É Égliseglise de Tournai - Diocèse de Tournai
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Bureau de dépôt Mouscron – P505076 Editeur responsable : Olivier Fröhlich - Place de l'Évêché, 1 - 7500 Tournai
É
◗ Avril 2020
de
◗ Mensuel n°04
diocese-tournai.be
Église
glise
Tournai
04
2020◗ Sommaire avril 2020 ◗ 04
◗ Notre Evêque nous parle
235 John Henry Newman, pour une Eglise inscrite en son temps (III)
245 La messe chrismale - Agenda de Mgr Harpigny
◗ Avis officiels
248 La messe chrismale - Les prêtres et diacres jubilaires
251 Décret des évêques de Belgique sur le Catéchuménat
255 Nominations - Démission - Décès - Rencontres avec l'Evêque - Collecte diocésaine
◗ Décès
257 Funérailles de l'abbé Nestor Paul
◗ Fabriques d'église et ASBL
262 Révision des obituaires - Réforme du bail à ferme
◗ Conseil Presbytéral
265 Rapport de la rencontre du conseil presbytéral du 5 décembre 2019
◗ Initiation chrétienne et catéchèse
278 Une dynamique réenclenchée : les espaces de partage de vie et d'évangile
◗ Liturgie et pastorale sacramentelle
280 Messe chrismale à Mouscron : le mot du doyen Michel Vermeulen
◗ Pastorale territoriale
282 24h pour Dieu à Tournai-Ouest
◗ Pastorale des jeunes
283 Le festival Choose Life - Marche des jeunes
◗ Pastorale des couples et familles
286 Une Saint-Valentin pas comme les autres
289 Journée des familles à Soleilmont
◗ Pastorale de la santé
290 Saint-Alfred : une institution pleine d'énergie, d'idées et de projets
294 Des nouvelles de la pastorale de la santé
◗ Formation
296 Tournai : après-midi de réflexion avec Dietrich Bonhoeffer
◗ Séminaire
297 Nouvelles du Séminaire
◗ Cathédrale
298 Tournai : le 70e Chemin de Croix du Vendredi-Saint
◗ Art, Culture et Foi
299 Concert à Enghien - La Vierge à l'enfant dans la sculpture en bois du Hainaut
302 Lessines : la procession des pénitents - L'icône de Pâques - Atelier de peinture
306 Blandain : la restauration de la chapelle Saint-Eleuthère
308 Wasmes-Audemez-Briffoeil : des vitraux pour Saint-Martin
312 Des « anges » qui veillent sur la Cathédrale
◗ Solidarité
314 Justice climatique pour Haïti et notre maison commune ! - « Faim de vie »
◗ Pèlerinages
319 Les reliques de sainte Bernadette accueillies à Bon-Secours et Tournai
320 Le catalogue 2020 est disponible
◗ Recensions 322
◗ Mesvin 325
◗ Messes Radio TV 326
234 Eglise de Tournai - avril 2020◗ Notre évêque nous parle
John Henry Newman, pour une Eglise
inscrite en son temps (III)
L’acte de foi, d’après le Concile Vatican II
À Dieu qui révèle est due « l’obéissance de la foi » (Romains 16,26 ; cfr
Romains 1,5 ; 2 Corinthiens 10,5-6), par laquelle l’homme s’en remet tout
entier et librement à Dieu dans « un complet hommage d’intelligence et
de volonté à Dieu qui révèle (Vatican I, De fide catholica, chapitre III) » et
dans un assentiment volontaire à la Révélation qu’il fait. Pour exister, cette
foi requiert la grâce prévenante et aidante de Dieu, ainsi que les secours
intérieurs du Saint-Esprit qui touche le cœur et le tourne vers Dieu, ouvre
les yeux de l’esprit et donne « à tous la douceur de consentir et de croire à
la vérité (IIème Concile d’Orange, canon 7) ». Afin de rendre toujours plus
profonde l’intelligence de la Révélation, l’Esprit Saint ne cesse, par ses dons,
de rendre la foi plus parfaite (Concile Vatican II, Constitution dogmatique sur
la Révélation divine, Dei Verbum, 5).
A l’accueil de la Révélation divine, la Parole de Dieu, la constitution Dei
Verbum, ajoute un n° 6 : Par la Révélation divine, Dieu a voulu se manifester
et se communiquer lui-même ainsi que manifester et communiquer les
décrets éternels de sa volonté concernant le salut des hommes, « à savoir de
leur donner part aux biens divins qui dépassent toute pénétration humaine
de l’esprit (Vatican I, De fide catholica, chapitre II) ».
Le saint Concile reconnaît que « Dieu, principe et fin de toutes choses, peut
être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine à
partir des choses créées » (cfr Romains 1,20) ; mais il enseigne qu’on doit
attribuer à la Révélation « le fait que les choses qui dans l’ordre divin ne
sont pas de soi inaccessibles à la raison humaine, peuvent aussi, dans la
condition présente du genre humain, être connues de tous, facilement, avec
une ferme certitude et sans aucun mélange d’erreur » (Vatican I, De fide
catholica, chapitre II).
Eglise de Tournai - avril 2020 235◗ Notre évêque nous parle
Quelques questions
Nous avons ici un modèle d’équilibre entre l’accueil de la Parole de Dieu
et la connaissance de Dieu par la lumière naturelle de la raison humaine.
En d’autres termes, que voulons-nous dire quand nous disons que nous
croyons ? En quoi consiste notre « acte de foi » ? Il ne s’agit pas seulement
de dire que nous connaissons Dieu comme un « objet » de connaissance. Il
y a autre chose qui se passe en nous.
Au XIXème siècle, les penseurs chrétiens ont beaucoup analysé les
« preuves » de l’existence de Dieu ; les « signes » qui accompagnent la
révélation, la Parole de Dieu ; les motifs de crédibilité de la foi ou le chemin
qui nous conduit, dans notre intelligence, dans notre cœur, à poser un acte
de foi ; ou encore la liberté, la volonté qui sont inhérentes à l’acte de foi.
Comment se fait-il que nous puissions chercher longuement Dieu et que,
tout d’un coup, nous affirmons : je crois en Toi, Seigneur ? Avons-nous une
raison, plusieurs raisons pour dire que ce que nous affirmons, je crois en Toi,
Seigneur, est vrai, raisonnable ? Nous sommes même prêts à mourir pour
défendre notre foi. Nous sommes prêts à réclamer la liberté pour affirmer
que nous croyons. Nous sommes prêts à témoigner auprès de ceux qui nous
en demandent compte (1 Pierre 3,15).
Au XIXème siècle, nous avons des philosophes qui cherchent à « démontrer
rationnellement » que Dieu n’existe pas et que, par conséquent, la foi, l’acte
de foi repose sur « rien de rationnel ». Certains diront : l’objet de l’acte de
foi, Dieu, est un « concept vide ».
Quelques éclairages de John Henry Newman
C’est au milieu de ces mouvements d’idées que John Henry Newman va
avancer ses convictions, ses réflexions. Vers l’âge de 70 ans, il publie la
Grammaire de l’assentiment (1870), une longue réflexion sur le fait de
croire, l’acte de foi.
Nous y découvrons plusieurs affirmations ou convictions.
Croire est naturel
L’exergue du titre, Grammaire de l’assentiment, est une citation de saint
Ambroise de Milan (340-397) : Ce n’est pas par la dialectique qu’il a plu à
Dieu de sauver son peuple (De fide ad Gratianum, I,5,42). A quoi Newman
pense-t-il en faisant cette citation ?
236 Eglise de Tournai - avril 2020◗ Notre évêque nous parle
Prenant appui sur les travaux de son maître en philosophie, Aristote (384-
322 avant Jésus-Christ), Newman met davantage l’accent sur la logique de
la vie – appelée rhétorique - plutôt que sur la logique constituée – appelée
dialectique. Aristote veut faire saisir qu’il existe un penser vrai avant même
une science qui formalise la découverte de la vérité.
Dans la recherche de la vérité, tous les hommes ont une raison pour dire
que c’est vrai, mais tous ne peuvent pas donner des raisons pour démontrer
que c’est vrai.
Il en va de même dans la certitude religieuse : celle-ci ne diffère pas de la
question générale de la possibilité d’arriver à la certitude en soi.
A partir de cette manière de voir, on peut constater que tenter de prouver
l’existence de Dieu sur le terrain de la raison dialectique, faire de Dieu
l’objet d’une démonstration, ne convainc pas parce que, dans cette
démonstration, Dieu reste un « objet » extérieur à nous, à moi. On est en
dehors de la logique de la vie. On est en face d’un discours scientifique « en
dehors de moi ».
Si on lit Augustin d’Hippone (354-430), on découvre que Dieu est plus
intime à nous-mêmes que nous ne le sommes. On ne peut parler de Dieu
en vérité que dans la mesure où on parle de soi-même, à titre de témoin, ou
de pièce à conviction.
Dans un texte très fort, Newman dit : Je suis catholique en vertu de ma
croyance en Dieu ; si l’on me demande pourquoi je crois en Dieu, je réponds :
c’est parce que je crois en moi-même. Car je sens qu’il est impossible de
croire en ma propre existence (fait dont je suis certain) sans croire aussi à
l’existence de Celui qui vit dans ma conscience comme un Etre personnel,
qui me voit et qui me juge totalement (Apologia pro vita sua, 1864, 1865,
1869).
Il faut partir de soi-même, de sa propre existence, pour démontrer
l’existence de Dieu
Comme je l’ai déjà dit, l’existence de Dieu est pour moi aussi certaine que
mon existence propre, même si, lorsque j’essaie de donner une forme logique
aux bases de cette certitude, je n’y parviens pas de façon satisfaisante selon
les règles de l’art. N’était cette voix qui parle si clairement en ma conscience
et en mon cœur, je serais devenu athée, panthéiste ou polythéiste après
avoir contemplé le monde (Apologia).
Eglise de Tournai - avril 2020 237◗ Notre évêque nous parle
La devise choisie à l’occasion de la création de Newman comme cardinal
est : Cor ad cor loquitur, le cœur parle au cœur. Il s’agit en premier lieu
de donner à aimer ce que l’on veut montrer. Nous croyons parce que nous
aimons. Si l’amour est la porte de la certitude religieuse, il s’ensuit qu’il nous
faut apprendre à bien aimer pour être capable de voir la vérité quand elle se
montre à nous.
C’est ici que Newman parle de la conscience comme d’une voix : Nous
avons coutume de parler de la conscience comme d’une voix ; terme que
nous n’aurions jamais l’idée d’appliquer au sens du beau ; et qui plus est,
une voix, ou l’écho d’une voix impérative et contraignante, comme ne l’est
aucun autre commandement dans toute notre expérience (Grammaire de
l’assentiment).
Il y a une voix en nous qui nous assure de l’existence de quelque chose qui
dépasse la terre. Nous ne pouvons analyser, définir et contempler ce qui
nous parle ainsi en un murmure. Cela n’a ni contour ni forme tangible. C’est
cela qui dans notre cœur nous incite à la religion et condamne et châtie le
péché. Et cette aspiration de notre nature est accueillie et soutenue ; elle
trouve un objet sur lequel se reposer lorsqu’elle entend parler de l’existence
d’un Créateur Tout-puissant et miséricordieux. Elle nous incite à adopter une
noble foi en l’invisible (Sermons paroissiaux, 21 mai 1837).
La conscience est aussi une émotion : La conscience, également,
considérée comme un sens moral, comme un sentiment intellectuel, est
aussi un sens d’admiration et de dégoût, d’approbation et de blâme ; mais
elle est toujours quelque chose de plus qu’un sens moral ; elle est toujours
émotionnelle, ce que le sens du Beau n’est que dans certains cas. Rien
d’étonnant dès lors à ce qu’elle implique ce que ce sens n’implique que
quelquefois ; à savoir : qu’elle implique toujours la reconnaissance d’un
objet vivant vers lequel elle est toujours orientée. Les choses inanimées sont
incapables d’éveiller nos affections ; celles-ci sont en corrélation avec des
personnes. Nous n’éprouvons pas de l’affection vis-à-vis d’une pierre, pas
plus que de la honte devant un cheval ou un chien ; ni du remords, ni du
regret après avoir transgressé une loi purement humaine ; et pourtant, c’est
un fait, la conscience excite toutes ces émotions pénibles ; la confusion, les
mauvais pressentiments, la condamnation de soi-même ; en sens contraire,
elle répand sur nous une paix profonde, un sentiment de sécurité, une
résignation et une espérance, qu’aucun objet sensible, aucun objet terrestre
n’est capable de susciter (Grammaire de l’assentiment).
238 Eglise de Tournai - avril 2020◗ Notre évêque nous parle
C’est en s’appuyant sur ce type d’analyse et sur bien d’autres
sources que Vatican II dit : Au fond de sa conscience, l’homme découvre
la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il
est tenu d’obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir
le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de
son cœur : « Fais ceci, évite cela ». Car c’est une loi inscrite par Dieu au
cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir, et c’est elle qui le jugera. La
conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul
avec Dieu et où sa voix se fait entendre (Constitution pastorale de l’Eglise
dans le monde de ce temps, Gaudium et spes, n° 16).
Cette expérience est universelle. D’où l’expression newmanienne : le
fait de croire est quelque chose de « naturel ».
On a raison de croire
L’acte de croire dépasse toujours ses raisons. Cela ne veut pas dire
qu’il est sans raisons, mais ces raisons ne sont pas du type syllogistique,
ou réductibles à une logique pure. Newman parle du « sens illatif », une
sorte de tact ou d’instinct intellectuel, un jugement droit qui nous mène à la
certitude, en nous faisant saisir spontanément, implicitement, une multitude
de probabilités convergentes. C’est une sorte de pivot de notre vie mentale,
car sans lui nous ne pourrions jamais être sûrs de rien, même pas que nous
ne sommes pas sûrs.
Newman donne, à ce sujet, un exemple. A un juge plein de bon sens, on
conseillait ceci : donnez vos décisions avec confiance, mais n’avancez pas
vos raisons : dix fois sur une, vos décisions seront justes, cent fois sur une
vos arguments seront mauvais.
L’acte de croire est toujours personnel. En ce domaine on ne peut parler
que pour soi, et personne d’autre ne peut le faire à notre place : Si ce n’est
pas moi qui y vais, personne d’autre n’ira pour moi. Ce « thème » traverse
l’ensemble de la Grammaire de l’assentiment.
Au fondement de notre acte de foi, il y a le sens que nous donnons au
mot « Dieu », avant de croire qu’Il nous parle.
Eglise de Tournai - avril 2020 239◗ Notre évêque nous parle
La pensée de Newman dans la recherche théologique du XXème
siècle, avant Vatican II
Regardons maintenant comment la pensée de Newman pourrait être
intégrée dans la longue présentation de ce qu’on entend par « acte de
foi ». Roger Aubert (1914-2009), professeur au Séminaire de Malines, a
présenté, en 1945, à la Faculté de Théologie de l’Université Catholique
de Louvain, une thèse de maîtrise intitulée : Le problème de l’acte de foi,
Données traditionnelles et résultats des controverses récentes. Je dispose de
la deuxième édition de 1950, XVI + 806 pages. A la Faculté de Théologie, la
thèse de maîtrise vient après la thèse de doctorat.
Après avoir, dans une première partie, parcouru l’évolution de la doctrine
de l’Eglise jusqu’au Concile Vatican I (1870), Roger Aubert fait, dans une
deuxième partie, l’état de la question en vue de proposer une élaboration
spéculative. Des théologiens, qui abordent l’acte de foi, trouvent en Maurice
Blondel (1861-1949) une source féconde.
Parmi eux nous avons le Père Lucien Laberthonnière (1860-1932), prêtre
de l’Oratoire, dont Paul Scolas a scruté la pensée avec patience (L’idée de
Dieu chez Lucien Laberthonnière, Faculté de Théologie, Université Catholique
de Louvain, 1979). Pour appuyer le développement de leurs recherches, ces
théologiens cherchent des garants traditionnels. Newman fait partie de ceux-
ci. Roger Aubert établit une synthèse de la pensée de Newman, mais, en
même temps, il constate que ceux qui se réfèrent à lui n’ont pas bien saisi
le raisonnement de son ouvrage : Grammaire de l’assentiment (Acte de foi,
p. 343-356).
Le jésuite Pierre Rousselot (1878-1915) dit, lui aussi, qu’il se réfère à
Newman. Roger Aubert estime qu’il n’envisage pas l’ensemble de l’œuvre
de Newman.
Après avoir analysé les théologiens de France, Aubert se tourne vers les
théologiens du monde germanique, qui comprennent mieux que les Français
la pensée de Newman.
Parmi eux, nous avons le jésuite Erich Przywara (1889-1972), partisan du
principe de polarité, qui voit dans la réalité la synthèse d’aspects opposés
dont l’esprit cherche à retrouver l’unité profonde.
240 Eglise de Tournai - avril 2020◗ Notre évêque nous parle
Il est à la fois le disciple de trois maîtres aux tendances apparemment
divergentes, Augustin d’Hippone, « le penseur des profondeurs chrétiennes »,
Thomas d’Aquin (1224/1225-1274) « le penseur de la totalité systématisée »,
et Newman, le moderne préoccupé des formes concrètes et spontanées de
la pensée.
Philosophe plutôt que théologien, Przywara s’intéresse surtout au problème
de la connaissance de Dieu, mais la question de la foi à une révélation positive
le retient également. Il croit pouvoir y distinguer, à la suite de Newman, trois
étapes.
Première étape : A l’origine, une orientation religieuse de l’homme est
indispensable. Il s’agit d’une prise de conscience de sa véritable situation
de créature et de créature pécheresse, engendrant en lui des dispositions
d’humilité et de soumission intellectuelle en face de la Personne de son
Créateur, et lui faisant espérer de la libre bonté de Dieu un secours auquel il
sait bien n’avoir aucun droit.
Deuxième étape : Alors, mais alors seulement, intervient l’enquête
positive, qui amènera à la reconnaissance du Messie envoyé par Dieu et
accrédité par des miracles. Przywara est fort hostile à toute apologétique
qui voudrait se borner à comparer le christianisme aux besoins religieux de
l’homme et c’est pourquoi il réagit si vivement contre toute interprétation
modernisante de Newman : un examen par l’intelligence des preuves
positives est indispensable et Newman l’avait bien vu. Seulement, il ne faut
pas confondre cet examen avec la connaissance scientifique et systématique
qui s’exprime dans des preuves rationnelles (…). C’est un des grands mérites
de Newman d’avoir minutieusement étudié cette forme de connaissance
complexe, vivante, spontanée, concrète, formellement intellectuelle, mais
impliquant aussi une attitude totale, faite d’amour et de simplicité.
Troisième étape : Après que l’esprit, grâce aux dispositions intellectuelles,
morales et religieuses nécessaires, a reconnu à la suite de l’examen des
motifs de crédibilité que le message chrétien s’impose à lui comme la parole
même de Dieu, il s’incline librement, il s’abandonne à Dieu. C’est la troisième
étape, l’acte de foi proprement dit, jusqu’à la vision qui se trouve au terme.
La racine de cet acte de foi est à chercher, non dans une évidence ou une
intuition, mais dans une soumission respectueuse et dans un amour envers
la personne du Créateur. Newman insiste fort sur le fait que la foi s’adresse
à une personne concrète et que c’est du contact aimant de personne à
personne que jaillit la confiance qui la fonde.
Eglise de Tournai - avril 2020 241◗ Notre évêque nous parle
De même qu’elle n’a pas pour objet dernier un système de doctrine mais la
Personne divine qui se révèle à travers ces doctrines, la foi ne se réfère pas
à des preuves mais à une personne (Acte de foi, p. 569-575).
Après l’état de la question, Roger Aubert en vient, dans une troisième partie,
aux perspectives d’avenir pour une élaboration spéculative. A la question :
comment le motif de foi est-il atteint, deux aspects sont évoqués : la
perception surnaturelle du motif de foi ; et la justification rationnelle de
l’acte de foi.
C’est dans ce second aspect que la position de Newman est intéressante :
Cet établissement de la rationalité de la foi ne constitue pas seulement une
fonction défensive de celle-ci ; il a à remplir également, dans beaucoup de
cas de conversions, comme « removens prohibens », un rôle préparatoire
important. La longue enquête intellectuelle d’un Newman, par exemple, qui
se sentait poussé depuis des années vers Rome par tout le fond de son
être, s’explique par là ; sa raison exigeante demandait, et elle en avait le
droit, que les obstacles intellectuels soient au préalable écartés. Mais, en
interrompant brusquement par une longue série de points de suspension
l’argumentation de son « Essai sur le développement », pour l’achever par le
magnifique acte de foi en l’Eglise catholique que constitue l’adjuration finale
au lecteur, il figure très bien, par cette disposition du texte, la différence qu’il
y a entre l’instruction préparatoire à la cause, qui a pu être longue et difficile,
et le caractère simple et instantané de la sentence (Acte de foi, p. 747).
Roger Aubert donne cette interprétation de la pensée de Newman en 1945,
dans une thèse universitaire considérée comme une référence incontournable.
Quelques témoins actuels de la pensée de Newman
Depuis lors, bien des études sur Newman ont vu le jour. Nous savons que le
Cardinal Joseph Ratzinger voyait dans l’œuvre de Newman des possibilités
fécondes qui attendent d’être développées (1990).
Le Catéchisme de l’Eglise catholique (1997) a une première section : Je
crois – Nous croyons. Au chapitre III, La réponse de l’homme à Dieu, l’article
1 : Je crois comporte en III : Les caractéristiques de la foi. Au n° 157 on lit :
242 Eglise de Tournai - avril 2020◗ Notre évêque nous parle
La foi est « certaine », plus certaine que toute connaissance humaine, parce
qu’elle se fonde sur la Parole même de Dieu, qui ne peut pas mentir. Certes,
les vérités révélées peuvent paraître obscures à la raison et à l’expérience
humaines, mais « la certitude que donne la lumière divine est plus grande
que celle que donne la lumière de la raison naturelle. Il s’agit d’une citation
de Thomas d’Aquin. Le texte continue : Dix mille difficultés ne font pas un
seul doute. Il s’agit d’une citation de Newman, Apologia pro vita sua.
Dans l’encyclique Lumen fidei (29 juin 2013), le Pape François écrit :
L’unité de la foi est donc celle d’un organisme vivant, comme l’a bien
remarqué le bienheureux John Henry Newman lorsqu’il comptait, parmi les
notes caractérisant la continuité de la doctrine dans le temps, sa capacité
d’assimiler tout ce qu’elle trouve dans les divers milieux où elle est présente
et les différentes cultures qu’elle rencontre, purifiant toute chose et la portant
à sa parfaite expression. Ainsi la foi se montre universelle, catholique, parce
que sa lumière grandit pour illuminer tout le cosmos et toute l’histoire (n°
49).
Dans l’exhortation apostolique Evangelii gaudium (24 novembre
2013, il écrit : Il est évident que s’est produite dans certaines régions
une « désertification » spirituelle, fruit du projet de sociétés qui veulent
se construire sans Dieu ou qui détruisent leurs racines chrétiennes.
Là « le monde chrétien devient stérile, et s’épuise comme une terre
surexploitée, qui se transforme en sable » (n° 86). Le Pape cite Newman,
Letter of 26 January 1833, dans The Letters and Diaries of John Henry
Newman, III, Oxford, 1979, p. 204.
Pour rédiger cet éditorial, je me suis inspiré de l’ouvrage Le cardinal Newman,
La sainteté de l’intelligence, Etudes réunies par Jean-François Armogathe,
Parole et Silence, 2019, Communio, 2019 :
- Hermann GEISSLER, La doctrine sur la conscience, p. 175-193
- Gregory SOLARI, La croyance au naturel, p. 195-209
- Irène FERNANDEZ, On a raison de croire, p. 211-224
Roger AUBERT, Le problème de l’acte de foi, Données traditionnelles et
résultats des controverses récentes, Louvain, 2e édition, Warny éditeur,
1950.
Eglise de Tournai - avril 2020 243◗ Notre évêque nous parle
Je remercie vivement le Père Ferdinand POSWICK, moine de l’abbaye de
Maredsous, de m’avoir envoyé le 13 février 2020 : John Henry Newman,
Ecrits oratoriens, Edités avec une étude introductive sur la continuité entre
son ministère sacerdotal anglican et son ministère sacerdotal catholique
par Dom Placid Murray, o.s.b., moine de Glenstal Abbey. Traduction par
Dom R.-Ferdinand Poswick, o.s.b., moine de l’abbaye de Maredsous, Paris,
Lethielleux, 2010.
Bonne fête de Pâques à tous, en particulier aux catéchumènes qui ont fait
une belle profession de foi lors de la célébration de la veillée pascale !
244 Eglise de Tournai - avril 2020◗ Notre évêque nous parle
Eglise de Tournai - avril 2020 245◗ Notre évêque nous parle
Agenda de Mgr Harpigny - Avril 2020
Mercredi 1er 15h Fondation Dignity, Bruxelles
Jeudi 2 11h30 Conférence épiscopale, Malines
Vendredi 3 au mercredi 8 Vénération des Reliques de sainte Bernadette, en la Basilique de
Bon-Secours
Vendredi 3 9h Conseil épiscopal
Dimanche 5 Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur
10h Procession des Rameaux depuis l’église Saint-Quentin à Tournai et
Eucharistie en la Cathédrale
Lundi 6 avril 14h Rencontre avec les confirmands de l’Unité Pastorale de Tournai-
Centre, en retraite au Foyer Saint-Charles à Wez-Velvain
Mardi 7 18h Messe chrismale, en l’église du Bon Pasteur (Nouveau Monde),
à Mouscron
Mercredi 8 au mardi 14 Vénération des Reliques de sainte Bernadette, en la Cathédrale
Mercredi 8 17h Vénération des Reliques de sainte Bernadette, en la Cathédrale
Jeudi 9 Jeudi Saint
19h Eucharistie en mémoire de la Cène du Seigneur, en la Cathédrale
Vendredi 10 Vendredi Saint
9h Office des Lectures, en la Cathédrale
15h Célébration de la Passion et de la Mort du Seigneur,
en la Cathédrale
20h Chemin de Croix public, à Tournai
Samedi 11 Samedi Saint
9h Office des Lectures, en la Cathédrale
21h Veillée et eucharistie pascale, avec célébration des sacrements
de l’initiation chrétienne, en la Cathédrale
Pâques
Dimanche 12 10h Eucharistie solennelle de Pâques, en la Cathédrale
Lundi 13 11h Eucharistie du lundi dans l’Octave de Pâques, en la Cathédrale
Mardi 14 10h Départ des Reliques de sainte Bernadette de la Cathédrale
11h Eucharistie du mardi dans l’Octave de Pâques, en la Cathédrale
14h30 Bureau du Conseil presbytéral, Mesvin
Mercredi 15 11h Eucharistie du mercredi dans l’Octave de Pâques, en la Cathédrale
Jeudi 16 11h Eucharistie du jeudi dans l’Octave de Pâques, en la Cathédrale
Vendredi 17 11h Eucharistie du vendredi dans l’Octave de Pâques, en la Cathédrale
Samedi 18 10h Eucharistie du samedi dans l’Octave de Pâques, en la Cathédrale
Dimanche 19 10h Eucharistie du IIème dimanche de Pâques ou de la Miséricorde,
avec les Néophytes, en la Cathédrale
246 Eglise de Tournai - avril 2020◗ Notre évêque nous parle
Lundi 20 Journée réservée aux prêtres
Mardi 21 14h Conseil de fabrique de l’église cathédrale
Jeudi 23 10h30 Rencontre avec les responsables des Points de contact de Belgique
francophone, Bruxelles
Vendredi 24 9h Conseil épiscopal
Dimanche 26 10h Eucharistie du IIIème dimanche de Pâques avec célébration de la
profession de foi, de la confirmation et de l’eucharistie-source en
l’église Saint-Jacques, à Tournai
Lundi 27 10h Rencontre avec les prêtres ordonnés, depuis moins de dix ans à
Tournai (Abbaye de Soleilmont, Fleurus)
Mardi 28 Journée réservée aux prêtres
Eglise de Tournai - avril 2020 247◗ Avis officiels
La messe chrismale
Elle sera célébrée le mardi saint 7 avril 2020 à 18 heures en l’église
du Nouveau-Monde à Mouscron.
La messe chrismale est, au plan diocésain, une célébration qui accueille
cette année les jeunes invités par le service des vocations, le service
pastoral des jeunes et le service des acolytes. Les jeunes confirmands
sont les bienvenus. Merci de les accompagner dans leur démarche de foi.
Renseignements pratiques
La messe chrismale sera célébrée en l’église du Bon Pasteur à Mouscron le
mardi saint 7 avril 2020 à 18 heures (rue de Nieuport, 941). Parking dans
les rues autour de l'église.
Messieurs les curés ou leurs délégués sont invités à déposer leurs coffrets
pour les saintes huiles avant 17h45 à la salle du Bon Pasteur (rue du
Nouveau Monde, à 50 m de l'église) où les prêtres et les diacres, munis
d’une aube et d’une étole blanche, pourront s’habiller.
Après la célébration, tous les participants sont invités à la réception
(sandwiches et boissons), qui aura lieu dans cette même salle du Bon
Pasteur.
Soyez tous les bienvenus. Nous serons heureux de féliciter les prêtres et
diacres jubilaires.
+ Guy Harpigny
Evêque de Tournai
248 Eglise de Tournai - avril 2020◗ Avis officiels
Les prêtres et diacres jubilaires de
l'année 2020
◗ Les prêtres
Fête ses 5 années d’ordination (2015)
Jacques DELVA
Fêtent leurs 10 années d’ordination (2010)
Christian CHUMA FAKAGE NTAKOBANJIRA, Cédric LEMAIRE, Ihor
NAKONECHNYY
Fêtent leurs 15 années d’ordination (2005)
Blaise AFWANISU, Henri KAMALONDO KAYUMYA, Lucien Pharel MASSENGO,
Auguste NYITU NGOMA
Fêtent leurs 20 années d’ordination (2000)
Pierre DEPELCHIN, Danny-Pierre HILLEWAERT, Pascal LAPLANCHE, José-
Adélard MATOKO KHONDE, Luc MOREST, Michel PLEYIERS, Pierre-Célestin
SIMPUNGA
Fêtent leurs 25 années d’ordination (1995)
Philippe DALOZE, Jean GEORGE, José KAKPO MBUI, Marc LAMOTTE,
Amand LODI, Richard MOKUBA BABE
Fêtent leurs 30 années d’ordination (1990)
Norbert-Auguste KITOUMOU-BOUNTSOUEKI, Jean-Pierre LORETTE,
Krzysztof NOWAK, Xavier NYS, Jérôme PULULU, Yves VERFAILLIE
Fêtent leurs 35 années d’ordination (1985)
André CARDINAEL, Marc LECOMTE, Ignace LEMAN, Zbigniew (André)
LUCZAK, André OMEONGA, Philippe PETRE, Pierre (P.Daniel) VAN CALOEN
Fêtent leurs 40 années d’ordination (1980)
Pierre DESSY, Christian DUBOIS
Fêtent leurs 50 années d’ordination (1970)
Arthur BUEKENS, Jean DEMAY, Germain DUFOUR, Michel HUBAUT, Charles
LIENARD, Michel VAN HERCK
Eglise de Tournai - avril 2020 249◗ Avis officiels
Fêtent leurs 55 années d’ordination (1965)
Jean-Marie DE BACKER, Hubert DECKERS, Jean-Marie FOURNEAU, Louis
MOTTOUL
Fêtent leurs 60 années d’ordination (1960)
Jacques BLANPAIN, Jean-Marie BOUDART, Gérard DAEREN, Michel
DONNET, Jean FRANKEN, Alberto GRUSON, Paul GUISSET, Gustave
MATHOT, Francis ROSSIGNOL, Michel VANDEWALLE
Fêtent leurs 65ème années d’ordination (1955)
Pierre LEFEBURE, Jean MARIAGE, Pierre THERASSE
Fêtent leurs 70 années d’ordination (1950)
André DE BOCK, Max HENRY, Jacques LEFEBURE, André VESTERS
◗ Les diacres
Fêtent leurs 5 années d’ordination diaconale (2015)
Pierre BERNARD, Patrick BRISON
Fêtent leurs 10 années d’ordination diaconale (2010)
Philippe DEMETS, Marc VAN HOLLEBEKE
Fête ses 15 années d’ordination diaconale (2005)
Pierre MEURISSE
Fête ses 30 années d’ordination diaconale (1990)
Jean BAELE
Fête ses 35 années d’ordination diaconale (1985)
Angelo MACCHIA
Bon anniversaire et sincères félicitations !
250 Eglise de Tournai - avril 2020◗ Avis officiels
Décret des Evêques de Belgique
sur le Catéchuménat
Canon 788 § 3
Il appartient à la Conférence des évêques d'éditer des statuts qui
organiseront le catéchuménat, en déterminant ce qui est requis des
catéchumènes et en définissant les prérogatives qui leur sont reconnues.
1. Toute personne ayant 14 ans accomplis qui souhaite être baptisée
dans la province ecclésiastique en Belgique doit suivre le chemin du
catéchuménat, tel que prévu par le Rituel de l’initiation chrétienne
des adultes, le droit canon (can. 206, 788, 1170, 1183 §1) et le
Catéchisme de l'Église catholique (n°1229-1233, 1247-1249). Lors de
l’entrée liturgique dans la communauté ecclésiale par le rite d’entrée
en catéchuménat (RICA 14-15, 18), le candidat au baptême est appelé
catéchumène.
2. L'entrée d’un candidat en catéchuménat est portée à la connaissance
de l’évêque (et de son délégué, le responsable pour le catéchuménat
nommé par l’évêque). Son nom est inscrit dans un unique registre tenu
par le service du catéchuménat concerné près de la Curie diocésaine
(cf. can. 788 §1).
3. Lorsqu’un candidat s’est fait connaître, le curé confiera son
accompagnement à un chrétien initié au cheminement catéchuménal.
Au moment de l’entrée en catéchuménat, en concertation avec le curé,
l’accompagnateur constituera une petite équipe de fidèles autour du
candidat. Selon l’avancement du cheminement, le catéchumène sera
progressivement introduit dans la communauté chrétienne locale.
4. Par leur inscription au catéchuménat, les catéchumènes ont le droit
d’être admis à la liturgie de la parole de Dieu et aux autres célébrations
liturgiques non réservées aux fidèles chrétiens. Ils peuvent être
présents à la célébration eucharistique, mais sans participer activement.
Leurs autres droits sont les suivants : le droit de pouvoir recevoir des
bénédictions (canon 1170 du CDC) et certains sacramentaux (les
cendres, les cierges, les rameaux, les scapulaires, médailles et crucifix) ;
le droit aux obsèques ecclésiastiques (canon 1183 § 1 du CDC et
canon 875 du CCEO) ; le droit d’agir en justice comme tout baptisé
(canon 1476 du CDC et canon 1134 du CCEO) ; ils peuvent s’inscrire
à des associations ou mouvements d’apostolat, selon les dispositions
Eglise de Tournai - avril 2020 251◗ Avis officiels
des Statuts (canon 307 du CDC et canon 578 du CCEO) ; le droit de
s’inscrire dans l’Église latine ou dans n’importe quelle Église orientale
sui juris (canon 588 du CCEO) ; le droit de recevoir le baptême si
celui-ci est demandé par ceux qui sont dûment disposés à le recevoir
(canon 865 §1 du CDC et canon 682 §1 du CCEO). Dans le cas où
serait contracté un mariage, entre deux catéchumènes ou entre un
catéchumène et une personne baptisée, on suivra les prescriptions de
l’Ordo Celebrandi Matrimonium.
5. Il revient à l'évêque d'autoriser le catéchumène à être baptisé. À cette
fin, le catéchumène écrira une lettre à l'évêque ou à son délégué
préalablement à l’appel décisif. L'évêque discernera en vue de sa
décision sur base de cette lettre, et/ou sur base d’une entrevue avec
le candidat, après avoir consulté les personnes qui accompagnent le
catéchumène.
6.1 Les temps et les étapes du catéchuménat doivent être suivis comme
le prescrit le rituel.
L’entrée en catéchuménat a lieu lorsque le candidat est prêt. Si on le
juge souhaitable, cela peut être proposé lors d’une rentrée paroissiale,
d’une activité communautaire ou le premier dimanche de l’Avent.
6.2 Le deuxième temps, de l’entrée à l'appel décisif, dure normalement
au moins un an pour que le catéchumène ait participé à toute une
année liturgique et qu’il ait eu un temps suffisant de conversion et de
maturation. L’appel décisif a lieu liturgiquement le premier dimanche
de Carême.
6.3 Durant le Carême, plusieurs dimanches comportent un rite propre
au catéchuménat, en particulier trois scrutins qui sont basés sur les
évangiles de l’année liturgique A et la tradition (et la reddition) du
Credo et celle du Notre Père.
7. Les sacrements d’initiation sont conférés au cours de la Veillée pascale.
Trois modèles sont possibles :
- célébration du baptême, de la confirmation et de l’eucharistie par
l’évêque dans la cathédrale ou dans une autre église;
- célébration du baptême, de la confirmation et de l’eucharistie par le
curé ou le prêtre délégué à cet effet par l’évêque diocésain dans la
paroisse du catéchumène ;
- célébration du baptême et de la première communion par un prêtre ou
un diacre dans la paroisse du catéchumène durant la veillée pascale,
suivie de la confirmation par l’évêque dans la cathédrale lors de la
Pentecôte.
252 Eglise de Tournai - avril 2020◗ Avis officiels
8. Après la célébration des sacrements de l’initiation dans la veillée
Pascale, le temps de la mystagogie se poursuit jusqu’à la Pentecôte.
Le néophyte poursuit sa croissance dans la liturgie et la communauté
ecclésiale durant ce temps. Durant toute la première année, les
néophytes continuent de recevoir une attention particulière.
9. L'évêque diocésain est le ministre ordinaire du sacrement de baptême
des adultes et de la confirmation, même s’il peut mandater un évêque
auxiliaire, un prêtre pour cette tâche ou un diacre pour le baptême.
« Le baptême des adultes, au moins de ceux qui ont quatorze ans
accomplis, sera déféré à l’Evêque diocésain pour qu’il l’administre
lui-même, s’il le juge opportun » (can. 863). Dans le cas où l’évêque
mandate un évêque auxiliaire ou un prêtre pour le baptême d’un adulte,
celui-ci a de plein droit la faculté d’administrer la confirmation à la
personne concernée (cf. can. 883, 2°).
10. L'organisation concrète du catéchuménat, en conformité avec les
exigences du rituel est une compétence diocésaine, sauf pour ce qui
relève de la Conférence des évêques. Chaque diocèse ou vicariat
de notre province ecclésiastique dispose, à cet égard, d’un service
diocésain ou vicarial pour le catéchuménat, avec un responsable
nommé par l’évêque. Au niveau interdiocésain, la compétence
en matière de catéchuménat est exercée par les commissions
interdiocésaines pour la catéchèse (CIC et ICC), qui peuvent faire le
lien avec les commissions interdiocésaines de liturgie.
11. Quand subsistent des doutes sur le fait de savoir si le mariage ou toute
autre situation de vie d’un catéchumène fait obstacle à son baptême,
l'évêque, après avoir soupesé les facteurs objectifs et subjectifs, prend
en dernier ressort une décision fondée « sur base d’un discernement
pastoral adapté au bien spirituel » du candidat (Amoris Laetitia, n° 249).
L'ouverture et la transparence de la part du catéchumène lui-même en
sont les conditions.
12. Il peut être dérogé au présent décret dans des cas exceptionnels,
lorsque la situation pastorale, civile ou humaine du candidat l’exige.
L'évêque diocésain en décide le cas échéant.
Eglise de Tournai - avril 2020 253◗ Avis officiels
Ce décret prend cours le 1 er septembre 2020, début de la nouvelle année
pastorale 2020-2021.
Malines, le 9 janvier 2020, réunion de la Conférence des évêques de Belgique
+ Jozef Cardinal De Kesel Monseigneur Herman Cosijns
Archevêque de Malines-Bruxelles Secrétaire général
Président de la Conférence des de la Conférence des évêques
évêques de Belgique de Belgique
254 Eglise de Tournai - avril 2020◗ Avis officiels
◗ Nominations
• Mademoiselle Véronique JAMBE est nommée secrétaire particulière de
Mgr Harpigny, secrétaire du conseil épiscopal et chancelier du diocèse de
Tournai.
• Mr l’abbé Ernest PONTIEN TAMBWE, du diocèse d’Isiro-Niangara, est
nommé vicaire pour l’unité pastorale de Beloeil-Bernissart.
◗ Démission
Mgr Harpigny a accepté la démission pour départ à la retraite de Maryse
HARVENGT comme secrétaire particulière de Mgr Harpigny, secrétaire
du conseil épiscopal, porte-parole et chancelier du diocèse de Tournai.
◗ Décès
• Mr l’abbé Aymar MICHIELS, né le 30 janvier 1926, ordonné prêtre le
11 juin 1949 à Bruges.
Professeur et directeur du Collège Saint-Henri à Comines de 1949 à
1976, curé de la paroisse Saint-Joseph à Ostende.
Il est décédé à Ostende le 15 février 2020.
La célébration eucharistique de ses funérailles s’est déroulée le vendredi
21 février 2020 en l’église Saint-Joseph à Ostende. Elle a été suivie de
l’inhumation dans le cimetière d’Ostende.
• Mr l’abbé Nestor PAUL, né le 8 mai 1924 à Fontaine-L’Evêque, ordonné
prêtre le 27 juillet 1947 à Tournai.
Professeur au collège Notre-Dame de Bon-Secours et professeur
de religion à l’Institut du Sacré-Cœur à Binche, vicaire à Ressaix,
aumônier des Œuvres du Centre, membre de l’Equipe d’aumônerie des
Mouvements du Hainaut-Centre, membre de l’Equipe presbytérale de
l’UP de Binche-Estinnes.
Il est décédé le 24 février 2020 à Lobbes.
La célébration eucharistique de ses funérailles s’est déroulée le samedi
29 février en l'église du Sacré-Cœur à Binche. Elle a été suivie de
l'inhumation dans le caveau familial à Fontaine-l'Evêque.
Eglise de Tournai - avril 2020 255◗ Avis officiels
◗ Journées de rencontre avec l’Evêque
Chers Prêtres,
En lien avec le décret 53 du chapitre III du Cahier des Décrets synodaux,
Mgr Harpigny réserve les dates des lundi 20 avril et mardi 28 avril pour
parler avec les prêtres qui demandent à le rencontrer personnellement.
Dans la mesure du possible, Mgr Harpigny rencontrera à leur domicile,
les prêtres qui éprouvent des difficultés à se déplacer.
Vous êtes invités à prendre le rendez-vous auprès de Véronique Jambe
par mail à véronique.jambe@evechetournai.be ou par téléphone au
069/45 26 59. Merci.
◗ Collecte diocésaine de mars 2020
2ème Collecte du Carême de partage (4 et 5 avril 2020)
Entraide et Fraternité est l’organisme mandaté par les Evêques de Belgique
pour soutenir la coopération au développement de l’Eglise catholique et
animer la campagne de carême. Elle soutient annuellement près de 100
actions de développement dans une vingtaine de pays du Sud.
Chaque année durant la période de Carême, Entraide et Fraternité
organise une campagne de sensibilisation liée à un thème important pour
marquer notre solidarité avec des projets dans les pays les plus pauvres
de la planète.
Soyons solidaires et soutenons le projet d’Entraide et Fraternité pour que
« notre Terre tourne plus juste ».
Vous pouvez aussi verser votre don directement sur le compte
BE68 0000 0000 3434 d’Entraide et Fraternité (attestation fiscale pour
tout don de 40 € minimum par an).
◗ Retraite des prêtres
La retraite des prêtres du diocèse de Tournai se déroulera à l’abbaye de
Scourmont (Chimay) du 23 au 29 août 2020. Elle sera animée par le Père
Armand Veilleux, Père abbé émérite. Le thème qu’il nous propose est :
« Notre croissance dans le Christ en vue de la Mission ».
Pour vous inscrire :
Abbé Yves Verfaillie - rue de l’Eglise, 28 - 7321 Blaton
Tél. et fax : 069 /56 10 15 - Adresse courriel : yves-verfaillie@skynet.be
256 Eglise de Tournai - avril 2020◗ Décès
◗ Funérailles de l’abbé Nestor Paul
Homélie prononcée par l’abbé Etienne Mayence lors des
funérailles célébrées le 29 février 2020 en l'église du Sacré-
Cœur de Binche.
Notre ami Nestor nous a quittés ou plutôt, il est maintenant
dans le cœur de Dieu. Nous sommes nombreux autour
de lui ce matin pour lui témoigner une dernière fois notre
sympathie. Nous sommes tristes. Mais je crois aussi que nous
sommes dans la paix. Quand on allait voir Nestor dans les
derniers temps et qu’on lui demandait : « Nestor, ça va ? »
Il répondait : « Vieillement ». Il ajoutait avec un sourire :
« J’attends la mort ».
Les témoignages que nous avons entendus au début de cette célébration
sont éloquents. Et nous avons tous, je suis certain, beaucoup à partager
sur tout ce que nous avons reçu de Nestor. En général, lorsque quelqu‘un
est décédé, on lui découvre tout à coup plein de qualités. Mais vous serez
d’accord avec moi pour dire que, même de son vivant, nous ne disions de
Nestor que du bien. Quelle belle personnalité. Ce n’est pas par hasard si
son totem chez les scouts « Castor », était précisé par l’expression « cœur
d’or ».
Nestor lisait beaucoup. Il avait une grande culture. Il avait une ouverture
d’esprit étonnante. Il savait écouter. Et il était modeste. Il était à l’aise en
toutes circonstances. Les témoignages nous ont rappelé la diversité de
ses engagements. Environ 45 ans dans l’enseignement, puis changement
de cap dans l’engagement dans le monde ouvrier comme aumônier du
mouvement ouvrier chrétien et de ses organisations à La Louvière. Un
engagement au long cours avec les scouts de Thuin avec lesquels il
est resté en lien jusqu’à la fin de la vie. Il a vécu ses derniers camps à
l’approche de ses 90 ans. Quelle capacité d’être aussi à l’aise avec les
intellectuels, des travailleurs, des jeunes et aussi des précarisés.
Nestor était aussi animé par une foi profonde. Il était membre d’une
famille spirituelle, la Famille Cor Unum, formée de 4 branches dont un
institut pour prêtres séculiers. Il y a exercé d’importantes responsabilités.
Il a été ce qu’on appelle premier assistant. Cela l’a conduit à animer des
retraites et des sessions, en Belgique bien sûr, mais aussi en France et
même en Afrique. Ce mouvement spirituel est d’inspiration ignatienne.
Une des phrases fortes de cette spiritualité, c’est « voir Dieu en toute
chose et toute chose en Dieu ». C’est pourquoi le premier texte de saint
Paul, je crois, a été bien choisi. Saint Paul, homme d’action audacieux
mais aussi grand mystique, écrit : « J’en ai la certitude : ni la mort,
Eglise de Tournai - avril 2020 257◗ Décès
ni la vie…, ni le présent, ni l’avenir, rien ne pourra nous séparer de l’amour
de Dieu qui est en Jésus-Christ Notre Seigneur ». Nestor vivait sa foi sans
ostentation, comme tout ce qu’il faisait, modestement, mais avec ténacité.
Nestor a fait longtemps du vélo. C’est en faisant son heure de vélo, avec
l’esprit libéré de tous les soucis et contemplant la belle nature, qu’il faisait
son heure d’oraison quotidienne. Voir Dieu en toute chose et toute chose
en Dieu. Je crois que St Ignace accueille son disciple fidèle avec bonheur !
Le superbe récit des disciples d’Emmaüs parle non seulement des deux
compagnons désespérés. Il parle aussi de nous. Nous sommes aussi
sur la route de la vie, nous ne sommes jamais seuls, Jésus est notre
compagnon de route, mais bien souvent nous ne le reconnaissons pas.
Parfois cependant, nous avons le cœur brûlant d’une présence invisible
que nous reconnaissons à la fraction du pain. Mais je crois que Nestor
avait sur les compagnons d’Emmaüs une longueur d’avance. Nestor avait
bien conscience que Jésus l’accompagnait non seulement quand il célébrait
l’eucharistie mais à tous les moments de son existence.
Nestor est maintenant dans le cœur de ce Dieu qui l’a accompagné tout au
long de son existence. Nous avons à rendre grâce, c’est-à-dire dire merci
à Dieu : il a mis Nestor sur notre chemin. Quelle chance nous avons eue
que notre vie croise la sienne. Nous avons tous beaucoup reçu de lui.
Nous sommes rassemblés pour nous souvenir des bons moments passés
avec Nestor. Pour aussi trouver un peu de paix. Mais si nous sommes
croyants, nous sommes invités à prier. Je me permets de penser que nous
n’avons pas à prier pour Nestor. Le Seigneur l’a certainement accueilli les
bras grands ouverts. Nous avons plutôt à le prier, lui qui est maintenant
dans le cœur de Dieu. Qu’il ne nous oublie pas, qu’il reste à nos côtés.
Qu’il continue à nous aider, à nous soutenir, à nous encourager avec
l’efficacité et aussi la discrétion qui le caractérisait.
Et que ce temps de prière, de silence, de recueillement, quelles que soient
nos convictions nous apporte paix, courage, réconfort et espérance.
Amen.
258 Eglise de Tournai - avril 2020Vous pouvez aussi lire