrition et
de santé sont donnés. La qualité des services de conseil peut varier, mais si elle est bonne, ceux-ci peuvent
contribuer efficacement à améliorer la croissance et la santé de l’enfant.
Retard de Des mesures doivent être prises les 1 000 premiers jours de la vie, car il est irréversible après l’âge de deux ans.
croissance • Suivi de la croissance (taille par rapport à l’âge)
• Distribution d’aliments enrichis
• Supplémentation en micronutriments
• Conseils en matière de nutrition et de santé
Obésité Traitement des maladies liées au surpoids (hypertension artérielle, cholestérol, diabète et troubles cardiaques)
• Suivi de la croissance (poids par rapport à la taille)
• Conseils en matière de nutrition et de santé
16Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
1. Introduction à la nutrition
Que peuvent faire les volontaires ?
Les volontaires peuvent jouer un rôle utile dans la détection et la prévention de
la malnutrition au sein des communautés, ainsi que dans la promotion d’une
bonne nutrition aux niveaux des communautés et des ménages. Les cas de mal-
nutrition aiguë et les patients présentant des problèmes particuliers devraient
être orientés vers un dispensaire.
Plus précisément, les volontaires peuvent participer activement à l’enseignement
des actions essentielles en nutrition. Cette approche consiste en un ensemble de
comportements recommandés (les actions) et de messages correspondants visant
à encourager une bonne nutrition durant les phases clés du développement de
l’enfant, et tout au long du cycle de vie des adolescentes et des mères.
Les volontaires peuvent en outre adopter le « cycle du triple A » (pour appré-
ciation, analyse et action) afin de promouvoir le changement dans les commu-
nautés. Cette méthode les aidera à comprendre si la malnutrition est causée par
une maladie, par l’insécurité alimentaire ou par tout autre facteur tel que des
pratiques de soins insuffisantes, la migration saisonnière, une charge de travail
trop lourde, une pénurie d’eau, etc.
Actions des volontaires
Actions essentielles en nutrition
Les sept actions essentielles en nutrition9 sont les suivantes :
1. promotion d’une bonne nutrition des femmes ;
2. promotion des meilleures pratiques en matière d’allaitement ;
3. promotion des meilleures pratiques en matière d’alimentation complémen-
taire pour les jeunes enfants (à partir d’environ six mois, avec poursuite de
l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans au moins) ;
4. promotion des soins nutritionnels à apporter aux enfants malades et/ou
9 Adaptation simplifiée du
sous-alimentés ; Livret sur les messages clés
5. prévention des carences en vitamine A ; du CORE Group (2011).
6. prévention de l’anémie ferriprive ; Cette source recommande
les actions suivantes [notre
7. prévention et traitement des troubles liés à une carence en iode. traduction] : 1) Promotion
d’une bonne nutrition des
femmes ; 2) Promotion d’un
Les principes sous-jacents fondamentaux sont les suivants : apport suffisant en fer et en
• transmettre des messages adaptés à chaque tranche d’âge par l’intermédiaire acide folique, et prévention
et traitement de l’anémie
d’interlocuteurs clés dans la communauté ; chez les femmes et les
• promouvoir le changement des comportements en se fondant sur une évalua- enfants ; 3) Promotion d’un
tion/compréhension de la culture et du contexte locaux ; apport suffisant en iode
chez tous les membres du
• promouvoir des actions réalistes que tous les membres de la famille et de la ménage ; 4) Promotion des
communauté peuvent comprendre, entreprendre ou appuyer. meilleures pratiques en
matière d’allaitement pendant
les six premiers mois du
La méthode du cycle du triple A nourrisson ; 5) Promotion
des meilleures pratiques
Le cycle du triple A signifie appréciation, analyse et action. (voir figure page en matière d’alimentation
complémentaire pour les
suivante). enfants à partir de six mois,
avec poursuite de l’allaitement
jusqu’à l’âge de deux ans au
moins ; 6) Promotion des soins
nutritionnels à apporter aux
enfants malades et souffrant
de malnutrition sévère ; et 7)
Prévention des carences en
vitamine A chez les femmes et
les enfants.
17Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Lignes directrices sur la nutrition
La méthode du cycle du triple A
ACTION
fondée sur l’analyse
et les ressources
disponibles
APPRÉCIATION
de la situation
nutritionnelle dans la
population cible
ANALYSE
des causes
du problème
Appréciation : Les volontaires peuvent coopérer avec le personnel chargé du pro-
gramme et avec la communauté pour comprendre la situation actuelle en matière
de nutrition et définir les problèmes les plus urgents. Les mesures du périmètre
brachial (voir p. 63-66), les données de suivi de la croissance infantile obtenues
auprès de postes de santé voisins, les autoévaluations des groupes de mères, les
visites à domicile ou d’autres méthodes d’appréciation, comme les calendriers
saisonniers, peuvent fournir des informations sur les groupes vulnérables, les
taux de malnutrition et d’allaitement, les habitudes alimentaires, les pratiques
d’alimentation des nourrissons et d’autres éléments nécessaires pour se faire une
idée de la situation nutritionnelle.
Analyse : En utilisant différentes méthodes telles que la « hiérarchisation des prio-
rités » et l’outil « But why ? »10, les volontaires ou le personnel chargé du programme
peuvent collaborer avec les membres des communautés pour examiner les pro-
blèmes, en comprendre les causes profondes et, partant, définir des priorités.
Action : Une fois les priorités déterminées, les actions peuvent être planifiées sur la
base des questions suivantes : « Qu’est-ce qui peut être fait ? », « Comment ? », « Par
qui ? », « Quand ? » et « Où ? ». Les ressources disponibles devraient être recensées.
Une appréciation et une analyse devraient être réalisées avant de décider des
meilleures actions à mettre en œuvre ; cette méthode peut généralement s’appli-
quer à tous les types de prise de décisions. Lorsque les actions ont été poursuivies
pendant un certain temps, il est utile de passer en revue les méthodes d’apprécia-
tion et les résultats initiaux pour répertorier et consigner les changements opérés,
mesurer les progrès et l’impact et déterminer s’il est nécessaire d’apporter des
10 Voir le manuel de l’outil « But
why? » à l’adresse: http://ctb.
modifications aux interventions ou à la stratégie adoptée. Cette phase est souvent
ku.edu. désignée sous le nom de « suivi et/ou évaluation ».
18Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
1. Introduction à la nutrition
Détection précoce et orientation en temps voulu vers les
services appropriés
Les volontaires peuvent apprendre à reconnaître les signes manifestes d’une
malnutrition aiguë dans leur communauté par une formation au dépistage chez
l’enfant, à l’aide d’un ruban de mesure du périmètre brachial et d’un test simple
de détection des œdèmes. De plus amples informations sont données à l’annexe
de la partie 1 sur la détection précoce de la malnutrition aiguë et l’orientation
en temps voulu des enfants sous-alimentés.
Synthèse de la partie 1
Le tableau ci-dessous décrit la malnutrition chez les jeunes enfants, mais il ne
faut pas oublier que les enfants plus âgés et les adultes peuvent aussi souffrir
de malnutrition, que ce soit en permanence ou temporairement. Ils peuvent pré-
senter une malnutrition chronique ou aiguë, des carences en micronutriments
ou une surcharge pondérale. Toutes ces affections représentent un risque pour
la santé à tout âge.
Types de malnutrition facilement reconnaissables
Aiguë Chronique Insuffisance pondérale Obésité
(émaciation) (retard de croissance) (chronique ou aiguë) (surpoids)
• L’enfant est très maigre et • L’enfant est petit pour son • L’enfant est maigre et/ou • L’enfant est trop lourd et
il n’a ni graisse, ni muscle âge : indiqué comme faible petit pour son âge : indiqué empâté pour sa taille :
dans la partie supérieure de rapport taille-âge. comme faible rapport poids- indiqué comme rapport
son bras : indiqué comme • Le retard de croissance est âge. poids-taille élevé.
faible rapport poids-taille ou irréversible après l’âge de • L’insuffisance pondérale • Plus répandue parmi les
faible périmètre brachial. deux ans. est réversible en suivant un enfants prenant rapidement
• L’émaciation est réversible régime alimentaire adapté du poids après leurs deux
avec un traitement. et de bonnes pratiques en premières années de vie
matière de santé et de soins. (surtout s’ils avaient aupa-
ravant souffert d’émaciation,
d’insuffisance pondérale ou
d’un retard de croissance).
• Le surpoids est réversible en
suivant un régime alimen-
taire adapté et de bonnes
pratiques en matière de
santé et de soins.
Malnutrition aiguë
Malnutrition aiguë modérée Malnutrition aiguë sévère
Personnes présentant : Personnes présentant :
• un certain degré de maigreur ou d’émaciation (faible périmètre • un grave degré de maigreur et d’émaciation (périmètre brachial
brachial ou faible rapport poids-taille) très faible et/ou faible rapport poids-taille), ou
• des œdèmes nutritionnels aux deux pieds, aux deux jambes ou
sur le haut du corps
Services de santé et de nutrition
Traitement par alimentation d’appoint Traitement par alimentation thérapeutique (avec services de santé
en cas de complications médicales)
19Vous pouvez aussi lire