Terre-de-Haut (Guadeloupe). Site de la passe de la Baleine, Anémone, Les Saintes - OpenEdition Journals

 
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Terre-de-Haut (Guadeloupe). Site de la passe de la Baleine, Anémone, Les Saintes - OpenEdition Journals
Archéologie médiévale
                          49 | 2019
                          Varia

Terre-de-Haut (Guadeloupe). Site de la passe de la
Baleine, Anémone, Les Saintes
Jean-Sébastien Guibert, Andrea Poletto et Franck Bigot

Édition électronique
URL : http://journals.openedition.org/archeomed/24699
ISSN : 2608-4228

Éditeur
CNRS Éditions

Édition imprimée
Date de publication : 20 décembre 2019
Pagination : 373-374
ISBN : 978-2-271-13126-3
ISSN : 0153-9337

Référence électronique
Jean-Sébastien Guibert, Andrea Poletto et Franck Bigot, « Terre-de-Haut (Guadeloupe). Site de la
passe de la Baleine, Anémone, Les Saintes » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne],
49 | 2019, mis en ligne le 03 février 2020, consulté le 16 mars 2020. URL : http://
journals.openedition.org/archeomed/24699

Ce document a été généré automatiquement le 16 mars 2020.

Archéologie Médiévale
Terre-de-Haut (Guadeloupe). Site de la passe de la Baleine, Anémone, Les Saintes   1

    Terre-de-Haut (Guadeloupe). Site de
    la passe de la Baleine, Anémone, Les
    Saintes
    Jean-Sébastien Guibert, Andrea Poletto et Franck Bigot

1   La seconde année de fouille pluriannuelle sur l’épave de la Passe de la Baleine a été
    riche en termes de résultats. L’étude a permis l’identification des vestiges de la coque.
    L’étude de la culture matérielle confirme les analyses réalisées les années précédentes.
    Les objectifs sont désormais d’étudier la partie centrale de l’épave et de mettre en
    évidence l’emplanture du mât et le maître couple dans le cadre de la prochaine et
    dernière année de fouille pluriannuelle.
2   Les sondages SD5 et SD6, ouverts à l’avant, ont permis d’étudier les caractéristiques du
    flanc avant tribord de l’épave (quille, couples de levée, couples de remplissage,
    vaigrage, doublage en cuivre) (fig.) ainsi que de continuer à documenter la culture
    matérielle de l’épave par l’étude des artefacts et de leurs fonctions. La couverture
    photogrammétrique s’est poursuivie cette année avec le relevé des sondages SD5 et SD6
    et leur calage avec celle réalisée en 2017. Une synthèse à propos de Guillotin, le
    capitaine de l’Anémone, complète l’étude historique réalisée au cours des années
    précédentes.
3   Campagne après campagne, les preuves de l’identification du site de l’épave de la Baie
    des Saintes se sont accumulées : l’expertise du Drassm en 2002 (L’Hour Masy 2002) la
    caronade mise en évidence en 2015 (Guibert et al. 2015), les structures de la coque
    étudiées en 2016 dont certaines caractéristiques renvoyaient explicitement à la
    documentation d’archive (Guibert et al. 2016), le mobilier archéologique prélevé sur
    l’épave au fur et à mesure des sondages, et enfin les résultats de l’étude sur la
    construction navale en 2017 et 2018 (Guibert et al. 2017 ; 2018). L’ensemble de ces
    indices forme un tout homogène et cohérent pour identifier de manière définitive les
    vestiges de l’épave en cours d’étude comme étant ceux de l’Anémone. Il ne reste plus
    que les résultats de l’étude xylologique en cours qui devraient confirmer ce qui semble
    désormais évident.

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4   La méthodologie de l’étude de la culture matérielle s’est affinée au cours des
    campagnes (méthode de comptage et de comparaison, utilisation d’une chaussette pour
    étudier les rejets d’aspirateur à sédiments en surface). Les résultats obtenus cette année
    confirment ceux des années précédentes aussi bien en matière de chronologie que de
    fonction. Une pompe de fût et des petits objets rarement étudiés ont été découverts au
    cours de la campagne 2018 (perle, coq de montre, roue dentée, pile à godets). Même si
    le site a été pillé, sûrement à plusieurs reprises et de manière assez longue, les
    méthodes mises en œuvre permettent de distinguer précisément les grands ensembles
    fonctionnels : carré des officiers à l’arrière, cales et soutes à voiles à l’avant. Le mobilier
    archéologique renvoie à la vie quotidienne à bord d’une goélette de la Marine royale en
    1823-1824 et à ce titre forme une collection homogène pouvant servir de base de
    référence à l’étude d’autres épaves. Le site recèle, pour l’instant, de pièces peu connues
    et peu documentées (four, marmites, barre de manœuvre, gouvernail et pentures) qu’il
    serait peut-être intéressant de prélever dans une perspective de mise en valeur
    patrimoniale.
5   L’étude de la construction navale résultant, cette année, d’une confrontation poussée
    des observations et analyses archéologiques aux données archivistiques, confirme les
    premières analyses et observations réalisées en 2016 et 2017. Les méthodes mises en
    œuvre rendent compte de manière précise, à partir des vestiges du flanc tribord de
    l’épave, des techniques de construction navale en cours à Bayonne dans les années
    1820. Les structures longitudinales et transversales sont conservées depuis le galbord
    bâbord et la quille sur une extension de 3 m au flanc tribord. La quille entièrement
    doublée mesure 20 cm de large et 28 cm de haut avec sa râblure. Elle est complétée par
    une fausse quille de 8 cm de haut. La carlingue est identifiée mais trop endommagée.
    Sous les pieds de varangue la contre-quille a pu être observée ainsi que les clés situées
    entre ceux-ci. Le galbord bâbord présente la particularité d’être aménagé d’un
    rombaillet, tandis que 16 vaigres ont été étudiées sur le flanc tribord. Les Va 107 et 108
    constituent une serre d’empatture. Des éléments de structures internes, sûrement en
    position secondaire, se superposent au vaigrage. Les 23 membrures répertoriées ont
    pour section 12 cm de large et 11 à 15 cm d’épaisseur du pied des varangues à la
    jonction entre 1re et 2 de allonge. On observe deux types fonctionnels de couple : les
    couples de remplissage en simple épaisseur et le couple de levée en double épaisseur
    selon un rythme régulier, identique à celui mis en évidence les années précédentes. Des
    clés sont placées sur la contre-quille et servent à caler les membrures, elles sont
    rentrées par force et ne sont pas fixées aux autres structures. Les fixations axiales et
    latérales sont en métal, aucune gournable n’a été observée.
6   L’étude est enrichie par la documentation d’archive conservée au Service historique de
    la Défense (SHD) et permet une connaissance approfondie des caractéristiques des
    goélettes construites selon le plan type Anémone : charpente de la coque,
    aménagements de la cale et du système d’écoulement des eaux usées. Les structures de
    l’emplanture du mât de misaine n’ont en revanche pas été retrouvées. L’approche
    comparative a permis de proposer la correspondance entre les vestiges observés et le
    plan type et d’identifier de manière définitive les vestiges en présence comme étant
    ceux d’une goélette construite en 1823 et par conséquent ceux de l’Anémone, la seule
    de ces unités naufragée aux Saintes selon les archives (Boudriot 1989 ; Guibert 2013).
7   Ces renseignements riches et variés complètent de manière significative les données
    recueillies par J. Boudriot en 1989 (Boudriot 1989). La confrontation avec les sources

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    ethnographiques, notamment la maquette de la Topaze conservée dans les collections
    du Musée de la Marine, permet de continuer la comparaison commencée en 2016 avec
    la documentation d’archive émanant des différents chantiers ayant construit ces unités
    tout en suivant le plan type de 1823. Si les écarts mis en évidence sont pour l’instant
    peu significatifs, il en existe, en particulier les garnitures dont l’existence est réduite à
    des clés sur l’épave et dont la présence massive sur la maquette retient l’attention. Il
    faut toutefois noter les caractéristiques des membrures dont le rythme est similaire
    entre le plan type, la maquette et les vestiges.
8   Nous avions laissé de côté la biographie d’Alexandre Louis Guillotin pour nous
    concentrer sur l’équipage de l’Anémone. L’étude proposée cette année vient combler
    cette lacune tout en replaçant l’histoire familiale des Guillotin dans les différents
    contextes qu’elle a connus entre le XVIIIe et le début du XIXe s. : Ancien Régime, période
    révolutionnaire, Empire puis Restauration. Les enseignements de cet apport sont tout à
    fait éclairants sur les stratégies matrimoniales et les réseaux d’alliances que l’on peut
    voir transparaître à travers cet exemple. Il en est un autre qui confirmerait ici
    l’hypothèse de l’erreur humaine : le peu d’expérience de la navigation aux Antilles de
    Guillotin étonne et pourrait être à l’origine de mauvais choix et décisions lors de
    l’ouragan de septembre 1824 alors que l’Anémone hiverne aux Saintes.
9   À ce stade de l’étude se pose la question de la mise en valeur patrimoniale du site
    archéologique et du mobilier provenant de ce site. Plusieurs pistes sont ouvertes et ne
    demandent qu’à être explorées : le rôle de navire du domaine impliqué dans la lutte
    contre le commerce clandestin d’esclaves n’est pas anodin. Cet aspect pourrait servir à
    la fois dans la politique de médiatisation entreprise par la région Guadeloupe au sein du
    Memorial ACTe ou dans une autre perspective au sein du programme « Route de
    l’esclave » développé par le conseil général de la Guadeloupe.

    Archéologie médiévale, 49 | 2019
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Terre-de-Haut, site de la passe de la Baleine, Anémone, Les Saintes, sondages SD5 et SD6 en cours
de fouille.

Cl. O. Bianchimani

INDEX
Année de l'opération : 2017, 2018
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AUTEURS
JEAN-SÉBASTIEN GUIBERT
Université des Antilles AIHP GEODE EA 929

Archéologie médiévale, 49 | 2019
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