TROISIÈME CRISE AVIAIRE, TOUJOURS LES MÊMES ERREURS ! - MODEF

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TROISIÈME CRISE AVIAIRE, TOUJOURS LES MÊMES ERREURS ! - MODEF
Fruits et légumes / 1

Mensuel d’information
agricole, syndicale
et professionnelle

                   C R I S E A  V I A I R E ,
  TROISIÈME
              L E S M Ê  M  E S E R  R  E U R S !
TOU J O U R S

4 / L’appel des 300

8-9 / Grippe aviaire : le coupable n’est
       pas l’élevage plein-air

10/ Lettre ouverte au Gouvernement

                                            ➞   Janvier 2021 - N° 714 - 3 E
TROISIÈME CRISE AVIAIRE, TOUJOURS LES MÊMES ERREURS ! - MODEF
2 / Sommaire - Édito

✓ ÉDITORIAL
Vœux du Président
                                              page 2            VŒUX DU PRÉSIDENT
✓ LE FAIT DU MOIS
Les aides animales
                                              page 3           L’année 2020 sera ancrée dans les mémoires
                                                               sans aucun doute. Jamais la planète n’a été pri-
✓ DOSSIER EXPLOITANT                                          vée de liberté de cet ordre-là. Un virus transmis
L’appel des 300                                                à l’homme par un animal sauvage n’est pas une
                                           pages 4-5           première, c’est même monnaie courante. Mais
                                                               là il s’agit d’autre chose, les virus évoluent aussi
✓ PORTRAIT D’AGRICULTEUR
                                                               avec l’environnement et l’impact de l’homme sur
Jeune viticulteur du Mont Ventoux
                                              page 6
                                                               la planète y est pour quelque chose. Trop agres-                     Pierre THOMAS
                                                               sée, la nature se rebiffe et corrige les choses à sa
✓ NÉGOCIATIONS
	                                                             manière.
  COMMERCIALES
Négociations commerciales : encore une                         La mondialisation des échanges, quelles qu’en soit les conséquences,
trahison du Président MACRON
                                              page 7           est responsable de cette pandémie planétaire. La gestion de celle-ci,
                                                               assez aléatoire, a mis à mal cette économie mais aussi notre santé gé-
✓ SYNDICALISME                                                 nérale. Le monde agricole a été lourdement impacté par ce COVID.
Grippe aviaire : le coupable n’est pas                         Si certains ont pu s’en sortir pas trop mal, pour beaucoup ce fut une
l’élevage plein-air, mais l’industrialisation                  réelle catastrophe avec des baisses de prix et méventes importantes.
des filières volailles                                         Évidemment des aides ont été annoncées, mais non seulement elles
                                           pages 8-9
                                                               n’ont pas répondu aux besoins mais elles ont été surtout inacces-
✓ SYNDICALISME                                                 sibles pour ceux dans le besoin.
Lettre ouverte au Gouvernement
Invitation à la Commission Viticole                            Nous sommes en pleine négociation de la Politique Agricole Com-
                                             page 10           mune (PAC), celle-ci devrait répondre aux défis sociétaires, per-
                                                               mettre une Agriculture nombreuse et répartie sur l’ensemble du ter-
✓ SYNDICALISME
                                                               ritoire. Le MODEF se doit d’avoir comme objectif de mettre l’être
Pour un assouplissement des sanctions                          humain au centre de nos préoccupations. Lors du dernier Conseil
MSA
                                             page 11           Supérieur d’Orientation (CSO) sur la PAC, des orientations bien di-
                                                               vergentes se dessinent avec deux visions agricoles. L’une compétitive,
✓ NÉONICOTINOÏDES                                              répondant aux besoins de l’agroalimentaire et l’autre, répondant aux
Les néonicotinoïdes dangereux pour                             besoins des paysans, des consommateurs et aux objectifs d’avenir de
les abeilles                                                   notre société.
                                             page 12
                                                               Mais nous savons bien que rien ne peut changer sans une réflexion
                                                               importante et une mobilisation déterminée.
    ✓ ÉDITIONS RÉGIONALES
                                        pages 13-14            Jamais rien n’est venu améliorer la vie des gens sans l’intervention
                                                               de la population et c’est donc dans ce cadre, où nous devons être à
                                                               l’offensive, que je vous présente les meilleurs vœux du MODEF pour
    ✓ EN BREF                                                  cette nouvelle année.
                                             page 15

Mensuel d’information agricole,                           Publicité :                                     Imprimerie :
syndicale et professionnelle                              Comédiance - 5, rue Pleyel, Immeuble Calliope   Rivet Presse Edition - 87000 LIMOGES
édité par la société d’Édition de l’Exploitant Familial   BP 229 - 93523 SAINT-DENIS cedex                Commission paritaire n° 1218T83968
et autres presses du MODEF
                                                                                                          N° ISSN 0755 - 284X
SARL au capital de 10 000 €                               Tél. 01 49 22 74 34

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14, boulevard d’Aquitaine BP 70316                        Jean-Luc LAROCHE
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exploitant.familial@modef.fr                              Alexis VANYPRE
Exploitant familial n° 714 / Janvier 2021
TROISIÈME CRISE AVIAIRE, TOUJOURS LES MÊMES ERREURS ! - MODEF
Le fait du mois / 3

LES AIDES ANIMALES                                                                                    Pour les prochaines aides
Telepac est ouvert depuis le 1 janvier pour le dépôt des demandes d’aides
                                      er                                                            PAC il sera nécessaire d’avoir
animales pour la campagne de 2021. Tout retard dans la demande de ces aides                              un numéro SIRET.
entraîne une pénalité de 1 % par jour ouvré sur le montant de l’aide.                                  Faites vos démarches !

   Aides aux Bovins Allaitants (ABA)               8 mois n’ayant jamais vêlé), dans la limite    Une aide complémentaire de 6 €/brebis
                                                   de 30 %.                                       est attribuée aux nouveaux producteurs
  Les demandes d’ABA doivent être dépo-                                                           qui ont lancé leur activité entre le 1er fé-
  sées avant le 17 mai 2021 inclus.                   Aides aux Bovins Laitiers (ABL)             vrier 2018 et le 31 janvier 2021.
  Le montant de l’aide est estimé à :              L’ABL est ouverte aux producteurs de lait      Pour l’aide caprine, il faut détenir au mini-
  161 €/vache, pour les 50 premières               ayant livré entre le 1er avril 2020 et le 31   mum 25 chèvres éligibles.
  vaches,                                          mars 2021. La demande doit être déposée        Son montant pour 2021 est estimé à
  117 €/vache de la 51e à la 99e,                  avant le 17 mai, comme l’ABA.                  16 €/chèvre.
                                                   En zone de montagne, l’aide est plafon-        Les animaux sont éligibles selon les
  59 €/vache de la 100e à la 139e.                 née à 30 vaches et son montant estimé          mêmes critères que les ovins.
  La transparence des GAEC s’applique.             à 75 €/vache.
                                                   Hors zone de montagne, l’aide est plafon-          Aide aux Veaux Sous La Mère
  Seuls les éleveurs détenant au moins 1           née à 40 vaches pour un montant estimé                       (VSLM)
  0 UGB de vaches ou brebis ou chèvres,            à 37 €/vache en 2021.
  dont au moins 3 vaches éligibles, peuvent        La transparence des GAEC s’applique.           Les demandes d’aides VSLM doivent être
  demander l’ABA. Le nombre d’UGB s’ap-                                                           déposées avant le 17 mai 2021.
  précie à la date de la demande, dans la                 Aides ovines et caprines                Le montant de l’aide est estimé à 48 €/
  limite du 17 mai pour les dépôts tardifs.                                                       veaux et 67 €/veau en label AB.
                                                   Les demandes d’aides ovines et caprines
  Il est demandé un ratio minimal de pro-          doivent être effectuées avant le 1er fé-
  ductivité, fixé à 0,8. Il est calculé à partir   vrier 2021 inclus.                             Les producteurs éligibles doivent avoir
  du nombre de veaux nés pendant les 15            Le montant de l’aide ovine pour 2021 est       produit et abattu des veaux sous la mère
  mois précédant la période de détention           estimé à 21 €/brebis.                          sous label rouge ou Indication Géogra-
  obligatoire et maintenus en moyenne au                                                          phique Protégée et être adhérents à
  moins 90 jours sur l’exploitation.               Pour l’aide ovine de base, il faut détenir     un organisme de défense et de gestion
                                                   au moins 50 brebis. Les animaux éligibles      (ODG) éligible ou des veaux sous la mère
  Les nouveaux producteurs peuvent inté-           sont les femelles présente du 2 février au     certifiés bio ou en conversion en 2020 et
  grer 20 % de génisses dans les effectifs         12 mai inclus et qui, au plus tard le 12 mai   être engagés en Agriculture Biologique au
  primables. Pour les autres producteurs,          2021, ont mis bas au moins une fois ou         cours de l’année 2020.
  des vaches peuvent être remplacées par           sont âgées d’au moins un an. Le ratio de
  des génisses éligibles (femelles de plus de      productivité demandé est de 0,5.                                            Alexis VANYPRE

                                                                                                           Exploitant familial n° 714 / Janvier 2021
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4 / Dossier Exploitant

L’APPEL DES 300
A l’heure où les rumeurs d’un reconfinement partiel, courent, il semble pertinent de relayer un appel lancé par trois cents
universitaires, scientifiques, professionnels de la santé, du droit, de l’éducation et du social, ainsi que des artistes, à la suite de
l’imposition du deuxième reconfinement.

  « Le confinement constitue un remède pire que le mal                   publique France, il y a eu 292 morts à l’hôpital le 27 octobre,
               pour la société française »                               contre 257 la veille (le 26) et 244 (en baisse, donc) le 28. Mais
                                                                         l’on ajoute les morts en Ehpad qu’une fois tous les quatre jours
C’est un secret de polichinelle : le reconfinement était envisagé        en les cumulant. Prétendre compter les morts quotidiens ce
depuis l’été dernier. La stratégie de communication du ministère         jour-là revient donc à gonfler artificiellement les chiffres. Et c’est
de la Santé s’est déployée autour de cette perspective depuis            étonnamment ce qui s’est passé la veille de l’allocution annon-
plus de deux mois, de façon à le faire accepter par la majorité de       cée du président de la République, qui a repris à son compte ce
la population le jour J. Les médias mainstream lui ont fourni une        chiffre faux. Est-ce un détail ? Non, ce n’est hélas qu’un exemple
aide décisive. Ils sont le relais et l’instrument privilégiés de cette   parmi beaucoup d’autres.
communication. Et force est hélas de constater qu’ils jouent très
bien le rôle qui leur a été assigné. S’appuyant mécaniquement
sur les chiffres, cette communication consiste à ne s’intéresser           Une deuxième vague prétendue « plus terrible encore
qu’aux indicateurs les plus alarmants, en les changeant au fil du                          que la première »
temps si celui qu’on utilisait ne permet plus d’envoyer le mes-
                                                                         C’est le président du « Conseil scientifique » (M. DELFRAISSY)
sage espéré. Et si un indicateur a une évolution en dents de scie,
                                                                         qui le disait il y a quelques jours : arriverait une deuxième vague
la communication se fait uniquement les jours où les chiffres
                                                                         « plus forte encore que la première » et nous serions déjà dans
augmentent. Il n’y a qu’un seul message possible.
                                                                         « une situation critique ». Ce genre de prédiction catastrophiste
Avant-hier, 27 octobre, la manipulation a encore opéré. La tota-         constitue une manipulation d’un conseil qui n’est pas scienti-
lité des médias a titré sur les prétendus 523 morts : « Du jamais        fique, mais politique. Rien ne permet non plus d’affirmer que,
vu depuis le confinement ». Or ce chiffre était faux. Selon Santé        sauf confinement, « d’ici quelques mois, c’est au moins 400 000
Exploitant familial n° 714 / Janvier 2021
TROISIÈME CRISE AVIAIRE, TOUJOURS LES MÊMES ERREURS ! - MODEF
Dossier Exploitant / 5

morts supplémentaires à déplorer », comme l’a pourtant prétendu               La vie sociale amputée, la démocratie en péril
hier soir le président de la République. Enfin, il est également
faux de dire que nous ferions simplement comme tous nos voi-           La vérité est que le confinement (qui sera peut-être prolon-
sins européens. À ce jour, seuls l’Irlande et le Pays de Galles ont    gé au-delà du 1er décembre) crée bien plus de problèmes qu’il
reconfiné la totalité de leur population.                              n’en résout. Son bilan mondial n’est associé à aucune réduction
                                                                       mesurable de la mortalité, tandis que son principal résultat ob-
Il serait urgent de revenir à la raison. Selon les chiffres de Santé   servable est d’abord de mettre au chômage des centaines de
publique France, sur les près de 15 millions de tests effectués        milliers et peut-être demain des millions de personnes, surtout
à ce jour, 93 % sont négatifs. Et, parmi les 7 % restant de la po-     évidemment parmi les plus fragiles (emplois précaires, CDD, in-
pulation testée positive, plus de 85 % ont moins de 60 ans ; il        térim, personnes payées à la prestation, saisonniers, etc.), et de
s’agit donc essentiellement de personnes qui ne risquent pas de        menacer de disparition la plupart des petites entreprises, sou-
faire une forme grave de la maladie. Au final, moins de 1 % de la      vent familiales, autres que les commerces de bouche, dont l’ac-
population est donc « à risque » et c’est uniquement elle qu’il        tivité quotidienne est la seule source de revenu. Gageons que
faut protéger.                                                         les très grands groupes s’en satisferont, car ils les rachèteront
                                                                       sans doute demain.
Autre façon de le dire : au cours de la période récente (entre le
1er septembre et le 20 octobre, jour où nous avons fait ce calcul),    Ces mesures de confinement ont ensuite pour effet d’amputer
7 621 098 personnes ont été testées. Sur cette même période,           la vie sociale de la plupart des liens sociaux autres que fami-
38 100 individus ont été hospitalisés (0,5 %) et 6 593 ont été         liaux. Un certain style de vie et de pensée embourgeoisé s’en
admis en réanimation (0,09 %) avec un test positif au Covid. En        satisfaisait certes au printemps dernier, chaque enfant ayant sa
d’autres termes, depuis le 1er septembre, sur cet énorme échan-        chambre pour vivre son intimité, son ordinateur pour rester en
tillon de la population de 7,6 millions, la probabilité moyenne        contact avec l’école et son smartphone avec forfait illimité pour
pour un individu lambda (sans distinction d’âge ou de comorbi-         échanger en permanence avec ses amis, les parents faisant du
dité) de ne pas être hospitalisé est de 99,5 % et celle de ne pas      télétravail, sortant chaque jour faire leur footing dans des rues
être admis en réanimation est de 99,91 %. Justifier le reconfi-        et des espaces verts « où on entendait de nouveau les oiseaux »,
nement de 67 millions de Français sur cette base s’appelle un          et se faisant livrer des repas à domicile s’ils avaient la flemme de
délire.                                                                faire à manger ou la peur d’aller se mêler à la populace dans un
                                                                       supermarché. Mais de quelle proportion de la population cette
Hier, le 28 octobre, 3 045 personnes étaient en réanimation.           vie est-elle le quotidien en confinement ? Qui ne voit que le
Comment parler de saturation lorsque l’on se souvient que, fin         confinement fait exploser les inégalités sociales, les échecs sco-
août, le ministre de la Santé annonçait 12 000 lits disponibles si     laires, les violences intrafamiliales, les troubles psychologiques et
besoin (quatre fois plus donc). Où donc sont ces lits ?                les renoncements au soin ? Qui ne sait qu’il entraîne déjà dans
On dit alors : « Oui, mais l’hôpital est submergé par le Covid. »      d’autres pays des soulèvements et des émeutes de la faim ? Et
Manipulation encore, pour trois raisons. D’abord, les tests ayant      qui comprend que les oiseaux ont bon dos et que ces petits
été généralisés depuis juillet, toute personne entrant à l’hôpital     moments de répit procurés par la panique des humains ne sont
porteuse d’une trace du Covid est comptée comme un « hos-              rien au regard de leur lente extinction ?
pitalisé Covid », même si elle vient en réalité pour son cancer        Quant à la démocratie, elle est mise sous cloche par l’état d’ur-
ou son hypertension. Et c’est la même chose si elle entre en           gence permanent et le confinement. Qu’est-ce qu’une démo-
réanimation ou si elle décède. Ensuite, si les chiffres de l’hospi-    cratie sans liberté d’aller et venir, de se réunir et de manifes-
talisation et de la réanimation augmentent bel et bien, cela n’a       ter ? Qu’est-ce qu’une démocratie où il n’y a quasiment plus
rien d’exceptionnel : c’est au contraire ce qui se produit chaque      personne dans les hémicycles des assemblées parlementaires ?
année à la même époque (automne-hiver), mais que l’on fait             Qu’est-ce qu’une démocratie où la justice est paralysée faute
semblant d’avoir oublié. Un Alzheimer généralisé s’est-il emparé       de pouvoir audiencer ? Qu’est-ce qu’une démocratie où, finale-
de nos politiques et des journalistes ? Faut-il rappeler qu’en jan-    ment, il n’y a plus qu’un pouvoir exécutif ? Qu’est-ce qu’une dé-
vier 2020, à la veille de la crise du Covid, 1 000 médecins, dont      mocratie où tout ceci s’impose par la peur et la culpabilisation,
600 chefs de service des hôpitaux, avaient menacé de démis-            voire la censure et la mise en accusation de quiconque refuse
sionner pour dénoncer « un hôpital public qui se meurt » ? Enfin,      d’y céder ?
il y avait hier, le 28 octobre, 3 045 personnes en réanimation.
                                                                       Chacun, en conscience, tirera les conséquences qu’il veut de
Comment parler de saturation lorsque l’on se souvient que, fin         tous ces dramatiques constats. Nous n’appelons pas à la révo-
août, le ministre de la Santé annonçait 12 000 lits disponibles si     lution et nous ne faisons pas de politique partisane. Mais nous
besoin (quatre fois plus donc). Où donc sont ces lits ?                voulons dire que nous en avons plus qu’assez qu’on nous de-
La vérité est que les gouvernements ne veulent pas investir dans       mande de nous comporter comme les moutons de Panurge,
l’hôpital public où l’on maltraite les professionnels et où l’on a     au nom d’un principe de précaution totalement dénaturé et
perdu près de 70 000 lits en quinze ans, lors même que la méde-        d’interprétations statistiques relevant de la manipulation. Nous
cine de ville est saturée et que les services d’urgence voient leur    réclamons qu’on en finisse avec cette panique sanitaire, qu’on
fréquentation augmenter d’année en année. Oui, l’hôpital est en        donne aux soignants les moyens de remplir leurs missions de
tension, mais ce n’est pas fondamentalement à cause du Covid !         santé publique, qu’on cesse de violenter des pans entiers de la
C’est essentiellement à cause de la maltraitance politique dont        société et qu’on sorte de cet état d’urgence permanent pour
ce service public est l’objet de manière générale depuis plus          bâtir démocratiquement une politique sanitaire consensuelle.
de vingt ans, et tout particulièrement depuis que les politiques
y ont introduit comme partout une politique du chiffre et de           La liste complète des signataires est à retrouver sur le site de Mé-
la rentabilité inspirée du management des grandes entreprises.         diapart : https://blogs.mediapart.fr
                                                                                                       Exploitant familial n° 714 / Janvier 2021
TROISIÈME CRISE AVIAIRE, TOUJOURS LES MÊMES ERREURS ! - MODEF
6 / Portrait d’agriculteur

JEUNE VITICULTEUR DU MONT VENTOUX
Simon TRIBOULET est un jeune viticulteur de 33 ans sur la commune de Bedoin dans le Vaucluse. Il exploite une petite
vingtaine d’hectares de vigne qu’il porte à la cave coopérative VMV LES VIGNERONS DU MONT VENTOUX, en AOC
Ventoux.

                Parcours scolaire et installation                            sanitaire n’a pas eu d’incidence trop importante sur la vente en
Dès ses 16 ans il rentre au Lycée Viticole d’Orange où il a eu bril-         bouteilles.
lamment son BEP et BAC PRO de Conduite et Gestion des Ex-                    Une faible quantité du vin a été mis à la distillation. Toutes les appel-
ploitations Agricoles. Il s’installe en 2009 sur l’exploitation familiale,   lations du secteur se sont maintenues, contrairement aux Côtes du
remplaçant sa mère qui part en retraite. Ses parents avaient diffé-          Rhône qui ont subi une perte d’environ 30 € par hectolitre.
rentes cultures : raisins de table, raisins de cuve et cerisiers mais
Simon, petit à petit, n’a conservé que de la vigne de cuve.                  La cave coopérative valorise trois cuvées de sélection terroir nom-
                                                                             mées ALTITUDE : 400, 450 et 500, réunissant deux cépages : le
                                                                             Grenache et le Syrah. Leurs noms viennent des parcelles se trou-
    Vendanges 2020 et situation par rapport au COVID                         vant jusqu’à 500 mètres d’altitude sur les pentes du Mont Ventoux,
Depuis quelques années, les agriculteurs du secteur sont confrontés          « notre Géant de Provence ». Simon a quant à lui des terres situées
aux aléas climatiques et subissent des pertes de récolte récurrentes.        à 450 et 500 mètres d’altitude.
Depuis 2016, les hivers sont tellement doux que le gel de mars
et/ou avril frappe tous les secteurs. Simon a notamment été très                                     Parcours syndical
impacté par le gel en 2017, année très difficile car il a perdu 45 %         Simon est très engagé dans sa vie professionnelle. Au sein de sa
de sa récolte. Les sécheresses sont de plus en plus longues et les           coopérative il est coopérateur depuis 2009 mais également admi-
températures de plus en plus élevées.                                        nistrateur depuis 2010.

Pour 2020, vu qu’en janvier et février les températures étaient              Simon, après son père et son grand-père, est adhérent du MODEF.
douces, le gel subi en mars a abîmé une partie des bourgeons.                Son grand-père était présent dès la création du syndicat dans le
Pour autant, malgré un volume en baisse par rapport aux autres               Vaucluse. Simon a été Président de la Fédération Départemental
années, la vendange était saine et de bonne qualité dans l’ensemble.         des Jeunes du MODEF de 2012 à 2018. Il est membre du Bureau
Le rendement moyen sur la cave est de 42 hectolitres à l’hectare.            départemental depuis ses débuts et Vice-Président du MODEF du
Concernant les ventes 2020, malgré le confinement, Simon n’a pas             Vaucluse depuis 2014. Il est aussi membre du Comité Directeur et
eu de perte significative. La cave ne travaille pas ou peu à l’export        ce depuis 2015.
mais surtout avec les grandes surfaces, ce qui fut cette année un
avantage important pour garder les volumes de ventes. La crise                                                                     Yasmine SEFRANI
Exploitant familial n° 714 / Janvier 2021
TROISIÈME CRISE AVIAIRE, TOUJOURS LES MÊMES ERREURS ! - MODEF
Négociations Commerciales / 7

NÉGOCIATIONS COMMERCIALES : ENCORE UNE TRAHISON
DU PRÉSIDENT MACRON
L’année 2020 s’est terminée par des prix agricoles en baisse. Ces baisses ont surtout touché la viande porcine et les œufs.
Malgré cela, la grande distribution met une pression terrible sur les PME de l’agroalimentaire, exigeant d’elles des baisses de
prix de 4% en moyenne pour être référencées en magasin pour 2021. La promesse faite par Emmanuel MACRON, à Rungis
le 11 octobre 2017, de fixer les prix agricoles prix en tenant compte des coûts de production n’est toujours pas tenue.

Depuis le mois de septembre 2020, le prix des œufs payés aux pro-
ducteurs a baissé en France 31,6 % alors que ceux des aliments
servis aux pondeuses sont en hausse de 16 %. Sur le marché au
cadran de Plérin, le prix du kilo de carcasse de porc stagne à 1,20 €,
contre 1,67 € un an plus tôt. Mais le prix de la tonne de tourteaux
de soja est passé de 322 € en juillet 2020 à 450 € le 5 janvier 2021.
Le prix du lait comme celui de la viande bovine n’augmente pas
alors que les coûts de production sont en hausse après deux étés
de sécheresse. Mais qu’est alors devenue la promesse du Président
MACRON ; lequel déclarait dans le discours prononcé à Rungis le
11 octobre 2017 pour préparer la loi EGALIM :
« Nous modifierons la loi pour inverser cette construction du
prix qui doit pouvoir partir des coûts de production ». Sitôt cette
phrase prononcée, il ajoutait : « Mais cette nouvelle approche ne
saurait suffire parce qu’elle ne sera efficace que si les agriculteurs
se regroupent en organisations de producteurs pour peser dans la
négociation en tirant profit des possibilités du droit de la concur-
rence ». Du coup, la Loi EGALIM votée un an plus tard par les par-
lementaires de la majorité présidentielle n’a pas permis d’améliorer
                                                                         dont celles révélées par le bulletin d’information de Culture Viande
le revenu des paysans. Car les distributeurs importent plus que de
                                                                         publié par l’Interprofession le 30 novembre 2020 confirmant, suite
besoin pour faire chuter les prix de marché en France.
                                                                         aux fermetures d’abattoirs outre Rhin pour cause de coronavirus
Quand les distributeurs étranglent aussi                                 que cette compétitivité de l’élevage allemand provenait de « l’em-
                                                                         ploi massif et continu dans les abattoirs allemands des sous-traitants
les transformateurs                                                      venus des pays de l’Est, employés dans des conditions de travail et
Dans la mesure où ils négocient les prix chaque année entre no-          d’hébergement innommables ».
vembre et février inclus avec les grandes surfaces, les transforma-
teurs de l’industrie agro-alimentaire sont également soumis à la         Ce qu’écrivait MACRON dans le rapport de la
pression des distributeurs. C’est ce que révélait un Communiqué          Commission ATTALI
de l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA) daté       Pour comprendre comment raisonne Emmanuel MACRON en
du 18 décembre 2020 dont voici un extrait :                              fonction des intérêts qu’il choisit de défendre, il faut remonter aux
« Plus de 2 ans après la promulgation de la Loi EGALIM et deux           années 2007-2008. Il fut chargé par Jacques Attali de rédiger un rap-
mois après le début officiel des négociations commerciales avec la       port afin d’élaborer la Loi de Modernisation économique (LME) que
grande distribution, les demandes de baisse des prix sont encore         Michel Edouard LECLERC avait demandée au Président SARKOZY
systématiques à coups de menaces et de déréférencements, de de-          dès son élection en 2007. Dans un rapport de 230 pages, destiné à
mandes d’avantages financiers sans contrepartie sur la base des ta-      piller les paysans en faisant baisser les prix au départ de la ferme,
rifs de l’année précédente alors que la santé financière des TPE-PME     Emmanuel MACRON osa écrire :
s’est profondément détériorée et que les coûts de transformation         « La « revente à perte » (mise entre guillemets, ndlr) n’est en gé-
se sont particulièrement redressés en 2020 pour les entreprises ali-     néral qu’un prix de connivence entre certains producteurs et cer-
mentaires (98 % de TPE-PME). Dans ce contexte, le secteur a perdu        taines grandes surfaces (…) Il convient d’instaurer la liberté des
7 points de marge depuis 2017 et l’investissement a lourdement           négociations entre distributeurs et fournisseurs (…) La liberté
chuté (-67 %) ».                                                         contractuelle permettra aux fournisseurs de vendre à des prix dif-
                                                                         férents à chaque distributeur ».
Les leçons d’un Président hors-sol à l’adresse
                                                                         Cette mission lui fit prendre la lumière et lui permit ensuite de
des éleveurs                                                             se faire embaucher par la banque Rothschild pour s’occuper des
La loi EGALIM a été votée durant l’automne 2018, un an après             fusions-acquisitions. Il y percevra jusqu’à 142 fois le SMIC mensuel
le discours de Rungis. Elle n’a donné que des résultats marginaux        entre son salaire et ses primes, au point de payer l’Impôt de Solida-
sur quelques produits de qualité. Depuis, le Président MACRON a          rité sur la Fortune (ISF) en 2012, impôt qu’il fera supprimer une fois
surtout fait la leçon aux paysans, quitte à montrer son incompé-         devenu Président de la République en 2017.
tence sur des dossiers qu’il ne maîtrise pas. L’Express du 26 no-        Voilà aussi pourquoi la loi EGALIM, votée en octobre 2018, n’a pas
vembre dernier rappelait les propos qu’il tenait devant ces éleveurs     conçue pour contrarier les exigences de Leclerc, de Carrefour et
de porcs sur le Salon de l’Agriculture en février 2019. À l’époque,      des autres. Même la nomination récente de Serge PAPIN, ancien
la viande porcine française perdait des débouchés face à la viande       patron de Système U comme « monsieur loyal » pour favoriser le
allemande et le chef de l’État disait à ses interlocuteurs d’un jour :   dialogue n’y changera pas grand-chose en dépit de sa probable sin-
« vous vendez plus cher alors que la qualité de vos bêtes n’est pas      cérité sur la nécessité de mieux rémunérer les paysans.
supérieure, vous n’allez pas vous en sortir, prenez-vous en main ».
Disant cela, il occultait les distorsions de concurrence en Europe,                                                              Gérard LE PUILL
                                                                                                          Exploitant familial n° 714 / Janvier 2021
TROISIÈME CRISE AVIAIRE, TOUJOURS LES MÊMES ERREURS ! - MODEF
8 / Syndicalisme

GRIPPE AVIAIRE : LE COUPABLE N’EST PAS L’ÉLEVAGE PLEIN
VOLAILLES

   Trois ans après la dernière crise sanitaire liée à la diffusion   sont retardés et les abattages préventifs génèrent des
   du virus H5N8, nous assistons à la même incapacité d’af-          déplacements d'animaux, donc les abattoirs sont réquisi-
   fronter les raisons structurelles de ce désastre.                 tionnés, ce qui accélère la diffusion du virus. Par ailleurs, la
                                                                     base de données avicoles n'est pas partagée. Ce manque de
   Depuis les années 2000, les volumes de production n'ont
                                                                     transparence et de capacité de gestion collective empêche
   cessé d’augmenter. Dès lors que le virus de l'influenza aviaire
                                                                     de proposer une stratégie sanitaire fine et consensuelle.
   circule, sa diffusion devient inévitable, comme le démontre
   la charge virale extrêmement élevée dans le sud-ouest.            Enfin, les indemnités ne doivent pas servir à relancer la fi-
                                                                     lière industrielle, comme c'était le cas lors de la crise pré-
   L’autre conséquence de cette course aux volumes a été             cédente, mais bien à sauver les élevages dans une perspec-
   la segmentation de la produc-                                                                 tive de changement structurel de
   tion, générant des flux incessants
   d’animaux vivants.Visiblement, les
                                              « Le plein-air devient                             l’organisation de la production
                                                                                                 de volailles. Les indemnisations
   promesses de rapprocher zones               le bouc émissaire »                               ne doivent pas faire payer à l’État
   d’élevage et zones de gavage                                                                  et aux contribuables les erreurs
   n’ont pas été tenues. Cette organisation booste la circula-       de la filière industrielle.
   tion et donc la diffusion du virus.
                                                                     Le MODEF, soutenu par la Confédération Paysanne, pro-
   Rien n’a été fait pour relocaliser la production, réduire la      pose en conséquence une autre stratégie :
   densité dans les territoires comme la Chalosse ni dévelop-
   per les productions de qualité. À l'inverse, la claustration      - Gérer en priorité les foyers en abattant sur site car
   est devenue le remède à tout. Cette solution ne fonctionne        les déplacements vers les abattoirs accroissent le risque
   pas. Au contraire, imposée comme pensée unique, elle est          de contamination.
   utilisée pour cibler les petits éleveurs et les menacer de ne     - Interdire les déplacements de tout palmipède vivant dans
   pas être indemnisés ; alors que ce sont les orientations des      une zone très large. Pour les Gallus, autoriser la sortie de
   grands acteurs économiques qui sont en cause.                     produits avicoles et d’animaux à abattre uniquement loca-
   Alors, que proposent l’ANSES et le Ministère ? Courir après       lement.
   le virus, en multipliant les abattages et en ciblant le plein-    - Dans certaines zones où la situation est intenable : dépeu-
   air ! Alors qu’il n’y a aucune preuve que les contaminations      pler les élevages de PAG en les valorisant en filière viande et
   à ce stade proviennent de la faune sauvage, au contraire,         étudier la possibilité d’abattre sur place les animaux jeunes.
   les foyers chez les oiseaux migrateurs tendent à baisser. Le      - Pour les élevages autarciques sains, dans les zones peu
   plein-air devient le bouc émissaire.                              denses, permettre la fin des lots, étant donné le non-dépla-
   Cette stratégie est vouée à l’échec : les abattages des foyers    cement des animaux. En zone dense, évaluer la possibilité
                                                                                                    en fonction de l’éloignement
                                                                                                    des foyers.
                                                                                                     - Indemniser les pertes en se
                                                                                                     basant sur la comptabilité de
                                                                                                     chaque élevage.
                                                                                                     Il est indispensable d’agir sur
                                                                                                     les causes structurelles : en
                                                                                                     relocalisant la production
                                                                                                     de volailles, afin de limiter
                                                                                                     les déplacements d’animaux
                                                                                                     vivants et en réduisant la
                                                                                                     densité par exemple en pla-
                                                                                                     fonnant le nombre de palmi-
                                                                                                     pèdes à 3200 par exploita-
                                                                                                     tion dans la filière industrielle
                                                                                                     en période à risque.
                                                                                                     Notre organisation syndicale
                                                                                                     ne restera pas les bras croi-
                                                                                                     sés devant autant de mépris
                                                                                                     du travail des éleveurs et
                                                                                                     d'injustice.

Exploitant familial n° 714 / Janvier 2021
TROISIÈME CRISE AVIAIRE, TOUJOURS LES MÊMES ERREURS ! - MODEF
Syndicalisme / 9

N-AIR, MAIS L’INDUSTRIALISATION DES FILIÈRES

  CHRONOLOGIE DE LA CRISE                                          RÉTROSPECTIVE DES ACTIONS
  AVIAIRE                                                          SYNDICALES
  Le 9 avril 2020 : La situation épidémiologique de l’IAHP
                                                                   En amont : Action autour de l’instruction tech-
  en Europe de l’Est continue d’évoluer en Hongrie notam-
                                                                   nique concernant la dérogation « plein air »
  ment, où 68 foyers, dont 2 primaires et 66 secondaires, ont
  été déclarés depuis le 25 mars 2020 dans une zone très           Le 13 novembre : Premier courrier-note à la DGAL au
  densément peuplée en élevages de volailles.                      sujet des conditions d’éligibilité à la dérogation (nombre
  Le 19 octobre 2020 : En Allemagne, un foyer d'IAFP dans          d’animaux et mesures de biosécurité renforcées) envoyé
  un élevage a été déclaré le 14/09/2020. En France : Appel à      par le MODEF et la Confédération paysanne.
  une grande vigilance.                                            Pendant l’épizootie IAHP 2020-2021
  Le 26 octobre : Passage du niveau de risque « avifaune »
  de « négligeable » à « modéré » en France.                       Le 21 décembre : Participation à une 1re visio conférence
                                                                   organisée par la préfecture des Landes à 17 h où apparaît
  Le 5 novembre : Passage du niveau de risque de “modé-
                                                                   l’idée d’abattage au-delà des foyers.
  ré” à “élevé” dans les départements situés dans les deux
  principaux couloirs migratoires traversant le territoire,        Le 22 décembre : Note à la DGAL + Préfecture pour
  dont le département des Landes.                                  demander des analyses en amont des abattages afin de ne
  Le 16 novembre : Confirmation du premier foyer d'in-             pas éliminer des animaux sains.
  fluenza aviaire hautement pathogène (IAHP) détecté en            Le 23 décembre : Participation à la réunion du CNOP-
  Haute-Corse. Il sera suivi d’un foyer dans les Yvelines (lié à   SAV pour émettre un avis sur le 1er arrêté d’abattage pré-
  celui de Haute-Corse).                                           ventif (11 communes landaises).
  Le 6 décembre : Suite à une suspicion forte d'influen-
  za aviaire dans un élevage à Bénesse-Maremne (morta-             Le 24 décembre : Participation à la 2nde réunion visio
  lité + résultat H5 positif au laboratoire local), une zone       Préfecture à 9 h 30.
  de contrôle temporaire (ZCT) est prise immédiatement             Le 24 décembre : Organisation d’une conférence de
  (15 communes du Sud-ouest du département).                       presse à Castelnau-Chalosse à 11 h qui lance l’appel à une
  Le 9 décembre : Nouveau foyer à St Geours de Ma-                 manifestation commune MODEF-Confédération paysanne
  remne (même secteur).                                            à Mont de Marsan autour du mot d’ordre « Stop à l’abat-
  Le 13 décembre : Nouveau foyer à Angresse (même sec-             tage d’animaux sains ».
  teur).
                                                                   Le 26 décembre : Manifestation commune MO-
  Le 19 décembre : Fortes suspicions qui seront confir-            DEF-Confédération paysanne à Mont de Marsan avec
  mées à Sort en Chalosse et Bergouey (Chalosse).                  150 participants.
  Le 23 décembre : Arrêté autorisant les abattages pré-
  ventifs dans 11 communes landaises.                              Deux délégations sont reçues : Une à la préfecture et
                                                                   l’autre avec les parlementaires de gauche + CD 40
  Le 24 décembre : 17 foyers en élevage recensés en
  France dont Corse et Haute Corse, Yvelines, Landes (7),          Le 28 décembre : Courrier MODEF-Confédération pay-
  Vendée et Deux-Sèvres. Forte suspicion en Hautes-Pyré-           sanne à la DGAL+ Anses et Communiqué de Presse pour
  nées (qui sera confirmée).                                       demander de « Ne pas rééditer les erreurs du passé ».
  Le 28 décembre : Arrêté autorisant les abattages pré-            Le 30 décembre : Participation aux deux réunions orga-
  ventifs dans une centaine de communes landaises et               nisées par les Préfectures des Landes et Pyrénées-Atlan-
  5 communes limitrophes des Pyrénées-Atlantiques.                 tiques.
  Le 29 décembre : 21 foyers en élevages.
                                                                   Le 31 décembre : Diffusion dans les réseaux MODEF
  Le 30 décembre : La Préfecture des Landes annonce
                                                                   et Confédération d’un courrier type destiné aux DDPP/
  12 foyers confirmés dans les Landes et 34 suspicions.
                                                                   DDCSPP pour rappeler nos positions et leur demander
  Le 31 décembre : Arrêté autorisant les abattages pré-            des rendez-vous.
  ventifs dans 118 communes landaises et 15 communes des
  Pyrénées-Atlantiques.                                            Le 31 décembre : Réunion téléphonique MODEF-Confé-
  1er janvier 2021 : 61 foyers confirmés dont 48 dans les          dération à 11 h avec le Cabinet du Ministre de l’Agricultu-
  Landes.                                                          re, la DGAL et l’ANSES + Communiqué de Presse natio-
                                                                   nal commun MODEF-Confédération paysanne à la sortie
  Le 4 janvier : Fortes suspicions au Nord de la zone lan-
                                                                   « Passer à une autre stratégie sanitaire ».
  daise (Saint-Yaguen), dans le Gers (Sainte-Christie d’Arma-
  gnac) et dans les Pyrénées-Atlantiques (à Baigts-de-Béarn        Le 5 janvier : Nouvelle conférence de presse commune
  et Navarrenx).                                                   MODEF-Confédération paysanne à Doazit.

                                                                                              Exploitant familial n° 714 / Janvier 2021
TROISIÈME CRISE AVIAIRE, TOUJOURS LES MÊMES ERREURS ! - MODEF
10 / Commissions

LETTRE OUVERTE AU GOUVERNEMENT
À la suite de la Commission Fruits et Légumes du 9 décembre, une lettre ouverte a été envoyée au Président de la République,
au Premier Ministre ainsi qu’au Ministre de l’Agriculture. Les membres de la Commission ont voulu, par cette lettre, alerter le
gouvernement sur la situation difficile que traverse l’ensemble des agriculteurs et dénoncer une nouvelle fois la concurrence
déloyale que subit la filière Fruits et Légumes.

                                                                                                            INVITATION À
                                                                                                            LA COMMISSION
                                                                Monsieur le Président de la République
                                                                          Monsieur le Premier Ministre      VITICOLE
                                              Monsieur le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
                                                                                                            Chèr(e)s Collègues,
                                                                       Angoulême, Le 16 décembre 2020
                                                                                                            Le MODEF vous invite à participer
Objet : La santé des français mérite une transparence sur les étals                                         à sa Commission Viticole par vi-
                                                                                                            sioconférence et téléphonique qui
Messieurs, le Prédisent de la République, le Premier Ministre et le Ministre de l’Agriculture et de         aura lieu le :
l’Alimentation,
La crise de la Covid que nous subissons, a eu de lourdes conséquences sur notre pays. L’Agriculture            Jeudi 4 février 2021
n’échappe pas à cela et de nombreuses filières ont été fortement perturbées, fragilisées ou mises à mal              à 9 h 30
par la crise que nous traversons.
                                                                                                            Ordre du jour :
Le Gouvernement a pris des mesures exceptionnelles pour préserver la santé de tous, comme dans tous
les pays touchés par la pandémie.
                                                                                                            - Introduction du Président de la
Le MODEF salut particulièrement le soutien, porté par le gouvernement, aux productions françaises
                                                                                                               Commission Viticole, Didier GA-
qui a permis de limiter la casse économique sur le secteur agricole. Pour autant les acteurs des filières      DEA,
n’ont pas toujours joué le jeu du « made in France ».                                                       - Travail sur le livret viticole / mo-
                                                                                                               dification et amélioration pour
La forte diminution des transports de marchandises, forcée par le confinement, a impactée                      diffusion,
positivement une majorité de la filière fruits et légumes en mettant un frein à la concurrence déloyale
que subissent habituellement les producteurs. Pendant cette période les grandes surfaces ont eu du mal      - Situation Covid,
à s’approvisionner d’Espagne ou du Maroc, les prix ont été rémunérateurs pour les producteurs. Mais,        - Boycotte Américain,
dès la réouverture des importations, les prix ont chuté à leur niveau d’avant.
                                                                                                            - Point sur le Glyphosate,
Vous savez, tout autant que nous, que les produits importés de ces pays ne respectent pas les conditions    - Hautes Valeurs Environnemen-
sanitaires et/ou sociales de la France.                                                                        tales,
Le MODEF demande, une nouvelle fois, l’interdiction d’importer des produits alimentaires                    - Questions diverses.
traités avec des molécules supprimées en France. En attendant cela, il semble urgent que soit mis
en place une transparence à l’étal.                                                                         Pour avoir le numéro et les co-
Nous ne comprenons pas que de tels produits puissent rentrer sur notre territoire, être présentés et        des pour rejoindre la réunion
vendus comme équivalent à notre production sans que le consommateur puisse faire la différence.             téléphonique, il est impératif de
                                                                                                            prendre contact avant mardi 2 fé-
Pour la santé et la sécurité alimentaire des français cette mesure semble incontournable et                 vrier avec Yasmine SEFRANI au
urgente à mettre en œuvre.                                                                                  07 86 68 27 42.

                                                                                                                             Didier GADEA
Comptant sur une prise en compte rapide de notre demande.                                                                          Président
Je vous prie de croire, Messieurs, le Président de la République, le Premier Ministre et le Ministre de             de la Commission Viticole
l’Agriculture et de l’Alimentation, à l'expression de mes respectueuses salutations.                                          06 30 09 77 19

                                                        Raymond GIRARDI
                                                        Vice-Président du MODEF National

               14 Boulevard d’Aquitaine – BP 316 – 16008 Angoulême cedex – Tél. 05 45 91 00 49
                      www.modef.fr - modef-national@modef.fr - Siret 403 490 634 00025
                           Membre de la Coordination Européenne Via Campesina

Exploitant familial n° 714 / Janvier 2021
Commission Viticole / 11

POUR UN ASSOUPLISSEMENT DES SANCTIONS MSA
En décembre 2020, à la suite de la Commission Sociale, Pierre THOMAS, Président du MODEF, a contacté le Président de
la Caisse Centrale MSA pour dénoncer la violence que peuvent subir les agriculteurs par le déroulement « normale » des
procédures administratives.
En voici un extrait ainsi que la réponse du Président de la CCMSA.

   Malheureusement, avec toutes
   les contraintes administratives
   qui leur sont imposées, il ar-
   rive que certains agriculteurs
   oublient de réaliser leur décla-
   ration de revenus profession-
   nels (DRP), […] il nous semble
   incompréhensible, avec la pé-
   riode difficile à laquelle nous
   devons faire face, de nous re-
   trouver confrontés à des envois
   de courriers recommandés de
   la MSA. Ces courriers, qui sont
   sans avertissement préalable,
   concernent les relevés de si-
   tuation, à laquelle une taxation
   doublée du montant, certes
   temporaire, s’applique.

   Vous comprendrez, Monsieur le
   Président, notre inquiétude vis-
   à-vis de ses agriculteurs « au
   bout du rouleau », se retrou-
   vant avec un courrier recom-
   mandé leur indiquant le dou-
   blement du montant de leur
   cotisation MSA.
   […]

   Nous préférerions, dans le
   contexte actuel la mise en place
   d’un courrier de rappel type,
   sur lequel il serait indiqué clai-
   rement qu’en cas de non-dé-
   claration à jour sous 8 jours,
   une majoration de 10 % serait
   appliquée. Cette méthode est
   aujourd’hui utilisée, par le ser-
   vice des impôts, qui est, vous
   en conviendrait, le moins social
   des services publics.

              Pierre THOMAS
         Président du MODEF
                      National,

                                                                                       Exploitant familial n° 714 / Janvier 2021
12 / Néonicotinoïdes

LES NÉONICOTINOÏDES DANGEREUX POUR LES ABEILLES
Le Conseil Constitutionnel a validé le 10 décembre 2020, la loi permettant la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes,
un insecticide dangereux pour la biodiversité et en particulier les abeilles. Le Parlement avait adopté ce texte proposé par le
Gouvernement pour sauver la filière betterave-sucre mi-novembre.

Les betteraviers français ont été confrontés en 2020 à une crise          En l’absence de données de surveillance dans les zones de cultures
inédite liée à la prolifération de pucerons, à la suite d’un hiver par-   de betteraves sucrières, l’ANSES ne peut pas s’appuyer sur ces don-
ticulièrement doux et un printemps chaud et lumineux, qui a en-           nées afin de réaliser une étude sur les évaluations de risques et
traîné la propagation des virus de la jaunisse dans l’ensemble des        d’affiner l’exposition ou la toxicité sur les abeilles. Cependant, elle a
régions productrices. Ces virus impactent la biologie de la betterave     fourni des mesures d’atténuations permettant de réduire l’exposi-
(photosynthèse) et empêchent son développement. Le MODEF se               tion des abeilles notamment en implantant uniquement des cultures
positionne contre la dérogation autorisant les néonicotinoïdes en         non attractives pour les pollinisateurs après la betterave. Pour défi-
enrobage de semences pour les betteraves et réclame des prix ga-          nir ces cultures, l’ANSES s’appuie sur un indicateur de risque déve-
rantis par l’État aux producteurs de betteraves et l’activation du        loppé par l’ITSA. Le colza, la moutarde et la phacélie ne devront être
Fonds National de Gestion des Risques Agricoles (FNGRA) par le            cultivés que trois ans après la betterave, l’avoine et le blé pourront
biais du régime des calamités agricoles afin d’indemniser les pro-        être cultivés dès l’année suivante, et le maïs deux ans après. La ro-
ducteurs qui sont confrontés à des pertes de récoltes en raison de        tation des cultures pourrait signifier que l’insecticide reste dans le
la jaunisse. Il existe plusieurs solutions, notamment le travail du sol   sol plusieurs années.
permettant de détruire les larves de tipules et de taupins, mais il est
recommandé de réaliser deux faux semis avant l’implantation. Puis         Les apiculteurs estiment que ces produits étaient en grande partie
les rotations de culture, mais il faut éviter d’implanter du maïs der-    responsable de pertes importantes dans les ruches. C’est compléte-
rière la culture de betteraves. Enfin des agents de lutte biologique      ment irresponsable de ré-autoriser les néonicotinoïdes alors qu’ils
peuvent être introduits sur les zones infectées comme les larves de       ont été interdits il y a 3 ans par l’Union Européenne pour des rai-
coccinelle.                                                               sons de dangerosité pour les pollinisateurs, c’est une catastrophe !
                                                                          Nous réitérons que des solutions existent pour aider les bettera-
L’ANSES a publié un rapport le 23 décembre 2020 sur les mesures
                                                                          viers face à la jaunisse notamment en fixant un prix minimum, rému-
d’atténuation des risques devant figurer dans toute dérogation à
                                                                          nérateur garanti par l’État et le retour des quotas sucriers. Le sucre
l’interdiction d’utiliser des produits à base de néonicotinoïdes. L’Au-
                                                                          et la betterave sous quota bénéficiaient de prix minimum élevés.
torité européenne a constaté que pour la plupart des cultures, les
abeilles couraient des risques aigus élevés en raison de l’utilisation
de produits phytopharmaceutiques contenant la substance active
imidaclopride.                                                                                                                 Sophie BEZEAU
Exploitant familial n° 714 / Janvier 2021
Editions régionales
                                                                                                            Fruits et légumes / 13
                                                                                                                                13

Nouvelle Aquitaine

RENCONTRE AVEC LA SAFER RÉGIONALE
Une délégation du MODEF Nouvelle-Aqui-             par le désengagement de l’État dans les fi-        kage du foncier, sans spéculation étant don-
taine a rencontré la SAFER régionale à son         nances de la SAFER ; elle a donc dû trouver        né que la région paie les frais d’acquisition.
siège, Bruges, près de Bordeaux, le jeudi 10       de nouvelles solutions de financement, dont        La Région Nouvelle-Aquitaine aide aussi au
décembre 2020. Les représentants du MO-            la plupart sont similaires aux agences immo-       portage en prenant en charge une part des
DEF qui ont participé à cette rencontre            bilières. La SAFER ne répond pas - encore          frais.
furent Raymond GIRARDI, Président du               - à une logique actionnariale, ce qui évite
MODEF Nouvelle-Aquitaine, Francky CHA-             sûrement le pire. En effet, ce sont 3 collèges     La SAFER est consciente que beaucoup
TIGNOUX, Vice-Président du MODEF                   séparés : Collège agricole, Collège des col-       d’agriculteurs n’ont pas connaissance de
Creuse et élu au Comité Technique de la            lectivités, Collège d’autres acteurs (dont         tous les outils mis en place, elle souhaiterait
Creuse et François CHAPUZET, viticulteur           l’État), qui assurent la gouvernance de la         davantage communiquer dessus pour les en
en Charentes et élu au Comité Technique            structure, les syndicats étant présents dans       informer. Les représentants de la SAFER ont
des Charentes.                                     le collège agricole.                               proposé de travailler de pair avec le MO-
                                                                                                      DEF, et ont annoncé être disponible pour
Le Président de la SAFER, Patrice COUTIN           Concernant le prix du foncier, la SAFER a          organiser des rencontres avec des agricul-
ainsi que le Directeur, Philippe TUZELET,          pour mission d’éviter une envolée des prix         teurs pour cela.
et le Directeur-adjoint, Hervé OLIVIER,            en limitant la spéculation. Pour autant la
ont reçu le MODEF, au même titre que les           SAFER, par l’engagement financier qu’elle          La SAFER a mis en place un site internet,
autres syndicats agricoles, pour recueillir les    a dans le foncier agricole n’a pas intérêt à       vigifoncier, il donne accès aux infos du dé-
analyses, les remarques et les propositions        permettre une baisse des prix. Une baisse          partement, à condition que le syndicat soit
du MODEF vis-à-vis de la politique foncière        des prix du foncier aurait un impact désas-        représentatif. Le site répertorie les ventes
de la région. Parmi les sujets abordés, le prix    treux sur les finances des SAFER qui sont          et les demandes, les données sont rentrées
du foncier, l’artificialisation des terres à vo-   engagées dans des missions de stockage ou          par la SAFER et son réseau de rapporteurs.
cation agricole, l’installation des jeunes et la   portage de biens. Donc la mission première         L’agriculteur lambda n’y a pas accès, il faut
transmission des exploitations ainsi que les       des SAFER est à contre sens du « bon »             qu’un représentant du syndicat y soit au-
outils mis en place par la SAFER et la Région      sens économique qui voudrait, lui, favoriser       torisé, par exemple le Président départe-
ont constitué le cœur des échanges.                une hausse des prix pour permettre aux             mental ou le délégué au Comité Technique.
                                                   SAFER de boucler leur budget plus facile-          L’accès au site se fait après signature d’une
Le MODEF est conscient que la SAFER est            ment.                                              décharge de confidentialité.
unique au monde, et qu’une telle entité est
un outil qu’il faut préserver. En effet, les       Pour ce qui concerne l’installation des            Pour le MODEF Nouvelle-Aquitaine, ses
dispositifs mis en place par la SAFER per-         jeunes, la SAFER a tenue à préciser que            élus doivent pouvoir accéder à vigifoncier, il
mettent de réguler la pensée libérale, no-         l’obligation de justifier leurs choix et l’exis-   est important que chaque département de
tamment en matière de spéculation et d’in-         tence des CDOA sont des mécanismes                 la région puisse être défendu par le MODEF.
flation sur le foncier. Cependant, la mise en      qui protègent les jeunes qui font appel à la       Aussi, la SAFER se propose d’organiser des
œuvre sur le terrain est parfois contestable,      SAFER en ne permettant pas de décisions            rencontres avec ces délégués pour qu’ils
et l’absence du MODEF à certains Comités           arbitraires.                                       soient formés à l’outil et soient plus fami-
Techniques y est regrettable. Enfin la « ges-      La SAFER Nouvelle-Aquitaine rappelle aus-          liers au fonctionnement et aux outils de la
tion commerciale » dans laquelle s’implique        si qu’elle n’est pas seulement acteur dans         SAFER.
la SAFER, semble parfois prendre le dessus         l’achat-vente de foncier et que celui-ci peut      La SAFER nous informe que nous avons la
sur son rôle premier de régulateur du fon-         prendre des formes détournées : rétroces-          possibilité de faire une demande officielle
cier, l’écartant de sa vocation de défense des     sion, substitution, mise à disposition… la         pour être présent à titre consultatif dans
intérêts des paysans.                              SAFER peut aussi intervenir comme inter-           les Comités Techniques lorsque le syndicat
                                                   médiaire locative.                                 n’est pas représentatif.
Cette « gestion commerciale » s’explique           Avec la Région elle intervient dans le stoc-                                    Alexis VANYPRE

                                                                                                              Exploitant familial n° 714 / Janvier 2021
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