AFRIQUENVIRONNEMENT BIODIGESTEUR UNE TECHNOLOGIE INNOVANTE FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES EN AFRIQUE - AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS
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Membre du RECEIAC
AfriquEnvironnement
EDITION JANVIER-FEVRIER 2019
MAG A Z I N E
BIODIGESTEUR
une technologie innovante
face aux changements
climatiques en Afrique
N° ENR. 054/MCRP/DGAI/DPE
Les pays HFLD lancent un appel à la communauté internationaleEdito
‘‘ Autant des solutions pour lutter
contre le changement climatique
‘‘
L
a sauvegarde de notre planète s’avère indispensable pour tout le monde. D’où, la multiplication des
conférences, réunions et colloques ainsi que d’autres initiatives dans le seul but de chercher et trouver
des solutions adéquates pour lutter contre les changements climatiques causés par le réchauffement
climatique. Face aux désastres provoqués par le phénomène des changements climatiques, il est
indispensable que les solutions soient trouvées. Le Burkina Faso, pays du sahel a su trouver une solution
innovante à plusieurs vertus salutaires, exportée du Rwanda, appelée « le biodigesteur. »
L’Afrique, un des continents les plus vulnérables à la variabilité et aux changements climatiques à cause des stress
multiples qu’il connaît et dont la capacité de réponse et d’adaptation demeure faible se déploie pour mettre des
mécanismes de lutte contre les effets néfastes du changement climatique, mais aussi des menaces que sont victimes
les espèces animales. C’est la raison de la tenue, à N’Djamena, au Tchad, de la Conférence internationale des
Ministres en charge de la défense, de la sécurité et des aires protégées sur la lutte contre le braconnage et autres
activités criminelles transfrontalières, sanctionnée par une Déclaration de N’Djamena.
En dépit des efforts et combats menés à travers de différentes réunions, conférences et des déclarations par les pays
en développement, premières victimes de ce changement climatique causé par l’industrie des pays développés, seul
obstacle, la question du financement qui pose problème avec acuité. C’est ce qui a motivé la tenue de la 1ère édition
de la conférence sur la mobilisation du financement de la lutte contre le changement climatique, qui a réuni les
dirigeants des pays à forte forêt et à faible déforestation (pays HFLD), à Paramaribo (Suriname). Cette dernière a
produit un document appelé « Krutu of Paramaribo Joint Déclaration » qui a été adopté par les conférenciers venus
de toutes les régions de la planète. Laquelle Déclaration lance un vibrant appel à la communauté internationale de
respecter les engagements pris en matière de financement au profit des pays en développement.
Les questions environnementales et touristiques sont liées et ne peuvent faire l’objet de séparation. D’où, la tenue
à Brazzaville, de la 1ère caravane de la Charte africaine du tourisme durable et responsable, afin d’œuvrer pour le
développement d’un tourisme respectueux.
L’Afrique a toujours été au premier plan dans la lutte contre les effets néfastes du changement climatique. Dans cette
dynamique, le réseau des Experts africains pour les Forêts, l’agriculture, l’énergie et les changements climatiques
(REFACC) organise courant mars, la 2ème édition des Journées Africaines de l’Ecologie et des Changements
Climatiques, sous le Thème: Comment réussir les transitions Énergétique et Écologique en Afrique?
Toutes ces initiatives concourent pour lutter contre le changement climatique qui dévaste le continent africain. Tous
[africains], nous devons prendre conscience de la gravité des effets néfastes.
.
Raoul SIEMENISOMMAIRE
Interview
10 M. Xavier Bambara, Coordonnateur
du programme des Biodigesteurs
au Burkina Faso 28 PFBC-COMIFAC :
Un arsenal pour le plaidoyer !
Interview Interview
Changement climatique
18 21 24
Un appel pressent Dr ARMSTRONG ALEXIS,
Desiré Delano Bouters,
pour la mobilisation du représentant résident
Président du Suriname
financement climatique du PNUD pour le Suriname
EN
T PLUS
03 Edito
Autant des solutions pour lutter
contre le changement climatique
VIRONNEM
Technologie du biodigesteur
06 le Burkina joue sa partition pour
EN
E
AFRIQU juguler la crise climatique
MAGAZINE BIMESTRIEL D’INFORMATION, DE FORMATION ET DE Changement climatique
COMMUNICATION ENVIRONNEMENTALE 14 les pays HFLD lancent un appel à la communauté
internationale à les financer
Siège Brazzaville Congo
Changement climatique
Contacts : (+242) 05519 62 49 / 06806 05 29 21 Un appel pressent pour la mobilisation
du financement climatique
E-mail :afenvironnementplus@yahoo.fr
contact@afriquenvironnementplus.info Tourisme durable : « La Charte offre à
www.afriquenvironnementplus.info
Directeur de la Publication Shamelie SAMA
26 l’Afrique une grande opportunité de ses
ressources naturelles et culturelles » dixit
Arlette Soudan-Nonault
Raoul SIEMENI Eddy DJUIMOU
Directeur des Projets
Reine EVEMEKA
28 PFBC-COMIFAC :
Un arsenal pour le plaidoyer !
Brice Severin PONGUI Représentant Cameroun
Première Conférence des Chefs d’Etat et
Directeur de Rédaction
Dieudonné KAMGUIE
Kameni Thierry 31 de gouvernement de la Commission Climat
pour la Région du Sahel
Wilfrid LAWILLA DIANKABAKANA Agir ensemble face au
Représentante RDC changement climatique
Directeur de la Communication Eugénie BIUMA Environnement /JFAC 2019
Marie Madeleine MBAZOA BOULI
Représentant Gabon
34 la question des transitions
énergétiques au cœur des
débats à Abidjan
Coordonnatrice déléguée Gildas Parfait DIAMONEKA
Marie TAMOIFO IFDD - Fonds Bleu
Secrétariat de Rédaction
Partenaire : Energie 2050
Stéphane POUFFARY
36 les points focaux appelés
à faire connaitre l’outil
financier
Celia MBOUKOU
Vanissa BIAHOUA Mise en page et Graphisme
Roberta BAYILAMANE Trésor NGANDU KABEYA
tresorng7@gmail.com
Chargé de la communication
NGO NGUE Emma Bertille Photographe
Carine OYOMA
Rédaction générale
Wilfrid Lawilla DIANKABAKANA Service Technique
Antoine KAMTCHEU Bernard TCHOKOTETechnologie du biodigesteur
le Burkina joue
sa partition
pour juguler la ce continent comme « un des continents
les plus vulnérables à la variabilité et aux
changements climatiques à cause des stress
multiples qu’il connaît et dont la capacité de
Une technologie à multiples
vertus
une dizaine de vaches laitières bien
dodues sont entretenues. La ferme de
M. Thiombiano est spécialisée dans
groupe électrogène adapté . Le biogaz
sert aussi à la cuisson des aliments
de la dizaine des travailleurs qui sont
crise climatique
réponse et d’adaptation demeurent faibles. la production, la transformation et la sur la ferme, ainsi qu’à l’éclairage des
En rappel, le biodigesteur est un dispositif installations de la ferme. Aussi, le compost
» Refusant de se résigner à ce constat commercialisation du lait de vache. Selon
technique qui sert à la transformation produit sert à fertiliser les parcelles de
s’apparentant à une fatalité, le Burkina le promoteur laitier, la moyenne de la
des déjections animales (bouse de vache, production de fourrage.
fait le choix en 2009 de vulgariser la production de lait varie entre 20 et 50
crottins de porcs) ou autres résidus
technologie du biodigesteur que lui sera litres par jour avec huit vaches. Deux
organiques en biogaz. Ce gaz est utilisable Le constat qui s’impose est l’état des
transférée du Rwanda. biodigesteurs du modèle FasoBio-15 y
Les désastres provoqués par le phénomène des changements pour la cuisson des aliments et l’éclairage.
sont installés et fonctionnent parfaitement. plantes dans les différents champs. Les
climatiques sont devenus évidents. Si des solutions ne sont pas Et l’effluent obtenu après la dégradation feuilles sont d’une verdure éclatante.
Entre 2011 et 2015, les techniciens « J’utilise le biodigesteur pour accompagner
trouvées et mises en œuvre, c’est la planète et son existence des matières peut être utilisé en l’état La grosseur des tiges et les épis laissent
burkinabè, à leur tour, travaillent à ma production laitière parce que cela permet
ou transformé en compost pour servir entrevoir la qualité du sol. Cette qualité est
toute entière qui subiront l’apocalypse. améliorer ce modèle importé et mettent de gérer les déchets notamment les déjections
d’engrais organique pour la fertilisation due, selon M. Thiombiano, à l’utilisation
sur le marché en mars 2015 un modèle animales. C’est une technologie qui utilise la
des champs. A Boassa, un quartier du compost issu du biodigesteur. La
dénommé «FasoBio-15». Selon M. Xavier bouse de vache mélangée à l’eau pour produire
périphérique de la ville de Ouagadougou, qualité et la grande quantité des récoltes
Le Burkina Faso, pour parer à ce deux grandes batailles que nous devons livrer. Bambara, coordonnateur du Programme du biogaz ». a expliqué M. Thiombiano.
réputé d’abriter de vastes exploitations permettent aux vaches d’être bien
péril, s’est engagé dans l’utilisation et Si nous perdons la première, nous perdrons National de Biodigesteurs (PNB-BF), « la agricoles comme la ferme Yemboli
la dissémination de la technologie du aussi la deuxième.» a déclaré le Dr Donald mise sur le marché du FasoBio-15 a permis Dans cette ferme qui manque d’électricité, nourries et leurs déjections sont par la
appartenant à M. Sylvain Thiombiano, le biogaz y est utilisé comme source suite récupérées pour la production du
biodigesteur. Une solution innovante à Kaberuka, Président du Groupe de la une baisse significative du coût de l’ouvrage de l’on appréhende mieux le fonctionnement
plusieurs vertus salutaires. Banque africaine de développement. Ils l’ordre de 35% avec, pour effet, l’amélioration d’énergie pour alimenter le frigo à biogaz. Selon M. Thiombiano, l’un des
d’une installation de biodigesteur. biogaz pour permettre la conservation avantages d’utiliser le biodigesteur est le
gardent toute leur acuité principalement de l’accessibilité des ménages aux avantages
« La lutte contre la pauvreté dans le monde sur l’Afrique quand on sait que de de la technologie. » de l’importante quantité de lait produit fait que le cadre où vivent les vaches est
Sur la spacieuse ferme, sont cultivés du constamment propre, car leurs déjections
et contre le changement climatique sont les nombreux rapports d’experts désignent ou transformé en électricité à travers un
maïs et du sorgho. Dans leur enclos,
6 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019 7échange à bâton au siège et de conserver au maximum le peu d’eau
du PNB. En effet, le pour la plante. Le peu d’eau qui tombe, le
coordonnateur ne cessait compost le maintien comme une éponge à la
de marteler et démontrer disposition de la plante. Et cette plante peu
comment le biodigesteur davantage résister aux poches de sécheresse
est un outil aidant à comparativement à une plante qui n’aurait
lutter « contre l’insécurité pas reçu le compost du biodigesteur » a conclu
alimentaire, nutritionnelle M. Xavier Bambara.
et énergétique, la pauvreté
et contribue à l’atténuation En effet, malgré la canicule, nous pouvons
des effets des changements constater que les pourtours des plantes
climatiques. » sont humides. En plus, en milieu rural les
« ménages ont réalisé qu’avec le biodigesteur,
La technologie du ils ont une usine d’engrais dans leur domicile
et que la qualité du compost est telle que
biodigesteur : un l’impact sur l’accroissement des rendements
bouclier contre les se passe de commentaire » a soutenu M.
Bambara.
effets de la crise
climatique Le Burkina mandaté
Les échanges avec M. pour la dissémination du
Xavier Bambara nous biodigesteur
ont permis de noter une
autre vertu fondamentale Dressant un bilan de l’état de
de la technologie du dissémination de la technologie, notre
biodigesteur : La capacité interlocuteur tire de façon générale, un
de cette technologie à bilan satisfaisant avec des perspectives
juguler les effets de la crise prometteuses. Il évoque l’engagement
climatique. Le Burkina du gouvernement du Burkina, les
Faso n’est pas un gros infrastructures mises en place et toutes
pollueur à l’instar des les mesures prises pour permettre au
pays industrialisés comme marché de se développer « même si le
les Etats-Unis, la Chine, Programme venait à s’arrêter un jour ».
l’Inde, etc. Mais, il doit Présentement, selon le coordonnateur, 11
participer à l’effort de 000 installations ont été réalisées avec un
réduction de l’émission de taux de fonctionnalité d’environ 94%. Un
gaz à effet de serre dans autre motif de satisfaction de M. Bambara
l’atmosphère. En cela, le est l’agrément que le Burkina a reçu de
Burkina matérialise son la Convention Cadre des Nations unies
engagement par l’adoption pour les Changements Climatiques pour
de la technologie du pouvoir bénéficier des premiers crédits
biodigesteur. carbones. Ainsi, le pays pourra ventre sur
le marché international de carbone « les
Comment cette émissions certifiées de gaz à effets de
technologie peut- serre».
elle lutter contre le
changement climatique ? Par ailleurs, pour permettre la
Entre autres, M. Xavier dissémination de cette technologie,
Bambara explique l’Etat burkinabè octroi une subvention
que la technologie du de 160 000 FCFA à chaque ménage qui
biodigesteur permet de souhaite avoir un biodigesteur. Aussi,
« séquestrer le méthane et de lors de la conférence internationale sur
le brûler à des fins de cuisson la technologie du biodigesteur qu’il a
et d’éclairage ». Ce qui organisé, du 10 au 12 octobre 2017 à
empêche le méthane qui Ouagadougou, le pays a reçu mandat
est un gaz à effet de serre pour « assurer le processus de mise en place
25 fois plus dangereux de l’organe régional de coordination des
que le gaz carbonique programmes nationaux de biodigesteurs
« d’aller dans l’atmosphère dans les différents Etats… ». Et les
pour réchauffer le climat ». autorités burkinabè jusqu’au plus haut
Le Coordonnateur du niveau – notamment SEM le Président
sont permanemment ramassées pour PNB-BF ajoute que la Roch Marc KABORE, font montre
alimenter les biodigesteurs. technologie du biodigesteur contribue à d’une détermination pour assurer la
« l’atténuation aussi bien qu’à l’adaptation popularisation de la technologie du
Le promoteur et les travailleurs de la aux changements climatiques ». Il argue que biodigesteur au Burkina et dans la région
ferme, de façon unanime, se réjouissent de cette technologie permet aux ménages africaine. Ainsi le Burkina a déjà transféré
leur condition de vie qui s’est améliorée en milieu rural de mieux s’adapter au le modèle Faso bio-15 dans plusieurs pays
du fait de l’utilisation du biodigesteur. phénomène du changement climatique. africains comme l’Ethiopie, la Guinée
Ce qui confirme les propos de M. Xavier La pluviométrie étant erratique, « le Conakry, le Mali, etc.
Bambara avec qui nous avons eu un compost du biodigesteur permet de gérer
Hamidou TRAORE
8 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019M. Xavier Bambara,
« Le nombre d’installations
Coordonnateur
de biodigesteurs exploités au du programme des
Burkina Faso est de 12000… » Biodigesteurs au
Burkina Faso
Le baliseur de l’initiative
sur les biodigesteurs, cet
expert en la manière nous
retrace la genèse de cette
procédée aussi capitale
qu’elle soit dans cette
interview qu’il a accordé à
notre magazine.
Vous êtes porteur
de l’initiative sur les
biodigesteurs en Afrique
de l’ouest. Pourriez-
vous nous dire en termes
simples ce qu’est un
biodigesteur et quels
sont ses avantages pour
justifier une telle initiative? noter dans le cadre de
l’opérationnalisation et de
A
la mise en œuvre d’une telle
vant tout propos, je initiative et comment pensez-
voudrais vous remercier vous qu’au niveau des Etats
pour l’occasion que vous africains on puisse implémenter
m’offrez de m’adresser à
vos lecteurs à travers les
cette initiative dans les
colonnes de votre journal. communautés rurales afin
Pour revenir à votre question, je Comment appréciez-vous d’améliorer l’accès du plus grand
dirais qu’un biodigesteur est une le développement de cette La politique d’expansion de cette nombre à cette technologie?
installation comportant une partie initiative prend en compte le niveau A mon avis, les principales difficultés
initiative dans le cadre de la national et régional. Sur le plan
enterrée (digesteur et chambre de concernent la faible disponibilité de
stockage de gaz) et des parties visibles mise en œuvre des initiatives national, l’initiative fait partie des ressources humaines qualifiées pour
(bassin d’entrée, bassin de sortie, fosses de production des énergies priorités du gouvernement. A ce conduire ce type d’initiative. Il y a aussi
à compost). Le digesteur est destiné propres? Quelle est d’après vous titre, elle est prise en compte par le la faible connaissance de la technologie
à recevoir un mélange à part égale de la politique d’expansion d’une Plan National de Développement par les populations et les acteurs
déjections animales fraîches (bouse de Économique et Social (PNDES) institutionnels. Il y a, enfin, la faiblesse
telle initiative? qui est le référentiel des actions de
vache ou crottins de porcs et eau). La Au Burkina Faso, cette initiative connaît des moyens financiers dont disposent
fermentation de ce mélange produit développement sur la période 2016- les ménages ruraux qui constitue une
un développement assez intéressant qui 2020. L’initiative figure aussi en bonne
du biogaz majoritairement constitué est reflété par le nombre des installations barrière financière qui entrave leur accès
de méthane (gaz à effet de serre). place dans le programme présidentiel à la technologie.
construites et utilisées et par la mise qui prévoit la réalisation de 40 000
Dans notre contexte, le biogaz est en place des bases d’un secteur avec la
essentiellement utilisé pour l’éclairage et biodigesteurs.
participation des acteurs privés. A titre Il existe également, dans le
pour la cuisson domestique. Le mélange
dégradé appelé effluent est rejeté hors
illustratif, le nombre d’installations Au niveau régional, une dizaine de cadre de la vulgarisation de cette
de biodigesteurs exploités au Burkina pays se sont engagés à travers les initiative, une alliance que vous
du digesteur et peut être utilisé en l’état Faso est de 12000 et le marché de
ou après compostage comme engrais la technologie est animé par une
Déclarations de Ouagadougou 1 et 2, avez mise en place. Quel est, à
organique. C’est donc une technologie à mettre en place, d’ici à fin 2019, des ce jour, le niveau d’implication
quinzaine d’entreprises de construction programmes nationaux de promotion de
qui résout au sein des ménages ruraux de biodigesteurs et de fournitures de différents acteurs autour de
et périurbains, à la fois, l’accès à une la technologie du biodigesteur.
énergie propre et les questions de
d’accessoires. Pour garantir la qualité cette alliance et comment est-
des services et la satisfaction des clients elle développée tant au niveau
sécurité alimentaire et bien d’autres de la technologie, ces entreprises sont Quels sont les difficultés
besoins. soumises à un système de « franchise ». notables que l’on peut
10 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019 11sous régional qu’au niveau des autres
régions que vous comptez atteindre?
En octobre 2017, onze pays de l’Afrique de l’Ouest
et du Centre ont participé à la 1ère Conférence
Internationale sur la Technologie du Biodigesteur.
Dans la Déclaration de Ouagadougou 1 qui a
sanctionné cette conférence, ces pays se sont
engagés à mettre en place un organe régional pour
accompagner la vulgarisation de la technologie
du biodigesteur. C’est dans ce cadre qu’en octobre
2018, huit pays tous de l’Afrique de l’Ouest (le
Cameroun, la Guinée Bissau et le Tchad étaient
absents) ont mis en place l’Alliance pour le
Biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre
(AB/AOC). Cette Alliance est un cadre pour
fédérer leurs efforts, partager leurs expériences
et savoir-faire et contribuer à la mobilisation
des ressources. Le siège de l’Alliance est basé à
Ouagadougou au Burkina Faso.
Les textes fondateurs de l’AB/AOC sont dans le
circuit de la ratification au niveau de différents
États fondateurs. Le terme de ce processus est le 31
décembre 2019, ce qui permettra la mise en place
des organes de l’Alliance au cours de la 3ème édition
de la Conférence Internationale sur la Technologie
du Biodigesteur qui se tiendra à Dakar cette année.
Notre souhait est que tous les pays de l’Afrique
centrale adhèrent à l’Alliance. Ensuite, nous
souhaitons que les autres régions de l’Afrique créent
à leur tour des Alliances. Enfin, nous rêvons d’une
Alliance africaine pour le Biodigesteur.
Quelles sont les perspectives en
développement de l’initiative des
biodigesteurs dont vous développez
en termes de projet et comment les
institutions contribuent-elles à son
développement?
La prise de conscience de plus en plus grandissante
des différents acteurs par rapport au phénomène du
changement climatique et par rapport à des défis
comme la sécurité alimentaire, l’accès à des sources
d’énergie propre pour ne citer que ceux-ci sont
autant d’opportunités en faveur du développement
de la technologie sur le continent.
Par rapport à la contribution des institutions au
développement de la technologie, je voudrais
traduire toute ma reconnaissance et mes
remerciements au gouvernement du Burkina Faso,
du Royaume des Pays-Bas et à l’Africa Biogas
Partnership Programme (ABPP) qui soutiennent le
Programme National de Biodigesteurs du Burkina
Faso depuis 2010.
Je dois souligner aussi qu’un certain nombre
d’institutions sous régionales et continentales
comme la Commission de l’Union Africaine,
la Banque Africaine de Développement et la
BOAD entre autres sont fortement intéressées
d’accompagner les différents États.
Raoul SIEMENI
12 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019Changement climatique
financements devant servir à lutter limitation de la température moyenne gaz à effet de serre, ne reçoit que 3 % du
les pays HFLD lancent un appel à la contre la déforestation dans ces pays.
Les participants se sont concentrés
du globe, etc. financement mondial de la lutte contre
le changement climatique, bien qu’elle
sur le défi d’un financement équitable Tous les pays présents à cette rencontre soit le continent le plus menacé par les
communauté internationale à les financer pour l’adaptation au changement se sont engagés à travailler au sein du changements climatiques. En substance,
L
climatique et pour la préservation de ces nouveau groupement pour soutenir il a conclu que « L’Afrique, qui a été
a conférence de trois jours écosystémiques qui seront utilisés écosystèmes précieux et vulnérables. un plaidoyer coordonné en faveur de lésée par le changement climatique, ne
Paramaribo, la capitale de avait pour objectifs : - pour promouvoir le développement l’amélioration de l’accès. doit pas être lésée par le financement
Renforcer la coopération, la durable tout en atténuant le risque de Au terme de cette rencontre, un climatique. »
Suriname, a accueilli du 12 document appelé « Krutu of Paramaribo
collaboration et l’échange destruction des forêts et de perte de Des déclarations tous azimuts
au 14 février 2019, la 1ère de connaissances et biodiversité. Joint Déclaration » a été adopté par Selon Mme Ingrid Bouterse - Waldring,
Conférence sur la mobilisation d’expériences entre les pays HFLD ;- les conférenciers venus de toutes les Au nombre des discours, l’assistance a Première Dame de la République
Élaborer des stratégies et des positions Autant de sujets saillants pour lutter régions de la planète. Parmi les points suivi religieusement les déclarations de du Suriname, « l’Agenda pour le
du financement de la lutte énumérés dans ce document : Soutenir
communes pour aider à maintenir contre ce fléau de déforestation, mais la Banque africaine de développement, développement durable 2030 se concentre
contre le changement le renforcement des connaissances, des du Président du Suriname et de la sur le fait que personne n’est laissé pour
leurs forêts intactes et à préserver le surtout, mobiliser les financements pour
climatique, qui a réuni les couvert forestier ; Sensibiliser davantage faire face à cette problématique qui compétences et des capacités nationales Première Dame du Suriname. compte et, en tant que tel, constitue la base
dirigeants des pays à forte les communautés internationales à est l’une des causes du réchauffement des pays en développement HFLD de mon engagement à différents niveaux
l’importance mondiale des pays HFLD climatique. en ce qui concerne la mobilisation Dans le message de la Banque africaine de la société. Elle m’oblige à promouvoir
forêt et à faible déforestation internationale du financement le bien-être des nourrissons, des personnes
et de leurs paysages productifs dans la de développement, prononcé par son
(pays HFLD). climatique ; Encourager un meilleur président, M. Adesina a expliqué âgées et des autres groupes vulnérables
lutte contre le changement climatique La question du financement accès aux financements publics et dans les zones côtières ainsi qu’à l’intérieur
; Partager les connaissances sur les que: « le continent africain, qui n’a
mécanismes techniques et financiers
au centre des débats privés internationaux pour les mesures presque rien contribué au problème du de notre République. » « La prévention
disponibles ou en développement en d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, souffre de manière de l’exclusion de ces groupes vulnérables,
Ces assises ont permis aux pays HFLD changement climatique conformément aiguë et disproportionnée de son impact. en soutenant les initiatives locales,
matière de financement climatique de mettre en place des mécanismes
pour les pays HFLD et Renforcer la à l’Accord de Paris et Contribuer Actuellement, l’Afrique, qui représente notamment l’autonomisation économique,
qui devraient permettre à réunir des aux actions mondiales en faveur de la moins de 4 % des émissions mondiales de le développement communautaire, le
structure de paiement pour les services
14 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019 15Les efforts de conservation contribuent-
ils à notre développement économique
? Investissons-nous suffisamment dans
notre propre capacité pour être un acteur
sur la scène environnementale mondiale
? Utilisons-nous suffisamment les fonds
et mécanismes financiers multilatéraux
disponibles ? Et : Dans quelle mesure
nos compatriotes surinamiens, hommes
ou femmes, bénéficient-ils d’une réserve
naturelle qui couvre 11% de leurs terres ?
Voilà autant de questions qui méritent
des réponses.
Enfin, il a lancé un appel à la
Communauté internationale : « Nous
attendons de la communauté internationale
qu’elle nous aide en nous fournissant les
instruments financiers, la technologie
et la formation appropriés, car ce n’est
qu’ensemble que nous parviendrons à
atteindre nos objectifs communs. »
A noter que ce fut un événement rare
pour le Suriname d’accueillir à la fois le
ministre de l’Environnement du Guyana
(voisin à l’ouest) et l’ambassadeur de
France (voisin à l’est, département de
la Guyane française). Les trois pays
partagent le même système forestier du
bassin amazonien et ont des frontières
très poreuses souvent traversées par
les tribus indigènes qui y vivaient bien
avant la colonisation des zones par
les Anglais (Guyane), les Hollandais
(Suriname) et les Français (Guyane
Française) qui doivent encore être
ajoutés aux boîtes à lettres.
Pourtant, la coopération officielle
dans ce domaine n’a jamais vu dans le
passé le format organisé aujourd’hui
illustré par des organisations comme
développement de la petite enfance et internationaux. Nous prenons cette mission la COMIFAC, pour mettre en œuvre
l’éducation pour tous, est primordiale pour très au sérieux et nous nous engageons à des décisions au-delà des frontières
moi, » a-t-elle conclut. nous dévouer.» arbitraires de la politique, pour englober
la forêt dans son ensemble.
Pour M. Désiré Delano Bouterse, Le Chef de l’Etat de Suriname a
président de Suriname, «l’adoption de ce rappelé à l’assistance que son pays a été Les pays qui ont pris part à cette
document est importante pour poursuivre le premier pays à réserver une grande conférence sont entre autres :
conjointement nos efforts et nous concentrer partie de sa masse terrestre (11 %) à Bahamas, Bhoutan, Costa Rica, Fidji,
sur les résultats pratiques, car elle nous des fins de conservation, en créant en Gabon, Ghana, Guyana, Malaisie,
permet d’accroître notre coopération 1998 la Réserve naturelle du Suriname Nicaragua, Panama, Pérou, République
aux mécanismes internationaux et central. Ainsi, il a demandé, 20 ans plus démocratique du Congo, République
multilatéraux pertinents. J’attends avec tard, qu’une évaluation soit faite. « Nous démocratique du Congo, Samoa, Sao
impatience une voix unie et des modèles nous devons d’évaluer et de remettre en Tomé-et-Principe, Seychelles et Zambie
novateurs qui façonneront nos intérêts question les impacts de cette décision : Les et des partenaires au développement.
mutuels. Le Suriname est honoré d’avoir écosystèmes de la Réserve naturelle sont-
reçu le mandat d’amener les efforts des pays ils intacts ou améliorés comme prévu à Wilfrid Lawilla DIANKABAKANA.
en développement HFLD dans les forums l’origine ?
16 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019CÂBLE CLIMATIQUE
DES CARAÏBES
optimiste quant à la Déclaration communauté internationale,
conjointe Krutu de Paramaribo quel message envoyez-vous en
sur la mobilisation de HFLD ce moment ?
Climate Finance ? DDB : Ce que je veux communiquer à
DDB : Oui, il y a eu des déclarations, la communauté internationale, c’est que
mais voici ce qu’il me semble nécessaire nous devons avant tout constater que
de tirer de ce processus. Il y a un besoin notre planète est en danger et qu’elle
de recherche scientifique précise qui appelle à une action commune. Si nous
nous permettra d’avoir une image négligeons de nous unir pour faire
véridique de ce que nous pouvons face à ce danger, nous risquons d’être
« Notre engagement envers
obtenir pour l’offre que nous faisons, confrontés à une situation très tragique
de sorte qu’il y ait un calcul très précis. qui laissera notre planète pire que ce que
Pour ainsi dire, nous n’estimons pas la nous avons connu, pour nos enfants et
le monde est de maintenir un valeur de l’offre que nous avons faite,
mais plutôt que nous la connaissions.
leurs enfants.
couvert forestier de 93 %. » IPS : Que signifie cette
IPS : Maintenant que vous avez
adopté la déclaration commune
déclaration en termes de Krutu de Paramaribo, quelle est
ressources financières et la prochaine étape ?
d’avantages pour la population DDB : Tout d’abord, ce que nous
du Suriname et d’autres pays
Interview Inter Press Service (IPS): de maintenir le couvert forestier, d’une HFLD ?
devons faire ou savoir, c’est que le groupe
de pays a identifié le Suriname comme
Quelle était votre vision part. D’autre part, il y a les défis du DDB : Tout d’abord, la déclaration est le chef de file pour communiquer ce
Desiré Delano Bouterse, lorsque cette conférence a été
conceptualisée ?
développement avec des ressources
financières limitées. En sus, il y a l’accès
d’une importance telle que nous nous
sommes rassemblés en tant que pays
dont nous avons convenu lors de cette
conférence. Et nous devons donc saisir
difficile aux financements. Il faut donc
Président du Suriname Desiré Delano Bouterse (DDB) : Cela
fait plus de 30 ans que nous sommes que la communauté internationale
partageant les mêmes idées pour faire
face ensemble aux défis à venir et pour
chaque occasion internationale pour
faire savoir au monde ce dont nous
confrontés à ce problème. Ce que comprenne cet engagement et cherche aborder la communauté mondiale d’une avons convenu et ce que nous attendons
Le président du Suriname se fait le champion de la préservation des un mécanisme pour faciliter l’accès aux
nous avons examiné, c’est que les pays seule voix afin de surmonter l’obstacle de lui.
forêts du monde et pense que, pour le Suriname et d’autres pays à mécanismes financiers afin que nous
qui sont confrontés au problème de que nous rencontrons tous. Vous devriez Nous devons raisonner, à partir d’une
fort couvert forestier et à faible déboisement (HFLD), le maintien de la forte foresterie ont des difficultés à puissions donc obtenir une formation, donc voir la déclaration en ce sens, que
un renforcement des capacités et un position commune, et, par conséquent,
la couverture forestière contribue à sauver la planète des effets du obtenir des financements. C’est donc la nous avons rassemblé les nombreux
accès aux financements pour maintenir nous devrions aborder notre position, et
changement climatique, ce qu’ils n’ont pas provoqué. Ainsi, le Chef principale raison d’être de la conférence. Chefs d’Etat ayant des similitudes pour non du point de vue que les autres pays
cet engagement. Il est donc crucial tirer parti de ce que nous offrons.
de l’Etat de Suriname s’explique dans cette interview accordée à Nous avons un couvert forestier développés devraient prendre l’initiative.
d’obtenir cet accès.
notre confrère de l’IPS. d’environ 94,6 %. Notre engagement Non, nous devrions l’examiner de notre
envers le monde est de maintenir un IPS : Vous avez été chargé de point de vue.
couvert forestier de 93 %. C’est un IPS : Nous avons vu tant de défendre cette cause au nom Vous devriez le considérer comme tel,
engagement que nous avons pris. déclarations faites auparavant, des Nations HFLD - Vous politiquement et économiquement,
Ce que nous savons, c’est qu’il existe y a-t-il des raisons d’être vous adressez directement à la étant dans les Caraïbes et en Amérique
un conflit entre l’intérêt et la volonté
18 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019 19du Sud, nous devrions l’aborder à partir
d’une position commune. Permettez-
moi de donner un exemple : quand
on regarde la CARICOM, même si
ce sont les États-Unis, la CARICOM
ne fait qu’un. C’est la même chose en
Chine, au Canada, en Inde ou même
en Europe. Pourquoi ? Parce que nous
sommes unis. Nous avons une stratégie
commune. Donc, quand on est seul, c’est
très difficile. Mais quand vous aurez
votre seule structure, on vous prendra
plus au sérieux. C’est pourquoi je donne
l’exemple de la CARICOM. Il y a de
petites Nations différentes, mais les
grands pays - si c’est la Russie ou l’Inde
- tout le monde veut parler avec les 14
pays de la CARICOM.
IPS : Les jeunes ont-ils un rôle à
jouer dans tout cela ?
DDB : Oui, nous avons dans notre
portefeuille à la CARICOM, l’inclusion
des jeunes. C’est quelque chose dont
nous sommes fiers. Ce que nous
avons vu ici aujourd’hui, c’est que les
jeunes sont intervenus et qu’ils ont fait
entendre leur voix. Cependant, je crois
aussi que nous devrions faire de l’espace
et leur donner l’occasion d’assumer le
leadership afin qu’ils puissent apprendre
et à ne pas faire les mêmes erreurs
que nous en tant que leaders avons
fait. Car, avant que vous ne le sachiez,
c’est à eux de devenir des leaders. Il est
donc important de leur permettre cette Changement climatique
expérience afin qu’ils puissent participer
Un appel pressent pour la mobilisation du
au processus.
Réalisée par Desmond Brown, Le
correspondant de l’IPS. financement climatique
D
ans ce document qui puits et réservoirs de gaz à effet de serre
La première conférence du contient 20 articles visés à l’article 4, paragraphe d) de la
L’ONU proclame 2021-2030 « Décennie pour la restauration des écosystèmes » HFLD sur la mobilisation parmi lesquels, ceux CCNUCC, y compris les forêts.
qui réaffirment la
du financement climatique reconnaissance parle La déclaration de Krutu de Paramaribo
qui a réuni les chefs de Forum des Nations Unies sur les forêts met un accent sur les dispositions
À l’unanimité, l’Assemblée générale a adopté, deux résolutions par lesquelles elle décide de (FNUF), qui appellent à la communauté
délégation et représentants prises au cours de différentes réunions
proclamer 2021-2030, « Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes internationale sur le financement et qui et décisions sur la question de la
des pays en développement
» et de réaffirmer « son appui ferme et constant au Système de certification du Processus de émettent les inquiétudes vis-à-vis de la mobilisation du financement climatique.
à fort couvert forestier et léthargie dans le financement de la part
Kimberley » qui a permis de passer des « diamants du sang » aux « diamants de la paix ». à faible déforestation s’est des partenaires. Les participants s’exprimant dans ce
Préoccupée par le fait que la perte de biodiversité et des services écosystémiques due à la sanctionnée par l’adoption document réaffirmant les conclusions
La déclaration rappelle l’importance du 4ème rapport d’évaluation du
dégradation des terres représente plus de 10% du produit intérieur brut mondial, l’Assemblée d’un document appelé «
de garantir l’intégrité des écosystèmes Groupe d’experts intergouvernemental
générale a décidé de proclamer la période 2021-2030 « Décennie des Nations Unies pour Déclaration commune de et la protection de la biodiversité, ainsi sur l’évolution du climat (GIEC),
Krutu de Paramaribo sur la que l’importance de l’action climatique Changements climatiques 2007:
la restauration des écosystèmes ». Il s’agit d’appuyer et d’intensifier les efforts visant à en faveur des forêts, mentionné dans Atténuation, concluant qu’à long
mobilisation du financement
éviter, enrayer et inverser la dégradation des écosystèmes dans le monde et à sensibiliser à l’Accord de Paris, notamment en son terme, une stratégie de gestion durable
climatique HFLD. » article 5 qui reconnaît que: - les Parties des forêts viserait à maintenir ou à
l’importance d’une restauration réussie des écosystèmes.
devraient prendre des mesures pour accroître les stocks de carbone forestier
conserver et renforcer, selon le cas, les tout en produisant un rendement
20 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019 21annuel soutenu en bois, en fibres ou en réchauffement de la planète à l’horizon
énergie issu de la forêt générera le plus 1.58.
important avantage durable en matière
d’atténuation pour lutter contre le Malgré leur contribution essentielle à la
changement climatique. lutte contre le changement climatique,
les pays en développement HFLD
A cet effet, la cible 13.a sur la mise en ne reçoivent qu’une très petite partie
œuvre de l’engagement de mobiliser du financement climatique, note la
100 milliards USD par an d’ici à 2020 déclaration.
de toutes sources pour répondre aux
besoins des pays en développement dans Le document souligne que de nombreux
le contexte de mesures significatives pays en développement HFLD ont
d’atténuation des changements cruellement besoin d’un financement
climatiques a été mentionnée. international pour le climat, d’un
transfert de technologie et d’un
Appel pressent solennel renforcement des capacités adéquats
pour soutenir la transition vers un
S’agissant des questions de financement, développement résilient au changement
le document rappelle le renforcement climatique et à faibles émissions et pour
des moyens de mise en œuvre et la atteindre les objectifs énoncés dans
revitalisation du Partenariat mondial l’Agenda 2030 pour le développement
pour le développement durable grâce au durable. L’accord de Paris.
financement énuméré dans les objectifs
17.1, 17.2, 17.3, 17.4 et 17.5. Il affirme le rôle important que jouent
les forêts dans la contribution directe
Se félicitant des initiatives multipartites à la réalisation des contributions
impliquant les gouvernements, les déterminées au niveau national (CDN)
participants ont attiré l’attention sur le pertinentes. Et appelle la communauté
fait que nos pays contiennent environ internationale à trouver des moyens
24% des forêts restantes de la planète et pratiques de simplifier et de mieux
sont donc les dépositaires d’une grande aligner les travaux du cadre financier et
diversité d’écosystèmes, d’une riche les mécanismes permettant de répondre
biodiversité et d’une grande partie du aux besoins urgents et spécifiques
carbone forestier mondial au profit de des pays en développement HFLD,
l’humanité tout entière. Aussi, sur la de manière à fournir des incitations
valeur des forêts sur pied, sur la nécessité économiques à la préservation des
urgente d’éviter à la fois le déboisement stocks de carbone forestier, et ainsi,
et la dégradation des forêts et sur la reconnaissant la contribution historique
nécessité que le prix du carbone reflète des pays en développement HFLD pour
correctement les efforts déployés par les atténuer le changement climatique.
pays HFLD pour maintenir et renforcer
les stocks de carbone des forêts. Les participants invitent les institutions de financements et d’un soutien adapté par le biais d’une gestion durable des
financières concernées, les donateurs à nos besoins et à leur situation unique, forêts, y compris la conservation, qui
Les participants à travers cette des pays développés, le secteur privé, ce qui aidera les pays en développement atténuent le changement climatique
déclaration réitèrent leur engagement en la philanthropie et les autres pays en HLFD à atteindre les objectifs de et augmentent la résilience des
faveur de la gestion durable des forêts, mesure de le faire, à augmenter le développement durable et les objectifs communautés locales, et demander à la
y compris la conservation, le maintien financement pour la gestion durable des de développement durable au niveau communauté internationale de fournir
de la biodiversité et de l’intégrité des forêts, y compris la conservation, et à national. Ils ont demandé d’accroître un soutien financier adéquat pour nous
écosystèmes et des stocks de carbone, en accorder une attention particulière aux la collaboration, la connaissance et aider à maintenir ce trésor. Le document
soulignant la relation intrinsèque entre pays HFLD. l’échange des meilleures pratiques encourage un meilleur accès aux
les actions, les réponses et les impacts entre les pays HFLD et développer des financements internationaux publics et
du changement climatique avec un accès Ils félicitent, en outre, le soutien apporté stratégies et des positions communes privés pour les actions d’atténuation du
équitable au développement durable et à par le Réseau mondial de facilitation pour conserver, maintenir et, le cas changement climatique et d’adaptation
l’élimination de la pauvreté. du financement des forêts du Forum échéant, augmenter notre couverture en conformité avec l’Accord de Paris;
des Nations Unies sur les forêts pour forestière au profit de nos peuples et de
faciliter l’accès au financement forestier l’humanité toute entière. Nous nous félicitons du document
Les inquiétudes exprimées intitulé «Une voie à suivre pour la
de toutes les sources, y compris des
institutions financières multilatérales La reconnaissance aux efforts mobilisation pour le financement de la
Les participants sont, en outre,
et d’autres sources pertinentes de des pays en développement lutte contre le changement climatique
préoccupés par le fait que le rythme et
financement de la lutte contre le au sein des HFLD», joint en annexe.
l’ampleur de REDD Plus (réduction
changement climatique, et donné aux
HFLD
des émissions dues à la déforestation et
pays en développement HFLD comme Les participants à travers la Déclaration
à la dégradation des forêts, et rôle de la Les participants demandent la
le prévoit le Plan stratégique des invitent le système des Nations Unies,
conservation, de la gestion durable des reconnaissance internationale suite à la
Nations Unies pour les forêts. y compris le FNUF, à appuyer le suivi
forêts et de la valorisation des stocks de contribution importante que les pays des résultats de cette conférence dans
carbone des forêts) ne correspondent ni en développement HFLD apportent
Les participons encouragent les pays en les limites des mandats et des ressources
à la nécessité ni à l’ambition nécessaire. à la réponse mondiale au changement
développement HFLD à coordonner existants.
Répondre à l’appel à l’action lancé dans climatique en permettant à nos forêts
le rapport spécial du GIEC pour le et à plaider en faveur d’une offre accrue
de servir de puits de carbone vitaux,
22 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019 AFRIQUE ENVIRONNEMENT PLUS Magazine EDITION JANV. - FEVR. 2019 23pas totalement détruite, mais elle n’est
pas aussi dense. Elle ne possède pas
autant d’arbres et parfois les arbres sont
beaucoup plus jeunes pour différentes
raisons dont la production du bois.
Ainsi, vous pourriez dégrader la qualité
de la forêt mais, pas nécessairement la
déboiser dans son ensemble.
Les pays qui forment le HFLD se
sont engagés auprès de la communauté
internationale à poursuivre leurs
objectifs de développement sans
nécessairement détruire leurs forêts.
Et détruire ici, c’est soit déboiser, soit
Interview dégrader.
C’est un défi parce qu’au Suriname,
Dr ARMSTRONG ALEXIS, représentant par exemple, le secteur de l’exploitation
résident du PNUD pour le Suriname minière de l’or à petite échelle est le
principal moteur de la déforestation -
« Ils [pays] ont besoin du soutien des pas la production de bois, pas d’huile de
palme comme dans certains pays, ni les
infrastructures.
donateurs bilatéraux et des pays qui ont IPS : Alors, que dites-vous d’un
d’argent en détruisant les forêts de
cette région et en extrayant l’or et le
minuterie.
je voudrais insister est qu’une grande
partie de ce travail ne peut pas être
accompli par les seuls pays, car si vous y
toujours investi pour protéger les forêts. » pays qui a de l’or dans le sol ?
Qu’ils ne devraient pas exploiter Ainsi, les gouvernements doivent
réfléchissez, le marché du bois et de l’or
n’est pas le Suriname.
cet or ? prendre des décisions conscientes et
notre rôle en tant que PNUD est de Habituellement, les entreprises qui
Alors que les pays à fort couvert forestier AA : C’est difficile de dire cela à un pays fournir au gouvernement les options viennent dans ces pays pour faire de
et à faible déboisement se réunissent au dont l’économie en dépend. Comment politiques, qui sont généralement l’extraction ne sont même pas des
Suriname lors d’une grande conférence, il AA : Le Suriname Ces pays se sont regroupés grâce à un dire à un pays de ne pas produire de bois appuyées par des recherches et de entreprises locales. Ce sont de grandes
est évident que la décision prise par ces pays est le pays le plus effort de collaboration soutenu par le quand l’économie du pays en dépend ? données scientifiques solides pour leur multinationales. Un pays comme le
de préserver leurs forêts a été difficile mais boisé du monde. PNUD et le Département des affaires indiquer quelles sont leurs véritables Suriname ou le Guyana - ces pays ne
bonne. Environ 93% de économiques et sociales de l’ONU. Il existe des moyens de le faire options et comment ils peuvent intégrer peuvent pas se charger seuls de cette
la masse terrestre [exploitation minière à petite échelle ou ces options dans les décisions qu’ils tâche gigantesque. Ils ont besoin de
Au terme de ces assises, le Dr ARMSTRONG du Suriname est Nous avons réuni ces pays parce qu’ils production de bois] de manière durable. prennent. l’appui de la communauté internationale,
ALEXIS, représentant résident du Programme couverte de forêts ont tous un but commun, qu’ils ont Il existe des moyens de s’assurer qu’en ils ont besoin de l’appui d’organismes
des Nations Unies pour le développement amazoniennes tous une histoire commune et qu’ils accordant des concessions, que ce soit C’est donc un choix difficile, mais comme l’ONU, ils ont besoin de l’appui
vierges. Ainsi, avec travaillent tous à trouver des solutions pour la production de bois d’œuvre ou c’est un choix que les gouvernements des Fonds qui ont été établis comme
(PNUD) pour le Suriname, a répondu aux
une couverture communes pour s’assurer qu’il y en a l’exploitation à petite échelle de l’or, doivent faire pour déterminer s’ils le Fonds vert pour le climat, le Fonds
questions de l’IPS. vous tenez compte des moyens et des veulent continuer d’être les gardiens
forestière de 93%, une : pour l’environnement mondial, le Fonds
le Suriname a approches en matière de réhabilitation. de l’environnement ou s’ils veulent d’adaptation, et ils ont besoin du soutien
traditionnellement, - Reconnaissance du fait que ces poursuivre des intérêts liés uniquement des donateurs bilatéraux et des pays qui
pendant des siècles, été le gardien pays ont traditionnellement Il faut tenir compte de la biodiversité au progrès économique et à la croissance ont toujours investi pour protéger les
Inter Press Service (IPS) : maintenu leurs forêts et ne les et de la sensibilité de certaines de ces économique.
de ses forêts et a préservé ses forêts forêts.
Pouvez-vous nous donner un tout en atteignant des objectifs de ont pas détruites au nom du forêts et se demander si l’on accorde
bref aperçu du travail du PNUD développement importants pour sa développement ; plus d’importance à la biodiversité de Jusqu’à présent, ils ont fait du bon Réalisée par Desmond Brown
au Suriname ? population. cette région ou si l’on peut gagner peu travail. L’un des domaines sur lesquels pour l’IPS.
- Etant donné l’importance
Armstrong Alexis (AA) : Le PNUD Étant donné le rôle des forêts dans des arbres et des forêts dans
est un partenaire du développement les changements climatiques et en la lutte contre le changement
au Suriname. Nous nous concentrons particulier dans la séquestration du climatique, ce sont, en fait,
particulièrement sur les ressources. Nous carbone, le Suriname croit vraiment, les pays qui fournissent un
couvrons tout un éventail de questions et la science le confirmera, qu’il est, bon exemple et la meilleure
concernant le changement climatique, en fait, un pays à carbone négatif. Il opportunité pour servir la terre
les énergies renouvelables, la réduction stocke beaucoup plus de carbone qu’il avec un couvert forestier élevé.
des combustibles fossiles et les mesures n’en émet. Et il y a un certain nombre
d’adaptation et d’atténuation. Nous nous d’autres pays dans le monde que l’ONU IPS : Quelle est la voie à suivre
concentrons également sur la question a défini comme des pays à Forêt Forte pour la protection des forêts ?
des forêts. Faible Déforestation. Ce sont des pays
qui sont couverts à plus de 50% par des AA : Dans tous les pays où il y a des
IPS : Pourquoi cette réunion forêts et qui ont, en même temps, un forêts, il y a des activités qui ont deux
est-elle importante pour le taux de déforestation bien inférieur à la conséquences : la déforestation, où les
moyenne internationale qui, je pense, est arbres sont abattus et généralement pas
Suriname, et quel a été le rôle de 0,2% de déforestation par an. remplacés ; et il y a aussi ce qu’on appelle
du PNUD dans la collaboration la dégradation des forêts où la forêt n’est
avec les pays HFLD ?
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