PRIX COLLÉGIEN 2019-2020 - DOSSIER DE MÉDIATION - BD COLOMIERS
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LE LANGAGE DE LA BD
Bande dessinée
Suite de dessins qui raconte une même histoire ou présente un même personnage (Déf. Robert)
Récit en images publié en feuilleton de presse ou en albums. (Déf. Larousse)
Vignette ou case
Image généralement cernée d’un trait et faisant partie d’une planche. La vignette est l’unité minimale de
la BD et la base de son langage.
Bulle ou phylactère ou ballon
Espace délimité par un trait qui renferme les paroles que prononcent les personnages. Espace réservé au
texte à l’intérieur de la case.
Planche
Nom donné à une page BD. Ensemble de vignettes figurant sur la même page.
Planche originale
Feuille sur laquelle a travaillé le dessinateur. Dessin
définitif d’une page de BD à un format presque
toujours plus grand que la parution.
Espace intercase ou gouttière
Espace entre les cases.
Récitant ou narrateur
Espace encadré accueillant un commentaire sur
l’action ou l’intervention du narrateur.
Strip ou bande
Bande horizontale composée d’une ou plusieurs vignettes. Le strip peut être autonome ou composé un
étage de la planche. Ensemble de vignettes figurant sur une même ligne horizontale. Une planche
classique est composée de trois ou quatre strips.
Mise en page ou découpage
Organisation des vignettes sur la surface de la planche.
Onomatopée
Mot dont le son imite celui de l’objet qu’il représente. Assemblage de lettres imitant un son, un bruit.
Idéogramme
Signe représentant une idée. L’idéogramme peut se présenter sous forme de
dessins ou de lettres.
Ex : un nuage transpercé par un éclair pour exprimer la colère, un coeur brisé pour
exprimer le chagrin...
Synopsis
Premier récit qui définit brièvement les personnages, le lieu, l’époque et le fil
conducteur de l’histoire.
Crayonné
Etat de la planche avant encrage. Le dessinateur exécute d’abord ses dessins au
crayon, puis il les repasse à l’encre de Chine. Brouillon détaillé de la page, bien
souvent sur la planche originale.
5Lettrage
Forme de lettres composant le texte placé dans les bulles ou le
récitant. Mise au net manuelle du texte et des onomatopées.
Lettreur
Personnage qui réalise le lettrage, veille à ce que le texte ne couvre
pas l’image et reste visible.
Encrage ou mise à l’encre
Reprise à l’encre de Chine du dessin crayonné.
Encreur
Personne qui cerne les traits du crayonné à l’encre de Chine.
Scénariste
Personne qui imagine l’histoire et fournit au dessinateur le
découpage ainsi que les dialogues. Le dessinateur peut aussi être
son propre scénariste.
Coloriste
Assistant spécialisé dans la couleur. Attention de plus en plus on
voit apparaît un travail de coloriste réalisé par un studio graphique
par infographie.
Cadrage
Choix d’un angle de vue et du plan définissant la grosseur du sujet
dans la case (gros plan, plan moyen, vue en plongée,
contre-plongée…).
Série
Ensemble de bandes dessinées qui ont pour héros le ou les même(s) personnage(s).
Collection
Ensemble de bandes dessinées ou de séries BD réunies sous un même titre de collection et qui présente
la même maquette.
One shot
Histoire se déroulant en un seul album. Pas de suite : le one shot est l’opposé de la série.
Roman graphique (de l'anglais graphic novel)
Le format BD du roman graphique comprend un grand nombre de pages, souvent plus d'une centaine.
Le terme est employé dans un sens large, englobant les œuvres non romanesques et les histoires courtes
liées par la même thématique, ainsi que des récits de fiction à travers un certain nombre de genres.
Fanzine
Contraction de « fanatic » et « magazine ». Journal publié par des amateurs réalisé bénévolement sans
véritable périodicité et à faible diffusion.
BD franco-belge 48CC
Dans le jargon de l'édition, 48CC désigne une bande dessinée de tradition franco-belge, de 48 pages, en
format A4, cartonnée et en couleur.
Fumetti
Nom donné à la BD italienne.
Comics
Nom donné à la BD anglo-saxonne mais principalement de production américaine (notamment
super-héros).
6Manfra
Contraction de « manga » et « français ». BD format
48CC fortement inspiré du graphisme manga mais
aussi BD format manga réalisée par des
dessinateurs français.
Manga
Nom donné à la BD japonaise.
Mangaka
Dessinateur japonais.
Shonen
Signifie « jeune garçon » et désigne un manga dont le public visé est plutôt masculin. Action, combat,
sport sont les domaines les plus courants.
Shojo
Signifie « jeune fille » et désigne un manga généralement romantique dont le public visé est
essentiellement féminin.
Manhwa
Nom donné à la BD coréenne.
Manhua
Nom donné à la BD chinoise.
Ellipse
Procédé grammatical qui consiste à omettre un ou plusieurs éléments en principe nécessaires à
la compréhension du texte, pour produire un effet de raccourci. Elle oblige le récepteur à rétablir
mentalement ce que l’auteur passe sous silence.
La brachylogie est une variante brève de l'ellipse. Une « ellipse narrative » consiste à passer sous silence
une période de temps, c'est-à-dire à ne pas en raconter les événements. Il s'agit donc d'une accélération
du récit.
Dans son incontournable ouvrage sur la bande dessinée « L'art invisible » Scott Mac Cloud attire notre
attention sur ce mécanisme : « Les cases d'une bande dessinée fragmentent à la fois l'espace et le temps,
proposant sur un rythme haché des instants qui ne sont pas enchaînés. Mais notre sens de l'ellipse nous
permet de relier ces instants et de construire mentalement une réalité globale et continue. »
Caricature
Représentation grotesque, en dessin, en peinture, etc., obtenue par l'exagération et la déformation des
traits caractéristiques du visage ou des proportions du corps, dans une intention satirique. (Déf. Larousse)
Art séquentiel
Eisner le défini ainsi : « Il allie mots et images dans le but de raconter une histoire ou de dramatiser une
idée. Il est à la fois un moyen d’expression créatif, une discipline distincte, un art et une forme littéraire ».
L’expression d’art séquentiel a été créée et définie par Will Eisner dans son livre « La bande dessinée, art
séquentiel » (1985).
7ÉLéMENTS D'ANALYSE
1- PRéSENTATION D’INTRODUCTION
LE TITRE
Le titre de la bande dessinée , que nous révèle-t-il ?
Le titre de la série, tomaison de l’album par rapport à la série.
Le nom du personnage principal apparaît-il ?
LES AUTEURS
Présenter les personnes qui participent à l’élaboration de la bande dessinée :
Scénariste, dessinateur, coloriste, encreur, lettreur, adaptateur, auteur adapté…
éDITEUR ET COLLECTION
Dépôt légal, 1ère édition ou réédition
FORME DE PUBLICATION
1 - One shot
2 - Série (gag d’une ou plusieurs planches, strip, histoire entière, histoire à suivre...)
Couverture + page de garde
2- TEXTE DANS LA BANDE DESSINÉE
LE RéCITANT
Quelles sont ses caractéristiques ? Forme, couleur, typographie...
Quel est le temps employé ? (passé, futur, présent...)
LE DIALOGUE
Le vocabulaire est-il différent suivant les personnages ?
Que nous apprennent les dialogues des héros ou des personnages secondaires ? (caractère, niveau social,
âge, métier…)
Par quel(s) adjectif(s) caractériseriez-vous le langage utilisé dans cette bande dessinée ?
(précieux, humoristique, dit historique, argotique, pseudo-intellectuel, branché…)
LES ONOMATOPéES
Quels types de sons représentent-ils ? Quel lien avec le scénario ? Quand apparaissent-ils ?
LA TYPOGRAPHIE
Le texte est-il écrit à la main ou dactylographié ? Est-il lisible ? Quelle est sa couleur, son épaisseur... ?
3– LE GRAPHISME
LE DESSIN
Quelle(s) technique(s) est (sont) utilisée(s) dans cette bande dessinée ?
Encre de chine, gouache, crayons pastel, aquarelle, encre, collage, infographie...
Le dessinateur joue-t-il sur les dessins : trait, point... ?
LA COULEUR
Quelle(s) couleur(s) est (sont) utilisée(s) dans cette bande dessinée ?
Noir et blanc, noir et blanc + effet de gris, une couleur + noir et/ou blanc, deux ou trois couleurs
dominantes, quadrichromie avec ou sans nuances ?
La couleur a-t-elle une fonction symbolique dans la BD ?
La représentation des personnages et des objets est-elle plutôt réaliste, fantastique, stylisée... ?
9LES BULLES
Comment sont-elles représentées ? Formes, couleurs, typographie,…leur signification ?
Quel espace occupent-elles par rapport à l’illustration ?
LES IDÉOGRAMMES
Sont-ils nombreux ? Que signifient-ils ?
4- LE RYTHME DANS LA BANDE DESSINéE
LE RYTHME GRAPHIQUE
Quelles techniques cinématographiques le dessinateur utilise-t-il le plus souvent ?
Plan panoramique, plan moyen, plan américain, plan rapproché, gros plan, très gros plan, vue en plongée,
vue en contre-plongée, fondu enchaîné, champ-contre-champ.
LE RYTHME DU TEMPS
Comment se déroule la succession des vignettes dans une même planche ?
Mise en page conventionnelle, mise en page décorative, mise en page rhétorique.
5- COHéRENCE DU RéCIT
COMPRÉHENSION
L’histoire est-elle facile à comprendre ?
Quel genre de récit développe cette BD ? Policier, science-fiction, espionnage, fantastique, humour, satire
intellectuelle, historique, héroïc fantasy, chroniques sociales, historique...
Quelle est son originalité par rapport à des BD de même genre ?
S’il s’agit d'une BD historique : L’auteur s’est-il documenté ? Y-a-t-il des anachronismes, des
invraisemblances ?
LES PERSONNAGES
Les personnages sont-ils nombreux ?
Le héros a-t-il un ou des faire-valoir(s) ?
Les héros sont-ils stéréotypés ?
Dans quel univers évoluent les personnages ? Réaliste, fictif, caricaturé, humoristique, exotique,
historique, fantastique...
REPèRES TEMPORELS
Le récit est-il situé dans l’espace et le temps ? Où, quand, durée du récit.
Les détails sont-ils abondants ? Si oui pourquoi ?
SIGNIFICATION
Si des animaux sont mis en scène, y a-t-il anthropomorphisme ? Quel rôle jouent-ils ?
Y-a-t-il des manifestations de racisme, sexisme ou des intentions politiques ?
Les héroïnes dans la BD : ont-elles un rôle important ? Quelle image de la femme renvoient-elles ?
10La sélection 2019-2020
à TRAVERS
Thomas Haugomat
(Thierry Magnier)
p.17
HAÏKUS DE SIBÉRIE
Jurga Vilé et Lina Itagaki
(Sarbacane)
p.21
LA LIGUE DES
SUPER FÉMINISTES
Mirion Malle (La ville brûle)
p.27
LE FILS DE L'URSARI
Xavier-Laurent Petit et
Cyrille Pomès (Rue de Sèvres)
p.31
MIMOSA : LES CHOSES
CHANGENT... C'EST ÉNERVANT
Catmalou et Edith (Soleil)
p.35
Noire : la vie méconnue
de Claudette Colvin
Émilie Plateau (Dargaud)
p.39
Les trois chiens
Samuel Daveti et Laura Camelli
(Sarbacane)
p.43
Sabre
Eric Feres (Dargaud)
p.47
Le Cid en 4ème B
Véropée (La boîte à bulles)
p.51
Yasmina et les mangeurs de
patates
Wauter Mannaert (Dargaud)
p.55
13COMPÉTENCES TRAVAILLÉES
Compétences d’éducation artistique et culturelle mises en œuvre dans
le cadre du Parcours d'éducation Artistique et Culturelle de l'élève
(PEAC)
Fréquenter
- Cultiver sa sensibilité, sa curiosité et son plaisir à rencontrer des œuvres
- échanger avec un artiste, un créateur ou un professionnel de l'art et de la culture
- Appréhender des œuvres et des productions artistiques
Pratiquer
- Utiliser des techniques d'expression artistique adaptées à une production
S’approprier
- Exprimer une émotion esthétique et un jugement critique
- Utiliser un vocabulaire approprié à chaque domaine artistique ou culturel
- Mettre en relation différents champs de connaissances
- Mobiliser ses savoirs et ses expériences au service de la compréhension de l'œuvre
Objectifs interdisciplinaires mobilisés
COMPRENDRE ET S'EXPRIMER À L'ORAL
- S'exprimer de façon maîtrisée en s'adressant à un auditoire
- Participer de façon constructive à des échanges oraux
- Exploiter les ressources expressives et créatives de la parole
LIRE
- Contrôler sa compréhension, devenir lecteur autonome
COMPRENDRE LE FONCTIONNEMENT DE LA LANGUE
- Enrichir et structurer le lexique
ACQUÉRIR DES ÉLÉMENTS DE CULTURE LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE
- Mobiliser des références culturelles pour interpréter les textes et les créations artistiques et littéraires
- Enrichir son expression personnelle
- Établir des liens entre des créations littéraires et artistiques issues de cultures et d'époques diverses
15APPORT
ENJEUX THÉMATIQUES INTERDISCIPLI-
littéraires ABORDÉES NAIRE
La conquête spatiale
à TRAVERS Regarder le monde
Le point de vue
SVT
Se construire Histoire
Les âges de la vie
Histoire de la Lituanie
HAÏKUS DE Vivre en société Culture et Humanité Histoire
SIBÉRIE Participer à la société L'autobiographie Français
Le récit épistolaire
Féminisme
LA LIGUE DES Vivre en société
Relation
SUPER Participer à la société
hommes-femmes
EMC
FÉMINISTES Se chercher
Esprit critique,
Français
Se constuire
analyse d'œuvre
L'immigration et l'exil
LE FILS DE Regarder le monde
L'exploitation de
EMC
L'URSARI Vivre en société
l'homme par l'homme
Histoire
Se construire L'adaptation littéraire Français
MIMOSA : LES Vivre en société La relation à autrui
CHOSES Se chercher Le comique
Français
CHANGENT... Se construire L'adolescence
Arts plastiques
C'EST ÉNERVANT
Noire : la vie
Regarder le monde Les droits civiques
méconnue de Histoire
Vivre en société Le racisme
Claudette Français
Inventer le monde L'adaptation littéraire
Colvin
Le conte
LES TROIS Se chercher émancipation de la Français
CHIENS Se construire femme EMC
Adaptation littéraire
Le récit muet
Français
SABRE Inventer le monde La préhistoire
Arts plastiques
La différence
Réception d'une oeuvre
Vivre en société
LE CID EN 4èME B Se chercher
La place du lecteur Français
L'humour et le langage
YASMINA ET LES Regarder le monde Industrie agro-alimentaire
MANGEURS DE Vivre en société Le lobbysme
Géographie
PATATES Participer à la société L'écologie
SVT
16à travers
Scénario éditeur date de
& dessin thierry publication
TOM HAUGOMAT magnier SEPTEMBRE 2018
17L’HISTOIRE
La vie d'un cosmonaute défile depuis sa naissance jusqu'à sa mort dans cet album contemplatif et muet. En jeu
de regards, les doubles pages montrent en vis-à-vis ce qu'il vit et ce qu'il voit, à travers une loupe, une fenêtre
ou encore la fente d'un nuage. L'impression en quadrichromie sublime les perspectives d'une existence tournée
vers les étoiles. Un livre graphique à la beauté éblouissante.
L'AUTEUR
Tom Haugomat est né à Paris en 1985, il s’est rapidement intéressé au dessin et à son potentiel narratif.
Il se découvre une passion pour l’image en mouvement à l’école des Gobelins en section « Conception et réalisation
de films d’animation ». Il y rencontre également Bruno Mangyoku, avec qui il travaille sur le projet de court-métrage
Jean-François (Arte, 2009).
À travers est son second album aux Éditions Thierry Magnier, après Hors-pistes où il avait illustré le texte de Maylis
de Kerangal.
Il travaille essentiellement pour la presse (Dada, Portrait, Transfuge, et à l’étranger pour The New Republic). Il a
récemment collaboré à la revue Citrus, publiée par L’Agrume.
AVIS / CRITIQUES
De la naissance à la mort, À travers raconte le destin hors du commun et somme toute profondément ordinaire
d’un passionné d’espace devenu astronaute. Dans ce livre, le parti pris repose sur un procédé narratif inédit :
raconter l’entièreté d’une vie humaine en dessinant une double page par année d’existence. Pour ce faire, l’auteur
utilise une collection de diptyques muets en regard, ne donnant que deux indications lacunaires : une date, un
lieu. Chacune de ces doubles pages fonctionne sur le même principe : à gauche, une vision extérieure de la vie
du héros, à droite, la vision du personnage, comme si l’on voyait à travers son propre regard. Parfois entrecoupés
d’illustrations pleine page de toute beauté, ces instants dressent un portrait simple, subtil, sans esbroufe et sans
jugement. Comme s’ils étaient observés dans des jumelles : objectif et silencieux.
Le dessin numérique joue à l’économie de moyen, mais étonne par son rendu graphique et son pouvoir
évocateur. Les images se répondent, s’entrechoquent et se subliment pour donner une profondeur surprenante
à cette histoire. Avec une trichromie travaillée en aplats et sans encrage, les illustrations de Tom Haugomat sont
délectables. [...] Il n’a beau avoir que 33 ans, mais il signe là une sorte d’entre-deux réjouissant entre Chris Ware et
Jon McNaught.
Le récit donne un vrai travail au lecteur qui pourra souvent laisser libre cours à sa libre interprétation. Tout à la fois
spectateur et acteur du récit, il lui appartiendra de combler les vides et construire sa propre histoire en creux. Cette
ouverture narrative est d’autant plus effective que Tom Haugomat laisse ses personnages sans visages, leur en
conférant dès lors une multitude. Sensible, émouvant, plein de charme et malin, ce one shot fait passer par une
palette de ressentis à dominance mélancolique et continue à vivre en nous une fois refermé. À la fois simple
dans son concept, unique dans sa mise en pratique et universel de par son propos, cet exercice de style rappelle
l’approche singulière d’Ici de Richard McGuire et se place directement parmi les plus belles histoires dessinées de
l’année.
Rémi I. pour BoDoi.info
18Il faut oser ouvrir ce livre et s'y plonger.
À première vue, cela ressemble à une bande dessinée expérimentale, réservée à un public averti.
Mais c'est tout le contraire que propose À travers.
C'est l'histoire d'une vie et celle d'une époque, une histoire accessible à tous car sans paroles, une histoire universelle
qui deviendra celle du lecteur [...]
Ce livre nous convie à un beau voyage rythmé par les cycles de la terre autour du soleil, à lire absolument.
ActuaBD
L’originalité de l’album tient dans son principe, plus que dans son scénario. Le dessin s’exprime
à travers (sic) 4 teintes uniques (orange-roux, bleu foncé, bleu cyan et jaune paille), dénué de détails et sans contours
de formes. Minimaliste mais précis, et surtout raccord avec la fraîche singularité de ce livre-objet, qui sort largement
des sentiers battus et comblera les amateurs exigeants de 9ème art.
Benoît Cassel pour PlaneteBD.com
PRIX & Récompenses
› mention spéciale pour la catégorie fiction
(Foire de Bologne 2019)
› Talking picture award
(Foire de New York 2019)
› prix Sheriff d'or de la librairie Esprit
BD (Clermont-Ferrand)
L'ÉDITEUR
Thierry Magnier est une maison d'édition française née en 1997 et aujourd'hui installées dans le 6e arrondissement
de Paris. La société compte sept salariés et a plus de 500 titres à son actif, toutes collections confondues. C'est
depuis 2005 une filiale d'Actes Sud.
En 1997, Thierry Magnier fonde sa propre maison d'édition et choisit comme logo un petit ange plongé dans un
livre.
Jusqu'en 2005, il s'appuie sur la structure de Harmonia Mundi pour la diffusion de ses ouvrages.
À la suite de son rachat par Actes Sud, la diffusion passe après janvier 2006 chez Actes Sud, et la distribution est
assurée par Union Distribution.
À la création de la maison d'édition, la majeure partie des publications était constituée d'albums s'adressant plutôt
aux jeunes enfants. Très vite, l'offre s'est diversifiée en intégrant d'une part de nouveaux supports - les CD d'œuvres
classiques (6 titres publiés en 2000), de contes ou d'histoires parlées, et les romans adolescents.
Avec le lancement de la collection « Petite Poche », l'offre de romans a dépassé celle d'albums.
Dès 2003, une collection de romans adultes voit le jour.
Depuis, de nombreuses collections ont vu le jour, « Nouvelles », « Photoroman », « Le Feuilleton des Incos », « Grand
Roman ».
www.editions-thierry-magnier.com
19zooms thématiques
CYCLES DE
NASA ET LA VIE
CONQUèTE
SPATIALE
points de vue
Pour aller
plus loin
Podcast France Culture
https://bit.ly/2ovLNAP
NASA
Podcast Exquises Esquisses avec l'auteur https://bit.ly/2NDqkNO
https://bit.ly/2otN1ws
Interview de l'auteur pour l'éditeur Les instruments
https://bit.ly/2osy7GW d'optique
19haïkus de sibérie
Scénario date de
dessin éditeur
publication
jurga vilé lina itagaki sarbacane mars 2019
16
21L’HISTOIRE
Un roman graphique mêlant narration, collages et haïkus : incroyablement dépaysant !
La vie est belle.
Lituanie, 1941. Algis est encore un enfant quand il est déporté dans un camp sibérien.
Il raconte son quotidien où l’on croise le fantôme de son jars domestique, une chorale, des Russes impitoyables,
et même des soldats japonais !!
Avec son regard pur comme l’azur et sa fantaisie d’enfant, Algis nous fait rire, nous surprend et nous émeut.
LES AUTEURS
Jurga Vilé est née à Vilnius. En 1990, elle a treize ans quand la Lituanie proclame son indépendance. C’est avec sa
chorale qu’elle découvre, et tombe amoureuse de la France ; diplômée de la philologie française à l’Université de
Vilnius, elle part étudier le cinéma et l’audiovisuel à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). En 2000, elle part à New York où
elle fait de nombreux petits boulots, puis vit pendant 10 ans en Andalousie, où elle travaille comme traductrice. C’est
en Espagne qu’elle écrit Haïkus de Sibérie. Depuis l’été 2018, elle est revenue habiter à Vilnius avec ses deux enfants.
Elle y travaille à mi-temps comme caissière au Musée de l’art moderne, le reste du temps, elle traduit des films pour
le cinéma et écrit.
Haïkus de Sibérie est son premier livre publié.
Lina Itagaki est une illustratrice et dessinatrice de bandes dessinées et zine. En 2003, elle a obtenu un baccalauréat
en économie internationale de l'Université chrétienne internationale au Japon et en 2014, un baccalauréat en art
graphique (gravure/illustration) à
l'Académie des arts de Vilnius. Elle
participe activement à des expositions
de groupe en Lituanie et à l'étranger.
Son premier livre publié, Haïkus de
Sibérie, a été nommé pour le prix de la
principale
année au concours du livre d'art en
Lituanie et a été sélectionné comme le
plus beau livre de l'année 2017. Les
illustrations de « Un livre d'images pour
demain » ont reçu le 3e prix de
l'exposition de livres d'art « Illustration et
livres 2015 » à Vilnius, en Lituanie, ainsi
que le TOP 10 des illustrateurs au Festival
international du design de COW
« Illustration 2015 » en Ukraine.
AVIS / CRITIQUES
Le scénario de Jurga Vilé s’appuie sur les évocations d’Algis, son père revenu de l’enfer, et racontées à mots couverts
tellement il est difficile d'évoquer l’impensable. Malgré tout, si le récit de déroule dans ces terribles conditions de vie,
les horreurs sont narrées avec une âme d’enfant, souvent pleine de fantaisie, de tendresse mais également
d’insouciance.
C’est souvent triste, mais cependant Algis et ses congénères arrivent régulièrement à tourner la situation en
dérision. Le dessin de Lina Itagaki, épouse parfaitement le scénario, et les couleurs pastel permettent d’adoucir la
rudesse de l’histoire.
Ce livre s’inscrit certes dans ce que l’on appelle aujourd’hui le roman graphique mais a été réalisé comme s'il l'avait
été par son protagoniste principal, comme une sorte de journal volontairement enfantin. Des « planches » de bande
dessinée, ou plutôt des séquences de quelques cases alternent avec des lettres échangées entre les déportés en
Sibérie et ceux restés en Lituanie, alors que s'y intercalent des recettes de cuisine, des plans d’origami, etc. Nous
évoquons parfois sur ce site des albums élaborés à la manière d'un journal de voyage, cette fois c'est d'un journal de
captivité, à l'écriture et aux dessins enfantins qu'il s'agit. Cette histoire poignante qui ne pourra pas laisser le lecteur
indifférent.
Auracan.com
22Si le sujet éveille l’intérêt du lecteur curieux de découvrir ce Ce livre est en effet un très bel album. Il raconte
pan d’Histoire passé sous silence dans nos manuels d’Europe l’histoire d’habitants d’un village lituanien
occidentale, la couverture accroche également le regard. Sur déportés en Sibérie en 1941. J’ai adoré la mise en
un paysage de baraquement en bois aux couleurs ternes, page qui tient autant de la BD que de l’album
deux délicates grues blanches – des origamis – se détachent, pour enfants, avec ses sympathiques trouvailles et
d’autant plus visibles qu’un couple d’enfants blonds les ses petits détails. Les dessins sont
contemple avec une expression incertaine. Cette touche majoritairement très beaux. La présence des
lumineuse et presque incongrue flottant dans le ciel gris et haïkus est pour autant en réalité assez
pluvieux est en fait à l’image de ce que raconte ce roman anecdotique dans cette histoire. Une tante
graphique : l’exil et la survie dans un environnement hostile d’Algis, fascinée par le Japon, a pu conserver ce
et sous les coups de matons prompts à frapper, mais où, seul ouvrage, un recueil de haïkus, écrit en
en dépit de tout, certains éléments, quasiment anodins, japonais, et en transmet aux prisonniers japonais
viennent apporter réconfort et espoir – même ténus. Ainsi, sur le camp, essayant ainsi de leur donner
tout en formant une boucle, le récit présente les différents bonheur et courage. Le scénario met plutôt en
protagonistes, chacun prenant sa place au gré des avant les diverses façons qu’auront les enfants, la
réminiscences, tandis que le train s’élance et que les maîtresse, les prisonniers dans leur ensemble (en
paysages défilent, puis que la vie dans le camp sibérien dehors du groupe des mécontents) de contrer la
commence à prendre forme. La dimension tragique est tristesse et l’adversité au sein d’un terrible
palpable et montrée sans fioriture, cependant le ton possède goulag, comme cette idée de monter une
une certaine nuance distancée – due au recours d’Algis à son chorale pour occuper les enfants et apporter un
imaginaire – qui la désamorce sans jamais l’étouffer. peu de bonheur au groupe. Malgré les apparences
Le graphisme de l’album se révèle lui aussi singulier. En effet, (le dessin, l’humour, la mise en page ludique), ce
Lina Itagaki a choisi de mélanger pages narratives à la n’est pourtant pas du tout un album destiné aux
manière d'un journal intime en les agrémentant çà et là de enfants, car le propos est évidemment trop dur.
petites illustrations, et planches de bande dessinées plus Les violences faites aux déportés sont visibles, le
classiques en quatre à six cases, sans oublier quelques sang gicle, la mort est présente. Pour autant, on
tableaux en pleine page et même des lettres. La dynamique sort de cette histoire avec une très belle
du récit s’en trouve renforcée et fluidifiée, et cela confère un impression de douceur, et la certitude d’avoir
caractère très concret et d'une grande proximité au propos. rencontré de beaux personnages. J’ai également
Le trait semi-réaliste de la dessinatrice accentue volontiers pas mal appris sur cette déportation lituanienne
les particularités physiques, tout en étant aussi bien dont j’ignorais tout. Une lecture coup de cœur !
expressif. Quant à la colorisation, sa dominante grise et
hivernale est ponctuée çà et là d’un rouge sanglant ou, plus LesLecturesdAntigone.wordpress
joliment, par les touches éclatantes des chevelures blondes
ou rousses de certains protagonistes et par le magnifique
kimono de la tante Pétronelle.
D’une lecture plaisante malgré un thème difficile,
Haïkus de Sibérie est un ouvrage touchant et dépaysant.
À découvrir.
M. Natali pour BDGest.com
23Haïkus de Sibérie est une oeuvre hybride à plus d'un titre. Dans la forme déjà : le duo passe du texte aux planches
de BD, choisit parfois de raconter l'histoire pas une lettre, des schémas, ou encore une simple grande image qui dit
tout. Lina Itagaki passe d'un style à l'autre, parfois presque enfantin quand les personnages s'animent, parfois
imposant quand une vieille église surgit au cours du périple. Dans le fond aussi, l'album est hybride. Jurga Vilé
l'explique dès l'introduction : ce récit est constitué de souvenirs d'enfants. Il y a des choses qu'Algis n'a pas
comprises, des choses qu'il a mal interprétées ou mêmes qu'il a imaginées pour se préserver.
De fait, il devient difficile de différencier le vrai du faux. L'histoire devient alors comme un délire, où le désespoir d'un
petit garçon trouve corps dans les fantômes de ceux qui sont morts à ses côtés, ou dans les paroles bienveillantes
d'une postière imaginaire. J'avais peur de perdre le fil avec ce type de récit. En fait, Haïkus de Sibérie m'a accrochée
par sa spontanéité. J'avais l'impression de lire directement dans les pensées d'Algis. Le récit est dur, mais atténué
par la douceur et la naïveté du personnage principal. Il en devient encore plus terrible quand la réalité le frappe de
plein fouet.
Pour moi, Haïkus de Sibérie est une belle surprise. La forme m'inquiétait un peu, j'ai finalement été happée par ce
récit de vie. L'histoire se lit plutôt facilement grâce à l'optimisme imperturbable de son personnage principal : elle
réchauffe parfois le coeur, et parfois le glace au contraire.
9emeArt.fr
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HISTOIRE
DE
LA LITUANIE
CULTURE
ET
HUMANITé
L'ÉDITEUR
Sarbacane est une maison d’édition indépendante, créée en 2003 par Frédéric Lavabre, directeur de création
diplômé de l’ESAG-Penninghen, collaborateur notamment, via son agence de création graphique Sarbacane
Design, de Pierre Marchand (collection les Racines du savoir).
À la direction éditoriale, il choisit Emmanuelle Beulque, traductrice du russe et de l’anglais, alors également éditrice
free-lance en jeunesse et pratique.
S’intéressant pour commencer au rapport texte/images, les éditions Sarbacane ont composé un catalogue
d’albums pour les enfants où la primauté est donnée au texte et au sujet.
Pour les créateurs de la maison, le texte, le propos et l’histoire sont en effet trop souvent les « parents pauvres »
d’albums séduisants sur le plan visuel, mais décevants côté lecture, et de surcroît, pas toujours très parlants ni
suffisamment attachants pour leur premier public, à savoir les enfants.
Leur volonté est donc dès le départ de remettre l’enfant – et la lecture – au cœur du projet éditorial.
24Puis la maison d’édition a ouvert son catalogue aux romans. En novembre 2006, Tibo Bérard, directeur de la
collection, publie des romans qui s'adressent aux grands adolescents et aux jeunes adultes, à travers le label
« Exprim’ ».
En 2007 est amorcé un catalogue BD, proposant des albums pour enfants et pour adultes.
Une collection de « mini-romans », pour les 12-14 ans, voit le jour en août 2010 : des textes brefs et denses destinés à
être lus d’une traite.
Les éditions Sarbacane ne travaillent pas sur des albums formatés : c’est un éditeur de création, les formats
proposés sont différents les uns des autres, changent la perception du livre et l’envie d’y venir et d’y revenir –
comme le choix du papier, le style des images ou le propos lui-même.
www.editions-sarbacane.com
Pour
aller
plus loin
Haïku
https://bit.ly/2n7RSDj
Témoignage d'un déporté
Déportations soviétiques de Lituanie https://bit.ly/2o1NHJC
https://bit.ly/2oF20nola ligue des
super féministes
Scénario date de
éditeur
& dessin publication
mirion malle la ville brûle
janvier 2019
27L’HISTOIRE
La ligue des super féministes est la première BD jeunesse réellement féministe. Elle s’adresse aux enfants dès 10
ans et aborde des thèmes inédits en jeunesse : la représentation, le sexisme, le consentement, le corps des filles,
les notions de genre et d’identité sexuelle...
Les chapitres sont complétés par des pages d’outils théoriques indispensables à tout âge (argumentaires, test
de Bechdel...) qui font de cette BD un véritable petit guide d’autodéfense féministe, salutaire à l’âge où
s’installent les stéréotypes sexistes.
L'AUTEUR
Mirion Malle, née le 7 juin 1992 en Charente-Maritime, est une dessinatrice de bande dessinée française vivant à
Montréal. Elle se fait connaître grâce à son blog BD féministe Commando Culotte où elle expose, à partir de 2011, son
quotidien, avant de se consacrer aux clichés concernant la représentation des minorités dans les films et les séries
télévisées.
Elle commence le lycée en filière scientifique pour finalement passer son bac littéraire tout en suivant les classes
européennes. Elle continue Hypokhâgne, Khâgne option théâtre à Toulouse. Elle valide sa licence d'études
théâtrales à la Sorbonne de Paris. Elle continue avec trois ans d'étude à l'École supérieure des arts de Saint-Luc, à
Bruxelles, en classe de bande dessinée. Elle poursuit un master de sociologie et anthropologie avec une spécialité
en genre. Durant cette période, elle y analyse la question du genre chez les scénaristes de séries télévisées et les
poursuit sur son blog Commando Culotte qu'elle maintient depuis 2013.
28AVIS / CRITIQUES
Un album qui devrait être dans
toutes les écoles de France et de
Navarre !
Après Commando Culotte, Mirion
Malle revient nous expliquer le
féminisme avec beaucoup d'humour,
de pédagogie et de bienveillance. Un
album très intelligent à mettre entre
toutes les mains, même les petites
puisqu'il est accessible dès 10 ans !
Dans le livre, Mirion Malle s’adresse à deux enfants, un garçon et Julie pour BDFugue.com
une fille, et leur démontre qu’il existe des inégalités entre les filles
et les garçons. Elle prend des exemples concrets, notamment issus « On veut la fin des inégalités entre
de la pop culture. Ainsi, on ne peut incarner un personnage filles et garçons. Pour ça, il faut des
féminin dans le jeu vidéo Pokémon que depuis quelques mois ! outils intellectuels. Youpi. » Tel est le
Pourquoi les filles incarnent-elles le plus souvent des rôles de programme de cette Ligue des super
princesses et pourquoi pas des rôles de chevalières ou féministes, qui s’attelle justement à
d'aventurières ? Mirion Malle ne dénigre pas le fait d'aimer les fournir quelques clefs de
histoires de princesses, mais elle montre que les filles ne devraient compréhension. Représentation des
pas avoir de limites dues à leur seul sexe. femmes au cinéma, écriture inclusive,
Au cours de la BD, Mirion Malle explique clairement le test de relations amoureuses, discriminations,
Bechdel, l'écriture inclusive, le consentement et les privilèges sous intersexualité… Avec sa ligne
la forme d'une page concise et précise. L’autrice parle de la minimaliste et ses mises en page
nécessaire solidarité entre les filles : « On n’est pas obligées d’aimer s’affranchissant du carcan des cases,
toutes les filles comme individus mais c’est important de se la dessinatrice adopte un ton direct
soutenir comme groupe pour mieux résister ! ». Il est salutaire de bien adapté pour les enfants arrivant
trouver un tel discours dans la littérature ! Elle aborde au collège, dans de courts chapitres
l'intersectionnalité, un sujet rarement traité de manière générale. qui pourraient même servir de base
Mais surtout, elle montre tout au long des pages la diversité de la à des débats en classe. Attention, on
société. Mirion Malle met en scène des personnes blanches et de est bien dans un livre engagé, avec
couleur, des personnes grosses et d’autres minces, des personnes parfois un côté militant à prendre avec
avec des coupes afro et d’autres qui sont voilées. Elles parle des du recul : mais ces sujets-là se doivent
hétéros mais aussi des homosexuels. Elle met en lumière le fait d’être abordés dès que possible avec
qu'il existe des groupes de personnes qui en dominent d'autres, les plus jeunes, pour éviter la
et ce selon des critères parfaitement arbitraires. « Les Blanc.he.s reproduction future des clichés et
ont utilisé des théories racistes qui disaient que les personnes des violences sexistes. Et cet album y
non-blanches étaient inférieures pour justifier l'esclavage et aidera.
l'exploitation des peuples dans les pays colonisés d'Afrique par Télérama.fr
exemple. Ces théories sont fausses et n’ont aucune base
scientifique : il n’y a qu’une race humaine. Pourtant, aujourd’hui,
les Blanc.he.s sont toujours avantagé.e.s et privilégié.e.s ! ».
Le ton de Mirion Malle est direct et décomplexé tant au niveau du
texte que des illustrations. La ligue des super féministes est une
bouffée d'air frais dans le paysage de la BD jeunesse et on peut
conseiller le livre dès 10 ans, aux filles bien sûr, mais aussi aux
garçons. En effet, Mirion Malle ne veut exclure personne et les
adultes trouveront également leur compte dans cette lecture !
C'est une BD au ton vif et dynamique, c'est une BD engagée qui
permet d'y voir plus clair et de mieux comprendre des sujets
essentiels à un âge où les stéréotypes s'ancrent déjà dans les
comportements. Car c'est en éduquant, en expliquant que les
commentaires et les violences sexistes pourront diminuer. Mirion
Malle invite à aiguiser son regard, à être plus critique et tolérant,
à coopérer aussi, et ce, dès l'enfance... La lecture de cette BD peut
aider à modifier des réflexes ancrés dans les esprits depuis
longtemps.
Gaëlle Farre pour Ricochet-jeunes.org
29L'ÉDITEUR
Les éditions La Ville brûle existent depuis janvier 2009. Au fil de ces années, leur ligne éditoriale a évolué et s'est
élargie. Le cœur de leur catalogue est toujours formé d'essais en sciences et SHS, mais elles s'autorisent à présent
des incursions dans d'autres champs. Essais, jeunesse, littérature, poésie, livres-objets, bande dessinée et même
beaux-livres... il existe tant de manières de dire le monde, et d'agir sur lui !
En janvier 2019, elles ont rejoint le collectif d’éditeurs indépendants réuni autour des éditions Anne Carrière :
ensemble pour mieux publier.
www.lavillebrule.com
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FéMINISME RELATION
ESPRIT CRITIQUE HOMMES
émancipation FEMMES
Pour aller
plus loin
Féminisme & histoire du
Podcast Le Gaufrier avec Mirion Malle féminisme
https://bit.ly/2o1TLBS https://bit.ly/2n7U11P
Le compte instagram de l'autrice Test de Bechdel
https://bit.ly/2oLxTKR https://bit.ly/2ps3bqzle fils de l'ursari
Scénario
xavier- dessin couleurs
laurent cyrille pomès isabelle merlet
petit
date de
éditeur
publication
rue de sèvres avril 2019
31L’HISTOIRE
Quand on est le fils d’un montreur d’ours, d’un Ursari comme on dit chez les Roms, on sait qu’on ne reste jamais
bien longtemps au même endroit.
Harcelés par la police, chassés par des habitants, Ciprian et sa famille ont fini par relâcher leur ours et sont partis
vers une nouvelle vie à Paris où, paraît-il, il y a du travail et plein d’argent à gagner.
Cependant leurs rêves se fracassent sur une réalité violente.
À peine installés dans le bidonville, chacun se découvre un nouveau métier.
Daddu, le montreur d’ours, devient ferrailleur, M’man et Vera sont mendiantes professionnelles, Dimetriu, le
grand frère, est « emprunteur » de portefeuilles et Ciprian son apprenti.
Un soir, Ciprian ne ramène rien de sa « journée de travail ».
C’est qu’il a découvert le paradis, le jardin du « Lusquenbour » où il observe en cachette des joueurs de
lézecheck. Le garçon ne connaît rien aux échecs mais s’aperçoit vite qu’il est capable de rejouer chaque partie
dans sa tête. C’est le début d’une nouvelle vie pour le fils de l’Ursari.
LES AUTEURS
Xavier-Laurent Petit est né en 1956.
Après des études de philosophie, il devient instituteur puis directeur d’école, mais reste avant tout un passionné de
lecture. Une passion qui le conduit à franchir le pas de l’écriture avec deux romans policiers en 1994 et, à l’école des
loisirs en 1996, Colorbelle-ébène qui reçoit le prix Sorcières. Suivent d’autres romans pour la jeunesse, pour la plupart
ancrés dans l’actualité.
À l’origine de ses récits, il y a ainsi souvent un article de presse qui a retenu son attention.
Il nous entraîne aux quatre coins du monde dans des aventures aux intrigues soutenues.
Là où les médias se concentrent plus sur les événements, lui s’attache à la personnalité d’adolescents confrontés à
des situations complexes : la guerre et l’enrôlement des jeunes dans l’armée (Be safe), la pauvreté et le travail des
enfants (Maestro), la question de l’environnement à travers la construction d’un barrage (L’Attrape-rêves), le
parcours d’un jeune Rom à Paris (Le Fils de l’Ursari).
32Cyrille Pomès est diplômé de l'E.E.S.I d'Angoulême en 2003.
Depuis il a publié cinq albums de BD, dont À la lettre prés chez Albin Michel en 2005, Chemins de fer en 2009,
Sorties de route en 2011, et enfin Le Printemps des arabes et La dame de Damas, en collaboration avec
Jean-Pierre Filiu, aux éditions Futuropolis en 2013 et 2015.
Il travaille régulièrement en tant que reporter BD pour de la Revue Dessinée, Arte et Amnesty International. Plus de
nombreuses participations à des albums collectifs, à des travaux de commande pour l'illustration et l'animation, et
des carnets réalisés lors de plusieurs voyages en Asie et au Moyen Orient.
AVIS / CRITIQUES
Si les quelques facilités dans l'intrigue et un côté
sombre volontairement minimisé permettent une
lecture pour les plus jeunes, les adultes
apprécieront également l'universalité des thèmes
et l'angle original sous lequel ils sont abordés. À
travers le regard de l'enfant, la qualité du texte
dégage une réelle force émotionnelle, distillée
sans misérabilisme, mais avec innocence et espoir.
Aux problèmes lourds des migrants, du racket
et du racisme se mêlent des sujets inattendus
et légers comme les échecs. Le personnage du
garçon apporte un joli vent de fraîcheur avec son
caractère solaire : volontaire, bienveillant, curieux, il
a tout d'un homme bon.
Le graphisme parait brouillon de prime abord,
avec un trait lâché, tremblotant et caricatural
cependant, la spontanéité du style d'Isabelle
Merlet accorde légèreté et un brin d'humour qui
permettent d'alléger le contexte de l'histoire.
Peut-être trop beau pour être vrai, néanmoins, une
dose d'espoir et d'optimisme ne sera jamais de
trop. Le fils de l'ursari offre le portrait d'un môme
attachant dans un milieu difficile. Une agréable
surprise.
L. Moeneclaey
Adaptation d’un roman jeunesse de Xavier-Laurent Petit, Le Fils de l’Ursari est un gros volume à destination
des lecteurs dès 10 ans, plein de rebondissements et d’émotions, dans un décor contemporain. Les thèmes
du déracinement, de l’identité, des migrations, de la xénophobie, du travail des enfants, du mal logement, de
l’illettrisme, sont abordés avec sobriété et sérieux, au fil d’une intrigue qui parvient à ne pas tomber pas dans le
misérabilisme en prenant le chemin de l’espoir. Celui de l’école de la République et de la mise en relief des talents
de chacun, ici les échecs (on observera l’intéressant paradoxe sémantique du mot « échec »). Cyrille Pomès croque
à merveille son Ciprian aux allures de pantin à la tête trop grosse, grosse comme son envie de découvrir le monde.
Mais aussi Paris, son luxe qui masque sa crasse, son clinquant qui fait oublier la misère à deux pas. Les couleurs
d’Isabelle Merlet font beaucoup dans la réussite de ce projet, jamais belles gratuitement, toujours dans la matière,
la texture, la lumière justes. La vie, en somme. Et c’est de vie que regorge ce beau et touchant livre, à mettre entre
toutes les mains.
Benjamin Roure pour BoDoi.info
33L'ÉDITEUR
Rue de Sèvres, filiale de L'École des loisirs, est créée en 2013, lorsque Jean Delas cède sa place à la tête de
l'entreprise familiale à son fils, Louis Delas, jusqu'alors directeur de Casterman.
Ce dernier, convaincu de la nécessité pour la maison d'édition mère de s'ouvrir à d'autres genres, fonde cette
branche spécialisée dans la publication de bandes dessinées : « L'École des loisirs pouvait, et devait, se développer.
La bande dessinée est dans la continuité naturelle de l'édition jeunesse ».
Rue de Sèvres publie ses premiers ouvrages début septembre 2013. Parmi ceux-ci figure Une histoire d'hommes, un
récit original de Zep, l'auteur de Titeuf.
Le premier tirage de ce roman graphique, racontant les retrouvailles désabusées des anciens membres d'un groupe
de rock, est de 115 000 exemplaires, dont 75 000 sont vendus un an plus tard. Sort également une œuvre inédite de
Mari Yamazaki, Giacomo Foscari, dans un format plus grand que l'original et un sens de lecture occidental afin de
s'adapter au public français.
Louis Delas cherche à concentrer la publication sur un nombre réduit d'œuvres :
« Nous avons des grands auteurs, comme Zep, mais aussi des auteurs de notoriété moyenne, de la BD jeunesse, de
la BD ado-adultes, du tout public... »
Charlotte Moundlic, directrice artistique et responsable éditoriale, affirme la rigueur de la sélection :
« On reçoit énormément de propositions, entre 5 et 10 projets par semaine.
On lit tout attentivement et nous-mêmes, pas question de passer à côté d'un trésor.
Mais on est très sélectifs. On rêverait de construire un catalogue à l'image de l'école des loisirs.
Ce qu'on aimerait, c'est constituer un fond, que nos livres deviennent des classiques. Un peu comme les albums ou
les romans jeunesse de l'école des loisirs. »
www.editions-ruedesevres.fr
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IMMIGRATIOn
ADAPTation
ExIL
littéraire
JEU ET
EXPLOITATION
émancipation DE L'HOMME
pAR L'homme
POUR ALLER
PLUS LOIN
Emission Bulles de BD - France Inter
https://bit.ly/2psoatl
L’apprentissage et
Le roman original l’émancipation par le jeu
https://bit.ly/2o2EGzZ https://bit.ly/2pxBLj7
https://bit.ly/2oDVnSq
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