LIVRET DES ABSTRACTS - Interclud Occitanie
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LIVRET DES
ABSTRACTS
INTERCLUD OCCITANIE
Hôpital La Colombière – Pavillon 7
39, avenue Charles Flahault
34295 MONTPELLIER cedex 5
interclud.occitanie@gmail.com
www.interclud-occitanie.frProgramme 8h45-9h00 ALLOCUTIONS D’OUVERTURE 9h00-10h30 CONFÉRENCE PLÉNIÈRE Modérateurs : Dr Gilles MOTTE, Centre Hospitalier, Perpignan (66) – Martine QUINTARD, Centre Hospitalier Universitaire, Toulouse (31) Médecine Intégrative et Douleur : intérêt et perspectives Dr Olivier ABOSSOLO, Médecin anesthésiste, Service Douleur-Psychosomatique-Maladie Fonctionnelle, Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier (34) Place de l'hypnose et de la méditation dans la médecine intégrative au CHU de Bordeaux Dr Myriam CADENNE, Rhumatologue, Institut de Médecine Intégrative et Complémentaire, Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux (33) 11h00-12h00 CONFÉRENCE PLÉNIÈRE Modérateurs : Christelle DESILLE, Centre Hospitalier, Montauban (82) – Jean Christophe FOISSAC, Centre Hospitalier Universitaire, Toulouse (31) Douleur des troubles somatoformes de l'enfant : Cas cliniques et Mise au point Dr Frédéric BERNARD, Pédiatre, Dr Laura CONFORTI-ROUSSEL, Pédopsychiatre, Algologie pédiatrique et soins palliatifs, Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier (34) Maryline MARIOTTI, Infirmière anesthésiste, Dr Marc-Antoine PODLIPSKI, Pédopsychiatre, Dr Agnès SUC, Pédiatre, Equipe Ressource Douleur Soins Palliatifs Pédiatriques, Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse (31) 12h00-13h00 ATELIERS THÉMATIQUES Atelier 1 Douleur et Handicap Modérateur : Dr Mylène SEGONDS, Centre Hospitalier Gérard Marchant, Toulouse (31) Douleur et polyhandicap : Handol©, un nouvel outil Dr Leslie GOUMY, Centre de Pharmacologie Clinique INSERM 1405 - Université de Clermont-Ferrand (63) La prise en charge de la douleur dans le secteur médico-social : expérience d’équipe Eric ALONSO, Psychologue, Geneviève LE GOAREC, Infirmière, Mas des Sources, Thuès-Entre-Valls (66) Atelier 2 Thérapies complémentaires 1 Modérateur : Stéphanie DECAUX, Clinique du Château de Vernhes, Bondigoux (31) L’art-thérapie et les gratifications sensorielles pour accompagner la prise en charge de la douleur Nathalie BELARDI, art-thérapeute, Hôpital Joseph Ducuing – Toulouse (31) Entre douleur et souffrance, la création comme vecteur thérapeutique Marion LEFEBVRE, art-thérapeute, Toulouse (31) Atelier 3 Approche multimodale de l’analgésie : Mise au point et Cas cliniques Modérateur : Dr Gilles MOTTE, Centre Hospitalier, Perpignan (66) Approche Multimodale de la douleur en 2023 Dr Michel OLIVIER, Médecin anesthésiste, Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse (31) Approche multimodale de l’analgésie: Cas cliniques Jean Christophe FOISSAC, Infirmier anesthésiste, Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse (31) 4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 2
14h15-15h15 ATELIERS THÉMATIQUES Atelier 4 Thérapies complémentaires 2 Modérateur : Hélène ANTUNES, Hôpital de Prades (66) La RESC, une méthode non médicamenteuse au bout des doigts : expérience en pédiatrie Charlotte BEVIS, Infirmière Puéricultrice Ressource Douleur, Algologie pédiatrique et soins palliatifs, Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier (34) Ecoute musicale et douleur liée aux soins : à quoi ça sert ? Comment faire en pratique ? Dr Luc BRUN, Médecin anesthésiste, Consultation douleur chronique, Centre Hospitalier de Narbonne (11) Atelier 5 Douleur du sujet âgé Modérateur : Anne-Sophie CHAUVIN, Clinique Claude Bernard, Albi (81) Méthodologie de soin "humanitude" : expérience d'équipe Lyndie POINY, Aide-soignante, Sophie STABLO, Psychologue, EHPAD Cécile Bousquet, Bessières (31) Algorithme des sub-tests cognitifs pour une évaluation couplée douleur-cognition chez les patients âgés en pratique médicale courante Dr Ishwarlall TAPESAR, Gériatre, Soins de Suite et Réadaptation, Centre Hospitalier St Jacques, Saint- Céré (46) Atelier 6 Nouvelles voies d’administration des antalgiques Modérateur : Dr Frédéric BERNARD, Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier (34) Voie Intranasale : Une nouvelle flèche à notre arc Dr Julien Frédéric BALEINE, Pédiatre, Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier (34) Analgésie par inhalation autocontrôlée : méthoxyflurane Dr Michel OLIVIER, Médecin anesthésiste, Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse (31) 15h45-16h30 CONFÉRENCE DE CLÔTURE Modérateurs : Dr Barthélémy DE TRUCHIS DE VARENNES, Toulouse (31), Dr Caroline GALLAY, Montpellier (34) Santé intégrative : jusqu'où osera-ton aller? Pr Antoine BIOY, Professeur de psychologie clinique et psychopathologie, Université Paris 8 16h30-17h00 CONCLUSION DE LA JOURNÉE Remise du prix poster et allocution de clôture 4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 3
Conférence plénière
Médecine Intégrative et Douleur : intérêt et
perspectives
Dr Olivier ABOSSOLO
Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier (34)
Le Dr Olivier ABOSSOLO est médecin anesthésiste réanimateur, aromathérapeute et hypnothérapeute, et
pratique la méditation thérapeutique au sein du Centre d’Evaluation et de Traitement de la Douleur du
CHU de Montpellier. Il participe à l’enseignement dans le cadre du DIU de Prise en charge de la Douleur
(CHU Montpellier), du DU de Méditation et Santé (CHU Montpellier), et de l’Institut de Formation en
Soins Infirmiers (CH Avignon) entres autres. Conférencier, consultant et formateur en médecine
intégrative, il développe ses propos autour de « La Santé par l’Harmonie », thème qui s’adresse autant
aux praticiens et thérapeutes qu’au grand public.
« Lorsque l’on parle de médecine intégrative, on parle entre autres de combiner les meilleurs soins de la
médecine scientifique occidentale à ceux des approches complémentaires dans le but de maintenir la
santé et d’améliorer le bien-être. »1
Les Médecines Alternatives et Complémentaires sont « des approches, des pratiques, des produits de
santé et médicaux, qui ne sont pas habituellement considérés comme faisant partie de la médecine
conventionnelle (médecine occidentale, médecine allopathique) »1. Elles sont de plus en plus
plébiscitées par les patients dont 87% les trouvent utiles2.
La médecine intégrative réadapte au monde actuel le concept de la médecine hippocratique, en
intégrant toutes les dimensions de la vie : l’environnement, le corps, le mental et l’esprit ou âme 3. C’est
ce qui en fait son intérêt dans la prise en charge de la douleur chronique, un syndrome
multidimensionnel (somatique, psychologique, événementiel et environnemental) pour lequel les
traitements conventionnels apportent une réponse insuffisante.
Les thérapies complémentaires personnalisées (TCP) utilisées en gestion de la douleur chronique sont
non chimiques et non invasives, sans risque d’iatrogénicité, et dont l’efficacité est prouvée. Elles sont
appliquées en informant le patient sur les soins proposés, lui laissant la liberté de choix de la prestation.
Au sein des centres hospitaliers universitaires, le rapport Assistance Publique Hôpitaux de Paris de 2012
préconise de promouvoir les thérapies complémentaires faisant l’objet d’un enseignement universitaire
reconnu, réalisées au sein d’un projet de service, et validées par le comité de lutte contre la douleur.
Dans ce cadre, les trois principales thérapeutiques pouvant être mises en œuvre sont l’acupuncture,
l’hypnose, et la médecine manuelle (ostéopathie)4. Les approches psychocorporelles telles que la
méditation sont aussi intéressantes. L’aromathérapie fait également partie de l’arsenal des outils
thérapeutiques complémentaires5.
Malgré tout, si sur le terrain de plus en plus de centres intègrent des médecines complémentaires dans
leurs pratiques, les autorités institutionnelles restent en retard voire bloquantes sur le sujet.
Le développement de la médecine intégrative permettra une vision holistique du patient souffrant de
douleurs chroniques : l’Antalgie Intégrative décrite par les Drs ZURRON et BERNA (CHUV Lausanne)6.
Pour cela, il est nécessaire d’étoffer les propositions thérapeutiques antalgiques, de s’ouvrir à d’autres
thérapies et/ou médecines encore étiquetées « d’ésotériques » comme les thérapies fréquentielles
instrumentales ou les thérapies énergétiques et spirituelles, par un processus d’Observation –
Expérimentation – Application - Intégration. A efficacité́ équivalente, on choisira en priorité́ les
interventions les moins invasives et les plus économes6. L’écoute du patient sur ce qu’il fait en dehors
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 4des soins conventionnels nous donne déjà une direction. En parallèle de ces champs de prospection et
d’évaluation, l’accès à l’information et à la formation des soignants, médicaux et paramédicaux, est
primordiale7.
Références Bibliographiques
1. Organisation Mondiale de la Santé. 2000. « Médecine traditionnelle : définition ». In « Principes
méthodologiques généraux pour la recherche et l'évaluation de la médecine traditionnelle ».
2. Enquête en ligne du 16 au 25 octobre 2019, réalisée par l’institut Harris Interactive pour Santéclair, auprès
d’un échantillon de 1500 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus selon la méthode
des quotas.
3. https://www.prevention-sante.eu/actus/medecine-integrative-medecine-futur.
4. « Place des thérapies complémentaires dans la prise en charge du patient douloureux chronique non
cancéreux », Pr Julien NIZARD, Hegel 2016/2 (N° 2), p 188.
5. « Aromathérapie scientifique : préconisations pour la pratique clinique, l'enseignement et la recherche ».
Coordination scientifique : Pr Annelise LOBSTEIN. Avril 2018.
6. « Antalgie intégrative : une vision holistique du patient souffrant de douleurs chroniques ». Rev Med
Suisse 2019 ; 15 : 1259-65. Dr Noëmi ZURRON et Pr Chantal BERNA. Centre de médecine intégrative et
complémentaire (CEMIC), Centre d’antalgie, Service d’anesthésie, CHUV, 1011 Lausanne.
7. État des lieux de la formation et de l’enseignement des médecines complémentaires en France. Julien
Nizard. Hegel 2017/1 (N° 1), pages 99 à 100.
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 5Conférence plénière
Place de l'hypnose et de la méditation dans la
médecine intégrative au CHU de Bordeaux
Dr Myriam CADENNE
Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux (33)
Le Dr Myriam Cadenne, rhumatologue et algologue exerce au CHU de Bordeaux. Dès son clinicat elle
s’est orientée vers la prise en charge de la douleur omniprésente en rhumatologie particulièrement avant
l'avènement des biothérapies. Elle a créé une consultation pluridisciplinaire de la douleur multicentrique
en Sud- Gironde en 2000 puis a intégré le Centre d'Evaluation et de Traitement de la Douleur du CHU de
Bordeaux en 2003. Elle a été responsable du CLUD du CHU de Bordeaux et Correspondante Régionale de
la Société Française de la Douleur jusqu’en 2019.
Depuis 2008, elle est impliquée dans la pratique de l’hypnose médicale aussi bien en tant
que praticienne qu’enseignante (DIU hypnose, ...) et depuis 2016 dans la pratique de la méditation en
pleine conscience.
La médecine de la douleur est par essence pluridisciplinaire avec une approche multimodale. Pionnière
en matière de médecine holistique, elle a d’emblée associé des traitements médicamenteux et des
thérapeutiques non pharmacologiques, allopathie et médecines complémentaires. Parmi ces dernières
figurent les approches psycho- corporelles que sont l’hypnose médicale et la méditation en pleine
conscience.
L’efficacité de l’hypnose médicale dans le soulagement de la douleur qu’elle soit aigüe, chronique ou
induite est démontrée, tant sur la composante sensori-discriminative que sur la composante affectivo-
émotionnelle.
La méditation en pleine conscience n’a pas d’objectif notamment antalgique mais sa pratique a de
nombreux effets bénéfiques qui contribuent au soulagement du ressenti douloureux.
L’Institut de Médecine Intégrative et Complémentaire, institut hospitalo-universitaire a été créé pour
développer ces approches, notamment en réalisant de travaux de recherche mais aussi pour rendre
accessibles aux patients et aux soignants ces thérapies.
Références bibliographiques :
LANGLOIS, Pascaline, PERROCHON, Anaick, DAVID, Romain, et al. Hypnosis to manage musculoskeletal
and neuropathic chronic pain: A systematic review and meta-analysis. Neuroscience & Biobehavioral
Reviews, 2022, p. 104591.
VALENTINE, Keara E., MILLING, Leonard S., CLARK, Lauren J., et al. The efficacy of hypnosis as a treatment
for anxiety: a meta-analysis. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis. 2019 Jul-
Sep;67(3):336-363.
ZEIDAN, Fadel, BAUMGARTNER, Jennifer N., et COGHILL, Robert C. The neural mechanisms of
mindfulness-based pain relief: a functional magnetic resonance imaging-based review and primer. Pain
reports, 2019, vol. 4, no 4.
HOGE, Elizabeth A., BUI, Eric, METE, Mihriye, et al. Mindfulness-based stress reduction vs escitalopram for
the treatment of adults with anxiety disorders: a randomized clinical trial. JAMA psychiatry, 2023, vol. 80,
no 1, p. 13-21
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 6Conférence plénière
Douleur des troubles somatoformes de l'enfant :
Cas cliniques et Mise au point
Dr F. Bernard Dr Frédéric BERNARD, Dr Laura CONFORTI-ROUSSEL
Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier (34)
Maryline MARIOTTI, Dr Marc-Antoine PODLIPSKI,
Dr Agnès SUC
Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse (31)
Frédéric BERNARD
Laura CONFORTI-ROUSSEL
Maryline MARIOTTI
Marc-Antoine PODLIPSKI est médecin spécialiste en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et docteur
en psychologie ; il partage son activité de praticien hospitalier entre le centre de ressource douleur soins
palliatifs pédiatriques du CHU de Toulouse (Enfant-DO) et l’équipe de pédopsychiatrie de liaison et de
crises sur l’hôpital des enfants du CHU de Toulouse.
Agnès SUC, est Onco-Pédiatre de formation, titulaire d’une capacité d’Evaluation et de Prise en charge de
la Douleur et d’un DU de Soins Palliatifs. Elle a créé en 2000, l’Equipe Enfant-Do, équipe associée du Pôle
de Pédiatrie de l’Hôpital des Enfants du CHU de Toulouse, qui s’est transformée au fil des années pour
devenir l’Equipe Ressource de Soins Palliatifs Pédiatriques d’Occitanie Ouest.
Les douleurs relevant de "troubles somatoformes" sont des douleurs chroniques caractérisées par
l'expression de symptômes évocateurs d'une maladie ou d'une pathologie "physique", mais qui ne
peuvent pas être entièrement expliquées par une affection médicale. On a souvent trop tendance à les
attribuer à des facteurs psychologiques, émotionnels ou comportementaux ce qui constitue une
négation de leur réalité ("c'est dans ta tête"). Le statut des douleurs des troubles somatoformes laisse le
praticien dans une grande expectative. On parle aujourd'hui plutôt de "troubles de symptômes
somatiques". Ce type de douleur peut résulter d'un dysfonctionnement ou d'une sensibilisation du
système nerveux, dont le mécanisme correspondrait à une douleur de type "nociplastique". Dans ce
paysage de douleurs neuropathiques, nociceptives et nociplastiques, patients, parents et soignants
peuvent se perdre.
Cette présentation à deux équipes et quatre voix abordera la question de la douleur dans les troubles
somatoformes à partir d'un cas clinique, du développement diagnostique et des ouvertures théoriques
qu'il implique (1,2). Dans un second temps, nous aborderons la question de l’évaluation sous un angle
psychosomatique au sens de la nécessité double regard « psy » et médical dans l’évaluation de ces
troubles (3,4) ; double observation se traduisant par une consultation en binôme associant « un psy »
(psychologue ou psychiatre) et un/une pédiatre ou neuro-pédiatre. Si les termes double,
complémentaire, conjoint peuvent rendre compte en apparence d’une pratique instituée depuis
plusieurs années sur notre structure, la réalité des enjeux qui s’opèrent est assez spécifique entre les
attentes « à calmer » cette douleur, préoccupation médicale première et le regard du « psy » cherchant
à trouver et donner un sens à un état aux résonnances si diverses. Pour les patients accueillis
fréquemment après un long parcours de prise en charge et parfois d’errance médicale, cette quête de
sens peut parfois sembler à côté de la demande initiale du jeune patient et de sa famille. Pour autant, ce
double regard laisse entrevoir et favorise l’adhésion des familles à un projet de soins personnalisé
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 7prenant en compte l’ensemble des composantes, biologique, psychologique et sociale de la douleur,
associé aux troubles somatoformes dans une perspective intégrative. Ainsi, techniques non-
médicamenteuses de gestion de la douleur ou médiations diverses peuvent plus aisément être
introduites au décours de cette consultation et proposées directement à l’enfant et sa famille. Nous
mettrons en avant les spécificités de cette consultation conjointe pluridisciplinaire pour les
professionnels et pour le jeune patient et la resituerons ainsi dans le cadre de travail plus global d’un
Centre d’Evaluation de Prise en Charge de la Douleur Pédiatrique en Occitanie.
Références bibliographiques :
1. Haute Autorité de Santé. Parcours de santé d’une personne présentant une douleur chronique – janvier
2023
2. PODLIPSKI M-A., GAYET C., GERARDIN P. « Pédiatre et pédopsychiatre. Un duo bien tempéré »,
Adolescence, 2012/2 (T. 30 n°2), p. 359-367
3. THIBOUD Delphine, VIGNES Michel, SUC Agnès et al., Consultation conjointe dans la douleur de l'enfant,
une forme de soins à temps partiel? Empan, 2008/1 (n° 69), p. 73-8
4. RASTOGI RG, ARNOLD TL, BORRERO-MEJIAS C et al. Non-pharmacologic and Mindful-Based Approaches
for Pediatric Headache Disorders: a Review. Curr Pain Headache Rep. 2021 Dec 11;25(12):78
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 8Atelier thématique
Douleur et polyhandicap : HanDol©, un nouvel outil
Leslie GOUMY
Centre Hospitalier Universitaire de Clermont-Ferrand (63)
Leslie Goumy est attachée de recherche clinique au CHU de Clermont-Ferrand (63). Elle travaille sur la
plateforme d’investigation clinique du CIC INSERM 1405. En collaboration avec le Professeur Pickering,
Leslie Goumy a participé à la création d’un nouvel outil HanDol© permettant de faciliter l’identification
de la douleur et sa prise en charge, chez des personnes en situation de handicap. Elle est diplômée du
D.U « Education Thérapeutique du Patient » en 2018.
La douleur est une expérience personnelle et son expression est propre à chaque individu. Elle peut
s’exprimer en mots, en comportements (agitation, violence…), en perturbations physiologiques
(changement de pouls, de pression artérielle…) ou en attitudes atypiques (retrait sur soi, position
antalgique…) (4). L’Association internationale de la douleur (IASP) précise que « l’incapacité de
communiquer verbalement ne nie en aucune façon la possibilité qu’un individu éprouve de la douleur ».
Cependant, les personnes en situation de handicap (3) ont souvent du mal à communiquer verbalement,
à exprimer leur ressenti et leurs besoins. Elles peuvent donc être davantage exposées et vulnérables aux
douleurs, surtout si ces dernières ne sont pas rapidement diagnostiquées.
L’évaluation de la douleur est l’une des étapes importantes de la démarche de prise en charge de la
douleur. Il ne faut pas la négliger. La douleur doit être évaluée rigoureusement : repérée, évaluée,
traitée et réévaluée régulièrement. Une sous-évaluation entraîne un sous-traitement et une prise en
charge globale défaillante de la douleur. Par conséquent, il faut être davantage vigilant à l’expression de
la douleur chez les personnes en situation de handicap. Il est nécessaire de détecter, reconnaître et
évaluer les indices qui peuvent faire penser à la présence d’une douleur, qu’ils soient verbalisés ou
exprimés au niveau comportemental. Les comportements passifs sont tout aussi importants que les
comportements productifs, même si ceux-ci sont moins faciles à repérer. Pour optimiser la prise en
charge de la douleur chez une personne en situation de handicap, son évaluation doit être :
systématique, régulière et répétée.
L’utilisation d’échelles est indispensable. Ces outils d’évaluation doivent être adaptés aux capacités du
patient. Une grande hétérogénéité existe tant au niveau de l’âge, du type de handicap (mono ou
polyhandicap), de la sévérité du handicap et des capacités de communication. L’évaluation de la douleur
par auto-évaluation requiert l’utilisation de la vue et/ou de l’audition et/ou de la parole. Pour les
personnes avec des difficultés pour s’auto-évaluer, l’hétéro-évaluation par un ou plusieurs observateurs
et en équipe peut être effectuée et complète l’auto-évaluation toujours tentée en premier lieu.
Afin de promouvoir l’égalité de tous face à la douleur et à sa prise en charge (2), HanDol© (1) a vu le
jour grâce à la collaboration entre l’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes et la Plateforme
d’Investigation Clinique du CHU de Clermont-Ferrand PIC/CIC Inserm 1405. Projet initié dans le cadre
des mesures en faveur de la bientraitance des personnes en situation de handicap, HanDol© a pour
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 9objectif de fournir des outils d'évaluation de la douleur et diffuser les bonnes pratiques de repérage,
d’évaluation et de prise en charge chez les personnes en situation de handicap.
HanDol© met à disposition, pour information et formation, les échelles d’évaluation (auto et hétéro-
évaluation) pour les enfants/adolescents et pour les adultes/personnes âgées, pour l’évaluation de la
douleur chez une personne en situation de handicap, en fonction de son âge, de son handicap et de ses
capacités de communication. HanDol© va être diffusé nationalement en 2023.
Références bibliographiques :
(1) ARS Auvergne-Rhône-Alpes et PIC/CIC, CHU Clermont-Ferrand, HanDol, Une aide à la prise en charge
de la douleur chez la personne en situation de handicap.
(2) Loi n°2016-41, 26 janvier 2016, de modernisation de notre système de santé (1), art. 92, NOR:
AFSX1418355L
(3) Organisation Mondiale de la Santé (OMS), « Définition de “handicap” ».
(4) Raja, Srinivasa, Carr, Daniel, Cohen, Milton, et al. The revised International Association for the Study of
Pain definition of pain: concepts, challenges, and compromises. Pain. 2020; 161(9):19761982.
doi:10.1097/j.pain.0000000000001939.
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 10Atelier thématique
La prise en charge de la douleur dans le secteur
médico-social : expérience d’équipe
Eric ALONSO, Geneviève LE GOAREC
Mas des Sources – Thuès-Entre-Valls (66)
Eric ALONSO
Geneviève LE GOAREC
La lutte contre la douleur est une priorité nationale. Elle constitue depuis plus de 20 ans une priorité de
santé publique et les mesures mises en place témoignent de la volonté des pouvoirs publics d’améliorer
la prise en charge de la douleur.
Après le secteur sanitaire, La volonté du gouvernement est de poursuivre et renforcer cette politique
dans le secteur médico-social.
Le nouveau référentiel de certification dans les ESMS vient préciser l’importance de cet objectif :
Thématique : Accompagnement à la santé
OBJECTIF 1.16 – La personne accompagnée bénéficie d’une prise en charge de ses douleurs.
CRITÈRE 1.16.2 – Les professionnels repèrent et/ou évaluent régulièrement et tracent les douleurs de la
personne accompagnée selon des modalités
Les professionnels de la MAS des sources ont mis en place une équipe en charge de déployer une
réflexion sur les pratiques professionnelles (douleur et soins palliatifs). Les membres du groupe douleur
vous propose une présentation de leur organisation : évaluation et mis en place des actions correctives.
Références bibliographiques :
Haute Autorité de Santé. Référentiel d’évaluation de la qualité des établissements et services sociaux et
médico-sociaux – Mars 2022
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 11Atelier thématique
L’art-thérapie et les gratifications sensorielles pour
accompagner la prise en charge de la douleur
Nathalie BELARDI
Hôpital Joseph Ducuing, Toulouse (31)
Nathalie BELARDI est sculptrice céramiste et Art-thérapeute à l’unité de soins palliatifs de l’Hôpital
Joseph Ducuing à Toulouse (investigatrice principale dans le projet ARTéSI). Elle exerce en libéral auprès
de différents publics (autisme, cancer, Alzheimer) et institutions. Diplômée RNCPII AFRATAPEM et
titulaire du DU d’Art-thérapie de la Faculté de Médecine de Grenoble-Alpes, elle s’est spécialisée en
pathologies chroniques et fin de vie, et est certifiée dans l’accompagnement au deuil. Elle est membre du
CESAM (Centre d’Etude Supérieure de l’Art en Médecine) et de la Guilde des Art-thérapeutes.
L’art-thérapie et les gratifications sensorielles pour accompagner la prise en charge de la douleur
Il existe plusieurs courants d’art-thérapie, l'Art-thérapie moderne a émergé dans les années 1960-70.
Elle est fondée sur les principes de la psychologie humaniste et de la psychothérapie centrée sur la
personne, qui mettent l'accent sur l'importance de l'expérience personnelle et de l'expression créative
pour le bien-être émotionnel, psychique et physique.
Elle n’est pas basée sur l'interprétation symbolique de l'art, mais plutôt sur l’expérience de création et
la relation entre le thérapeute et le patient dans le processus de soin.
Le ressenti douloureux présente une part de subjectivité, chaque personne peut la ressentir de manière
différente en fonction de son vécu, de ses émotions et de ses perceptions. L’altération des ressentis
sensoriels entraine une baisse de l’élan vital. La mobilisation sensorielle et neurophysiologique par les
gratifications sensorielles peut contribuer à soulager la douleur, en stimulant la production
d'endorphines (neurotransmetteurs naturels antalgiques) et en réduisant symptômes d’inconfort,
stress, anxiété, et contribuer à l’amélioration de la qualité de vie.
L’Art-thérapie en complément des soins conventionnels, peut jouer un rôle important dans la prise en
charge de la douleur en soins palliatifs. Elle peut permettre aux patients de mieux vivre leur fin de vie,
en soulageant leur douleur et en favorisant leur bien-être émotionnel et psychique et physique.
Dans ma pratique, j’utilise l’art-thérapie active axée sur la création artistique pour favoriser l’expression
de soi et l’exploration émotionnelle ou l’art-thérapie contemplative qui met l’accent sur l’expérience
esthétique en m’appuyant également sur des approches thérapeutiques connexes, telles que la
méditation, la respiration et la relaxation.
La peinture, le dessin, la sculpture, le modelage, le collage, les haïku, l’écoute musicale, la contemplation
d’œuvres, etc.., peuvent générer des gratifications sensorielles, des stimulations visuelles, auditives et
kinesthésiques.
Lors de ce congrès je présenterai les résultats intermédiaires du Projet ARTéSI : Art-thérapie et
symptômes d’inconfort en soins palliatifs à l’hôpital Joseph Ducuing
Références bibliographiques :
LEFEVRE, C. LEDOUX, M. FILBET, M. Art therapy among palliative cancer patients: Aesthetic dimensions
and impacts on symptoms. Palliative and Supportive Care, Cambridge University Press, 2015
RHONDALI, W. CHIRAC, A. FILBET, M. L’art-thérapie en soins palliatifs: une étude qualitative. Médecine
palliative volume 12, p. 279-285, Elsevier Masson, 2013
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 12 WOOD M.J., MOLASSIOTIS A., PAYNE S., What research evidence is there for the use of art therapy in the
management of symptoms in adults with cancer? A systematic review. Psycho-Oncology 20, 2011, p135–
145
WOONG SUB KOOM, MI YEON CHOI, JEONGSHIM LEE, PARC EUN JUNG, JU HYEKIM, SUN-HYUN KIM et
YONG BAE KIM, Art therapy using famous painting appreciation maintains fatigue levels during
radiotherapy in cancer patients Original RadiatOncol J 2016; p135-144 [en ligne]. [Consulté le 12 octobre
2017] Disponible sur le WordWide Web : « www :http://dx.doi.org/10.3857/roj.2016.01760. » Publié le
17 juin 2017
CHARDON F, Utilisation de l’art en art-thérapie moderne auprès de personnes souffrant de douleurs
chroniques - conférence portes ouvertes Afratapem 2023
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 13Atelier thématique
Entre douleur et souffrance, la création comme
vecteur thérapeutique
Marion LEFEBVRE
Toulouse (31)
Marion Lefebvre est art-thérapeute en cabinet privé à Toulouse où elle reçoit en séances individuelles de
l’enfant à l’adulte. Elle intervient pour les associations Les Amis de l’Oncopole dans la prise en charge de
patients adultes ayant un parcours de soins en cancérologie et pour Le Baobab dans le cadre de leur
dispositif Entract’ qui favorise l’accompagnement d’enfants en Soins Palliatifs par la créativité. Elle est
administratrice de la SFPE-AT (Société Française de Psychopathologie de l’Expression et d’Art-thérapie),
de F.A.R.E (Formation & recherche pour la santé infanto-juvénile) et membre de l’Ecole Française de
Daseinsanalyse.
L’art-thérapie comme thérapie de soutien n’est pas tant une proposition technique qu’un
accompagnement sur mesure qui prend en compte la globalité de l’expérience vécue par le patient et
les retentissements de l’éprouvé douloureux sur sa capacité d’exister. Cet accompagnement
thérapeutique se préoccupe du vécu existentiel souffrant à l’origine de la douleur ou émanant d’elle, il
utilise la création qui se situe en deçà des mots pour exprimer l’indicible épreuve et tenter de lui donner
du sens. Créer ré-engage le patient au centre de sa propre prise en charge dans un rapport de proximité
à lui-même, là où la douleur l’enferme dans son corps devenu étranger, altérant son sentiment
d’identité, son rapport au temps, aux autres et au monde. Les moyens dont nous disposons pour
favoriser la sortie de la sidération douloureuse reposent sur la construction d’un cadre d’intervention et
d’une relation adaptés à chaque situation, ce que nous illustrerons dans notre présentation par des
vignettes cliniques.
Références bibliographiques :
Sous la direction de B.Granger et G.Charbonneau, Phénoménologie des sentiments corporels, Tome I.
Douleur, souffrance, dépression, Edition Le cercle herméneutique collection Phéno. Argenteuil, 2003
D.Tammam, La douleur : de la phénoménologie à la clinique, Solal Editions, Collection épistémologie et
phénoménologie des neurosciences cliniques. Marseille, 2007
D.LeBreton, Expériences de la douleur. Entre destruction et renaissance. Editions Maitélié. Paris, 2010
B. Rigaud, Henri Maldiney, La capacité d’exister, HD Diffusion, Paris, 2016
C.Marin, La maladie, catastrophe intime, PUF, Paris 2014
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 14Atelier thématique
Approche Multimodale de la douleur :
Mise au point et Cas cliniques
Jean-Christophe FOISSAC, Dr Michel OLIVIER
Centre Hospitalier Universitaire, Toulouse (31)
J.C. Foissac Dr M. Olivier
Jean-christophe FOISSAC est infirmier anesthésiste sur le CHU de Toulouse depuis 2000. Il est également
membre du groupe formation du CLUD depuis 2007 et infirmier ressource douleur depuis 2009. Il exerce
sa mission au sein de l’équipe mobile douleur Rangueil-Larrey et participe à la formation des
professionnels de santé dans le domaine de la prise en charge de la douleur.
Michel OLIVIER est Anesthésiste-Réanimateur Algologue au CHU de TOULOUSE. Ancien co-Président du
CLUD du CHU, il a cessé ses activités d’anesthésie réanimation en 2019, et poursuit depuis, deux jours
par semaine, les consultations de douleurs chroniques au CETD du CHU et au CHIVA, ainsi que les
activités d’enseignement de la douleur.
L’analgésie multimodale consiste en une association de techniques et d’analgésiques, de leur effet
complémentaire sur les mécanismes de la nociception et leur interaction pharmacologique.
Il existe différents mécanismes de douleurs : nociceptive dont inflammatoire, neuropathique,
nociplastique (fibromyalgie, côlon irritable, migraines et céphalées, SDRC…).
Il est fréquent que les pathologies douloureuses associent plusieurs de ces mécanismes (Douleurs
rachidiennes, cancers…).
Par ailleurs, si elle persiste, la douleur aiguë s’organise et les mécanismes de sensibilisation s’élaborent
amenant à la complexité de la douleur chronique avec une composante psychologique supplémentaire
non négligeable.
L’analgésie requise, pour être efficace va donc s’appuyer sur ces différents mécanismes et leur évolution.
L’efficacité sera d’autant meilleure que toutes les composantes de la douleur seront prises en charge
s’appuyant sur des médicaments d’impacts pharmacologiques différents associés à des techniques non
médicamenteuses (dispositifs médicaux et approches psychologiques).
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 15Cette approche a permis à Lusset et Beaulieu d’élaborer en 2011 une nouvelle classification des antalgiques : antalgiques antinociceptifs non opioïdes et opioïdes, antihyperalgésiques, modulateurs de l’inhibition et de l’excitation descendante, modulation de la transmission périphérique/sensibilisation, mixtes : analgésiques antinociceptifs et modulateurs de l’inhibition ou de l’excitation descendante et autres. Les techniques non médicamenteuses s’appuient sur les mêmes cibles : Une première approche mécanistique permet d’envisager un traitement multimodal pour chaque douleur. 4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 16
L’analgésie postopératoire, modèle exemplaire d’analgésie multimodale (AMM) associe opioïdes,
autres analgésiques non opioïdes, antihyperalgésiques, techniques d’anesthésies locorégionales (ALR) et
approches non pharmacologiques permettant de répondre à plusieurs objectifs :
* Objectif principal : analgésie optimale basée sur un effet synergique
* Objectifs secondaires :
▪ Réduire les effets indésirables (EI) des médicaments
▪ Limiter le risque de Douleur Chronique Post Chirurgicale (DCPC)
* Participe au développement de la Récupération Accélérée Après Chirurgie (RAAC)
* En anesthésie : a contribué au concept d’Opioïd Free Anesthesia (OFA) ou Opioïd Reduce
Anesthésia (ORA)
Les associations médicamenteuses doivent être additives ou synergiques, mais doivent éviter d’être
infra additives.
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 17Les objectifs de l’analgésie multimodales postopératoire ont évolué depuis leur conceptualisation en 1990 par le docteur Henrik KEHLET. Le concept de RAAC s’appuie pleinement sur l’AMM. 4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 18
L’AMM permet également de répondre à l’objectif de prévention de la douleur chronique post- chirurgicale (DCPC). D’autre médicaments ont été proposés, utilisés en dépit d’effets indésirables qu’il convient de connaitre (Clonidine, Néfopam…) voire ne sont plus utilisés dans le contexte de RAAC et d’ambulatoire (Gabapentinoïdes). En revanche, Paracétamol et AINS sont particulièrement utiles dans l’APO multimodale sous réserve du respect des recommandations et en dépit de stigmatisations actuelles (Paracétamol et risque hépatique) ou de craintes non fondées sous prétexte d’exagération des risques, réévalués dans la littérature récente, amenant à une sous-utilisation (AINS). Quant aux corticoïdes (Dexaméthasone), des études récentes confirment leur intérêt en APO multimodale. 4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 19
Le principe recherché d’épargne morphique est possible et validé grâce à l’AMM En revanche, certaines associations ne sont pas recommandées. 4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 20
En résumé, les recommandations pour l’AMM en APO s’appuient sur quatre principes fondamentaux
validés (Harkouk H, Fletcher D. Analgésie multimodale, que dit la médecine factuelle ? Conférence SFAR
le congrès 2019) :
* Au moins une bithérapie d’analgésiques non opioïdes (ANO) avec en priorité les AINS
▪ Les α-2-agonistes de maniement plus délicat (effets hémodynamiques et prolongés)
restent intéressants
▪ Les anesthésiques locaux chaque fois que possible et en multimodal, quelle que soit
la voie
* La kétamine pour les patients douloureux en préopératoire sous opioïdes et pour une
chirurgie majeure
* La lidocaïne IV en chirurgie viscérale
▪ Développée dans l’OFA
Le concept d’analgésie multimodale doit s’appliquer également dans la gestion des douleurs aiguës, aux
urgences par exemple :
L’analgésie multimodale est également primordiale dans la douleur chronique et doit considérer toutes
les composantes du modèle Bio-Psycho-Social de la douleur :
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 21Dans la douleur chronique, les cercles vicieux physiques et psychologiques se conjuguent pour
aggraver la douleur et doivent par le concept d’AMM être traités en parallèle (Collège Français des
Enseignants en Rhumatologie – 2017-2020)
Pour résumer :
* Le principe de l’analgésie multimodale est validé et applicable en 2023 pour :
▪ L’analgésie aiguë
▪ L’analgésie en urgence
▪ L’analgésie postopératoire
▪ L’analgésie chronique
* Rappel des objectifs de l’analgésie multimodale :
▪ Recherche d’un effet synergique pour plus d’efficacité
▪ Réduire les effets indésirables
▪ Permettre une épargne morphinique
▪ Adapter le TTT aux mécanismes complexes de la douleur et au risque de chronicisation
* Médicamenteux et non médicamenteux
* Physique et psychologique
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 22Atelier thématique
La RESC, une méthode non médicamenteuse au bout
des doigts : expérience en pédiatrie
Charlotte BEVIS
Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier (34)
Charlotte BEVIS est infirmière puéricultrice ressource douleur, CAP SUD Enfant au CHU de Montpellier.
Praticienne en hypno analgésie, elle travaille au CETD pediatrique, au sein d’une équipe pluridisciplinaire,
et propose des consultations infirmières sur l’évaluation de la douleur chronique et autour de différentes
méthodes non médicamenteuses dans le cadre ou pas d’un programme d’éducation thérapeutique. Elle
assure aussi une activité en transversalité accompagnant les équipes à l’amélioration de la prise en soins
de la douleur dans les soins et hors soins. Elle participe à la formation des professionnels en formation
initiale ou continue pour promouvoir la qualité de la prise en soins de la douleur de l’enfant et de
l’adolescent.
Formée à la Résonance Energétique par Stimulation Cutanée (RESC), elle propose cette thérapeutique
non médicamenteuse aux enfants ou adolescents douloureux en consultation ou en hospitalisation. Une
séance ou des personnalisées visant à apporter soulagement et apaisement.
En se basant sur les savoirs de la médecine chinoise (médecin du bien-être et préventive) et la physique
de la circulation des ondes sonores dans un milieu liquidien (le corps composé à 75% d’eau) comme
circulation énergétique, Mr Patrick Fouchier (kinésithérapeute et praticien en médecine chinois) a
développé une technique visant à soulager les patients. Un contact cutané subtil entre deux points
permet par la résonance d’écouter la fluidité de la circulation énergétique. Cette écoute corporelle
douce et attentive associée à l’écoute du discours verbal et corporel du patient est nécessaire au
soignant pour qu’il puisse, à travers un protocole, restaurer la fluidité de la circulation énergétique. En
effet la douleur peut induire une perturbation de la circulation énergétique comme les cicatrices, la
maladie, l’état anxieux ou la peur.
A travers un ensemble de point défini dans le protocole de base ou par des points spécifiques selon les
symptômes, le praticien cherche à favoriser le passage de l’onde énergétique, à lever les blocages et
restaurer la fluidité tout en permettant l’élimination des énergies perturbatrices.
Cette thérapeutique s’adapte à l’enfant, son âge, son état, ses besoins mais aussi ses ressources. La
durée, la répétition des séances sont très variables. Mais toute séance a un effet quasi immédiat sur le
soulagement et l’apaisement. Cela peut s’intégrer à une pratique du soin souvent rapide tout en veillant
à lui accorder une place suffisante pour être exercer en sécurité et dans de bonnes conditions
d’installation et de temps.
Références bibliographiques :
Kuttner L. L’enfant et sa douleur. Identifier, comprendre, soulager. Paris : Dunod ; 2011
Wolikow M. Douleur et anxiété : prise en charge chez les enfants et les adolescents. EMC Odontologie ;
2012
Lombard B. Les soins en pédiatrie : faire face au refus de l’enfant : repères éthiques pour une posture
soignante fondée sur la prudence. Seli Arslan. 2016
Fouchier P. La résonance sous-cutanée (RESC) ; une écoute subtile du corps. Patrick Fouchier, Editions
Glyphe, 2022.
Nguyen Van Ghi. Médecine chinoise traditionnelle., Editions Institut Van Ghi.
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 23Atelier thématique
Ecoute musicale et douleur liée aux soins : à quoi ça
sert ? Comment faire en pratique ?
Dr Luc BRUN
Centre Hospitalier de Narbonne (11)
Le Dr Luc Brun est médecin algologue au centre Hospitalier de Narbonne depuis janvier 2023. Sa
spécialité d’origine est l’anesthésie réanimation. Il est impliqué dans la prise en charge de la douleur
chronique depuis 2001. Après avoir créé la consultation de la douleur au centre hospitalier de Béziers, il a
exercé pendant 14 ans en Nouvelle Calédonie à l’Unité d’Evaluation et de traitement de la Douleur de
Nouméa. Ses centres d’intérêt sont les techniques complémentaires et particulièrement la thérapie par la
musique et les techniques analgésiques dérivées de l’anesthésie.
Les interventions musicales en milieu de soins font partie des techniques complémentaires pour traiter
la douleur (1). Parmi ces techniques, la musicothérapie réceptive personnalisée à l’aide d’une
application numérique (Music CareR ) a fait la preuve de son efficacité dans le traitement de la douleur
aigue et chronique dans le traitement de l’anxiété et des symptômes de la maladie d’Alzheimer (2-7)
Dans cet atelier thématique, nous allons revenir sur les données physiologiques de l’écoute musicale et
reprendre les données de la littérature concernant l’application Music CareR.
Nous allons exposer également comment l’hôpital de Nouméa en Nouvelle Calédonie est devenu
entièrement connecté au système. Enfin, nous verrons comment l’adapter au mieux en fonction des
goûts musicaux des patients.
Références bibliographiques :
1. Développement de la prescription de thérapeutiques non médicamenteuses validées - Rapport
d’orientation -Recommandation HAS 2011
2. Jaber S, Bahloul H, Guétin S, Chanques G, Sebbane M, Eledjam J-J. Effects of music therapy in intensive
care unit without sedation in weaning patients versus non-ventilated patients. Annales Françaises
d’Anesthésie et de Réanimation; 2007 Jan; 26(1): 30–38.
3. Guétin S, Giniès P, Siou DKA, Picot M-C, Pommié C, Guldner E et al. The Effects of music intervention in
the management of chronic pain: a single-blind, randomized, controlled trial. The Clinical Journal of Pain;
2012 May; 28(4): 329-337.
4. Guétin S, Portet F, Picot MC, Pommié C, Messaoudi M, Djabelkir L et al. Effect of music therapy on
anxiety and depression in patients with Alzheimer’s type dementia: randomised, controlled study.
Dementia and Geriatric Cognitive Disorders; 2009 Aug; 28(1): 36–46.
5. Bertacco M, Soyeux O, Durand R, Boudrias P, Wiseman L, Rompre P, Rainville P, Emani E, Gosselin N.
Effect of personalized musical intervention on burden of care in dental implant surgery: A pilot
randomized controlled trial. J Dent; 2022 May; 120:104091
6. Boccara G, Mazeraud A, Cassagnol D, Tarragano F. A web app based-music intervention (MUSIC-CARE)
reduces sedative requirement and anxiety during coronary angioplasty. Music & Medicine; 2021; 13(4):
265-271.
7. Jacquier S, Nay MA, Muller G, Muller L. Effect of a Musical Intervention During the Implantation of a
Central Venous Catheter or a Dialysis Catheter in the Intensive Care Unit: A Prospective Randomized Pilot
Study. Anesthesia and Analgesia; 2022; 134(4): 781-790
8. White JM. State of the science of music interventions: critical care and perioperative practice.
Perioperative Critical Care; 2000 Jun; 12(2): 219–225.
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 24Atelier thématique
Méthodologie de soin "humanitude" :
expérience d'équipe
Lyndie POINY, Sophie STABLO
EHPAD Cécile Bousquet, Bessières (31)
Lyndie POINY Sophie STABLO
Après avoir réalisée une réorientation professionnelle en 2013 à l’institut Saint-Simon de TOULOUSE,
Lyndie POINY a choisi d’exercer le métier d’aide médico-psychologique en accord avec ses valeurs
profondes. Depuis lors, elle n’a eu de cesse d’enrichir sa pratique professionnelle afin de proposer un
accompagnement bienveillant auprès des résidents. Pour cela, elle a pu intégrer divers outils et
techniques dont ceux proposés dans l’approche Humanitude. Dans ses premières années au sein de
l’EHPAD Cécile Bousquet, Mme Poiny a exclusivement accompagné les résidents du secteur protégé.
Cette expérience professionnelle lui a permis de développer les compétences spécifiques relationnelles
liées à l’accompagnement de personnes souffrant de pathologies neurodégénératives présentant des
troubles cognitifs et psycho-comportementaux perturbateurs pouvant masquer une douleur.
Sophie Stablo est psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie. Elle réalise des interventions
non médicamenteuses à visée thérapeutique pour favoriser l’expression des maux de ses patients
quelque soit leur canal de communication. Pour cela, elle a pratiqué la zoothérapie et s’est initiée à
l’arômathérapie. Mme Stablo anime également des formations en gérontologie depuis 2010 dans divers
établissements hospitaliers et médico-sociaux sur les thématiques telles que « Bientraitance », « Soins
Palliatifs », « Accomagnement et valorisation des personnes atteintes de pathologies
neurodégénératives », « Médiation animale ».
Depuis une quinzaine d’années, l’EHPAD Cécile Bousquet inscrit sa pratique dans la philosophie de soins
Humanitude. Yves Ginest et Rosette Marescotti ont imaginé la manutention et le soin relationnel où le
corps est utilisé comme médiateur afin que la douceur rapproche le soignant et le soigné dans leur
Humanitude. Les concepts de Règles de l'Art dans le soin et la méthodologie des soins basées sur la
philosophie de l’Humanitude permettent d'accompagner les personnes âgées dans la tendresse et le
respect de l'autonomie, debout jusqu'à la fin. La méthode de "capture et rebouclage sensoriels" dans la
gestion des Comportements d'Agitation Pathologique des patients déments leur a permis d'affiner la
méthodologie.
L’Humanitude s’intéresse ainsi aux liens qui permettent aux humains de se rencontrer quel que soit leur
état et leur statut. Le maintien de ces liens s’appuie sur trois piliers relationnels, le regard, la parole, le
toucher et un pilier identitaire, la verticalité. Ces quatre piliers constituent les bases incontournables,
vitales des relations humaines positives tout au long de notre vie. En redéfinissant ce qu’est un soignant,
ce qu’est la notion de personne et de personne aidée, l’Humanitude permet de professionnaliser au
travers de 150 techniques de prendre-soin, un véritable accompagnement dans la bientraitance.
Exemples de technique : capture sensorielle, toc-toc, prise de rendez-vous, acte gratuit, l’amplification
émotionnelle, soignant maître/soignant furtif, switch on, fondu enchainé, auto feed-back, aide à la
préhension, prise pouce, toucher relationnel, etc.
Ces techniques non médicamenteuses peuvent devenir antalgiques car les piliers relationnels nous
permettent d’ajuster notre prise en soin à l’instant « t ». Notre communication verbale et non verbale
s’adapte au vécu douloureux du résident et participe à l’apaiser. L’utilisation répétée et continue de ces
4ème Journée de l’InterCLUD Occitanie 25Vous pouvez aussi lire