Marathon de l'innovation Orange Healthcare 2014 - cahier de tendances continuum de vie, continuum de soins
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marathon de l’innovation
Orange Healthcare 2014
cahier de tendances
continuum de vie, continuum de soins
Quelles solutions e-santé imaginer pour améliorer le
parcours santé de chacun à toutes les étapes de la vie ?Le présent cahier de tendances a été élaboré dans le cadre de la démarche d’innovation portée par Orange Healthcare, en partenariat avec Harmonie Mutuelle. Ce document demeure la propriété d’Orange et d'Harmonie Mutuelle. Les destinataires de ce support s’engagent à lui conférer un caractère strictement confidentiel. Ils prendront en conséquence toutes précautions utiles afin que les informations y étant contenues ne soient pas divulguées à des personnes non autorisées. Février 2014
introduction
Environ 1 Français sur 2 surfe sur le web santé, avec un ordinateur, une tablette
ou un smartphone. En parallèle de ce constat, les professionnels de santé font
entrer les technologies dans leurs pratiques médicales.
Chez Orange Healthcare et Harmonie Mutuelle, nous sommes intimement
convaincus que le véritable potentiel de l’e-santé* réside dans sa
capacité à replacer l’individu au cœur du débat. Soutenir et faciliter les
interactions entre professionnels de santé et entre patients et acteurs de la
santé doit se faire dans le respect d’une relation humaine irremplaçable et
essentielle.
L'individu, acteur de son parcours de santé grâce aux outils numériques,
pose un regard toujours plus exigeant sur la qualité de la relation avec son
professionnel de santé et l’efficience de l’offre de soins. Jugée fragmentée et
complexe, cette offre est aujourd’hui repensée pour créer un continuum entre
les structures de soins et le domicile mais aussi pour passer d’une logique de
« cure » (délivrance de soins aigus) à une logique de « care » (prise en charge
globale). La gestion et le partage des données se révèlent essentiels pour
catalyser ces évolutions. La prévention, notion de plus en plus concrète pour
bon nombre d’individus, fait aussi partie d’une logique de gestion globale du
capital santé.
Dans le cadre du Marathon de l’Innovation se tenant les 3 et 4 février 2014,
nous avons choisi de partir des situations de vie amenant les individus à
fréquenter le système de soins soit ponctuellement, soit plus régulièrement
selon leur état de santé. Nous observerons les interactions entre les
différentes personnes impliquées dans une relation de soins (malades,
familles, professionnels de santé, aidants, institutions, mutualistes…) pour
répondre à la problématique suivante :
continuum de vie, continuum de soins
Quelles solutions e-santé imaginer pour améliorer le
parcours santé de chacun à toutes les étapes de la vie ?
Première étape dans notre démarche d’innovation, le cahier d’inspiration que
vous tenez entre vos mains est un outil indispensable pour générer des idées
hors du cadre tout en plaçant le patient au centre de la réflexion. S’il ne prétend
pas à l’exhaustivité, ce cahier vous donne les clés pour identifier des
tendances et signaux faibles ainsi que pour apprécier le caractère innovant
d’initiatives qui émergent ici et ailleurs.
Et maintenant, à vous de jouer ! Annotez, parcourez, partagez ce cahier
pour vous inspirer en amont du Marathon de l’Innovation.
Orange Healthcare et Harmonie Mutuelle
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
3sommaire
bien-être et prévention
La prévention et l’anticipation passeront-elles par
une meilleure utilisation des données de santé ?
p.6
maladie chronique
Un parcours de soins global pour vivre
mieux avec sa maladie chronique.
p.12
santé au quotidien
et pathologies aigües
L'hôpital de demain, un centre de
recours et d'expertise ouvert sur la ville.
p.18
dépendance, fragilité
Vieillir... oui, mais bien accompagné.
p.24
Glossaire p.30
*
(mots indiqués par )
Notes p.32
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
5La prévention et l’anticipation passeront-
elles par une meilleure utilisation des
données de santé ?
Grâce à l’évolution des comportements individuels, le rapport à la prévention et à la santé change,
infléchi par une nouvelle représentation du corps et une mise à disposition d’outils numériques. Les
individus, mieux informés, s’émancipent parfois du corps médical pour le choix et l’achat de produits
qu’ils considèrent bénéfiques pour la santé et sont nombreux à déclarer être prêts à modifier leurs
modes de vie pour rester en bonne santé. Celle-ci pourrait représenter le premier poste de dépenses
dans le budget des ménages dans les années à venir.
Au cœur de ce changement, la donnée. Produite par l’individu ou par les acteurs de santé, de
nouveaux modèles permettent de quantifier, d’analyser, de croiser des données venant de sources
différentes afin d’anticiper l'offre de soins pour une population. Le recueil de données individuelles
contribue également à produire de nouvelles connaissances médicales pour mieux guérir ou prévenir la
survenue de pathologies. Il pourrait également participer à la définition d’un équilibre nécessaire entre
prévention et traitement, assurance individuelle et collective.
L’exploitation combinée des données individuelles et collectives pourrait être l’un des déterminants
d’une offre de soins plus efficiente.
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
6chiffres clés
56 %
des Français pensent que les
57 %
applications smartphone sont
un progrès pour la médecine.
(Groupe Pasteur Mutualité /
Viavoice, 2013)
des Français estiment que le développement des applications santé peut
favoriser l’auto-surveillance et l’auto-médication. Ce chiffre atteint 63 %
chez les 18-24 ans. (Pew Research Center, 2012)
9/10 Français
pratiquent une activité physique ou
58 %
des Français pensent qu’un bilan
sportive. (Ministère des Sports, 2010)
personnel régulier permettrait
de réaliser des économies sur
32
le remboursement des soins.
(BVA, 2013)
milliards d’euros
marché du « rester en forme » La majorité
avec une croissance de 8 %
par an (Deloitte, 2012) des Français
pensent que la prévention a un impact
important sur les soins curatifs et sur l’âge
d’entrée en dépendance. (Deloitte, 2012)
100 000
applications mobiles dédiées à la santé, dont 800
en français, existent sur l’ensemble des boutiques
d’application pour un chiffre d’affaires de 1,3 milliard
de dollars en 2012. (Research2Guidance, 2012)
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
7Vers une nouvelle injonction faite à l’individu ? Rester en bonne santé peut désormais apparaître comme un impératif sociétal. L’individu est responsabilisé et informé des actions à mener pour préserver son capital santé, voire accompagné dans sa démarche. Conseils nutritionnels, programmes d’entraînement sportif, partage d’expérience, l’individu a désormais à disposition une palette d’outils accessibles via le web. Les dispositifs connectés facilitent le suivi en continu de leurs progrès et contribuent à modifier le rapport de l’individu à sa santé ou son bien-être mais aussi sa relation avec son médecin, le patient réclamant le droit de participer pleinement à sa thérapie. Cette prise de conscience peut favoriser une plus grande prévention et une meilleure observance* dans le cas de protocoles thérapeutiques. Mais peut-elle aussi conduire à une attention excessive sur la santé (demande injustifiée des patients, hypocondrie, dépistages inutiles…) ? Les outils du bien-être deviendront-ils des outils du « mieux guérir » ? Capteur optique, balance ou montre connectés, les innovations se multiplient autour du bien-être et de plus en plus d’individus sont prêts à investir dans ces outils de confort. Ces équipements peuvent être sans mal intégrés à une thérapie. Dans les systèmes de santé où le reste à charge du patient est élevé, ceux-ci s’équipent de solutions innovantes pour mieux prévenir ou gérer leurs pathologies... Lorsque le patient a l’habitude d’être pris en charge par le système de soins, l’individu qui aura utilisé ces outils pour son seul bien-être sera-t-il prêt à financer des dispositifs similaires pour se soigner ? Que l’objectif relève de santé publique ou d’une meilleure maîtrise des coûts, des programmes, basés sur ces nouveaux outils, se développent, proposés par l’assurance maladie, les professionnels de santé, les clubs de sport, les assureurs ou mutualistes voire les grandes entreprises. Outre les outils numériques, pourraient apparaître de nouvelles fonctions basées sur le conseil en préservation du capital santé, portées par les assureurs et mutualistes ou encore par les pharmaciens. Les mutuelles pourraient être amenées à concevoir des offres façon bouquet de services personnalisable au fil du continuum de vie.
Les données de santé individuelles La massification des données au
deviennent source de connaissances service de la santé.
pour le bien commun. Une meilleure analyse des nombreuses données recueillies
par les établissements peut permettre d’améliorer
Le Quantified self* place les objets connectés au
l’efficience du système de santé en optimisant la
cœur d’un dispositif d’auto-mesure qui permet de suivre,
prise de décision ou la gestion des établissements
analyser et partager ses données personnelles dans une
hospitaliers. Pourquoi dès lors ne pas imaginer une
optique de prévention. Cette tendance, illustrant la mise à
collaboration entre acteurs du numérique et instances de
disposition volontaire de données de santé personnelles,
santé publique pour relever le défi de la prévention à partir de
contribue à une meilleure responsabilisation des patients
l’exploitation secondaire et non-commerciale des données
et une connaissance des pathologies plus fine. Dans le
personnelles des internautes et mobinautes ? Restent à
cadre des maladies chroniques, le suivi exercé par le patient
trouver des modèles d’analyse robustes pour tirer des
lui-même devient source d’informations précieuses pour
conclusions exploitables à partir de populations restreintes.
augmenter la connaissance des professionnels de santé
et, dans certains cas, permet au patient d’être force de
L’effet pervers de ce gigantesque réservoir de données de
proposition dans sa thérapie.
santé pourrait être la traçabilité de l’individu qu’elle induit
et l’utilisation commerciale possible. Un hébergement
A terme, ces données pourraient-elles être exploitées
fiable, sécurisé de ces données paraît être l’incontournable
par des systèmes de classification de type « Case
condition pour éviter d’éventuels dérapages et garantir
mix* », qui constituent de grandes banques de données
l’utilisation responsable et utile dans le respect de l’individu.
financières, démographiques et cliniques pour le pilotage
du système de santé ou encore pour des campagnes de
sensibilisation ?
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
9inspirations
Charite University of Medicine Berlin - 6 petabytes de données
accessibles à 700 personnes
La Charite University of Medicine Berlin est passée d’une simple gestion financière
à un pilotage centralisé et intelligent. Il permet d'améliorer la visibilité globale de
l’activité, la planification, la coordination, l'optimisation des ressources et de
diminuer les procédures chronophages.
Pour Walkmore, je cours donc je paye
Une start-up américaine, Walkmore, propose des modèles d’analyse
à de petits établissements bancaires afin de leur permettre de mieux
gérer leurs risques emprunteurs. Après avoir recueilli et analysé les
transactions de plus de 500 000 personnes, elle a pu établir des
corrélations entre la condition physique des consommateurs et leur
comportement financier.
Cerebro – la réalité augmentée au service de la
prévention
Cerebro est une application mobile d’exploration cérébrale lancée
par une équipe Inserm en 2012 afin de mieux comprendre et
prévenir les AVC, troisième cause de mortalité au niveau mondial. Ce
dispositif original exploite le potentiel de la réalité augmentée pour
expliquer au public le fonctionnement du cerveau et les enjeux de la
recherche en neurosciences, ainsi qu’informer sur l’identification des
symptômes avant-coureurs des AVC.
Masilukeke – prévention à distance du Sida sur le continent africain
Ce programme a envoyé 968 millions de messages informatifs depuis 2008 en utilisant de l’espace radio inutilisé mis à disposition par l’opérateur de
télécoms MTN. Ces messages informent et incitent les populations à appeler un centre d’appel où des opérateurs peuvent leur prodiguer des conseils, de
l’information de santé, et les orienter vers des cliniques locales. Il s’agit d’un programme non gouvernemental, soutenu par des sociétés privées dont Nokia
et Frog. Ce programme a servi d'inspiration pour Text4Baby.Text4Baby – un service d’information à distance pour femmes
enceintes
L’application Text4Baby permet aux femmes qui envoient un SMS « BABY »
de recevoir trois messages d’information gratuits par semaine pendant toute
leur grossesse (de façon coordonnée avec la date du terme) et jusqu’au
premier anniversaire du bébé. Ces messages couvrent des sujets tels que
les signes de travail, les soins prénataux, les cas d’urgence, les étapes de
développement, les vaccins, la nutrition, la prévention des fausses couches,
la sécurité pendant le sommeil, l’allaitement... Depuis son lancement en 2010,
Text4Baby a accompagné 617 865 mères ou futures mères aux Etats-Unis.
Basis B1 – la montre connectée à 4 capteurs
Grâce à ses capteurs (prise de température corporelle et environnementale,
accéléromètre, capteur de sudation, capteur optique de flux sanguin
pour mesurer l’activité cardiaque), la nouvelle montre Basis B1 est
*
source de données pour le Quantified Self , que ce soit à des fins
médicales, sportives ou plus simplement liées au bien-être. Une app
permet d’accéder, via web et smartphone, à un dashboard présentant
ses mesures, ce qui permet de se fixer des objectifs et d’en suivre la
réalisation.
Withings - la lampe pour un meilleur sommeil
Withings a présenté, au CES 2014 de Las Vegas, une lampe destinée à améliorer le sommeil. Elle est dotée d’un capteur placé sous le matelas, qui analyse
les mouvements du corps et le rythme cardiaque du dormeur. La lampe crée une ambiance supposée accompagner les différentes phases de sommeil.
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
11Un parcours de soins global pour vivre
mieux avec sa maladie chronique.
Les maladies chroniques ne cessent d’augmenter et constituent la première cause de mortalité dans le
monde. Près de 20 % de la population serait atteinte plus ou moins sévèrement. Si le vieillissement de
la population est en partie responsable de cette augmentation, l’évolution de la médecine a également
(et heureusement) transformé certaines maladies mortelles en maladies chroniques. Au-delà de sa
souffrance, le patient atteint de maladie chronique* est souvent stigmatisé dans sa vie personnelle et
professionnelle. De nouveaux modes d’accompagnement, plus individualisés et participatifs,
émergent afin d’améliorer le quotidien de ces patients en allégeant les contraintes liées au
traitement.
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
12chiffres clés
589 000
cas de maladies chroniques pourraient être évités grâce à la 15 millions
m-santé * d’ici 2017 via la sensibilisation des citoyens européens à
de Français, soit 20 % de la
l’adoption d’un mode de vie plus sain et un diagnostic précoce.
population, sont atteints plus ou
(PwC, 2013)
moins sévèrement de maladie
chronique*.
(Ministère de la Santé, 2007)
60 %
des décès avant l’âge de 70
13 jours
ans sont dus à une maladie durée moyenne du séjour en soins
9 millions
chronique. intensifs de cardiologie
(Ministère de la Santé, 2007) (Fédération Française de Cardiologie)
des personnes atteintes de
maladie chronique disposent
d’une prise en charge en
affection longue durée.
(Ministère de la Santé, 2007)
175,4 milliards
coût engendré en 2013 par les maladies chroniques
en France (Sénat, 2013) 3,5 millions
de personnes sont atteintes de BPCO (broncho-
pneumopathie chronique obstructive) pour un coût de
3,5 milliards d’euros par an. (Plan BPCO 2005-2010)
3 millions
de Français sont touchés par l’IRC
(Insuffisance Rénale Chronique) pour
un coût de prise en charge de 4 milliards
d’euros. (HAS)
1 million
de personnes sont touchées par les maladies cardiovasculaires,
ce qui constitue la première cause d’hospitalisation chez
l’adulte en France. (Fédération Française de Cardiologie)
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
13Concevoir un parcours coordonné autour du patient.
Le patient atteint d’une maladie chronique* voit sa vie bouleversée et rythmée par
les soins, les consultations et les difficultés sociales engendrées. Confronté aux
différentes strates du système de santé, le fonctionnement en silo de celui-ci est
souvent un obstacle supplémentaire à la gestion de sa maladie. La coordination
entre les premiers recours, recours spécialisés et secteur médico-social
est désormais une nécessité admise par tous les acteurs. Elle pourrait
s’appuyer sur le développement d’organisations permettant une coordination
pluridisciplinaire (maisons de santé, pôles de santé, centres de santé, réseaux
de santé, établissements de soins…) et des alternatives à l’hospitalisation. Cette
organisation, réfléchie pour et autour du patient, pourrait nécessiter des dispositifs
locaux venant en relais dans les territoires. De nouveaux métiers pourraient émerger :
opérateurs des nouveaux centres de soins, opérateurs de télémédecine*, experts
en gestion du capital santé…
Lorsque l’expérience enrichit la connaissance.
Certains malades chroniques deviennent des « patients experts » en acquérant
des compétences empiriques mais aussi médicales sur leur pathologie. Source
précieuse pour le développement des connaissances médicales, ils peuvent parfois
être intégrés au développement d’un programme d’éducation thérapeutique*.
Dans le cadre des associations de patients, ce sont des relais d’information pour
les autres malades. Les associations de patients sont d’ailleurs très actives à la
fois dans le soutien aux malades et dans la production d’un contenu susceptible
de renforcer le suivi d’un traitement médicamenteux. Certains professionnels de
santé (infirmières, pharmaciens…) pourraient élargir leur rôle grâce à la mise au
point de protocoles de soins. Les technologies facilitent une meilleure gestion
de la maladie chronique : plateformes, sites communautaires, base de données,
protocoles de soins...
Vers la prédiction des maladies chroniques ?
La médecine personnalisée et prédictive pourrait, dans les années à venir, permettre
la détection de pathologies chroniques et retarder leur apparition chez les
sujets identifiés à risque. Elle pourrait optimiser les choix thérapeutiques
selon les prédispositions et sensibilité des individus. Elle repose sur le calcul
d’un ou plusieurs facteurs de risque pour un individu de développer une maladie. La
médecine prédictive* pose un certain nombre de questions qui aujourd’hui ne sont
pas résolues et notamment : peut-elle engendrer une plus grande motivation de
l’individu à modifier son comportement ou au contraire risque-t-elle de provoquer
un certain fatalisme ? Sur un plan éthique, comment s’assurer que ces informations
ne seront pas utilisées à l’encontre d’un patient ?
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
15inspirations
MyDoctor@Home
MyDoctor@Home est une offre de diagnostic à distance qui permet aux patients
souffrant de maladies cardiaques, diabétiques ou pulmonaires de mesurer leurs
paramètres cliniques depuis leur domicile. Il s’agit d’une offre de Cloud computing
proposée par Telecom Italia. Après auto-mesure, le patient transmet les résultats
grâce au dispositif médical, lui-même relié à une passerelle qui télécharge
automatiquement les données de la plateforme eHealth Connexion sur n’importe
quelle ligne fixe ou réseau mobile disponible.
Be Patient, au-delà du simple réseau social
Programme « Bien vivre avec des maladies chroniques » *
BePatient propose une plateforme e-santé destinée aux patients
Il s’agit d’un programme d’auto-gestion destiné aux malades chroniques afin de atteints de maladies chroniques et aux acteurs de la santé : le malade
leur donner des conseils de bien-être (nutrition, exercice physique, réduction de la bénéficie d’outils (suivi des traitements, e-learning, prévention) et
douleur et du stress, communication avec ses proches et son environnement…). de dispositifs communicants interfacés avec la plateforme (via une
Ces programmes sont réalisés en petits groupes mais existent aussi en ligne pour boutique en ligne). Les malades doivent s’inscrire dans un programme
les patients qui ne peuvent ou ne souhaitent pas se déplacer, avec une efficacité et accepter l’utilisation de leurs données. La plateforme de BePatient
équivalente. Des études ont prouvé que ce soutien avait produit des résultats *
fournira également des données pour 2 études de télémédecine pour
positifs avec une meilleure prise en charge de leur maladie par les patients. les insuffisants cardiaques.
HELPSoS, une nouvelle plateforme lancée en Inde par une équipe californienne
HELPSoS permet aux familles, aux personnels soignants et aux aidants d’être en relation sur une même plateforme afin de se coordonner pour le bien-être
et la sécurité de leur parent ou patient. Les rendez-vous et les tâches liés à la santé du malade sont gérés au quotidien grâce à un ensemble de services
(SMS de rappel, notification d’urgence, services d’appel automatisés pour rassurer la famille). Un espace est également dédié à des services de confort
et de relation (partage de photos, blogs, calendrier…).
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
16Patient-Centered Medical Home (PCMH) – label de valorisation
d’un accompagnement spécifique des maladies chroniques
Patient-Centered Medical Home (PCMH) est un label destiné au cabinet américain
soutenant activement les patients pour qu’ils se prennent en charge eux-mêmes
(patient’s self management). Dans ces structures, les patients sont suivis par un
médecin personnel qui dirige une équipe en charge des soins, en collaboration
avec les autres composantes du système (spécialités, hôpitaux, etc.) et
l’environnement du patient (famille, services publics ou privés locaux, etc.).
CorBene – télésurveillance médicale
Le centre CorBene a mis en place un contrat de soins intégrés pour le
suivi médical de patients atteints d’insuffisance cardiaque chronique
(ICC). Une télétransmission périodique (plus ou moins régulière selon
la gravité de l’ICC) des données du patient au médecin traitant et
au spécialiste permet d’adapter le traitement à l’évolution de la
maladie. Les médecins participant au programme sont incités par
des rémunérations additionnelles de la Caisse d’assurance maladie.
Afridoctor – a doctor in your pocket
Créé par la société sud-africaine BlueWorld, Afridoctor se définit comme une
clinique virtuelle. L’offre consiste à réaliser un diagnostic rapide (48h) à partir de
photos de symptômes envoyées par les patients puis analysées par une équipe
de médecins. Le service comprend un accompagnement pour la recherche de
symptômes et des conseils pour les premiers soins et propose une aide pour
trouver un médecin dans les environs, lancer une alarme de détresse.
My Health Avatar
My Health Avatar est un projet d’application qui permettra à tous les patients qui le souhaitent de pouvoir être représentés par un avatar 4D au sein d’un
environnement numérique et recevoir ainsi des conseils personnalisés sur leur pathologie. Les données seront collectées auprès des utilisateurs, libres de
choisir quelles informations ils confieront à l’appli.
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
17L’hôpital de demain, un centre de recours
et d’expertise ouvert sur la ville.
Le système de santé actuel, dont nos établissements de soins sont des acteurs majeurs, se
trouve confronté aux besoins nouveaux des patients et à l’évolution des technologies. Face
à une permanence de soins de ville insuffisante, l’hôpital assure trop souvent les soins de premier
recours. Outre l’encombrement des urgences, cela implique une perte de qualité pour les patients
et un surcoût pour le système de santé. L’hôpital fait face, d’une part, à une hospitalisation de plus en plus
« technicisée » et courte, et d’autre part à une demande croissante de prise en charge de patients
chroniques ou souffrant de polypathologies. Il doit donc trouver sa place dans une nouvelle
organisation des soins comme expert rayonnant sur son territoire, plateau technique et maillon
d’un parcours de soins*. Sa capacité d’accueil « classique » est appelée à diminuer, pour faire place
aux modes ambulatoires et à de nouvelles activités coordonnées en coopération avec les autres
acteurs de santé du territoire. Cette évolution se traduit notamment par des organisations partagées et
des mutualisations de ressources humaines et matérielles.
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
18chiffres clés
19 %
des possesseurs de smartphones ont au moins une application de santé et
bien-être sur leur mobile, les plus populaires suivant l’activité physique et la 94 %
nutrition. (Pew Research Center, 2012) de la chirurgie est réalisée en
ambulatoire aux USA, 85 % au
Canada et 78 % au Danemark.
30 %
(Cour des Comptes, 2013)
des Français possèdent
37,7 %
un dossier pharmaceutique.
(CNOP, 2013)
46 %
de la chirurgie dans le secteur
de l’activité chirurgicale en France a
été réalisée en ambulatoire en 2010
privé est représentée par la avec un objectif de 50 % pour 2016.
chirurgie ambulatoire*. (DGOS)
(Cour des Comptes, 2013)
26,3 %
de la chirurgie du secteur public est
représentée par la chirurgie ambulatoire.
(Cour des Comptes, 2013)
37 %
seulement des Français sont satisfaits de la proximité
des centres hospitaliers sur tout le territoire alors que les
habitants des communes de 20 000 à 100 000 habitants sont
nettement plus nombreux à être satisfaits de cette proximité.
(BVA, 2012)
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
19Les besoins de coopération entre les acteurs
du système de soins impliquent de nouvelles
organisations.
Dans le cadre de parcours de soins*, les soins de proximité devront s’appuyer sur
des compétences de spécialistes hospitaliers ou libéraux. L’hôpital doit également
définir son positionnement dans la coordination de parcours particulièrement
complexes liés aux besoins spécifiques de certaines malades chroniques. Des
transferts de compétences et de responsabilité pourraient faire évoluer
certaines professions médicales : les infirmiers deviendraient le premier maillon
des soins de premier recours et des acteurs délégués pour le télésuivi. Les cadres
de santé pourraient aussi occuper une fonction de « case management », à savoir la
gestion médico-économique du parcours de soins prescrit par le médecin référent.
Aux Etats-Unis, des « Accountable Care Organizations » se mettent en place pour
gérer de nouvelles modalités de prise en charge organisationnelle et financière
sur la base d’un forfait de suivi intégré des patients, associé à une logique de
paiement à la performance. Ce modèle est-il transposable en France et dans ce
cas, qui le porterait ? Les hôpitaux ? Les assureurs ? Les maisons de santé ?
D’autres acteurs ?
De même, émergent de nouveaux métiers comme celui de « designer de services
de télémédecine* ». Ce dernier définit l’organisation de services de télémédecine,
structure la plateforme technique et intervient sur l’organisation des ressources
humaines (recrutement de ressources médicales notamment). Ce nouveau métier
pourrait-il s’implanter en France et couvrir un champ d’action allant au-delà de la
téléradiologie et de la télésurveillance médicale ?
La chirurgie ambulatoire implique un
accompagnement du patient avant et après
l’intervention.
Raccourcir la durée de séjour et réduire les hospitalisations complètes est désormais
une priorité du système de santé. Privilégier la chirurgie ambulatoire* permet
d’éviter les coûts et les risques liés à une hospitalisation complète.
Néanmoins, elle implique une réorganisation au sein de l’établissement pour assurer
une bonne sécurisation du parcours du patient : en amont pour une bonne gestion
des personnes à risque, puis lors des 24 heures suivant l’intervention. Elle nécessite
de fluidifier l’articulation entre la ville et l’hôpital pour mieux encadrer le
retour à domicile du patient.
Des outils de coordination et de collaboration émergent ou sont déjà expérimentés sur
le terrain : DMP* (Dossier Médical Personnel), rappel du lendemain, information
sans délai du médecin traitant… Quels modes d’organisation et services e-santé*
permettraient d’éviter des décompensations ou des inquiétudes, sources de
ré-hospitalisations ou de consultations aux urgences ?
cahier de tendances - marathon de l’innovation e-santé
20Une meilleure gestion des flux d’information et une organisation optimisée pour inscrire les acteurs dans un réseau efficace. La recherche d’efficience incite à optimiser les flux à chaque étape du processus de soins, qu’il soit fait à l’hôpital ou en ville. Il s’agit de limiter les « zones de gaspillage » au profit des temps « à valeur ajoutée » (information du patient par exemple). Le partage d’information et de données médicales réduit les examens redondants, aide à la mutualisation des expertises pointues et sécurise la sortie d’hospitalisation complète ou ambulatoire. L’hôpital numérique devient une réalité : dossier patient et imagerie médicale partagés sont des pratiques désormais bien ancrées. De même, la télé-expertise, la téléconsultation (AVC, insuffisance rénale, dermatologie, psychiatrie) et la télésurveillance en post-hospitalisation sont appelées à se développer. Pour garantir l’efficacité de ces dispositifs, se pose la question de la standardisation des outils et des process. Ces facteurs replaceront-ils l’hôpital, non plus au centre du système mais au cœur d’un réseau ? Quels moyens et quelle organisation mettre en place pour partager l’information entre la ville et l’hôpital ? Pour une parfaite insertion des technologies dans les pratiques médicales, les hôpitaux devront-ils renforcer leurs ressources dédiées à la gestion des systèmes d’informations et à l’accompagnement au changement sans lequel ces projets ne peuvent se mettre en place dans de bonnes conditions ?
inspirations
Retail Clinics – standardisation de l’offre de soins
Créées dans les années 2000 aux Etats-Unis, les Retail Clinics (ou Convenient
Care Clinics) sont aujourd’hui au nombre de 1 200 et pourraient atteindre
le chiffre de 3 200 en 2014. Ces dispensaires privés, tenus par des infirmiers
qualifiés, proposent un accès simplifié à un premier niveau de soins : horaires
élargis, implantation dans des lieux fréquentés (galeries marchandes), prestations
standardisées à moindre coût. 90 % des recours concernent des motifs de gravité CHARES en Andalousie - centres hospitaliers de haute
mineure (maux de gorge, toux, vaccinations, etc.). résolution
Dans la province autonome d’Andalousie en Espagne, 17 nouveaux
« CHARES » (Centros Hospitalarios de Alta Resolucion) sont en
construction. Ces nouveaux hôpitaux, de petite taille, ont été conçus
autour des principes d’accessibilité, de rapidité, d’efficacité, et de
numérisation des informations médicales. Les CHARES proposent
une alternative innovante aux hôpitaux de court séjour traditionnels,
des délais d’attente réduits et une logistique destinée à améliorer les
consultations externes et les procédures de diagnostic.
PRADO de la CNAMTS – accompagner le retour à domicile
A l’initiative de l’Assurance Maladie, le PRADO (Programme
d’Accompagnement du Retour à Domicile après hospitalisation)
vise à fluidifier les relations ville-hôpital grâce à un accompagnement
adapté et fournir les conditions optimales au patient au moment
de son retour à domicile. Service en phase d’expérimentation, il
concerne les accouchements (visites de sages-femmes pendant 12
jours), les interventions orthopédiques (rééducation en ville et non en
Soins de Suite et Rééducation) et les opérations liées aux problèmes
d’insuffisance cardiaque.
Almere – une offre centrée sur les soins primaires
En 1979, lors de la création la ville d’Almere (Pays-Bas), un nouveau modèle d’organisation des soins reposant quasi exclusivement sur les soins primaires
est expérimenté. L’offre hospitalière est réduite à l’essentiel : des centres de santé intégrés délivrent les soins grâce à une équipe pluri-professionnelle. Les
médecins assurent un service d’urgence, l’ensemble de la petite chirurgie, la pédiatrie et une grande part de l’ophtalmologie.Gacé en Basse-Normandie – une maison de santé au quotidien
Gacé est une maison de santé dans laquelle exercent deux médecins
généralistes, quatre infirmières, trois kinésithérapeutes, une psychologue
et un podologue. Chacun a conservé son statut initial, sa patientèle et son
secrétariat, et loue son espace de consultation. Un système d’information et
de messagerie électronique interne sont mis en commun. Si les praticiens
sont présents en permanence ou de façon ponctuelle, des réunions régulières
permettent une approche collective de certains cas cliniques.
DIASHARE – outil collaboratif pour les professionnels
La plateforme logicielle DiaShare, développée par des universitaires
canadiens, permet aux radiologues et spécialistes en médecine nucléaire
de bénéficier d’une évaluation par leurs pairs en ligne.
ARAVIND EYE CARE – financer les soins des plus pauvres
Les centres de santé Aravind Eye Care forment le plus grand système de
soins ophtalmologiques au monde, dédié aux populations vivant sous le
seuil de pauvreté. Aravind propose un modèle innovant de distribution et
de financement de soins médicaux puisque il accueille trois catégories de
patients : les payants, les payants subventionnés et les gratuits. Chaque
patient payant couvre les frais des chirurgies de deux patients pauvres.
Vscan – outil au service d’un diagnostic rapide
Le Vscan de General Electric Healthcare est un système échographique de poche qui permet une visualisation rapide, ce qui raccourcit le temps de
diagnostic et rapproche le médecin du patient.
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23Vieillir… oui, mais bien accompagné.
Ces dernières années ont vu émerger la promotion du « Bien Vieillir » pour renforcer l’espérance de vie
sans incapacité. Pour cela, il faut agir dans plusieurs domaines. Permettre aux personnes âgées de
rester à leur domicile le plus longtemps possible et promouvoir la prévention et la santé sont
des priorités. Mais il faut également lutter contre la solitude, favoriser l’inclusion et la participation
des personnes âgées dans la vie de la cité, créer des espaces de vie plus accessibles. Menée sur un
mode positif insufflé par la Silver Economie*, cette réflexion doit combiner la complémentarité des
dimensions humaines et technologiques afin de réussir ce défi.
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24chiffres clés
37 secondes
fréquence à laquelle un senior de plus de 60 ans « naît », alors qu’il y a une
85 ans
âge moyen d’entrée en EHPAD
(Etablissement d'Hébergement
naissance toutes les 42 secondes en France. En 2014, il y aura plus de pour Personnes Agées
sexagénaires que de jeunes de moins de 20 ans. Dépendantes) (KPMG, 2013)
(Enjeux Seniors, 2013)
24millions
de Français avaient 60 ans
80 %
des accidents de la vie courante
chez les plus de 65 ans sont des
chutes, à domicile dans 62 %
des cas.
1/3
de la population française
sera âgé de 60 ans ou plus en
ou plus au 1er janvier 2013. 2060, contre 1/4 aujourd'hui.
(Institut National de Veille Sanitaire) (DREES, 2013)
(INSEE, 2013)
3,9millions
1,2 million
de personnes âgées dépendantes en
d’aidants en France s’occupent quotidiennement France en 2012 (DREES, 2013)
d’un proche âgé dépendant.
(Opinionway, 2013)
9/10
personnes vivent à domicile jusqu’à 85 ans.
(AURAN, 2012)
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25Imaginer des lieux de vie ouverts sur Créer une véritable chaîne de soutien
la ville et les technologies. autour des personnes âgées.
Le croisement entre cité, habitat et vieillissement est au Soutenir une personne âgée en perte d’autonomie à domicile
cœur de nombreuses réflexions. La politique « vieillesse » nécessite la mise en place d’une organisation mobilisant une
s’est historiquement structurée autour de deux pôles : grande diversité de ressources familiales et professionnelles.
l’hébergement « institutionnel » et le domicile, largement Des questions se posent aujourd’hui sur le renforcement du
plébiscité par nos aînés. Cette évolution conduit à réfléchir à soutien apporté par les intervenants professionnels et
de nouvelles formes d’habitat respectant l’accessibilité leurs modes de financement. De nouvelles coopérations
et l’adaptabilité. L’habitat-services se développe sous la entre le sanitaire et le médico-social doivent instaurer une
forme de résidences seniors, d’habitat intergénérationnel véritable continuité de soins. Par ailleurs, il apparaît de plus
pour favoriser la tranquillité et la sécurité de nos aînés. en plus important de reconnaître l’investissement des aidants
Mais vivre à domicile n’exclut pas la mobilité, il est donc familiaux et réfléchir à la manière dont il est possible de répondre
important d’intervenir sur l’accessibilité de l’environnement à leurs besoins et attentes. Parler d’accompagnement c’est
socio-urbain. Face à cette demande sociétale forte, des aussi évoquer la spécificité des personnes handicapées dont
améliorations majeures sont sans doute à imaginer autour la longévité s’est accrue au fil des années pour constituer
des lieux de vie et dans la ville et notamment autour des une population vieillissante nécessitant une prise en charge
interactions entre ces différents modes d’habitat. Quelles spécifique. L’articulation et la complémentarité de
place et dimension donner au concept d’« Assisted Living » l’intervention professionnelle et familiale pourrait être
pour assurer la sécurité des personnes sur leur lieu de vie ? repensée pour un accompagnement plus efficace,
grâce notamment à des services apportés aux familles.
Définir de nouveaux modes de Introduire les technologies en
coopération centrés sur la coordination complément de l’aide humaine.
des soins. Contrairement à l’opinion générale, nos aînés s’adaptent de
mieux en mieux à la modernité des outils technologiques dès
« Bien Vieillir » sur son lieu de vie doit être possible grâce lors qu’elle leur apparaît utile et bénéfique et cela d’autant
à un accès au soin équitable et universel. Il est nécessaire plus que les « jeunes » aînés sortent de la vie active de plus
de mieux cibler les populations fragiles présentant un risque en plus connectés. Inscrites dans une offre plus globale
plus élevé de perte d’autonomie et coordonner leur prise de services, les technologies peuvent être mises à leur
en charge. La production de soins de longue durée disposition pour faciliter leur vie quotidienne, favoriser
implique des organisations souples et fluides avec le lien social avec leurs proches et leurs amis, voire
certainement l’émergence de nouveaux métiers. Des constituer un véritable support de ralentissement
méthodes de management et d’évaluation différentes doivent du vieillissement ou compenser des incapacités
permettre de repérer les périodes de transition délicates et handicapantes. Destinées aux professionnels, elles peuvent
assurer le continuum de soins attendu. Les expérimentations faciliter leurs actions d’aide et de soins. Dans tous les cas,
PAERPA (Personnes Agées en Risque de Perte d'Autonomie) la rassurance, le gain de temps, le meilleur suivi médical,
lancées sur huit territoires, essayent ainsi de positionner la l’efficience constituent autant de bénéfices d’usage qui
personne âgée au centre de dispositifs organisés, activés par peuvent être partagés entre les différents utilisateurs pour
des professionnels concertés. Les nouvelles technologies faciliter leur acceptation. La question reste cependant posée
peuvent sans doute accompagner ces évolutions sur les moyens à mettre en œuvre pour lever les dernières
d’organisation et de prise en charge, à condition de s’inscrire réticences aux nouvelles technologies et dépasser les offres
dans une véritable réflexion globale. centrées sur les enjeux de sécurité.
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26inspirations
La Maison Intelligente de Blagnac – la technologie pour le
maintien à domicile
La Maison Intelligente est une plateforme expérimentale, mise au point par l’IUT de
Blagnac et des entreprises technologiques, pour favoriser le maintien à domicile
des seniors grâce aux nouvelles technologies. L’objectif est d’accompagner et
de soutenir les personnes âgées dans leur autonomie. Les solutions techniques
servent à sécuriser le domicile, grâce à des dispositifs portés par la personne ou
déployés dans l’environnement de vie (commandes vocales, tactiles, etc.).
Maison des Babayagas - antithèse de la maison de retraite
Créée par trois militantes, la Maison des Babayagas est une résidence
autogérée destinée à des femmes en âge de rejoindre une maison de
retraite. Constituée de studios individuels, elle dispose de nombreux
espaces collectifs et a vocation à s’ouvrir sur l’extérieur, à travers
l’accueil de jeunes de moins de trente ans notamment.
MEDCottage – le petit logement high-tech pour maintenir
les seniors près de leurs proches
La société américaine MEDCottage propose des petits logements
high-tech et mobiles, dédiés aux personnes âgées dépendantes.
Ces logements peuvent être installés chez des proches pour éviter un
placement en maison de retraite.
Ville de Longjumeau – former les seniors aux TIC
Fort du constat de la fracture numérique qui affecte les seniors, la
Ville de Longjumeau a lancé dès 2008 un programme de formation
spécifique dédié aux seniors. Des ordinateurs fixes ont été installés dans
les 3 foyers logements de seniors de la ville et un cyberespace réservé
aux personnes âgées a été créé dans la bibliothèque communale. Une
association y organise des formations aux outils numériques, sous
forme de cours thématiques à la carte ou trimestriels.
Ecomatic – plinthes intelligentes pour une mobilité sécurisée
L’entreprise alsacienne a mis au point un système de plinthes
intelligentes intégrant des technologies d’éclairage et d’actimétrie qui
permettent aux personnes à mobilité réduite de mieux se repérer dans
l’espace. Ce système favorise le maintien à domicile des personnes
âgées en sécurisant leurs déplacements.
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28Fureai kippu – coopérer pour prendre soin des aînés
Le fureai kippu est une monnaie japonaise qui permet aux individus
d’accumuler des crédits lorsqu’ils prennent soin de seniors de leur
communauté. L’unité de base est une heure de service rendu à un senior
et peut être utilisée pour soi-même dans le futur ou pour subventionner
un aidant qui s’occupe d’un proche ailleurs dans le pays. Ce système est
aujourd’hui préféré par les Japonais aux aidants professionnels classiques
car il est source de lien social et de confiance.
Fauteuil mécatronique – assistant de santé et coach sportif
Développé par l’Institut Fraunhofer, ce fauteuil est équipé d’une batterie
de capteurs de fonctions corporelles et de posture qui analysent et
enregistrent les paramètres utiles au suivi de la personne. Véritable
assistant de santé, il aide les personnes âgées à se maintenir en forme,
par des conseils et un suivi adapté ainsi qu’un rameur intégré pour faire
de l’exercice.
Projet 4S – un circuit aménagé pour promouvoir la marche
auprès des seniors
Dans l’optique d’inciter les seniors à pratiquer la marche, reconnue bénéfique
pour leur santé, la ville de Nice a aménagé un circuit approprié dans le cadre
du projet Seniors, Santé, Sport et Saint Roch ou 4S. Ce circuit implanté
dans le quartier de Saint Roch a été spécialement conçu pour s’adapter aux
besoins des personnes âgées qui pourront effectuer leur balade à pied en
toute sécurité. Pour encourager les seniors à participer à cette initiative, les
promoteurs du projet ont aussi prévu un coaching individualisé.
www.aidonslesnotres.fr – plateforme d’accompagnement des
aidants Sen.se et sa Mother connectent tous les objets de la maison
« aidonslesnotres » est un site communautaire créé à l’initiative d’AG2R La Rafi Haladjian a conçu un nouvel objet baptisé « mère », ou en anglais
Mondiale qui apporte des réponses d’experts aux questions concrètes « mother ». C’est une petite poupée haute de 16 centimètres qui
des aidants (démarches administratives, activités domestiques, points de communique avec 24 capteurs que l’on peut placer partout dans sa
vigilance et d’organisation, gestion psychologique et soutien affectif…). maison. Ces capteurs enregistrent des mouvements (porte ouverte par
Entièrement gratuit et anonyme, ce site ambitionne de devenir le premier exemple), des variations de température et permettent de savoir si une
réseau social dédié aux aidants grâce à ses actions d’information et de personne a pris son médicament. Ce système permet de transformer
promotion des échanges entre aidants. n’importe quel objet de la vie quotidienne en objet connecté.
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