Y A-T-IL ENCORE UN MÉDECIN DANS LA SALLE ? - La santé à l'heure du numérique une production du DIGITAL SOCIETY FORUM - Orange Healthcare

 
Y A-T-IL ENCORE UN MÉDECIN DANS LA SALLE ? - La santé à l'heure du numérique une production du DIGITAL SOCIETY FORUM - Orange Healthcare
Y A-T-IL ENCORE UN MÉDECIN DANS LA SALLE ? La santé à l’heure du numérique

                                                                             Y A-T-IL ENCORE UN
                                                                             MÉDECIN DANS LA SALLE ?
                                                                             La santé à l’heure du numérique
     DIGITAL SOCIETY FORUM

                                                                             une production du DIGITAL SOCIETY FORUM

                                                                01_DSFsanté_Couverture v 19.indd 1                     11/05/2018 18:37
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ÉDITO

                                       Cet ouvrage est une production du Digital Society
                                  Forum issue du débat qui s’est tenu le mardi 19 décembre
                                  2017 au Muséum national d’Histoire naturelle. Le fruit de
                                  ces échanges croisés a été diffusé via le site web du Digital
                                  Society Forum, et la retranscription suivante en offre une
                                  version adaptée, augmentée et illustrée. Le thème abordé :
                                  la santé à l’heure du numérique avec son impact sur l’accès
                                  et la qualité des soins ; son apport pour la prévention et
                                  la recherche ; ses conséquences pour les praticiens, les
                                  institutions et organismes de santé, interroge plus largement
                                  notre rapport au progrès, à la technique et aux données.

                                      Le débat s’est ouvert sur une présentation de la
                                  cinquième étude de l’Observatoire du Numérique BVA/
                                  Digital Society Forum par Laurent Bigorgne, Directeur
                                  de l’Institut Montaigne. Audrey Pulvar, Présidente de la
                                  Fondation pour la Nature et l’Homme, a ensuite conduit
                                  les échanges entre Martin Hirsch, Directeur général
                                  de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Thomas
                                  London, Président du Healthcare Data Institute, Sophie
                                  Boissard, Directrice générale du groupe Korian, Stanislas
                                  Niox-Chateau, Fondateur de Doctolib, Guillaume Leroy,
                                  Président-directeur général de Sanofi Aventis France, et
                                  Stéphane Richard, Président-directeur général d’Orange.

                                      Un entretien avec le Dr. Cécile Monteil, médecin et
                                  entrepreneur, ouvre la séquence consacrée aux réactions des
                                  participants.

                                                                                                        3

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Y A-T-IL ENCORE UN MÉDECIN DANS LA SALLE ? - La santé à l'heure du numérique une production du DIGITAL SOCIETY FORUM - Orange Healthcare
Y A-T-IL ENCORE UN
                             MÉDECIN DANS LA SALLE ?
                             La santé à l’heure du numérique

                                                                                    SOMMAIRE

                             Introduction du Forum par Stéphane Richard                           8

                             Première partie                                                    10
                             Les Français, la santé et le numérique
                             5e étude de l’Observatoire du Numérique BVA / Digital Society Forum,
                             présentée par Laurent Bigorgne

                             Deuxième partie                                                    18
                             Table ronde
                             Santé et numérique : entre promesses et défis

                             Troisième partie                                                   44
                             L’entretien
                             Cécile Monteil : « Il faut complètement changer le système »

                             Quatrième partie                                                   50
                             Paroles libres
                             Des freins qui restent à lever

                                                                                                             5

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LES INTERVENANTS

             Audrey Pulvar                     Stéphane Richard                  Laurent Bigorgne                  Sophie Boissard
             Présidente de la Fondation pour   Président-directeur général       Directeur de l’Institut           Directrice générale du
             la Nature et l’Homme              d’Orange                          Montaigne                         groupe Korian

             Audrey Pulvar commence            Stéphane Richard est              Laurent Bigorgne dirige           Sophie Boissard est directrice
             sa carrière à Paris en 1992       Président-directeur général       l’Institut Montaigne depuis       générale du groupe Korian
             en presse professionnelle,        d’Orange et rejoint le groupe     2011. Sous son impulsion,         depuis le 26 janvier 2016.
             tout en achevant sa               Orange en septembre 2009          l’Institut a largement            Elle a lancé en septembre
             formation à l’École               et a exercé successivement        renouvelé les formes de sa        dernier la Fondation
             supérieure de journalisme         les fonctions de directeur        contribution au débat public      Korian pour Le Bien vieillir
             (ESJ) de Paris, dont elle         général adjoint chargé des        à travers des opérations          afin de contribuer à une
             sort major de promotion en        Opérations France, de             inédites : le chiffrage des       meilleure connaissance
             1994. Journaliste reporter        directeur général délégué et      programmes des candidats          des problématiques liées
             d’images de 1994 à 1997           de directeur général. Entre       lors des deux dernières           au vieillissement et à
             en Martinique, elle devient       1992 et 2003, Stéphane            élections présidentielles ;       l’allongement de l’espérance
             rédactrice en chef, puis          Richard a été successivement      une conférence de citoyens        de vie, et favoriser l’inclusion
             directrice de l’information de    adjoint du directeur financier    sur notre système de santé à      et le développement du
             la chaîne Antilles Télévision     de la Compagnie générale          l’automne 2012 ; un testing       lien entre les générations
             de 1997 à 2002. De retour à       des eaux (CGE), directeur         sur les discriminations           à l’échelle des territoires.
             Paris, Audrey Pulvar collabore    général de la Compagnie           religieuses à l’embauche ou       Sophie Boissard a assuré
             avec une quinzaine de médias      immobilière Phénix (CIP) et       encore plusieurs enquêtes sur     des fonctions au Conseil
             nationaux français en radio,      président de la Compagnie         les banlieues en France. Il a     d’État, au ministère du
             télévision et presse écrite,      générale d’immobilier et de       enseigné avant de travailler à    Travail et des Affaires
             dont France 3, France 2,          services (CGIS) devenue           la direction de Sciences Po de    sociales, et au ministère de
             France Inter ou encore le         Nexity. Entre 2003 et 2007, il    2000 à 2008. Il est aujourd’hui   l’Économie et des Finances.
             groupe Canal+ et le journal       était directeur général adjoint   administrateur du lycée           En 2008, elle a rejoint le
             Les Inrockuptibles. Militante     de Veolia Environnement           international de Londres          groupe SNCF et se voit
             féministe depuis toujours,        et directeur général de           Winston-Churchill et              confier, entre 2012 et 2014,
             elle est l’auteure de plusieurs   Veolia Transport, ainsi           président de deux associations    la charge de la stratégie et
             ouvrages dont Libres comme        qu’administrateur d’Orange.       qui œuvrent dans le champ         du développement du groupe
             elles (La Martinière, 2014)       De 2007 à 2009, Stéphane          éducatif : Agir pour l’école et   SNCF à l’international.
             et La Femme (Flammarion,          Richard était directeur           Teach for France. Il est aussi    Ancienne élève de l’École
             2016). Le 28 juin 2017,           de cabinet du ministre de         co-auteur, avec Alice Baudry      nationale d’administration
             elle est élue présidente de       l’Économie, de l’Industrie        et Olivier Duhamel, du livre      (ENA), elle est faite chevalier
             la Fondation pour la Nature       et de l’Emploi. Stéphane          Macron, et en même temps...       de l’ordre national du Mérite
             et l’Homme, ex-Fondation          Richard est diplômé de            (Plon, 2017).                     en novembre 2011 et chevalier
             Nicolas-Hulot.                    l’École des hautes études                                           de la Légion d’honneur
                                               commerciales (HEC)                                                  en avril 2016.
                                               et de l’École nationale
                                               d’administration (ENA).

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Martin Hirsch                       Guillaume Leroy                    Thomas London                       Stanislas Niox-Chateau
             Directeur général de l’Assistance   Président-directeur général de     Président du Healthcare Data        Cofondateur et CEO de Doctolib
             publique-Hôpitaux de Paris          Sanofi Aventis France, directeur   Institute
                                                 général Médecine Générale                                              Né en 1987 à Paris, Stanislas
             Martin Hirsch est directeur         France                             Thomas London est                   Niox-Chateau a d’abord mené
             général de l’Assistance                                                président du Healthcare             une carrière prometteuse
             publique-Hôpitaux de Paris          Guillaume Leroy assume             Data Institute, think tank          dans le tennis professionnel :
             (AP-HP) depuis novembre             depuis le 1er octobre              dédié au développement des          sélectionné et formé par
             2013. Entre 1981 et 1986,           2017 la responsabilité de          usages de la donnée de santé.       la Fédération française de
             Martin Hirsch a suivi des           coordonner l’ensemble              Il est par ailleurs responsable     tennis, il est six fois vainqueur
             études de médecine. Il est reçu     des activités de Sanofi en         des pôles Santé et Secteur          des Championnats de Paris.
             à l’École normale supérieure        France et représente à ce          public chez McKinsey &              Après une grave blessure au
             (ENS), puis entre à l’École         titre l’entreprise auprès des      Company France et codirige          dos, il est contraint de ranger
             nationale d’administration          autorités françaises et des        ses activités en Europe. Il         sa raquette pour se concentrer
             (ENA – promotion Jean               organisations professionnelles.    travaille auprès d’un large         à nouveau sur ses études.
             Monnet) avant d’intégrer le         Guillaume Leroy a acquis           éventail d’institutions avec        Diplômé de l’École des
             Conseil d’État. En 1997, il est     une expérience de plus de          lesquelles il aborde divers         hautes études commerciales
             nommé directeur de cabinet          vingt ans dans l’industrie de      sujets stratégiques à l’échelle     (HEC), il participe au
             du secrétaire d’État à la Santé     la santé où il a occupé des        de systèmes de santé :              lancement et travaille pour
             et conseiller au cabinet de la      fonctions de direction dans        organisation de l’offre de soins,   plusieurs plateformes de
             ministre de l’Emploi et de          5 pays. Guillaume Leroy            performance hospitalière,           réservation dans différents
             la Solidarité. En 2007 il est       est docteur en pharmacie           recherche biomédicale,              secteurs. Doctolib est sa
             nommé, dans le gouvernement         (université de Rouen) et           e-santé, open data,                 toute dernière aventure. Il a
             de François Fillon, Haut-           titulaire d’un master en           systèmes d’information…             cofondé l’entreprise en octobre
             Commissaire aux solidarités         marketing pharmaceutique           Il accompagne de nombreux           2013 avec ses associés Ivan
             actives contre la pauvreté          à l’ESCP. Il possède un            établissements de santé             Schneider et Jessy Bernal.
             (2007-2010), puis Haut-             Executive MBA en Business          dans leur transformation            En seulement quatre ans,
             Commissaire à la jeunesse           et Finances de la Wharton          et conseille par ailleurs des       Doctolib est devenu le
             (2009-2010). Parallèlement,         School (Université de              industriels de la santé dans        leader européen de la prise
             il s’engage activement dans         Pennsylvanie et INSEAD             la définition de stratégies         de rendez-vous médicaux
             la lutte contre la pauvreté et      à Fontainebleau). Il a été         globales. Thomas London fait        en ligne, grâce à une équipe
             la promotion de la solidarité,      conseiller du Commerce             également partie du groupe          de 400 « Doctolibers »
             et exerce de nombreuses             extérieur de la France             de veille Santé de l’Institut       dévoués à une communauté
             fonctions bénévoles dont            (CCEF) de 2007 à 2011              Montaigne et est co-auteur du       de plus de 30 000 médecins
             celle de président d’Emmaüs         et continue de représenter         rapport Réanimer le système de      en France et en Allemagne.
             France. Martin Hirsch               Sanofi Aventis France au           santé (Institut Montaigne, juin     L’entreprise est présente dans
             est également l’auteur de           Medef International en tant        2016). Diplômé de l’École           plus de 800 établissements
             nombreux ouvrages, dont le          que président du Conseil des       centrale Paris, il est titulaire    de santé et compte plus de
             plus récent est L’Hôpital à         chefs d’entreprise France-         d’un Master of Science              12 millions de patients sur
             cœur ouvert (Stock, 2017).          Philippines et vice-président      du MIT et d’un MBA de               son site chaque mois.
                                                 du Conseil des chefs               l’INSEAD.
                                                 d’entreprise France-Argentine.

                                                                                                                                                                  7

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Y A-T-IL ENCORE UN MÉDECIN DANS LA SALLE ? - La santé à l'heure du numérique une production du DIGITAL SOCIETY FORUM - Orange Healthcare
Introduction du Forum
                                                 par Stéphane Richard,
                                  Président Directeur Général du groupe Orange

                    Très tôt convaincu que le numérique                 L’association entre numérique et santé peut
                pouvait apporter des réponses aux multiples         ainsi améliorer la qualité de vie d’une grande
                défis qui se posent dans le domaine de la           partie de la population de par le monde,
                santé, Orange a investi ce secteur en créant        dans les pays développés bien sûr, mais aussi
                dès 2007 une première entité en charge de           et peut-être surtout dans les zones moins
                l’e-santé. J’ai conforté cet engagement du          favorisées comme en Afrique, où Orange
                Groupe en 2016 par la création d’Orange             s’attache au déploiement des services de santé
                Healthcare qui regroupe toutes nos activités        en s’appuyant sur les réseaux mobiles.
                en partenariat avec les professionnels de santé,
                les autorités publiques de santé, les hôpitaux         Mais l’interaction entre santé et numérique
                et les laboratoires pharmaceutiques mais aussi      se heurte à des difficultés qui tiennent à la
                les start-up qui participent à l’innovation dans    complexité des systèmes de santé eux-mêmes,
                le secteur. Selon moi, le rapprochement entre       mobilisant de multiples acteurs – libéraux et
                numérique et santé ouvre un champ immense           publics – et plusieurs logiques de financement
                de progrès et d’opportunités associés aux           – privés et publics. À cela s’ajoute le fait
                innovations apportées par la digitalisation et      que l’e-santé, comme dans le cadre de toute
                la connectivité généralisée.                        transformation liée au numérique, exige un très
                                                                    haut niveau de sécurité pour assurer le respect
                    La santé est une préoccupation première         de la confidentialité des données médicales
                et sa transformation au contact du numérique        personnelles, en accord avec l’évolution des
                intéresse chacune et chacun : vieillissement de     cadres réglementaires et juridiques.
                la population, déserts médicaux, vigilance vis-à-
                vis de son état de santé, progrès des traitements      Ces difficultés et ces exigences peuvent
                et de l’espérance de vie… À cela s’ajoutent         expliquer la relative lenteur de la diffusion
                des bouleversements moins visibles liés à           de l’e-santé. Il revient donc à l’ensemble des
                l’informatisation généralisée de la médecine de     parties prenantes de conjuguer leurs efforts
                ville et des systèmes hospitaliers. L’information   pour inventer les réponses de sorte que la
                générée rend possible l’analyse de données          transformation numérique du secteur de
                massives (big data), tant pour des finalités de     la santé délivre au plus grand nombre les
                recherche que d’amélioration des soins.             promesses attendues.

                                                                                                                        9

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1 L’ÉTUDE
                       L’impact du numérique
                     dans le domaine de la santé
                    (Observatoire du Numérique BVA / Digital Society Forum)

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                                                                              26/06/2018 18:35
LES FRANÇAIS, LA SANTÉ ET LE NUMÉRIQUE

               NUMÉRIQUE : QUEL IMPACT DANS
               LE DOMAINE DE LA SANTÉ ?
               Laurent Bigorgne (directeur de l’Institut Montainge)   2017, il existerait, d’après les statistiques,
               Nous sommes à un moment très impor-                    259 000 applications dédiées à la santé
               tant des grandes politiques publiques                  dans le monde. Bien sûr, toutes ne de-
               qui concernent divers aspects de nos vies              viendront pas les entreprises géantes de
               – qu’il s’agisse de l’éducation, de l’emploi           demain, mais certaines d’entre elles vont
               ou de la santé. Le numérique est venu                  nécessairement s’imposer comme des
               bouleverser à la fois nos certitudes et nos            game changers dans la vie des praticiens
               modèles d’autorité. Il y a un « avant »                et des patients.
               et un « après ». Durant la phase de
               transition, il nous revient d’inventer                 D’autres évolutions touchent les systèmes
               des modèles.                                           eux-mêmes. Par exemple, un pays comme
                                                                      le Canada se pose aujourd’hui la question
               Pour un analyste du système, pour un                   de l’accompagnement des patients sur des
               offreur de soins ou pour un industriel, un             territoires bien plus vastes et beaucoup
               certain nombre de paramètres sont à ob-                moins denses que la France. Rien que
               server : le vieillissement de la population,           pour l’année dernière, en Ontario, on a
               l’augmentation des maladies chroniques,                ainsi décompté près de 800 000 événe-
               la soutenabilité financière de l’ensemble,             ments impliquant des patients par le biais
               face à un patient qui s’inquiète qu’on lui             de la télémédecine, pour une économie
               impose une réduction des coûts et veut                 que l’on estime à environ 50 millions
               toujours – c’est normal – des soins de                 d’euros. Cela représente 243 millions de
               meilleure qualité, en jouant un rôle actif.            kilomètres évités à des patients ou des
               C’est d’ailleurs l’une des grandes révo-               professionnels. En Suède, une révolution
               lutions que nous traversons : il n’y a plus            est également en cours à l’hôpital, avec
               de patient passif. Le sondage le montre                une absence de tabou sur l’utilisation des
               très clairement.                                       données. En Australie, une plateforme
                                                                      permet aux jeunes atteints de patholo-
               Deux révolutions sont en cours. La pre-                gies ou de maladies mentales d’échanger
               mière est une révolution par le bas. En                avec des professionnels, mais également

     12

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entre eux. La France demeure en retard,
               aujourd’hui, sur ce sujet.

               Les résultats du sondage permettent
               de faire le lien entre ce paysage, brossé
               rapidement, et ce que révèle l’étude BVA.
               Plus de trois Français sur quatre (76 %),
               disent consulter fréquemment des sites
               spécialisés en médecine sur internet. Un
               sur trois les consulte au moins une fois
               par mois. Pour 21 % des Français, c’est
               même le premier réflexe avant d’aller                « IL EXISTE AUJOURD’HUI,
               voir un médecin. Et ils sont nombreux
                                                                  D’APRÈS LES STATISTIQUES,
               (presque neuf Français sur dix) à
               considérer ces données comme fiables.          ENVIRON 259 000 APPLICATIONS
               Néanmoins, seuls quatre sur dix sont à            DE SANTÉ DANS LE MONDE. »
               ce stade favorables à la téléconsultation.
                                                                                          Laurent Bigorgne
               On constate également que les Français
               utilisent le numérique dans des situa-
               tions de réaction et non pas dans un ré-     effectuer des gains économiques et bud-
               flexe de prévention. C’est l’un des points   gétaires dans le système.
               qui appelle une amélioration. Selon les
               Français, les outils connectés sont un       Enfin, il faut le dire, les Français demeurent
               moyen de faciliter les relations avec les    très « mutualistes » dans l’âme et sont
               professionnels de santé pour 62 %, avec      convaincus que l’on peut continuer à
               les services administratifs pour 57 % et     partager. Ils sont 80 % à se dire prêts
               avec les hôpitaux pour 53 %. Notons          à partager leurs données de santé. De
               toutefois que seul un tiers a recours à      même, 76 % pensent que le numérique
               cet univers nouveau dans le champ de la      va améliorer la recherche, et donc l’effi-
               prévention et que, sur ce tiers, la moitié   cacité du système dans tous les domaines
               représente des gens pour le moment très      – y compris leur santé.
               bien portants. Il faudra voir à l’avenir
               comment augmenter le nombre de ceux          Ces chiffres permettent dès lors un op-
               qui se tournent vers le digital comme        timisme raisonnable, avec des marges de
               outil de prévention si l’on veut pouvoir     progression très grandes.

                                                                                                                  13

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ETUDE DE L’OBSERVATOIRE DU NUMÉRIQUE
            BVA / DIGITAL SOCIETY FORUM (*) :
            « 80 % DES FRANÇAIS PRÊTS À PARTAGER
            LEURS DONNÉES AVEC LES PROFESSIONNELS
            DE LA SANTÉ »
            (*) Étude réalisée par l’institut BVA par Internet du 1er au 4 décembre 2017 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la
            population française (méthode des quotas).

              Le développement du numérique est perçu comme ayant des impacts positifs
              sur la recherche, la qualité des soins et l’amélioration de la santé des Français,
              un peu moins sur la réduction des déficits.
            Pour chacune des propositions suivantes, pouvez-vous nous dire si vous êtes d’accord ou pas d’accord ?
            Base : à tous

                Le développement du numérique va permettre à la recherche
                                                                                                                  Sous-total               Sous-total
                médicale de faire beaucoup de progrès dans les années à venir                                     D’accord                Pas d’accord
                   17 %                              59 %                            19 % 4 % 1 %                       76 %                      23 %
                                                                                                                        Hommes : 79 %
                                                                                                                        65 ans et + : 81 %
                                                                                                                        CSP + : 82 %

                Le développement du numérique va permettre d’améliorer
                la qualité des soins apportés aux patients
                (meilleur suivi médical, traitements plus efficaces…)

                 12 %                          56 %                               24 %          8%                      68 %                      32 %
                                                                                                                        Hommes : 71 %
                                                                                                                        65 ans et + : 73 %
                                                                                                                        CSP + : 72 %

                Le développement du numérique va permettre
                d’améliorer la qualité de la santé des Français
                (accès facilité à l’information médicale sur l’hygiène de vie, analyse
                des paramètres de santé personnels grâce aux objets connectés…)

                 9%                       54 %                                    30 %           6 %1 %                 63 %                      36 %
                                                                                                                        Hommes : 67 %
                                                                                                                        65 ans et + : 67 %
                                                                                                                        CSP + : 70 %

                Le développement du numérique va permettre
                de limiter les déficits de notre système de soins

                 9%                    45 %                                34 %             11 % 1 %                    54 %                      45 %
                                                                                                                        Hommes : 58 %
                                                                                                                        CSP + : 64 %

                  Tout à fait d’accord              Plutôt d’accord            Plutôt pas d’accord               Pas du tout d’accord                Ne se prononce pas

     14

014a017_DSFsanté_Sondages BVA v 2.indd 14                                                                                                                                     26/06/2018 18:54
Des outils et services numériques qui apparaissent très utiles dans le domaine de
              la santé préventive.
            Aujourd’hui, on insiste de plus en sur l’importance la médecine préventive, c’est-à-dire le fait de faire attention à sa santé dans sa vie de tous les
            jours (hygiène de vie, diététique, sport, dépistage…) afin d’éviter certaines maladies. Il existe ainsi des outils et services numériques dédiés à
            cet objectif, comme par exemple le site internet Tabac Info Services pour aider à s’arrêter de fumer, des applications scannant son alimentation
            pour apprendre à manger plus sainement, des tests salivaires réalisés chez soi pour faire des bilans de santé quotidiens, etc. Selon vous, ces
            outils et services numériques sont-ils très, plutôt, plutôt pas ou pas du tout utiles pour aider les Français à améliorer leurs comportements
            dans ce domaine ?
            Base : à tous
                                                                63 %                                  18 %

                      Utile : 78 %                                                                           4%            Pas utile : 22 %
                      18-24 ans : 83 %                                                                                     65 ans et plus : 30 %
                      Actifs : 80 %                                                                                        Souffre d’une maladie
                      À des enfants de                                                                                     chronique : 28 %
                      moins de 15 ans : 82 %                                                                  15 %

                                            Très utiles       Plutôt utiles          Plutôt pas utiles            Pas du tout utiles

              En définitive, le numérique est perçu comme une bonne chose pour les professionnels
              de santé mais aussi pour les patients.
            Tout compte fait, diriez-vous que le développement de l’utilisation du numérique dans le domaine la santé est une bonne ou une mauvaise
            chose pour… ?
            Base : à tous

                        Les professionnels de la santé                                                             Les patients

               Sous-total                        Sous-total                                   Sous-total                         Sous-total
               Bonne chose : 83 %                Mauvaise chose : 16 %                        Bonne chose : 74 %                 Mauvaise chose : 25 %

                                                   13 %                                                                             20 %
                                                      3%
                                                       1%
                                                                                                                                           5%
                      64 %                                                                            60 %                                 1%
                                                            19 %

                                                                                                                                         14 %

                Une très bonne chose                 Plutôt une bonne chose                    Une très bonne chose                 Plutôt une bonne chose
                Plutôt une mauvaise chose            Une très mauvaise chose                   Plutôt une mauvaise chose            Une très mauvaise chose
                Ne se prononce pas                                                             Ne se prononce pas

                                                                                                                                                                     15

014a017_DSFsanté_Sondages BVA v 2.indd 15                                                                                                                       26/06/2018 18:54
4 Français sur 10                                     sont favorables au développement
                                                                    de consultations par internet.
            Personnellement, êtes-vous favorable ou opposé au développement des consultations médicales par internet ?
            Base : à tous

                                                 34 %                                          41 %

                     Sous-total                                                                              Sous-total
                     favorable : 40 %                                                                        opposé : 60 %
                     Hommes : 48 %                                                                           Femmes : 66 %
                     CSP+ : 47 %                                                                             CSP- : 62 %

                                                        6%
                                                                        19 %
                                  Tout à fait favorable     Plutôt favorable      Plutôt opposé       Tout à fait opposé

              3 Français sur 4                                  sont favorables au développement du maintien à domicile
                                                                des patients avec un suivi et un accompagnement à distance.
            Personnellement, êtes-vous favorable ou opposé au développement du maintien à domicile des patients (après une opération par
            exemple), en assurant un suivi et un accompagnement à distance ?
            Base : à tous

                                                        51 %                            18 %

                  Sous-total                                                                  6%               Sous-total
                  favorable : 76 %                                                                             opposé : 24 %
                  Hommes : 79 %
                  65 ans et + : 80 %

                                                                                           25 %

                                   Tout à fait favorable      Plutôt favorable      Plutôt opposé        Tout à fait opposé
     16

014a017_DSFsanté_Sondages BVA v 2.indd 16                                                                                                  26/06/2018 18:54
Des outils et services numériques qui facilitent notamment les relations entre
               les patients et les professionnels de santé.
            D’après votre expérience ou celle de vos proches, diriez-vous que les outils et services numériques qui existent aujourd’hui dans le domaine
            de la santé (objets connectés, prise de rendez-vous sur internet, dossier médical numérisé) facilitent les relations entre les patients et …
            Base : à tous
                                                                                                                          Sous-total               Sous-total
                            Les professionnels de la santé
                            (médecins, pharmaciens, laboratoires…)                                                           OUI                     NON
                               15 %                       47 %                             29 %          8% 1%                 62 %                     37 %
                                                                                                                           Agglomérations
                                                                                                                           parisiennes : 79 %

                            Les services administratifs de santé
                            (Assurance maladie, mutuelles…)

                               15 %                   42 %                               32 %           10 % 1 %               57 %                     42 %

                            Les hôpitaux

                              11 %                 42 %                               36 %              10 % 1 %               53 %                     46 %
                    Oui, vraiment            Oui, plutôt            Non, pas vraiment                 Non, pas du tout           Ne se prononce pas

               Les Français se disent prêts à partager leurs données personnelles
               avec les professionnels de santé, les hôpitaux et les chercheurs.
               Le partage avec d’autres acteurs suscite plus de réticences.
            L’utilisation du numérique dans le domaine de la santé suppose souvent la collecte et le traitement de données personnelles (issues de vos
            dossiers médicaux, de l’assurance maladie, de vos objets connectés…). Personnellement, seriez-vous prêt à partager vos données de santé (si
            elles sont sécurisées et anonymisées) avec chacun des acteurs suivants s’il vous explique clairement l’usage qui en sera fait ?
            Base : à tous                                                                                                Sous-total         Sous-total
                                                                                                                                     D’accord         Pas d’accord

              Des professionnels de santé                         24 %                        56 %                     11 % 8 % 1 % 80 %                   19 %

              Des hôpitaux                                        24 %                        55 %                     13 % 8 %         79 %               21 %

              Des chercheurs ou des universitaires             17 %                  43 %                   25 %          15%           60 %               40 %

              Des laboratoires                                11 %                43 %                   27 %           18%       1 % 54 %                 45 %

              Des mutuelles                                  8%            32 %                   35 %                 25%              40 %               60 %

              Des fondations                                5%             25 %                   39 %             31%                  30 %               70 %

              Des entreprises ou start-ups spécialisées     4%       23 %                33 %                   36 %             4%     27 %               69 %
              dans le domaine de la santé
              Les grandes entreprises du numérique          2 % 11 %         25 %                        61 %                     1 % 13 %                 86 %
              (Google, Apple, Facebook…)
                                                          Tout à fait favorable    Plutôt favorable    Plutôt opposé     Tout à fait opposé     Ne se prononce pas

                                                                                                                                                                          17

014a017_DSFsanté_Sondages BVA v 2.indd 17                                                                                                                            26/06/2018 18:54
000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 18   27/06/2018 17:42
2    TABLE
                             RONDE
                                Promesses et défis
                               de la santé connectée

000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 19
                                                            19

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TABLE RONDE

              SANTÉ CONNECTÉE :
              ENTRE PROMESSES ET DÉFIS
              Audrey Pulvar :                                         secteur privé et du secteur public –
              (présidente de la Fondation pour la Nature et l’Homme   qualité que, paraît-il, une partie du
              et animatrice du débat)                                 monde nous envie. La France fait
              En France, on sait s’occuper des                        partie des pays les plus performants
              patients. La qualité de soins y est                     en matière de santé. L’espérance de
              importante, à la fois de la part du                     vie atteint les 82 ans en moyenne.
                                                                      Grâce aux dispositifs sociaux et au
                                                                      réseau hospitalier, on peut estimer,
                                                                      à quelques exceptions malheureuses
                                                                      près, que personne n’est laissé sur le
                                                                      carreau. Pourtant, le système semble
                                                                      en permanence à bout de souffle, sur
                                                                      le point d’imploser.

                                                                      Martin Hirsch, je vais commencer
                                                                      par vous : en quoi le numérique et la
                                                                      santé numérique peuvent-ils aider,
                                                                      sur le plan de l’organisation, à gérer
                                                                      au mieux les effectifs, les opérations
                                                                      et à effectuer le bon diagnostic ?

                                                                      Martin Hirsch :
                                                                      (directeur général de l’Assistance
                            AUDREY                                    Publique- Hôpitaux de Paris)
                            PULVAR
                                                                      Les choses sont très simples. La
                                                                      révolution numérique est-elle au-
                                                                      jourd’hui seulement un sujet de col-

     20

000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 20                                                                 27/06/2018 17:42
loques ou est-elle déjà en marche ?       informations sont rassemblées dans
              Sans faire de jeu de mots politique,      un entrepôt de données de santé, qui
              elle est absolument présente. Nous y      est l’un des plus grands au monde.
              sommes déjà embarqués.                    Nous avons 10 millions de patients,
                                                        avec l’ensemble des observations
              Je vais donner plusieurs exemples :       cliniques portées, des résultats bio-
              pour commencer, quand vous arrivez        logiques, des images de l’intérieur de
              aux urgences de Cochin, la première       leur corps, des prescriptions qui leur
              chose que l’on fait est de rentrer        ont été faites, etc. C’est un instru-
              votre numéro, que l’on obtient avec       ment considérable pour la recherche.
              votre nom. D’emblée, on trouve alors      Aujourd’hui, nous pouvons croiser
              un séjour à l’hôpital Henri-Mondor        le nombre d’infarctus et de mala-
              ou à l’hôpital Bichat, qu’importe.        dies respiratoires avec les niveaux de
              Pour la sécurité des soins, c’est un
              changement majeur. Nous sommes
              passés des années où l’on mangeait
              du pain noir à essayer d’unifier les
              choses, à une période où l’on com-
              mence à recueillir le pain blanc.

              La deuxième chose que je voudrais
              dire, c’est que si ce changement a un
              intérêt direct pour les patients quand
              ils sont pris en charge dans un hôpi-
              tal, cet intérêt est double. Toutes ces

              « DES QUESTIONS IDÉOLOGIQUES
                                                                                    MARTIN
              VONT TROUVER DES RÉPONSES                                             HIRSCH

              SCIENTIFIQUES GRÂCE AU
              NUMÉRIQUE. » Martin Hirsch

                                                                                                      21

000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 21                                                   27/06/2018 17:42
TABLE RONDE

                    L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est
                    l’établissement public de santé qui exerce le rôle de centre hospitalier
                    régional pour Paris et l’Île-de-France. Elle regroupe 39 hôpitaux,
                    en lien avec des universités de la région. Elle emploie près de
                    100 000 personnes, en additionnant personnel médical, personnel
                    soignant, personnel administratif et personnel technique. Martin Hirsch
                    en est le directeur général depuis 2013.

              pollution à tel ou tel endroit. Des                 soient utilisées. Environ 250 000
              questions qui se posaient de façon                  ont ouvert le mail et nous avons
              idéologique vont pouvoir trouver des                reçu seulement 600 refus.
              réponses scientifiques et cliniques.
              Par ailleurs, maintenant, lorsqu’un
              patient arrive, nous lui demandons
              systématiquement s’il est d’accord
                                                                  #HÔPITAL « ZÉRO PAPIER »
              pour que ses données soient utilisées               Ensuite, tout le monde peut consta-
              dans le cadre de recherches futures.                ter que lorsque que l’on téléphone
              Mais se pose le problème des pa-                    à l’Assistance publique-Hôpitaux
              tients des vingt dernières années.                  de Paris (AP-HP) pour avoir un
              Nous avons fait un petit test en                    rendez-vous, il n’y a qu’une chance
              envoyant 400 000 mails à d’anciens                  sur cinq pour que quelqu’un ré-
              patients, afin de savoir s’ils étaient              ponde. J’ai pris acte que l’on n’ar-
              d’accord pour que leurs données                     rivera jamais à atteindre le cinq
                                                                  sur cinq. Nous avons donc déve-
                                                                  loppé un système de prise de ren-

                  79 %
                                       des Français prêts         dez-vous en ligne. Cela veut dire
                                       à partager leurs           que les 10 000 médecins de l’AP-
                                       données santé              HP acceptent que l’on connaisse
                                       avec les hôpitaux          leur agenda. Ça n’a l’air de rien,
                  si elles sont anonymisées. (Source : BVA/DSF)   mais c’est révolutionnaire. Tous
                                                                  les hôpitaux seront concernés en

     22

000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 22                                                           27/06/2018 17:42
2018. Mais, d’ores et déjà, là où        Audrey Pulvar :
              nous l’avons mis en place, 10 % des      Commençons par la question des
              rendez-vous se prennent en ligne.        données. Thomas London, on sait à
              Enfin, dès cette année, les              quel point les Français sont attachés
              préadmissions se feront en ligne.        à leur liberté et au respect de la vie
              Vous donnerez votre numéro de            privée. À quel point sont-ils d’accord
              Sécurité sociale et adieu les forma-     pour livrer leurs données, et être ainsi
              lités et les innombrables courriers.     suivis dans la façon dont ils prennent
              Dès cette année, nous espérons           leurs médicaments, par exemple, ou
              avoir notre premier hôpital « zéro       dans la régularité avec laquelle ils
              papier ».                                prennent leur traitement ?
              Mais, au-delà de la vie quotidienne,
              le numérique permet de faire avan-       Thomas London :
              cer les connaissances. Si notre          (président du Healthcare Data Institute)
              pays, qui a inventé le stéthoscope,      Ils y sont prêts dans une large majo-
              découvert le système HLA (Hu-            rité. Selon notre propre baromètre,
              man Leukocyte Antigen) et tant           environ 80 % des patients n’y voient
              d’autres choses, veut continuer dans
              son histoire glorieuse, alors nous
              devons tous foncer entre clini-
              ciens, chercheurs et industriels. Au
              xx e siècle, les hôpitaux académiques
              ont permis de valider et d’évaluer
              correctement les médicaments. Ce
              travail, nous devons le poursuivre au
              xxi e siècle pour les applications. La
              France doit être capable de mettre
              sur pied l’un des trois ou quatre
                                                                 THOMAS
              centres mondiaux d’évaluation des                  LONDON
              applications, pour que les patients
              n’en achètent pas d’inutiles ou de
              contre-productives par rapport à
              ce que pense la médecine. Tel est
              l’enjeu.

                                                                                                       23

000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 23                                                    27/06/2018 17:42
TABLE RONDE

              pas d’inconvénient – nous retrouvons      Ce qui est encore plus intéressant,
              un pourcentage déjà évoqué tout à         c’est que ce pourcentage atteint 90 %
              l’heure. Surtout, ils sont 80 % à nous    chez les plus de 65 ans, qui sont
              dire qu’ils veulent bien partager leurs   finalement les plus concernés et les
              données à la condition que celles-ci      plus gros consommateurs du système
              soient utilisées de manière anonyme       de santé.
              et que leur intimité soit protégée.
              Ils désirent également savoir à quoi
              ces données serviront, si c’est pour la
              recherche clinique ou pour l’amélio-      #TRAÇAGE DES MÉDICAMENTS
              ration des prises en charge.
                                                        Audrey Pulvar :
                                                        Sophie Boissard, concernant juste-
                                                        ment les personnes âgées en établis-
                                                        sement, en EHPAD notamment, que
                                                        change le numérique dans leur prise
                                                        en charge et dans l’amélioration de
                                                        leur quotidien ?

                                                        Sophie Boissard :
                                                        (directrice générale du groupe Korian)
                                                        Dans cette dimension-là, le numé-
                                                        rique a selon moi trois ou quatre
                                                        grandes vertus. La première, c’est un
                                                        saut qualitatif pour les équipes au
                                                        quotidien. En moyenne, une per-
                                                        sonne âgée accueillie dans une mai-
                                                        son médicalisée a 6 ou 7 affections,
                SOPHIE                                  soit des traitements médicamenteux
               BOISSARD                                 et une supervision extrêmement
                                                        régulière. Le numérique permet le
                                                                                                     Phil Constantinesco

                                                        traçage dès que le médicament a
                                                        été administré, dès qu’un acte a été
                                                        réalisé. Une équipe peut donc savoir
                                                                                                      ©

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000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 24                                                   27/06/2018 17:42
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TABLE RONDE

              en temps réel ce qui a été appliqué        sur la Côte d’Azur, nous accueillons
              et faire suivre au médecin traitant à      des personnes lourdement atteintes
              l’extérieur. L’organisation et le niveau   d’Alzheimer, avec de fortes dé-
              de qualité des soins dispensés en          mences. L’une des caractéristiques
              sont actuellement bouleversés.             de cette maladie, c’est que vous
                                                         ne dormez plus ou que le cycle de
              La deuxième application du nu-             sommeil est totalement inversé. Les
              mérique dans ce cadre concerne la          personnes sont donc très actives
              formation des soignants. Grâce au          au milieu de la nuit et risquent de
              numérique, nous avons mis en place         tomber et de se blesser. Nous avons
              une bibliothèque de formation qui          mené une étude pour répertorier
              permet de former entre 75 et 100 %         les mouvements de chacune des
              de nos soignants sur les gestes de         personnes afin que le soignant en
              base, mais aussi sur la prise en charge    charge de l’unité puisse être capable
              des pathologies associées à la mala-       de dire : « Tiens, là c’est un mouve-
              die d’Alzheimer, par exemple. Au-          ment anormal. Il se passe quelque chose,
              jourd’hui, nous pouvons former la          j’interviens. Je me branche avec mon
              totalité d’une équipe beaucoup plus        support numérique pour allumer la ca-
              facilement que lorsque nous devions        méra et vérif ier s’il s’est passé quelque
              le faire en présentiel.                    chose ou non. »

              Ensuite, il y a la qualité de vie du       Cela nous a aussi amenés à revoir
              patient. J’ai un exemple très concret :    l’organisation des soins et à nous
              dans l’un de nos établissements situé      dire que, pour 6 ou 7 personnes,
                                                         nous devions proposer une collation
                                                         et des activités au milieu de la nuit,
                                                         à un moment qui correspondait à un
                                                         pic d’agitation. Nous n’aurions pas
              « ENTRE 30 000 ET 50 000 MORTS             été en mesure de procéder à cet ajus-
              POURRAIENT ÊTRE ÉVITÉES                    tement sans les données numériques.
              CHAQUE ANNÉE EN FRANCE,
                                                         Enfin, le dernier élément porte sur
              D’APRÈS L’OMS. » Thomas London             la partie épidémiologique. Avec
                                                         l’université de Versailles-Saint-

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000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 26                                                        27/06/2018 17:42
L’épidémiologie est l’étude des pathologies au sein des populations.
                   Elle s’attache à analyser les statistiques, fréquences et répartitions des
                   maladies. Ce champ scientifique se décline en trois catégories : l’épidé-
                   miologie descriptive, qui s’intéresse aux caractéristiques des maladies ;
                   l’épidémiologie analytique, qui recherche les causes de l’apparition de telle
                   ou telle pathologie ; et l’épidémiologie évaluative, qui – comme son nom
                   l’indique – évalue les solutions mises en place pour mesurer leur efficacité.

              Quentin-en-Yvelines, nous menons             enjeux économiques de notre sys-
              actuellement une étude avec toutes           tème de santé, mais beaucoup moins
              les données saisies par les soignants        des enjeux qualitatifs.
              sur la totalité de nos établissements
              en France. Cela représente tout de           D’après l’Organisation mondiale
              même 20 000 lits sur dix ans, pour           de la santé (OMS), entre 30 000
              essayer de modéliser les épidémies           et 50 000 morts seraient évitables
              dans la durée. Cette étude est en            chaque année en France – certaines
              réalité une thèse qui montre que             erreurs médicales étant liées à la
              oui, nous sommes capables, avec une          variabilité des pratiques et des prises
              quasi-certitude, d’identifier le début       en charge. Un exemple : un diabé-
              des épidémies et leur force. Nous            tique doit vérifier quatre fonctions
              sommes dans une logique de préven-           vitales tous les ans. Or, moins d’un
              tion, afin d’interagir par la suite avec     diabétique sur deux reçoit en France
              les laboratoires et les pharmaciens          ces quatre tests, contre près de 90 %
              pour être sûrs d’avoir les bons médi-        en Allemagne, aux Pays-Bas et
              caments disponibles.                         en Angleterre. Sur ces aspects-là,
                                                           les exemples donnés par Sophie
              Thomas London :                              Boissard montrent bien ce que le
              Je voudrais rebondir sur cette notion        numérique peut apporter en termes
              de qualité. On parle beaucoup des            de prise en charge.

                                                                                                          27

000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 27                                                       27/06/2018 17:42
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000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 28   27/06/2018 17:42
#PATIENT CONNECTÉ                            de donner le pouvoir aux patients,
                                                                        mais de fournir les meilleurs outils
                           Audrey Pulvar :                              aux établissements et aux profession-
                           Le numérique, c’est également le             nels de santé afin de leur permettre
                           patient connecté. Stanislas Niox-            de mieux gérer les patients.
                           Chateau, vous êtes le fondateur
                           de Doctolib. Un patient connecté,            Audrey Pulvar :
                           est-ce nécessairement un patient             Vous voulez noter les médecins ?
                           formé, responsabilisé, acteur de sa
                           santé ? Ou est-ce avant tout un              Stanislas Niox-Chateau :
                           « emmerdeur » qui remet en cause             Absolument pas. Pour faire simple, il
                           le diagnostic de son médecin et s’in-        y a quatre axes de digitalisation de la
                           vente des maladies ?                         santé. Le premier regroupe tous les
                                                                        outils permettant de mieux organi-
                           Stanislas Niox-Chateau :
                           (fondateur et CEO de Doctolib)
                           Pour moi, un patient connecté est
                           bien sûr un patient acteur de sa san-
                           té. C’est un patient qui se rapproche
                           des praticiens et des établissements.
                           C’est un patient qui accède plus faci-
                           lement aux soins.

                           Nous avons créé notre concept avec
                           l’objectif de fluidifier l’accès aux
                           soins. Il existe de nombreuses autres
                           start-up d’e-santé qui essaient de
                           faire de même. Aujourd’hui, les délais
                           d’attente sont souvent longs, les
                           parcours opaques, complexes, et l’in-
                           formation des patients relativement
     Phil Constantinesco

                                                                                 STANISLAS
                           faible. L’accès aux soins est difficile et          NIOX-CHATEAU
                           la gestion de la santé par les patients
                           est quasi inexistante. Il ne s’agit pas
      ©

                                                                                                                       29

000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 29                                                                    27/06/2018 17:42
TABLE RONDE

                   Le terme digitalisation s’inspire de l’anglais digit, qui signifie
                   « chiffre ». En français, son équivalent exact serait numérisation,
                   soit la conversion d’informations – textes, images, sons – en données
                   numériques pouvant être traitées par des outils informatiques.

              ser les hôpitaux et les cabinets. Le       Audrey Pulvar :
              deuxième concerne le rapprochement         Pour le moment, Doctolib marche
              des patients et des praticiens. Le         très bien. Cela signifie-t-il qu’il y
              troisième, c’est la collaboration des      avait un fort besoin pour les pa-
              praticiens entre eux, pas seulement        tients, mais aussi pour les personnels
              entre la ville et l’hôpital, mais aussi    soignants, les organismes de santé,
              dans la ville. Enfin, le quatrième axe     les hôpitaux et les cliniques, d’avoir
              consiste à faire du patient un acteur      cet outil d’optimisation et de lien ?
              de sa santé.
                                                         Stanislas Niox-Chateau :
              Aujourd’hui, sur ces quatre axes           Aujourd’hui, clairement, pour fa-
              se sont développées quantités de           ciliter l’accès aux soins, à ses se-
              start-up. J’ai entendu le nombre           crétariats et gérer les rendez-vous
              de 259 000 applications tout à             non honorés, pour acquérir de la
              l’heure. Mais le seul axe véritable-       clientèle, un établissement se doit
              ment opérationnel est le premier.          de disposer des outils du numérique.
              Les trois autres n’existent pas, et pas    Quand les délais d’attente sont trop
              seulement en France. Notre pari, et        longs, quand on ne peut pas prendre
              celui d’autres start-up d’e-santé, c’est
              d’essayer de fournir le meilleur outil
              pour transformer la relation entre le

                                                            60 %
                                                                                       des Français
              patient et le médecin, entre les pra-
                                                                                       ne sont pas
              ticiens, et faire du patient un acteur
                                                                                       favorables au
              de sa santé. Nous ne sommes pas
                                                                                       développement
              sur des innovations médicales, mais
                                                            des consultations médicales par
              sur des innovations de services pour
                                                            internet. (Source : BVA/DSF)
              améliorer l’efficacité du système.

     30

000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 30                                                         27/06/2018 17:42
un rendez-vous à l’AP-HP, quand il                       CNRS et Inserm. Nous disposons
              existe trop peu de liens entre la ville                  d’un réseau hospitalo-universitaire
              et l’hôpital, des outils comme le                        qui fait des envieux dans le monde
              nôtre permettent véritablement de                        entier. Nous avons 22 000 pharma-
              rapprocher les patients des profes-                      cies qui reçoivent chaque jour plus
              sionnels.                                                de 3 millions de personnes.

                                                                       Comment Sanofi se positionne par
              #SANTÉ, BUSINESS                                         rapport à la santé ? Que pouvons-
                                                                       nous apporter rapidement ? 45 % de
              ET RECHERCHE                                             nos efforts en recherche et dévelop-
              Audrey Pulvar :                                          pement (R&D) sur le plan mondial
              Guillaume Leroy, vous êtes pré-                          se font sur le territoire français, en
              sident-directeur général de Sanofi                       partie grâce à cet écosystème.
              Aventis France. Stéphane Richard
              parlait en introduction du bien-être
              de l’humanité que permet le numé-
              rique, au-delà du « business ». Avec
              vous, va-t-on rêver également ou
              avoir peur ?

              Guillaume Leroy :
              (Président directeur général de Sanofi Aventis France)
              Je ne sais pas si l’on va rêver. Mais
              les exemples que l’on vient d’évoquer
              montrent bien qu’en France l’écosys-
              tème de la santé est considérable-
              ment augmenté dans ses capacités
              avec l’arrivée du numérique.
                                                                                                      GUILLAUME
                                                                                                        LEROY
              En France, nous avons les plus
              prestigieux centres de recherche
              fondamentale du monde. Trois des
              dix premiers sont français : CEA,

                                                                                                                     31

000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 31                                                                  27/06/2018 17:42
TABLE RONDE
Thomas Raffoux
 ©

                 32

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33

000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 33   27/06/2018 17:42
TABLE RONDE

                   Le sigle CEA désigne le Commissariat à l’énergie atomique et aux éner-
                   gies alternatives. Il s’agit d’un organisme de recherche travaillant dans les
                   domaines de l’énergie, de la défense, des sciences de la vie et de la santé.

                   Le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) est le plus grand
                   organisme public français de recherche scientifique. Sous la tutelle du
                   ministère de l’Enseignement supérieur, il s’étend à tous les domaines du
                   savoir.

                   Quant à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médi-
                   cale), autre établissement public, il investit particulièrement les champs de
                   la biologie, de la génétique, de la physiologie et de l’épidémiologie.

              Le numérique va d’abord servir la            le temps d’inclusion de ces patients
              recherche. Je donne un exemple très          est aussi très long. Sanofi, avec des
              concret, à propos des maladies rares.        collaborations externes suivant
              Par définition, elles sont difficiles        notre modèle de recherche, trouve
              à diagnostiquer. Parfois, un patient         des moyens avec le numérique d’aller
              erre pendant cinq, dix, quinze ans           beaucoup plus vite dans l’inclusion
              avant d’avoir enfin le bon diagnostic,       des patients – ce qui permet parfois
              qui va ensuite permettre la mise en          de gagner plus de deux ans sur une
              place d’un protocole thérapeutique,          seule étude.
              et être potentiellement en mesure
              de participer à la recherche fonda-          Après, il y a le bon usage du médi-
              mentale. Le numérique va nous faire          cament. Un médicament n’est pas
              gagner un temps considérable sur le          un produit comme un autre. Ce qui
              dépistage de ces maladies rares, et          le caractérise est son importance
              donc sur la compréhension de la ma-          au moment où il sera utilisé par le
              ladie et l’amélioration des solutions.       patient. Le meilleur médicament du
                                                           monde pris à la mauvaise heure aura
              Dans les études cliniques, lorsqu’on         un effet négatif, si ce n’est dangereux
              cherche des éléments très spécifiques        pour le patient. Le numérique peut
              sur des patients très particuliers,          apporter cette connexion entre le

     34

000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 34                                                       27/06/2018 17:42
patient, son médicament et son pro-       caractéristiques. Cela revient à passer
              fessionnel de santé. Il peut permettre    de l’industriel au sur-mesure – ce qui
              d’éviter le gaspillage, garantir le bon   est plutôt une bonne nouvelle. Mais,
              traitement pour le bon patient, et        en même temps, c’était tout de même
              ainsi globalement améliorer la santé      sympa de passer un peu de temps
              en France.                                avec son médecin qui vous deman-
                                                        dait des nouvelles de vos parents ou
              Martin Hirsch :                           de vos enfants. Là, nous passons à
              Nous assistons à un combat passion-       une relation plus impersonnelle avec
              nant entre médecine personnalisée         un professionnel en face de vous qui
              et médecin dépersonnalisé. Nous           vous dira via un écran : « J’ai regardé
              allons passer de la fabrication d’un      vos data, il faudrait que vous fassiez
              médicament que l’on va administrer        ceci ou cela. » Le rapport humain
              à des millions ou des dizaines de         disparaît.
              millions de patients – des choses
              assez standardisées – à des traite-       Ce combat est comme la tempête
              ments ciblés particuliers, prenant en     dans le crâne de Jean Valjean. Com-
              compte le mode de vie du patient,         ment utiliser ces technologies ex-
              son patrimoine génétique et d’autres      traordinaires et se débarrasser de tas
                                                        de choses qui prennent du temps,
                                                        génèrent de l’incertitude, laissent
                                                        passer des fautes, tout en gardant une
              « LE MEILLEUR MÉDICAMENT DU               relation humaine forte ? Notre pays
              MONDE PRIS À LA MAUVAISE                  a une certaine tradition du colloque
                                                        singulier de la médecine, mais en a
              HEURE AURA UN EFFET NÉGATIF.              gardé le pire, comme le paiement à
              LE NUMÉRIQUE PEUT                         l’acte, qui est un obstacle au travail
                                                        collectif. Le paiement à l’acte n’est
              PERMETTRE D’ÉVITER CE                     pas qu’une question de sous. Tel
              GASPILLAGE ET GARANTIR                    qu’il est organisé, il induit surtout
                                                        des comportements anti-coopéra-
              LE BON TRAITEMENT. »
                                                        tifs entre les professionnels. Nous
              Guillaume Leroy                           sommes concurrents les uns des
                                                        autres. Pourra-t-on utiliser ces outils

                                                                                                       35

000_DSFsanté_2e PARTIE TABLE RONDE v 5.indd 35                                                    27/06/2018 17:42
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