Postes-clés : de Manuel Valls à Arnaud Montebourg, le grand écart - Quatre étaient contre le traité constitutionnel européen, deux sont ...
←
→
Transcription du contenu de la page
Si votre navigateur ne rend pas la page correctement, lisez s'il vous plaît le contenu de la page ci-dessous
18 mai 2012 . Postes-clés : de Manuel Valls à Arnaud Montebourg, le grand écart Quatre étaient contre le traité constitutionnel européen, deux sont sociaux-démocrates
Laurent Fabius, un " noniste " aux affaires étrangères Laurent Fabius n'a jamais été un proche de François Hollande. Il fut même longtemps son pire ennemi Rue de Solférino. Il avait d'ailleurs soutenu Martine Aubry lors de la primaire socialiste d'octobre 2011, avant même que celle-ci ne déclare sa candidature. " Vous imaginez François Hollande président ? On rêve ", avait-il lâché en avril 2011. A 65 ans, M. Fabius entre pourtant au Quai d'Orsay. Ce diplômé de Sciences Po et de l'Ecole nationale d'administration (ENA) est l'un des rares " éléphants " socialistes dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Nommé, à 34 ans, en 1981, ministre délégué au budget dans le premier gouvernement Mauroy, puis ministre de l'industrie et de la recherche (1983-1984), il devint, à 37 ans, en 1984, le plus jeune premier ministre de la République, jusqu'en 1986. Deux ans plus tard, après la seconde victoire de François Mitterrand et le rebasculement à gauche de l'Assemblée nationale, il fut nommé président de l'Assemblée (1988-1992), poste qu'il occupa également de 1997 à 2000, lorsque Lionel Jospin était premier ministre, avant d'être nommé par celui-ci ministre de l'économie, des finances et de l'industrie (2000-2002). Au sein du gouvernement, Laurent Fabius est l'un des " nonistes " de 2005 : tout comme Christiane Taubira et Arnaud Montebourg, il avait appelé à voter non au référendum sur le traité instituant une Constitution européenne. Il a échoué, en 2006 à la primaire interne du Parti socialiste. Député de la 4e circonscription de la Seine-Maritime depuis 2002, Laurent Fabius sera candidat en juin. Vincent Peillon, un prof dans l'âme à l'éducation Docteur Vincent et Monsieur Peillon ", a dit un jour Pierre Moscovici à propos du nouveau ministre de l'éducation. L'expression date, mais l'agrégé, docteur en philosophie, reste un personnage complexe. Côté pile, c'est le charme et la gentillesse. L'homme est aussi policé que cultivé. Un intellectuel à l'aise en politique, ou un politique qui surfe sur les idées, selon l'angle choisi. Côté face, on pressent la part d'ombre. Cette facette-là, Vincent Peillon, 51 ans, ne l'a montrée que deux fois publiquement - fin 2009 et début 2010 -, pourtant, aujourd'hui encore, elle lui colle à la peau. Invité par Arlette Chabot à l'émission " A vous de juger ", il s'offre le luxe de prévenir de son absence par fax à l'heure du générique et de demander la tête de la directrice adjointe de France 2, coupable, selon lui, de faire vivre le débat sur l'identité nationale. Déjà quelques mois auparavant, il avait eu des mots assez vifs contre Ségolène Royal, venue sans être conviée à une réunion que le député européen avait organisée à Dijon. Par la suite, M. Peillon, concentré sur son travail de député européen, qui s'est prononcé pour le " non " au référendum sur le Traité en 2005, avant de se lancer à corps perdu dans la campagne de François Hollande, a retrouvé son look lisse d'agrégé de philosophie. Le nouveau ministre de l'éducation est un prof dans l'âme - métier qu'il a exercé sept années durant. L'éducation est d'ailleurs le fil rouge de sa vie. Enfant, il est nourri à l'étude. Sa famille, juive, bourgeoise et communiste place haut ce mot-là. Sa mère fait de la recherche. C'est la soeur du médecin Etienne-Emile Baulieu et de l'économiste Suzanne de Brunhoff. Son père est banquier, certes, mais banquier communiste. Et dans
l'appartement de Suresnes (Hauts-de-Seine) défilent des intellectuels qui marquent l'adolescent. L'historien Jean-Pierre Vernant est de ceux-là. Ce fils de banquier a aussi été patron. Il avait monté sa petite affaire d'importation de saumon pour les comités d'entreprise, alors qu'il travaillait pour les Wagons-Lits, après sa licence de philosophie et avant son doctorat. Son slogan, c'était " Du saumon pour tous ! ", ça ne s'invente pas. Christiane Taubira, une indépendante à la justice C'est l'une des surprises de ce gouvernement : Christiane Taubira est nommée garde des sceaux, ministre de la justice. Conseillère régionale de la Guyane depuis 2010 et députée de la 1re circonscription de Guyane depuis 1993, elle reste associée à la loi du 10 mai 2001, qui reconnaît comme crimes contre l'humanité la traite négrière transatlantique et l'esclavage. Mme Taubira est un électron libre de la politique. Née le 2 février 1952 à Cayenne, en Guyane, elle est présidente de Walwari, un parti politique indépendantiste guyanais qu'elle a cofondé en 1993. En juin 1997, après avoir été réélue à son poste de députée, elle rallie le groupe socialiste. En 2002, elle se présente à l'élection présidentielle sous les couleurs du Parti radical de gauche. Elle obtient 2,32 % des voix au premier tour. En 2007, elle rejoint l'équipe de Ségolène Royal puis indique avoir été approchée par l'entourage de Nicolas Sarkozy pour faire partie du gouvernement, en quête d'ouverture. C'est Arnaud Montebourg qu'elle a choisi de soutenir pour la primaire socialiste d'octobre 2011. " Cela fait dix ans qu'Arnaud Montebourg et moi, nous avons des convergences ", a-t-elle ainsi affirmé dès décembre 2010. Parmi leurs combats communs : la Convention pour la VIe République et " les batailles contre la suprématie de la finance " ; ces deux " nonistes " de 2005 partagent aussi une même vision de l'Europe. Pierre Moscovici rate Matignon mais récupère Bercy Le ministère de l'économie, des finances et du commerce extérieur : un gros lot de consolation pour Pierre Moscovici. Cet ancien ministre de Lionel Jospin, qui dirigea la campagne de François Hollande, rêvait en effet de Matignon. M. Moscovici, 54 ans, est un intellectuel au cursus d'élite : lycée Condorcet à Paris, double cursus en économie et en philosophie, le jeune homme intègre ensuite Sciences Po, puis l'ENA, où Dominique Strauss-Kahn est l'un de ses professeurs. Engagé à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) dans sa jeunesse, il adhère au PS en 1984. Il intègre en 1986 le groupe des " experts " socialistes, et rejoint, en 1988, le cabinet de Lionel Jospin, ministre de l'éducation nationale. Deux ans plus tard, il entre au commissariat au Plan. Parallèlement, il devient secrétaire national du PS en 1990, puis trésorier du parti en 1992. Lorsque la gauche revient au pouvoir, en 1997, M. Moscovici, à peine élu député du Doubs, intègre le gouvernement, comme ministre délégué aux affaires européennes. Le séisme qui frappe la gauche le 21 avril 2002 touche M. Moscovici. Battu aux législatives, un an après avoir échoué à conquérir la mairie de Montbéliard (Doubs), il retrouve le Parlement européen en 2004. Dans le même temps, M. Moscovici se
rapproche de M. Strauss-Kahn, qu'il soutient pour la primaire socialiste de 2006. En 2007, après la défaite de Ségolène Royal, il tente de s'imposer, en vain, à la tête de PS. Après avoir envisagé de se présenter à la primaire socialiste de 2011, il annonce finalement son soutien à M. Strauss-Kahn. Lorsque ce dernier est arrêté à New York, en mai 2011, M. Moscovici est l'un des premiers à rallier François Hollande, dès le mois de juin. Il devient directeur de la campagne du candidat Hollande après son investiture. Les deux hommes ont coécrit, en 1991, L'Heure des choix (Odile Jacob), une critique de la politique économique menée par le gouvernement Bérégovoy. Manuel Valls, " M. Sécurité " à l'intérieur Au fil des semaines, le directeur de la communication du candidat, Manuel Valls, 49 ans, s'est imposé pour la Place Beauvau. Il bénéficie de la relation de confiance qu'il a su établir avec François Hollande. Mais pour le maire d'Evry, député de l'Essonne, c'est aussi le fruit d'un long investissement sur le terrain de la sécurité. En 2011, dans son livre Sécurité. La gauche peut tout changer (éditions du Moment), il estimait que la gauche avait " un rôle historique à jouer " pour " répondre au besoin de sécurité tout en se préservant de toute dérive autoritaire et sécuritariste ". Ancien conseiller de Michel Rocard, ancien chargé de la communication et de la presse pour Lionel Jospin à Matignon (1997-2002), Manuel Valls connaît bien les cabinets ministériels, mais il s'agit de son premier poste de ministre. Au ministère de l'intérieur, il arrive avec son expérience de maire d'une ville de grande banlieue parisienne, depuis 2001. Vidéosurveillance ou polices municipales, ses positions sont décomplexées. Mais, contrairement à un Nicolas Sarkozy, Manuel Valls n'a pas construit un réseau, politique ou d'amitié, au sein de la police ou de la gendarmerie, pas plus qu'il n'a jamais bâti de courant au Parti socialiste. " Le défaut de sa solitude est aussi sa force, explique un proche. Il n'est redevable à personne. " Le maire d'Evry pourra s'appuyer sur les conseils de deux très bons connaisseurs des hommes et de la machine policière, deux anciens rocardiens, comme lui, le criminologue Alain Bauer et le secrétaire national du PS chargé de la sécurité, Jean-Jacques Urvoas. M. Valls bénéficiera de sa relative notoriété auprès de ses troupes. Chez les policiers, où l'agitation règne depuis l'entre-deux-tours, son image de fermeté pourrait le servir. Plusieurs syndicats n'ont pas caché qu'il était leur favori. Arnaud Montebourg, le trublion socialiste Longtemps surnommé le " procureur ", Arnaud Montebourg a su enfin se faire une place parmi les siens. A 49 ans, ce fils d'un fonctionnaire du fisc et d'une professeure d'espagnol devient le nouveau ministre du redressement productif. Dans l'équipe de campagne de François Hollande, il avait défendu une forme de " protectionnisme " européen. Il n'entame son parcours d'élu qu'en 1997, en se faisant élire en Saône-et-Loire, sur les terres de Pierre Joxe. Le trublion lance alors sa croisade de moralisation de la vie politique et s'attaque à Jacques Chirac, qu'il veut traduire en justice. En vain. Mais la trame de sa révolte est là : il crée la Convention pour une VIe République, ferraille contre les paradis fiscaux et pour la modernisation des institutions.
A l'intérieur du PS, il mène une croisade contre les vieux caciques, les grands élus " cumulards " et s'allie avec d'autres quadras, notamment Vincent Peillon, Julien Dray et Benoît Hamon, pour lancer son courant, le Nouveau Parti socialiste, après la défaite de Lionel Jospin en 2002. Il se fait des ennemis et se fâche avec les siens : en 2005, il se trouve mis au ban de son courant. Un pied dedans, un pied dehors, le quadra continue à ruer dans les brancards en prenant position contre le traité constitutionnel européen, en 2005, à l'inverse de la décision de la direction du PS. Mais il joue également un rôle actif dans la campagne de Ségolène Royal en 2007. Même virage sur l'aile dans son département : fin 2007, tout juste réélu, il jette aux orties sa croisade pour le mandat unique, se fait élire conseiller général puis, dans la foulée, président du département. Et devient ainsi, lui aussi, un " cumulard ". Il décide de faire de ce coin de Bourgogne un laboratoire de la " démondialisation ", son nouveau cheval de bataille. C'est sur cet axe qu'il se lance dans la primaire socialiste, en 2011. Il arrivera troisième, avec 17 % des voix. Service politique © Le Monde
article suivant 18 mai 2012 Une jeune garde aux ministères délégués... Parité, diversité, courants : le difficile équilibre des ministères Les partisans de Martine Aubry et Ségolène Royal sont représentés. L'écologiste Cécile Duflot hérite des territoires et du logement Marisol Touraine, une spécialiste de la protection sociale Marisol Touraine, 53 ans, était donnée depuis plusieurs semaines ministre des affaires sociales. C'est désormais fait, le périmètre de son ministère incluant également la santé. Cette agrégée de sciences économiques et sociales, passée par Sciences Po, Harvard et Normale Sup, a commencé sa carrière comme chargée de mission au secrétariat général de la défense nationale. Elle y est repérée par Michel Rocard qui la prend comme conseillère à Matignon, entre 1988 et 1991. De mère chilienne, la fille du sociologue Alain Touraine est élue pour la première fois à 38 ans, en 1997, après avoir été parachutée pour les législatives en Indre-et-Loire dans une circonscription alors aux mains de l'UDF. En 2002, elle échoue à se faire réélire et revient en 2007 à l'Assemblée nationale. Sa véritable percée date des débats sur la réforme des retraites de 2010. En 2011, elle est devenue présidente du conseil général d'Indre-et-Loire. Cécile Duflot, une écolo aux territoires et au logement Cécile Duflot, 37 ans, est une des seules à avoir eu la quasi-certitude, quelques jours avant la présentation du gouvernement, d'en " être ". Elle est nommée ministre de l'égalité des territoires du logement. Les collaborateurs de cette redoutable politique rêvent de la voir " ringardiser les barons socialistes ". Cette envie de faire valoir sa singularité pourrait être un piège pour Cécile Duflot, que ne rebutent pas les " coups de gueule " et les actions spectaculaires. Cette urbaniste de profession, titulaire d'un DEA de géographie, diplômée de l'Essec, ne devrait guère avoir de difficulté à être élue députée de Paris le 17 juin prochain, et donc à conserver ultérieurement son poste ministériel. On lui prête des ambitions pour les élections municipales de 2014 dans la capitale. Nicole Bricq, des finances publiques à l'écologie A bientôt 65 ans, Nicole Bricq a été nommée, de manière inattendue, ministre de l'écologie et du développement durable. Elue sénatrice de Seine-et-Marne en 2004, elle s'est imposée dans ce monde d'hommes qu'est la commission des finances du Palais de Luxembourg par sa capacité à apprivoiser les sujets économiques ou fiscaux les plus larges comme les plus pointus. Cela lui a permis, à l'automne 2011, de devenir rapporteure générale de la commission des finances d'un Sénat qui avait basculé à gauche. Titulaire d'une licence de droit, Mme Bricq a été conseillère technique chargée des relations avec le Parlement et les élus dans
les cabinets de Jean-Pierre Chevènement (1988-1990) et de Ségolène Royal (1992-1993). Michel Sapin, l'ami devenu ministre du travail Ils se sont connus à l'école des officiers d'Angers. François Hollande sortait d'HEC ; lui de Normale Sup et il se passionnait pour l'archéologie. Copains de régiment, ils sont entrés la même année, en 1978, à l'Ecole nationale d'administration (ENA) dans cette promotion, désormais célèbre, qui prit le nom de Voltaire. C'est un fidèle parmi les fidèles, un très proche du président de la République. Ce dernier fut, il y a quelques mois, témoin de son second mariage. Michel Sapin, 60 ans, a déjà été trois fois ministre : ministre délégué à la justice (1991- 1992), ministre de l'économie et des finances (1992-1993) ; ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat (2000-2002). Elu plusieurs fois député - de l'Indre mais aussi des Hauts-de-Seine -, il a présidé pendant trois ans la commission des lois de l'Assemblée nationale. Jean-Yves Le Drian, un " transcourant " à la défense Jean-Yves Le Drian, 64 ans, président de la région Bretagne, s'intéresse de longue date à la défense. Député, de mars 1978 à juin 1991, puis de 1997 à 2007, il a été vice-président de la commission de la défense nationale et rapporteur du budget sur la marine nationale. Ancien militant de la Jeunesse étudiante chrétienne, cet agrégé d'histoire a été secrétaire d'Etat à la mer dans le gouvernement d'Edith Cresson en 1991. Chargé de la défense au sein de l'équipe de campagne du candidat, il a préparé pour François Hollande le sommet de l'OTAN, qui se tiendra les 20 et 21 mai à Chicago. Aurélie Filippetti remporte la culture et la communication Aurélie Filippetti, 38 ans, accède au ministère de la culture et de la communication, après un parcours politique mouvementé au sein de la gauche. Normalienne, agrégée de lettres classiques, cette jeune femme issue d'une famille d'ouvriers communistes d'origine italienne a enseigné quelques temps avant ses débuts en politique. Chez Les Verts, d'abord, au début des années 2000. En 2001, elle est élue conseillère du 5e arrondissement de Paris puis échoue aux législatives de 2002 dans ce fief de droite. En 2006, elle quitte les Verts et rejoint l'équipe de campagne de Ségolène Royal. Aux législatives de 2007, elle est élue dans la 8e circonscription de la Moselle. Au Palais- Bourbon, elle suit notamment les dossiers de la culture et de la communication. Elle fut en pointe dans la bataille contre le projet de loi créant l'Hadopi. Geneviève Fioraso, experte en innovation et en recherche C'est une des surprises de ce gouvernement. Cette députée de l'Isère, peu connue, est nommée ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Geneviève Fioraso, 57 ans, est adjointe à la mairie de Grenoble après avoir été la directrice du cabinet de Michel Destot, le maire de la ville. C'est ce dernier que l'on attendait à ce poste. Professeure d'anglais et d'économie, elle a aussi travaillé dans le privé, dans l'équipe dirigeante de la société Corys, une start-up de haute technologie fondée en 1989 par Michel Destot. Elle a également dirigé l'agence du numérique Rhône-Alpes et pris la tête de la société d'économie mixte Minatec Entreprise, chargée de valoriser les innovations
du campus grenoblois dédié aux micro et nanotechnologies. Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole Najat Vallaud-Belkacem, 34 ans, est nommée ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement. L'ancienne porte-parole de Ségolène Royal était devenue, après la victoire de François Hollande à la primaire socialiste, une de ses quatre porte-parole. Najat Vallaud-Belkacem est née dans une région rurale du Maroc. Son père a émigré en France pour travailler dans le bâtiment. La jeune femme est naturalisée à l'âge de 18 ans, elle a la double nationalité. Licenciée de droit puis entrée à Sciences Po, elle est élue en 2004 sur la liste de Jean-Jack Queyranne (PS) aux élections régionales en Rhône-Alpes. En 2007, elle a été battue par Dominique Perben aux législatives à Lyon. Investie par le PS dans la même circonscription aux prochaines législatives, elle a finalement décidé de ne pas se présenter. Stéphane Le Foll, un spécialiste de l'agriculture Proche de François Hollande, Stéphane Le Foll, 52 ans, est nommé ministre de l'agriculture, un sujet qu'il suit de longue date. Titulaire d'un BTS agricole et d'un DEA en économie, il a commencé sa carrière en tant qu'enseignant au lycée agricole de Rouillon (Sarthe). Après la victoire de la gauche aux élections législatives de juin 1997, Stéphane Le Foll est nommé conseiller technique après du ministre de l'agriculture, Louis Le Pensec, puis il devient directeur du cabinet de François Hollande, alors premier secrétaire du PS. Les deux hommes travaillent ensemble depuis. Marylise Lebranchu, une aubryste chargée de la réforme de l'Etat Aubryste pur jus, l'ancienne garde des sceaux du gouvernement de Lionel Jospin (2000-2002) hérite d'un gros portefeuille dans la suite logique de son investissement depuis 2008 dans les dossiers qui concernent les territoires. Mme Lebranchu était prédisposée à cette mission : en 2008, Martine Aubry l'avait nommée coprésidente du " Forum des territoires " au secrétariat national du Parti socialiste. Pour la première secrétaire du PS, cette proche était chargée de mobiliser les élus locaux dans la perspective de la présidentielle de 2012. En juin 2010, elle a succédé à M. Lebreton, à la tête de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (Fneser). Née à Loudéac le 25 avril 1947, titulaire d'une maîtrise d'aménagement du territoire, Mme Lebranchu a été elue pour la première fois conseillère municipale de Morlaix, en 1983, puis maire en 1995 - jusqu'en 1997 - avant de prendre la tête de l'agglomération. En 1997, elle décroche son premier mandat de députée du Finistère. C'est alors qu'elle est nommée secrétaire d'Etat chargé des PME, du commerce et de l'artisanat dans le premier gouvernement de Lionel Jospin. Avant de devenir ministre de la justice en 2000. Réélue députée en 2002, elle a conservé son mandat en 2007. La tâche qui lui incombe désormais va consister à mettre en oeuvre un nouvel acte de la décentralisation sachant qu'elle devra composer avec les élus locaux aux différents
échelons. Elle devra articuler cette réforme avec celle de l'Etat. Victorin Lurel, homme fort de la gauche en Guadeloupe Victorin Lurel, 60 ans, nommé mercredi 16 mai ministre de l'outre-mer, est l'homme fort de la gauche en Guadeloupe, dont il est député et président de région, tout en étant, depuis sept ans, le spécialiste de l'outre-mer au PS. M. Lurel est reconnu pour sa maîtrise des dossiers et une grande habileté politique, qui lui a permis d'emporter les régionales en 2004, battant l'inamovible Lucette Michaux- Chevry, la mère de la ministre de l'outre-mer de Nicolas Sarkozy, Marie-Luce Penchard. Député constamment réélu depuis 2002, il est vice-président du groupe socialiste, radical et citoyen à l'Assemblée et a été secrétaire national du PS à l'outre-mer de 2005 à 2008. Il se représentera dans la 3e circonscription de la Guadeloupe face à Mme Penchard. Valérie Fourneyron, une ex-médecin d'athlètes aux sports Nommée ministre aux sports, à la jeunesse, à l'éducation populaire et à la vie éducative, Valérie Fourneyron, 52 ans, poursuit un parcours quasiment sans faute depuis son premier mandat d'élue à la mairie de Rouen en 1995, d'abord chargée des sports, puis première adjointe en 1997. Conseillère régionale de Haute-Normandie, puis conseillère générale à Rouen, elle a été élue députée de la 1re circonscription de la Seine-Maritime en 2007. En 2008, elle est devenue maire de Rouen en battant dès le premier tour le centriste Pierre Albertini, qui avait ravi la ville à la gauche en 2001. Elle connaît le sport de haut niveau pour avoir été médecin notamment de l'équipe de France de volley-ball et de l'équipe Elite de hockey-sur-glace de Rouen, multiple championne de France. Service politique © Le Monde
Vous pouvez aussi lire