Pneumonie et diarrhée - Lutter contre les maladies les plus mortelles pour les enfants les plus pauvres du monde
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Pneumonie et diarrhée Lutter contre les maladies les plus mortelles pour les enfants les plus pauvres du monde
© Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) Juin 2012 La reproduction de toute partie de cette publication est sujette à autorisation. Celle-ci est gratuite pour les organisations éducatives ou à but non lucrative. Les autres devront s’acquitter d’une somme modique. Veillez contacter : Section de la statistique et du suivi – Division des politiques et de la stratégie UNICEF Three United Nations Plaza New York, NY 10017 États-Unis Tél: 1.212.326.7000 Fax: 1.212.887.7454 Ce rapport sera disponible sur . Pour les données les plus récentes, veuillez consulter . ISBN: 978-92-806-4643-6 Crédits photo : couverture : © UNICEF/NYHQ2010-2803crop/Olivier Asselin; page vi, © UNICEF/ NYHQ2004-1392/Shehzad Noorani; page 11, © UNICEF/INDA2012-00023/Enrico Fabian; page 13, © UNICEF/NYHQ2011-0796/Marco Dormino; page 21, © UNICEF/UGDA01253/Chulho Hyun; page 34, © UNICEF/INDA2010-00190/Graham Crouch; page 37, © UNICEF/NYHQ2010-1593/Pierre Holtz; page 38, © UNICEF/INDA2010-00170/Graham Crouch; page 40, © UNICEF/NYHQ2010-3046/ Giacomo Pirozzi; page 43, © UNICEF/NYHQ2012-0156/Nyani Quaryme.
Pneumonie et diarrhée Lutter contre les maladies les plus mortelles pour les enfants les plus pauvres du monde
Remerciements
Le présent rapport a été élaboré par Emily White Christiane Rudert, Jos Vandelaer, Renee Van de
Johansson, Liliana Carvajal, Holly Newby et Mark Weerdt et Danzhen You.
Young de la Section de la statistique et du suivi
du siège de l’UNICEF, sous la direction de Tessa Les auteurs souhaiteraient également exprimer
Wardlaw. leur gratitude envers Neff Walker, Ingrid Friberg
et Yvonne Tam (Université Johns Hopkins) pour
Ce rapport est l’une des contributions avoir réalisé le travail de modélisation LiST dans
de l’UNICEF à l’initiative internationale des délais très courts. Nos remerciements vont
multipartite visant à établir un plan d’action également à Robert Black et Li Liu (Université
mondial intégré pour prévenir et combattre Johns Hopkins) pour avoir fourni les estimations
la pneumonie et la diarrhée. Nous remercions relatives aux causes de décès, à Richard Rheingans
Zulfiqar Bhutta pour son opinion sur le rapport (Université de Floride) pour les analyses d’équité
et pour ses conseils relatifs au plan d’action en matière de vaccination, ainsi qu’à Nigel Bruce
mondial à venir. et Heather Adair-Rohani (Organisation mondiale
de la Santé) pour les textes et les données sur la
Les auteurs tiennent à exprimer leur gratitude pollution de l’air à l’intérieur des habitations.
aux nombreuses personnes qui ont contribué
à la révision de ce rapport et fourni leur En outre, nous adressons nos remerciements
précieux avis. Nous tenons à remercier tout à Robert Jenkins, Mickey Chopra, Werner
particulièrement Elizabeth Mason, Cynthia Schultink, Sanjay Wijesekera (UNICEF) et
Boschi- Pinto, Olivier Fontaine, Shamim Qazi Jennifer Bryce (Université Johns Hopkins) pour
et Lulu Muhe de l’Organisation mondiale de leurs conseils et leur soutien.
la Santé. Le rapport a également bénéficié des
connaissances de Zulfiqar Bhutta (Université Nous tenons également à remercier tout
Agha Khan), Robert Black (Université Johns particulièrement Anthony Lake, Directeur
Hopkins), Kim Mulholland (École d’hygiène général de l’UNICEF, pour sa vision de la
et de médecine tropicale de Londres), Richard promotion du principe d’équité qui a inspiré ce
Rheingans (Université de Floride) et Jon E Rohde rapport.
(Gestion des sciences de la santé).
Bien que le présent rapport ait grandement
De nombreux membres du personnel de bénéficié des avis des personnes susmentionnées,
l’UNICEF ont prodigué des conseils d’ordre la responsabilité du contenu relève exclusivement
général et ont fourni une contribution des auteurs. Ce rapport a été traduit par l’agence
importante lors de l’élaboration de ce rapport : Strategic Agenda sous la direction de Marc
David Anthony, Francisco Blanco, David Brown, Chalamet de l’UNICEF. La traduction a été revue
Danielle Burke, Xiaodong Cai, Theresa Diaz, par Guy Clarisse et Daniel Vadnais, de l’UNICEF.
Therese Dooley, Ed Hoekstra, Elizabeth Horn-
Phathanothai, Priscilla Idele, Rouslan Karimov, La société Communications Development
Chewe Luo, Rolf Luyendijk, Nune Mangasaryan, Incorporated a été chargée de la direction
Osman Mansoor, Colleen Murray, Thomas générale de la conception, de l’édition et de la
O’Connell, Khin Wityee Oo, Heather Papowitz, mise en page du présent rapport.
iiTable des matières
Résumé1 Tableaux statistiques
1 Démographie, vaccination et nutrition 58
1 2 Mesures de prévention et déterminants de la
La pneumonie et la diarrhée affectent de pneumonie et de la diarrhée 64
façon disproportionnée les plus pauvres 7 3 Traitement de la pneumonie, en fonction de
caractéristiques concernant le milieu 70
2 4 Traitement de la diarrhée, en fonction
Nous savons ce qui fonctionne 12 de caractéristiques concernant le milieu 76
3
Couverture de la prévention 14 Cartes
Vaccination14 3.1 La pollution de l’air à l’intérieur des habitations
Environnement domestique sain : eau, assainissement, due à l’utilisation de combustibles solides est
hygiène et autres facteurs liés au domicile 17 concentrée dans les pays les plus pauvres 21
Nutrition20 5.1 Augmenter la couverture nationale des
Comorbidités24 interventions afin qu’elle atteigne les niveaux
enregistrés dans les ménages les plus riches
4 pourrait considérablement réduire les taux de
Couverture du traitement 26 mortalité des enfants de moins de 5 ans dans
Prise en charge communautaire 27 les pays les plus affectés 43
Traitement des cas présumés de pneumonie 27
Traitement de la diarrhée 32
Encadrés
5 1.1 Le choléra, en pleine expansion, touche les plus
Estimation du nombre de vies d’enfants qui vulnérables9
pourraient être sauvées en transposant à 2.1 L’importance des stratégies de communication
plus grande échelle et de manière équitable fondées sur des observations factuelles pour la
les interventions les plus cruciales 41 survie de l’enfant 13
3.1 Des inégalités en termes de vulnérabilité et
6 d’accès réduisent l’impact des nouveaux vaccins 15
Pneumonie et diarrhée : un appel à l’action 3.2 L’importance des pratiques d’allaitement
pour réduire l’écart en matière de survie optimales pour la survie de l’enfant 23
de l’enfant44 4.1 L’importance des stratégies de prise en charge
intégrée au niveau communautaire 26
Annexe 1 4.2 Recommandations pour la prise en charge
Plans d’action de lutte contre la pneumonie et clinique des cas de diarrhée 34
la diarrhée 46 5.1 Accorder la priorité aux enfants les plus
pauvres : l’exemple du Bangladesh 42
Annexe 2 6.1 Plan d’action mondial de lutte contre la
Contexte technique 48 pneumonie et la diarrhée 44
Notes52
Références53
iiiFigures 3.13 Le risque de décès lié à la pneumonie ou à la
1.1 La pneumonie et la diarrhée comptent parmi diarrhée est plus élevé chez les nourrissons qui
les principales causes de mortalité de l’enfant ne sont pas allaités 23
à travers le monde 7 3.14 Trop de nourrissons ne sont pas nourris
1.2 Près de 90 pour cent des décès d’enfants dus exclusivement au sein dans les pays en
à la pneumonie et à la diarrhée surviennent en développement24
Afrique subsaharienne et en Asie du Sud 8 3.15 L’incidence de l’insuffisance pondérale à la
1.3 Différents modèles de mortalité des enfants au naissance est plus forte dans les régions les
sein de pays présentant une mortalité élevée plus pauvres24
ou basse : l’Éthiopie et l’Allemagne 10 3.16 Les pays les moins avancés ouvrent la voie
2.1 De nombreuses stratégies de prévention et de en matière de couverture en suppléments en
traitement de la diarrhée et de la pneumonie vitamine A 25
sont les mêmes 12 4.1 La plupart des pays africains ont établi
3.1 Progrès accomplis en termes d’introduction du une politique relative à la prise en charge
VCP dans le monde, notamment dans les pays communautaire, mais peu ont mis en œuvre
les plus pauvres : le fossé entre les riches et de tels programmes à une échelle permettant
les pauvres subsiste 14 d’atteindre les enfants qui en ont le plus besoin 27
3.2 Réduction du fossé entre les riches et les 4.2 De nombreux pays africains ont déclaré avoir
pauvres concernant l’introduction du vaccin Hib mis en œuvre un programme de prise en charge
au cours des dernières années 16 intégrée des cas de paludisme, de pneumonie
3.3 Peu de pays ont recours au vaccin antirotavirus, et de diarrhée au niveau communautaire 28
qui reste en grande partie indisponible dans les 4.3 Moins de la moitié des dispensateurs de
pays les plus pauvres 16 soins considèrent une respiration rapide ou
3.4 Écart important entre les riches et les pauvres difficile comme un signe nécessitant des soins
concernant la couverture vaccinale contre la immédiats28
rougeole16 4.4 La plupart des enfants présumés atteints d’une
3.5 La plupart des enfants non vaccinés contre la pneumonie dans les pays en développement
coqueluche vivent dans seulement 10 des pays ont recours à un prestataire ou à un
les plus pauvres et les plus peuplés 16 établissement de santé approprié 29
3.6 Les activités relatives à l’eau, à l’assainissement 4.5 Les garçons et les filles présumés atteints
et à l’hygiène sont extrêmement efficaces pour d’une pneumonie ont recours à un prestataire
réduire la morbidité liée à la diarrhée chez les ou à un établissement de santé approprié à
enfants âgés de moins de 5 ans 17 des taux similaires 29
3.7 L’usage d’une source améliorée d’eau potable 4.6 Il existe un fossé important entre les zones
est répandu, mais les ménages les plus pauvres rurales et les zones urbaines en termes de
sont souvent laissés pour compte 17 recours aux soins appropriés pour les cas
3.8 La plupart des personnes n’ayant pas accès à présumés de pneumonie… 30
des installations améliorées d’eau potable et 4.7 … ainsi qu’entre les ménages les plus riches
d’assainissement vivent dans les zones rurales 18 et les ménages les plus pauvres 30
3.9 1,1 milliard de personnes dans le monde 4.8 Au cours de la dernière décennie, des progrès
pratiquent encore la défécation à l’air libre, et ont été enregistrés dans chaque région en ce
plus de la moitié vivent en Inde 18 qui concerne le recours à des soins appropriés
3.10 Les ménages les plus pauvres d’Asie du pour les cas présumés de pneumonie infantile 31
Sud n’ont guère profité de l’amélioration des 4.9 Diminution de l’écart entre les zones urbaines
services d’assainissement19 et les zones rurales en ce qui concerne le
3.11 Les excréments des enfants sont rarement recours à des soins appropriés pour les cas
éliminés de façon hygiénique, ce qui accentue présumés de pneumonie infantile au cours de
davantage le risque de diarrhée dans les la dernière décennie 31
zones rurales19 4.10 Dans les pays en développement, moins d’un
3.12 Nouvelles données disponibles concernant les tiers des enfants présumés atteints d’une
ménages disposant d’un endroit spécifique pneumonie a pris des antibiotiques 32
pour se laver les mains à l’eau et au savon 20
iv4.11 Les enfants des zones rurales présumés atteints 4.20 L’écart observé entre les zones urbaines et les
d’une pneumonie ont moins de chances de zones rurales en termes d’utilisation de solutions
bénéficier d’un traitement antibiotique … 32 à base de SRO pour le traitement des épisodes
4.12 … et il en va de même pour les enfants les diarrhéiques ne s’est pas réduit 39
plus pauvres33 4.21 La plupart des enfants qui souffrent de diarrhée
4.13 Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, ainsi que continuent d’être nourris mais ne boivent pas
l’Afrique subsaharienne, enregistrent les taux de davantage de liquides 40
couverture les plus bas en ce qui concerne le 4.22 L’UNICEF a acheté près de 700 millions
traitement recommandé pour la diarrhée infantile 35 de comprimés de zinc depuis 2006 40
4.14 Au cours de la dernière décennie, de 5.1 Réduction potentielle du nombre de décès
modestes progrès ont été réalisés en d’enfants si la couverture nationale des
Afrique subsaharienne en ce qui concerne la interventions atteignait celle des ménages les
couverture du traitement recommandé 35 plus riches41
4.15 Depuis 2000, l’UNICEF a acheté près de
600 millions de sachets de SRO 36
4.16 Seul un tiers des enfants qui souffrent de Tableaux
diarrhée dans les pays en développement 1.1 La mortalité de l’enfant due à la pneumonie et
bénéficient d’un traitement à base de SRO 36 à la diarrhée se concentre dans les régions les
4.17 Dans chaque région, l’utilisation de SRO n’est plus pauvres …8
pas assez répandue, tant dans les zones 1.2 ... et dans la plupart des pays pauvres et
urbaines que dans les zones rurales 37 densément peuplés de ces régions 9
4.18 La majorité des enfants les plus pauvres ne 3.1 Le risque de décès en cas de pneumonie ou
bénéficient pas de solutions de SRO pour le de diarrhée est plus élevé chez les enfants
traitement des épisodes diarrhéiques 38 souffrant de sous-nutrition 22
4.19 Depuis 2000, l’utilisation de solutions à base 4.1 Les données limitées traduisent une utilisation
de SRO pour le traitement des épisodes peu répandue du zinc dans la prise en charge
diarrhéiques n’a guère évolué 39 clinique de la diarrhée infantile 40
vRésumé
Ce rapport constitue un argument de poids dans Accroître de manière concertée l’engagement,
la lutte contre deux causes majeures de décès l’attention et le financement accordés à ces prin-
chez les enfants de moins de 5 ans : la pneumo- cipales causes de décès, qui touchent de manière
nie et la diarrhée. D’ici à 2015, plus de 2 millions disproportionnée les enfants les plus vulnérables,
de décès d’enfants pourraient être évités dans les offre une occasion unique de réduire l’écart qui
pays où le taux de mortalité est le plus élevé si le sépare les plus riches des plus pauvres en matière
niveau de couverture nationale des interventions de survie, tant entre les pays qu’au sein de ceux-ci,
efficaces de lutte contre la pneumonie et la diar- et d’accélérer les progrès vers la réalisation des
rhée atteignait celui réalisé par les 20 pour cent Objectifs du Millénaire pour le développement.
des ménages les plus riches de ces pays. Il s’agit
d’un objectif réalisable pour de nombreux pays Nous savons ce qui doit être fait
qui œuvrent en faveur d’objectifs plus ambitieux, La pneumonie et la diarrhée ont longtemps été
tels que la couverture universelle. considérées comme des maladies liées à la pau-
vreté et sont associées entre autres à un milieu
À l’échelle mondiale, la pneumonie et la diar- de vie précaire, à une sous-nutrition et à un
rhée sont les principales causes de mortalité manque d’accès aux services de base. Les décès
chez les jeunes enfants, totalisant à elles seules imputables à ces maladies pourraient en grande
29 pour cent des décès chez les enfants âgés de partie être évités en ayant notamment recours
moins de 5 ans, soit plus de 2 millions de vies à des pratiques optimales d’allaitement mater-
chaque année (Figure 1). La plupart des vic- nel et de nutrition, à la vaccination, au lavage
times se concentrent dans les régions et les pays des mains avec du savon, à l’eau potable et à des
les plus pauvres, les enfants les plus défavorisés services d’assainissement de base. Lorsqu’un
étant les plus touchés. Près de 90 pour cent des enfant tombe malade, il peut être guéri grâce à
décès dus à la pneumonie et à la diarrhée sont un traitement efficace, comme des antibiotiques
à déplorer en Afrique subsaharienne et en Asie contre la pneumonie bactérienne et des sels
du Sud. de réhydratation orale contre la diarrhée. Une
approche intégrée est nécessaire pour combattre
La concentration des décès dus à la pneumonie ces deux fléaux, étant donné que de nombreuses
et à la diarrhée chez les enfants les plus pauvres interventions de lutte contre la pneumonie et
reflète des inégalités plus générales quant aux la diarrhée sont identiques et pourraient sauver
progrès accomplis vers la réduction de la morta- d’innombrables enfants si elles étaient menées de
lité de l’enfant*. Le nombre d’enfants victimes de manière coordonnée (Figure 2).
ces maladies est bien moindre aujourd’hui qu’il y
a 20 ans, avec 12 millions de décès en 1990 contre Une approche axée sur l’équité pourrait
7,6 millions en 2010. Cette avancée est princi- sauver plus de 2 millions d’enfants d’ici
palement due à une expansion rapide des inter- à 2015
ventions liées à la santé publique de base et à la Une mise en œuvre plus équitable des inter-
nutrition, telles que la vaccination, l’allaitement ventions adaptées permettrait d’accroître consi-
maternel et l’eau potable. Toutefois, le niveau de dérablement le nombre de vies sauvées. Les
couverture des interventions de lutte contre la estimations modélisées montrent que d’ici à
pneumonie et la diarrhée reste faible, en particu- 2015, plus de 2 millions de décès d’enfants dus
lier auprès des plus vulnérables. à la pneumonie et à la diarrhée pourraient être
évités dans les 75 pays où le taux de mortalité
* A titre de clarification, par « mortalité de l’enfant », on entend morta- est le plus élevé, si le niveau de couverture natio-
lité des enfants de moins de cinq ans dans tout le rapport. nale des principales interventions de lutte contre
1Figure La pneumonie et la diarrhée comptent parmi les principales causes de mortalité de l’enfant à
1 travers le monde
Répartition mondiale des décès chez les enfants de moins de 5 ans, par cause, 2010
Pneumonie
(post-néonatale) 14 %
Autres 18 %
Pneumonie Pneumonie (néonatale) 4 %
18 %
Rougeole 1 %
Méningite 2 % Autres causes post-néonatales
35 %
SIDA 2 %
Diarrhée
Diarrhée (post-néonatale) 10 %
Accidents 5 %
11 %
Diarrhée (néonatale) 1 %
Paludisme 7 %
Autres causes néonatales
35 %
Autres 2 % Complications dues à une
Tétanos 1 % naissance prématurée 14 %
Anomalies
congénitales 4 %
Septicémie et
méningite 5 % Incidents pendant
l’accouchement 9 %
Note : La sous-nutrition est responsable de plus d’un tiers des décès chez les enfants de moins de 5 ans. Il est possible que le total des
pourcentages ne représente pas 100 pour cent, car les chiffres ont été arrondis.
Source : Adapté de Liu et al., 2012 ; Black et al., 2008.
ces maladies atteignait celui des 20 pour cent de la pneumonie et la diarrhée étaient menées à un
ménages les plus riches dans chaque pays. Dans niveau presque universel (Figure 4). Cette analyse
ce cas de figure, le nombre de décès d’enfants associe des estimations brutes à des connaissances
dus à la pneumonie pourrait baisser de 30 pour bien établies : le fait de cibler les enfants les plus
cent dans ces pays, et celui des décès dus à la pauvres au moyen d’interventions de lutte contre
diarrhée de 60 pour cent (Figure 3). De fait, d’ici la pneumonie et la diarrhée permet d’améliorer
à 2015, la mortalité de l’enfant , toutes causes davantage les chances de survie de l’enfant.
confondues, pourrait chuter d’environ 13 pour
cent dans ces 75 pays. Les enfants les plus vulnérables face à la
pneumonie ou à la diarrhée bénéficient-
Le Bangladesh montre de manière significative ils des principales interventions ?
que privilégier les foyers les plus pauvres dans les À ce jour, le présent rapport constitue l’une des
interventions de lutte contre la pneumonie et la évaluations les plus complètes visant à détermi-
diarrhée peut sauver bien plus de vies. Ainsi, près ner dans quelle mesure les enfants les plus expo-
de six fois plus d’enfants pourraient être sauvés sés à la pneumonie ou à la diarrhée bénéficient
dans les foyers les plus pauvres (environ 15 400) des principales interventions. Le résultat est un
par rapport aux foyers les plus riches (environ 2 mélange de réussites étonnantes et d’occasions
800) si les principales interventions de lutte contre manquées.
2Figure De nombreuses stratégies de prévention et de traitement de la diarrhée et de la pneumonie
2 sont les mêmes
Diarrhée Pneumonie
P r é v e n t i o n
Vaccination : Nutrition adéquate Vaccination :
rotavirus, choléra, pour les mères et leurs enfants VCPa, Hibb, coqueluche
typhoïde Promotion et soutien Réduction de la
de l’allaitement maternel pollution de l’air
Eau potable et
installations sanitaires Vaccination contre la rougeole à l’intérieur des
améliorées habitations
Supplémentation en micronutriments
(comme le zinc et la vitamine A)
Lavage des mains avec du savon
Prévention et traitement des comorbidités
(comme le VIH)
Tr a i t e m e n t
Comportements améliorés en
SRO à faible osmolarité, matière de recours aux soins Antibiotiques contre la
zinc et poursuite de pneumonie
l’alimentation Amélioration de la prise en charge,
aussi bien au niveau de la Oxygénothérapie
communauté que des (le cas échéant)
Antibiotiques contre la dysenterie
établissements
de santé
Note : Une liste complète des documents traitant de l’impact des interventions de lutte contre la pneumonie et la diarrhée sur la survie de l’enfant,
rédigés par le Groupe de référence pour l’épidémiologie de la santé de l’enfant, est disponible sur : www.cherg.org/publications.html. L’efficacité
des interventions de lutte contre la pneumonie a également été évaluée récemment par Niessen et al. (2009).
a. Vaccin conjugué contre le pneumocoque.
b. Haemophilus influenzae de type b.
Source : Adapté du Plan d’action mondial pour prévenir et combattre la pneumonie, ainsi que des présentations des ateliers régionaux de l’OMS de
2011.
Figure Réduction potentielle du nombre de décès Figure Au Bangladesh, davantage d’enfants
3 d’enfants si la couverture nationale des 4 pourraient être sauvés si les interventions de
interventions atteignait celle des ménages les lutte contre la pneumonie et la diarrhée étaient
plus riches axées sur les ménages les plus pauvres
Prévisions des tendances relatives au nombre de décès d’enfants de moins Estimations du nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans qui pourraient
de 5 ans si la couverture nationale des principales interventions de lutte être évités si les interventions de lutte contre la pneumonie et la diarrhée
contre la pneumonie et la diarrhée atteignait celle des 20 pour cent de étaient menées à un niveau presque universel (90 pour cent) parmi les quintiles
ménages les plus riches dans les 75 pays, 2012-2015 (en millions) de richesse les plus riches et les plus pauvres (en milliers)
20
Décès d’enfants Décès d’enfants Décès d’enfants 20 % les plus riches
dus à la pneumonie dus à la diarrhée dus à d’autres causes
20 % les plus pauvres
8
7,6
1,1 7,2
0,9 6,8 15 15,4
6,6
0,9
1,2 0,8
6 0,9
0,7 0,5
5,3 5,3 5,3 5,3 10
4 7,8
6,6
5
2 2,8
1,8
0,9
0
Total des décès Décès d’enfants Décès d’enfants
d’enfants dus à la pneumonie dus à la diarrhée
0
2012 2013 2014 2015 Note : Le nombre de décès évités chez les enfants souffrant de pneumonie
et de diarrhée ne correspond pas au nombre total de décès d’enfants évités,
Source : Outil de modélisation LiST (Outil de Vies Sauvées), élaboré par car les interventions de lutte contre la pneumonie et la diarrhée ont des
l’École de santé publique Bloomberg de l’Université Johns Hopkins (voir conséquences sur d’autres causes de mortalité de l’enfant.
l’Annexe 2). Source : Outil de modélisation LiST (Outil de Vies Sauvées), élaboré par l’École
de santé publique Bloomberg de l’Université Johns Hopkins (voir l’Annexe 2).
3Figure Écart important entre les riches et les pauvres Figure Le risque de décès lié à la pneumonie ou à la
5 concernant la couverture vaccinale contre la 6 diarrhée est plus élevé chez les nourrissons qui
rougeole ne sont pas allaités
Pourcentage des enfants âgés de moins d’un an vaccinés contre la rougeole, Risque relatif de mortalité et d’incidence de la pneumonie et de la diarrhée chez
par quintile de richesse des ménages et par région, 2000-2008 les nourrissons âgés de 0 à 5 mois allaités partiellement au sein ou non allaités
par rapport au risque relatif de mortalité et d’incidence de la pneumonie et de la
100
20 % les plus riches diarrhée chez les nourrissons âgés de 0 à 5 mois allaités exclusivement au sein
20 % les plus pauvres
Allaitement exclusif
Allaitement partiel
Non-allaitement
75
15
Les nourrissons qui ne sont pas
nourris au sein courent un
50 risque 15 fois plus élevé de
mourir d’une pneumonie 11
que les enfants nourris
exclusivement au sein
25
5
4
3
0 2 2 2
Asie du Sud Afrique Asie de l’Est et Pays en
subsaharienne Pacifiquea développementa 1 1 1 1
Incidence Mortalité Incidence Mortalité
a. À l’exception de la Chine.
Source : UNICEF 2010, d’après les 74 dernières enquêtes démographiques Pneumonie Diarrhée
et de santé et enquêtes par grappes à indicateurs multiples disponibles,
menées entre 2000 et 2008. Source : Black et al. 2008.
Vaccination
Figure La plupart des personnes n’ayant pas accès De nouveaux vaccins contre les principales
7 à des installations améliorées d’eau potable et causes de pneumonie et de diarrhée sont dis-
d’assainissement vivent dans les zones rurales ponibles. De nombreux pays à revenu faible ont
déjà recours au vaccin Haemophilus influenzae de
Personnes ne disposant pas d’installations sanitaires améliorées, personnes
pratiquant la défécation à l’air libre et personnes n’ayant pas accès à une source type b, ce qui représente un véritable succès dans
améliorée d’eau potable, 2010 (en millions). la réduction de l’écart qui sépare les plus riches
Urbaine des plus pauvres en matière d’introduction de
Rurale nouveaux vaccins. Cet exemple montre qu’il est
1 796
possible de combattre les inégalités flagrantes
par la mise en œuvre d’une approche fondée sur
l’équité à travers des financements, des dirigeants
motivés aux niveaux national et mondial et une
stimulation de la demande. Le vaccin conjugué
contre le pneumocoque est de plus en plus dispo-
949
nible et à l’avenir, le vaccin antirotavirus devrait
714 être rendu plus accessible dans les pays les plus
653
pauvres. Cette mesure s’inscrit dans le cadre des
stratégies globales de lutte contre les maladies
diarrhéiques. Or, des disparités ont été consta-
130 tées au sein des pays en ce qui concerne l’accès
105
Aucun accès à une Pratique de Aucun accès à une
aux vaccins, ce qui pourrait réduire leur impact
installation sanitaire la défécation source améliorée (Figure 5). La mise en œuvre de programmes
améliorée à l’air libre d’eau potable
de vaccination systématique à l’intention des
Source : Programme commun OMS / UNICEF de surveillance de l’eau et enfants les plus vulnérables (qui sont bien sou-
de l’assainissement, 2012.
vent les premières victimes de la pneumonie et de
la diarrhée) reste un défi majeur mais néanmoins
4essentiel pour exploiter le plein potentiel des Eau et assainissement
anciens comme des nouveaux vaccins. L’Objectif du Millénaire pour le développement
relatif à l’amélioration de l’accès à l’eau potable
Alimentation du nourrisson a été atteint en 2010 au niveau mondial, ce qui
L’allaitement exclusif au sein au cours des six représente un succès remarquable. Pourtant, 783
premiers mois de la vie est l’une des interven- millions de personnes n’ont toujours pas accès à
tions les plus efficaces pour la survie de l’enfant une source améliorée d’eau potable et 2,5 mil-
et réduit considérablement le risque de décès dû liards ne bénéficient d’aucune installation sani-
à la pneumonie ou à la diarrhée (Figure 6). Dans taire améliorée, principalement dans les foyers
de nombreux pays où le taux de mortalité est les plus pauvres et les zones rurales. En outre, 90
élevé, une nette augmentation du taux d’allaite- pour cent des personnes qui recourent à la défé-
ment exclusif au sein a été observée depuis 1990. cation à l’air libre, la pratique sanitaire la plus
En dépit de ces progrès, moins de 40 pour cent risquée, vivent dans les zones rurales (Figure 7).
des enfants âgés de moins de 6 mois sont nourris L’eau insalubre, des systèmes d’assainissement
exclusivement au sein dans les pays en dévelop- inadéquats et le manque d’hygiène sont respon-
pement. Les pratiques optimales d’allaitement sables de près de 90 pour cent des décès dus à la
sont cruciales dans la réduction de la morbidité diarrhée à travers le monde. Le lavage des mains
et de la mortalité dues à la pneumonie et à la avec de l’eau et du savon est l’une des interven-
diarrhée. tions sanitaires les plus efficaces pour réduire
Figure Au cours de la dernière décennie, des progrès
8 ont été enregistrés dans chaque région en ce Figure Depuis 2000, l’utilisation de solutions
qui concerne le recours à des soins appropriés 9 à base de SRO pour le traitement des
pour les cas présumés de pneumonie infantile épisodes diarrhéiques n’a guère évolué
Pourcentage des enfants âgés de moins de 5 ans présumés atteints d’une Pourcentage des enfants de moins de 5 ans souffrant de diarrhée qui ont
pneumonie qui consultent un prestataire ou se rendent dans un établissement bénéficié d’un traitement à base de SRO (sachets de SRO ou liquides de
de santé approprié, par région, aux alentours de l’année 2000 et de l’année 2010 réhydratation à base de SRO préemballés), par région, aux alentours de
l’année 2000 et de l’année 2010
100
2000 100
2010 2000
2010
75
75
69
65 65 64
59 61 60
50 54
50 50
38
39
37
25 30 28 30 31 31 30 32
25
24
0
Afrique Asie de Asie Moyen-Orient Pays en 0
subsaharienne l’Est et du Sud et Afrique développementa Moyen-Orient Afrique Asie Asie de Pays en
Pacifiquea du Nord et Afrique subsaharienne du Sud l’Est et développementa
du Nord Pacifiquea
a. À l’exception de la Chine.
Note : Les estimations concernent un sous-ensemble de 63 pays disposant a. À l’exception de la Chine.
de données, qui représentaient 71 pour cent de la population âgée de moins Note : Les estimations concernent un sous-ensemble de 65 pays disposant
de cinq ans dans les pays en développement en 2000 et 73 pour cent en de données, qui représentent 74 pour cent de la population âgée de moins de
2010 (à l’exception de la Chine, pour laquelle aucune donnée comparable cinq ans dans les pays en développement (à l’exception de la Chine, pour
n’est disponible) et au moins 50 pour cent de la population âgée de moins de laquelle aucune donnée comparable n’est disponible) et au moins 50 pour
cinq ans dans chaque région. La couverture des données était insuffisante cent de la population âgée de moins de cinq ans dans chaque région. La
pour calculer la moyenne régionale des pays de la zone ECO/CEI, de couverture des données était insuffisante pour calculer la moyenne régionale
l’Amérique latine et des Caraïbes, et des pays industrialisés. des pays de la zone ECO/CEI, de l’Amérique latine et des Caraïbes, et des
Source : Bases de données mondiales de l’UNICEF 2012, d’après des pays industrialisés.
enquêtes par grappes à indicateurs multiples, des enquêtes démographiques Source : Bases de données mondiales de l’UNICEF 2012, d’après des
et de santé et d’autres enquêtes menées au niveau national. enquêtes par grappes à indicateurs multiples, des enquêtes démographiques
et de santé et d’autres enquêtes menées au niveau national.
5l’incidence de la pneumonie et de la diarrhée SRO, et les traitements au zinc sont encore dif-
chez l’enfant. ficiles d’accès dans les pays où le taux de morta-
lité est élevé. La stagnation du faible niveau de
Traitement des cas présumés de pneumonie couverture des solutions SRO au cours de la der-
La capacité des dispensateurs de soins à recon- nière décennie témoigne du vaste échec de mise
naître à temps les symptômes clés de la pneu- en place de l’une des interventions les plus effi-
monie bactérienne et à attribuer les soins et le caces pour la survie de l’enfant. Cette tendance
traitement antibiotique appropriés peut sauver de souligne également le besoin urgent de recentrer
nombreuses vies. L’accès aux soins pour les enfants l’attention et les financements sur la lutte contre
présentant des symptômes de la pneumonie a la diarrhée.
légèrement augmenté dans les pays en développe-
ment, passant de 54 pour cent autour de l’an 2000 Pneumonie et diarrhée : améliorer la
à 60 pour cent en 2010. Pendant cette période, survie de l’enfant en luttant contre les
l’Afrique subsaharienne a connu une augmenta- maladies les plus mortelles pour les
tion d’environ 30 pour cent, qui s’explique prin- enfants les plus pauvres du monde
cipalement par une amélioration de l’accès aux Une fois de plus, ce rapport démontre ce qui est
soins pour la population rurale (Figure 8). Néan- connu depuis longtemps : le niveau de couver-
moins, le recours aux soins appropriés en cas de ture des principales interventions de prévention
pneumonie infantile présumée reste encore trop et de traitement de la pneumonie et de la diar-
faible dans les pays en développement, et moins rhée est beaucoup plus bas dans les pays les plus
d’un tiers des enfants présumés atteints d’une pauvres et parmi les enfants les plus défavorisés
pneumonie reçoivent un traitement antibiotique. de ces pays, qui représentent bien souvent une
De plus, les enfants les plus défavorisés des pays les part importante du nombre de décès d’enfants.
plus pauvres ont moins de chances de bénéficier Le taux de survie des enfants baisse lorsque les
d’un traitement lorsqu’ils tombent malades. interventions clés n’atteignent pas ces enfants
vulnérables qui courent un plus grand risque de
Traitement de la diarrhée mourir de pneumonie ou de diarrhée.
Les enfants atteints de diarrhée risquent de mou-
rir de déshydratation. Le remplacement précoce Le moment est donc venu de recentrer nos efforts
et approprié des fluides est donc une interven- sur ces deux principaux fléaux. Ce rapport
tion cruciale pour la survie de l’enfant. Or, dans appelle à agir afin de réduire le nombre de décès
les pays en développement, peu d’enfants atteints d’enfants dus à la pneumonie et à la diarrhée,
de diarrhée reçoivent un traitement approprié ce qui permettra non seulement de diminuer
qui consiste en une thérapie de réhydratation l’écart qui sépare les plus riches des plus pauvres
orale et une poursuite de l’alimentation (39 pour en terme de mortalité de l’enfant, mais égale-
cent). Un pourcentage encore plus faible béné- ment d’accélérer les progrès vers la réduction du
ficie de solutions de sels de réhydratation orale nombre de décès évitables chez les enfants. Il est
(SRO) (un tiers), et aucun progrès significatif en impératif de saisir cette occasion unique de com-
matière de couverture dans les pays en dévelop- bler le fossé relatif à la survie de l’enfant, tant
pement n’a été enregistré au cours de la dernière entre les pays qu’au sein de ceux-ci. Au nom des
décennie (Figure 9). En outre, les enfants les plus enfants les plus vulnérables, il est nécessaire de
défavorisés des pays les plus pauvres ont moins s’engager davantage, de focaliser notre attention
de chances de recevoir un traitement à base de et d’agir de manière globale et concertée.
61
La pneumonie et la diarrhée
affectent de façon disproportionnée
les plus pauvres
Au cours des deux dernières décennies, des avan- données limitées suggèrent que même dans les
cées considérables ont été réalisées en matière de pays où le taux de mortalité de l’enfant a dimi-
survie de l’enfant, mais les progrès ont été iné- nué depuis 1990, l’écart qui sépare les plus riches
gaux, tant entre les pays qu’au sein de ceux-ci1. des plus pauvres en matière de survie de l’enfant
Depuis 1990, la mortalité de l’enfant se concentre s’est creusé dans de nombreux cas de figure2.
de plus en plus dans les régions les plus pauvres
de la planète : l’Afrique subsaharienne et l’Asie La pneumonie et la diarrhée comptent parmi les
du Sud. Dans la plupart des pays, les enfants les principales causes de mortalité infantile à travers
plus pauvres et les plus défavorisés sont plus sus- le monde (Figure 1.1) et constituent sans doute
ceptibles de mourir avant l’âge de cinq ans. Des l’exemple le plus frappant du fossé relatif à la
Figure La pneumonie et la diarrhée comptent parmi les principales causes de mortalité de l’enfant à
1.1 travers le monde
Répartition mondiale des décès chez les enfants de moins de 5 ans, par cause, 2010
Pneumonie
(post-néonatale) 14 %
Autres 18 %
Pneumonie Pneumonie (néonatale) 4 %
18 %
Rougeole 1 %
Méningite 2 % Autres causes post-néonatales
35 %
SIDA 2 %
Diarrhée
Diarrhée (post-néonatale) 10 %
Accidents 5 %
11 %
Diarrhée (néonatale) 1 %
Paludisme 7 %
Autres causes néonatales
35 %
Autres 2 % Complications dues à une
Tétanos 1 % naissance prématurée 14 %
Anomalies
congénitales 4 %
Septicémie et
méningite 5 % Incidents pendant
l’accouchement 9 %
Note : La sous-nutrition est responsable de plus d’un tiers des décès chez les enfants de moins de 5 ans. Il est possible que le total des
pourcentages ne représente pas 100 pour cent, car les chiffres ont été arrondis.
Source : Adapté de Liu et al., 2012 ; Black et al., 2008.
7Figure Près de 90 pour cent des décès d’enfants dus de décès que le paludisme, les accidents, le SIDA,
1.2 à la pneumonie et à la diarrhée surviennent la méningite, la rougeole et toutes les autres
en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud maladies post-néonatales confondues.
Décès dus à la pneumonie et à la diarrhée chez les enfants âgés
de moins de 5 ans, par région, 2010 Toutefois, ces résultats surprenants ne sont
pas homogènes dans le monde entier et se
concentrent fortement dans les milieux les plus
Autres régions défavorisés. En effet, la grande majorité des
268 000
décès dus à la pneumonie et à la diarrhée sur-
viennent dans les régions les plus pauvres : près
de 90 pour cent en Afrique subsaharienne et en
Asie du Sud (Figure 1.2 et Tableau 1.1). Envi-
Afrique subsaharienne ron la moitié des décès à travers le monde dus
1 078 000
à la pneumonie et à la diarrhée sont enregis-
Asie du Sud
851 000
trés dans seulement cinq pays, pour la plupart
pauvres et densément peuplés : l’Inde, le Nigéria,
la République démocratique du Congo, le Pakis-
tan et l’Éthiopie (Tableau 1.2). On enregistre
également une progression du choléra dans de
nombreuses régions, qui touche de façon dispro-
portionnée les groupes vulnérables vivant dans
Source : Adapté de Liu et al., 2012. des contextes fragiles (Encadré 1.1).
Au niveau national, l’écart en matière de morta-
survie de l’enfant. À elles deux, ces maladies sont lité de l’enfant due à la pneumonie et à la diar-
responsables de 29 pour cent des décès chez les rhée est considérable. Cependant, les causes de
enfants, soit plus de 2 millions par an. En 2010, la décès chez les enfants des pays présentant un
pneumonie et la diarrhée ont fait presque autant taux de mortalité élevé restent largement mécon-
de victimes que toutes les autres causes de décès nues. Il est avéré que les enfants les plus pauvres
après la période néonatale, soit presque autant et les plus vulnérables sont plus exposés aux
Tableau La mortalité de l’enfant due à la pneumonie et à la diarrhée se concentre dans les régions les
1.1 plus pauvres …
Décès dus à la pneumonie et
à la diarrhée chez les enfants Décès dus à la pneumonie chez les Décès dus à la diarrhée chez les
de moins de 5 ans, 2010 enfants de moins de 5 ans, 2010 enfants de moins de 5 ans, 2010
Régions UNICEF Nombre % du total Nombre % du total Nombre % du total
Afrique subsaharienne 1 078 000 49 648 000 46 430 000 54
Asie du Sud 851 000 39 550 000 39 300 000 37
Asie de l’Est et Pacifique 145 000 7 111 000 8 34 000 4
Moyen-Orient et Afrique du Nord 103 000 5 68 000 5 36 000 4
Amérique latine et Caraïbes 38 000 2 26 000 2 12 000 1
Europe centrale et orientale et
Communauté d’États indépendants 25 000 1 18 000 1 6 000 1
Pays les moins avancés 894 000 41 545 000 39 350 000 44
Pays en développement 2 191 000 >99 1 390 000 >99 801 000 >99
Pays industrialisés 2 000Tableau ... et dans la plupart des pays pauvres et densément peuplés de ces régions
1.2
Décès dus à la pneumonie et
à la diarrhée chez les enfants
Rang Pays de moins de 5 ans, 2010
1 Inde 609 000
La moitié de tous
2 Nigéria 241 000 les décès d’enfants
3 République démocratique du Congo 147 000 dus à la pneumonie
4 Pakistan 126 000 et à la diarrhée à
travers le monde
5 Éthiopie 96 000
6 Afghanistan 79 000
7 Chine 64 000 Les trois quarts de tous les décès
8 Soudana 44 000 d’enfants dus à la pneumonie et
9 Mali 42 000 à la diarrhée à travers le monde
10 Angola 39 000
11 Ouganda 38 000
12 Burkina Faso 36 000
12 Niger 36 000
14 Kenya 32 000
15 République-Unie de Tanzanie 31 000
Reste du monde 537 000
Total 2 197 000
a. Les données relatives au Soudan se rapportent au pays tel que constitué avant la sécession du Sud.
Source : adapté de Liu et al., 2012.
Encadré Le choléra, en pleine expansion, touche les plus vulnérables
1.1
On estime à 1,4 milliard le nombre de personnes expo- populations les plus marginalisées qui manquent d’ac-
sées au choléra dans les pays endémiques, avec envi- cès aux services de base, tels que l’approvisionnement
ron 3 millions de cas et près de 100 000 décès chaque en eau, des installations sanitaires et des soins de santé
année à travers le monde. Les enfants âgés de moins de adéquats, et qui souffrent déjà de malnutrition.
5 ans représentent près de la moitié des cas et des vic-
times1. Les vastes épidémies prolongées et très meur- Le choléra est une maladie diarrhéique qui peut rapide-
trières de choléra sont de plus en plus fréquentes et ment entraîner la mort si elle n’est pas détectée et traitée
reflètent le manque de préparation adaptée, de dépis- dans les plus brefs délais avec des solutions à base de
tage précoce, de prévention et d’accès en temps oppor- sels de réhydratation orale. Les principales interventions
tun aux soins. Ces épidémies fulgurantes et meurtrières de prévention et de traitement du choléra s’apparentent
touchent l’ensemble de la société, peuvent perturber les aux interventions de lutte contre la diarrhée citées dans
services de base et nécessitent souvent des ressources le présent rapport, et devraient être transposées à plus
considérables, dont des interventions d’urgence. grande échelle. De plus, réduire le taux de transmission
et de mortalité des épidémies requiert une préparation
Bien que les épidémies de choléra à grande échelle at- et des activités d’intervention spécifiques, comme des
tirent l’attention, le choléra endémique, responsable structures multisectorielles de coordination et de suivi au
d’une part non négligeable de la charge mondiale de niveau national, une évaluation complète des risques, des
morbidité, n’est que peu détecté et évalué. Le choléra systèmes améliorés de suivi et d’alerte précoce, une mo-
s’est installé dans un nombre croissant de pays africains bilisation des communautés et des décideurs, ainsi qu’un
et a récemment fait sa réapparition sur le continent amé- accès simplifié aux ressources et au matériel.
ricain, avec une transmission continue en République do-
minicaine et en Haïti. En outre, de nouvelles souches Notes
de Vibrio cholerae plus virulentes et résistantes aux mé- 1. Ali et al., 2012.
dicaments ont été identifiées2. Le choléra touche les 2. Groupe de travail ad hoc sur le vaccin contre le choléra, 2009.
9agents pathogènes responsables de la pneumonie affichant les taux de mortalité des enfants parmi
et de la diarrhée (en raison, par exemple, d’ins- les plus élevés et les plus bas. L’Éthiopie a enre-
tallations sanitaires inadéquates ou d’un appro- gistré 271 000 décès d’enfants âgés de moins de
visionnement en eau insuffisant) et sont plus 5 ans (106 décès pour 1 000 naissances vivantes)
enclins à contracter des maladies graves (dues, en 2010. Plus de la moitié de ces décès étaient
par exemple, à la malnutrition ou à des comor- imputables à la pneumonie et à la diarrhée, et
bidités)3. La couverture des principales mesures une grande partie des décès restants étaient dus
de prévention devrait être plus importante pour à des infections pouvant être évitées et traitées
ces enfants, mais l’on constate bien souvent le (Figure 1.3). En revanche, en Allemagne, envi-
contraire. Plus souvent malades, ils ont davantage ron 3 000 décès d’enfants âgés de moins de 5 ans
besoin de traitements efficaces (comme les anti- ont été enregistrés en 2010 (4 décès pour 1 000
biotiques contre la pneumonie bactérienne et les naissances vivantes), et la grande majorité de ces
solutions de réhydratation orale contre la diar- décès étaient imputables à des maladies et des
rhée), mais ont généralement moins de chances pathologies non transmissibles.
d’en bénéficier4.
Les maladies de l’enfance non traitées ou ne
L’écart qui sépare les plus riches des plus pauvres recevant pas le traitement adapté, notamment
en matière de survie de l’enfant est dû en grande la pneumonie et la diarrhée, sont les principaux
partie à une poignée d’infections, notamment facteurs de l’écart qui sépare l’Éthiopie et l’Alle-
la pneumonie et la diarrhée. Comparons, par magne (et, de manière plus générale, les pays les
exemple, l’Éthiopie et l’Allemagne, lesquels, en plus riches des pays les plus pauvres) en matière
2010, faisaient respectivement partie des pays de survie. Pour combler ce fossé, il est nécessaire
Figure Différents modèles de mortalité des enfants au sein de pays présentant une mortalité élevée ou basse :
1.3 l’Éthiopie et l’Allemagne
Répartition des décès chez les enfants âgés de moins de 5 ans, par cause, 2010
Éthiopie Allemagne
Pneumonie
2 % Diarrhée
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