Armée de Terre : la préparation source de la

 
Armée de Terre : la préparation source de la
Armée de Terre : la préparation
opérationnelle, source de la
puissance au combat
Pour garantir en permanence leur contrat opérationnel, les forces aéroterrestres
développent un esprit guerrier, acquis par la formation et l’entraînement, pour
réagir à toute surprise stratégique dans un cadre national ou en coalition.

Cette préparation opérationnelle (PO) a été présentée à la presse, le 17 octobre
2019 à Paris, par le colonel chef d’état-major du Commandement de
l’entraînement et des écoles du combat interarmes et un lieutenant-colonel de
l’état-major de l’armée de Terre.

Formation et entraînement. L’acquisition des compétences, nécessaires à un
emploi ou une fonction au sein d’une unité, s’entretient par l’amélioration des
performances, individuelle et collective. La PO, déclinée en formation de base du
combattant, préparation métier et préparation interarmes, se complète en
interarmées puis en interalliés. Chaque année et tous les quatre mois, les unités
alternent formation, PO et missions, à savoir prise d’alerte ou projection en
opération. La formation individuelle s’effectue dans les écoles d’infanterie,
d’artillerie, de cavalerie ou du génie. Elle se poursuit dans 11 centres et espaces
métropolitains d’entraînements spécialisés qui s’étendent sur 150.000 ha et
Armée de Terre : la préparation source de la
mobilisent 3.800 cadres et soldats. Ces centres préparent, notamment : au
combat d’infanterie ; au combat interarmes ; au soutien logistique ; aux actions en
zone urbaine ; à l’entraînement commando ; au tir opérationnel ; aux postes de
commandement dans l’artillerie ; à l’aguerrissement en montagne. S’y ajoutent 9
centres d’aguerrissement d’outre-mer et à l’étranger : nautique et forêt à la
Martinique ; forêt équatoriale en Guyane ; « lagunaire » en Côte d’Ivoire ; forêt
« gabonaise » au Gabon ; désert à Djibouti ; nautique à Mayotte ; tropical à La
Réunion ; environnement du Moyen-Orient aux Emirats arabes unis ; nautique
commando en Nouvelle-Calédonie. A l’issue de chaque PO, l’unité doit être
systématiquement certifiée apte à partir en mission. Chaque année, 90 des 156
sous-groupements tactiques interarmes de l’armée de Terre s’entraînement au tir
ou en manœuvres interarmes. La loi de programmation militaire 2019-2025 fixe
les normes quantitatives d’activité annuelle, hors simulation, des unités
opérationnelles : 90 jours de PO hors opérations extérieures et intérieures ; 115
heures d’entraînement par équipage de char Leclerc ; 130 heures par équipage
de véhicule blindé de combat de l’infanterie ; 1.100 km par équipage de véhicule
de l’avant blindé ou véhicule blindé Griffon ; 100 heures par équipage sur engin
de reconnaissance AMX 10 RC rénové ou véhicule blindé Jaguar ; 110 coups tirés
par équipage de canon Caesar ; 200 heures de vol par pilote d’hélicoptère et 220
heures par pilote des forces spéciales.

Transformation « Scorpion ». Le commandement programme les activités de la
PO au combat collaboratif « Scorpion » en quatre étapes. La doctrine définit
l’emploi tactique. L’équipement consiste en plateformes de participation et zones
d’entraînement pour la PO. La formation inclut celle des équipages des différents
véhicules blindés et celle des cadres instructeurs. L’entraînement porte sur la PO
interarmes et la transformation des régiments. Le retour d’expérience apporte un
appui aux unités. L’expérimentation confirme les objectifs et propose des
orientations à la doctrine. La PO est guidée par le combat de haute intensité, qui
devient une option possible parmi les menaces futures.

Loïc Salmon

Armée de Terre : le soldat, entraînement et protection

Armée de Terre : « Scorpion », le combat collaboratif infovalorisé

Armée de Terre : la remontée en puissance par l’innovation
Armée de Terre : la préparation source de la
Armée de Terre : « Scorpion », le
combat collaboratif infovalorisé
Avec le début du programme « Scorpion » en 2019, les forces terrestres
préparent la supériorité opérationnelle sur l’adversaire par le partage immédiat
de l’information et l’accélération de l’action au combat.

Un point de situation a été présenté à la presse, le 11 avril 2019 à Paris, par trois
colonels : le chef de bureau « capacités Mêlée-Inter domaines Scorpion » du
Commandement des forces terrestres ; l’officier de programme Scorpion à l’état-
major de l’armée de Terre ; le commandant de la Force d‘expertise du combat
Scorpion (FECS).

Equipements et infrastructures. Le programme d’armement Scorpion
comprend : le véhicule blindé multi-rôles Griffon (24,5 t) ; l’engin blindé de
reconnaissance et de combat Jaguar (25 t) ; le véhicule blindé multi-rôles léger
Serval (17 t) ; le char Leclerc rénové (55 t) ; le système d’information du combat
Scorpion (SICS) pour tous les niveaux du groupement tactique interarmes (GTIA),
livré en 2019 ; le poste de « radio logicielle » Contact (communications
numériques tactiques et de théâtre) de nouvelle génération à haut débit et
sécurisé, livré dès 2020 ; le système de préparation opérationnelle. La
« vétronique », à savoir l’électronique embarquée sur les véhicules Scorpion,
Armée de Terre : la préparation source de la
transforme les informations captées (bruit et départ de missile) en informations
de combat partagées entre tous les véhicules. D’ici à 2025, seront livrés : 936
Griffon sur une série cible de 1.872 ; 150 Jaguar (300) ; 489 Serval (978) ; 122
chars Leclerc rénovés (200). En matière d’infrastructures, l’Ecole du matériel de
Bourges a déjà reçu des bâtiments logistiques en 2018. D’autres sont en
construction au 3ème Régiment d’infanterie de marine de Vannes et au 13ème
Bataillon de chasseurs alpins de Chambéry, lesquels recevront les premiers
Griffon. Conclu en 2018 avec la Belgique, le partenariat stratégique « Camo »
(capacité motorisée) prévoit la vente de 382 Griffon, de 60 Jaguar et du SICS à
l’armée belge. Son volet opérationnel inclut des entraînements, de la formation et
le maintien en condition opérationnel des matériels. Le programme Scorpion sera
bientôt interopérable avec le système « Strike », dont se dote l’armée britannique.

Formation et expertise. Toute en conduisant ses opérations extérieures
(« Chammal » et « Barkhane ») et intérieure (« Sentinelle »), l’armée de Terre
assure une formation décentralisée de ses personnels, pour raccourcir le temps
de mixité entre équipements d’ancienne et de nouvelle générations. Des « primo-
formateurs » sont formés dans différents centres ou écoles pour des sessions de
2,5 jours pour 15 personnels (8 instructeurs et 7 moniteurs-pilotes). Ensuite, ils
vont assurer les formations individuelles dans leurs propres unités et régiments,
qui seront suivies d’entraînements collectifs en centres spécialisés (photo). Il faut
2,5 ans pour former un régiment. Le Laboratoire du combat Scorpion
expérimente, par des exercices, la doctrine Scorpion jusqu’à sa validation sur le
terrain par les troupes combattantes. Il analyse aussi l’apport des technologies
civiles ou de l’industrie de défense : intelligence artificielle, réalité augmentée,
robotique, munitions intelligentes ou armes laser. Depuis l’été 2018, la trentaine
d’experts du combat collaboratif infovalorisé de la FECS conduisent des exercices
d’évaluation technico-opérationnelle et tactique pour mesurer la performance de
toutes les composantes du futur GTIA Scorpion. Enfin, des rendez-vous sont
prévus tous les trois ans pour l’intégration de nouvelles technologies, avec le
concours de l’Agence innovation défense.

Loïc Salmon

Défense : l’emploi de l’IA sur le champ de bataille de demain

Armée de Terre : le « soldat augmenté », efficacité et éthique
Armée de Terre : la préparation source de la
Défense : l’AID, interlocutrice des porteurs d’innovation

Armée de Terre : le « soldat
augmenté », efficacité et éthique
Nanotechnologies, biotechnologie, informatique et sciences cognitives accroissent
les capacités du combattant. Ce dernier doit se dépasser au service d’une cause
supérieure, impliquant de donner la mort mais aussi de la recevoir. Il prend aussi
en compte l’évolution de la société civile dont il est issu.

Ce thème a fait l’objet d’un colloque organisé, le 15 janvier 2019 à Paris, par le
Cercle de recherche des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan. Y sont notamment
intervenus : le professeur psychiatre Serge Tisseron ; un colonel de la Direction
des ressources humaines de l’armée de Terre (DRHAT) ; le capitaine Louis-Joseph
Armée de Terre : la préparation source de la
Maynié, Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan ; le médecin en chef Nicolas Zeller,
conseiller du Commandement des opérations spéciales ; Frédéric Coste,
Fondation pour la recherche stratégique.

Perception sociologique. Le développement du « soldat augmenté » nécessite
la miniaturisation d’objets technologiques et la mise au point de matériaux
compatibles avec la physiologie humaine, explique le professeur Tisseron.
Certaines augmentations n’impliquent pas de modifications biologiques, comme
les lunettes de vision nocturne, l’équipement pour grimper aux murs,
l’exosquelette ou les robots d’assistance et de compagnie. D’autres modifient les
capacités corporelles, y compris génétiques et donc transmissibles.
L’augmentation des performances dans la durée portent sur la veille prolongée ou
la survie sans nourriture par l’injection de bactéries, qui digèrent des substances
habituellement non comestibles. Celle des performances dans l’intensité
concernent la force musculaire, la résistance à la perte de sang ou la suppression
de la douleur. La biologie des capacités mentales peut être modifiée par : des
psychostimulants, comme l’alcool, le cannabis ou les amphétamines ;
l’augmentation des capacités intellectuelles en accélérant les processus
d’apprentissage par l’activation de nerfs périphériques de façon indolore ; la
création d’interfaces biocompatibles pour transférer des données du cerveau vers
des appareils électroniques. Toutefois, prévient le professeur Tisseron, des
modifications aux effets encore imprévus peuvent remettre en cause le libre
consentement du soldat. Ainsi, des « bêtabloquants » (médicaments contre
l’hypertension) peuvent provoquer une « mort émotionnelle », qui rend le soldat
insensible au meurtre sans pour autant l’empêcher de commettre un crime dans
un accès de rage. Celui qui lui administré le produit en porte la responsabilité.
Par ailleurs, un corps augmenté par des appareils électroniques devient une cible
pour les hackers ennemis. Sur le plan psychologique, le soldat risque d’oublier
que les machines restent vulnérables à l’espionnage, au piratage et à la
tromperie. Se posent ensuite les questions de l’obsolescence des technologies
mises en œuvre et de l’avenir du soldat augmenté. Si les modifications sont
réversibles, il perdra ces capacités. En cas d’irréversibilité, il pourrait être tenté
de les utiliser de façon immodérée pendant le combat ou après le retour à la vie
civile. Plutôt que de transformer le soldat en robot, estime le professeur Tisseron,
il vaudrait mieux valoriser sa capacité d’improviser sur le terrain, en fonction de
situations que l’ennemi cherchera à rendre toujours plus imprévisibles.
Armée de Terre : la préparation source de la
Recrutement des jeunes. Pour demain, l’armée de Terre souhaite disposer de
soldats identiques à ceux d’aujourd’hui en termes de rusticité et de résilience,
mais avec une capacité accrue de mise en œuvre des systèmes complexes,
explique le colonel de la DRHAT. Chaque année, ses 1.000 recruteurs, anciens
personnels militaires, accueillent 100.000 candidats, dont 15.000 sont retenus sur
les critères d’évaluation physique, sanitaire, cognitive, de maturité et de
personnalité. Il s’agit de recruter, avec équité, des jeunes aptes à travailler en
équipe très structurée, où le discernement et la résilience comptent plus que la
performance physique pour remplir la mission, dans un conflit qui peut durer de
cinq mois à cinq ans.

Retour d’expérience. Grâce à l’entraînement, le groupe augmente sa force,
calculée sur celle de l’élément le plus faible physiquement qu’il faut aider,
souligne le capitaine Maynié. Malgré l’amélioration des conditions de vie et des
armements, le combattant en opération extérieure porte sur lui, en moyenne, 30
kg d’équipements, munitions et ravitaillement. Ainsi en Afghanistan (2012), le
poids moyen d’un combattant passe de 90 kg à 84 kg en deux ans car :
températures de – 20 °C (janvier) à + 40 °C (avril) ; nourriture abondante et
variée ; sorties quotidiennes de la base américaine ; nuit en sûreté permettant
une bonne récupération ; stress présent sans être prégnant (engins explosifs
improvisés). Au Mali (2015), ce poids passe de 92 kg à 74 kg en huit mois car :
températures de + 35 ° C (janvier) à + 55 ° C (mai) ; rations parfois améliorées ;
opérations de 4 à 10 jours ; cumul de responsabilités et de stress. En outre, le
mental du combattant est affecté : pression de la hiérarchie pour des résultats ;
pression de la troupe vers le chef ; confrontation aux morts injustes (enfants) ;
besoin de reconnaissance des efforts ; orgueil de sa résistance physique. Au
combat, le soldat a l’impression d’avoir un corps surmultiplié avec le sentiment de
dominer les autres. Mais usure physique et fatigue psychologique conduisent à
l’épuisement. Pour éviter l’effondrement, indique le capitaine Maynié, il faut
chercher en soi une force morale, à savoir l’âme ou « psyché » (ensemble des
manifestations conscientes et inconscientes de la personnalité). Il s’agit de
découvrir et dépasser ses propres limites.

Au-delà de la performance. Tous les pays membres de l’OTAN se dotent de
programmes de guerriers augmentés, surtout pour les forces spéciales, indique le
médecin en chef Zeller. Ainsi, un « opérateur » (exécutant d’un geste technique)
devient un système d’armes avec des aides pour augmenter son champ de
Armée de Terre : la préparation source de la
performances, comme un sportif de haut niveau. Le chef militaire est alors
présenté comme un entraîneur sportif. Or le combattant ne se réduit pas à des
capacités physique, technique et intellectuelle. Capable de donner sa vie pour son
pays, il a besoin d’un chef, qui le connaisse bien. Il ne se battra pas s’il n’en a pas
envie. Seule la volonté de vaincre emporte la décision. Tous les programmes de
soldat augmenté sont centrés sur la sphère physique au détriment de l’âme, cette
augmentation du corps et de l’esprit au service de l’humain, mais délaissée
aujourd’hui, conclut le médecin en chef Zeller.

Loïc Salmon

Selon Frédéric Coste, les réflexions et débats publics sur l’emploi des
technologies de l’augmentation en milieu militaire, très médiatisés, ont
commencé dès les années 1990 en Amérique du Nord, en Australie et en Europe.
Ils ont notamment porté sur les problèmes médicaux, éthiques et moraux,
juridiques (consentement des militaires) et de cohésion interne aux armées
(inégalités) et retour dans la société civile. Il en ressort la nécessité de
développer, en les encadrant, les « technologies d’augmentation » des troupes
amies, pour éviter leur mise en infériorité si leurs adversaires s’en dotent.

Défense : le futur combattant dans un monde numérisé

Exposition « Dans la peau d’un soldat » aux Invalides

Opex : le soldat au cœur du succès
Armée de Terre : la préparation source de la
Marine : GAN et « Mission Jeanne
d’Arc » en océan Indien
Le groupe aéronaval (GAN) et l’Ecole d’application des officiers de marine
(« Mission Jeanne d’Arc ») se déploient en océan Indien entre avril et juin 2019.

Leurs périples respectifs ont été présentés le 21 février 2019 à Paris.

« Mission Clemenceau ». Avant son départ, le GAN a validé sa capacité à
conduire des opérations lors de l’exercice « Fanal » en Méditerranée occidentale,
pendant deux semaines de février. Le porte-avions Charles-de-Gaulle, escorté de
frégates française, espagnole et italienne et d’un destroyer américain, a couvert
l’ensemble du combat naval : projection de puissance ; maîtrise des espaces
aéromaritimes ; luttes anti-sous-marine, anti-aérienne et antinavires. Son groupe
aérien se compose de 20 Rafale et 2 avions de guet aérien Hawkeye, de 2
hélicoptères Dauphin et d’un hélicoptère Caïman Marine. Il a procédé à 250
catapultages et appontages et divers entraînements, du pistage d’un sous-marin
au sauvetage d’un pilote éjecté dans une zone de combat. Parti de Toulon début
mars, le GAN entame sa « Mission Clemenceau » au Levant et en océan Indien
jusqu’en juillet : pré-positionnement stratégique en Méditerranée orientale (mars-
avril) ; franchissement du canal de Suez et du détroit de Bab-el-Mandeb pour un
pré-positionnement similaire dans les zones Ouest et Est de l’océan Indien (avril,
mai et juin). Ce déploiement s’adapte en fonction de situation des missions et des
opérations. La « Mission Clemenceau » vise à : renforcer l’appréciation de
situation ; développer l’interopérabilité et la coopération militaire ; renforcer des
partenariats stratégiques ; réaffirmer la présence de la France dans ses zones
d’intérêt ; intervenir en cas de menace sur la sécurité régionale. Le GAN doit se
rendre à Singapour, mais pas en mer de Chine. Il pourrait participer à l’opération
« Chammal » au Levant, dès l’arrivée de son groupe aérien sur zone. Des
exercices bilatéraux sont prévus : dans le golfe du Bengale avec la Marine
indienne (mai) puis avec les Marines japonaise, américaine et australienne (juin) ;
en mer Rouge avec la Marine égyptienne (juillet). Outre le Charles-de-Gaulle, le
GAN compte : 4 frégates, multi-missions Provence et Languedoc, anti-sous-marine
Latouche-Tréville et de défense aérienne Forbin avec leurs 5 hélicoptères
embarqués ; le bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne ; un sous-
marin nucléaire d’attaque. Un avion de patrouille maritime ATL2, des frégates
danoise, britannique et portugaise et des bâtiments américain et australien
apportent leur concours.

« Mission Jeanne d’Arc ». L’Ecole d’application des officiers de marine se
compose du porte-hélicoptères amphibie Tonnerre et de la frégate furtive La-
Fayette. Elle embarque 130 officiers en formation (15 étrangers) et reçoit les
concours de : l’armée de Terre jusqu’à Djibouti, avec 2 hélicoptères Gazelle, 150
passagers et leurs véhicules ; 2 hélicoptères Cougar espagnols ; 1 appareil de
transport hybride V22 Osprey du Corps américain des marines (USMC). Entre
février et juillet, la « Mission Jeanne d’Arc » effectue d’abord une préparation
opérationnelle interarmées et interalliés en Méditerranée orientale, pour la
protection des approches maritimes. Des exercices amphibies sont prévus : avec
les forces égyptiennes en mars, puis djiboutiennes (mars) en mer Rouge ; au
Brésil (mai), puis aux Etats-Unis (juin) dans l’océan Atlantique. La gestion de crise
humanitaire sera traitée en avril à Mayotte (océan Indien), puis en juin aux
Antilles (océan Atlantique) avec la Marine néerlandaise. L’exercice final se
déroule près de Toulon (juillet).

Loïc Salmon

Marine nationale : mission « Arromanches 3 » du GAN en Méditerranée orientale
L’océan Indien : espace sous tension

Marine nationale : « Jeanne d’Arc 2018 », missions opérationnelles et de
formation

Armée de l’Air : l’humain, les
opérations et la modernisation
La formation optimisée des personnels de l’armée de l’Air va de pair avec
l’amélioration de leur cadre de vie et la modernisation des équipements pour
affronter les menaces futures.

Son chef d’état-major, le général d’armée aérienne Philippe Lavigne, l’a expliqué
lors d’une rencontre organisée, le 4 décembre 2018 à Paris, par l’Association des
journalistes de défense.
Formation et fidélisation. Quoique le recrutement soit passé de 2.000 jeunes en
2014 à 3.000 en 2018, l’armée de l’Air entend conserver ses anciens personnels,
dont l’expérience permet de travailler le savoir être et le savoir-faire, souligne le
général. La « smart school » ou méthode de formation repose sur la numérisation
et l’intelligence artificielle pour gérer les compétences. Les personnels
demandent de la valorisation et la reconnaissance des compétences acquises.
L’adaptation aux besoins présents et futurs, du niveau brevet technique supérieur
à celui de la recherche, nécessite d’obtenir la validation des enseignements par
des diplômes reconnus par l’Education nationale. L’Ecole de l’Air de Salon-de-
Provence a noué des partenariats avec l’ONERA et le CNES. Il s’agit de réduire le
temps de formation au « juste besoin », afin de pouvoir exercer rapidement le
métier. Ainsi, la réalité virtuelle permet de faire le tour de l’avion…sans avion.
L’élève « voit » la manœuvre ou la réparation à effectuer. La simulation permet
d’économiser les heures de vol. Un pilote de chasse français, qui effectue
actuellement 164 h de vol sur avion et 70 h sur simulateur, devra, à terme,
atteindre l’objectif OTAN, soit 180 h de vol et 70 h sur simulateur. La base de
Mont-de-Marsan dispose d’un simulateur avec radar de pilote fictif et genèse de
plots supersoniques, de missiles de croisière, d’avions de transport ou
d’hélicoptères. Il élabore des scénarios de missions de plus en plus complexes et
crée un lien avec le pilote qui vole réellement. Ensuite, la vigilance s’impose pour
fidéliser les aviateurs, en améliorant leurs conditions de travail sur une base
aérienne et celles de leur famille (Plan famille). Le secteur privé accueille en effet
très facilement mécaniciens d’aéronautique, informaticiens, personnels médicaux
et commandos.

Modernisation et coopération. La Russie et la Chine manifestent leur
puissance en déniant l’accès à des théâtres pour des opérations des forces
aériennes occidentales, par avions, missiles, défense sol-air et brouillages de GPS
et de communications, indique le général Lavigne. D’ici à 2040, la menace portera
sur la furtivité, qui sera déjouée par la recherche des failles techniques, et
l’hypervélocité. Celle-ci, supérieure à mach 5, nécessitera d’augmenter la
distance de tir, par un radar plus puissant, et le combat « collaboratif » :
l’appareil repéré fuit, tandis qu’un autre tirera. L’avion de nouvelle génération
sera piloté, car un robot n’inspire aucune confiance. Il sera équipé d’intelligence
artificielle, comme le sont déjà certains capteurs. La transmission de données par
satellite fera progresser le combat collaboratif. Déjà, un exercice dénommé
« Point Blank » s’est déroulé en novembre 2018 en Grande-Bretagne pour tester
les interopérabilités technique et opérationnelle entre le Rafale et le F-35
américain. Le prochain aura lieu en France en 2020. Le projet franco-allemand
SCAF (système de combat aérien futur), dont les études vont commencer dans
chaque pays, vise à élaborer des normes communes en vue de réaliser un
démonstrateur. Toutefois, quels que soient les domaines concernés, il conviendra
de conserver sa souveraineté en ne dévoilant pas tout.

Loïc Salmon

Armée de l’Air : anticipation, audace et créativité

Armée de l’Air : le nouvel avion d’entraînement Pilatus PC-21

Défense : le « plan famille » de fidélisation des militaires
Armée de Terre : le soldat,
entraînement et protection
L’esprit guerrier consiste à gagner par l’entraînement, la haute technologie et les
traditions. Cela implique l’amélioration de la protection du soldat et du cadre de
vie de sa famille.

Telle est la conviction du général Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée
de Terre dont les capacités de la 1ère Division ont été présentées le 4 octobre
2018 au camp de Satory.

L’ensemble du spectre. La démonstration a porté sur l’engagement des forces
terrestres sur le territoire national, lors d’un conflit asymétrique ou d’un
affrontement entre Etats. En effet, l’armée de Terre peut intervenir en métropole
et dans les départements et territoires d’outre-mer, en soutien des populations,
en appui et en complément des forces de sécurité intérieure. Grâce à ses
formations et entraînements, elle apporte une réponse adaptée à la menace et à la
nature de la crise. Dans l’urgence, l’armée de Terre peut déployer une force
capable de produire d’emblée des effets. Elle intervient en montagne, en zone
désertique ou équatoriale avec des moyens spécifiques. Elle assure une gestion de
crise dans la durée, au contact des populations, selon une approche globale et
dans un cadre multilatéral, avec un emploi de la force maîtrisé et réversible. Les
innovations récentes concourent à la protection accrue de la force face à un
adversaire tenace et dont les capacités se durcissent. Enfin, en raison du risque
de guerre ouverte face à un ennemi puissant, l’armée de Terre entretient sa
capacité à assumer la responsabilité de nation-cadre au sein de l’OTAN ou d’une
coalition ad hoc. Son « système infocentré Scorpion » renforce sa capacité à
prendre l’ascendant sur l’adversaire pour emporter la décision.

Le renseignement « Terre ». L’armée de Terre dispose de ses propres capacités
de renseignement. Ainsi, le 2ème Régiment de hussards s’occupe de la recherche
humaine : surveillance des objectifs ou des cibles ; guidage ; traitement des
sources humaines ; exploitation des matériels sensibles. Le 61ème Régiment
d’artillerie effectue de la recherche par imagerie (drones) pour appuyer en temps
réel ou différé, acquérir des objectifs et évaluer les frappes. Le 28ème Groupe
géographique recueille des renseignements de terrain, les exploite et apporte un
appui cartographique. La recherche électromagnétique, assurée par le 44ème
Régiment de transmissions, consiste à reconnaître les signaux, les détecter, les
intercepter, les décoder, les localiser et, éventuellement, les neutraliser. La
785ème Compagnie de guerre électronique et le 54ème Régiment de
transmissions apportent un appui électronique. Tous ces capteurs,
complémentaires, travaillent en synergie dans l’espace et dans le temps au profit
des différents niveaux de commandement, du Corps de réaction rapide-France
(OTAN) au groupement tactique interarmes, des forces spéciales ou de la
Direction du renseignement militaire. Le Commandement du renseignement
garantit la cohérence d’emploi et l’évolution des moyens de recherche et
d’exploitation (analyse et connaissance des modes d’action adverses). Il assure la
formation aux métiers du renseignement, l’entraînement des bureaux dédiés des
états-majors opérationnels et celui des structures « multicapteurs ». En outre, il
adapte la fonction renseignement Terre aux évolutions permanentes de
l’adversaire. Enfin, il participe aux missions du Centre interarmées des actions
sur l’environnement, pour faire mieux comprendre et accepter l’action des forces
françaises sur les théâtres extérieurs auprès des acteurs locaux et ainsi gagner
leur confiance. Les missions portent sur l’aide directe aux populations, la gestion
de chantiers de reconstruction ou les actions de communication d’influence
auprès de la population, des élites et des élus locaux.

La référence. Compte tenu de l’évolution de la menace, l’armée de Terre adapte
en permanence ses dispositifs opérationnels sur le territoire national et sur les
théâtres extérieurs, rappelle son chef d’état-major. La modernisation de l’exercice
du commandement inclut notamment la renaissance d’une Ecole de guerre
« Terre » depuis le 30 août 2018, d’une durée de 43 semaines et complémentaire
de l’Ecole de Guerre interarmées. Une vision prospective permet d’anticiper les
ruptures futures. Le général Bosser énumère six critères de référence : un modèle
complet pour affronter tout type de menaces ; une masse pour produire des effets
stratégiques dans la durée ; des équipements de 4ème génération pour dominer
l’adversaire ; une capacité à agir dans le cadre d’une stratégie globale pour
gagner la paix ; une singularité militaire au service de l’efficacité opérationnelle ;
un esprit guerrier pour décupler les forces morales. La loi de programmation
militaire, qui s’étend de 2019 à 2025, dure autant que l’engagement moyen d’un
jeune militaire du rang ou d’un sous-officier, souligne le général. Elle modernise
l’outil de combat en préparant le déploiement en opération de groupements
interarmes Scorpion à partir de 2021 (voir encadré). En 2019, l’armée de Terre
doit mettre en œuvre 5 zones techniques Scorpion et 1 régiment de formation
équipé de 92 véhicules blindés multi-rôles Griffon. Elle poursuivra la
transformation de la maintenance terrestre et aura obtenu les premiers résultats
du « contrat globalisé » pour les hélicoptères d’attaque Tigre. En matière
d’innovation pour garder l’ascendant sur l’adversaire, sont prévues en 2019 :
l’implantation du « Battle Lab Terre » (laboratoire de la bataille terrestre) à
Satory ; la poursuite de la transformation numérique de l’administration (dossiers
et recrutement) ; la numérisation de l’espace de formation ; l’accélération des
processus de passation de marché.

Le quotidien du soldat. En 2019 et pour combler des lacunes majeures, indique
le général Bosser, l’armée de Terre doit recevoir des treillis de dernière
génération, 24.000 fusils d’assaut HK416 et 730 véhicules 4×4. L’entretien du
matériel bénéficiera d’un financement renforcé. L’aguerrissement et
l’entraînement collectif seront consolidés. Le nouveau Centre de formation de
Bourges doit accueillir la première promotion de mécaniciens aéronautiques. Par
ailleurs, le « Plan famille » porte sur le préavis des mutations, le déploiement wifi,
des garderies supplémentaires et l’accession à la propriété. En 2017, l’armée de
Terre comptait 126.000 militaires avec 60.000 conjoints ayants droits et 123.000
enfants, dont 24.000 de moins de 3 ans. Ils ont connu 14.000 mutations et 115
jours d’absence hors garnison.

Loïc Salmon

Destinée à projeter un sous-groupement interarmes Scorpion en opération
extérieure dès 2021, la 1ère Division compte : 26.500 personnels d’active ; 5.200
réservistes ; 5 états-majors ; 27 régiments ; 1 école ; 1 centre d’aguerrissement ;
4 centres de formation initiale des militaires du rang. Outre les éléments français
de la Brigade franco-allemande, elle regroupe trois grandes unités interarmes de
7 à 8 régiments : 7ème Brigade blindée ; 9ème Brigade d’infanterie de marine ;
27ème Brigade d’infanterie de marine. Enfin, elle dispose du 1er Régiment
d’artillerie, du 19ème Régiment du génie et du 132ème Bataillon cynophile de
l’armée de terre.

Armée de Terre : la remontée en puissance par l’innovation

Renseignement militaire : clé de l’autonomie stratégique et de l’efficacité
opérationnelle
Exposition « Les armes savantes »
à Versailles
La centralisation du pouvoir à Versailles de 1682 à 1789 a conduit à y concentrer
longtemps tous les acteurs de l’innovation militaire : prescripteurs, concepteurs,
fabricants et utilisateurs.

Inventions aux débouchés militaires. L’exposition relate 350 ans de
modernisation de l’outil militaire français, qui prend en compte les inventions
scientifiques et nouvelles techniques réalisées dans le monde pendant cette
période. En 1770, Cugnot procède aux essais du premier véhicule automobile
propulsé par une chaudière à vapeur. En 1783, le ballon à air chaud des Français
Mongolfier s’élève avec ses premiers passagers. En 1800, l’Italien Volta invente la
pile électrique et l’Anglais Durand dépose le brevet des premières « boîtes de
conserve », perfectionnant le procédé du Français Appert, mis au point en 1795.
Le Français Niepce réalise la première photographie vers 1826. L’Américain
Morse invente le télégraphe électrique en 1840. L’industriel allemand Krupp
développe le premier canon antiaérien en 1870 et l’Américain Maxim la
mitrailleuse moderne en 1885. Le Français Vieille met au point la poudre à canon
sans fumée en 1884. Le Français Ader effectue le premier décollage d’un « plus
lourd que l’air » en 1897. Deux ans plus tard, la Marine nationale française
réalise la première transmission sans fil. En 1903, les Français Becquerel et les
époux Curie reçoivent le prix Nobel de physique pour leur étude de la
radioactivité. En 1915, l’armée allemande emploie massivement les gaz de
combat. L’année suivante, l’armée britannique engage des chars de combat dans
la bataille de la Somme. En 1938, les physiciens allemands Hahn et Strassmann
découvrent la fission nucléaire. En 1942, l’avion à réaction allemand
Messerschmitt Me262 effectue son premier vol. Les 6 et 9 août 1945, l’aviation
américaine lâche deux bombes atomiques sur les villes japonaises de Hiroshima
et Nagasaki. En 1957, l’URSS lance le « Spoutnik », premier engin placé en orbite
autour de la terre. En 1965, l’entreprise italienne Olivetti commercialise le
premier ordinateur personnel Programma 101. Le réseau Apronet, ancêtre
d’internet et mis au point par le ministère américain de la Défense, est
opérationnel en 1969. Le premier téléphone mobile est commercialisé par
l’entreprise américaine Motorola en 1983, suivi du premier récepteur GPS
portatif Magellan NAV 1000, également américain, en 1989. La firme américaine
Apple met sur le marché l’iPhone, premier smartphone à interface tactile
multipoints, en 2007.

Organisation rationnelle. En raison de la Guerre de Sept Ans (1756-1763), le
maréchal de Belle-isle, secrétaire d’Etat à la Guerre, puis son successeur, le duc
de Choiseul, également secrétaire d’Etat à la Marine, lancent la construction à
Versailles des hôtels communs de la Guerre, de la Marine et des Affaires
étrangères, autrefois disséminés dans Paris. Versailles se trouve alors au cœur
des réformes militaires terrestres et navales de 1763 à 1790 : renouvellement des
fortifications de Vauban ; amélioration de la tactique de l’armée ; développement
de la Marine, qui participera à la guerre d’indépendance américaine en
1781-1783. L’artillerie et le génie, « armes savantes », y sont conçues, étudiées et
validées. La manufacture d’armes, créée en 1783, emploie 400 ouvriers qui
fabriqueront plus de 125.000 fusils et carabines et près de 480.000 armes
blanches pour la Garde impériale puis, à la Restauration, pour la Maison militaire
du roi. Son « directeur-artiste » de 1793 à 1818, Nicolas-Noël Boutet, en fait le
symbole de l’excellence technique et artistique en matière d’armement. La
manufacture réalise en effet des armes d’honneur (épées et fusils), de luxe
(pistolets) ou de prestige (glaives) commandés en France et dans toute l’Europe.
L’hôpital militaire Larrey est installé dans les Grands Communs de Versailles en
1832. Deux ans plus tard, l’armée reçoit 30 ha du plateau de Satory pour y
effectuer des manœuvres. Ce dernier devient alors l’un des lieux majeurs de
l’innovation militaire, où se combinent entraînement des troupes et
développement de nouveaux armements et matériels. Le gouvernement, installé à
Paris de la Révolution à la chute du Second Empire, revient à Versailles en 1871
pendant la Commune. En 1874, le système de fortifications du territoire proposé
par le général Séré de Rivières, issu de l’arme du génie, prévoit la construction
d’un nouveau camp retranché dans la région pour éviter un éventuel siège de la
capitale. Il s’agit de contrôler les accès routiers et ferroviaires au Sud-Ouest de
Paris et de protéger Versailles et Satory par les forts de Saint-Cyr et du Haut-Buc,
la redoute de Bois d’Arcy et cinq batteries au Sud et à l’Ouest du plateau de
Satory. Déclassées après la première guerre mondiale, ces fortifications abritent
des unités de soutien jusqu’en 1950.

Enseignement militaire. Lieux de formation et de réflexions techniques et
tactiques, les écoles militaires préparent au bon emploi et à la maîtrise de
l’innovation des armes. L’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr arrive dans la
région versaillaise en 1802, suivie de l’Ecole militaire de l’artillerie et du génie en
1884. Devenue celle du génie uniquement en 1912, elle forme les élèves officiers
issus de l’Ecole polytechnique. En 1889, l’Ecole de chemin de fer est implantée
chez le 5ème Régiment du génie. Sont instituées, en 1919, le Centre d’études des
chars de combat et, en 1922, l’Ecole militaire de l’Air, subdivision du génie à
l’époque. Cette dernière déménage à Salon-de-Provence après 1945.

Expertise de l’armement. Le passage de la création à l’innovation,
indispensable à la défense militaire, s’effectue selon un processus en « boucle ».
L’Etat, à savoir la Direction générale de l’armement, définit la nature et la
fonction des outils à créer. La conception de matériels toujours plus complexes
nécessite de grandes équipes et une gestion de projet. Leur développement
adapte des technologies diverses. Les essais rigoureux des matériels, menés par
l’Etat, portent sur la performance, la fiabilité et la sécurité. La construction
mobilise un réseau de partenaires, fournisseurs et sous-traitants et aussi le retour
d’expérience des militaires sur le terrain. Il s’agit ensuite de maintenir en
condition opérationnelle les armements en service et d’anticiper leurs
successeurs. Ainsi, Versailles a accueilli l’atelier de construction des divers
blindés AMX en 1945 et la Section technique de l’armée de terre en 1974.
L’entreprise Arquus, spécialisée dans les véhicules militaires, s’y installe en 2006.
Le groupe français Nexter et l’armurier allemand MKW, y préparent le futur
blindé européen.

Loïc Salmon

L’exposition « Les armes savantes, 350 ans d’innovations militaires » (15
septembre-9 décembre 2018) se tient à Versailles. Elle a reçu le label de la
Mission du centenaire de la guerre de 1914-1918 et bénéficie du soutien du
groupe Nexter Systems. Tableaux, documents et objets proviennent du musée de
l’Armée, du Service historique de la défense, du musée des Plans-Reliefs, du
musée Lambinet, des Archives communales de Versailles et aussi d’institutions
militaires et d’industriels de l’armement basés à Versailles.

Espace Richaud, 78 boulevard de la Reine 78000 Versailles, du mercredi au
dimanche de 12 h à 19h.

Le nouveau visage de la guerre

Défense : le futur combattant dans un monde numérisé

Défense : vers 2 % du Produit intérieur brut à l’horizon 2025
Armée de l’Air : le nouvel avion
d’entraînement Pilatus PC-21
Le mono turbopropulseur Pilatus PC-21, en service opérationnel en septembre
2018, assure les mêmes formations de pilotage que les actuels Epsilon et
Alphajet, avec transposition directe sur Rafale des compétences acquises.

Sa présentation à la presse, le 13 septembre 2018 à Paris, a inclus ses atouts
pédagogiques par le colonel Julien Moreau, commandant les Ecoles de formation
du personnel navigant, et son contrat d’acquisition par l’ingénieur en chef de
l’Armement Audrey Hermant, directrice du programme PC-21.

Un saut technologique. Destiné aux pilotes de chasse de l’armée de l’Air et de
la Marine nationale ainsi qu’aux navigateurs officiers systèmes d’armes, le PC-21
prépare au combat aérien d’aujourd’hui et de demain, explique le colonel Moreau.
Dans un environnement de plus en plus complexe, évolutif et connecté, le pilote
de chasse doit être réactif et savoir durer, combattre, projeter force et puissance
ou porter assistance. Par exemple, un groupe de plusieurs Rafale partis de France
pour une mission de frappes lointaines au Levant, bénéficie des informations
fournis par un avion d’alerte avancée AWACS et de plusieurs ravitaillements en
vol jusqu’à l’arrivée sur zone. L’un d’eux largue son missile Scalp, dont la
croisière, guidée par satellite, continue à basse altitude et franchit les défenses
sol-air pour atteindre sa cible après un guidage terminal. Actuellement, la
formation d’un pilote de chasse, d’une durée de 2,5 ans, se déroule en quatre
phases : formation générale des officiers à la base de Salon-de-Provence ;
formation des pilotes sur les avions biplaces monomoteurs Grob 120 et TB30
Epsilon ; spécialisation sur Alphajet, avion d’entraînement et d’attaque au sol, à
l’Ecole d’aviation de chasse de Tours pour l’obtention du brevet de pilote ;
formation au combat aérien à l’Ecole de transition opérationnelle de Cazaux, en
vue d’une orientation sur Rafale ou Mirage 2000. Après une phase de
transformation, le pilote rejoint son affectation en unité navigante. A l’horizon
2021, la phase 1 se déroulera à Salon-de-Provence sur Cirrus SR20 et la phase 2
sur Grob 120 et PC-21 à Cognac pour l’obtention du brevet de pilote. D’ici à
février 2019, les écoles de formation du personnel navigant recevront 17 PC-21.
Cet avion embarque un système d’armes garantissant un haut niveau de
représentativité des missions tactiques, grâce à ses capacités de simulation air-air
(tir de missiles et détecteur d’alerte) et air-sol (canon, tir de bombe en palier et
en semi-piqué). Il permet l’acquisition des bases d’un système d’armes, de son
pilotage vers son management avec de nouvelles compétences, à savoir tête
haute, liaisons de données et carte numérique. Enfin, 40 % de la formation sur
PC-21 se fait sur simulateur au sol. En 2018, l’Ecole de Cognac forme 30 pilotes
de chasse et 10 navigateurs officiers systèmes d’armes de l’armée de l’Air, 10
pilotes de chasse embarquée de la Marine nationale et 10 moniteurs de
simulateur de vol. Les prévisions portent sur 25 instructeurs formés en juin 2019
et début de transformation des navigateurs officiers système d’armes en janvier
2020.

Une organisation étatique. Le besoin porte sur 11.000 heures de vol par an,
indique l’ingénieur en chef Hermant. Le contrat unique du programme PC-21 a
été notifié en décembre 2016 à l’entreprise Babcock Mission Critical Services
France. De type location-vente, il prévoit un transfert à l’Etat, en 2022, des
moyens de formation (avions, système de préparation et de restitution de mission
et simulateurs), du soutien et des infrastructures.

Loïc Salmon

Armée de l’Air : « Pégase 2018 », projection lointaine dans le Pacifique

Armée de l’Air : l’appui aérien aux opérations terrestres
Armée de l’Air : « Pégase 2018 »,
projection lointaine dans le
Pacifique
La mission de projection de puissance aérienne « Pégase 2018 » (19 août-4
septembre), en Asie du Sud et du Sud-Est, vise à maintenir les aviateurs
expérimentés en condition opérationnelle et à entraîner les jeunes dans un
dispositif complexe.

Le général de corps aérien (2S) Patrick Charaix, qui la conduit, l’a présentée à la
presse le 7 juin 2018 à Paris. En effet, les officiers généraux en 2ème section
peuvent être rappelés pour une mission ponctuelle, en fonction de leurs
compétences et de leur disponibilité.

Projection d’envergure. Pégase 2018 consiste à ramener, d’Australie en France,
des moyens aériens composés de : 90 aviateurs ; 3 Rafale B ; 1 ravitailleur
C135FR sur certaines étapes ; 1 avion de transport tactique A400M ; 1 avion
multi-rôles A310 ; 40 t et 190 m3 de lot technique et de fret. Ces moyens avaient
été envoyés en Australie pour participer à l’exercice « Pitch Black » (présenté
plus loin). Pégase 2018 montre que l’armée de l’Air peut déplacer un dispositif
contraignant et contribuer à valoriser l’industrie aéronautique de défense de la
France et à renforcer sa présence dans cette zone d’intérêt stratégique, explique
le général Charaix. Les escales permettent de développer l’interopérabilité avec
les forces aériennes des partenaires régionaux, à savoir l’Australie, l’Indonésie, la
Malaisie, Singapour et l’Inde. Le dispositif aérien, gardé aux escales par des
fusiliers-commandos de l’Air, atterrit sur des terrains peu connus et ne peut se
permettre une panne de plus de 24 heures, d’où l’importance de l’A400M pour le
transport logistique. Les coopérations locales facilitent, le cas échéant, les
opérations de recherche et de sauvetage. Par ailleurs, l’armée de l’Air dispose de
moyens prépositionnés en permanence dans la zone Indo-Pacifique : détachement
air 181 avec des avions de transport tactiques Casa CN-235 de l’ET 50
« Réunion » à La Réunion ; base aérienne 188 avec les Mirage 2000-5 de l’EC
3/11 « Corse » et les avions de transport tactique C160 Transall et hélicoptères
Puma de l’ET 88 « Larzac » à Djibouti ; base aérienne 104 avec les Rafale de l’EC
1/7 « Provence » à Al Dhafra aux Emirats arabes unis ; base aérienne 186 avec les
Puma et Casa CN235 de l’ET 52 « Tontouta » à Nouméa en Nouvelle-Calédonie ;
détachement air 190 avec les Casa CN235 de l’ET 82 « Maine » à Tahiti en
Polynésie française.

« Pitch Black ». Les 3 Rafale, l’A400M et le C135FR sont partis de France le 20
juillet pour atteindre les Emirats arabes unis. Ensuite, un avion MRTT australien a
ravitaillé les Rafale et l’A400M jusqu’à Singapour. Finalement, le groupe aérien a
atterri en Australie, où les a rejoints un Casa CN235 venu de Nouvelle-Calédonie,
pour participer à l’exercice biennal « Pitch Black ». Du 27 juillet au 17 août, les
bases aériennes de Darwin et Tindal ont accueilli 140 aéronefs de 16 pays : pays
régionaux déjà cités ; Allemagne ; Canada ; Corée du Sud ; Japon ; Nouvelle-
Zélande ; Pays-Bas ; Philippines ; Suède ; Thaïlande ; Etats-Unis. Les équipages se
sont entraînés à la mission d’entrée en premier sur un théâtre face à un Etat-
puissance, dans un environnement tactique non permissif et réaliste. « Pitch
Black » a consisté à planifier, exécuter et débriefer des missions complexes. Il a
mis en œuvre un avion d’alerte avancée AWACS et a inclus ravitaillements en vol,
aérolargages, leurres, équipements infrarouges et bombardements réels. Les
manœuvres ont été mémorisées à bord des avions pour faire « rejouer » les
participants au retour. Enfin, les pilotes ont pu échanger leurs retours
d’expériences (Mali pour les Français).
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