Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens

 
Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
Novembre 2010

Répercussions de la
pandémie de H1N1 sur
les hôpitaux canadiens
Introduction
La planification en cas de pandémie est une fonction essentielle de tout système.
Elle vise à inclure les maladies graves et les décès découlant d’une pandémie,
à maintenir les services de santé essentiels et à réduire au minimum les
interruptions au sein des autres services de santé. La réalisation des objectifs
d’un plan d’intervention en cas de pandémie nécessite la coordination de
nombreux organismes et établissements, des agences de santé publique aux
hôpitaux de soins de courte durée, ainsi que la coopération de partenaires à
l’échelle infranationale, nationale et internationale.

En 2009, le Canada a mis en œuvre son plan d’intervention en cas de pandémie
pour lutter contre une nouvelle souche du virus de la grippe A (H1N1) (ci-après
nommée « le H1N1 »). Le premier cas de H1N1 est apparu en Amérique du Nord
en avril 2009, avant de se propager rapidement partout dans le monde. Au début
de 2010, le virus avait causé environ 17 000 décès. En juin 2009, après que
74 pays ont confirmé des cas de H1N1, l’Organisation mondiale de la Santé
(OMS) a déclaré officiellement la situation de pandémie. On a découvert que les
anticorps contre la grippe saisonnière ne protégeaient pas l’organisme contre la
grippe pandémique (H1N1) et qu’il n’existait aucun vaccin au début. De plus,                Programme de coordination
                                                                                            de l’image de marque
l’activité du nouveau virus a culminé à des moments de l’année différents de ceux           La production du présent rapport est rendue
de la grippe saisonnière, et ce virus semblait s’attaquer à différents groupes de           possible grâce à un apport financier de Santé
la population1, 2.                                                                          Canada et des gouvernements provinciaux et
                                                                                            territoriaux. Les opinions exprimées dans ce
                                                                                            rapport ne représentent pas nécessairement
La réaction du Canada face au H1N1 est fondée sur les leçons tirées de l’épisode
                                                                                            celles de Santé Canada ou celles des
du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qu’a connu le pays en 2003. Le                  gouvernements provinciaux et territoriaux.
Canada avait été le pays non asiatique le plus sévèrement touché, la maladie
ayant causé le décès de 44 Canadiens, atteint quelques centaines de personnes
et entraîné la mise en quarantaine de 25 000 résidents de la région du
Grand Toronto3.

                                                                                   www.icis.ca
Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
Un examen réalisé à la suite de l’éclosion de SRAS a permis de cerner un certain nombre de points à améliorer pour que le
Canada puisse mieux réagir devant de futures crises en matière de santé. Parmi les recommandations formulées figuraient
l’établissement de protocoles précis de partage de données entre les ordres de gouvernement, l’amélioration de la capacité
d’appoint des systèmes de santé publique et clinique, un accès plus opportun aux tests et aux résultats de laboratoire ainsi
que le renforcement des liens entre le secteur de la santé publique et le système de santé. Partiellement en réaction à
l’éclosion de SRAS, le gouvernement a créé l’Agence de la santé publique du Canada, le Réseau pancanadien de santé
publique ainsi que le Réseau canadien d’information sur la santé publique et a accru le financement accordé à la santé
publique et aux efforts de préparation en cas de grippe pandémique4. Ces mesures visaient à préparer le Canada à la
prochaine éclosion pandémique d’une maladie infectieuse.

En raison de l’éclosion du H1N1, il a fallu mettre en œuvre les plans d’intervention en cas de pandémie qui avaient été établis
après l’éclosion de SRAS à l’échelle pancanadienne, provinciale, territoriale et hospitalière. Un an après la période de pointe
de la seconde vague, le H1N1 est en phase postpandémique5. Il est maintenant important d’évaluer les répercussions de la
pandémie sur le système de santé et de comprendre si ce dernier a été en mesure de surmonter les difficultés de façon
appropriée. La présente analyse est axée sur le secteur des hôpitaux de soins de courte durée. Voici les principales
questions et les faits saillants abordés dans le cadre de l’analyse :

Quelles ont été les répercussions du H1N1 sur les hôpitaux de soins de courte durée?
•   En additionnant les hospitalisations liées au H1N1 à celles liées à une grippe de nature non précisée, on constate que le
    nombre d’hospitalisations liées à la pandémie est supérieur aux estimations initiales.

•   Le H1N1/la grippe était l’une des principales causes d’hospitalisation pendant la période de pointe de la seconde vague.

•   Les patients qui présentaient des symptômes du syndrome grippal ont entraîné des répercussions significatives sur les
    services d’urgence de l’Ontario au cours de l’automne 2009.

Les hôpitaux ont-ils été en mesure d’affronter l’augmentation soudaine du nombre
de patients?
•   Au point culminant de l’activité hospitalière de la seconde vague, les hôpitaux ont accueilli un grand nombre de patients
    atteints du H1N1/de la grippe en augmentant le nombre total de patients admis, en réorganisant l’occupation des lits
    d’hôpitaux et des unités de soins intensifs réservés aux patients nécessitant d’autres types de soins et en augmentant
    leur capacité de ventilation.

Quels ont été les coûts engendrés par le H1N1 pour le système de soins de courte durée?
•   Les coûts associés aux soins offerts aux patients hospitalisés en raison du H1N1/de la grippe étaient importants (estimés
    à environ 200 millions de dollars à l’exclusion des honoraires de médecins), mais relativement faibles par rapport à
    l’ensemble des dépenses liées à la pandémie.

2       Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
En quoi les patients atteints du H1N1/de la grippe étaient-ils différents des patients atteints
d’une grippe saisonnière typique?
•   À l’appui des constatations précédentes, les patients hospitalisés atteints du H1N1/de la grippe étaient plus jeunes que les
    patients atteints d’une grippe saisonnière typique.

•   Les caractéristiques propres aux comorbidités étaient différentes. Les patients hospitalisés en raison du H1N1/de la grippe
    étaient plus susceptibles d’être des femmes enceintes ou de présenter des comorbidités respiratoires (asthme ou autres
    maladies pulmonaires chroniques) que lors d’une année de référence.

•   Les patients atteints du H1N1/de la grippe étaient plus susceptibles d’avoir besoin de soins intensifs et de
    ventilation que les cas de grippe ordinaire; cependant, l’ampleur des écarts était moindre que celle qu’indiquaient
    des études précédentes.

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Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
Figure 1 : Calendrier des événements concernant le H1N1 au Canada

Remarques
Le groupe de référence correspond à une moyenne sur trois ans des hospitalisations liées à la grippe à l’échelle pancanadienne, de 2006-2007 à 2008-2009.

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Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
Ce qu’il faut savoir…
L’annexe contient des renseignements sur les sources de données et la méthodologie utilisée aux fins du
présent rapport. On y souligne certains éléments afin de préciser le contexte de l’analyse.
Sources de données
La plupart des renseignements contenus dans le présent rapport sont tirés des données sur les sorties des
hôpitaux de courte durée. Les données sur les sorties sont recueillies selon un horaire préétabli et englobent les
données démographiques, cliniques et relatives à l’utilisation des services de chaque patient. Les données sont
abrégées à partir du dossier du patient par le personnel des archives médicales au moyen d’un système de
codification normalisé.
Les renseignements complets sur les antiviraux de trois provinces (la Saskatchewan, le Manitoba et le
Nouveau-Brunswick) sont tirés du Système national d’information sur l’utilisation des médicaments prescrits
(SNIUMP); les autres provinces ont soumis leurs données directement à l’ICIS. Dans le même ordre d’idées,
on a demandé aux gouvernements provinciaux de fournir de l’information sur les vaccins administrés,
les groupes prioritaires de vaccination et les directives d’analyse des patients hospitalisés.

Définitions des cas de H1N1
En mai 2009, l’ICIS a demandé aux hôpitaux d’attribuer le code J09 de la CIM-10-CA à tous les cas de H1N1
confirmés en laboratoire. Étant donné le délai requis pour remplir et abréger les dossiers, cette directive aurait
inclus les cas saisis depuis le début de la période de pandémie. À partir des commentaires des hôpitaux, l’ICIS a
modifié cette directive en novembre 2009 pour accepter aussi les cas pour lesquels un diagnostic du H1N1 était
consigné au dossier du patient, que ce diagnostic soit appuyé ou non par un rapport de laboratoire.

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) n’a recueilli que les cas confirmés en laboratoire au cours de
la pandémie. Bien que les directives de surveillance aient précisé que tous les patients hospitalisés en raison du
H1N1 devaient être signalés, au moins une province n’a pas déclaré l’information sur les patients admis pour
observation pendant une courte période (24 heures ou moins) en raison du H1N1. L’information traitée par l’ICIS
englobe tous les patients hospitalisés, peu importe la durée de leur séjour.
Données du Québec
Un tableau spécial de données sur les sorties du Québec a été transmis à l’ICIS en juin 2010, avant la clôture
officielle de la base de données. Bien que les données d’avril à septembre 2009 semblent très exhaustives (taux
d’activité de 97 % par rapport à l’année précédente), les données d’octobre à décembre 2009 étaient moins
complètes (taux d’activité de 80 % par rapport à l’année précédente) et variaient selon la région. Dans le cadre
de certaines analyses (mentionnées précisément dans le texte), une pondération régionale a été appliquée au
nombre de cas réels d’octobre à décembre 2009 afin de compenser les données manquantes.

Combinaison d’abrégés
Pour tenir compte des transferts d’un hôpital de soins de courte durée à un autre, les divers abrégés ont été
combinés pour former des épisodes de soins (ou hospitalisations).

Durée
La majeure partie de l’analyse est axée sur les patients qui ont obtenu leur congé d’un établissement de soins de
courte durée entre le 1er avril et le 31 décembre 2009, date après laquelle peu de cas de H1N1 ont été signalés.
En excluant les données du Québec, 173 patients hospitalisés en raison du H1N1 ont reçu leur congé entre
janvier et mars 2010, desquels 103 (60 %) avaient été admis en 2009 ou auparavant. Au moment de l’analyse,
les données du Québec pour janvier à mars 2010 n’étaient pas accessibles.

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Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
Quelles ont été les répercussions du H1N1 sur les
hôpitaux de soins de courte durée?
En additionnant les hospitalisations liées au H1N1 à celles liées à une grippe de nature non précisée, on constate que
le nombre d’hospitalisations liées à la pandémie est supérieur aux estimations initiales.

Le H1N1/la grippe était l’une des principales causes d’hospitalisation pendant la période de pointe de l’activité
hospitalière au cours de la seconde vague.

Les patients qui présentaient des symptômes du syndrome grippal ont entraîné des répercussions significatives sur les
services d’urgence de l’Ontario au cours de l’automne 2009.

Le nombre d’hospitalisations qui ont eu lieu au cours de la saison grippale ordinaire (de janvier à mars) était plus faible
que d’habitude, mais n’a pas compensé la hausse entraînée par le H1N1 ou la grippe d’avril à décembre 2009.

Combien de cas d’hospitalisation? La question est simple, mais la réponse l’est moins. Le présent rapport examine
deux groupes afin de déterminer les répercussions du H1N1 sur les systèmes hospitaliers à l’échelle du pays.

H1N1
Entre avril et décembre 2009, 10 406i patients ayant reçu un diagnostic de H1N1 ont obtenu leur congé d’un hôpital de soins
de courte durée canadien. Ces cas ont été signalés précisément à l’aide du code J09 — Grippe, due à un certain virus grippal
identifié (comprend H1N1) comme diagnostic principal ou secondaire. Le nombre de cas signalés dans les données sur les
sorties des hôpitaux est légèrement supérieur au nombre consigné par l’ASPC (8 672) au cours de la même période,
principalement en raison de différences dans la définition des cas (voir Ce qu’il faut savoir)6.

H1N1/grippe
Les données sur les sorties des hôpitaux ont également révélé qu’un nombre significatif de patients ont reçu un diagnostic de
grippe, mais non de H1N1 précisément. Au cours de la période de neuf mois d’avril à décembre 2009, 15 200 patients ont reçu
un diagnostic de H1N1 ou de grippe de nature non précisée. Cette analyse suppose qu’environ 4 800 cas de grippe de nature
non précisée étaient probablement des cas de H1N1, pour les raisons suivantes :

•     Le nombre de cas de grippe était beaucoup plus important que la moyenne antérieure (groupe de référence). Au
      cours d’une année ordinaire, environ 1 300 cas seulement de grippe de nature non précisée sont signalés entre avril et
      décembre. Parmi ces patients, 562 (43 %) reçoivent en moyenne leur congé en avril (mois qui marque généralement la fin
      de la saison grippale). En 2009, on estime que 4 794 cas de grippe de nature non précisée ont été enregistrés et un
      nombre relativement faible de patients (338) ont reçu leur congé en avril.

•     Le H1N1 a chassé les autres maladies virales. Des analyses de laboratoire de l’ASPC indiquent que tous les virus de la
      grippe qui circulaient en 2009 étaient probablement de type H1N17.

•     Les pratiques d’analyse ont pu être influencées par l’échéancier, le degré de précision et la mise en œuvre des
      directives provinciales. La plupart des provinces recommandaient que soient testés tous les patients hospitalisés
      présentant des symptômes du syndrome grippal. Cependant, l’échéancier de ces directives différait à l’échelle du pays,
      ce qui a peut-être eu des répercussions sur les cas ayant fait l’objet de tests de dépistage du H1N1. De plus, comme peu
      d’autres maladies virales circulaient lors des sommets de l’activité hospitalière liée au H1N14, il est possible que certains
      hôpitaux aient décidé que des tests complets ne modifieraient pas le traitement clinique des patients présentant des
      symptômes de H1N1.

i.   Comprend les estimations réalisées pour les données du Québec d’octobre, de novembre et de décembre 2009.

6          Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
•    Le profil des cas de grippe de nature non précisée était semblable à celui des patients atteints de H1N1. Les
     patients hospitalisés en raison d’une grippe de nature non précisée étaient semblables aux patients atteints de H1N1
     à plusieurs égards, y compris l’âge médian et la durée moyenne du séjour. Le profil des admissions par semaine était
     également relativement semblable pour les deux groupes.

 Figure 2 : Comparaison entre les hospitalisations liées au H1N1 et celles liées à la grippe
            entre avril et décembre 2009 et le groupe de référence

Remarques
Le groupe de référence correspond à une moyenne sur trois ans des hospitalisations liées à la grippe à l’échelle pancanadienne, de 2006-2007 à 2008-2009.
Les données du Québec d’octobre à décembre 2009 ont été ajustées pour tenir compte des données non disponibles au moment de l’analyse.
Sources
Base de données sur les congés des patients, 2006-2007 à 2009-2010, Institut canadien d’information sur la santé; Fichier des hospitalisations MED-ÉCHO,
2006-2007 à 2008-2009, et tableau spécial de données provisoires, 2009-2010, ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Le groupe combiné H1N1 et grippe figurant dans les données sur les sorties des hôpitaux représente environ 6 500 cas (75 %)
de plus que le nombre de cas confirmés en laboratoire et signalés à l’ASPC. Les données sur les sorties des hôpitaux et les
données de surveillance constituent deux sources extrêmement utiles pour comprendre la pandémie et ses répercussions.
Cependant, la différence entre ces deux nombres met en évidence la difficulté d’identifier les patients atteints de la grippe,
même lorsqu’il s’agit de cas plus graves entraînant une hospitalisation et le décès.

De nombreux pays ont peiné à trouver la meilleure façon de consigner et de déclarer les hospitalisations liées au H1N1.
L’approche et les définitions de cas adoptées par l’ASPC étaient conformes à celles de l’OMS8. Toutefois, certains pays ont
choisi de procéder autrement. Au départ, le Centre for Disease Control (CDC) aux États-Unis n’a déclaré que les cas confirmés
en laboratoire, mais il a laissé tomber cette approche vers la fin de juillet 2009, craignant que les données confirmées en
laboratoire sur les hospitalisations et les décès constituaient une sous-estimation du nombre réel. Le CDC a attribué cette
sous-estimation au manque d’exhaustivité des tests, à l’utilisation de méthodes d’analyse peu efficaces ou aux diagnostics
attribuant les hospitalisations et les décès à d’autres causes, comme les complications secondaires de la grippe9.

Puisque l’objectif principal du présent rapport consiste à comprendre les répercussions de la pandémie sur le système
hospitalier de soins de courte durée, l’examen du groupe combiné H1N1/grippe constitue un aspect important de l’analyse.

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Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
Tests : une approche différente pour les personnes âgées?
    Il est possible que les personnes âgées de plus de 65 ans n’aient pas été examinées à fond pour le H1N1.
    Certains ont laissé entendre que les personnes âgées n’ont pas subi tous les tests, possiblement parce qu’ils
    pensaient qu’elles étaient immunisées contre le H1N1 en raison d’une exposition précédente à des virus de la
    grippe semblables10. Il se peut aussi que leurs symptômes aient été attribués à une autre cause. Bien que la
    raison ne soit pas vraiment connue, entre avril et décembre 2009, la moitié (50 %) des patients atteints du
    H1N1/de la grippe qui étaient âgés de 65 ans ou plus ont reçu un diagnostic de grippe de nature non précisée,
    par rapport à 29 % des patients hospitalisés des autres groupes d’âge.

Les pandémies exercent des pressions particulières sur les établissements de soins de courte durée, surtout lorsque leurs
périodes de pointe sont importantes ou prolongées. Les 15 200 cas d’hospitalisation en raison du H1N1/de la grippe se
concentraient surtout dans deux périodes, la première vague atteignant son sommet en juin et la seconde, en novembre.

 Figure 3 : Nombre d’hospitalisations par semaine : H1N1/grippe en 2009 et groupe de
            référence atteint de la grippe

Remarques
Le groupe de référence correspond à une moyenne sur trois ans des hospitalisations attribuables à la grippe à l’échelle pancanadienne, de 2006-2007 à
2008-2009. Les données du Québec d’octobre à décembre 2009 ont été ajustées pour tenir compte des données non disponibles au moment de l’analyse.
Sources
Base de données sur les congés des patients, 2006-2007 à 2009-2010, Institut canadien d’information sur la santé; Fichier des hospitalisations MED-ÉCHO,
2006-2007 à 2008-2009, et tableau spécial de données provisoires, 2009-2010, ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

    Qu’en est-il des hospitalisations attribuables à la grippe au cours de
    la saison grippale ordinaire de janvier à mars?
    On craignait au départ que les virus de la grippe saisonnière ne causent également une maladie en 2009-2010.
    Pendant la période de pointe de la pandémie à l’automne 2009, le H1N1 a chassé la plupart des autres maladies
    virales7. Cette tendance s’est maintenue jusqu’à la fin de l’hiver et au printemps. L’ASPC a signalé que l’activité
    grippale globale était faible pendant toute la période de janvier à mars 2010, qui représente généralement la
    saison principale des hospitalisations liées à la grippe11-13. Cette baisse du nombre d’hospitalisations de janvier
    à mars (excluant le Québec, 578 cas de moins que le groupe de référence) n’a pas compensé l’augmentation
    constatée d’avril à décembre 2009 (10 304 cas de plus que le groupe de référence, excluant le Québec).

8         Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
Les deux tiers des cas d’hospitalisation en raison du H1N1/de la grippe ont eu lieu au cours des cinq semaines qu’a duré la
seconde vague (du 25 octobre au 28 novembre 2009), plus de 1 000 patients obtenant leur congé chaque semaine. Au cours
de cette période, le H1N1/la grippe représentait un peu plus de 3 % de l’ensemble des sorties en soins de courte durée.
Pour mettre ces données en contexte, au cours de cette période de cinq semaines, le nombre de cas de H1N1/grippe
était équivalent au nombre combiné de patients ayant subi une crise cardiaque, un remplacement articulaire ou un AVC.

  Tableau 1 : Proportion de toutes les sorties des hôpitaux de soins de courte
              durée, affections sélectionnées, du 25 octobre au 28 novembre 2009
 Raison de l’hospitalisation                                         Pourcentage de toutes les sorties
 Naissances                                                                         11,8
 H1N1/grippe                                                                          3,4

 Arthroplastie de la hanche ou du genou                                               3,1

 Crise cardiaque                                                                      2,5

 Accident vasculaire cérébral                                                         1,6

 Pontage aortocoronarien                                                              0,7

Sources
Base de données sur les congés des patients, 2009-2010, Institut canadien d’information sur la santé; tableau spécial de données provisoires, 2009-2010, Fichier
des hospitalisations MED-ÉCHO, ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Visites aux services d’urgence — l’Ontario
Lors des pandémies, les services d’urgence sont souvent le premier point d’accès des patients gravement malades. Une
hausse marquée de l’activité des services d’urgence peut également être attribuable aux patients présentant de légers
symptômes, mais ne pouvant accéder rapidement à des services de soins de santé primaires. L’ICIS dispose de données
complètes sur les services d’urgence de l’Ontario, mais pas encore des autres provinces. Bien qu’on ait remarqué des
variations entre les provinces au chapitre de la prestation de services de première ligne contre la grippe (comme l’utilisation de
lignes réservées, les cliniques indépendantes d’évaluation de la grippe et la disponibilité de médecins de famille), il est utile de
comprendre la situation observée en Ontario lors de la pandémie de H1N1.

Notre analyse a porté sur les patients présentant des symptômes du syndrome grippalii afin de déterminer s’ils étaient plus
ou moins nombreux que pendant les années de référence. Parmi les symptômes examinés figurent la toux, l’essoufflement,
la fièvre, le malaise et la fatigue ainsi que le mal de gorge. Puisque les données sur les services d’urgence ne présentent
généralement que le problème le plus important, il est impossible d’analyser une combinaison des symptômes déclarés par les
patients. Dans l’ensemble, entre avril et décembre 2009, les patients présentant des symptômes du syndrome grippal ont fait
environ 140 000 visites aux services d’urgence de l’Ontario de plus que le groupe de référence au cours de la même période.
Le nombre de visites effectuées pour d’autres raisons est demeuré équivalent au groupe de référence. Le profil des visites aux
services d’urgence en raison de symptômes de la grippe est identique à celui des cas d’hospitalisation attribuables au H1N1/à
la grippe, bien que l’augmentation des volumes de patients dans les services d’urgence ait commencé relativement plus tôt
autant lors de la première que de la seconde vague.

ii.   Même si certains patients ont reçu un diagnostic de H1N1 au service d’urgence, les patients présentant des symptômes du syndrome grippal n’ont pas
      tous été testés et officiellement diagnostiqués avant leur congé.

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Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
En octobre et en novembre 2009, les patients présentant des symptômes du syndrome grippal ont effectué environ
230 000 visites aux services d’urgence de l’Ontario, ce qui représente un patient des services d’urgence sur quatre. Dans
l’ensemble, le nombre de visites de patients présentant des symptômes du syndrome grippal a été 92 % plus élevé que la
moyenne antérieure pour octobre et novembre. La plus grande augmentation proportionnelle au chapitre de l’utilisation
des services d’urgence a été observée chez les personnes âgées de 5 à 19 ans (hausse de plus de 200 %, ou presque
43 000 visites). Cependant, seul un faible pourcentage des patients de ce groupe d’âge a été hospitalisé (2,3 %, par rapport à
3,7 % pour le groupe de référence). L’utilisation des services d’urgence chez les personnes âgées a relativement peu changé
(hausse de 14 %, ou 3 600 visites) au cours de la même période d’octobre à novembre. Conformément aux données de
référence, une proportion élevée de personnes âgées de 65 ans ou plus ayant effectué une visite à un service d’urgence
(environ 45 %) ont été hospitalisées.

 Figure 4 : Visites aux services d’urgence de l’Ontario effectuées par des
            patients présentant des symptômes du syndrome grippal

Remarque
Le groupe de référence correspond à une moyenne sur trois ans, de 2006-2007 à 2008-2009.
Source
Système national d’information sur les soins ambulatoires, de 2006-2007 à 2009-2010, Institut canadien d’information sur la santé.

10        Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
Les hôpitaux ont-ils été en mesure d’affronter
l’augmentation soudaine du nombre de patients?
Au point culminant de l’activité hospitalière de la seconde vague, les hôpitaux ont accueilli un grand nombre de
patients atteints du H1N1/de la grippe en augmentant le nombre total de patients admis, en réorganisant l’occupation
des lits d’hôpitaux et des unités de soins intensifs réservés aux patients nécessitant d’autres types de soins et en
augmentant leur capacité de ventilation.

Les données complètes sur les hospitalisations pendant la période de pandémie pourraient fournir certains indices afin de
déterminer si le H1N1 a eu des répercussions sur d’autres parties du système hospitalier. Par exemple, a-t-on observé des
changements, comme un nombre inférieur de cas ou une diminution de la durée des séjours, pour d’autres groupes de
diagnostics occupant des lits d’hôpitaux ou ayant nécessité des soins intensifs ou des ventilateurs? Nous avons examiné
ces questions dans le cas des patients hospitalisés à l’extérieur du Québec.iii

À l’extérieur du sommet de l’activité hospitalière au cours de la seconde vague, les patients atteints du H1N1/de la grippe ne
représentaient pas un volet important de l’activité des hôpitaux de soins de courte durée. Les patients atteints du H1N1/de la
grippe ne représentaient que 0,2 % du nombre total de sorties, 0,4 % du nombre de patients des unités de soins intensifs et
0,7 % des patients nécessitant une ventilation artificielle invasive. Au cours de la même période, le nombre d’hospitalisations
ou d’admissions dans les unités de soins intensifs a peu varié chez les patients nécessitant d’autres types de soins, tandis
que l’utilisation des ventilateurs a augmenté de 8 %.

Cependant, pour comprendre exactement comment les hôpitaux ont affronté l’augmentation soudaine du volume de patients,
nous avons axé notre analyse sur la période culminante de l’activité hospitalière au cours de la seconde vague, soit du
25 octobre au 28 novembre 2009, lorsqu’au moins 1 000 patients atteints du H1N1/de la grippe obtenaient leur congé de
l’hôpital chaque semaine.

Hospitalisations
Au cours de cette période, les patients atteints du H1N1/de la grippe représentaient 3,4 % de toutes les sorties en soins de
courte durée. Environ la moitié du groupe de patients atteints du H1N1/de la grippe ont été accueillis grâce à l’acceptation
d’une surcharge de patients, le nombre global d’hospitalisations étant supérieur de 1,7 % aux moyennes antérieures. Les
données laissent entendre que l’on a probablement réussi à accueillir l’autre moitié des patients atteints du H1N1/de la grippe
en réorganisant le taux d’occupation dans d’autres secteurs.

•      Les données sur les services d’urgence de l’Ontario indiquent que le nombre de visites des patients (pour une raison autre
       que des symptômes du syndrome grippal) était conforme aux données de référence, ce qui donne à penser que la peur
       d’attraper le H1N1 n’a pas empêché les patients de visiter les services d’urgence. La situation avait été tout à fait différente
       lors de l’éclosion de SRAS, où l’on avait constaté une baisse marquée des visites dans les services d’urgence14.

•      La faible baisse du nombre d’hospitalisations chez les patients atteints d’autres problèmes de santé a principalement
       touché deux secteurs. On a observé un changement dans le nombre de patients admis avec rendez-vous (baisse de
       2,7 %, ou 1 162 cas), ce qui indique que l’on a peut-être dû reporter certaines interventions chirurgicales prévues. On a
       également enregistré une proportion inférieure d’hospitalisations de patients souffrant d’angine ou de douleur thoracique
       (baisse de 20 %, ou plus de 800 cas). Il est possible que l’on ait donné à ces patients des indications quant à la gestion de
       leurs symptômes à la maison et qu’on leur ait conseillé de revenir au service d’urgence si leur état se détériorait.

iii.   Puisque les données complètes du Québec pour la période de pointe de la seconde vague (soit, dans le cadre de la présente analyse, les patients ayant
       obtenu leur congé entre le 25 octobre et le 28 novembre 2009) n’étaient pas accessibles, les données de cette province sont exclues de l’analyse.

                                                                              Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens              11
Tableau 2 : Variation du pourcentage d’utilisation des soins hospitaliers par rapport à la moyenne antérieure
             lors du sommet de l’activité hospitalière liée au H1N1 (du 25 octobre au 28 novembre 2009),
             Canada, à l’exclusion du Québec

                                                     Sorties des hôpitaux              Unité de soins intensifs     Ventilations

 Nombre total de patients                                   +1,7 %                        Aucun changement            +14 %

 Nombre total de patients à
 l’exclusion des patients atteints                           -1,7 %                              -4,6 %                +7 %
 du H1N1/de la grippe

Source
Base de données sur les congés des patients, 2006-2007 à 2009-2010, Institut canadien d’information sur la santé.

Soins intensifs
Les unités de soins intensifs (USI) affichent généralement des taux d’occupation élevés, ce qui offre peu de souplesse pour
affronter une augmentation soudaine et inattendue du volume de patients15, 16. Lors de la période de pointe de la seconde
vague d’hospitalisations, presque 1 000 (970) patients atteints du H1N1/de la grippe à l’extérieur du Québec ont eu besoin
de soins intensifs. Au cours de cette période, le nombre de patients dans les unités de soins intensifs est demeuré semblable
à celui des années précédentes : une hausse des patients atteints du H1N1/de la grippe dans les unités de soins intensifs
signifiait un nombre inférieur d’admissions (baisse de 4,6 %) aux soins intensifs pour les patients souffrant d’autres problèmes
de santé.

Les plans d’intervention en cas de pandémie ainsi que les autres plans de mesures d’urgence en cas de catastrophe aident
les hôpitaux à gérer de façon proactive la capacité des unités de soins intensifs lorsqu’ils prévoient une hausse soudaine et
inhabituelle de l’activité, comme c’était le cas du H1N115. Par exemple, il est possible de soigner en chambre standard (en
exerçant une surveillance accrue) certains groupes de patients qui auraient été normalement admis dans les unités de soins
intensifs. Les groupes de patients dont le recours aux soins intensifs était inférieur à celui du groupe de référence semblent se
conformer à la stratégie de gestion du taux d’occupation :

•    Nouveau-nés normaux : Dans l’ensemble, le nombre d’admissions aux soins intensifs des bébés à terme sans problèmes
     de santé documentés était inférieur de 44 % aux données de référence. Le recours aux soins intensifs chez les nouveau-
     nés présentant un faible poids à la naissance ou des problèmes de santé importants est demeuré pratiquement le même.

•    Cardiologie : On a constaté une baisse de 14 % au chapitre des admissions aux soins intensifs chez les patients en
     cardiologie atteints d’affections comme la douleur thoracique, l’angine et l’arythmie par rapport au groupe de référence.

•    Chirurgie cardiaque : Le nombre de patients subissant une chirurgie cardiaque est resté semblable aux données de
     référence, ce qui indique l’absence de tendance généralisée à l’annulation des interventions cardiaques. Cependant, au
     cours de cette période, la proportion de patients subissant une chirurgie cardiaque et admis aux soins intensifs a chuté de
     2 % par rapport aux années précédentes. Bien qu’il s’agisse d’une faible variation en pourcentage, les patients subissant
     une chirurgie cardiaque constituent l’un des groupes qui ont le plus recours aux soins intensifs.

Ces trois groupes de patients combinés représentaient 85 % de la diminution de l’utilisation des soins intensifs (par rapport aux
données de référence) lors du sommet des hospitalisations de la pandémie.

Ventilation
Au point culminant de l’activité hospitalière de la seconde vague, le nombre de patients qui ont eu besoin de ventilation
artificielle invasive était supérieur de 14 % aux données de référence. La moitié de cette augmentation est attribuable aux
patients atteints du H1N1/de la grippe qui avaient besoin de ventilation, tandis que l’autre moitié est attribuable aux patients
atteints d’un large éventail de problèmes de santé, ce qui englobe la chirurgie valvulaire, les problèmes respiratoires (comme
la maladie pulmonaire obstructive chronique, la pneumonie et l’insuffisance respiratoire), la septicémie, les empoisonnements
ou les effets toxiques de médicaments ainsi que les soins palliatifs.

12        Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
La capacité d’accueillir les patients atteints du H1N1/de la grippe et d’augmenter les services de ventilation offerts aux patients
souffrant d’autres problèmes de santé pourrait indiquer une hausse de la capacité de ventilation au Canada. Alors qu’environ
1 400 patients atteints d’un problème de santé ont reçu des services de ventilation invasive au cours de la semaine la plus
achalandée de la pandémie, un nombre encore supérieur de patients (environ 1 500 patients ayant reçu leur congé au
cours de la semaine du 7 mars 2010) a obtenu des soins de ventilation quelques mois plus tard. Il est possible que les
préoccupations soulevées par les médecins des soins intensifs après la première vague de H1N1 aient constitué un facteur
contribuant à l’augmentation de la capacité de ventilation17. Bon nombre de provinces et de territoires ont accru leur capacité
de ventilation en achetant des ventilateurs supplémentaires et en améliorant la formation du personnel quant à l’utilisation de
ces appareils. De plus, les provinces avaient la possibilité de tirer parti des ressources d’urgence de la Réserve nationale de
secours si elles avaient de la difficulté à faire face aux pressions exercées par les patients gravement atteints du H1N1/de la
grippe. En juillet 2009, l’ASPC a annoncé qu’elle prévoyait acheter 370 ventilateurs supplémentaires pour le compte de la
Réserve nationale de secours, ce qui donne un total de 500 appareils18.

Quels ont été les coûts engendrés par le H1N1/la grippe pour le système
hospitalier de soins de courte durée?
Les coûts associés aux soins offerts aux patients hospitalisés en raison du H1N1/de la grippe étaient importants
(estimés à environ 200 millions de dollars à l’exclusion des honoraires de médecins), mais relativement faibles par
rapport à l’ensemble des dépenses liées à la pandémie.

Il est possible d’estimer les coûts associés aux patients atteints du H1N1/de la grippe pour le système hospitalier de soins de
courte durée. Les estimations de coûts présentées dans ce rapport englobent les coûts engagés par les hôpitaux lors de la
prestation des services, mais excluent les honoraires des médecins, puisque ces derniers sont habituellement rémunérés
directement par leur province ou territoire et non par leur hôpital.

 Pondération de la consommation des ressources
 Les coûts sont estimés en fonction de la pondération de la consommation des ressources (PCR), une valeur qui
 représente les ressources relatives utilisées par rapport à un patient moyen. Le patient moyen d’un hôpital de
 soins de courte durée, pour toutes les catégories de diagnostics, est associé à une PCR de 1. Les ressources
 utilisées par les patients atteints du H1N1 étaient relativement supérieures à celles du patient moyen. La PCR
 moyenne pour le H1N1 était de 2,0; pour le H1N1/la grippe, elle se situait à 1,7. Comme c’est le cas pour de
 nombreux groupes de maladies, la PCR des patients atteints du H1N1/de la grippe augmentait avec l’âge,
 allant de 1,3 pour les enfants d’âge préscolaire à 2,1 pour les personnes âgées de 65 ans ou plus.

En utilisant les coûts par cas pondéré de 2008-2009 pour tous les groupes d’âge, un patient atteint du H1N1 affichait un
coût moyen d’environ 11 000 $ par admission, tandis que le coût moyen d’un patient du groupe combiné H1N1/grippe était
de 9 600 $.

Entre avril et décembre 2009, le total des coûts des patients hospitalisés en raison du H1N1/de la grippe était estimé à
146 millions de dollars (114 millions de dollars pour les cas de H1N1 expressément déclarés). Cette estimation a été établie en
présumant que les coûts dans la province de Québec (qui n’utilise pas le système de PCR) étaient semblables à ceux du reste
du pays.

                                                                Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens   13
Lors de la pandémie, les hôpitaux de soins de courte durée ont aussi engagé des coûts liés à l’augmentation de l’activité au
sein de leur service d’urgence. En Ontario, le nombre de patients présentant des symptômes de syndrome grippal qui ont
effectué une visite aux services d’urgence était supérieur de 140 000 aux données d’une année de référence. Toujours à l’aide
de la méthode du coût par cas pondéré, on estime que les visites supplémentaires aux services d’urgence en Ontario ont
coûté 19,6 millions de dollars. Les données sur l’activité des services d’urgence n’étaient pas disponibles dans les autres
provinces. Même si des données étaient disponibles, il est possible que celles-ci ne soient pas directement comparables, car
quelques provinces ou territoires utilisent des modèles différents, comme les cliniques de diagnostic de la grippe, pour traiter
les patients atteints du H1N1. Cependant, si toutes les provinces ont connu une hausse du nombre de visites aux services
d’urgence par habitant semblable à celle qui a été constatée en Ontario, les coûts supplémentaires liés aux services d’urgence
à l’échelle du pays totaliseraient probablement près de 50 millions de dollars.

De quelle façon se compare le coût des hospitalisations en raison du H1N1 aux autres coûts engagés en réaction à la
pandémie? Aucune analyse exhaustive des coûts engagés pour faire face à la pandémie de H1N1 n’avait été publiée au
moment où l’on a mené la présente analyse. Les médias ont estimé le total des coûts provinciaux et fédéraux à plus de
2 milliards de dollars. Ces coûts englobent l’achat et l’administration de vaccins; l’achat et la distribution d’antiviraux;
l’amélioration des interventions en cas d’urgence, y compris la surveillance, la gestion des éclosions et la recherche rapide;
la sensibilisation du public et la diffusion de renseignements sur les soins personnels; les visites chez le médecin et les
hospitalisations. Dans l’ensemble, les coûts d’hospitalisation pancanadiens ne semblent constituer qu’une petite partie
des totaux estimés.

En quoi les patients atteints du H1N1/de la grippe
étaient-ils différents des patients atteints d’une grippe
saisonnière typique?
À l’appui des constatations précédentes, les patients hospitalisés atteints du H1N1/de la grippe étaient plus jeunes que
les patients atteints d’une grippe saisonnière typique.

Les caractéristiques propres aux comorbidités étaient différentes. Les patients hospitalisés en raison du H1N1/de la
grippe étaient plus susceptibles d’être des femmes enceintes ou de présenter des comorbidités respiratoires (asthme
ou autres maladies pulmonaires chroniques) que lors d’une saison grippale habituelle.

Les patients atteints du H1N1/de la grippe étaient plus susceptibles d’avoir besoin de soins intensifs et de ventilation
que les cas de grippe ordinaire; cependant, l’ampleur des écarts était moindre que celle qu’indiquaient des
études précédentes.

Âge
Pour se préparer efficacement à une pandémie, les hôpitaux doivent essayer de prévoir le nombre d’admissions et le moment
où elles auront lieu, ainsi que le profil des patients ayant besoin de soins. Par exemple, il se peut que les enfants nécessitent
des modalités de soins (soins dispensés par les parents) et du personnel différents de ceux des autres groupes d’âge.

Le H1N1/la grippe ont eu des retombées considérables. Dans tous les groupes d’âge, les taux d’hospitalisation en raison du
H1N1/de la grippe entre avril et décembre 2009 étaient supérieurs à ceux de la grippe saisonnière. Il faut toutefois interpréter
avec prudence l’ampleur de l’écart par rapport au groupe de référence en raison des problèmes connus associés au manque
d’examen et de documentation de la grippe saisonnière dans les données sur les sorties19.

14       Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
Figure 5 : Taux d’hospitalisation selon le groupe d’âge : H1N1/grippe et groupe de
            référence atteint de la grippe

 Répartition des cas en pourcentage selon le groupe d’âge
 H1N1/grippe                   21                       19                       47                       14

 Groupe de
 référence atteint             26                      11                        26                       37
 de la grippe

Remarques
Le groupe de référence correspond à une moyenne sur trois ans des hospitalisations attribuables à la grippe à l’échelle pancanadienne, de 2006-2007 à
2008-2009. Les données du Québec d’octobre à décembre 2009 ont été ajustées pour tenir compte des données non disponibles au moment de l’analyse.
Sources
Base de données sur les congés des patients, 2006-2007 à 2009-2010, Institut canadien d’information sur la santé; Fichier des hospitalisations MED-ÉCHO,
2006-2007 à 2008-2009, et tableau spécial de données provisoires, 2009-2010, ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec; données tirées du
recensement et de sources administratives sur la natalité, la mortalité et la migration, Division de la démographie, Statistique Canada.

Dans une saison grippale typique, les jeunes enfants et les personnes âgées présentent les taux d’hospitalisation les plus
élevés20; le profil des patients atteints du H1N1/de la grippe était toutefois différent sur deux plans distincts :

•    le taux d’hospitalisation des jeunes enfants était significativement supérieur à celui de tous les autres groupes d’âge;

•    un taux d’hospitalisation plus élevé chez les 20 à 64 ans (le groupe d’âge le plus important) signifie que le plus grand
     nombre de patients hospitalisés (47 %) étaient âgés de 20 à 64 ans.

Comorbidités
Les hypothèses de planification relatives à la proportion de patients qui présentent un état médicalement complexe influent
également sur les niveaux de soins hospitaliers et de personnel requis. Les craintes initiales au sujet du H1N1/de la grippe
étaient axées sur le fait que le virus s’attaquait à des personnes jeunes et apparemment en santé21. L’ASPC a indiqué que les
femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans (et plus particulièrement ceux de moins de deux ans) couraient un
risque accru de développer des complications attribuables au H1N1, tout comme les personnes atteintes d’une maladie
cardiaque chronique, d’une maladie rénale, de diabète, d’asthme, d’une maladie pulmonaire chronique, d’obésité ou
d’immunodéficience ainsi que les fumeurs actuels7.

                                                                            Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens                15
Bon nombre de ces problèmes (mais pas tous) peuvent être explorés dans les données sur les sorties des hôpitaux. Les
patients hospitalisés en raison du H1N1/de la grippe étaient plus susceptibles de présenter certains troubles respiratoires
(maladie pulmonaire chronique ou asthme) ou d’être des femmes enceintes que les patients hospitalisés en raison de la grippe
faisant partie du groupe de référence. En revanche, les patients atteints d’une maladie cardiaque chronique, de diabète ou
d’une maladie rénale étaient légèrement moins susceptibles de faire partie du groupe H1N1/grippe que du groupe de
référence. Les données sur les sorties ne renseignent pas de manière exhaustive sur l’obésité ou le tabagisme.

Les raisons de ces variations dans les caractéristiques des comorbidités ne sont pas claires. La différence par rapport au
groupe de référence peut en partie s’expliquer par les analyses plus poussées effectuées pendant la période de pandémie :
selon les lignes directrices, tous les patients qui présentaient des symptômes du syndrome grippal devaient être testés,
tandis que les analyses réalisées pendant la saison grippale ciblent peut-être davantage les personnes atteintes d’un
trouble chronique.

 Figure 6 : Caractéristiques des comorbidités des patients hospitalisés : H1N1/grippe
            et groupe de référence

Remarque
Le groupe de référence correspond à une moyenne sur trois ans des hospitalisations attribuables à la grippe à l’échelle pancanadienne, de 2006-2007 à
2008-2009.
Sources
Base de données sur les congés des patients, 2006-2007 à 2009-2010, Institut canadien d’information sur la santé; Fichier des hospitalisations MED-ÉCHO,
2006-2007 à 2008-2009, et tableau spécial de données provisoires, 2009-2010, ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

16        Répercussions de la pandémie de H1N1 sur les hôpitaux canadiens
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