Dimanche 13 septembre - Gustav Mahler (1860-1911) Le Chant de la terre - Royaumont

 
CONTINUER À LIRE
Dimanche 13 septembre - Gustav Mahler (1860-1911) Le Chant de la terre - Royaumont
P     R      O
                                                            G     R      A
          Festival
                                                            M     M      E
          de
          Royau
          mont
Dimanche 13 septembre
15h30 | Réfectoire des moines
Gustav Mahler (1860-1911)
Le Chant de la terre
Lucile Richardot mezzo-soprano
Yves Saelens ténor
Het Collectief
Thomas Dieltjens piano, celesta ; Dirk Luijmes harmonium ;
Wibert Aerts, Liesbeth Baelus violons ; Paul De Clerck alto ;
Martijn Vink violoncelle ; David Jay Murray contrebasse ; Toon Fret flûte piccolo ;
Piet van Bockstal hautbois, cor anglais ; Nele Delafonteyne clarinette ;
Valentina Pennisi clarinette basse ; Davy Callens contre-basson ;
Eliz Erkalp cor français ; Astrid Caring harpe ; Tom de Cock percussion
Gregor Mayrhofer direction
Dimanche 13 septembre - Gustav Mahler (1860-1911) Le Chant de la terre - Royaumont
- le port du masque est obligatoire dans la salle de concert
- à la fin du concert, merci d’attendre les instructions du personnel d’accueil pour quitter
votre place

Le Chant de la Terre
de Gustav Mahler
Ce concert est dédié à la mémoire de Reinbert de Leeuw, disparu le 14 février 2020, quelques
semaines après avoir achevé, avec le Het Collectief, l’enregistrement de son subtil arrangement
du Chant de la Terre pour le label Alpha. Ce disque paraît à l’occasion de ce concert, en vente à la
librairie-boutique.

Das Lied von der Erde
Das Lied von der Erde est un condensé de               ténor, alto (ou baryton) et orchestre » est
l’univers mahlérien, où l’inquiétude et                proposée par Reinbert de Leeuw dans une
le sens du tragique se mêlent à l’ironie               version de chambre, selon une pratique
de l’existence. Après avoir traversé                   initiée par Arnold Schönberg en 1918.
les épreuves de la terrible année 1907,                Pour sa nouvelle transcription,
marquée par la mort de sa fille Maria, le              R. de Leeuw a toutefois conservé certains
diagnostic de sa propre maladie cardiaque              instruments qui fondent l’identité de
et sa démission de l’Opéra de Vienne                   l’œuvre : tel le contrebasson qui nimbe
par suite d’attaques antisémites, Mahler               d’une sonorité sombre, quasi morbide, le
retrouva, à travers la poésie chinoise                 début de Der Abschied, ou la harpe qui par
traditionnelle, le goût et la force de la              son timbre éthéré, traduit le sentiment
création.                                              d’éternité. Cette instrumentation légère
Les sept poèmes, tirés de Die chinesische              rend possible en outre les nuances subtiles
Flöte qu’il choisit de mettre en musique               demandées par Mahler aux solistes
sont comme les échos de ses voix                       vocaux, tout en laissant s’épanouir le
intérieures. L’œuvre qu’il considérait                 lyrisme instrumental.
lui-même comme une « Symphonie pour

Reinbert de Leeuw (1938-2020)
Le pianiste, chef d’orchestre et                       tête du Het Collectief, quelques semaines
compositeur néerlandais Reinbert de                    avant sa disparition, constitue l’ultime
Leeuw a marqué par sa personnalité                     témoignage de son inspiration et de son
artistique l’univers de la musique moderne             adhésion fervente au message porté par
et contemporaine. L’enregistrement de                  cette œuvre.
sa transcription du Chant de la Terre à la

À voir sur royaumont.com/fr/festival20-het-collectief/ecouter-voir :
La nouvelle version du Chant de la terre expliquée par Benjamin Garzia, Reinbert de Leeuw,
Thomas Dieltjens et Francis Maréchal
Lucile Richardot mezzo
* 2007 : formation et concert Ottone in Villa de       Paris en musique ancienne, elle fonde
Vivaldi avec G. Lesne. 2007/2010 : formation et
production Cadmus et Hermione de Lully avec Le         en 2012 son ensemble, Tictactus. Du
Poème Harmonique, V. Dumestre. 2011/2012 :             médiéval au contemporain, du concert à
formation et production de L’Egisto de Mazzocchi       la scène, elle chante régulièrement avec
et Marazzoli avec les Paladins, J. Correas. 2013 :
                                                       Correspondances (Sébastien Daucé),
Moulinié, musique sacrée pour Gaston d’Orléans
XVIIe siècle avec l’Ensemble Correspondances.          Pygmalion (Raphaël Pichon), Les Arts
2014 : Motets pour les Couvents royaux avec            Florissants (Paul Agnew)… Soliste alto
l’Ensemble Correspondances ; The Tempest -             d’oratorio, elle est invitée par de grands
oratorio contemporain à partir de l’œuvre de
Shakespeare. 2018 : concert Perpetual Night            orchestres internationaux, tels que le
Lauréate de la Fondation Royaumont.                    Royal Liverpool Philharmonic Orchestra,
                                                       le Rotterdams Philharmonisch Orkest,
Initiée aux Petits Chanteurs à la Croix de
                                                       Tafelmusik à Toronto ou Les Violons du
Lorraine d’Epinal, formée à la Maîtrise
                                                       Roy à Québec.
de Notre-Dame de Paris, puis au CRR de

Yves Saelens ténor
* 1997 : sessions de formations avec Ruben Lifschitz   En tant que récitaliste, il interprète les
et Martin Isepp
                                                       grands cycles de lieds de Schumann,
Après des études de pédagogie, le ténor                Beethoven, Schubert, Brahms et Vaughan-
belge Yves Saelens étudie au Conservatoire             Williams ainsi que Le Chant de la terre de
royal de musique de Bruxelles et à la                  Mahler. Dans le domaine de l’opéra, Yves
Juilliard School de New York. Il participe à           Saelens se profile avant tout comme ténor
des concerts d’oratorio partout en Europe,             mozartien, mais il participe également à
en Amérique du Nord, en Asie et en                     de très nombreuses productions.
Australie.

Het Collectief
Het Collectief est un ensemble de                      et violoncelle) et de piano. Dans son
musiciens chambristes fondé en 1998                    répertoire, Het Collectief remonte aux
à Bruxelles. Composé d’un noyau dur                    sources du modernisme, c’est-à-dire la
de cinq musiciens, le groupe s’est forgé               Seconde École de Vienne. S’appuyant sur
un son d’ensemble instantanément                       cette base solide, Het Collectief explore les
reconnaissable, caractérisé par un                     œuvres significatives du vingtième siècle,
mélange inhabituel d’instruments à vent                sans fuir les courants expérimentaux tout
(flûte et clarinette), de cordes (violon               récents.

Gregor A. Mayrhofer direction
Gregor A. Mayrhofer se forme à la                      Music de New York.
composition, l’écriture et la direction                Gregor A. Mayrhofer est actuellement chef
d’orchestre à la Haute École de Musique                assistant de l’Orchestre philharmonique
et de Théâtre de Munich auprès de Jan                  de Berlin et il est la première personne
Müller-Wieland. Il se perfectionne ensuite             à avoir reçu la bourse Sir Simon Rattle
en direction d’orchestre dans la classe 2 1            de la Karajan Academy of the Berliner
d’Alan Gilbert (directeur musical du New               Philharmoniker.
York Philharmonic) à la Juilliard School of
* collaborations antérieures avec Royaumont
Soutiens
Ce concert est coproduit par la Fondation et la Médiathèque Musicale Mahler.
La Médiathèque Musicale Mahler a par ailleurs soutenu l’enregistrement de l’œuvre par le Het
Collectief pour le label Alpha.
La Médiathèque Musicale Mahler est soutenue par la DRAC Ile-de-France, le Fonds de La Grange-
Fleuret sous égide de la Fondation de France.
EY est grand partenaire de la Médiathèque Musicale Mahler.

Ce concert est filmé et diffusé en live avec le soutien du Syndicat mixte Val d’Oise Numérique.

Gustav Mahler : Le Chant de la Terre - label Alpha.
Ce disque paraît à l’occasion de ce concert ; en vente à la librairie-boutique.

Pour accéder au programme complet,
scannez ce QR code
Si vous n’avez pas de scanner, nous vous conseillons
de télécharger Kaspersky QR Code Scanner

                                         Grand partenaire de la
                                         Médiathèque Musicale Mahler
Gustav Mahler (1860-1911)
Le Chant de la terre
D’après Die chinesische Flöte de Hans Bethge (1876-1946)
Arrangement de Reinbert de Leeuw (2010)

1. Das Trinklied vom Jammer der Erde / Chanson à boire des misères de la terre
2. Der Einsame im Herbst / Le Solitaire en automne
3. Von der Jugend / De la jeunesse
4. Von der Schönheit / De la beauté
5. Der Trunkene im Frühling / L’ivrogne au printemps
6. Der Abschied / L’adieu

1. Das Trinklied vom Jammer der Erde                 Chanson à boire des misères de la terre
Schon winkt der Wein im gold’nen Pokale,             Déjà dans la coupe d’or le vin nous fait signe,
Doch trinkt noch nicht,                              Mais ne buvez pas encore,
erst sing’ ich euch ein Lied!                        écoutez d’abord ma chanson !
Das Lied vom Kummer                                  Et que cette chanson de la douleur
Soll auflachend in die Seele euch klingen.           En vos âmes résonne comme un éclat de rire.
Wenn der Kummer naht,                                Quand la douleur est proche,
Liegen wüst die Gärten der Seele,                    Les jardins de l’âme s’étendent déserts,
Welkt hin und stirbt die Freude, der Gesang.         Joie et chants se fanent et meurent.
Dunkel ist das Leben, ist der Tod.                   Sombre est la vie, sombre la mort.
Herr dieses Hauses!                                  Maître de ces lieux !
Dein Keller birgt die Fülle des goldenen Weins!      Ta cave recèle en abondance le vin doré !
Hier, diese Laute nenn’ ich mein!                    Ce luth, voici ce que je peux dire mien !
Die Laute schlagen und die Gläser leeren,            Jouer du luth et vider des verres
Das sind die Dinge, die zusammen passen.             Sont choses qui vont bien ensemble.
Ein voller Becher Weins zur rechten Zeit             Un verre rempli de vin, au bon moment,
Ist mehr wert, als alle Reiche dieser Erde!          Vaut plus que tous les royaumes de la terre !
Dunkel ist das Leben, ist der Tod!                   Sombre est la vie, sombre la mort.
Das Firmament blaut ewig und die Erde                Le firmament restera bleu éternellement, et la terre
Wird lange fest steh’n und aufblüh’n im Lenz.        Longtemps demeurera pour s’épanouir au printemps.
Du aber, Mensch, wie lang lebst denn du?             Mais toi, homme, combien de temps as-tu pour vivre ?
Nicht hundert Jahre darfst du dich ergötzen          On ne t’a pas même accordé cent ans pour jouir
An all dem morschen Tande dieser Erde!               De toutes les babioles pourrissantes de cette terre !
Seht dort hinab! Im Mondschein auf den Gräbern       Voyez là-bas ! Au clair de lune, sur les tombes,
Hockt eine wild-gespenstische Gestalt –              Une figure s’accroupit, sauvage, fantomatique –
Ein Aff’ ist’s! Hört ihr, wie sein Heulen            C’est un singe ! Écoutez comme son hurlement
Hinausgellt in den süßen Duft des Lebens!            Retentit dans le doux parfum de la vie !
Jetzt nehmt den Wein!                                Buvez maintenant votre vin !
Jetzt ist es Zeit, Genossen!                         Il est temps, camarades !
Leert eure gold’nen Becher zu Grund!                 Videz jusques au fond les coupes d’or !
Dunkel ist das Leben, ist der Tod!                   Sombre est la vie, sombre la mort.
2. Der Einsame im Herbst                       Le solitaire en automne
Herbstnebel wallen bläulich überm See;         Les brumes d’automne ondoient bleutées sur le lac ;
Vom Reif bezogen stehen alle Gräser;           Les herbes raidies sont toutes recouvertes de givre.
Man meint, ein Künstler habe Staub von Jade    On croirait qu’un artiste d’une poussière de jade
Über die feinen Blüten ausgestreut.            A saupoudré les fines efflorescences.
Der süße Duft der Blumen ist verflogen;        Le doux parfum des fleurs s’est envolé ;
Ein kalter Wind beugt ihre Stengel nieder.     Un vent froid courbe leurs tiges vers le sol.
Bald werden die verwelkten, gold’nen Blätter   Bientôt les feuilles d’or fanées
Der Lotosblüten auf dem Wasser zieh’n.         Des lotus dériveront au fil de l’eau.
Mein Herz ist müde.                            Mon cœur est fatigué.
Meine kleine Lampe Erlosch mit Knistern, es    Ma petite lampe dans un crépitement s’est
gemahnt mich an den Schlaf.                    éteinte, m’appelant au sommeil.
Ich komm’ zu dir, traute Ruhestätte!           Je viens à toi, demeure familière !
Ja, gib mir Ruh’,                              Oui, donne-moi le repos !
ich hab’ Erquickung not!                       J’ai tant besoin de réconfort!
Ich weine viel in meinen Einsamkeiten.         Je verse tant de larmes dans mes solitudes.
Der Herbst in meinem Herzen währt zu           L’automne en mon cœur s’attarde trop
lange.                                         longtemps.
Sonne der Liebe willst du nie mehr scheinen,   Soleil de l’amour, ne brilleras-tu jamais plus
Um meine bittern Tränen mild aufzutrocknen?    Pour sécher doucement mes larmes amères ?

3. Von der Jugend                              De la jeunesse
Mitten in dem kleinen Teiche                   Au milieu du petit étang
Steht ein Pavillon aus grünem                  Se dresse un pavillon de verte
Und aus weißem Porzellan.                      Et blanche porcelaine.
Wie der Rücken eines Tigers                    Comme le dos d’un tigre,
Wölbt die Brücke sich aus Jade                 Le pont de jade étend sa courbe
Zu dem Pavillon hinüber.                       Jusqu’au pavillon.
In dem Häuschen sitzen Freunde,                Dans la petite maison assis, des amis,
Schön gekleidet, trinken, plaudern.            Bien habillés, boivent, bavardent.
Manche schreiben Verse nieder.                 Certains écrivent des vers.
Ihre seidnen Ärmel gleiten                     Leurs manches de soie glissent,
Rückwärts, ihre seidnen Mützen                 Se retroussent, leurs bonnets de soie,
Hocken lustig tief im Nacken.                  Cocasses, se tiennent bas sur leur nuque.
Auf des kleinen Teiches stiller                Sur la surface calme
Wasserfläche zeigt sich alles                  Du petit étang, on voit toute chose
Wunderlich im Spiegelbilde.                    Merveilleusement se refléter.
Alles auf dem Kopfe stehend                    Tout est à l’envers
In dem Pavillon aus grünem                     Dans le pavillon de verte
Und aus weißem Porzellan;                      Et blanche porcelaine ;
Wie ein Halbmond steht die Brücke,             Comme un croissant de lune, l’arche
Umgekehrt der Bogen.                           Du pont est inversée.
Freunde, Schön gekleidet, trinken, plaudern.   Des amis, bien habillés, boivent, bavardent.

4. Von der Schönheit                           De la beauté
Junge Mädchen pflücken Blumen,                 Des jeunes filles cueillent des fleurs,
Pflücken Lotosblumen an dem Uferrande.         Cueillent des lotus au bord de l’eau.
Zwischen Büschen und Blättern sitzen sie,      Assises parmi buissons et feuillages,
Sammeln Blüten in den Schoß und rufen          Dans leurs jupes elles déposent les fleurs,
Sich einander Neckereien zu.                   Et se lancent des mots espiègles.
Gold’ne Sonne webt um die Gestalten,         Un soleil d’or brode leurs silhouettes
Spiegelt sie im blanken Wasser wider,        Et les reflète dans l’eau claire,
Sonne spiegelt ihre schlanken Glieder,       Au soleil se mirent leurs membres fins,
Ihre süßen Augen wider,                      Leurs doux yeux,
Und der Zephir hebt mit Schmeichelkosen      Le Zéphyr aux enjôleuses caresses
Das Gewebe Ihrer Ärmel auf,                  Soulève le tissu de leurs manches
Führt den Zauber Ihrer Wohlgerüche durch     Et dans les airs emporte
die Luft.                                    Le charme de leurs senteurs.
O sieh, was tummeln sich für schöne Knaben   Là-bas voyez ces beaux garçons s’ébattre
Dort an dem Uferrand auf mut’gen Rossen?     Au bord de l’eau, sur leurs vaillants coursiers !
Weithin glänzend wie die Sonnenstrahlen;     Brillant au loin comme les rayons du soleil ;
Schon zwischen dem Geäst der grünen Weiden   Déjà, par les ramures des saules verts,
Trabt das jungfrische Volk einher!           S’avance au trot la jeune troupe !
Das Roß des einen wiehert fröhlich auf       L’un des chevaux hennit joyeusement,
Und scheut und saust dahin,                  S’emballe et file ventre à terre ;
Über Blumen, Gräser wanken hin die Hufe,     Par-dessus fleurs et herbes s’élancent ses sabots,
Sie zerstampfen jäh im Sturm die             Ouragan écrasant soudain les pousses
hingesunk’nen Blüten,                        couchées,
Hei! Wie flattern im Taumel seine Mähnen,    Ah ! comme en sa fougue s’agite sa crinière,
Dampfen heiß die Nüstern!                    Et comme fument ses naseaux !
Gold’ne Sonne webt um die Gestalten,         Un soleil d’or brode les silhouettes
Spiegelt sie im blanken Wasser wider.        Et les reflète dans l’eau claire.
Und die schönste von den Jungfrau’n sendet   Et la plus belle des jeunes filles le suit
Lange Blicke ihm der Sehnsucht nach.         D’un long regard languissant.
Ihre stolze Haltung ist nur Verstellung.     Sa fière allure n’est que feintise.
In dem Funkeln ihrer großen Augen,           Dans le scintillement de ses grands yeux,
In dem Dunkel ihres heißen Blicks            Dans le noir de son regard ardent,
Schwingt klagend noch die Erregung ihres     Résonne plaintif encore l’émoi de son cœur.
Herzens nach.

5. Der Trunkene im Frühling                  L’ivrogne au printemps
Wenn nur ein Traum das Leben ist,            Si la vie n’est qu’un rêve,
Warum denn Müh’ und Plag’!?                  À quoi bon labeur et peine ?
Ich trinke, bis ich nicht mehr kann,         Je bois jusqu’à n’en plus pouvoir,
Den ganzen, lieben Tag!                      Du matin jusqu’au soir !
Und wenn ich nicht mehr trinken kann,        Et quand je ne peux plus boire,
Weil Kehl’ und Seele voll,                   L’âme et le gosier pleins,
So tauml’ ich bis zu meiner Tür              Je titube jusqu’à ma porte
Und schlafe wundervoll!                      Et dors merveilleusement !
Was hör’ ich beim Erwachen? Horch!           Qu’entends-je à mon réveil ? Écoute !
Ein Vogel singt im Baum.                     Un oiseau chante dans l’arbre.
Ich frag’ ihn, ob schon Frühling sei,        Je lui demande si le printemps est déjà là,
Mir ist als wie im Traum.                    Il me semble que je rêve.
Der Vogel zwitschert: Ja!                    L’oiseau gazouille : oui !
Der Lenz ist da, sei kommen über Nacht!      Le printemps est là ! Il est arrivé cette nuit !
Aus tiefstem Schauen lauscht’ ich auf,       Du fond de ma contemplation je tends l’oreille,
Der Vogel singt und lacht!                   L’oiseau chante et rit !
Ich fülle mir den Becher neu                 Derechef je remplis ma coupe
Und leer’ ihn bis zum Grund                  Et la vide jusqu’au fond,
Und singe, bis der Mond erglänzt             Je chante jusqu’à ce que brille la lune,
Am schwarzen Firmament!                      Au sombre firmament !
Und wenn ich nicht mehr singen kann,            Et quand je ne peux plus chanter,
So schlaf’ ich wieder ein.                      Je me rendors.
Was geht mich denn der Frühling an!?            Que m’importe le printemps ! ?
Laßt mich betrunken sein!                       Laissez-moi mon ivresse !

6. Der Abschied                                 L’adieu
Die Sonne scheidet hinter dem Gebirge.          Le soleil disparaît derrière la montagne.
In alle Täler steigt der Abend nieder           Dans toutes les vallées descend le soir
Mit seinen Schatten, die voll Kühlung sind.     Aux ombres pleines de fraîcheur.
O sieh! Wie eine Silberbarke schwebt            Regarde ! Comme une barque argentée s’élève
Der Mond am blauen Himmelssee herauf.           La lune sur le bleu lac céleste.
Ich spüre eines feinen Windes Weh’n             Je sens le souffle d’une brise légère
Hinter den dunklen Fichten!                     Derrière les sombres sapins !
Der Bach singt voller Wohllaut durch das        Le ruisseau chante mille mélodies dans
Dunkel.                                         l’obscurité.
Die Blumen blassen im Dämmerschein.             Les fleurs pâlissent dans le crépuscule.
Die Erde atmet voll von Ruh’ und Schlaf.        La terre respire, pleine de calme et de sommeil.
Alle Sehnsucht will nun träumen,                Toute mélancolie maintenant veut rêver.
Die müden Menschen geh’n heimwärts,             Les hommes fatigués rentrent chez eux,
Um im Schlaf vergess’nes Glück                  Pour réapprendre dans le sommeil
Und Jugend neu zu lernen!                       Le bonheur oublié et la jeunesse !
Die Vögel hocken still in ihren Zweigen.        Les oiseaux silencieux se blottissent dans les
Die Welt schläft ein!                           branchages.
                                                Le monde s’endort !
Es wehet kühl im Schatten meiner Fichten.       À l’ombre de mes sapins souffle une brise fraîche.
Ich stehe hier und harre meines Freundes;       C’est là que j’attends mon ami ;
Ich harre sein zum letzten Lebewohl.            Je l’attends pour le dernier adieu.
Ich sehne mich, o Freund, an deiner Seite       J’ai hâte, oh mon ami, d’être à ton côté
Die Schönheit dieses Abends zu genießen.        Pour savourer la beauté de ce soir.
Wo bleibst du?                                  Où donc es-tu ?
Du läßt mich lang allein!                       Tu me laisses bien longtemps seul !
Ich wandle auf und nieder mit meiner Laute      Je vais et viens, accompagné de mon luth,
Auf Wegen, die von weichem Grase schwellen.     Sur des sentiers foisonnant d’herbe souple.
O Schönheit! O ewigen Liebens – Lebens –        Ô beauté ! Ô monde à jamais ivre d’amour
trunk’ne Welt!                                  et de vie !
Er stieg vom Pferd und reichte ihm den Trunk    Il descendit de cheval et lui tendit le breuvage
Des Abschieds dar.                              De l’adieu.
Er fragte ihn, wohin er führe                   Il lui demanda où il partait,
Und auch warum es müßte sein.                   Et pourquoi il le fallait.
Er sprach, seine Stimme war umflort.            Il parla, sa voix était voilée.
Du, mein Freund,                                Mon ami,
Mir war auf dieser Welt das Glück nicht hold!   Le bonheur ne m’a pas souri sur cette terre !
Wohin ich geh’? Ich geh’, ich wand’re in die    Où vais-je ? Je vais, je marche dans les
Berge.                                          montagnes.
Ich suche Ruhe für mein einsam Herz.            Je cherche le repos pour mon cœur solitaire.
Ich wandle nach der Heimat, meiner Stätte.      J’irai vers mon pays natal, vers mon foyer.
Ich werde niemals in die Ferne schweifen.       Jamais plus je n’errerai au loin.
Still ist mein Herz und harret seiner Stunde!   Mon cœur est serein, il attend son heure !
Die liebe Erde allüberall                       De toutes parts, la terre bien aimée
Blüht auf im Lenz und grünt aufs neu!           Fleurit au printemps et verdit à nouveau !
Allüberall und ewig                             Des toutes parts, éternellement,
blauen licht die Fernen!                        les lointains s’éclairent de teintes bleutées !
Ewig... ewig...                                 Éternellement… éternellement…
Vous pouvez aussi lire