Gravité Zéro Exposition / 6 Avril 2018 - 7 Octobre 2018 Dossier pédagogique enseignants

 
Gravité Zéro Exposition / 6 Avril 2018 - 7 Octobre 2018 Dossier pédagogique enseignants
Gravité Zéro
Exposition / 6 Avril 2018 – 7 Octobre 2018

Dossier pédagogique enseignants

      Hélène Carbonell – Professeur chargée de mission – Académie de Toulouse   1
      Les Abattoirs musée – FRAC Occitanie Toulouse                Mars 2018
Gravité Zéro Exposition / 6 Avril 2018 - 7 Octobre 2018 Dossier pédagogique enseignants
Gravité Zéro, un voyage dans l’espace... au premier étage des Abattoirs

Après les expositions Anthropocène Monument (2013) et Suspended animation
(2016), l’exploration des croisements entre les sciences et les arts plastiques se
poursuit au musée des Abattoirs. Gravité Zéro (6 avril 2018 – 7 octobre 2018) est née
d’une collaboration avec l'Observatoire de l'Espace du CNES. Cette exposition porte
sur les explorations artistiques de l’aventure spatiale. Mythologies, hommages,
parodies, engagement politique : comment les artistes se positionnent-ils face aux
événements historiques et à l’actualité scientifique ? Quels champs d’investigation
définissent-ils ? Bien avant que les hommes aient pu se rendre dans l’espace, les
artistes et hommes de lettres l’ont exploré au moyen de leur imagination et de leur
force de création. Si la science-fiction a souvent fait son sel de la vie au-delà de la
Terre, cette exposition rassemble des œuvres qui prennent leur ancrage dans la
réalité de l’exploration spatiale. Les artistes, chacun à leur manière, nous font
redécouvrir l’histoire, les rêves et les déceptions liés à l’aventure spatiale, en
s’appuyant sur les témoignages de scientifiques, ingénieurs, historiens ou bien
encore astronautes, pour tenter de s’arracher à la gravité. La création artistique et
l’exploration de l’espace se rejoignent au premier étage des Abattoirs, transformé en
étage immersif.

Réunissant près d’une trentaine d’œuvres, aussi bien historiques que récentes,
réalisées par des artistes internationaux, cette exposition réunit pour la première
fois les œuvres produites dans le cadre de la Nuit Blanche1 du CNES depuis 2014. Le
visiteur découvrira notamment la première œuvre d’art, conçue par l’artiste Eduardo
Kac, réalisée dans l’espace en gravité zéro grâce à la complicité du spationaute
Thomas Pesquet : Télescope intérieur.

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1
    https://www.paris.fr/nuitblanche15ans

La nuit Blanche est un événement qui se tient à Paris chaque année au mois d’octobre. Du crépuscule aux premières lueurs du
jour, le public est invité à découvrir, en plusieurs lieux, des œuvres et des spectacles.!

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L’Observatoire de l’Espace du CNES2 confie sa Collection d’art contemporain aux
Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse

Depuis le début des années 2000, l'Observatoire de l'Espace3 – le laboratoire arts-
sciences du CNES (Centre National d’Études Spatiales) - a pour vocation de rendre
l’espace accessible à chaque citoyen par d’autres moyens que la vulgarisation
scientifique, et plus particulièrement par le soutien à la création dans le domaine des
arts plastiques.

Conduisant une réflexion sur les multiples manières dont l’espace influence nos
sociétés et dans le cadre de son engagement en faveur de la création artistique,
l’Observatoire de l’Espace a constitué une collection d’art contemporain. Elle est
constituée d’œuvres créées spécifiquement à l’occasion d’expositions produites par
l’Observatoire de l’Espace dans le cadre de Nuit Blanche4 depuis l’édition 2014. Ces
créations aux formes multiples (sculpture, peinture, photographie, œuvre graphique
ou sonore, vidéo, installation) sont commandées chaque année via un appel à projet
public. À partir d’archives méconnues de l’aventure spatiale (pièces documentaires,
éléments sonores ou audiovisuels, corpus photographique, patrimoine technique),
les artistes sont invités à produire des œuvres autour d’un thème.

La conservation et la valorisation de la collection d’art contemporain de
l’Observatoire de l’Espace du CNES font l’objet d’un accord de partenariat avec les
Abattoirs, Musée – FRAC Occitanie Toulouse. La mise en dépôt des œuvres aux
Abattoirs est fixée pour une période de 5 ans renouvelable. Pour Gérard Azoulay,
responsable de l’Observatoire de l’Espace du CNES, « cette décision de contribuer à
l’enrichissement de la collection des Abattoirs est emblématique de notre action
publique dans le domaine arts-sciences et elle renforce notre enracinement à
Toulouse, non loin de là où l’aventure spatiale de demain se construit. »

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    Centre National d’Etudes Spatiales : https://cnes.fr/fr
!
3
    www.cnes-observatoire.fr

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Ainsi, les œuvres produites pour le CNES, pourront, grâce à cette mise en dépôt, être
intégrées aux expositions futures des Abattoirs, Musée – FRAC Occitanie Toulouse.
Cette collection a vocation à croitre au fur et à mesure que des œuvres seront
produites à différentes occasions par l’Observatoire de l’Espace du CNES.

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Moon museum5

                                                               La première œuvre d’art sur la Lune serait
                                                               une minuscule tuile en céramique apportée
                                                                                  6
                                                               par le LEM             d’Apollo XII, à l’issue d’une
                                                               aventure artistique américaine, en partie
                                                               secrète, aujourd’hui dévoilée.

Lors des Journées européennes du Patrimoine en septembre 2011 au CNES, le
public a pu découvrir (à la loupe) cette œuvre de Forrest Myers. Moon Museum est
une céramique gravée de six dessins d’Andy Warhol, Robert Rauschenberg, David
Novros, John Chamberlain, Claes Oldenburg et Forrest Myers (par ordre de lecture
dans le sens d’une aiguille d’une montre). Ce dernier dit avoir rêvé, depuis le
premier Spoutnik, d’envoyer une œuvre d’art dans l’Espace. Membre en 1969 du
collectif EAT (Experiments in Art & Technology) regroupant des personnalités du
Laboratoire Bell et des artistes comme Robert Rauschenberg, il eut l’idée, après
Apollo XI, d’embarquer sur la Lune un musée miniature des artistes représentatifs
de l’art américain d’alors. Obtenir une telle miniaturisation des œuvres représentait
à l’époque un défi technologique qui a mobilisé trois ingénieurs des Laboratoires
Bell. L’un d’eux, Fred Waldhauer, était en contact avec John F., un ingénieur de
Grumman Aircraft travaillant sur l’assemblage du module lunaire. John F. s’était
engagé à placer l’élément à bord du LEM, il le confirma avec un télégramme le jour
du lancement, adressé à Fred Waldhauer, puis retransmis à Forrest Myers : « Your
on. A O K All systems are go. John F.». L’anonymat de “F.” perdure et l’œuvre attend
toujours ses visiteurs sur la Lune.

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 Article publié dans le Bulletin du CNES « Espace et patrimoine » n°14, juillet 2011. A retrouver en ligne à cette adresse :
http://www.cnes-observatoire.fr/memoire/musee_patrim/patrimoine_bulletinsdispos.html#

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    Lunar Excursion Module (module d’exploration lunaire)

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Paul Van Hoeydonck

Fallen Astronaut7

Sculpture en aluminium, 8,5 cm, 1971

Il s’agit d’une sculpture qui a été réalisée par l'artiste belge Paul Van Hoeydonck8 à
la suite de sa rencontre avec l'équipage d'Apollo 15 au début du mois de juin 1971.
Cette statuette a trouvé une fonction trois semaines plus tard lorsque l'équipage,
marqué par la mort de trois cosmonautes russes, a proposé à la NASA de s'en servir
pour commémorer nominativement les astronautes et cosmonautes morts dans
l’exercice de leur mission. Un certain nombre de consignes avaient été données à
l'artiste : la sculpture devait être légère, solide, capable de supporter les variations
de températures extrêmes à la surface lunaire ; elle ne devait pas permettre
d'identifier en elle un homme ou une femme, ni aucun groupe ethnique.

Fallen Astronaut fut déposée sur la Lune, sur le mont Hadley, le 1er Aout 1971 par
l’équipage d’Appolo 15, près d'une plaque commémorative portant les noms de huit
astronautes américains et de six cosmonautes soviétiques.

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7
    Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fallen_Astronaut
8
    http://www.paulvanhoeydonck.com/biography.html

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Dès que l'équipage d'Apollo 15 eut mentionné la statuette pendant une conférence
de presse d'après-vol, le National Air and Space en réclama une copie pour l'exposer
au public. L'équipage accepta sous la réserve que cette exposition fut « with good
taste and without publicity » (c'est-à-dire « de bon goût et sans publicité »). La
réplique de Fallen Astronaut fut présentée par Van Hoeydonck au musée en avril
1972, elle y est aujourd'hui exposée avec une réplique de la plaque commémorative.

Après le dépôt de l'œuvre sur la Lune, Van Hoeydonck exprima son désaccord sur le
nom donné à l'œuvre et regretta que la statuette ait été couchée et non mise debout
comme il l'aurait souhaité.

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Erwan Venn

A la conquête de l’Espace

Vidéo et composition sonore, durée 6 minutes 10 secondes, et 4 dessins
encadrés (43 X 53 X 4 cm, 64 X 94 X 4 cm, 64 X 84 X 5 cm, 64 X 84 X 5 cm),
2015

Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

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                                                         !

                                            !
!
La démarche artistique d’Erwan Venn est fortement marquée par l’idée de ménager
des expériences sensorielles pour le spectateur. Il nous offre la possibilité d’être
assailli physiquement par l’œuvre. Sa démarche artistique repose sur la
prééminence du « faire » sur le « dire ». Il réalise des choses, avec beaucoup de

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spontanéité puis, une fois la réalisation achevée, il essaie de comprendre pourquoi
elle est là, comment elle a émergé.

Erwan Venn s’est inspiré d’un motif de papier peint des années 1960, et a remplacé
les dessins décoratifs par des éléments techniques venant des archives du premier
lanceur de satellite français Diamant et du premier satellite qu’il a mis en orbite, A1
en 1965. Avec une démarche proche de celle l’archiviste, l’artiste a collectionné des
éléments divers, les a triés puis recombinés pour former des images et des sons en
mutation perpétuelle. Il plonge le spectateur dans une expérience totale, grâce à
deux écrans perpendiculaires dans lesquels notre regard est happé. Immergés dans
les motifs qui se renouvellent en permanence, nous avons sous les yeux un
kaléidoscope géant.

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Simon Ripoll-Hurier

Eingepflanzt

Vidéo, images d’archives et composition sonore, 12 minutes, 2014

Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

Simon Ripoll-Hurier est un artiste qui s’intéresse à la matière sonore, mais
également aux lieux, aux objets, aux systèmes en lien avec la production des sons.
Le studio d’enregistrement, le laboratoire ou encore la salle de contrôle sont
envisagés comme des espaces générateurs de récits.

Simon Ripoll-Hurier a travaillé sur le fantasme de la communication instantanée
véhiculée par les premières télécommunications par satellites. Il transpose ces
questions dans le temps présent, en s’appuyant sur des images d’archives en lien
avec le programme Symphonie (premier satellite de télécommunication européen
lancé en 1973). Il transforme le projet initial en un programme fictionnel, voué à la
conception d’un implant psychotronique ouvrant la voie aux échanges télépathiques.
À partir des images vidéos issues des archives du programme, il sélectionne

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minutieusement les plans de visages muets, d’espaces vides, de gens au travail
parmi les câbles, et des écrans de contrôle, pour composer sa propre narration, son
projet Eingepflanzt.
Le film installe une atmosphère de science-fiction, où le moindre battement de
paupières se transforme en signe d’un échange télépathique, accompagné de
reproductions d’archives du programme Symphonie que l’artiste a métamorphosé en
archives du programme Eingepflanzt. Simon Ripoll-Hurier explore ainsi, par
analogie, la fascination pour le progrès technologique, symbole parfois angoissant
du changement des rapports entre les êtres humains. La bande-son possède deux
enregistrements distincts, présentés simultanément dans l’espace d’exposition. La
composition sonore réalisée par l’artiste se superpose au son original issu du
montage d’archive, diffusé à niveau très bas de façon à n’être entendu que lorsqu’on
est à proximité directe des enceintes qui le diffusent.

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Simon Zagari

Projet Symphonie

Vidéo d’animation, 4 minutes, 2014

Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

!
!

Dans une pratique presque rituelle, Simon Zagari noue des fils qui relient la réalité
de la vie quotidienne à des histoires entièrement inventées, complètement farfelues.
Profitant de la profusion d’images qui nous entoure, il s’adonne au plaisir de
l’observation puis, dans un travail de retranscription du réel, propose d’improbables
associations d’idées. Simon Zagari fabrique, construit, bricole, avec l’intention
d’inventer un nouvel univers. Les archives du programme Symphonie (premier
satellite de télécommunication européen lancé en 1973) deviennent un moyen
d’accéder à une réalité historique pour en dénicher les zones d’ombre, qui serviront
de support à la création artistique. Il imagine ainsi, à l’aide de marionnettes, une
histoire parallèle à celle du programme. Un spationaute est mis au chômage par le
programme satellitaire tandis que les ingénieurs de la salle de contrôle surveillent
le bon déroulement du lancement. Bricolage de papier et de bouts de ficelle, cette

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vidéo d’animation nous rappelle que, malgré la rigueur inhérente à un projet spatial,
la   dimension     expérimentale           en     est    l’ingrédient        nécessaire,   premier   et
incontournable.

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Antoine Belot
Un ballon qui dérive se fiche de savoir l’heure qu’il est

Vidéo panoramique en images de synthèse, 16 minutes, 2017

Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

Antoine Belot est né en 1991. C’est un artiste qui joue avec nos sens, cherchant sans
cesse, dans ses travaux, à perturber nos habitudes de perception. Il met en place des
dispositifs interactifs immersifs proposant des expériences sensorielles. Ses
expérimentations prennent appui sur un univers fictionnel. Pour nous convier dans
ses images, Antoine Belot nous fait vivre des expériences spatio-temporelles, grâce
à la mise en place d’un espace propice à la rêverie, constitué d’images en 3D.
L'artiste donne aux objets de l'aventure spatiale une autre manière d'exister, les
libérant des contraintes temporelles du réel.

Cette vidéo est imaginée comme une projection panoramique immersive, sonore et
visuelle. Le son est assez fort, de façon à conférer une présence «physique» à la
vidéo. Certains passages contenant des basses fréquences sont prévus pour avoir un
impact particulier sur le corps du spectateur.

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Extrait de la revue Espace(s) n°15 (éditée par l’Observatoire du CNES, numéro dédié
au thème de la légèreté) :

Antoine Belot travaille sur les questions de simulation. Il s’est intéressé notamment
aux techniques de réalité virtuelle avant de se focaliser sur l’animation en trois
dimensions. Dans ses productions, il cherche à questionner l’emprise que peuvent
avoir les mondes 3D fantasmés sur notre inconscient, leur part de séduction.
L’espace 3D lui apparaît comme un endroit où les rêves tiennent et s’écroulent en
même temps, étant crédibles en apparence mais dépourvus d’autonomie vis à vis du
cadre qui leur est attribué. Là où ces mondes semblent être attirants, se dessine
selon lui un autre rapport au vide et au temps, une autre vitesse propice à
l’introspection et à la conscience. C’est un espace où peut s’opérer une certaine
digestion des fantasmes, où s’entremêlent visions oniriques, mystiques et
métaphysiques. (...) Antoine Belot fait un parallèle entre ce temps et celui des
ballons stratosphériques avec sa vidéo panoramique Un ballon qui dérive se fiche de
savoir l’heure qu’il est. Ces objets de la conquête spatiale, si on prend le temps de
s’y identifier, proposent dans leur simple forme, une autre lecture de la manière
d’exister dans un espace, dans des échelles de temps plus vastes. Ils incarnent une
forme d’idéal de lâcher-prise. Faire corps avec ces différentes temporalités, c’est
retrouver un état de rêve et d’enchantement.9

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9
    http://cnes-observatoire.net/actualites/actu2/130_laureats-revue-espaces-15/laureats-revue-espaces-15.html

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Johan Decaix
Projet Étoile

Film documentaire, durée 22 minutes, 2017

Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

Johan Decaix est né en 1984. Les hétérotopies, espaces concrets qui hébergent
l'imaginaire, comme les parcs d'attractions, les cabanes d'enfants ou bien encore les
cimetières, sont ses lieux de prédilection. Le réel est un décor qu'il s'approprie et
qu’il met en scène. Les légendes deviennent des anomalies du réel à prolonger, à
réactiver. L'imaginaire collectif comme le cinéma ou l'imagerie de l'enfance
deviennent un matériau. Que ce soit par la vidéo, la performance ou bien la
sculpture, il s’adresse à l'enfant qui est en chacun de nous. Il nous offre la possibilité
de croire à des choses fantastiques, nous permettant de décrocher du réel pour un
instant.

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Avec le Projet Etoile, Johan Decaix propose une aventure semi-utopique. Un homme
essaie par ses propres moyens (limités et bricolés), de s’envoler en ballon
stratosphérique pour prendre une photo de la terre depuis l’espace. Il construit lui-
même sa station de lancement, se procure un ballon stratosphérique et organise une
cérémonie de lancement autour de sa famille et des habitants d’un petit village.

L'installation est composée de la vidéo documentaire relatant le projet, d’une vidéo
montrant le    bâtiment de lancement, d’une palissade avec sa guirlande, d’une
tribune, d’une malle, et d’une maquette avec socle et palissade.

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Bruno Petremann
Du désert, Diamant s’en va
Sculpture murale, techniques mixtes (panneau en résine polyester laquée, 129
X 87 X 30 cm et tube plein, 177 X 5 cm), 2015
Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

Les œuvres de Bruno Petremann sont souvent liées à l’exploration d’environnements
inconnus. Il a notamment réalisé un projet d’utopie architecturale marine, des
soucoupes « flottantes » destinées à dériver, de nombreux projets qui abordent les
problématiques liées à l’enfermement dans une capsule et à l’exploration d’un
milieu hostile.

Avec cette œuvre intitulée Du désert, Diamant s’en va, Bruno Petremann s’est
intéressé aux constructions hors normes (stations radars, antennes) de la base
spatiale d’Hammaguir, construite en plein désert algérien et d’où s’est élevé le
premier lanceur de satellite français, Diamant. Les archives de ce programme sont
pour lui une source de récits sur la France des années 1960, période de

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décolonisation. Il a utilisé une image du désert entourant la base d’Hammaguir, et a
tenté de mettre en évidence le décalage frappant entre un environnement naturel
sauvage et une technologie avancée. Les couleurs et les formes qu’il utilise pour
transformer cette image sont inspirées du psychédélisme des années 1960-1970.
Les frontières entre fiction et réalité deviennent floues, par la transformation de
l’image d’archive en une œuvre fictionnelle.

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Cédric Hoareau et Vincent Odon

La Surenchère, Insomnie
Installation, 2016 (un meuble incurvé avec étagères sur lesquelles sont
présentés différents objets fabriqués par les artistes, largeur 320 cm X
profondeur 150 cm et une projection vidéo de performances filmées
réalisées par les deux artistes)

Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

Cédric Hoareau et Vincent Odon, dessinateurs, sculpteurs et vidéastes, développent
un univers critique basé sur le décalage et l’humour. Leur intérêt pour les variations
d’échelle et le détournement fonde une création commune basée sur le
dépassement et l’absurde qu’ils entreprennent à côté de leurs pratiques
individuelles. Cette association, qu’ils nomment « La Surenchère », fonctionne sur le
principe d’une conversation artistique par le biais du dessin, de la sculpture et de la
vidéo.

L’œuvre est composée d’un meuble rempli d'objets de travail ainsi que d’une série
de séquences vidéo. Ces saynètes ont été inspirées par les archives graphiques des
projets spatiaux. Le meuble présente des objets ayant servi à la création de ces

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petites séquences vidéo, qui témoignent du dialogue absurde qui s'établit entre les
deux artistes. Ainsi le processus de création artistique est révélé au spectateur. Le
principe de la Surenchère est exposé, dévoilé, notamment via les carnets de dessin
où chaque artiste propose à son tour une réponse aux archives spatiales en tentant
de surpasser la proposition de l'autre. Par exemple, le satellite géodésique Starlette
devient tour à tour sculpture de rond-point ou sac à dos permettant de réfléchir des
signaux. Dans la vidéo, les histoires s'enchaînent, parfois absurdes ou mystérieuses,
et forment autant de réponses aux défis imaginés par les artistes. Lorsque l'un a une
idée, par exemple sur la propulsion ou le calcul de trajectoire, il réalise sa séquence
et la présente à l'autre qui y répond en tentant de la surpasser. Ainsi, lorsque l'un
des artistes a l'idée de taper dans une balle en flamme à côté d'un cercle en flamme,
l'autre lui répond en dessinant un terrain de football en pente au bord d'une route
pour réaliser une trajectoire en ellipse.

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Sylvie Bonnot

Aéroplis

Installations photographiques, 2017

Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

Sylvie Bonnot est née en 1982. Elle a un processus de création bien particulier : elle
retire la gélatine de ses photographies pour créer ce qu'elle nomme des Mues. Le
décollement de la gélatine, puis la « repose » de l’image sur un autre support
impliquent une part aléatoire déterminante. L’artiste explore, par ce biais, des pistes
de réflexion à la fois dans son rapport au sujet, au paysage et à l’image. Ce projet
repose sur un désir de transposer l’expérience scientifique et le document d’archive
au sein d’une expérience artistique et chimique. La images, choisies pour leurs
caractéristiques formelles, se transforment, et deviennent des sculptures
ressemblant à de grandes feuilles de papier froissé, suspendues dans l’espace
d’exposition.

Sylvie Bonnot s’est penchée sur les images photographiques des ballons
stratosphériques, issues des archives spatiales. Elle transforme ces images, les
plie, les met en volume, les fait frissonner. Ces créations à mi-chemin entre la

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                Les Abattoirs musée – FRAC Occitanie Toulouse                Mars 2018
photographie et la sculpture composent un nouvel atlas de formes et d'états de la
« matière-image ».

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Cristina de Middel

THE AFRONAUTES

Cristina de Middel, The Afronautes, 2012,
Livre d’artiste, 17 x 23 cm, 88 pages,
Edition de 1000 copies, Autopublié, Madrid

Avec son ouvrage The Afronauts, la photographe espagnole Cristina de Middel
revisite de manière fictionnelle un fait historique oublié : l’aventure spatiale
zambienne des années 1960. Mené par le professeur Edward Makuka Nkoloso, le
projet avait pour ambition d’emboîter le pas aux États-Unis et à la Russie dans la
course à la conquête de l’espace. Sous sa direction, douze jeunes zambiens
s’entraînaient alors dans un camp près de Lusaka, capitale de la Zambie, pour se
préparer aux conditions de vie en apesanteur. « Nous allons partir sur Mars, avec
une femme astronaute, un chat et un missionnaire », déclarait le professeur Makuka
Nkoloso, enthousiaste, au Lusaka Times en 1964. Ce projet – dont la date de
lancement avait été fixée au jour de la cérémonie de célébration de l’Indépendance –
ne sera jamais pris au sérieux par les autorités zambiennes et finira par être

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abandonné – faute de financement – avant de tomber dans l’oubli. Cet ouvrage de
fiction photographique rassemble une série de clichés, textes, lettres et autres
dessins inspirés par le programme spatial du zambien. Avec ce projet, Cristina de
Middel brouille avec audace et poésie les frontières entre le mythe et la réalité. Il
s’agit pour l’artiste de donner une image positive de l’Afrique : « Je voulais raconter
l’histoire de personnages qui ont de grandes idées, attaquer des préjugés. Pourquoi
rit-on quand on parle de programme spatial zambien et pas quand on parle de
programme spatial allemand ? Derrière cela, il y a beaucoup de préjugés, qui
amènent à ouvrir le débat »10.

Cristina de Middel11 est née à Alicante, en Espagne en 1975. Elle vit et travaille entre
l’Espagne, Londres et les Etats-Unis. En 2002 elle termine ses études de
photojournalisme à l’Université de Barcelone. En 2012, elle décide d’abandonner le
journalisme pour se dédier exclusivement à la photographie artistique.

Cristina de Middel, Vue de l’exposition “The Afronauts”, The cooper Gallery, Dublin, Ireland, July 2013

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                                                                            Frankfurt, Germany, 2013

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
10
     https://www.youtube.com/watch?v=3uzSSe8RP58

11
     www.lademiddel.com

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JOANA HADJITHOMAS et KHALIL JOREIGE,
THE LIBANESE ROCKET SOCIETY

Joana Hadjithomas et Khalil Joreige sont nés à Beyrouth, au Liban, en 1969. Ils
travaillent ensembles depuis plus de 15 ans autour d’une production artistique qui
explore la photographie, la sculpture, la performance, le cinéma documentaire et de
fiction. Ils vivent entre Paris et Beyrouth. Souvent montrés sous forme
d’installations,                  leurs          diverses   expérimentations          artistiques        questionnent   la
fabrication de l’image et des représentations collectives. Ils se penchent sur
l’imaginaire social et religieux de leur pays, et plus largement l’écriture de l’histoire
avec un grand H. A ce sujet Joana Hadjithomas et Khalil Joreige déclarent : «Nous ne
montrons pas d'images de guerre, nous montrons ce que la guerre fait aux
images» 12 . Leurs projets plastiques sont souvent le résultat d’une recherche
exhaustive d’archives, d’une collecte importante de documents.

The Lebanese Rocket Society est peut-être le projet le plus ambitieux de Joana
Hadjithomas et Khalil Joreige. Au croisement de la recherche et de l’art, il se
présente comme une œuvre globale, allant de la construction d’un monument
représentant une fusée spatiale, à la photographie de divers documents historiques,
en passant par la fabrication d’un disque en or diffusant des archives des années
1960 et la réalisation d’un film documentaire. Ce projet restitue un épisode insolite
de l’histoire du Liban. Manoug Manougian 13 , professeur de mathématiques de
l’Université Haigazian (Beyrouth), commence un véritable programme spatial avec
l’aide de ses étudiants : la Lebanese Rocket Society, version libanaise de la course à
l’espace, qui se déroule entre les années 1960 et 1967. Dans le contexte de la guerre
froide, le projet suscite l’intérêt des forces de l’armée, mais restera cependant à
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
12
     “we don’t do images of war, we show what war does to images,” Image Conscious, dans
https://now.mmedia.me/lb/en/reportsfeatures/image_conscious, Publié le 30/09/11

     https://www.lorientlejour.com/article/810079/manoug-manougian-letoffe-discrete-des-heros-.html!
13

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l’état de programme civil, à visée pacifique. Malgré l’immense couverture de ses
exploits dans la presse du pays, et même après avoir mis quelques fusées en orbite,
le programme sera profondément oublié par les générations futures. Le travail de
Joana Hadjithomas et Khalil Joreige permet la reconstruction de la mémoire d’un
pays décimé par des nombreuses guerres et qui, dans une parenthèse fragile, s’est
permis de rêver.

The Lebanese Rocket Society, Elements for a monument, PART I : CEDAR IV, A RECONSTITUTION, Iron, corian, 800 x 120 x 100
cm, Co-produced by Sharjah Biennial 10, 2011

Ce monument est la reproduction à taille réelle d’une fusée de la Lebanese Rocket
Society, différente de l'originale par sa couleur blanche. Une série de clichés a été
réalisée lors du déplacement de la sculpture dans les rues de Beyrouth, au moment
de son transport vers l'Université Hagazian, où tout a commencé en 1960. Elle est y
installée en permanence. Ce projet évoque la distance temporelle entre le moment
des recherches spatiales et notre époque : en effet, désormais, la fusée est souvent
confondue avec un missile. Ce n'est que sur le territoire de l'université que la fusée

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est reconnue pour ce qu'elle est, un projet artistique et scientifique.

Le groupe de scientifiques de la Lebanese Rocket Society avait installé, dans la tête
des fusées Cedar, un émetteur radio afin de connaitre leurs trajectoires lors du
lancement. Quelques années plus tard, en 1977, les missions américaines
d'exploration spatiale Voyager 1 et 2 transmettaient des messages de sons et
d'images à des extraterrestres potentiels, afin de présenter les diverses formes de
vie terrestre et l’histoire humaine. Les messages avaient été enregistrés sur des
disques dorés. Il s’agissait d’un message de paix et de liberté. Une sorte de
"salutation interstellaire".

The Lebanese Rocket Society, A tribute to dreamers, PART IV : Restaged, 9 C-prints 100 x 72 cm, 2012

Cette série de photographies montre la reconstitution du transport de la fusée Cedar
IV, se déplaçant le long des rues de Dbayeh à l'Université Haigazian, en plein cœur
de Beyrouth. Utilisant une silhouette en deux dimensions en bois blanc de la
sculpture, l’œuvre recrée le déplacement de la fusée originale. L'idée est de rejouer
ce qui a été joué, de retrouver la trace d'une trace. L’obturateur de l’appareil photo
capture le passage de la fusée en même temps que des traces éphémères dans la
ville.

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!

HALIL ALTINDERE

Space Refugee

Vidéo, 2017

                      Halil, Altindere, Vue d’exposition Space Refugee, 2017,
                      Andrew Kreps Gallery, New York,
                      Courtesy de l’Artiste et de la PİLOT Galery, Istanbul.

Né en 1971 en Turquie, Halil Altindere vit et travaille à Istanbul. Il émerge sur la
scène artistique turque au milieu des années 1990. Son travail prend forme au
travers de techniques très variées qui vont de la sculpture à la photographie en
passant par la vidéo ou l’installation. Il aborde de façon critique les thèmes de l’Etat-
nation ou de l’autorité en manipulant des documents officiels tels que des drapeaux,
passeports ou billets de banque. Avec beaucoup d’humour et d’ironie, Halil Altinder
explore les problématiques propres aux diverses communautés vivant à Istanbul.
Ces dernières trouvent dans ses travaux une voix, qui traite sans cynisme des
difficultés de la vie quotidienne.

Dans l’installation Space Refugee (2016), Halil Altindere convoque la figure du pilote
de la force aérienne syrienne Muhammed Faris, qui lors de sa mise en orbite pour
une durée de 7 jours par le gouvernement soviétique en 1987, devient le premier
astronaute syrien... ainsi qu’un héros national ! À son retour, Faris déclare : « Quand
tu as vu la Terre entière, il n y a plus nous ou eux, il n’y a pas de politique ». Lors de
l’avènement des violences du printemps arabe, Faris émigre en Turquie. C’est dans

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ce pays que Halil Altindere propose au héros syrien de participer à un projet
artistique qui portera le nom de Space Refugee. La vidéo raconte l’histoire de
Muhammed Faris, de façon émouvante et fantastique. Halil Altindere ironise sur la
situation violente et la répression du gouvernement syrien, mettant l’accent sur les
difficultés des refugiés et pointant du doigt l’invisibilité de leurs besoins.

Halil, Altindere, Vue d’exposition Space Refugee , 2017, Andrew Kreps Gallery, New York, Courtesy de l’Artiste et de la
PİLOT Galery, Istanbul.

Halil Altindere, Space Refugee (photograme), 2016, Vidéo, 19’ 59’’. Courtesy de l’Artiste et de la PİLOT Galery, Istanbul.

Halil, Altindere, Vue d’exposition Space Refugee , 2017, Andrew Kreps Gallery, New York, Courtesy de l’Artiste et de la
PİLOT Galery, Istanbul.

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Raphaël Dallaporta

Reliques Avant-Garde

Un tirage argentique noir et blanc sur papier baryté 24 X 30 cm et 18
tirages argentiques noir et blanc sur papier baryté, 30 X 40 cm, 2014

Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

Dans                                                                                                      ses
productions, Raphaël Dallaporta14 (né en 1980) explore de nombreux champs des
préoccupations humaines, employant des procédés et des langages issus du
domaine scientifique. Cet artiste interroge notre relation au progrès et à la mémoire.

S’intéressant aux antennes des stations terriennes de réception érigées à Pleumeur-
Bodou (France) et Raisting (Allemagne) dans le cadre du projet de coopération
                                                           15
franco-allemande Symphonie                                      , Raphaël Dallaporta a photographié ces objets

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
14
     http://www.raphaeldallaporta.com/dallaporta-fr.pdf

     Premier satellite de télécommunication européen lancé en 1973!
15

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colossaux,   aujourd’hui       obsolètes.        En     fragmentant,          en     décomposant   ses
photographies, l’artiste figure le démantèlement auquel les antennes ont échappé
pour mieux les rassembler. Ces images tissent une mosaïque de dix-neuf points de
vue, engageant un exercice du regard pour restaurer la vision unifiée de ces « ruines
futuristes ». L’artiste renoue un dialogue symbolique entre ces deux installations,
symbolisant les efforts de communication entre les hommes. L’espace est
appréhendé comme un vecteur des rêves de paix.

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Romain Sein

Téléprésence

Vidéo, 6 minutes et 14 secondes, 2014

Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

Les créations de Romain Sein trouvent souvent leur origine dans des sources
documentaires diverses, qu’il fait entrer en confrontation avec une narration, pour
les éloigner de leur sens premier. Déplacements calculés, courts-circuits et
télescopages engendrent des scènes qui miment, avec une certaine dose
d’incongruité, les aléas du réel.

Dans sa vidéo, c’est la perception par le grand public du programme de
télécommunication par satellite Symphonie (premier satellite de télécommunication
européen lancé en 1973) que Romain Sein cherche à interroger. Il remet en scène
cette histoire dans un camping des années 1970 où se côtoient touristes français et
allemands. Par un procédé technique hybride fait de prises de vues réelles,
d’éléments filmés sur fond vert et de maquettes, il compose un collage vidéo
empreint d’une étrange fausseté. Parmi les différentes saynètes qui se jouent

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simultanément, il organise la circulation du regard par une lente avancée en
travelling avant dans l’image. Au premier plan, un écran diffuse des images
d’archives du programme Symphonie, reçues par les spectateurs avec une certaine
indifférence au milieu de l’ambiance festive du camping. Par cette confrontation
entre la vie quotidienne et l’histoire de l’exploration spatiale, Romain Sein replace
ainsi le témoignage de l’archive dans le quotidien de ses contemporains.

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Loïc Pantaly
Projet SSCP (Serendipity Space and Capsule Project)

Installation (constituée d’une sculpture métallique formée d’un corps
central et de deux ailes, 420 X 260 X 270 cm, et d’un caisson lumineux en
bois, métal et plexiglas, 200 X 148 X 20 cm), techniques mixtes, 2016

Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

Avec           beaucoup d’humour, Loïc Pantaly construit toutes sortes de machines
bricolées (structures aux mécanismes et rouages enchevêtrés). Ce sont des œuvres
au service de la rêverie et de l’imagination. S’inspirant de la pataphysique16 - la
science des solutions imaginaires -, ses créations plastiques et rébus graphiques
sont autant de boîtes à idées fantasques et déjantées qui donnent naissance à des
mécanismes improbables. Loïc Pantaly imagine, par exemple, changer la Lune,
repeindre des planètes, percer des trous dans la Terre pour la transformer en
gruyère ou encore envoyer les organes de défunts dans une capsule spatiale
rougeoyante créant ainsi une nouvelle étoile. Les croquis de ces projets déploient
une « bricologie » imaginaire adaptée à l'Espace dont l'ensemble crée une vision
renouvelée du cosmos : le programme SSCP.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
16
     http://college-de-pataphysique.fr/presentation.html

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Au sein de ce vaste programme, l'artiste a réalisé la sonde Iris destinée à projeter
des arcs-en-ciel dans le cosmos. Toutes les trois minutes, la sonde s'anime : le
moteur s'allume et se met à tourner, les ailes battent et la lumière des projecteurs
traverse les plaques colorées qui créeront les couleurs de l'arc-en-ciel, une fois Iris
transportée dans l'Espace.

Le tableau lumineux présente le travail de l'artiste : ses esquisses, toutes inspirées
des archives de véhicules spatiaux, constituent une série de dessins de moteurs.

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Olivier Perriquet

Post machine

Installation, 2016

Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

                                                 !
!
Le travail d’Olivier Perriquet se situe à la frontière de la vidéo contemporaine, du
cinéma expérimental et de la recherche plastique. Il s’intéresse aux effets générés
par l’image en mouvement et à l’engagement du public dans l’expérience esthétique.
Par l’usage d’une technique numérique complexe, il associe signes et textures,
figures et formes, musicalité et rythmes, et crée des univers étranges.

Une image flotte dans un cadre, dont le double est projeté sur un écran, et se déploie
dans l'espace. Des plans montrant des objets spatiaux transformés se succèdent,
animés par une vie propre, mais entrecoupés d'autres objets, afin de créer une
œuvre poétique et contemplative. L’œuvre explore les rapports de symétries axiales
ou radiales, propres à de nombreux êtres vivants, à l’image du plancton, qui répond
aux mêmes symétries que la station spatiale internationale ou les fusées.

Dans cette œuvre, les plans de navettes, de satellites, de véhicules ou encore de
sondes spatiales acquièrent une nouvelle dimension et évoluent vers un autre
langage, d'autres associations. Les traits se superposent, se mêlent, montrant à la

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fois l'homogénéité, l'universalité et la diversité du langage technique des objets
spatiaux.

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Eduardo Kac

Télescope intérieur

Vidéo, 12 minutes, 2017

Collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES

!

Eduardo Kac est né en 1962. Cet artiste explore depuis plus de trente ans les
possibilités formelles d’une poésie nouvelle qui entretient des relations étroites avec
les sciences et la technologie. Son œuvre est traversée par de multiples références
et allusions à des thèmes tels que le langage, la complexité des échanges humains,
la transformation de l'information, la médiation à travers des réseaux.

Réalisée à partir de matériaux déjà disponibles dans la station spatiale, l’œuvre est
un instrument d’observation et de réflexion poétique, qui nous amène à repenser
notre relation au monde et notre place dans l’univers. Elle consiste en une forme qui
n’a ni dessus ni dessous, ni avant ni arrière. Elle laisse apparaître le mot « MOI »,
évocation de l’Humanité, d’un soi collectif. Mais selon autre point de vue, l’on peut
voir une silhouette humaine au cordon ombilical coupé, symbole de l’émancipation
de nos limites gravitationnelles. Eduardo Kac propose, avec cette œuvre, d’engager
une réflexion à propos de notre avenir sur la Terre et sur notre présence croissante

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dans l’univers. Loin de notre planète, Télescope Intérieur devient, par l’intermédiaire
de Thomas Pesquet dans l’ISS 17 , un instrument d’observation et de réflexion
poétique pour réinventer notre rapport au monde.

Ce projet artistique a été intégré à la mission spatiale Proxima de l’Agence spatiale
européenne (ESA), lancée en novembre 2016. Il a fait l’objet d’un film
documentaire18.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
17
     projet rendu possible par l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire arts-sciences du CNES (l’Agence spatiale française), avec
le concours de l’ESA et le soutien de la fondation Daniel et Nina Carasso

18
     http://www.cnes-observatoire.net/actualites/actu2/128_telescope-interieur/telescope-interieur-novarina-kac.html

                               Hélène Carbonell – Professeur chargée de mission – Académie de Toulouse                          40
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