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MISE AU POINT
Tumeurs cérébrales
Brain tumors
O. Chinot*
L
e traitement des sujets âgés et la place des Par ailleurs, S.A. Grossman et al. (abstr. 2013) ont
traitements antiangiogéniques ont constitué analysé, de façon prospective et multicentrique,
les deux thèmes forts de cet ASCO 2010 en l’immunosuppression associée à ce schéma à partir
neuro-oncologie. Cependant, aucune étude ne d’une cohorte de 96 patients. Une diminution des
devrait changer les standards actuels. La place lymphocytes CD4 inférieure à 300 et 200 par mm3
de l’imagerie, conventionnelle ou multimodale, était notée chez respectivement 73 et 40 % des
devient majeure dans l’analyse des thérapeutiques, patients, avec un nadir observé à 2 mois de l’instau
en particulier pour les traitements antiangio- ration du traitement et une restauration très partielle
géniques. observée à 12 mois. Cette baisse était corrélée au
nombre de lymphocytes mais pas au nombre de
polynucléaires ou de leucocytes. Le nadir de CD4
Glioblastome présentait surtout une valeur pronostique forte,
en première ligne : avec une médiane de survie de 13,1 mois et de
19,7 mois pour un chiffre à 2 mois inférieur à 200
actualités de la combinaison par mm3 versus supérieur ou égal à 200 par mm3
radiothérapie-témozolomide respectivement.
Aucune nouvelle donnée ne modifie ce standard (1), À partir d’une analyse rétrospective portant sur
et il faudra attendre la réunion de la Society for 359 patients porteurs d’un gliome et traités par
Neuro-Oncology (SNO) en novembre prochain ou chimiothérapie (CT), le risque leucémogène a été
celle de l’ASCO en 2011 pour connaître les résultats rapporté avec une incidence de 1,41 % (1 patient
de l’étude de phase III analysant le bénéfice d’un sur 71) sous TMZ, de 1,33 % (2 patients sur 63)
schéma semi-continu intensifié du témozolomide sous ACNU et de 3,17 % (3 patients sur 225) pour
(TMZ) comparé à un schéma standard de 5 jours ceux ayant reçu ACNU et TMZ (Momota H et al.,
administré au décours de la séquence concomi- abstr. 2046).
tante radiothérapie (RT)-TMZ. Alors que la séquence
adjuvante de ce schéma se limite en principe à
6 cycles, elle est fréquemment prolongée en clinique, Glioblastome des sujets âgés :
sans rationnel solide. radiothérapie
J. Baurain et al. (abstr. 2044) ont présenté l’analyse ou témozolomide ?
intermédiaire d’une étude de phase II randomisée
testant le bénéfice d’une prolongation de l’admi- Pour les patients âgés porteurs d’un glioblastome
nistration de TMZ jusqu’à la progression : l’analyse (GBM), la prise en charge doit prendre en compte
intermédiaire portant sur les 29 premiers patients l’espérance de vie particulièrement faible (médiane de
(pour un total prévu de 62 inclusions) rapporte un survie de l’ordre de 4 à 8 mois), l’impact fonctionnel
* Service de neuro-oncologie, CHU de taux de survie sans progression (SSP) à 6 mois de de la maladie (la moitié des malades présente un
la Timone, Marseille ; UMR 911-CRO2, 70 % dans le bras expérimental versus 57 % dans le indice de Karnofsky [KPS] inférieur ou égal à 60 lors
faculté de médecine Timone, univer-
sité de la Méditerranée, Marseille. bras standard. Les résultats définitifs sont attendus du diagnostic) et les contraintes des thérapeutiques,
pour 2011. afin de préserver au mieux la qualité de vie.
428 | La Lettre du Cancérologue • Vol. XIX - n° 7 - septembre 2010Points forts Mots-clés
»» Le standard de traitement des patients âgés en bon état fonctionnel atteints d’un glioblastome (GBM) Glioblastome
repose toujours sur la radiothérapie exclusive. Sujet âgé
»» L’activité du bévacizumab pour les GBM en récidive est confirmée, mais dans des études non compara- Antiangiogéniques
tives. Son activité et sa tolérance, testées en première ligne en association avec un traitement standard, Bévacizumab
justifient les essais de phase III actuellement en cours dans ce cadre.
»» La suspicion d’une modification péjorative du profil de progression sous bévacizumab n’est pas confirmée,
IRM multimodale
mais son étude doit être poursuivie. Keywords
»» La place de l’imagerie conventionnelle ou multimodale devient essentielle dans l’évaluation thérapeutique. Glioblastoma
Elderly patients
Antiangiogenics
Bevacizumab
L’hétérogénéité de cette population est rapportée National Cancer Institute of Canada (NCIC), teste le Highlights
par une large étude issue du Mémorial, qui identifie, bénéfice de l’adjonction du TMZ à une RT hypofrac- ASCO 2010 meeting did not
à partir d’une population de 446 patients âgés de tionnée. provided significant change on
70 ans ou plus, un KPS inférieur ou égal à 60, un brain tumors standard treat-
ments. Definition of elderly
Mini Mental Status (MMS) altéré, une multifocalité
patients population vary among
et un envahissement du corps calleux comme L’effet bévacizumab studies with a lower limit of age
facteurs pronostiques indépendants (Scott JG of 60 to 70 years; two phase III
et al., abstr. 2034). Dans ce contexte, pour les Le rationnel pour développer une stratégie antiangio- studies failed to modify the
patients âgés de 70 ans ou plus présentant un génique dans les GBM, décrit dans les années 1990, standard of care based on exclu-
sive radiotherapy for patients
état fonctionnel conservé, un essai conduit par est particulièrement solide et justifie l’intérêt
harbouring a GBM with limited
l’Association des neuro-oncologues d’expression croissant pour cette classe de molécules (3). Le impact on their performance
française (ANOCEF) avait prouvé le bénéfice de la bévacizumab a fait l’objet d’une très large majorité score. The use of antiangiogenic
RT en termes de survie, et ce sans impact négatif des études présentées, en raison de son activité déjà therapies in GBM is based on
sur l’état fonctionnel ni sur la qualité de vie, par bien documentée et de son autorisation par la FDA, a strong preclinical rational.
Although no phase III is avail-
rapport à des soins palliatifs (2). mais en dépit du refus d’autorisation par l’EMEA,
able yet, particularly for recur-
motivé par l’absence de phase III à la récidive. rent tumors, update of larges
Le groupe allemand a présenté les résultats de l’essai phases II trials and new data
NOA 08 testant la non-infériorité du TMZ administré were presented and confirmed
selon un schéma semi-continu par rapport à la RT Bévacizumab en deuxième ligne activity of bevacizumab both
at recurrence but also as part
dans un essai de phase III ayant inclus 412 patients
of first line standard treatment
(373 randomisés) âgés de 65 ans ou plus et porteurs Une actualisation des résultats de l’étude BRAIN, sur with radiotherapy (RT) and
d’un astrocytome anaplasique ou d’un glioblastome. laquelle reposait l’enregistrement du bévacizumab temozolomide (TMZ). The results
Les patients traités par TMZ (MS = 8,1 mois) présen- en monothérapie dans les GBM en récidive auprès presented justifies the large
taient un risque de décès majoré (HR : 1,24) et un de la FDA, a été présentée. Cette étude de phase II ongoing phases III, including a
registration trial, that analyse the
taux plus élevé d’effets secondaires comparati- randomisée non comparative testait le bévacizumab
benefit of adding bevacizumab
vement aux patients traités par RT (MS = 9,7 mois) (n = 85) en monothérapie ou combiné à l’irinotécan to RT and TMZ. Based on the
[Wick W et al., abstr. LBA2001). (n = 82), rapporté à un contrôle historique externe. results of 3 retrospective studies
Les médianes de survie étaient de 9,3 mois (IC95 : using different approaches, the
Un autre essai européen de phase III à trois bras 8,2-11,8) et de 8,9 mois (IC95 : 7,9-11,9) respecti- infiltrating pattern of progres-
sion with negative impact on
a comparé une RT conventionnelle de 60 Gy en vement, conformément aux données déjà connues ;
survival, which was previously
30 fractions à une RT de 34 Gy en 10 fractions et à les taux de survie à 12, 18 et 24 mois étaient de 38, attributed to bevacizumab,
une CT par TMZ (schéma standard de 5 jours) chez 24, et 16 % dans le bras bévacizumab, et de 38, 18, et failed to be clearly identified.
des patients âgés de 60 ans ou plus, porteurs d’un 17 % pour l’association (4). Les données de toxicité Other compounds that target
GBM. Sur une population de 342 patients inclus étaient également en accord avec les données different biologic pathways
known to be important in GBM,
(290 randomisés), les médianes de survie étaient décrites dans les autres indications et publiées
were presented in the context
respectivement de 6 mois, 7,5 mois et 8 mois dans dans les GBM, incluant (tous grades confondus) 3 % of phases I and II studies, with
les bras RT 60, RT 34 et CT, sans différences signifi- d’hémorragies cérébrales, 3 et 4 % d’événements some activity observed for
catives (Malmstrom A et al., abstr. LBA2002). thrombo-emboliques veineux et artériels respecti- CT-322, XL-184, cillengitine
vement, et 5 % de troubles de cicatrisation, dans le and CDX-110 vaccine that
target VEGFR2, VEGFR2 and
La limite d’âge choisie constitue l’un des éléments bras bévacizumab.
MET, αvβ3/5 integrins or EGFRvIII
discutables de ces études, sans rationnel solide, respectively. Giving the impact
susceptible d’influencer les résultats observés, Les résultats de l’étude initiale de Duke University of antiangiogenic agents on
alors que la combinaison RT-TMZ est applicable aux (Durham) ont également été actualisés (5). Dans contrast tumor enhancement ,
patients jusqu’à 70 ans. Les schémas de RT (dans cette étude de phase II portant sur 35 patients traités the use of new RANO response
criteria’s, and development of
l’essai nordique) ou de TMZ (dans l’essai allemand) par bévacizumab-irinotécan, un taux de réponse
multimodal imaging appear to
peuvent également être discutés. L’étude inter- de 57 % et une survie médiane de 9,7 mois étaient be determinant in the assess-
nationale actuellement en cours, conduite par le rapportés (Desjardins A et al., abstr. 2045). ment of targeted agents in GBM.
La Lettre du Cancérologue • Vol. XIX - n° 7 - septembre 2010 | 429MISE AU POINT
Tumeurs cérébrales
D’autres combinaisons ont été testées en cas de survie n’est pas encore atteinte. La toxicité de ce
récidive de GBM : l’association bévacizumab-erlotinib schéma apparaît importante, avec 1 hémorragie
a été testée dans une étude de phase II portant sur cérébrale, 9 accidents thrombo-emboliques,
57 patients et montre un taux de SSP à 6 mois de 17 toxicités hématologiques de grade 4, 1 perfo-
29 % pour les GBM (n = 24) et de 44 % (n = 32) pour ration digestive et 1 leucémie secondaire. De plus,
les gliomes anaplasiques. La survie médiane était de le bénéfice de l’adjonction d’irinotécan ne pourra
10,3 mois pour les GBM, pour lesquels un taux de encore pas être analysé dans cette étude. En cas
réponse de 50 % est observé. de pronostic fonctionnel altéré, la réalisation du
schéma RT-TMZ est souvent difficile.
Le bévacizumab a été combiné au sorafénib,
inhibiteur tyrosine kinase du récepteur 2 du VEGF, Dans une analyse rétrospective portant sur
afin d’amplifier l’activité antiangiogénique du bévaci- 12 patients présentant un IK inférieur à 60, l’équipe
zumab (Galanis E et al., abstr. 2018) : dans cette étude de Cloughesy a testé le bénéfice du bévacizumab
de phase II conduite par le North Central Cancer administré avant (n = 8) ou pendant (n = 4) la RT
Treatment Group (NCCTG), 39 patients ont reçu concomitante : 5 réponses partielles et 5 stabili-
l’association bévacizumab 5 mg/kg toutes les sations ont été observées, avec une SSP médiane
2 semaines et sorafénib 200 mg × 2/j, J1-J5 toutes de 5,2 mois et une survie globale (SG) de 8 mois
les semaines. Le taux de réponse était de 37 % (Green RM et al., abstr. 2059).
(7 patients sur 19). Cependant, la toxicité, analysée
sur les 19 premiers patients, a été substantielle, avec L’étude prospective française de phase II randomisée
36,8 % de toxicités de grade 3-4, incluant fatigue, TemAvir, actuellement en cours, teste cette question
thrombose, hypophosphatémie et faiblesse muscu- de façon plus formelle, avec des résultats attendus
laire, conduisant à une interruption prématurée du dans deux ans.
traitement dans 37 % des cas et à un refus de parti-
cipation pour 10,5 % des patients. Une diminution
de la dose de sorafénib à 200 mg/j a été appliquée Bévacizumab et profil de progression
aux patients suivants, ce qui a permis de ramener à
15,4 % le taux de toxicité de grade 3-4. À la suite de travaux contradictoires déjà publiés,
suggérant pour certains une facilitation de l’invasion
tumorale sous bévacizumab avec développement
Bévacizumab en première ligne d’une progression diffuse similaire à ce qui est
observé dans les gliomatoses, 3 études ont porté
Considérant les données précliniques en faveur sur le profil de réponse et/ou de progression sous
d’une radiosensibilisation des cellules endothéliales bévacizumab.
par le bévacizumab, ainsi que la bonne tolérance
d’une réirradiation hypofractionnée associée à Une première étude a analysé, pour 80 patients,
cette molécule, A.M. Omuro et al. ont testé, pour le profil radiologique dès le diagnostic initial et à
les patients présentant un GBM de petit volume chaque progression successive, jusqu’à la quatrième
(< 60 cc), une RT hypofractionnée en 6 fractions ligne thérapeutique. Les 4 classes proposées par
étalées sur 2 semaines, associée au TMZ (J1-J15) et W.B. Pope et al. (6) ont été utilisées :
au bévacizumab 10 mg/kg tous les 15 jours, suivie ➤➤ Lors du diagnostic initial, les GBM étaient locaux
d’une séquence adjuvante TMZ-bévacizumab. Les (87,5 %), distants (6,3 %), multifocaux (3,8 %) et
résultats, encore très préliminaires et portant sur diffus (2,5 %).
13 patients, rapportent 2 réponses complètes (RC), ➤➤ Lors de la progression sous RT-TMZ, les GBM
8 réponses partielles et 3 maladies stables. étaient locaux (80,0 %), distants (7,5 %), multifocaux
(6,25 %) et diffus (6,3 %).
J.J. Vredenburgh et al. (abstr. 2023) ont testé ➤➤ Lors de la deuxième progression, après admi-
l’addition de bévacizumab au schéma standard nistration de bévacizumab, le profil était peu
RT-TMZ, avec introduction de l’irinotécan en modifié, avec 71,25 % de formes locales, 8,75 % de
complément de l’association TMZ-bévacizumab formes distantes, 8,75 % de formes multifocales et
au décours de la séquence concomitante. Dans 11,25 % de formes diffuses. Les modifications du
cette phase II portant sur 125 patients, la médiane profil apparaissaient encore limitées à la troisième
de SSP était de 14 mois, alors que la médiane de progression (Chamberlain MC et al., abstr. 2021).
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Ce profil de progression sous bévacizumab a aussi été Ce taux d’hémorragie grave apparaissait supérieur
étudié sur une série de 40 patients traités pour un à celui observé dans la population non traitée par
GBM récidivant et comparé à celui d’une population anticoagulant, où la fréquence de cet événement
appareillée de 40 patients traités par cytostatique. était observée chez 2 patients sur 218 (0,9 % ;
Le taux de progression à distance (analysé en T1 avec p = 0,025) [Bartolomeo J et al., abstr. 2043].
injection de gadolinium et FLAIR) était de 22 % sous
bévacizumab et de 18 % dans la population contrôle
(Platten M et al., abstr. 2064). Autres traitements ciblés
L’évolution de ce profil a également été analysée, de D’autres agents antiangiogéniques ont été testés.
façon différente, sous bévacizumab administré en Le CT-322, protéine se fixant sur le domaine extra-
première ligne, combiné à la RT et au TMZ (Gruber ML cellulaire du VEGFR2, a été expérimenté, à 2 niveaux
et al., abstr. 2020). La recherche d’une progression de dose (1 et 2 mg/kg), associé ou non à l’irinotécan,
invasive diffuse (définie par un envahissement de en phase II chez 42 patients présentant un GBM
plusieurs lobes avec ou non franchissement de la en récidive (57 % en première ligne de récidive).
ligne médiane) a été conduite : 25 patients sur 60 La tolérance semblait acceptable, avec toutefois
ont progressé de façon invasive diffuse. Cependant, 57 % de cas de fatigue, 36 % de diarrhées et 34 %
ce mode de progression ne semblait pas associé à de nausées ainsi qu’un cas d’hémorragie cérébrale.
un pronostic plus péjoratif. Au premier niveau de dose, les SSP à 6 mois étaient
de 21,4 % avec CT-322 en monothérapie et de 57,1 %
Enfin, une étude du MD Anderson Cancer Center en combinaison avec l’irinotécan. La différence entre
(Houston) a étudié l’évolution du profil de réponse ces deux groupes, impliquant des petits nombres de
des GBM multifocaux ou multicentriques pour patients, apparaît surprenante au regard des données
31 patients issus d’une série de 179 patients traités connues pour l’irinotécan en monothérapie (Schiff D
par bévacizumab pour un GBM en récidive. Cette et al., abstr. 2011).
étude souligne principalement que les formes L’enzastaurine, inhibiteur de la voie PI3/AKT, a fait
multicentriques et multifocales présentent, sous l’objet d’une étude de phase III versus CCNU dans
bévacizumab, une évolution plus péjorative que les les GBM en récidive, dont les résultats, négatifs, ont
formes unifocales, et que, dans ces formes, il n’est été récemment publiés (8).
pas retrouvé de corrélation entre la réponse et la Une étude de phase II, conduite à la University of
SSP ou la SG, contrairement à ce qui avait été décrit California-San Francisco (UCSF), a testé l’enzas-
pour les formes (principalement unifocales) incluses taurine associée au schéma standard RT-TMZ chez
dans l’étude BRAIN (Ong SS et al., abstr. 2019). Ces 66 patients présentant un GBM nouvellement
données déjà informatives mais utilisant des critères diagnostiqué. La SSP médiane était de 8,4 mois, celle
non standardisés ne permettent cependant pas de à 6 mois était de 65 % et la SG était de 17,6 mois.
conclure formellement quant à l’absence d’impact Le signal d’activité est cependant confus quand on
négatif du bévacizumab sur la progression tumorale, rapporte ces données aux données historiques de
justifiant donc la poursuite de cette analyse, en parti- l’institution (Butowski NA et al., abstr. 2050).
culier dans le cadre d’études contrôlées prospectives. Le cédiranib a fait l’objet d’une présentation dont
l’objectif était de comparer, dans l’étude de phase II
Une analyse du risque hémorragique associé à une en récidive déjà publiée (9), les critères McDonald et
prescription concomitante de bévacizumab et d’anti- les critères RANO, récemment proposés en particulier
coagulant, qui avait fait l’objet d’une première publi- pour l’évaluation des traitements antiangiogéniques
cation suggérant son innocuité (7), a été réévaluée (TAA). L’application des critères RANO aurait conduit
à partir d’une cohorte de 282 patients traités par à modifier très sensiblement les résultats de l’étude et
bévacizumab, incluant 64 patients ayant reçu un à interrompre le traitement de façon prématurée chez
anticoagulant (warfarine : 20,3 % ; énoxaparine : 11 patients contrôlés (Gerstner ER et al., abstr. 2063).
78,1 %). Un syndrome hémorragique a été observé Les résultats de l’étude de phase III conduite dans
chez 13 patients (20,3 %), incluant 7 hémorragies les GBM en récidive versus CCNU sont en attente.
intracrâniennes (10,9 %). Une hémorragie grave de
grade 3 ou plus a été observée dans 4 cas (6,3 %) : XL184, inhibiteur multicible de MET, VEGFR2 et RET,
hémorragie intracrânienne dans 2 cas, gastro- a été testé en phase II dans les GBM en récidive,
intestinale dans 1 cas, et épistaxis dans 1 cas. prétraités ou non par bévacizumab. Une analyse inter-
La Lettre du Cancérologue • Vol. XIX - n° 7 - septembre 2010 | 431MISE AU POINT
Tumeurs cérébrales
médiaire porte sur 124 patients. À la dose de 175 mg/j, lation n’a été observée pour les autres marqueurs,
la SSP était de 21 %, suggérant une activité intéres- mais l’expression en IHC tendait à diminuer entre
sante. Le taux de réponse objective était de 21 % pour le diagnostic initial et la récidive. Ces résultats,
les patients non prétraités par TAA, et de 8 % pour surprenants au regard de l’évolution de la réponse
les patients prétraités, avec des durées de réponse aux alkylants entre la première et la deuxième ligne,
encourageantes. Les résultats sont similaires à la peuvent conduire à considérer que la méthylation
dose de 125 mg/j. Une modulation des biomarqueurs de MGMT n’est pas directement impliquée dans la
cibles circulants est mise en évidence (10). L’analyse chimiorésistance, ou alternativement que la technique
de l’étude de phase II randomisée dans les GBM en d’analyse n’est pas appropriée. L’intérêt potentiel
récidive testant le cilengitide, inhibiteur sélectif des d’autres marqueurs a été suggéré.
intégrines αvβ3/5 à 2 niveaux de dose, a été actua- Dans ce même contexte de comparaison entre statut
lisée. Un effet-dose a été mis en évidence, avec des initial des GBM et statut à la récidive, une analyse en
taux de survie supérieurs, à la dose de 2 000 mg, à IHC de l’expression de CD133 a permis d’objectiver
37,3 % (12 mois), 22,5 % (24 mois), 15 % (36 mois) et une majoration de cette expression par un facteur
10 % (48 mois) respectivement. Sa bonne tolérance de 2 en moyenne. Une expression élevée de CD133 à
est confirmée (Fink K et al., abstr. 2010). la récidive présentait de façon surprenante une valeur
CDX-110 est un vaccin dirigé contre le variant REGFvIII, pronostique favorable (Cenci T et al., abstr. 2028).
exprimé dans les GBM. Il fait notamment l’objet Par ailleurs, l’analyse quantitative par RT-PCR de
d’une étude multicentrique de phase II monobras CD133, réalisée sur une cohorte de 133 patients et
en première ligne, associé au schéma RT-TMZ, dont associée au statut de MGMT, permettrait de définir
l’analyse intermédiaire a été présentée cette année 3 groupes pronostiques distincts avec une forte signi-
(Lai R et al., abstr. 2014). Cette analyse portant sur 40 ficativité (Metellus P et al., abstr. 2027).
des 81 patients inclus objective une SSP à 5,5 mois Une délétion hétérozygote du gène suppresseur du
de 70 %, superposable à celle de l’étude monocen- facteur nucléaire NFKBIA, localisé en 14q13, observée
trique conduite à la Duke University. L’absence de dans 25 % des GBM et mutuellement exclusive d’une
bras placebo fragilise toutefois ces résultats. amplification du REGF, apparaît associée à une survie
péjorative (Bredel M et al., abstr. 2025).
Citons enfin l’influence potentielle du polymor-
Études translationnelles phisme du VEGF, susceptible d’interagir avec la
réponse aux antiangiogéniques (Linassier C et al.,
Certains marqueurs ont été analysés. L’évolution des abstr. 2047) et la diminution des cellules endothé-
marqueurs de chimiorésistance entre le diagnostic liales circulantes corrélée à la réponse au bévaci-
initial et la récidive a été conduite sur une série de zumab (Eoli M et al., abstr. 2067).
80 patients (Tonn J et al., abstr. 2076). L’analyse du Enfin, de nombreuses études translationnelles
statut MGMT a été réalisée par PCR (Polymerase Chain portant sur l’imagerie multimodale soulignent
Reaction) non quantitative spécifique de la méthy- que ce domaine d’étude est en forte expansion,
lation et par pyroséquencage. L’analyse du statut permettant de mieux analyser la pseudo-progression
de MLH1, MSH2, MSH6, et PMS2 a été réalisée en (Heidemans-Hazelaar C et al., abstr. 2026 ; Melguizo I
pyroséquencage et ou en immunohistochimie (IHC). et al., abstr. 2079), la progression (Galbán CJ et al.,
La méthylation du promoteur de MGMT, observée abstr. 2068 ; Li Y et al., abstr. 2078 ; Hu LS et al.,
dans 39 % des cas, ne variait pas entre le diagnostic abstr. 2081) et la réponse aux TAA (Jalilian L et al.,
initial et la récidive dans 95 % des cas. Aucune méthy- abstr. 2090). ■
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