Briefing technique sur la programmation en matière de Vih et de coVid-19
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SOMMAIRE INTRODUCTION 3 Section 1 : PRINCIPES DE LA PROGRAMMATION EN MATIÈRE DE VIH ET DE COVID-19 4 Droits humains 4 Santé publique 5 Égalité de genre 6 Approche centrée sur la personne 6 Principe de non-malfaisance 6 Section 2 : CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA COVID-19 ET LE VIH 7 La pandémie mondiale de COVID-19 7 L’infection à COVID-19 : prévention, symptômes et traitement disponible 8 La COVID-19 et les personnes vivant avec le VIH 8 SECTION 3 : IMPACT POSSIBLE DE LA COVID-19 SUR LES POPULATIONS MARGINALISÉES 9 Populations marginalisées 9 Adolescentes et jeunes femmes 12 Aidants naturels (formels et informels) 13 SECTION 4 : DIRECTIVES TECHNIQUES POUR ATTÉNUER L’IMPACT DE LA COVID-19 14 Prévention du VIH 14 Réduction des risques 16 Continum de soins de l’infection à VIH : services de traitement et de prise en charge du VIH 17 Violence domestique et conjugale 18 Autres formes de violence basée sur le genre 20 Santé et droits sexuels et reproductifs 21 Justice économique 23 Droits humains 24 Conception : HD design Photo de couverture : Participants au projet Deep Engagement au Mozambique ©Frontline AIDS/Peter Caton 2019
INTRODUCTION
Le briefing technique de Frontline AIDS sur la risques, à la violence basée sur le genre, à la santé et aux
programmation en matière de VIH et de COVID-19 est un droits sexuels et reproductifs, aux droits humains ou à
« document de travail » à utiliser en conjonction avec la l’intersection de quelconque de ces domaines.
note d’information de Frontline AIDS : COVID-19 et VIH.
Les services doivent cibler les populations marginalisées en
Ce briefing technique est destiné aux partenaires de priorité, et toute initiative juridique et réglementaire visant à
Frontline AIDS (y compris Frontline Global) qui cherchent limiter les infections à COVID-19 ne doit pas les toucher de
à atténuer l’impact de la COVID-19 sur leurs programmes manière disproportionnée ni leur causer de préjudice. Les
de lutte contre le VIH et répondent au impacts partenaires cliniques et communautaires desservant ces
secondaires de la COVID-19 dans les communautés les populations doivent être reconnus comme des travailleurs
plus touchées par le sida. clés fournissant des services essentiels et, à ce titre, avoir
accès à l’équipement de protection individuelle et aux
Avec pour but global de fournir des conseils techniques
fournitures dont ils ont besoin pour travailler en toute sécurité.
sur la programmation dans différents domaines où la
COVID-19 et le VIH se recoupent, le briefing aura les Pour cela, nous devons soutenir le leadership
objectifs suivants: communautaire et la participation significative des
communautés affectées à la prise de décision, qui
• Présenter les principes de la programmation en
constituent depuis longtemps le fondement des
matière de VIH influencée par la COVID-19.
programmes de lutte contre le VIH. Les membres de
• Discuter de quelques considérations générales la communauté ont la confiance de ceux qui n’ont pas
relatives à la COVID-19 et au VIH. toujours accès aux services de santé ; ils connaissent et
• Considérer l’impact possible de la COVID-19 sur
comprennent les besoins de leurs pairs ; et sont mieux à
même d’adapter les services à ces besoins. Dans la crise
les populations marginalisées - y compris les
actuelle, ce sont encore eux qui ont montré qu’ils sont
professionnel(le)s du sexe, les usagers de drogues,
capables et déterminés à sauver leurs communautés.
les personnes LGBT, les adolescentes et les jeunes
femmes - ainsi que leurs vulnérabilités, et leurs Lorsque nous intervenons, nous devons nous assurer
besoins existants et potentiels. que nos propres actions ne mettent pas les personnes en
• Fournir des conseils pour atténuer l’impact de danger par inadvertance et que nous suivons le principe
de ne non-malfaisance. Une programmation fondée sur
la COVID-19 dans chaque domaine technique -
prévention du VIH, traitement du VIH, réduction les droits nous oblige à évaluer et à nous préparer aux
des risques, santé et droits sexuels et reproductifs risques potentiels en matière de sécurité et de sûreté
(SDSR), genre et droits humains.1 pouvant découler de nos propres actions, et à le faire en
collaboration avec nos partenaires.
La programmation centrée sur la personne est
depuis longtemps la pierre angulaire de la riposte Nos préoccupations concernant l’impact de la COVID-19
communautaire au VIH. Avec cette nouvelle pandémie sur les droits de ceux que nous servons doivent être
qui s’est déferlée sur le monde, c’est une approche plus évaluées avec précision.
que jamais nécessaire - décentralisée, basée dans la Nous traitons à la fois des violations des droits humains et
communauté et dirigée par les pairs. Plus que jamais, des limitations légitimes des droits par l’État qui résultent
il est nécessaire d’écouter et de se concentrer sur les de restrictions légales de circulation afin de contrôler
populations marginalisées qui, comme pour l’épidémie l’épidémie, et chaque aspect doit être abordé différemment.
de VIH, seront parmi les plus touchées par la crise Les limitations des droits, y compris la divulgation de l’état
mondiale de santé publique actuelle. de santé, la mise en quarantaine forcée et les restrictions aux
Les restrictions liées à la COVID-19 ont exacerbé les libertés personnelles doivent être faites conformément à la
nombreux défis auxquels les groupes marginalisés et loi, et uniquement en dernier recours.
vulnérables - notamment les personnes vivant avec La pauvreté, l’absence de domicile et les inégalités
le VIH, les femmes et les filles, les professionnel(le)s mondiales - de nombreux déterminants structurels du
du sexe, les personnes LGBT, les usagers de drogues, VIH et d’une santé précaire - seront toutes aggravées par
les prisonniers et les migrants - sont déjà confrontés l’impact de la COVID-19 sur des économies déjà fragiles
quotidiennement. Leurs besoins doivent être placés et menacées. Nous devons être attentifs à l’impact sur les
au cœur des services - qu’ils soient liés à la prévention systèmes de santé et plaider pour des réponses complètes
du VIH ou au continuum de soins, à la réduction des et dotées de ressources suffisantes pour maintenir la
1
Ceci est un document de travail qui sera mis à jour au fur et à mesure que le continuité des services vitaux en matière de VIH, de SDSR
partenariat dans son ensemble gagnera en expérience dans le domaine de la
programmation en matière de VIH dans le contexte de la COVID-19. Des sujets tels et d’autres services connectés, et ce en toute sécurité.
que les co-infections VIH/TB et VIH/VHC, entre autres, n’ont pas encore été inclus
parce que nous faisons actuellement appel à l’expérience des partenaires pour
inclure ces renseignement et mettre à jour ce briefing. Veuillez contacter innova-
tion@frontlineaids.org si vous souhaitez contribuer et partager vos commentaires.
3SECTION 1
PRINCIPES DE LA PROGRAMMATION EN
MATÈRE DE VIH ET DE COVID-19
Droits humains L’État, en tant que détenteur final d’obligations, reste
responsable de la promotion des droits humains et du
Travailler avec la société civile pour faire progresser les maintien de l’État de droit : les institutions étatiques
droits et éliminer les obstacles aux services liés au VIH représentées par les acteurs gouvernementaux doivent
reste au centre de notre programmation et de notre faire tout ce qu’elles peuvent dans la limite de leurs
plaidoyer : notre conviction que la vie de tous les êtres ressources pour respecter, protéger et promouvoir les
humains est d’égale valeur reste au cœur de tous nos droits des individus et des communautés desservis. Il
programmes et de notre travail d’influence, ainsi que le reste de notre responsabilité en tant qu’acteurs de la
fondement selon lequel la promotion des droits est non société civile et détenteurs de droits de veiller à ce que
seulement une bonne chose en soi, mais nécessaire les acteurs étatiques suivent les procédures établies et
pour mettre fin au sida. Cette approche doit être l’État de droit lorsqu’ils prennent des mesures limitant
centrée sur des données factuelles, l’autonomisation et les droits (telles que les restrictions de circulation et la
l’engagement communautaire.2 La prise de décision doit capacité à gagner sa vie) dans le souci de la lutte contre
être basée sur des preuves fiables de ce qui fonctionne l’épidémie. Ces restrictions doivent être d’une durée
le mieux, et non sur des considérations politiques qui limitée, proportionnées, nécessaires, fondées sur des
sont souvent contre-productives et sapent la réponse à preuves, et susceptibles de faire l’objet d’un examen
la COVID-19. par un tribunal pour être considérées comme légitime.3
Les États doivent également prendre des mesures pour
La COVID-19 s’est répercutée sur tous les droits et
amortir l’impact négatif de ces actions avec des services
besoins humains, et nos programmes doivent en
de soutien médical, financier et social. Des exceptions
tenir compte et répondre en allant à la rencontre des
aux restrictions doivent être envisagées, le cas échéant,
individus « là où ils en sont ». Les droits humains y
pour les personnes les plus susceptibles de subir un
sont indissociablement liés. Pour aborder les droits
préjudice disproportionné en raison de restrictions
d’accès aux services liés au VIH, il faut également que
générales ; ceci doit être évité dans la mesure du
nous abordions, dans la mesure du possible, d’autres
possible.
droits et besoins. Cela pourrait se faire par le biais
d’une intervention directe, mais aussi en obligeant les 2
ONUSIDA. Les droits humains aux temps du COVID-19 — Les leçons du VIH pour
gouvernements à rendre compte des services et des une réponse efficace, et dirigée par la communauté. Mai 2020. https://www.
unaids.org/sites/default/files/media_asset/human-rights-and-covid-19_fr.pdf
biens essentiels fournis. 3
Ibid.
4Nous continuons notre mission visant à garantir que les SANTÉ PUBLIQUE
acteurs étatiques réalisent progressivement le droit à la
santé pour tous, sur un pied d’égalité. Le droit à la santé est La santé publique est la science visant à protéger et à
l’affirmation que chaque personne a le droit à des services améliorer la santé des personnes et des communautés
de santé accessibles, disponibles, appropriés et de qualité, dans lesquelles elles vivent. Il s’agit donc d’aborder
peu importe qui elle est, d’où elle vient et ce qu’elle fait. les déterminants d’une mauvaise santé et l’impact
Cela exige également que les États aient la responsabilité de la maladie et des affections humaines au niveau
de réaliser progressivement le droit à la santé dans la de la population. Pour cette raison, la santé publique
mesure où les ressources le permettent, et d’accorder consiste également à promouvoir l’équité, la qualité
la priorité aux communautés qui en ont le plus besoin et l’accessibilité des soins de santé qui, avec les droits
lorsque les ressources font défaut, avec la participation de humains, constituent les piliers de la réponse sanitaire
ces communautés dans le processus de hiérarchisation. mondiale.
Cette épidémie fait émerger de nouveaux types de L’urgence sanitaire mondiale que représente la COVID-19
marginalisation (et « confirme » les anciens), d’où dans de nombreux pays a gravement compromis la
l’importance de dénoncer publiquement les pratiques capacité des systèmes de santé à protéger la santé des
illégales telles que les mesures qui criminalisent, de personnes et des communautés dans lesquelles elles
soutenir les communautés menacées et de faire en sorte vivent. Jusqu’à présent, la réponse a été principalement
que nos propres programmes à chaque étape suivent une réponse de santé publique où des limitations de
systématiquement les principes fondés sur les droits. mouvement individuel, des restrictions de voyage et
Pour ce faire, nous devons raisonnablement peser les des mesures de confinement à l’échelle nationale ont
impératifs de santé publique d’une part, et la promotion été imposées aux populations pour arrêter et contenir la
des droits humains d’autre part. Nous ne devons maladie à coronavirus 2019.4
accepter les limitations de nos droits et de ceux des
La réponse au VIH est également une réponse de santé
autres pour autant que cela soit absolument nécessaire
publique et comprend des services de prévention,
pour répondre à un besoin de santé publique.
SOURCES UTILES D’INFORMATION SUR LE GENRE, LA COVID-19,
LE VIH, LA SDSR ET LA VIOLENCE CONTRE LES FEMMES
Organisation DOMAINE D’INTERVENTION PRIORITAIRE
UN Women
ONU Femmes Mises à jour dans tous les principaux domaines, y compris la violence
basée sur le genre (VBG).
Johns Hopkins
Hopkins School
Schoolofof Tous les domaines principaux.
Public Health - Groupe
Gender deand
travail
COVID-19sur Working
le genre et la
Group Impact de la COVID-19 sur les services de SDSR et de SSR, tel que
COVID-19 raconté par les associations membres
International Planned Impact de la COVID-19 sur les services de SDSR et de SSR, tel que
Parenthood Federation raconté par les associations membres.
Coalition
Coalition of
of Feminists
Feminists for
for Ressources sur la COVID-19 pour l’atténuation et la prévention de la
for Social Change (COFEM) violence contre les femmes, l’auto-prise en charge et la prise en charge
collective, l’assistance, entre autres.
Gender and Development Violence contre les femmes, justice économique, SDSR, voix du
Network - Réponses Sud, humanitaire, leadership féministe, militarisme, organisations
féministes à la COVID-19 multilatérales, intersectionnalité, général.
Development
Development Connections
Connections Collecte de ressources en espagnol sur la COVID-19 et la violence
(DVCN) contre les femmes et les filles.
4
CDC Foundation (n.d.) What is Public Health ? consulté le 16 juillet 2020. https://
www.cdcfoundation.org/what-public-health (en anglais uniquement)
5de traitement et de prise en charge du VIH pour les garantir que tous leurs besoins (physiques, émotionnels
populations marginalisées et vulnérables. Le VIH affecte et psychologiques) sont satisfaits. Les programmes
de manière disproportionnée les femmes et les filles, communautaires et ceux dirigés par les pairs, et en
et les personnes marginalisées5, et la pandémie de la particulier ceux destinés aux populations marginalisées,
COVID-19 menace d’exacerber leur marginalisation et devraient toujours utiliser une approche centrée sur la
leur accès aux services dont elles ont besoin pour rester personne, et l’épidémie de COVID-19 ne fait pas exception.
en bonne santé. Cela se traduit par des programmes et des initiatives de
plaidoyer qui prennent en considération les multiples
Une réponse de santé publique au VIH et à la COVID-19
identités, réalités, priorités, opportunités et risques croisés
concerne principalement le bien-être des personnes
que les individus rencontrent tout au long de leur vie.
vivant avec le VIH et de toute personne à haut risque de
contracter le VIH. Elle reconnaît à la fois les partenaires Notre approche ne considérera pas les individus comme
cliniques et communautaires comme acteurs essentiels. faisant partie d’un groupe homogène, mais tentera
Elle garantit que les prestataires de services ont accès de comprendre les réalités complexes de leur vie et
aux équipements de protection individuelle (EPI) et aux d’adapter les réponses à ces nuances.
fournitures, et qu’ils sont en mesure d’effectuer leur travail
avec les autorisations nécessaires pendant le confinement.
Le principe de non-malfaisance
L’ÉGALITÉ DE GENRE La distanciation sociale et les restrictions de mouvement
imposées par les gouvernements dans le cadre de leurs
L’égalité de genre est un droit humain reconnu. réponses à la COVID-19 créent ou aggravent le risque
Cependant, l’inégalité de genre reste un obstacle majeur de préjudice lié au VIH. Cela pourrait prendre la forme
au développement humain et, dans le contexte du de l’interruption des régimes de traitement ; du manque
VIH, les femmes et les filles sont touchées de manière d’accès aux services, à l’information et aux produits
disproportionnée en raison de l’inégalité de leur statut de base ; d’une plus grande exposition à la violence
culturel, social et économique dans la société. De plus, basée sur le genre, ainsi que la perte de revenus, une
les femmes assument généralement le rôle d’aidant fragmentation des réseaux de soutien et des charges de
naturel - à la fois de manière informelle à la maison et soins supplémentaires.
dans la communauté, et dans le secteur formel des
Lorsque la transmission de la COVID-19 est criminalisée,
soins en tant qu’agents de santé. De même, la COVID-19
il existe un risque que ces lois affectent de manière
touche les personnes différemment selon leur identité
disproportionnée les populations marginalisées qui
de genre et d’autres facteurs socio-économiques (niveau
ne sont pas en mesure de pratiquer la distanciation
de revenu, âge, état de santé, situation géographique,
sociale, les pratiques d’hygiène ou d’adhérer à d’autres
sexualité, race), ce qui pourrait également augmenter
réglementations telles que le port du masque et les
la vulnérabilité au VIH et au sida, ainsi que d’autres
couvre-feux. Le principe de non-malfaisance doit
problèmes en matière de SDSR.
s’appliquer à toutes les mesures visant à prévenir les
infections à COVID-19 et doit reconnaître les besoins
APPROCHE CENTRÉE SUR LA PERSONNE relatifs des populations vulnérables. De plus, les États
doivent être empêchés d’utiliser les réglementations en
Bien qu’il existe de nombreuses façons de définir rapport à la COVID-19 pour aggraver les difficultés et les
les approches centrées sur la personne, elles sont préjudices auxquels les populations marginalisées sont
toutes fondées sur des principes communs tels que déjà confrontées. Notre travail comprend donc le suivi
© Gemma Taylor pra Frontline AIDS
l’autonomisation et l’information des bénéficiaires pour des droits humains et des réglementations relatives à la
leur permettre de participer à la prise de décision COVID-19 et de leur mise en œuvre, et doit tenir compte
conjointe ; adapter les services à leur contexte ; respecter de l’impact potentiellement néfaste sur la santé et le
leurs préférences ; et adapter et relier les services pour bien-être des personnes marginalisées.
5
Nous travaillons avec des personnes marginalisées qui se voient refuser
les services de prévention, de traitement et de prise en charge du VIH
simplement en raison de leur identité et lieu de résidence. Cela comprend
les personnes vivant avec le VIH, les professionnel(le)s du sexe, les usagers
de drogues, les personnes transgenre, les hommes gays et autres hommes
ayant des rapports sexuels avec des hommes, ainsi que les adolescentes et
les femmes.
6SECTION 2
CONSIDÉRATIONS
GÉNÉRALES SUR LA Services mobiles de proximité de
COVID-19 ET LE VIH
Convictus, une organisation qui soutient
les usagers de drogues en Ukraine.
© Convictus Ukraine
LA PANDÉMIE MONDIALE DE COVID-19 Afin de ralentir et finalement d’arrêter la propagation
du virus, les pays ont lancé de vastes programmes de
La pandémie de COVID-19 est l’une des crises sanitaires dépistage et de traitement, effectuant la recherche des
mondiales les plus urgentes à laquelle l’humanité a été contacts, imposant des restrictions de voyage et la mise
confrontée depuis la Seconde Guerre mondiale. Depuis en quarantaine des citoyens. Les pays les plus touchés
son apparition en Asie fin 2019, le virus s’est propagé par la COVID-19 ont également fermé les écoles et les
sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique. À universités et annulé les grands rassemblements de
la mi-juin 2020, avec une augmentation quotidienne en personnes.
Afrique, dans les Amériques et en Europe, l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS) signalait plus de huit millions
de cas de COVID-19 et plus de 430 000 décès.
7Cependant, la COVID-19 n’est pas seulement une Il n’existe actuellement aucun médicament autorisé
crise sanitaire. L’impact du virus sur les systèmes de pour le traitement ou la prévention de la COVID-19. Bien
santé nationaux et les mesures de confinement et que plusieurs essais de médicaments soient en cours, il
les restrictions mises en place pour empêcher sa n’existe actuellement aucune preuve qu’un médicament
propagation, ont le potentiel de causer des dommages puisse guérir ou prévenir la COVID-19. L’OMS coordonne
sociaux, économiques et politiques à court et à long les efforts de développement et d’évaluation des
terme. De nombreuses communautés à travers le traitements contre le virus.
monde ont été fortement touchées par la COVID-19. Des
Pour plus d’informations générales sur la COVID-19,
millions de personnes ont perdu leur emploi et leurs
consultez cet article de l’OMS.
revenus. Les pays fortement tributaires du tourisme sont
déjà confrontés à des années de récession économique.
La COVID-19 et les personnes
vivant avec le VIH
L’infection à Covid-19 : prévention,
symptômes et traitement DISPONIBLE À l’heure actuelle, on ne sait pas si les personnes vivant
avec le VIH courent un plus grand risque d’infection à
La maladie à coronavirus COVID 19 est une maladie
COVID-19. Les personnes atteintes d’un sida avancé
causée par un virus appartenant à une grande famille
- celles dont le taux de CD4 est faible et la charge
de virus connus sous le nom de coronavirus. Le virus à
virale élevée et celles qui ne suivent pas de traitement
l’origine du coronavirus peut affecter les animaux et les
antirétroviral (TAR) - ont un risque accru d’infections
humains. Chez l’homme, il peut provoquer des infections
en général. On ne sait pas si l’immunosuppression
respiratoires allant du simple rhume à des conditions
causée par le VIH expose une personne à un plus grand
plus graves comme la pneumonie, le syndrome
risque de contracter la COVID-19 et, pour cette raison
respiratoire aigu sévère, et peut parfois entraîner la mort.
et jusqu’à ce que l’on en sache plus, des précautions
Les symptômes les plus courants de la COVID-19 sont la supplémentaires doivent être prises par toutes les
fièvre, la fatigue et une toux sèche. Certaines personnes personnes atteintes d’un VIH avancé ou mal contrôlé.
peuvent avoir des douleurs, le nez qui coule, des maux
De même, rien ne prouve que le risque d’infection soit
de gorge, la diarrhée et une perte de l’odorat et du
différent parmi les personnes vivant avec le VIH qui sont
goût. Ces symptômes sont généralement légers et se
stables d’un point de vue clinique et immunologique
développent progressivement. Certaines personnes
sous traitement antirétroviral par rapport à la population
sont infectées mais ne développent aucun symptôme
générale. Certaines personnes vivant avec le VIH
et ne se sentent pas malades. La plupart des gens
peuvent avoir d’autres facteurs de risque connus comme
(environ 80%) se remettent de la maladie sans avoir
le diabète, l’hypertension et d’autres maladies non
besoin de traitement spécial. Environ une personne sur
transmissibles non liées au VIH.
six qui attrape la COVID-19 tombe gravement malade
et éprouve des difficultés respiratoires. Les personnes Les personnes vivant avec le VIH devraient se protéger
âgées et celles qui ont des problèmes médicaux sous- (et ceux qui les entourent) contre la transmission de
jacents comme l’hypertension artérielle, des problèmes la COVID-19 en suivant les mêmes mesures de base
cardiaques ou le diabète sont plus susceptibles de recommandées pour tout le monde. Notamment :
développer une maladie grave. Les personnes souffrant
de fièvre, de toux et de difficultés respiratoires doivent • Se laver les mains fréquemment et soigneusement
consulter un médecin. avec de l’eau et du savon, ou utiliser une solution
hydro-alcoolique pour tuer le virus qui peut être sur
La COVID-19 se transmet par le contact avec d’autres les mains.
personnes atteintes du virus. La maladie peut se
propager d’une personne à une autre par le biais de • Respecter une distance d’au moins un mètre avec
les autres, et en particulier des personnes qui
petites gouttelettes provenant du nez ou de la bouche,
toussent ou qui éternuent, car il est essentiel
qui se propagent lorsqu’une personne atteinte tousse
d’éviter de respirer des gouttelettes.
ou expire. Ces gouttelettes atterrissent sur des objets et
des surfaces autour de la personne. D’autres personnes • Éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche
contractent ensuite la COVID-19 en touchant ces objets car, une fois contaminées, les mains peuvent
ou surfaces, puis en se touchant les yeux, le nez ou transmettre le virus par les yeux, le nez ou la
la bouche. Elle peut aussi s’attraper en respirant les bouche, qui peut ainsi pénétrer dans le corps.
gouttelettes d’une personne atteinte de la COVID-19 qui
tousse ou expire des gouttelettes. Par conséquent, il est
important de rester à plus d’un mètre d’une personne
malade.
8• Pratiquer une hygiène respiratoire en se couvrant la Étant donné que les mesures de prévention de la
bouche et le nez avec le coude ou un mouchoir en COVID-19 peuvent forcer les gens à passer de longues
toussant ou en éternuant, puis jeter immédiatement périodes à la maison, il est important d’apprendre à
le mouchoir usé. prendre soin de sa santé mentale. Il est normal de se
• Rester à la maison lorsqu’on ne se sent pas bien. En
sentir triste, angoissé, inquiet, confus, d’avoir peur ou
d’être en colère pendant une crise. Les personnes vivant
cas de fièvre, de toux et de difficultés respiratoires,
avec le VIH peuvent ressentir des niveaux plus élevés
appeler son médecin pour obtenir une aide médicale.
de stress ou d’anxiété. Si c’est le cas, il faut parler à des
Suivre les consignes de l’autorité sanitaire locale.
personnes de confiance, contacter ses amis et sa famille.
De plus, les personnes vivant avec le VIH peuvent se Lorsqu’on se sent dépassé, on peut envisager de parler
préparer à une éventuelle épidémie de COVID-19 dans à un agent de santé, à un assistant social ou à une autre
leur pays en prenant les cinq mesures suivantes : personne de confiance de la communauté (par exemple,
un chef religieux ou un ancien de la communauté).
1 Assurer un approvisionnement suffisant en TAR. Il
est recommandé d’avoir un approvisionnement d’au Pour maintenir une bonne santé mentale pendant une
moins 30 jours disponible en tout temps. épidémie, il faut également tenir compte des conseils
suivants :
2 Pour d’autres maladies comme l’hypertension, des
problèmes pulmonaires ou cardiaques, l’asthme,
la tuberculose, le paludisme ou d’autres problèmes
• Faire de l’exercice quotidiennement (par exemple,
yoga, tai-chi, étirements) et essayer de maintenir
de santé sous-jacents, veiller à disposer de tous un mode de vie sain (y compris une alimentation
les médicaments nécessaires pour rester en bonne appropriée, suffisamment de sommeil, d’exercice
santé. C’est maintenant qu’il faut s’assurer de bien et de contact social avec les proches à la maison,
contrôler ces problèmes et d’être en aussi bonne ou même virtuellement), surtout si on doit rester à
santé que possible. domicile.
3 Si possible, veiller à mettre à jour ses vaccinations,
en particulier pour les maladies respiratoires
• Passer moins de temps à chercher des informations
(1 à 2 fois par jour, plutôt que toutes les heures).
comme la grippe et la pneumonie bactérienne.
4 Établir un plan de soins cliniques en cas de besoin,
• Passer moins de temps à suivre ce que disent les
médias et à regarder des images effrayantes à la
en particulier pour ceux qui doivent s’isoler ou télévision.
se mettre en quarantaine. En fonction du lieu de
résidence, il peut être possible de demander des • Tirer parti des compétences acquises par le passé
pendant les périodes difficiles pour gérer ses
soins médicaux par téléphone ou d’utiliser des
émotions pendant cette crise.
options de télémédecine (par exemple via des
portails de médecins en ligne ou des vidéos en direct). Pour plus d’informations sur la COVID-19 et le
VIH, consultez cet article de l’ONUSIDA et la note
5 Maintenir un bon réseau social mais à distance.
d’information du Comité permanent interorganisations
Communiquer avec les amis et la famille. Être en
des Nations Unies.
contact avec les gens qui nous entourent est l’une
des choses les plus importantes à faire pour se
préparer à une urgence, et pour pouvoir y faire
face et s’en remettre. Le contact social nous aide
également à rester en bonne santé sur le plan moral
et à lutter contre l’ennui.
9SECTION 3
IMPACT POSSIBLE DE LA COVID-19 SUR
LES POPULATIONS MARGINALISÉES
© Jason Florio pour Frontline AIDS
Concours Miss Diamond, organisé par Guyana Trans United.
POPULATIONS MARGINALISÉES La réglementation relative à la COVID-19 a exacerbé
les nombreux défis auxquels sont confrontées les
Les populations marginalisées sont les populations personnes marginalisées - les professionnel(le)s du sexe
les plus à risque et les plus touchées par le VIH. Ces et leurs familles sont sans aucun revenu ; les usagers de
populations sont confrontées à un certain nombre drogues (UDI) sont confrontés à de graves risques pour
d’obstacles concernant l’accès et le recours durable leur santé liés au sevrage et à une plus grande prise de
aux services de prévention, de traitement et de prise en risque pour se procurer de la drogue ; et les populations
charge du VIH. Ces obstacles influencent également lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) sont
leur accès aux services de santé, notamment le confinées chez elles où elles peuvent être victimes de
dépistage, les tests et le traitement de la COVID-19. violence. Les facteurs structurels entravent la capacité
Au-delà de l’accès à la santé, les professionnel(le)s du des populations marginalisées à se protéger des crises
sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des de santé publique (et autres) et, pour la plupart, ces
hommes et les hommes gays, les personnes trans et populations sont surreprésentées dans les groupes
de genre divers et les usagers de drogues sont souvent économiquement marginalisés, socialement isolés,
criminalisés et/ou ciblés de manière disproportionnée exclus et invisibles.
par les lois et règlements punitifs.
10Il est plus urgent que jamais de supprimer les lois et Recommandations :
réglementations punitives qui ciblent les populations
marginalisées. Elles stigmatisent et sont discriminatoires, 1 Mettre fin aux lois punitives et à la criminalisation
et empêchent le changement d’attitudes et de - décriminaliser le travail sexuel consensuel chez
comportements qui entravent les progrès vers les adultes, les relations sexuelles consensuelles
l’élimination du sida. Alors que certains pays ont pris entre adultes du même sexe, la criminalisation de
la décision louable de libérer les délinquants non la transmission du VIH et les lois punitives contre la
violents des prisons surpeuplées, les lois qui entraînent consommation de drogues.
l’arrestation et l’incarcération des usagers de drogues, 2 Soutenir les services communautaires dirigés par
des professionnel(le)s du sexe et d’autres personnes les pairs et veiller à ce que les agents de santé
marginalisées restent en vigueur. communautaires aient accès aux EPI et soient
reconnus comme travailleurs clés.
La COVID-19 et les mesures de confinement
prises dans de nombreux pays ont entraîné la 3 Soutenir les efforts visant à créer des réseaux
fermeture, des restrictions ou des limitations d’accès d’orientation plus larges, des régimes de traitement
considérables aux services essentiels de prévention, plus souples et à plus long terme qui permettent
de dépistage et de traitement du VIH. Les centres aux populations mobiles d’aller chercher ou de se
de traitement de substitution aux opiacés (TSO) à réapprovisionner en médicaments.
Maputo, au Mozambique, et à Nairobi, au Kenya, ont
4 Augmenter la flexibilité de l’octroi des subventions
cessé de prendre de nouveaux clients et les clients
pour permettre une plus grande agilité des réponses.
actuels doivent continuer de se rendre à la clinique
quotidiennement, malgré la réduction des services 5 Soutenir les efforts de plaidoyer des organisations
de transport et d’autres mesures de confinement. de professionnel(le)s du sexe, d’UDI et de LGBT pour
À Kampala, en Ouganda, le manque de transport a s’assurer qu’elles sont incluses dans les structures
également considérablement limité l’accès aux services de prise de décision sur les réponses à la COVID-19,
de prévention et de traitement du VIH, tandis que la mise par exemple dans l’élaboration de réglementations
sous TSO a été retardée. Au Nigeria, les perturbations et l’allocation des dépenses du système de santé,
dans la chaîne d’approvisionnement ont retardé le et l’inclusion des acteurs du secteur du VIH lorsque
démarrage des premiers programmes d’échange le système de cluster est activé pour les réponses
de seringues. En Afrique du Sud, le dépistage humanitaires d’urgence.
de la tuberculose et la détection des cas ont 6 Les populations marginalisées doivent être
considérablement diminué. spécifiquement incluses dans toutes les mesures
Alors que de nombreux pays ont réussi à livrer des d’aide sociale, notamment la distribution d’aide
fournitures de traitement en quantité supplémentaire aux alimentaire, l’approvisionnement en eau et en
populations marginalisées, l’impact de la réglementation assainissement et d’autres services de base.
relative à la COVID-19 a entraîné le déplacement des 7 Aider les populations marginalisées à documenter
personnes et de nombreuses personnes pourraient être les violations des droits humains et à développer
perdues de vue alors que leur approvisionnement de des stratégies de plaidoyer pour y répondre..
trois mois en médicaments arrive à terme. En Indonésie,
même si la distribution sur plusieurs mois est autorisée,
8 Se concentrer d’abord sur les personnes les plus
oubliées de la riposte au VIH. Les personnes
les personnes vivant avec le VIH ne peuvent toujours
impliquées dans le commerce du sexe, les personnes
pas accéder au traitement antirétroviral hebdomadaire
trans et de genre non binaire, les hommes qui
dans certains endroits en raison de ruptures de stock.
ont des relations sexuelles avec des hommes, les
En raison de ces perturbations et d’autres facteurs,
hommes gays, et les usagers de drogues doivent
on s’attend à une flambée des nouvelles infections à
être prioritaires dans les efforts de prestation de
VIH ainsi qu’à une détérioration possible de la santé
services. Toute réponse juridique et réglementaire
des personnes dont le traitement antirétroviral et
visant à limiter les infections à COVID-19 ne doit
antituberculeux a été interrompu. Il est donc essentiel
pas toucher ou cibler ces populations de manière
de continuer à soutenir, à fournir des ressources et à
disproportionnée, ni leur causer de préjudice.
étendre les services communautaires dirigés par les
pairs pour atteindre les populations marginalisées avec
des services de prévention, de traitement et de prise en
charge du VIH et de la tuberculose, et pour garantir que
ceux-ci sont intégrés aux réponses à la COVID-19, le
cas échéant.
11ADOLESCENTES ET JEUNES FEMMES Recommandations :
1 Fourniture de forfaits de données aux adolescentes
Les adolescentes et les jeunes femmes sont vulnérables
et aux jeunes femmes pour leur permettre de
au VIH (biologiquement et socialement) et sont par
continuer à accéder aux téléservices de soutien par
conséquent touchées de manière disproportionnée.6 Les
les pairs.11
normes de genre limitent les choix et les capacités des
adolescentes et des jeunes femmes en ce qui concerne 2 Implication significative des adolescentes et des
leur santé et leurs droits sexuels et reproductifs7 8. Il s’agit jeunes femmes dans les espaces de prise de
notamment de leur accès limité à une éducation sexuelle décision pour garantir que les programmes relatifs
complète,9 des niveaux élevés de coercition lors des à la COVID-19 tiennent compte de leurs opinions, de
premiers rapports sexuels,10 du manque d’autonomie dans leurs besoins et de leurs réalités.
l’accès aux services de manière confidentielle et de la
3 Pour les parents et les aidants, créer un
violence basée sur le genre, entre autres. Pour les femmes
environnement à la maison dans lequel les
vivant avec le VIH, les normes de genre pourraient
adolescents et adolescentes se sentent aimés et en
également restreindre l’accès au traitement, ainsi que sa
sécurité, qui favorise les bonnes relations familiales
disponibilité pour les comorbidités telles que le cancer du
et qui est à l’écoute de leurs doutes, de leurs peurs
col utérin.
et de leurs inquiétudes pendant cette période.12 13
Pour les adolescentes et les jeunes femmes, la crise de 4 Pour les parents et les aidants, montrer que les
la COVID-19 a créé des contraintes supplémentaires, tâches ménagères sont réparties équitablement
à l’intersection des normes de genre et de la pour s’assurer que les adolescents et les jeunes
vulnérabilité face au VIH. Par exemple, l’interruption hommes contribuent autant que les adolescentes et
de la sensibilisation par les pairs et des activités de les jeunes femmes.14
proximité en matière de SDSR, associée au manque
de moyens de transport, pourrait limiter davantage 5 Soutien aux parents et/ou fourniture d’équipement/
l’accès des femmes à l’information et aux services, de forfaits de données pour que les adolescentes et
pouvant causer une augmentation des grossesses non les jeunes femmes continuent leur scolarité, malgré
désirées, des infections sexuellement transmissibles la fermeture des écoles.15
(IST) non traitées et de la transmission du VIH. De même, 6 Poursuite des services d’information en matière
les réseaux de soutien qui encouragent l’observance de SDSR (en personne ou virtuels) pour les
thérapeutique au traitement peuvent avoir été perturbés, adolescent(e)s, les jeunes hommes et les jeunes
les femmes se retrouvent probablement avec davantage femmes, adaptés aux différentes tranches
de responsabilités familiales et, pour de nombreuses d’âge pour renforcer les messages relatifs au
jeunes femmes travaillant dans les secteurs informels, consentement, à la prise de décision conjointe et
la COVID-19 a entraîné une perte de revenu ainsi que aux relations sexuelles protégées16
l’insécurité alimentaire. Dans certains pays, le confinement
a également entraîné une augmentation de la violence
7 La poursuite des services essentiels de protection
de l’enfance et de lutte contre la violence
domestique et conjugale, qui contribue à la fois à
domestique (en personne ou virtuels), comme
l’acquisition du VIH pour les femmes et a une incidence
les lignes d’assistance téléphonique, afin que
sur la santé et les droits sexuels et reproductifs et la
les adolescentes et les jeunes femmes puissent
santé mentale.
continuer à signaler les actes de violence et recevoir
Veuillez consulter les sections sur les aidants naturels des conseils ou se mettre à l’abri.17
(formels et informels), la violence domestique et
conjugale, la santé et les droits sexuels et reproductifs
(SDSR), et la justice économique pour en savoir plus sur la
situation des adolescentes et des jeunes femmes.
6
ONUSIDA (2019) Women and HIV — A spotlight on adolescent girls and young wom- AIDS (2020) READY Newsletter #7 COVID-19 Edition Part 1. https://frontlineaids.org/
en. https://www.unaids.org/en/resources/documents/2019/women-and-hiv (en wp-content/uploads/2019/11/READY-newsletter-7-part-1.pdf (en anglais unique-
anglais uniquement) ment)
7
FNUAP (2012) From Childhood to Womanhood : Meeting the Sexual and Reproduc- 12
Frontline AIDS (2020) COVID-19 and Gender : A Guide for Parents and Caregivers.
tive Health Needs of Adolescent girls. https://www.unfpa.org/sites/default/files/ https://frontlineaids.org/wp-content/uploads/2020/06/Covid-19-and-gender-
resource-pdf/EN-SRH%20fact%20sheet-Adolescent.pdf (en anglais uniquement) parents-A4-folded-to-A5-Web-ready-single-pages.pdf. (en anglais uniquement)
8
Dessalegn Y et al (2019) Adolescent sexual and reproductive health in sub-Saharan 13
REPSSI appelant à une plus grande implication des hommes à la maison. . Frontline
Africa : who is left behind? (2019) https://gh.bmj.com/content/bmjgh/5/1/e002231. AIDS (2020) READY Newsletter #7 COVID-19 Edition Part 2. https://frontlineaids.
full.pdf (en anglais uniquement) org/wp-content/uploads/2020/06/READY-newsletter-7-part-2.pdf (en anglais
9
UNESCO (2016) Renforcer l’éducation en Afrique de l’Ouest et du Centre en uniquement)
améliorant la santé sexuelle et reproductive des apprenants. https://unesdoc. 14
Frontline AIDS (2020) COVID-19 and Gender : A Guide for Parents and Caregivers.
unesco.org/ark:/48223/pf0000247151_fre https://frontlineaids.org/wp-content/uploads/2020/06/Covid-19-and-gender-
10
Ann M. Moore, Kofi Awusabo-Asare, [...], and Akwasi Kumi-Kyereme (2007) Coerced parents-A4-folded-to-A5-Web-ready-single-pages.pdf (en anglais uniquement)
First Sex among Adolescent Girls in Sub-Saharan Africa : Prevalence and Context, 15
Ibid.
African Journal of Reproductive Health. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/arti- 16
Frontline AIDS (2020) COVID-19 and Gender : A Guide for Adolescents and Young
cles/PMC2367148/ (en anglais uniquement) people. https://frontlineaids.org/wp-content/uploads/2020/06/Covid-19-and-
11
Africaid soutient les agents communautaires d’appui au traitement des adolescents gender-young-people-A4-folded-to-A5-web-ready-single-page.pdf
(CATS) avec des forfaits de données pour continuer le soutien par les pairs. Frontline 17
Ibid.
12Recommandations :
Les efforts continus des organisations
1 Assurer la disponibilité de l’équipement de protection
pour atteindre les adolescentes et les individuelle approprié, y compris pour les bénévoles en
jeunes femmes santé communautaire et les pairs aidants dans les
cliniques, les institutions de soins et les milieux
• Frontline AIDS, à travers le programme READY,
avec la création de documents d’information
communautaires. Assurer un approvisionnement dans
adaptés aux différents groupes d’âge sur la plusieurs tailles adaptées aux femmes.
COVID-19 et ses effets relatifs au genre. 2 Soutenir les réseaux de lutte contre le VIH pour élaborer et
• Les pairs éducateurs de Youth Alive en Ouganda
continuent de contacter leurs pairs par téléphone.
partager des informations sur la COVID-19 qui sont ciblées
et sensibles au genre et au VIH, y compris des informations
• PEERU en Ouganda a équipé ses pairs leaders
en EPI et en vélos pour aller chercher des
et des messages clairs et exacts sur la façon dont la
COVID-19 se propage et comment les individus, les familles
antirétroviraux (ARV) pour d’autres jeunes. et les communautés (y compris les personnes vivant avec le
VIH et affectées par le VIH) peuvent se protéger et protéger
• Africaid Zvandiri au Zimbabwe a transformé ses
groupes de soutien en groupes virtuels pour les
les autres. Voir par exemple le travail de l’Alliance for Public
aidants et les enfants et jeunes vivant avec le Health en Ukraine, qui fournit des informations et des
VIH. Grâce à WhatsApp, les aidants obtiennent conseils sur une réponse de réduction des risques fondée
de l’aide en ce qui concerne la COVID-19, l’accès sur les droits humains pendant la pandémie.24
aux médicaments pour les maladies chroniques,
la gestion du stress, l’anxiété et la dépression, la 3 Contrecarrer la désinformation et les mythes sur la
VBG, l’observance au TAR et la mise en relation façon dont la COVID-19 se propage et comment l’éviter
avec les services de protection et de lutte contre ou la traiter, soutenant les organisations de personnes
l’insécurité alimentaire. vivant avec ou affectées par le VIH à le faire pour chaque
• AMSED au Maroc a commencé à combiner
l’éducation sur la COVID-19 avec ses activités
contexte qui les expose à un risque particulier.
4 Soutenir et financer les réseaux de femmes vivant avec et
de lutte contre la tuberculose et le VIH pour les
vulnérables au VIH qui luttent contre les normes de genre
adolescentes et les jeunes femmes.
inéquitables et le fardeau de responsabilité qui incombe
aux femmes, afin qu’elles puissent continuer et adapter leur
travail pour pouvoir s’occuper de ceux qui en ont besoin et/
Aidants naturels ou encourager une répartition équitable de la garde des
(formels et informels) enfants et des tâches ménagères entre tous membres de
la famille pendant cette période de crise et au-delà.
Dans des circonstances normales, les femmes et les filles
assument une part de responsabilité disproportionnée au
5 Offrir et plaider pour des conditions de travail flexibles
pour les employés travaillant à domicile, en particulier
sein du ménage et au titre des soins à dispenser,18 et cela
les parents célibataires/aidants naturels et ceux qui
est exacerbé lors de crises sanitaires comme l’Ebola et la
fournissent un soutien par les pairs aux personnes vivant
COVID-19.19 Dans le monde, 70% des professionnels de santé
avec et vulnérables au VIH. Étendre la disponibilité de
sont des femmes, donc elles courent un plus grand risque
services de garde des enfants, par exemple en offrant
de contracter la COVID-19 à travers leur travail. De manière
des places à l’école aux parents/travailleurs clés et en
informelle, les femmes s’occupent davantage des enfants,
permettant aux amis, aux familles et aux voisins d’aider
des tâches ménagères et des soins dans la famille que les
les parents qu’ils connaissent.
hommes, ainsi que des membres âgés et malades de la
famille. Il se peut que cela soit encore plus difficile pour elles 6 Réévaluer la prestation de soins pour assurer la sécurité
pendant le confinement, avec les enfants à la maison, les financière de ceux qui exercent des rôles d’aidants (qui sont
restrictions de déplacement et d’achats, et le respect des principalement des femmes) et de soutien par les pairs dans
pratiques d’hygiène ou parce qu’il faut s’occuper des autres.20 le contexte du VIH, par des augmentations de salaire ou des
Les femmes vivant avec le VIH font un travail énorme non garanties de revenu minimum, ainsi que par un financement
rémunéré de mobilisation communautaire et de soutien par basé sur la confiance pour les organisations fournissant un
les pairs21 et, pendant le confinement, elles adaptent leur soutien par les pairs.
travail à la situation d’urgence22 (voir encadré ci-dessous). 20
Ibid.
L’extension du rôle d’aidant naturel des femmes pendant la 21
Salamander Trust et al (2020) The WHAVE Podcast Paper #1. Fund what works:
fund community-led women’s rights organisations for an effective, ethical and
crise de la COVID-19 s’est faite au détriment d’autres rôles, sustainable response to HIV. https://salamandertrust.net/wp-content/up-
loads/2019/02/20200331_The_WHAVE_paper1_Funding_Final.pdf (en anglais
notamment de leur capacité à gagner un revenu.23 uniquement)
22
ICW, GNP+ and YP+ (2020) Positive Living in the Time of Covid-19 https://www.
18
OECD (2014) Unpaid Care Work : The missing link in the analysis of gender gaps gnpplus.net/assets/Positive-Women-Living-in-the-time-of-COVID-19-Newsletter-
in labour outcomes - https://www.oecd.org/dev/development-gender/Un- 4-May-compressed.pdf (en anglais uniquement)
paid_care_work.pdf (en anglais uniquement) 23
OECD (2020) Women at the core of the fight against COVID-19 crisis http://www.
19
OECD (2020) Women at the core of the fight against COVID-19 crisis https:// oecd.org/coronavirus/policy-responses/women-at-the-core-of-the-fight-against-
www.oecd.org/coronavirus/policy-responses/women-at-the-core-of-the-fight- covid-19-crisis-553a8269/ (en anglais uniquement)
against-covid-19-crisis/ (en anglais uniquement) 24
Site Web de l’APH - http://aph.org.ua/en/category/news/ (en anglais uniquement)
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