DPJA : un ego collectif - Dethomas Peltier Juvigny & Associés
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LJA MAGAZINE - JANVIER / FÉVRIER 2019
P ORTRAIT
Par Aurélia Granel
DPJA : un ego collectif
Créé en 2014, Dethomas Peltier Juvigny & Associés a trouvé sa place
dans le paysage parisien des cabinets d’affaires. Désormais composée
de sept associés, la structure s’affirme comme une alternative sérieuse
aux plus grands noms de la place. Au-delà d’un savoir-faire historique
en droit de la concurrence, en droit boursier et en contentieux, l’équipe
a su se développer en M&A et se repositionner en restructuring.
L’
histoire commence en janvier 2014, lorsque les en devient associé trois ans plus tard. De leur côté, les deux
équipes d’Arthur Dethomas et François Kopf quinquagénaires ont une réputation déjà très établie. Ancien
fusionnent avec celles de Frédéric Peltier et d’Olivier associé de Rambaud Martel, Olivier de Juvigny fait partie des
de Juvigny. Les premiers, qui s’étaient rencontrés dix ans aupa- meilleurs avocats de la place en matière de contrôle des concen-
ravant à la Conférence du barreau de Paris, avaient fondé un an trations et de contentieux des pratiques anticoncurrentielles, en
plus tôt le cabinet Dethomas Kopf, spécialisé en contentieux droits français et européen. Quant à Frédéric Peltier, sa tech-
financier, droit pénal des affaires et restructuring. Les seconds nicité n’est pas non plus à démontrer. Adjoint de direction
étaient issus du cabinet Viguié Schmidt Peltier Juvigny, réputé de la Banque de France, de 1987 à 1991, puis responsable des
pour son savoir-faire mais aussi pour sa grande discrétion. activités de banque d’affaires et de haut de bilan à la direction
« J’avais croisé Arthur Dethomas sur un dossier, se remémore juridique et fiscale de la BNP, entre 1991 et 1996, ou encore
Frédéric Peltier, et j’avais trouvé sa plaidoirie brillante. À l’issue associé des cabinets Darrois Villey Maillot Brochier et Clif-
de l’audience, nous nous sommes retrouvés pour parler du mar- ford Chance, il intervient en M&A et en contentieux boursier.
ché et du métier. Le rendez-vous, qui aurait dû être bref, a finale- On l’a par exemple remarqué sur la fameuse affaire Altran,
ment duré près de cinq heures. » L’aventure est alors lancée. Ce sur le dossier Courtepaille, sur l’OPA d’Amboise sur Altamir
rapprochement permet à la boutique d’allier les spécialités du cette année, mais aussi sur la restructuration de Fraikin. Et à
contentieux, du droit pénal des affaires et du restructuring à ses heures perdues, il rédige des ouvrages ! Il a, par exemple,
celles du droit de la concurrence et du droit boursier. récemment publié Le Procès de l’argent (éd. Albin Michel),
Ancien premier secrétaire de la Conférence, spécialisé en imaginant un procès où l’argent est accusé.
contentieux boursier et financier, ainsi qu’en droit pénal des À l’occasion de la création du cabinet, Didier Fornoni et Thi-
affaires, Arthur Dethomas a débuté chez Salans en 1999, avant baut Reymond sont cooptés au rang d’associés. Le premier
de rejoindre Cotty Vivant Marchisio & Lauzeral en 2004. Il est spécialisé en opérations de marché, fusions-acquisitions
© MARK DAVIES
De gauche à droite : Arthur Dethomas, Benoit Marpeau, Nicolas Partouche, Frédéric Peltier, Thibault Reymond, Ning-Ly Seng et Olivier de Juvigny
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PORTRAIT
et restructuration de capital de sociétés cotées, tandis que le de nous une grande liberté. C’est cette indépendance qui renforce
second développe une expertise en droit de la concurrence : notre adhésion au collectif. Le fait que certains associés soient
contrôle des concentrations, pratiques anticoncurrentielles et plus connus que d’autres n’a aucune conséquence au quotidien
distribution. entre nous, sur la gestion du cabinet par
exemple. ». Frédéric Peltier l’affirme
UNE REMISE EN CAUSE haut et fort : « Nous sommes des pairs,
SOUDAINE il n’y a pas de pères. Les associés du
MAIS BÉNÉFIQUE cabinet sont tous sur un pied d’éga-
lité et nous y veillons farouchement. »
Installés au 48 rue Cambon, les six L’organisation du travail favorise cet
associés du cabinet sont alors assis- esprit d’équipe. Pas de chasse gardée,
tés d’une dizaine de collaborateurs. pas de département, pas de silos.
Le succès est au rendez-vous et les Les collaborateurs se nourrissent de
clients se targuent de les avoir soute- l’expérience de plusieurs associés.
nus depuis leurs débuts. En juin 2015, « L’avocat idéal n’existe pas, estime
Benoit Marpeau, alors associé de Benoit Marpeau. Faire travailler nos
CVML, rejoint à son tour le cabinet collaborateurs avec un seul associé les
pour développer l’offre corporate et priverait d’un tas de qualités. » Quant
se positionner sur des opérations de aux associés, ils partagent toujours
fusions-acquisitions et d’investisse- un dossier avec l’un des six autres et
ment, impliquant des sociétés cotées et n’hésitent pas à aller se voir plaider
non cotées. « Nous ne sommes pas un les uns les autres, pour se soutenir.
one-stop shop, ni un cabinet de process. « DPJA est un cabinet où les équipes
Arthur Dethomas
Nous sommes un cabinet de clients : sont très resserrée, elles s’intéressent
nous conseillons des groupes français aux dossiers des autres, explique Thi-
et étrangers, leurs dirigeants et des fonds d’investissement sur des bault Reymond. Nous avons assurément un ego collectif. »
opérations complexes de droit des affaires, en construisant une
stratégie sur plusieurs années », explique Arthur Dethomas, qui DE NOUVEAUX ASSOCIÉS
retrouve à cette occasion un ancien de chez CVML avec lequel il
avait créé des liens de proximité. L’année 2018 est synonyme de croissance. Récemment instal-
Quelques semaines plus tard, après le départ de Didier Fornoni lée au 49 avenue de l’Opéra, dans des locaux offrant une vue
pour développer l’activité droit boursier du bureau parisien de imprenable sur le monument, la structure dispose désormais de
Dentons, le cabinet s’apprête pourtant à affronter une tempête : la place nécessaire pour accueillir de nouveaux profils.
François Kopf annonce son départ pour créer la pratique res- Ning-Ly Seng a été cooptée au rang d’associée en début d’an-
tructuring de Darrois Villey Maillot Brochier. « Nous avons été née pour adjoindre son expertise au duo de
surpris, reconnaît Frédéric Peltier. Il s’agit d’un choix person- l’équipe concurrence.
nel… ». Un départ qui sera finalement un facteur de cohésion : « Je ne l’ai jamais perçue comme
« Dix-huit mois après sa création, nous nous sommes interrogés une concurrente, mais comme un
sur le modèle du cabinet et sur nos aspirations respectives, et nous soutien : nous sommes plus forts
avons décidé à l’unanimité de continuer tous ensemble, souligne en étant plus nombreux », assure
Benoit Marpeau. Le fait qu’une structure comme Darrois vienne Thibault Reymond. L’équipe
chercher un associé pour porter l’une de ses pratiques démontrait compte parmi ses clients Vinci,
que le cabinet était capable de faire émerger des talents incon- Canal+ Vivendi, ou encore
tournables sur la place. Individuellement, nous avons choisi le Casino.
collectif. » « Nous essayons de donner
Et Dethomas Peltier Juvigny & Associés continue son chemin des conseils stratégiques à
avec détermination. En construisant sur la solidité de ce qui a fait un champion par secteur
leur marque : la collégialité. Car si les associés ne sont pas tous de
la même génération, les décisions sont toujours prises en com-
mun. « Aucune matière ne prime sur une autre, et il n’y a pas non
plus de rapport dominant/dominé, souligne Ning-Ly Seng, qui a
rejoint le cabinet en 2016, après avoir exercé durant douze ans
chez Bredin Prat et Cravath Swaine & Moore. Il était important
pour moi de rejoindre un cabinet intergénérationnel, intervenant
sur des matières différentes mais complémentaires, afin d’éviter
de s’éparpiller. » Et Benoit Marpeau d’ajouter : « Aucun asso-
cié ne dépend des autres dans son activité, ce qui donne à chacun
Ning-Ly Seng
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Frédéric Peltier Olivier de Juvigny
économique, explique Olivier de Juvigny. Nous avons une gestion teurs. L’importante charge de travail est compensée par un
des conflits d’intérêts qui est plus stricte que d’autres cabinets. » Et grand respect de la personnalité de chacun et par une bonne
la nouvelle associée s’est déjà fait remarquer auprès d’Engie et ambiance, la double marque de fabrique du cabinet. Le ven-
de GreenYellow, filiale énergie du groupe Casino, lors de la créa- dredi soir est d’ailleurs synonyme de pot réunissant l’ensemble
tion de la joint-venture Réservoir Sun. des membres du cabinets, associés, collaborateurs, staff et sta-
giaires. « Nous sommes très exigeants, mais nous avons réussi
CONVIVIALITÉ ET AMBITION à construire une équipe soudée de très grande qualité, ce dont
nous sommes très fiers », se réjouit Arthur Dethomas. Les
Au-delà de sa visibilité en contentieux stratégiques et en droit récents dossiers témoignent de ce succès. Les équipes sont, par
de la concurrence, il ne restait plus qu’à poursuivre le dévelop- exemple, intervenues sur la prise de contrôle de Vivendi par
pement de la pratique M&A et à recréer une offre en restructu- Bolloré, et elles ont épaulé SFAM sur sa prise de participation
ring. Six mois après la cooptation de Ning-Ly Seng, Dethomas chez Fnac Darty à l’occasion de l’entrée au capital d’Ardian
Peltier Juvigny & Associés fait d’une pierre deux coups en au capital du courtier. Elles ont également conseillé Casino lors
accueillant Nicolas Partouche et son équipe composée de de la création de la centrale d’achat Horizon International avec
quatre collaborateurs. L’associé a effectué l’intégralité de sa Auchan, Schiever et Metro. En contentieux, le cabinet est aussi
carrière chez Jeantet, il est l’une des étoiles montantes du petit intervenu aux côtés d’Amundi Immobilier, dans un dossier
milieu du restructuring. Il intervient ainsi sur des opérations de faisant suite à l’acquisition de Cœur Défense, ou encore pour
fusions acquisitions et de haut de bilan impliquant des sociétés Bain Capital, Blackstone et Investcorp, dans un contentieux
cotées et non cotées, mais également sur des dossiers de rené- stratégique de restructuration de dette. La prochaine étape ?
gociation de dette et de procédures collectives, en conseillant Continuer sur la même lancée. « Nous n’avons pas la volonté
des entreprises en difficulté, des repreneurs, des mandataires d’additionner les associés ou les matières, annonce Benoit Mar-
de justice ou encore des dirigeants. Il travaille, par exemple, sur peau. Si nous nous agrandissons, cela sera bien évidemment sans
le dossier Aristophil. Parmi ses clients : Compagnie des Alpes, compromis sur la qualité. Il faudra des femmes et des hommes
BPCE, Greenflex ou encore Sopexa. qui partagent notre ambition et nos valeurs d’indépendance et de
Aujourd’hui, Dethomas Peltier Juvigny & Associés est com- collégialité. » Le droit social pourrait être l’un des prochains
posé de sept associés, d’une counsel et de quinze collabora- développements. ■
Benoit Marpeau Nicolas Partouche Thibault Reymond
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