Périodique de Conjoncture N 130 - Janvier 2021 - Banque ...
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Périodique de Conjoncture
N°130 – Janvier 2021
Environnement international
- Révision à la hausse, par le FMI, des prévisions de la croissance économique mondiale
pour l’année 2021 en relation avec l’approbation récente de plusieurs vaccins et des
mesures de soutien budgétaire supplémentaires annoncées fin 2020.
- Amélioration de la situation de l’emploi au cours des derniers mois de 2020 dans les
principaux pays industrialisés.
- Hausse des prix internationaux des produits de base, à l'exception de ceux de l’énergie
qui ont poursuivi leur recul.
- Poursuite de la baisse des taux d’inflation dans les principaux pays avancés, et ce en
relation avec le repli des prix de l’énergie.
- Maintien des orientations expansionnistes des politiques monétaires adoptées par les
principales Banques Centrales.
- Légère appréciation de l’euro vis-à-vis du dollar.
Conjoncture nationale
- Contraction économique plus forte que prévue pour l’ensemble de l’année 2020 en
relation, principalement, avec la deuxième vague du Covid-19.
- Baisse prévue de la production d’huile d’olive pour la campagne 2020-2021.
- Fléchissement de la production industrielle au cours des dix premiers mois de 2020.
- Détérioration des indicateurs de l’activité touristique en 2020.
- Baisse de l’inflation au cours de l’année 2020.
- Poursuite de l’atténuation des besoins des banques en liquidité au cours du dernier
trimestre de 2020.
- Légère hausse de l’indice boursier dans un contexte de consolidation des émissions des
titres de l’Etat et des entreprises.
- Atténuation du déficit courant et contraction des entrées nettes de capitaux extérieurs
en 2020.
- Appréciation du dinar face au dollar, dépréciation vis-à-vis des autres principales devises
en 2020 et augmentation des transactions devises contre dinar au comptant.
Ce document est téléchargeable à partir du site Internet
de la Banque Centrale de Tunisie, chapitre Publications,
à l’adresse http : //www.bct.gov.tnBanque Centrale de Tunisie
1
1. Environnement International
Les derniers rapports des institutions internationales, notamment ceux de la Banque
Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI) publiés au mois de janvier 2021,
montrent plus d’optimisme quant aux perspectives de croissance économique mondiale,
compte tenu de l’approbation de plusieurs vaccins et des mesures de soutien budgétaire
supplémentaires annoncées, fin 2020, notamment aux États-Unis et au Japon, qui
devraient stimuler l’économie mondiale en 2021 et 2022.
En effet, dans la mise à jour du mois de janvier 2021 de ses perspectives de l’économie
mondiale, le FMI a révisé à la hausse ses prévisions de la croissance mondiale pour
l’année 2021 à 5,5% contre 5,2% prévu au mois d’octobre 2020, et a maintenu
inchangées ses prévisions de croissance pour l’année 2022 à 4,2%, contre une
contraction de 3,5% estimée pour l’année 2020, soit + 0,9 point de pourcentage par
rapport aux prévisions d’Octobre du fait que l’élan de croissance au deuxième semestre
2020 a été, en moyenne, plus fort que prévu dans toutes les régions.
Toutefois, la vigueur de cette reprise devrait varier considérablement d’un pays à l’autre
en fonction de leur accès aux services de soins, de l’efficacité des mesures de soutien, de
leur exposition aux effets de contagion entre pays, et de leurs caractéristiques
structurelles à l’aube de la crise sanitaire.
Pour les pays avancés, les perspectives économiques ont été revues à la hausse par
rapport aux estimations du mois d’octobre 2020, passant de 3,9 % à 4,3% en 2021 et de
2,9% à 3,1% pour l’année 2022. En effet, le soutien budgétaire considérable
annoncé pour 2021 dans quelques pays, dont récemment les États-Unis et le Japon,
conjugué au déblocage des fonds de relance « Fonds Next Generation EU »,
contribueront à rehausser l’activité économique dans les pays avancés, avec des
répercussions favorables sur leurs partenaires commerciaux.
Pour les Etats-Unis, le FMI s’attend à une accélération du rythme de l’activité économique
avec un taux de croissance qui devrait atteindre 5,1% en 2021, avant de revenir à 2,5% au
cours de l’année 2022, contre des estimations précédentes de 3,1% et 2,9%,
respectivement, et -3,4% estimé pour 2020. Cette révision à la hausse tient, principalement,
à la forte dynamique observée au cours du deuxième semestre 2020 et au soutien
supplémentaire apporté par les mesures budgétaires adoptées en décembre 2020.
Dans la Zone Euro, le taux de croissance économique a été révisé à la baisse pour
revenir à 4,2% en 2021, contre des prévisions antérieures de 5,2% et une contraction de
7,2% en 2020. Cette révision tient compte du fléchissement de l’activité observé fin 2020
qui devrait perdurer au début de l’année 2021, et ce en raison de la recrudescence des
infections et des mesures de re-confinement. En 2022, la croissance devrait s’établir
à 3,6%.
Quant au Japon, le Fonds a également révisé à la hausse ses prévisions de croissance
pour les années 2021 et 2022, à 3,1% et 2,4%, respectivement, contre des prévisions
antérieures de 2,3% et 1,7%, et une contraction de 5,1% en 2020. Cette révision à la
hausse s’explique, principalement, par l’impulsion supplémentaire due aux mesures
budgétaires promulguées fin 2020.
Concernant les pays émergents et en développement, la croissance devrait
s’accélérer à 6,3% en 2021 et à 5% en 2022 contre un fléchissement estimé à
-2,4% pour l’année 2020. Cette reprise dépendra des facteurs de vulnérabilité de chaque
pays, de la structure économique et des tendances de croissance antérieures à la crise,
ainsi que de la gravité de la pandémie et de l’ampleur de la riposte des pouvoirs publics
pour atténuer les répercussions. Cependant, il convient de signaler que l’écart devrait
significativement se creuser entre la Chine, qui connaît une reprise robuste grâce à des
mesures d’endiguement efficaces, une vigoureuse stratégie d’investissement public et
l’apport de liquidités par sa banque centrale, et les autres pays. Aussi, la situationPériodique de conjoncture
N°130 – Janvier 2021
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s’annonce -t-elle difficile pour les pays exportateurs de pétrole et les destinations
touristiques, étant donné que le retour à la normale des voyages internationaux prendra
du temps et que les perspectives sont moroses pour les cours pétroliers.
Tableau 1.1 : Evolution de la croissance économique (En %)
Actualisations du mois Actualisations du mois
Année Année d’octobre 2020 de janvier 2021
Régions
2019 2020
2021 2022 2021 2022
Monde 2,8 -3,5 5,2 4,2 5,5 4,2
Pays développés 1,6 -4,9 3,9 2,9 4,3 3,1
Etats-Unis 2,2 -3,4 3,1 2,9 5,1 2,5
Zone Euro 1,3 -7,2 5,2 3,1 4,2 3,6
Japon 0,3 -5,1 2,3 1,7 3,1 2,4
Pays émergents 3,6 -2,4 6,0 5,1 6,3 5,0
Chine 6,0 2,3 8,2 5,8 8,1 5,6
Inde 4,2 -8,0 8,8 8,0 11,5 6,8
Brésil 1,4 -4,5 2,8 2,3 3,6 2,6
Russie 1,3 -3,6 2,8 2,3 3,0 3,9
Afrique du Sud 0,2 -7,5 3,0 1,5 2,8 1,4
Source : Perspectives économiques mondiales du FMI (janvier 2021)
S’agissant de la situation de l’emploi, elle a connu une amélioration au cours des
derniers mois de 2020 dans les principaux pays industrialisés. Ainsi, aux Etats-Unis, le
taux de chômage est revenu à 6,7% au terme de l’année 2020, enregistrant ainsi une
baisse de 8 points de pourcentage par rapport au taux enregistré au début de la
première vague de la pandémie. En revanche, ce taux a connu une stabilité, en
décembre 2020 et par rapport au mois précédent, en se situant à 2,9% au Japon et à
8,3% dans la Zone Euro.
Pour leur part, la plupart des indices des prix internationaux de produits de base
calculés par la Banque Mondiale ont enregistré, au cours du mois de décembre 2020, une
hausse en comparaison avec leurs niveaux enregistrés au même mois de l’année
précédente, à l’exception de celui de l’énergie qui a subi plus fortement l’impact de la
pandémie enregistrant ainsi un recul de 18,2%.
La hausse a concerné, principalement, les prix des métaux (28,7%), des engrais
chimiques (8,5%), ainsi que ceux des produits alimentaires (14%). En effet, les prix de
ces produits de base ont rapidement rebondi après les pertes engendrées par la
pandémie de Covid-19 grâce, principalement, à la bonne tenue de l’activité
manufacturière en Chine et aux Etats-Unis.
Particulièrement, le prix du baril de Brent, qui a fortement chuté durant les premiers
mois de la pandémie, a accusé un recul important au cours de l’année 2020, pour revenir
en moyenne à 42,3 dollars et ce, suite au ralentissement de l’activité économique
mondiale.
Par ailleurs, selon l’Agence Internationale de l'Energie (AIE), le rééquilibrage du marché
pétrolier reste fragile au début de 2021 car les mesures visant à contenir la propagation
du Covid-19, avec ses variantes les plus contagieuses, pèsent lourdement sur la reprise à
court terme de la demande mondiale de pétrole. Mais un nouveau soutien a été fourni
par des perspectives économiques plus positives pour le second semestre, ainsi que par
un engagement de l’OPEP d'accélérer la réduction des stocks excédentaires de pétrole.
Concernant l’évolution des prix à la consommation, les taux d’inflation ont poursuivi
leur recul dans les principaux pays avancés, et ce en relation avec le repli des prix de
l’énergie. En effet, le taux d’inflation au Japon demeure négatif en décembre pour le
troisième mois consécutif (-1,2% contre -0,9% un mois auparavant). De même pour la
Zone Euro, le taux d’inflation a enregistré, au cours de la même période, une stagnation
tout en demeurant négatif pour le cinquième mois d’affiliée (-0,3%). En revanche, lesBanque Centrale de Tunisie
3
prix à la consommation aux Etats-Unis ont augmenté de 1,4% en décembre après une
hausse de 1,2 % un mois auparavant.
Graphique 1.1 : Evolution de l’inflation
(En glissement annuel et en %)
3,0
2,5
2,0
1,5 1,4
1,0
0,5
0,0
-0,3
-0,5
-1,0
juin
juin
juin
juin
mars
mars
mai
mai
mars
mai
mars
mai
février
septembre
février
septembre
février
septembre
février
septembre
janvier
juillet
janvier
juillet
janvier
janvier
juillet
août
août
novembre
juillet
août
août
octobre
octobre
octobre
octobre
avril
novembre
décembre
avril
décembre
avril
novembre
décembre
avril
novembre
décembre
2017 2018 2019 2020
Etats-Unis Zone Euro
S’agissant des politiques monétaires et dans un contexte de récession mondiale, les
principales banques centrales ont maintenu leurs taux directeurs à des niveaux faibles.
Ainsi, la Réserve Fédérale Américaine (FED) a décidé, lors de sa dernière réunion
tenue le 27 janvier 2021, de maintenir ses taux d’intérêt directeurs dans une fourchette
comprise entre 0% et 0,25% jusqu’à ce que les conditions du marché du travail soient
compatibles avec les objectifs de plein emploi et que l’inflation atteigne ou dépasse
modérément son objectif de 2%. Par ailleurs, elle demeure engagée à poursuivre ses
achats des titres du Trésor et des titres hypothécaires (120 milliards de dollars par mois)
afin de soutenir l’économie américaine en cette période difficile jusqu'à ce que la reprise
soit complète.
Pour sa part, la Banque Centrale Européenne (BCE) a décidé, lors de sa réunion du
21 janvier 2021, de maintenir son taux directeur inchangé à 0% jusqu’à ce que les
perspectives d’inflation convergent durablement vers un niveau suffisamment proche de
2% mais sans le dépasser, et que cette convergence se reflète de manière cohérente
dans la dynamique d’inflation sous-jacente. Elle a décidé, également, de poursuivre ses
achats dans le cadre du programme d’achats d’urgence face à la pandémie dont
l’enveloppe totale est de 1.850 milliards d’Euros. Ces achats nets d’actifs se poursuivront
au moins jusqu’à fin mars 2022.
Pour leur part, les marchés financiers internationaux ont enregistré, durant l’année
2020, des performances exceptionnelles pour les principaux indices boursiers, et ce
malgré les pertes engendrées par la pandémie de Covid-19. Dans ce contexte, les indices
américains Dow Jones et Nasdaq se sont accrus de 7,2% et 43,6%, respectivement,
grâce au regain, quoiqu'encore timide, de la confiance des investisseurs. Il en est de
même pour l’indice japonais Nikkei qui a connu une hausse de 16% dans un contexte de
déploiement des vaccins permettant une plus grande confiance en la résolution de la
crise sanitaire. Par ailleurs, l’indice Cac 40 s’est inscrit en baisse de 7,1% suite à la
résurgence de la pandémie en Europe et l’intensification associée des mesures
d’endiguement.
De leur côté, les marchés des changes internationaux ont été marqués, au cours de
l’année 2020, par une légère appréciation de la devise européenne vis-à-vis du dollar
américain, atteignant 1,221 dollar au terme du mois de décembre contre 1,121 dollar àPériodique de conjoncture
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la fin de 2019. Cette dépréciation du dollar face à l’euro est due notamment au manque
de visibilité des investisseurs suite à la transition politique aux Etats-Unis.
Graphique 1.2 : Evolution des taux de change
(Moyennes mensuelles)
125 1,50
120 1,45
115 1,40
110 103,781 1,35
105 1,30
100 1,25
95 1,20
90 1,2171 1,15
85 1,10
80 1,05
75 1,00
Janvier
Juin
Février
Janvier
Juin
Février
Janvier
Juin
Février
Janvier
Juin
Février
Mars
Mai
Décembre
Mars
Mai
Décembre
Mars
Mai
Décembre
Mars
Mai
Décembre
Août
Novembre
Août
Août
Août
Octobre
Octobre
Octobre
Octobre
Juillet
Juillet
Novembre
Juillet
Novembre
Juillet
Septembre
Novembre
Avril
Avril
Avril
Avril
Septembre
Septembre
Septembre
2017 2018 2019 2020
USD/JPY (Axe de G.) EUR/USD (Axe de D.)Banque Centrale de Tunisie
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2. Conjoncture Nationale
Activité économique : Contraction économique plus forte que prévue pour
l’ensemble de l’année 2020 en relation principalement avec la deuxième vague
du COVID-19.
Le taux de croissance économique estimé pour l’ensemble de l’année 2020 a été révisé à
la baisse, passant de -7,3% à -8,8%, et ce, suite à la contraction de l’activité
économique dans les principaux secteurs productifs à l’exception de celui de l’agriculture
et pêche qui a bénéficié de la récolte exceptionnelle d’huile d’olive.
En effet, les retombées de la crise sanitaire causée par la pandémie covid-19 ont
lourdement pesé sur l’activité dans les services marchands, en particulier sur le tourisme
et le transport dont les principaux indicateurs ont connu une forte détérioration par
rapport à ceux réalisés en 2019. Également, les principales branches des industries
manufacturières, hormis les industries agroalimentaires, ont connu une contraction en
relation avec la baisse de la demande émanant de la Zone Euro.
Pour leur part, les principaux secteurs des industries non manufacturières, notamment,
l’activité minière et énergétique ont affiché un fléchissement.
2.1. Agriculture et pêche
La campagne agricole 2020-2021 devrait connaître plusieurs difficultés liées, d'une part,
au manque des précipitations et à son effet surtout sur les grandes cultures, et d'autre
part, au caractère cyclique de la production oléicole. En effet, la production d’huile d’olive
attendue pour la campagne 2020-2021 ne devrait pas dépasser 140 mille tonnes,
enregistrant ainsi une régression de 65% par rapport à la compagne précédente estimée
à 400 mille tonnes. Quant à la récolte des dattes, elle connaitra une hausse de l’ordre de
4% par rapport à la campagne 2019-2020, pour atteindre 345 mille tonnes, dont
283 mille tonnes Deglet Nour. Aussi, la production d’agrumes est-elle estimée à 440 mille
tonnes, en hausse de 20% par rapport à la campagne précédente.
Pour ce qui est de la balance alimentaire, son déficit s’est atténué de 39,7% durant
l’ensemble de l’année 2020, pour revenir à 859,4 MDT contre 1.425,8 MDT un an plus
tôt. Cette évolution est expliquée par la reprise des exportations (+14,1% contre -13%)
en relation, essentiellement, avec la récolte record d’huile d’olive, contre une
décélération des importations (0,6% contre 5,9%). Ainsi, le taux de couverture s’est
amélioré de 10 points de pourcentage pour s’établir à 84,9%.
2.2. Activité industrielle
L’indice de la production industrielle a accusé, au cours des dix premiers mois de
2020, un fléchissement à un rythme plus accentué, soit -5,3% contre -3,9% durant la
même période une année auparavant. Cette évolution est imputable, principalement, à la
poursuite de la baisse de la production des industries manufacturières (-5,7% contre
-4,5%) et des industries non manufacturières (-5,1% contre -5,8%).
S’agissant des industries manufacturières, la contraction a touché la majorité des
secteurs à l’exception des industries agroalimentaires qui ont progressé de 5,8% contre
-1,8%, en relation avec la récolte record d’huile d’olive. Cette régression a concerné,
notamment, les industries du textile, habillement et cuirs (-18,4% contre -3,2%) et les
industries mécaniques et électriques (-15,8% contre -1,9%), suite à la baisse de la
demande extérieure émanant de la Zone Euro.Périodique de conjoncture
N°130 – Janvier 2021
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Quant à la baisse de la production des industries non manufacturières, elle revient au
repli observé dans le secteur des mines (-6,2% contre +6%) et à la poursuite de la
contraction de la production de l’énergie (-5% contre -7,4%).
Sur le plan des échanges commerciaux avec l’extérieur, les principaux secteurs
exportateurs ont été affectés par la baisse de la demande extérieure durant l’année
2020, comme en témoigne la baisse des exportations des industries manufacturières en
particulier celles des industries mécaniques et électriques (-14% contre +12,3%) et du
secteur textile et habillement et des cuirs et chaussures (-13,8% contre +4 ,2%).
Parallèlement, les importations des biens d’équipement et des matières premières et
demi-produits ont connu, en 2020, un fléchissement de 24,6% et 14,5%,
respectivement, contre +9,5% et -2% en 2019, suite à la dégradation de l’activité
industrielle et au recul des investissements.
Concernant la balance énergétique et suite à la baisse des importations à un rythme
plus accéléré que celui des exportations, soit -37,2% et -9,4%, respectivement, le taux
de couverture a connu une hausse de 10,5 points de pourcentage pour se situer à
34,3%, ce qui a entrainé une baisse de 46% du déficit énergétique, revenant, d’une
année à l’autre, de 7.756,4 MDT à 4.200,5 MDT.
2.3. Tourisme
Pour l’ensemble de l’année 2020, la pandémie de COVID-19 et les mesures de
confinement adoptées dans plusieurs pays ont précipité le secteur du tourisme dans une
crise sans précédent, sous l’effet du choc brutal et immense qu’elle a provoqué pour
l’activité touristique. En effet, les flux de touristes étrangers ont accusé un repli de
82,1% contre une hausse de 15,4% une année auparavant, pour revenir à 1,4 million de
touristes. Ce fléchissement a concerné toutes les nationalités, notamment les Européens
(-85% contre 15,6% en 2019) et particulièrement les Français (-70,6% contre +13,9%),
les Italiens (-78,3% contre +20,9%) et les Anglais (-94,3% contre +65,2%). Aussi, les
touristes Maghrébins, ont-ils connu une baisse 80,8% de leurs entrées qui a concerné les
Algériens (-86,3% contre +7,6%) et les libyens (-72,7% contre +30,1%).
De ce fait, les recettes touristiques en devises se sont inscrites en baisse de 64,1%
contre +35,6% une année auparavant pour revenir à 2.018 MDT. Sans effet change, ces
recettes auraient régressé de 63,1% contre +27,6% en 2019.
Graphique 2.1 :
Evolution des recettes touristiques en devises (En MDT)
6000 5628,4
5000
4141,2
4000
3000
2018,4
2000
1000
0
2018 2019 2020Banque Centrale de Tunisie
7
2.4. Evolution des prix
L’indice général des prix à la consommation familiale a enregistré, au cours du
mois de décembre 2020, un accroissement de 0,3% par rapport au mois précédent, suite
notamment à la hausse des prix des produits manufacturés (0,6% contre 0,3%) et, à
moindre degré, des prix des services (0,2% contre 0%) contre une stagnation des prix
des produits alimentaires (0% contre -0,5%).
En termes de glissement annuel, une décélération des prix a été observée au cours
des derniers mois de 2020 et le taux d’inflation s’est établi à 4,9% au mois de décembre,
en nette baisse par rapport au même mois de 2019 et 2018 (soient 6,1% et 7,5%,
respectivement). Cette détente est en grande partie attribuable à la décélération du
rythme d’évolution des prix des produits alimentaires (4,3% contre 7,3%) et des prix des
produits manufacturés (4,9% contre 7,7%). En revanche, les prix des services ont
poursuivi leur hausse, passant de 4,6% en décembre 2019 à 5,3% durant le même mois
de l’année 2020.
Sur toute l’année 2020, l’inflation moyenne s’est établie à 5,6% contre 6,7% une
année auparavant, et ce, suite au ralentissement des prix des produits alimentaires
(4,7% contre 6,9%) et des produits manufacturés (6,5% contre 8,2%). Néanmoins,
une légère accélération a marqué le rythme d’évolution des prix des services (5,5%
contre 5,1%).
Par régime de fixation des prix, la décélération a concerné, principalement, les prix
des produits libres (5,6% contre 7,4% en 2019), aussi bien les produits alimentaires (5%
contre 7,8%) que non alimentaires (5,9% contre 7,2%). En revanche, les prix des
produits non libres ont connu une certaine accélération en 2020, passant de 4,7% à
5,7%, d’une année à l’autre.
Pour sa part, l’inflation sous-jacente s’est établie, en moyenne, à 5,6% en 2020
contre 7,2% au cours de l’année précédente.
Graphique 2.2 : Evolution du taux Graphique 2.3 : Evolution du taux d’inflation
d’inflation des prix des produits alimentaires et
(Variations en glissement annuel et en % boissons
de l’indice général des prix à la (Variations en glissement annuel et en %
consommation) des prix des produits alimentaires et
boissons)
8,0
10
7,5
7,3
7,0 7,1 7,1 9
6,9 7,0 6,8
6,7 6,7
6,5 6,5 6,5 8,2
6,3 6,3 6,3 8
6,0 6,1 7,1 7,5
5,9 5,8 6,2 5,8 5,7 7,3 7,4 7,3
5,5 7
5,4 5,4 5,4 6,6 6,5 6,6
5,0 6,2 6,3
4,9 6 6,0 5,8
4,5
5,3
4,0 5
5,1 4,7 5,6 4,3
3,5 4,3
4 4,4 4,0 3,9
3,7 4,4
3,0
3
2019 2020
2019 2020Périodique de conjoncture
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8
3. Situation du système financier
Poursuite de l’atténuation des besoins des banques en liquidité au cours du
dernier trimestre de 2020
3.1. Liquidité bancaire et refinancement du système financier
3.1.1. Liquidité bancaire1
Au cours du dernier trimestre de 2020, le besoin des banques en liquidité2 a poursuivi sa
baisse, pour s’établir à 9.573 MDT en moyenne, contre 10.092 au T3-2020. (Cf. Graph
3.1). Néanmoins, cette baisse cache une évolution contrastée en infra-annuel. En effet,
après avoir connu deux baisses successives aux mois d’octobre et de novembre 2020, pour
s’établir à 9.536 MDT et à 9.355 MDT, le besoin des banques s’est accentué, au mois de
décembre 2020, en augmentant de 474 MDT par rapport au mois précédent, pour s’établir à
9.829 MDT (cf. Graph 3.2).
Graphique 3.1 : Evolution trimestrielle Graphique 3.2 : Evolution des besoins des
des besoins des banques en liquidité banques en liquidité (données quotidiennes
(en MDT) en MDT, sauf indication contraire)
MDT
14000
14000
12667
13000 13000 12196
11847
12236
12000
11320
12000 10757 10759 10257
11000
10122 10044 10168
10046 9829
11000 10734 10000 9536
10283 9848
10092 9000 9355
10000
9573
8000
9000 7000
01/10/2019
01/11/2019
01/12/2019
01/01/2020
01/02/2020
01/03/2020
01/04/2020
01/05/2020
01/06/2020
01/07/2020
01/08/2020
01/09/2020
01/10/2020
01/11/2020
01/12/2020
8000
T4 2019 T1 2020 T2 2020 T3 2020 T4 2020
Réserves obligatoires requises
Facteurs Autonomes de la Liquidité
Moyennes mensuelles
3.1.1.1. Evolution des facteurs autonomes de la liquidité
Tout au long du dernier trimestre de 2020, la monnaie fiduciaire est considérée comme le
principal facteur d’apport de liquidité pour les banques. En effet, environ 959 MDT de
BMC sont retournés aux guichets des banques pendant le trimestre considéré, ce qui a
permis l’atténuation du besoin des banques en liquidité à due concurrence. Le mois
d’octobre 2020 a affiché le retour le plus important des BMC comparativement aux deux
autres mois dudit trimestre, avec 416 MDT, contre 342 MDT et 201 MDT en termes de
cumul respectivement en novembre et décembre de la même année (Cf. Graph 3.3).
1
Tous les chiffres de ce paragraphe sont exprimés en termes de moyenne mensuelle du trimestre.
2
Besoins des banques en liquidité=total des facteurs autonomes de la liquidité + réserves obligatoires requises.Banque Centrale de Tunisie
9
Graphique 3.3 : Evolution de l’effet cumulé des Billets et Monnaies en Circulation (BMC)
sur la liquidité bancaire (en MDT)
1200
996 959
1000
801
800
600
400
255
200
98
0
-200 -120
-400
-600
-800
Effet mensuel des BMC Effet trimestriel des BMC
3.1.1.2. Interventions de la Banque Centrale et situation du marché
monétaire
L’amélioration du niveau de la liquidité chez les banques, au cours du dernier trimestre
de 2020, a amené la Banque Centrale à réduire ses interventions 1 sur le marché
monétaire lesquelles sont revenues d’une moyenne de 9.822 MDT au T3-2020 à
9.318 MDT au T4-2020, soit une baisse de 504 MDT. Dans ce cadre, et malgré leur
diminution de 713 MDT, par rapport au troisième trimestre, les opérations principales de
refinancement constituent toujours l’instrument premier de refinancement et de pilotage
du taux d’intérêt à court terme avec une enveloppe moyenne de 4.278 MDT. Également,
les opérations de refinancement à plus long terme d’une durée de 6 mois et les
opérations de swaps de change à des fins de politique monétaire ont baissé de 276 MDT
et de 7 MDT, s’établissant ainsi à 841 MDT et 91 MDT respectivement. En revanche, les
opérations d’achat ferme et les opérations à plus long terme d’une durée de 1 mois
(COVID-19) ont été caractérisées par des hausses, de 278 MDT pour la première et de
190 MDT pour la deuxième, pour s’établir successivement à 3.696 MDT et à 388 MDT.
Aussi, il convient de noter que la Banque Centrale et afin de renforcer son rôle de
régulateur sur le marché monétaire a fait appel, au cours des deux derniers jours de
l’année 2020, à des opérations de réglage fin sous forme d’injection de liquidités à
24 heures avec des montants respectifs de 700 MDT et de 1.500 MDT.
1
Il s’agit des opérations de politique monétaire à l’initiative de la Banque Centrale qui prennent la forme
d’opérations principales de refinancement, d’opérations de refinancement à plus long terme (un mois, 3 mois et
6 mois), d’opérations structurelles (opérations fermes et/ou de swaps de change à des fins de politique
monétaire) et des opérations de réglage fin.Périodique de conjoncture
N°130 – Janvier 2021
10
Tableau 3.1 : Evolution moyenne des principaux
indicateurs du marché monétaire (données moyennes en MDT)
Juil. Août Sept. T3 Oct. Nov. Déc. T4
2020 2020 2020 2020 2020 2020 2020 2020
Op. principales de
5.232 5.287 4.453 4.991 4.168 4.073 4.593 4.278
refinancement
Opérations fermes 3.282 3.367 3.604 3.418 3.489 3.609 3.991 3.696
Swaps de Change à des fins de
99 99 95 98 91 91 92 91
PM
Opérations de refinancement à
134 219 241 198 299 374 492 388
plus LT (1 M)
Opérations de refinancement à
1.117 1.117 1.117 1.117 1.117 1.117 288 841
plus LT (6 M)
Opérations de réglage fin
0 0 0 0 0 0 71 24
(injection)
Interventions de la BCT 9.864 10.089 9.510 9.822 9.164 9.264 9.527 9.318
Fact. autonomes 10.058 9.964 9.639 9.888 9.320 9.143 9.609 9.357
Réserves Requises 199 204 209 204 216 212 220 216
Besoins des banques 10.257 10.168 9.848 10.092 9.536 9.355 9.829 9.573
Excéd (+) ou déficit (-) sur
-393 -79 -338 -270 -372 -91 -302 -256
M.M1
Facilités de Dépôt 146 176 172 165 218 338 192 249
Facilités de prêt marginal 576 308 550 478 623 465 522 537
Réserves Excéd. 37 53 40 43 33 36 28 32
TMM (en %) 6,82 6,79 6,76 6,79 6,30 6,13 6,12 6,18
À la suite des évolutions présentées précédemment, le déficit de liquidité sur le marché
monétaire a connu un certain apaisement, revenant de 270 MDT au T3-2020 à 256 MDT
au T4-2020, ce qui a induit une baisse, en termes de moyenne, des facilités nettes de
prêt marginal de 25 MDT pour s’établir à 288 MDT.
Graphique 3.4 : Evolution des
Graphique 3.5 : Excédents et déficits de
interventions de la BCT et des besoins
liquidité sur le marché monétaire
des banques
(données quotidiennes en MDT)
(données quotidiennes en MDT)
MDT
14000
12000
10000 MDT
8000
500
6000
4000 0
2000 -500
0
-1000
-1500
Op. de Réglage fin (injection) -2000
Op. de refinancement à plus long terme (1 mois)
Op. de refinancement à plus long terme (6 mois) -2500
Swaps de change à des fins de PM
Op. fermes -3000
Excédent ou déficit sur le M.M
Op. principales de refinancement
Besoins des banques
1Excédent (+) ou déficit (-) sur le Marché Monétaire = Opérations de politique monétaire à l’initiative de la
Banque Centrale nettes des besoins des banques en liquidité.Banque Centrale de Tunisie
11
Cette situation a induit une diminution du volume global de refinancement 1 qui s’est
établi à 9.606 MDT en moyenne, au cours du dernier trimestre de 2020 contre
10.135 MDT le trimestre précédent, soit une baisse de 529 MDT (Cf. Graph 3.6).
Graphique 3.6 : Evolution du volume global du refinancement
(données en MDT)
11600
10294 10221 9888 9569 9857
9600 9391
7600
5600
3600
1600
-400
juil-20 août-20 sept-20 oct-20 nov-20 déc-20
Op. principales de refinancement Op. fermes
Swaps de change à des fins de PM Op. de refinancement à plus long terme (6 mois)
Facilités de dépôt Facilités de prêt marginal
Op. de refinancement à plus long terme (1 mois) Op. de Réglage fin (injection)
Volume global du refinancement
3.1.1.3. Evolution du taux du marché monétaire
Comme conséquence directe de la décision du Conseil d’administration de la Banque
Centrale de Tunisie de baisser son taux directeur de 50 points de base, pour le ramener à
6,25% à partir du 07 octobre 20202, le taux moyen du marché monétaire a connu une
diminution, revenant de 6,79% au T3-2020 à 6,18% au T4-2020, soit une baisse de 61 pbs.
Graphique 3.7 : Evolution des taux du marché monétaire (en %)
9,00
8,50
8,00 7,81 7,80 7,81 7,84
7,81
7,50 7,35
7,00 6,80 6,80 6,80 6,82 6,79 6,76
6,30 6,13
6,50
6,12 6,25
6,00
5,50
5,00
4,50
Corridor TMM Taux directeur
1
Le volume global du refinancement englobe les opérations de politique monétaire qui sont à l’initiative de la
Banque Centrale et celles qui sont à l’initiative des banques (Facilités de prêt marginal et Facilités de Dépôt).
2
Voir communiqué du Conseil d’administration de la BCT réuni le 30 septembre 2020.Périodique de conjoncture
N°130 – Janvier 2021
12
3.1.1.4. Activité du marché interbancaire
Pour le troisième trimestre consécutif, les transactions sur le marché interbancaire sont
portées à la hausse, pour s’établir à 1.522 MDT en moyenne pendant le quatrième trimestre,
en augmentation de 57 MDT par rapport au trimestre précédent, à la suite de l’augmentation
simultanée des opérations à vue et celles à terme de 30 MDT et de 27 MDT respectivement.
A ce niveau, il convient de noter que tout au long de l’année 2020, les transactions à blanc
s’opèrent essentiellement à terme (Cf. Graph 3.8).
Graphique 3.8 : Evolution des transactions sur le marché interbancaire
(données trimestrielles, en MDT)
1600
1400
1200
1000
800
600
400
200
0
2019 T4 2020 T1 2020 T2 2020 T3 2020 T4
A VUE A TERME
3.2. Evolution des ressources du système financier et de leurs contreparties1
La masse monétaire M3 a connu, durant l’année 2020, une légère accélération (11,2%
contre 10% en 2019) qui trouve son origine dans les effets conjugués de la progression
des créances nettes sur l’Etat (18,7% contre 12,7%) et des concours à l'économie
(9,3% contre 3,6%) à un rythme nettement plus soutenu que celui de 2019, alors que les
créances nettes sur l’extérieur ont accusé une nette décélération (+890 MDT contre
+4.138 MDT).
3.2.1. Evolution des ressources du système financier
Du côté des ressources du système financier résident, l’évolution de la masse
monétaire M3 durant l’année 2020 a résulté, essentiellement, de l’accélération de la
monnaie fiduciaire (17,1% contre 9,1%) et de celle de la monnaie scripturale (18,1%
contre 8,4%) dont l’impact a été atténué par la décélération des disponibilités quasi-
monétaires (6,5% contre 12,3%). Toutefois, ces évolutions traduisent des réallocations
au sein de chaque agrégat de monnaie.
En particulier, l’accélération du rythme de progression de la masse monétaire au sens de
M1 (17,7% contre 8,7%) s’explique surtout par la nette progression de l’encours des
dépôts à vue auprès des banques (23,8% ou 4.577 MDT contre 6,3% ou 1.150 MDT).
1
Les statistiques monétaires et financières sont établies, à partir de juillet 2020, conformément à la circulaire aux
banques et établissements financiers n°2017-06 relative au reporting comptable, prudentiel et statistique à la
BCT.Banque Centrale de Tunisie
13
De leur côté les billets et monnaies en circulation (BMC), ont atteint un niveau de
15.749 MDT au terme de 2020, affichant ainsi un rythme de croissance plus accéléré que
celui relevé en 2019 (+2.241 MDT contre +1.055 MDT). Ce résultat est attribuable aux
répercussions de la crise sanitaire du Covid-19 qui se sont conjuguées aux effets
saisonniers (mois de Ramadan, fêtes religieuses et vacances estivales). Il est à signaler
que l’encours des BMC a enregistré ses plus importants pics pendant les mois de Juillet
(+1.010 MDT), Avril (+706 MDT) et Mai (+693 MDT). Toutefois, un retour du cash aux
banques a caractérisé le trend des BMC depuis le mois d’août bien que leur niveau
demeure sur un sentier élevé par rapport à 2019.
Graphique 3.9 : Variations mensuelles
des principaux agrégats monétaires (en MDT)
2 000
1 500
1 000
500
-
-500
Octobre novembre décembre Octobre novembre décembre
-1 000
2019 2020
MASSE MONETAIRE (M3) Créances nettes / Extérieur
Créances nettes sur l'état Concours à l'économie
Les dépôts quasi-monétaires ont augmenté, durant l’année 2020, à un rythme moins
important que celui enregistré en 2019 (6,5% ou 3.248 MDT contre 12,3% ou
5.415 MDT) sous l’effet conjugué de la décélération des certificats de dépôts (1,1% ou
45 MDT contre 21,7% ou 739 MDT) et le léger repli de l’encours des dépôts à terme et
autres produits financiers (-1,4% ou -212 MDT contre +18,8% ou +2.429 ), évolution
qui s’explique par le non-renouvellement des titres arrivés à échéance ainsi pour des
raisons d’ordre fiscal1. Toutefois les dépôts dans les comptes spéciaux d’épargne ont
accusé une accélération (14,5% ou 2.803 MDT contre 8,3% ou 1.481 MDT).
1
A noter qu’en juin 2020, les dépôts à terme et autres produits financiers ainsi que les certificats de dépôts ont accusé une
baisse consécutivement, notamment, à l’entrée en vigueur du décret-loi n°2020-30 du 10 juin 2020 instituant dans son article
12 une retenue à la source libératoire au taux plafond de 35% sur les revenus des capitaux mobiliers (contre 20% auparavant)
provenant des dépôts à terme et des produits similaires dont le niveau de rémunération est supérieur au TMM-100 pbs au
1er janvier de l’année concernée par le versement des intérêts. Cette mesure sera abrogée en 2021 par l’entrée en vigueur de la
loi de finances de l’année 2021.Périodique de conjoncture
N°130 – Janvier 2021
14
3.2.2. Evolution des contreparties du système financier
S’agissant des contreparties du système financier, les créances nettes sur
l’extérieur se sont accrues durant l’année 2020 à un rythme moins important par
rapport à celui enregistré l’année 2019 (+890 MDT contre +4.138 MDT) imprégné par le
recul du volume des ressources extérieures notamment celles programmées dans le
EVOLUTION DES CONTREPARTIES DES RESSOURCES DU SYSTEME FINANCIER RESIDENT – SEPTEMBRE 2020
cadre du budget de l’Etat de l’année 2020.
Il est à noter que l’année 2020 a été marquée par la mobilisation de différentes
ressources extérieures, principalement, le crédit accordé par le FMI dans le cadre du
mécanisme du financement rapide pour faire face à la crise sanitaire Covid-19 (371 M€ et
342 M$), la BAD (180 M€), la Banque mondiale (161 M€), le gouvernement Allemand
(100 M€), l’Agence française de développement (50 et 30 M€) et le FMA (de 86 MDTS),
le gouvernement Italien (50 M€), en plus des dons accordés par la Commission
européenne 148,2 M€.
Il est à noter que les avoirs nets en devises ont clôturé le mois de décembre 2020 à un
niveau de 23.114 MDT, soit l’équivalent de 162 jours d’importation contre 19.465 MDT et
111 jours, respectivement, à fin décembre 2019.
Tableau 3.2 : Evolution des ressources du système financier
et de leurs contreparties*(Chiffres de fin de période en MDT)
Variations en % sauf
DECEMBRE indication contraire
Désignation
2020* Déc.2020 Déc.2019
Déc.2019 Déc.2018
Agrégat M4 97.237 11,0 9,9
Masse Monétaire (M3) 97.159 11,2 10
Masse Monétaire (M2) 93.764 11,2 10,8
Monnaie (M1) 40.919 17,7 8,7
Quasi-Monnaie 52.845 6,5 12,3
M3-M2 3.395 11,2 -6,8
M4-M3** 78 -55,9 -34,2
Autres ressources 32.482 14,9 7,9
Total Ressources = Total Contreparties 129.719 12,0 9,4
Créances nettes/extérieur ** 898 890 4.138,0
Crédits intérieurs 128.821 11,2 5,3
Créances nettes sur l’Etat ** 27.817 4.375 2637
Dont : Bons du Trésor et Emprunt National** 10.282 1.158,0 266
Compte Courant du Trésor ** 3.234 2.329,0 237
Concours à l'économie 101.004 9,3 3,6
Dont : Crédits à l’économie 95.712 9,2 3,5
* Données provisoires.
** Pour ces agrégats, les variations sont exprimées en MDT.
Les créances nettes sur l’Etat ont augmenté, en 2020, à un rythme accéléré (18,7%
ou 4.375 MDT contre 12,7% ou 2.637 MDT en 2019) reflétant, essentiellement, la
consolidation de l’encours des bons du Trésor achetés par la BCT dans le cadre des
Opérations d’Open Market (1.365 MDT contre 296 MDT),de ceux détenus par les banques
de la place (1.324 MDT contre 447 MDT) ainsi que de la mobilisation des ressources en
devises auprès de certaines banques de la place pour un appui budgétaire (712M€ et
130M$). Par ailleurs, la Banque Centrale de Tunisie a accordé à l’Etat une avance deBanque Centrale de Tunisie
15
2.810 MDT dans le cadre du financement du budget, remboursable sur 5 ans avec une
année de grâce. Ainsi, l’encours du compte courant du Trésor (CCT) a connu une
augmentation (+2.329 MDT contre +237 MDT en 2019) pour atteindre un niveau de
3.234 MDT.
Concernant les émissions des bons du Trésor il est utile à signaler qu’elles ont enregistré
en 2020, une hausse considérable pour s’élever à 9.112 MDT dont 64% sous forme des
bons de trésor à court terme contre des remboursements à ce titre d’un montant de
5.472 MDT, soit des souscriptions nettes de +3.640 MDT (contre 1.451 MDT, 702 MDT et
+749 MDT, respectivement, en 2019).
Quant aux concours à l’économie1, ils ont connu durant l’année 2020 une
augmentation de leur rythme de croissance (9,3% ou 8.609 MDT contre 3,6% ou
3.177 MDT) tiré, principalement, par les crédits à l’économie (9,2% ou 8.042 MDT contre
3,5% ou 2.925 MDT) et le portefeuille-titres auprès des banques (12% ou 567 MDT
contre 5,6% ou 252 MDT).
En particulier les crédits accordés2, aux professionnels au cours de l’année 2020, ont
accusé une hausse (+4.937 MDT contre +2.083 MDT en 2019) ayant bénéficié aux
secteurs des services (+4.011 MDT contre +1.830 MDT), de l’industrie (+745 MDT contre
+84 MDT) et à celui de l’agriculture et de pêche (+180 MDT contre +168 MDT).
Parallèlement ceux profitant aux particuliers se sont inscrits en hausse (+1.420 MDT
contre +160 MDT).
1
Conformément à la circulaire aux banques et établissements financiers n°2017-06 relative au reporting
comptable, prudentiel et statistique à la BCT, les intérêts reportés doivent être inclus dans les concours à
l’économie.
2
Selon les statistiques de la centrale des risques et le fichier des crédits aux particuliers et compte non tenu des
avals et cautions.Périodique de conjoncture
N°130 – Janvier 2021
16
4. Marché Financier
Légère hausse de l’indice boursier dans un contexte de consolidation des
émissions des titres de l’Etat et des entreprises
L’activité du marché financier a été marquée, au cours du dernier trimestre de l’année
2020, par :
▪ Une poursuite de la hausse de l’indice de référence Tunindex qui a augmenté de 2% par
rapport à son niveau de fin septembre 2020 ; ce qui a permis d’effacer une partie de ses
pertes accumulées au début de l’année. Par conséquent, l’indice a accusé une perte de
3,3% sur l’ensemble de l’année 2020 contre un repli de 2,1% en 2019 ;
▪ Un accroissement du nombre des sociétés cotées en Bourse à 80 unités à fin 2020 et ce,
suite à l’introduction, de la société Assurances MAGHREBIA au marché principal de
la Côte, durant le mois de décembre, par l’ouverture au public de 30% de son capital
social. L’introduction a été effectuée par le moyen d’une Offre à Prix Ferme (OPF)
assortie d’un placement global, avec un cours d’introduction de 55,5 DT par action ;
▪ La publication des indicateurs d’activité des sociétés cotées 1, sur les 9 premiers mois de
l’année 2020, qui font ressortir un revenu global en baisse de 5% par rapport à la même
période de l’année 2019, soit 12,2 milliards de dinars contre 12,9 milliards de dinars. Le
produit net bancaire a affiché une régression de 5,1% sur les 9 premiers mois de 2020
pour s’établir à 3.457 MDT, les revenus nets des établissements de leasing ont
également baissé de 4,3% à 314 MDT alors que les revenus des compagnies
d’assurances ont progressé de 0,5% ;
▪ La publication du résultat semestriel global, au titre du premier semestre 2020, des
sociétés cotées qui a affiché une régression de 31,2% par rapport à la même période de
l’année 2019, pour se situer à 720 MDT contre 1.048 MDT, étant noté que ce résultat
n’englobe que les 64 sociétés cotées2 qui ont publié leurs états financiers semestriels ;
▪ La décision du comité des indices boursiers de transférer les sociétés dont les titres sont
négociés sur le marché alternatif au marché principal de la cote à partir du 4 janvier
2021 et de ne plus les inclure dans la composition des indices boursiers et ce, suite à la
refonte du marché alternatif (dernière modification du Règlement Général de la Bourse,
approuvée par l’arrêté du Ministre des Finances du 15 août 2019).
4.1. Le Marché Primaire
Le marché primaire a été marqué, au cours du quatrième trimestre 2020, par une hausse
significative des émissions de l’Etat ainsi que des émissions des sociétés par appel public à
l’épargne (APE).
Tableau 4.1 : Emissions De L’Etat (En MDT)
4ème Trimestre 3ème Trimestre 4ème Trimestre
Désignation
2019 2020 2020
Bons du Trésor Assimilables (BTA) 197 377 1.122
Bons du Trésor à court terme (BTCT) 59 1.919 2.138
Total 256 2.296 3.260
1
Hormis 2 sociétés : Tunisair et Tawasol Groupe Holding
2
Les 16 sociétés qui n’ont pas encore publié leurs états financiers semestriels sont : AMS, AETECH, CELLCOM,
ELECTROSTAR, GIF FILTER, SIPHAT, SOPAT, MIP, SOTUMAG, STEQ, SERVICOM, TAWASOL GROUP
HOLDING, TUNISAIR, UADH, STIP et OFFICE PLAST.Banque Centrale de Tunisie
17
Dans un contexte d’aggravation du déficit budgétaire, les émissions de bons du Trésor ont
augmenté de 964 MDT ou 42% durant le quatrième trimestre de 2020 pour s’établir à
3.260 MDT dont 2.138 MDT ou 66% sous forme de bons du Trésor à court terme (BTCT).
Ainsi, le volume global des émissions de bon trésor a atteint 8.278 MDT durant toute
l’année 2020, soit 71% du volume des émissions prévues par la loi de finances
complémentaire pour l'année 20201. Ces émissions qui ont été concentrées sur les bons du
Trésor à court terme ont été de 5.914 MDT, soit 71,4% de l’enveloppe des émissions.
Il est à noter que, dans le cadre de ladite loi, une partie du déficit sera financée via une
facilité de prêt de 2.810 MDT accordée par la Banque centrale de Tunisie.
Tableau 4.2 : Emissions des entreprises par APE (en MDT)
4ème Trimestre 3ème Trimestre 4ème Trimestre
Désignation
2019 2020 2020
Titres de capital 0 0 0
Titres de créance 70 80 180
Total des Fonds levés 70 80 180
Les fonds mobilisés par les entreprises sur le marché primaire par appel public à l’épargne
(APE) se sont, pour leur part, inscrits en hausse par rapport au trimestre précédent pour se
situer à 180 MDT et ont été limités aux émissions sur le compartiment obligataire2.
Tableau 4.3 : Activité des OPCVM
Désignation DECEMBRE 2019 SEPTEMBRE 2020 DECEMBRE 2020
Nombre en activité (en unités) 119 120 119
Actifs nets (En MDT) 3.675 4.540 4.683
- OPCVM obligataires 3.098 3.895 4.026
- OPCVM mixtes et actions 577 645 657
Le nombre des Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM) est
revenu à 119 unités à fin décembre 2020 3. Les actifs nets détenus par les OPCVM ont
augmenté de 143 MDT ou 3,1% par rapport à fin septembre 2020 pour se situer à
4.683 MDT avec un rendement positif de 4,5% depuis le début de l’année contre 5,2%
une année auparavant.
Il est à signaler que l’augmentation des actifs nets des OPVCM depuis le mois de juin
2020 a été la conséquence directe de l’institution par le décret-loi 2020-30 du 10 juin
2020 d’une retenue à la source définitive et non susceptible de restitution au taux de
35% pour les revenus de capitaux Mobiliers provenant des dépôts à terme auprès des
banques dont le taux de rémunération excède, au 1er janvier de l’année de décompte
desdits revenus, TMM-1% ; ce qui a induit une migration de l’épargne vers les OPCVM.
1
Le montant des émissions de bon trésor programmé pour toute l’année 2020 a été révisé à 11.652 MDT contre
2.400 MDT prévu initialement.
2
Au titre des emprunts obligataires mobilisés par : Amen Bank (100 MDT), Hannibal Lease (30MDT), TLF
(20 MDT) et Attijari Leasing (30MDT).
3
Clôture de liquidation suite à l’expiration de la durée de vie du FCP « SMART AQUITY 2 ».Vous pouvez aussi lire