Espaces Pluriels 19 20 - danse théâtre

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Espaces Pluriels 19 20 - danse théâtre
Espaces
 Pluriels
19 — 20

            danse
              théâtre
            cirque
Espaces Pluriels 19 20 - danse théâtre
04   Le Marteau                                    RÉSONANCE (S)

                                                                       et la Faucille                           38   Muyte maker
                                                                       JULIEN GOSSELIN                               F LO R A D É T R A Z

                                                                  06   Qui a tué                                40   Tutuguri
                                                                       mon père                                      F LO R A D É T R A Z
                                                                       S TA N I S L A S N O R D E Y
                                                                                                                42   Beloved
                                                                  08   D’après nature                                Shadows
                                                                       LA TIERCE                                     N AC H

                                                                  10   Lettres                                  44   Trottoir
                                                                       non écrites                                   VOLM I R CORDE I RO
                                                                       D AV I D G E S E L S O N
                                                                                                                46   étrangler
                                                                  12   Fix Me                                        le temps
                                                                       ALBAN RICHARD
                                                                                                                     boléro 2
                                                                  14   Falaise                                       B O R I S C H A R M AT Z
                                                                       BARO D’EVE L                                  EMMANUELLE HUYNH
                                                                                                                     ODILE DUBOC
                                                                  16   Vertikal
                                                                       MOURAD M E RZOUKI
                                                                                                                48   Celui qui tombe
                                                                  20   Antoine et                                    YO A N N B O U R G E O I S
                                                                       Cléopâtre                                52   Géométries
                                                                       T I AG O R O D R I G U E S
                                                                                                                     du dialogue
                                                                  22   Refuge                                        J U S T I N E M AC A D O U X
                                                                       VINCENT DUPONT                                CORALIE MANIEZ

                                                                  24   Maelström                                54   Le bain
                                                                       PA S C A L E D A N I E L- L AC O M B E        GAËLLE BOURGES

couverture
                                                                  26   Work                                     56   La
AMY FRIEND
THERE IT IS
                                                                       C L AU D I O S T E L L AT O                   Consagración
M U LT I -V E R S E , 2 0 1 7
                                                                  30   Fúria                                         de la Primavera
C O U R T E SY I N C A M E R A GA L E R I E                                                                          S Y LV I E C O U R V O I S I E R
                                                                       LIA RODRIGUES
Les images de la série Multi-Verse d’Amy Friend sont                                                                 I S R A E L G A LVÁ N
créées à partir d’un mélange de photographies vernaculaires
et de sa propre photographie, transformées par le biais
                                                                  32   Le silence                               58   Fase
de diverses manipulations appliquées manuellement à la                 et la peur                                    ANNE TERESA DE KEERSMAEKER
surface du tirage. Elles évoquent des univers parallèles par           D AV I D G E S E L S O N                      ROSAS
leurs variations de temps, d’emplacement, de sujet et les
perforations qui laissent filtrer la lumière à travers l’image.   34   Quasi niente                             65   I N S TA N T S P L U R I E L S
En réaction aux troubles politiques et environnementaux qui            D O R A D E F LO R I A N                 70   S TAG E S E T W O R K S H O P S
grèvent le monde, Amy Friend joue sur des oppositions :                A N T O N I O TAG L I A R I N I          73   CALENDRIER
partant d’images représentant des moments paisibles
                                                                                                                74   TA R I F S
de la vie quotidienne, des moments de tranquillité, de
beauté, des portraits de mères et d’enfants, elle crée des
perturbations qui laissent poindre l’idée d’une réalité plus
sombre. Amy Friend a grandi dans la banlieue de Windsor,
Ontario au Canada, où elle réside actuellement. Son travail
photographique est exposé dans de nombreux pays.
Espaces Pluriels 19 20 - danse théâtre
La scène Espaces Pluriels renforce de saison en saison son
engagement à l’égard de l’actualité de la création. S’exprime ainsi
le désir d’en faire partager l’effervescence et les questionnements.
Initiées par des artistes provenant de nombreux pays, les œuvres
rassemblées révèlent une multiplicité d’imaginaires singuliers.
Elles traduisent cette force politique inhérente à l’art.
Chaque saison se fonde sur un jeu de correspondances entre
les pièces. La programmation théâtrale se centre sur un théâtre
explorant la littérature contemporaine, un théâtre qui excelle dans
l’enchevêtrement des sources, qu’elles proviennent d’archives,
de documents autobiographiques, de textes dramatiques ou de
romans, un théâtre où le sens surgit des liens entre l’intime et
le politique. La création Le silence et la peur de David Geselson
consacrée à Nina Simone, celle de Julien Gosselin Le Marteau
et la Faucille sur une nouvelle de l’écrivain américain Don
DeLillo ainsi que le spectacle Qui a tué mon père de Stanislas
Nordey en sont des exemples. Grâce à ces œuvres, la littérature
rejoint l’écriture pamphlétaire, des récits autobiographiques,
de grands événements de l’histoire.
Quant aux pièces chorégraphiques illustrant cette saison,
plusieurs d’entre elles mettent en jeu ce défi fascinant et
constamment renouvelé qui consiste à confronter une partition
musicale à une partition chorégraphique. Moment inédit, Israel
Galván, figure majeure du flamenco contemporain, présente
sa nouvelle création La Consagración de la Primavera, un
concert dansé coécrit avec la pianiste et compositrice Sylvie
Courvoisier sur et en écho à la partition du Sacre du printemps
d’Igor Stravinsky. Le chorégraphe Alban Richard accompagné
d’Arnaud Rebotini, personnalité marquante de la scène électro
française, signent avec le spectacle Fix Me une percutante
symphonie techno d’une énergie jubilatoire.
Résonance(s), temps fort danse, s’ouvre à une nouvelle
génération. À l’écoute de ses réflexions, cette édition 2020
regroupe des artistes — Flora Détraz, Nach, Volmir Cordeiro,
Boris Charmatz et Emmanuelle Huynh — ayant parmi leur
actualité celle de créer des spectacles faisant référence à des
sources chorégraphiques, cinématographiques ou vocales.
Ils retiennent de celles-ci leur charge évocatrice, leur capacité
à interroger le présent et à transformer leurs danses.
Au fil de cette saison composée de 24 spectacles de danse,
de théâtre et de cirque, nous percevons à quel point l’art
est en prise directe avec notre temps.
Carole Rambaud, directrice
Espaces Pluriels 19 20 - danse théâtre
théâtre
J E U D I 0 3 & V E N D R E D I 0 4 O CTO B R E 2 0 H 3 0
T H É ÂT R E S A R AG O S S E
TA R I F B / D U R É E 1 H 0 0

                   Le Marteau
                  et la Faucille
                                    Julien
                                   Gosselin

Après Michel Houellebecq et Roberto                     financiers ayant fait fortune dans les
Bolaño, le metteur en scène Julien Gosselin             hedge funds ou marchands d’arts ayant
poursuit son exploration scénique de la                 détourné des milliards de dollars. [...]
littérature d’aujourd’hui et de la violence             Écrit en réaction à la crise économique
de nos sociétés à travers une nouvelle de               mondiale de 2008, le texte est bien
l’Américain Don DeLillo. Ses spectacles                 plus qu’une condamnation des excès du
s’offrent comme une expérience sensible,                capitalisme financier. Il est une réflexion
un champ magnétique où la violence, les mots            sur la possession et la perte, sur la fragilité
et les images s’aimantent et se repoussent.             des hommes, sur leurs rêves de liens, sur
                                                        l’absence d’espoir. » Julien Gosselin
D’abord intégré au spectacle Joueurs,
Mao II, Les Noms, créé au Festival d’Avignon
en 2018 et magnifiquement interprété par                Création 2019
le comédien Joseph Drouet, Le Marteau                   Texte Don De Li l l o / Traduc t i on Ma ri a n n e Véron /
                                                        Ada pt at i on et m i se e n scèn e J u l i e n G osse l i n / Ave c
et la Faucille est ici présenté seul, dans
                                                        J ose p h Drouet / S cén o g ra p h i e Hu b e r t C ol as /
son immense simplicité. La mise en scène                Assi sté de An d réa Bag l i on e / C réati on m us i ca l e
laisse toute la place aux mots de Don                   G u i l l a u me Bache l é, Maxe n ce Va n deve l de / C réati on
                                                        l u m i ère s Ni col as J ou b e r t / C réati on vi dé o P i e rre
DeLillo, à cette vision monumentale du vide
                                                        Ma r ti n / C réat i on son ore J u l i e n Fe r yn / C ost u me s
contemporain . « Le Marteau et la Faucille              C a rol i n e Tave rn i e r / Ad m i n i st rati on - p ro duc ti on -
raconte l’histoire d’un homme, Jerold                   d i f f usi on Eugén i e Te sson / Orga n i s at i on tou rn é e -
                                                        com m u n i cati on Em ma n ue l Mou rma nt / Ad m i n i strat i on
Bradway, dont nous comprenons qu’il a
                                                        Pa u l L acou r- Le b ouvi e r / Di re c ti on te ch n i q ue Ni col as
été trader dans une autre vie et qu’il vit              Ahssa i n e / Di re c te u r te ch n i q ue adjoi nt Vi a n n ey Bru n i n
aujourd’hui dans une prison, un camp aux
contours flous, surplombant l’autoroute,
passant d’une salle TV au terrain de football
des détenus, tous comme lui puissants

                                                    5
Espaces Pluriels 19 20 - danse théâtre
théâtre
M A R D I 2 2 O CTO B R E 2 0 H 3 0
T H É ÂT R E S A R A G O S S E
TA R I F B / D U R É E 1 H 5 0

                          Qui a tué
                          mon père
                                Stanislas
                                 Nordey

Après En finir avec Eddy Bellegueule                 Dans sa pratique d’acteur, Stanislas Nordey
(2014) et Histoire de la violence (2016),            aime à porter les figures des auteurs
Édouard Louis, révélation fulgurante du milieu       eux-mêmes : il est Falk Richter dans My
littéraire de ces dernières années , a écrit         Secret Garden et Je suis Fassbinder,
Qui a tué mon père à l’invitation du metteur         Pascal Rambert dans Clôture de l’amour
en scène et directeur du Théâtre national            et dans Répétition... Il se fond donc tout
de Strasbourg Stanislas Nordey. Le texte est,        naturellement dans la ligne percutante et
d’une part, un magnifique chant d’amour et           sensible d’un auteur qui donne la parole
de réconciliation, une plongée dans la               aux invisibles. La voix ferme et intense, il
mémoire, un retour à l’enfance et, d’autre           restitue sans pathos ce fragile duo père-fils
part, un pamphlet politique écrit dans               qui exsude une tendresse refoulée.
l’urgence et la nécessité , dans le feu,
comme le dit lui-même Édouard Louis.                 Tex te Éd oua rd Lou is / Mise en scè ne et j eu
                                                     S ta n islas Nord ey / Col la b oration a r tistique Cla i re
Avec ce texte brûlant au carrefour de                i n g rid Cotta ncea u / Lu m iè res S té ph a n ie Da n iel /
l’intime et du politique, l’écrivain s’engage        S cé no g ra ph ie Em m a n uel Clolus / Com p osition
                                                     m usic a le O l iv ier Mel la no / Cré ation sonore Gré g oi re
dans ce qu’il nomme une « littérature de
                                                     L ey ma rie / Cla ri nettes Jon Ha nd elsm a n / S c u l ptu res
la confrontation ». Qui sont les gens qu’on          An ne Leray et Ma rie-Cé c i le Kol ly /
appelle « les classes populaires » et que
                                                     Ave c la pa r tic i pation a m ic a le d e Waj d i Mouawad /
les hommes et femmes politiques méprisent            L e d é cor et les costu m es ont été ré a l isé s pa r les
avec un tel cynisme ? La figure du père              atel iers d u TNS / D’a prè s le l iv re Qu i a tué m on p è re
                                                     d ’Éd oua rd Lou is, pu bl ié a ux é d itions d u S eu i l.
écrasé par la violence sociale et privé de
                                                     © 20 18 , Éd oua rd Lou is, tous d roits ré ser vé s.
parole se démultiplie tandis que le décor
minimal imaginé par Emmanuel Clolus,
collaborateur également de Wajdi Mouawad,
se peuple de mannequins.

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Espaces Pluriels 19 20 - danse théâtre
danse
M E RC R E D I 0 6 N OV E M B R E 2 0 H 3 0
T H É ÂT R E S A R AG O S S E
TA R I F B / D U R É E 1 H 0 0

                               D’après
                               nature
                                 La Tierce

« La dernière pièce de la compagnie La             À la lisière de l’abstraction et de la fiction,
Tierce fait résonner en nous un spectacle-         D’après nature orchestre une ineffable
paysage dont la maîtrise et le minimalisme         polyphonie de sensations qui semble rendre
ne font qu’aviver la puissance poétique.           palpable jusqu’à la texture des éléments , et
Un art du contrepoint où la danse se               qui fait chanceler nos représentations. »
fait polyphonie de sensations. […]                 David Sanson, mouvement.net, janvier 2019.
Car c’est bien un paysage, ou plutôt une
                                                   La Tierce, portée par les chorégraphes
« accumulation sensible » de paysages
                                                   Sonia Garcia, Séverine Lefèvre et Charles
continuellement changeants, toujours
                                                   Pietri, est implantée à Bordeaux depuis
vivants, perpétuellement remodelés par
                                                   2014. Ses créations questionnent l’écriture
l’infinie et infime variation des éléments,
                                                   du mouvement, déployant une poésie
de lumière ou du vent, qui vont se faire
                                                   subtile de la simplicité.
jour (et nuit) sous nos yeux. Paysages
nés de la lente et patiente manipulation de
                                                   C on ce pti on , e s p ace et choré g ra p h i e L a T i e rce —
quelques formes simples — principalement
                                                   S on i a G a rci a, S éve ri n e Lefèvre, C ha rl e s P i etri /
des carreaux de plâtre, blancs comme               C réati on m us i ca l e C l éme nt Be rn a rde a u, Kévi n
une feuille de papier de riz — motivant les        Ma l fa i t / Inte rp rétat i on C l éme nt Be rn a rde a u, S on i a
                                                   G a rci a, S éve ri n e Lefèvre, Kévi n Ma l fa i t , C ha rl e s
déplacements des danseurs, que ceux-ci             P i etri / C réat i on l u m i ère S e rge Da mon / Re ga rd
ne vont cesser de réagencer, tour à tour           extéri e u r P i e rre P i et ri / Texte s S on i a G a rci a, S éve ri n e
colonnes ou cailloux, obstacles ou lignes          Lefèvre, C ha rl e s P i etri / Ave c l a voi x de P h i l i p p
                                                   En de rs / P ro duc t i on et d i f f us i on J e a n n e Da nt i n /
de fuite, socles ou stèles. Paysages nés,
                                                   Re me rci e me nt s J e a n - Em ma n ue l Be l ot, Cyri e l l e Nava l ,
aussi, des subtiles variations de la lumière       C ol l e c t i f a.a.O, Pa u l i n e L a ri vi ère
et du son, des jeux de l’obscurité et
du silence, suivant un même parti pris
d’apparent dénuement. […]

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Espaces Pluriels 19 20 - danse théâtre
théâtre
M E RC R E D I 1 3 & J E U D I 1 4 N OV E M B R E        A P P E L À PA R T I C I PAT I O N
                                                         LETTRES NON ÉCRITES
2 0 H 3 0 T H É ÂT R E S A R AG O S S E
TA R I F C / D U R É E 4 5 M I N E N V I R O N

                        Lettres
                      non écrites
                                   David
                                  Geselson

David Geselson avait su, avec une économie               Seuls éléments de scénographie une
de moyens et de mots, mettre en scène la                 table, un ordinateur et une imprimante,
sublime lettre écrite par André Gorz à sa                qui contrastent par leur prosaïsme avec
femme Doreen dans un spectacle accueilli                 le contenu, si précieux, des mots. Lettres
en ouverture de la saison 17/18. Dans                    non écrites est une façon de maintenir de
Lettres non écrites, c’est aux mots et à                 la liberté et de la vivacité dans l’acte de
l’intime des spectateurs eux-mêmes qu’il                 création mais aussi de créer un lien sensible
offre son talent et celui de la comédienne               entre le théâtre et ceux qui le fréquentent.
Marina Keltchewsky. Il invite, à chaque                  Une manière de dire que le théâtre contient
représentation, cinq personnes à lui confier             juste cela : la possibilité de venir parler,
une lettre « non-écrite », lettre jamais                 de se parler, d’habiter une communauté.
envoyée, jamais commencée, impossible
à écrire, qu’il mettra lui-même en mots .
                                                         Conception et é c ritu re Dav id G eselson /
Chacun des textes devient la micropartie                 Ave c (en a lterna nce) Vid é o Jé ré m ie S c h eid ler /
                                                         S on et i nterprétation Loïc Le Roux / Lu m iè re Jé ré m ie
d’un tout, sorte de bibliothèque des
                                                         Pa pi n / S cé no g ra ph ie Lisa Nava rro / I nterprétation
inachevés, où flotte une collection de lettres           D av id G eselson, Ma ri na Keltc h ewsk y (d istri bution
sans destinataires dans laquelle le metteur              e n cou rs) / Ré g ie g é né ra le Sy lva i n Ta rd y /
                                                         Ad m i n istration, pro d uc tion AlterMac h i ne —
en scène puise pour construire sur le vif
                                                         N ou ra S a i rou r / Com m u n ic ation AlterMac h i ne —
son spectacle. De cet ensemble collecté                  Ca role Wi l lemot
à Pau et ailleurs, David Geselson tire une
performance unique montée le jour-même,
qui a pour sujet l’humain, ses passions,
ses luttes, ses espoirs, dans une fiction de
l’intime incarnée avec justesse et simplicité.

                                                    10
Espaces Pluriels 19 20 - danse théâtre
danse
     JEUDI 05 DÉCEMBRE 20H30                                 STAG E DANSE

     E S PAC E J A M E S C H A M B AU D LO N S               MAX FOSSAT I
                                                             SAM E DI 07 & DI MANC H E 08 DÉC E M BR E
     TA R I F B / D U R É E 1 H 0 0
                                                             T H É ÂT R E S A R A G O S S E
     E N PA R T E N A R I AT AV E C
     L’ E S PAC E J A M E S C H A M B AU D

                                             Fix Me
                                   Alban Richard
                                             CCN DE CAEN EN NORMANDIE
                                                       AV E C

                              Arnaud Rebotini

     Prenant le parti de construire dans ses                 Stroboscopes à vitesse variable et flashs
     créations un corps spécifique à chaque                  lumineux, la lumière de Jan Fedinger
     nouvelle forme musicale abordée, Alban                  enveloppe interprètes et spectateurs dans
     Richard, chorégraphe et directeur du CCN                un même espace à la fois hypnotique et
     de Caen en Normandie, s’intéresse ici à                 vibratoire. Les corps, eux, sont mus jusqu’à la
     l’énergie sonore de prêches d’évangélistes              transe par le débit textuel, le rythme, la rage
     noires américaines, de discours politiques et           de convaincre. Rivalisant d’énergie pour
     de chansons de hip-hop féministes . Calquée             accaparer le regard et l’écoute du public,
     sur la structure d’une symphonie classique,             musique et danse interagissent étroitement
     la danse dialogue avec les boites à rythmes             jusqu’à l’épuisement.
     et les synthés vibrants manœuvrés par
     Arnaud Rebotini , figure de la scène électro            C on ce pti on , choré g ra p h i e Al b a n R i cha rd /
     française, récompensé pour la BO du film                Musi q ue ori g i n a l e et i nte rp rét at i on l i ve Arn a ud
                                                             Re b ot i n i / C ré é et i nte rp rété p a r Ai n a Al e g re,
     120 battements par minute.
                                                             Mél a n i e C hol et, Max Fossati , Asha T homas / Lu m i ère
                                                             J a n Fe d i n ge r / Ré g i e l u m i ère Li on e l C ol et / S on
     Le titre Fix Me joue sur un triple sens :
                                                             Va n e ssa C ou r t / Ré g i e son De n i s Du p u i s / C ostu me s
     il signifie à la fois « aide-moi » et « regarde         Fa n ny Brouste / Réa l i s at i on cost u me s Yol èn e
     moi », pouvant également faire allusion au              G ua i s / Dra matu rg i e An n e Ke rst i n g / Ass i sta n at
                                                             choré g ra p h i q ue Da p h n é Ma uge r / C on se i l e n a n a l yse
     shoot de drogue. Les quatre danseurs sont
                                                             fon c t i on n e l l e du corp s da n s l e mouve me nt da n sé
     bien dans une forme d’ultra-présence , dans             Nat ha l ie S ch u l ma n n / Ré g i e gén éra l e et p l ate a u
     un appel constant au regard du spectateur.              Ol i vi e r In gouf / Ré g i sse u r de tou rn é e d’Arn a ud
                                                             Re b ot i n i Ma rco Pasch ke / Da n se u rs stag i a i re s El s a
     La pièce se construit sur une production
                                                             Du monte l et Hugue s Ron de p i e rre
     incessante de sons et de mouvements,
     comme dans un prêche où la parole
     invective et tourne en boucle.

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Espaces Pluriels 19 20 - danse théâtre
cirque
MARDI 17 DÉCEMBRE 20H30
L E PA R V I S TA R B E S
TA R I F PA R V I S / D U R É E E S T I M É E 1 H 3 0
E N PA R T E N A R I AT AV E C L E PA R V I S
S C È N E N AT I O N A L E TA R B E S P Y R É N É E S

                                           Falaise
                                                        Baro
                                                        d’evel

Baro d’evel, compagnie de cirque franco-                       espace distribué sur plusieurs étages.
catalane dirigée depuis 2006 par Camille                       Le jeu entre le noir et le blanc donne
Decourtye et Blaï Mateu Trias, pense la                        à ressentir les basculements subtils entre
dramaturgie de ses pièces comme des                            équilibre et déséquilibre, mais aussi un
poèmes intérieurs qui embarquent le                            phénomène de contagion mutuelle de ces
spectateur dans un rêve éveillé. Comme                         deux intensités. Falaise nous invite à plonger
leurs précédents spectacles Mazùt (2012)                       dans un territoire intérieur où tout est lié,
et Bestias (2015), le diptyque Là, sur la falaise              tout est relié, tout bouge et se transforme.
développe la part de spontanéité que l’animal
impose aux acteurs , réduisant la distance                     Création 2019
entre l’homme et l’animal pour déplacer
                                                               Auteu rs, metteu rs en scè ne Ca m i l le De cou r tye et
le regard sur notre condition.                                 B l a ï Mateu Trias / Au platea u No ë m ie Bou issou,
                                                               Ca m i l le De cou r tye, Cla i re L a m oth e, Bla ï Mateu Trias,
Cette dernière création donne naissance                        Oriol Pla, Ju l ia n Sic a rd , Ma r ti S oler, G u i l lerm o
à deux formes inverses nées dans un même                       We ic ker t, u n c h eva l et d es pig e ons / Col la b oration
élan. Pièces en noir et blanc, sur l’équilibre                 à la m ise en scè ne Ma ria Muñ oz – Pep Ra m is, Ma l
                                                               Pe lo / Col la b oration à la d ra m atu rg ie Ba rba ra
et le déséquilibre , les corps cherchent
                                                               M éta is-Ch asta n ier / S cé no g ra ph ie Lluc Castel ls /
dans la répétition, font et refont avec une                    Col la b oration m usic a le et c ré ation sonore Fre d Bü h l /
certaine férocité, s’obsèdent, s’amusent à se                  Cré ation lu m iè res Ad è le Gré pi net / Cré ation costu m es
                                                               Cél i ne S ath a l / Musique en re g istré e Jo el Ba rd olet /
perdre dans de nouvelles textures de son.                      Ré g ie g é né ra le Cy ri l Montei l / Ré g ie platea u Flav ien
Là (2018) osait le dépouillement grâce à des                   Rena ud on / Ré g ie a n i m a ux Nad i ne Nay / Pro d uc tion-
propositions aussi fortes que simples autour                   D i f f usion L a u rent Ba l lay, Ma rie Bata i l lon / Attac h é d e
                                                               p ro d uc tion Pierre Com pay ré
de la voix et du corps. Falaise intègre cette
matière dans une épopée, un foisonnement
provoqué par une tribu composée d’humains,
de chevaux et d’oiseaux habitant un même

                                                          14
Espaces Pluriels 19 20 - danse théâtre
danse
     MERCREDI 18 DÉCEMBRE 20H30
     Z É N I T H D E PAU
     TA R I F A / D U R É E 1 H 1 0

                              Vertikal
                                    Mourad
                                    Merzouki

     Figure incontournable du mouvement hip-                La dimension spectaculaire de la danse
     hop depuis le début des années 1990, le                hip-hop, transfigurée par l’apesanteur ,
     chorégraphe Mourad Merzouki, aujourd’hui               se superpose à la sensibilité du geste
     directeur du Centre chorégraphique national            sans l’occulter. C’est au contraire dans
     de Créteil, inscrit son travail au carrefour           le détournement des codes et la liberté
     de multiples disciplines. Sur la danse                 du mouvement que la magie opère :
     hip-hop explorée dans tous ses styles, se              la virtuosité se fait délicatesse et les figures
     greffent le cirque, les arts martiaux, les arts        acrobatiques, suspendues, semblent frôler
     plastiques, la vidéo et la musique live. Le            le sol avec une douceur vertigineuse .
     dispositif imaginé pour Vertikal par Fabrice           La fluidité parfaite du mouvement et
     Guillot, chorégraphe et directeur artistique           les liens ténus qui relient les danseurs
     de la compagnie Retouramont, offre à Mourad            sont autant de lignes de fuite d’où émane
     Merzouki un champ d’expérimentation                    l’illusion de l’envol.
     nouveau , une nouvelle surface où déployer
     sa danse hybride.                                      Di re c ti on a r ti st i q ue et choré g ra p h i e Mou rad
                                                            Me rzou ki / C réati on m us i ca l e Arma n d Ama r / Mi se
     Après la troisième dimension explorée dans             à d i s p osi t i on d’u n e sp ace scén i q ue aéri e n Fa b ri ce
     Pixel, c’est tout le système des appuis et             G u i l l ot, ci e Retou ra mont / Ass i sta nte du choré g ra p he
                                                            Ma rjori e Ha n n ote a ux / Lu m i ère s Yoa n n T i vol i , ass i sté
     le rapport au sol de la danse hip-hop qui              de Ni col as Fa uche ux / S cén o g ra p h i e Be n ja m i n
     se trouvent bouleversés par le croisement              Le b reton / C ostu me s Pasca l e Rob i n , ass i sté e de
     avec la danse verticale. Tour à tour                   G we n dol i n e G ra n dje a n / Mi se e n œuvre de s ag rès
                                                            Yve s Fa uchon / Formati on e n aéri e n Isa b e l l e P i n on /
     voltigeurs, porteurs ou contrepoids, les dix           Ave c Fra n ci sca Al va rez , Rém i Aute cha ud, Kade r
     interprètes s’approprient l’espace aérien,             Be l mokt a r, Sa b ri C ol i n , Natha l i e Fa uq uet te, Pa u l i n e
     naviguant du visible à l’invisible, dans une           J ou rn e, Vi n ce nt L af i f, Ma ud Paye n , Ma n on Payet,
                                                            Te ddy Ve ra rdo
     interaction permanente avec la musique très
     cinématographique d’Armand Amar.

16                                                     17
19
théâtre
V E N D R E D I 1 0 & SA M E D I 1 1 JA N V I E R
2 0 H 3 0 T H É ÂT R E S A R AG O S S E
TA R I F B / D U R É E 1 H 2 0

                      Antoine
                    et Cléopâtre
                                  Tiago
                                Rodrigues

Profondément enraciné dans la tradition                  Les comédiens-danseurs chorégraphient
théâtrale collaborative , Tiago Rodrigues                phrases et gestes dans une incarnation
est un acteur majeur du renouveau théâtral               à distance dont l’intensité est progressive.
portugais et de la scène internationale.                 Leurs mains sculptent l’espace et le temps
Ses pièces excellent à manipuler documents               d’un amour perdu. Ils inspirent et expirent,
et outils théâtraux, à marier la vie publique            s’aiment. Partant d’une mémoire de la
et l’intime, à défier notre perception des               pièce nourrie des écrits de Plutarque et de
phénomènes sociaux ou historiques. Après le              réminiscences du film de Mankiewicz, Tiago
procès de Flaubert taillé sur mesure pour les            Rodrigues compose une partition physique
comédiens de Bovary, pièce accueillie à Pau              et émotionnelle exigeante et radicale dont
lors de la saison 16/17, le metteur en scène             le chant obsessionnel évoque le présent
propose un précipité dramatique d’Antoine                absolu de la passion amoureuse.
et Cléopâtre, histoire d’un amour impossible
qui remonte aux origines de notre civilisation.          Texte T i ago Ro d ri gue s, ave c de s ci t at i on s d’Antoi n e
                                                         et C l é op ât re de Wi l l i a m Sha ke sp e a re / Mi se e n scèn e
Réduisant à l’essentiel la foisonnante tragédie          T i ago Ro d ri gue s / Ave c S of i a Di as et Ví tor Rori z /
de Shakespeare, il dialogue avec le texte                S cén o g ra p h i e Ân ge l a Ro cha / C ost u me s Ân ge l a
                                                         Ro cha, Magda Bi z a rro / C réati on l u m i ère s Nu n o
à travers les corps et les voix de Sofia Dias
                                                         Me i ra / Mus i q ue, ext ra i t s de l a b a n de ori g i n a l e du
et Vítor Roriz, deux jeunes chorégraphes                 f i l m C l é op âtre ( 1 963) , com p osé e p a r Al ex Nor th /
portugais qui prêtent à la passion des deux              C ol l a b orati on a r t i sti q ue Ma ri a J oão S e rrão, T homas
                                                         Wa lg rave / C on struc ti on du mob i l e De cor G a l a m b a /
amants mythiques leur propre complicité de
                                                         Traduc ti on e n f ra n ça i s T homas Re se n de s
couple. Plus qu’au contexte historique Tiago
Rodrigues s’attache à déceler les ressorts
de la passion qui unit les deux amants.

                                                    21
danse
J E U D I 1 6 JA N V I E R 2 0 H 3 0
T H É ÂT R E S A R A G O S S E
TA R I F B / D U R É E 5 0 M I N

                                 Refuge
                                       Vincent
                                       Dupont

Chorégraphe, plasticien, performeur,                  La libération du geste et ses échappées
Vincent Dupont (Air, Stéréoscopia) aime               qui confinent au burlesque s’opèrent grâce
à créer des zones d’expériences sensibles             à cette connexion au souffle à l’épreuve
qui déplacent notre perception du réel                dans le travail de Vincent Dupont depuis
et dévient le flux du quotidien. Dans Refuge,         le solo Hauts Cris (miniature) (2005). Le son
deux hommes, manutentionnaires sur une                de la voix transformé par le laryngophone
plateforme de tri, plient, déplient, empilent         encourage la révolte et le jeu des deux
des cartons dans un alignement qui                    personnages, conduisant à une mise à sac
définit les limites de leur enfermement.              de la machine, dans une opération de
L’anonymat de leurs corps indifférenciés              sabotage jouissive. Inverse du repli, le
figure la désespérante marche de la                   Refuge de Vincent Dupont invite à une
robotisation industrielle et marchande.               forme d’ouverture subversive par le biais
                                                      de l’altérité et du réenchantement.
Si ce n’est que la machine ici se met
à dérailler, ouvrant au geste de nouveaux
                                                      Conception, c h oré g ra ph ie Vi ncent Du p ont / Ave c
possibles. La mécanisation asservissante              Ra ph aë l Du pi n, Vi ncent Du p ont / S on Max i me Fa bre,
dérape au profit d’une libération de                  Ra ph aë l le L ati n i / Cré ation Lu m iè re Yves G o d i n /
l’individu et d’une poétisation de la réalité.        Ré g ie lu m iè re I a n n is Ja piot / Trava i l d e la voix Va lé rie
                                                      J oly / Consei l d ra matu rg ique Math ieu Bouv ier /
L’altération du mouvement automatique est,            Col la b oration a r tistique My ria m Lebreton / Dif f usion,
de fait, le refuge, le moyen de s’extraire            com m u n ic ation, pro d uc tion Aud rey Ch azel le /
du quotidien. Instrument respiratoire et              Ad m i n istration, pro d uc tion Ch a rlotte Gitea u

sonore, modulable, le corps se réinvente,
déborde ses propres contours.

                                                 22                                                                             23
théâtre
M A R D I 2 1 JA N V I E R 2 0 H 3 0
SÉANCE SCOLAIRE 14H30
T H É ÂT R E S A R AG O S S E
TA R I F C / D U R É E 1 H 0 0

                    Maelström
                        Pascale
                     Daniel-Lacombe

Troisième volet d’une trilogie dédiée aux            Transparente aux yeux des autres, Véra
adolescents et à leur être-au-monde après            s’interroge sur le sens de l’existence,
À la renverse de Karin Serres (2014) et Dan          coupée de la rumeur du monde ou
Da Dan Dog de Rasmus Lindberg (2018),                immergée dans ses bruits par le biais
Maelström met en scène le monologue de               d’un processeur sonore. La comédienne
Véra, une jeune fille de 14 ans atteinte de          Marion Lambert s’empare des mots de
surdité et animée d’une sublime rage de              l’adolescente avec une intensité qui
vivre. De ses nombreuses rencontres avec             remonte des profondeurs de sa propre
des adolescents, la metteure en scène du             intimité. Grâce à un dispositif particulier
Théâtre du Rivage Pascale Daniel-Lacombe             qui munit chaque spectateur d’un
retient le bouillonnement des espoirs                casque audio, Maelström nous soumet au
douloureux, les combats difficiles et parfois        déferlement d’une poésie cinglante pour dire
découragés de ceux qu’elle appelle ces               l’adolescence et sa fougue, son humour
« jeunes guerriers du quotidien ».                   et sa cruauté.

Pièce écrite à partir de l’adolescence,
Maelström est confiée à la plume de Fabrice          Texte Fa b ri ce Me l q u i ot ( Éd i ti on s L’Arche - ju i l l et
Melquiot, auteur dramatique et poète doué            2 01 8) / Mi se e n scèn e Pasca l e Da n i e l - L acom b e /
                                                     Assi sta n at de créat i on Ni col as S ch m i tt / Di stri b uti on
d’une écoute exceptionnelle du monde
                                                     e n a l te rn a n ce Ma ri on L a m b e r t - Li z a Bl a n cha rd /
sensible. Retranchée dans son abribus, son           C réati on son ore C l éme nt Ma ri e - Mat h i e u / C réati on
refuge, Véra regarde le monde se passer              l u m i ère s Yva n L a b asse / S céno g ra ph ie Ph i l i pp e
sans elle, avec une révolte et un désespoir          C asa b a n et Eri c C ha rb e a u / Te ch n i q ue p l ate a u et
                                                     con struc ti on dé cor Ni col as Bru n , Et i e n n e Ki me s /
dont le texte fragmenté de Fabrice Melquiot          Ré g i e G én éra l e Kévi n G ri n / Ad m i n i st rati on ,
restitue le tourbillon émotionnel .                  p ro duc t i on et d i f f usi on Anton i n Vu l i n

                                                25
cirque
M A R D I 2 8 & M E RC R E D I 2 9 JA N V I E R 1 9 H 3 0
T H É ÂT R E S A R A G O S S E
TA R I F B / D U R É E 1 H 0 0
À PA R T I R D E 7 A N S

                                    Work
                                     Claudio
                                     Stellato

Le circassien Claudio Stellato, qui produisait           « […] On est porté par ce délire orgiaque
dans La Cosa de périlleuses installations de             d’énergie conduisant jusqu’au cloutage
bois, revient à Pau avec un nouveau projet               en direct des pieds (sic) de deux des
tout aussi inattendu. Dans le même esprit                protagonistes sur des planches utilisées
que ses précédentes créations, il poursuit               ensuite comme des skis-claquettes
ses tentatives de mariage inédit du corps et             rythmant une chorégraphie effrénée.
de la matière , produisant à partir d’éléments           Un grain de folie libérateur mais aussi une
très concrets un univers poétique et                     ode rendue au matériau bois, plié au désir
absurde.                                                 insensé de créatures sans retenue aucune
                                                         se confrontant avec la dure réalité de la
Dans Work, Claudio Stellato choisit de
                                                         matière inerte, se mettant soudainement
théâtraliser l’univers du bricolage , avec son
                                                         à vivre avant de capituler sous leurs assauts
attirail d’outils et de planches, ses gestes
                                                         répétés. » Yves Kafka, Inferno, janvier 2019.
techniques comme source dramaturgique
de complications productives. Dans ce
                                                         Création 2020
chantier étrange, le bricolage n’est pas
traité dans sa forme brute mais répété,                  Conception et m ise en scè ne Cla ud io S tel lato /
ritualisé, coordonné et détaché de sa fonction           I nterprètes Joris Ba ltz, Osc a r De Nova De L a Fuente,
                                                         M ath ieu Dela ng le, Nath a l ie Ma uf roy / Ad m i n istration
initiale pour se rapprocher de la danse, du              et d if f usion L aëtitia Mi ra nd a-Neri
cirque, de la musique et des arts plastiques.
Tandis que les matériaux et les supports
scénographiques se transforment, de vrais
tableaux prennent naissance.

                                                    26
danse
     MARDI 11 FÉVRIER 20H30
     T H É ÂT R E S A R AG O S S E
     TA R I F B / D U R É E 1 H 1 0

                                      Fúria
                                    Lia
                                 Rodrigues

     La chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues             Entre rituel et tableaux vivants, empruntant
     partage avec Maguy Marin, auprès de qui              à la peinture classique aussi bien qu’aux
     elle a débuté en Europe dans les années              images d’actualités, les corps exaltent la
     1980, la vision d’un art en prise directe            jouissance et le grotesque, traversés par les
     sur le monde. Cet engagement, qui s’est              relations de force qui travaillent la société
     traduit par un travail artistique dans l’une         brésilienne contemporaine. Lia Rodrigues
     des plus grandes favelas de Rio de Janeiro,          parvient à extraire de cette procession
     transparaît dans sa dernière création,               furieuse et désarticulée une sensualité
     Fúria. La chorégraphe y crée un spectacle-           féroce et une puissance expressive qui
     monde , un monde haché par une multitude             laissent sans voix. Fúria est une danse de
     de questions sans réponse, traversé                  résistance d’une énergie intense et d’une
     de sombres et fulgurantes images, de                 beauté convulsive.
     contrastes et de paradoxes.
                                                          C réati on Li a Ro d ri gue s / Assi st a nte à l a créati on
     Un monde de bruit et de furie qui serait pour
                                                          Ama l i a Li ma / Dra mat u rg i e Si l vi a S ote r /
     la chorégraphe et ses neufs danseurs une             C ol l a b orati on a r t i sti q ue et i mage s Sa m m i L a n dwe e r /
     métaphore du Brésil d’aujourd’hui, avec sa           C réati on l u m i ère s Ni col as Boud i e r / Ré g i e gén éra l e
                                                          Maga l i Fou b e r t / Ad m i n i st rati on , d i f f usi on T hérèse
     pauvreté extrême, son racisme endémique
                                                          Ba rb a n e l , C ol ette de Tu r vi l l e / Musi q ue morce a ux
     et une violence permanente . Couverts                de cha nts t rad i t i on n e l s et de da n se s de s Ka n a ks
     d’oripeaux ou nus, les danseurs émergent             de Nouve l l e - C a l é don i e / Da n sé et cré é e n étroi te
                                                          col l a b orat i on ave c Le on a rdo Nu n e s, Fe l i p e Vi a n ,
     d’un grand déversoir de tissus et d’objets
                                                          C l a ra C ava l ca nte, C a rol i n a Re p et to, Va l e nti n a
     en déshérence. Ils se relèvent, dansent et           Fi tti p a l d i , An d rey Si l va, Ka rol l Si l va, L a ri ssa Li ma,
     marchent comme dans un carnaval baroque              R i ca rdo Xavi e r / Re me rci e me nts Ze ca Assu m p çao,
                                                          In ês Assu m p çao, Al exa n d re S e a b ra, Me n de l .
     rythmé par les percussions répétitives de
     chants traditionnels kanaks .

30                                                   31
théâtre
MARDI 18 & MERCREDI 19 FÉVRIER                       DAV I D G E S E L S O N
                                                     LECTURE MOUVEMENT POUR
2 0 H 3 0 / T H É ÂT R E S A R AG O S S E
                                                     LES DROITS CIVIQUES
TA R I F B / D U R É E 2 H 0 0                       MERCREDI 19 FÉVRIER 19H
                                                     T H É ÂT R E S A R A G O S S E
                                                     ENTRÉE LIBRE

                        Le silence
                        et la peur
                                 David
                                Geselson

La vie de Nina Simone est une traversée              La pièce se construit sur la rencontre
terrible et sublime, une épopée de 70 ans            entre deux mondes, entre deux héritages
qui se termine dans une solitude presque             artistiques, associant à la compagnie Lieux-
totale, en France, en 2003 à Carry le                dits trois artistes afro-américains croisés
Rouet. C’est à la fois l’histoire d’une quête        à New-York. Partant de la figure stellaire de
intime, éperdue, pour la reconnaissance              Nina Simone, le metteur en scène évoque
et celle d’une lutte politique vitale qui            ainsi la conquête meurtrière des Amériques
résonne aujourd’hui encore. Enfant                   par les Occidentaux à partir du 15e siècle et,
prodige et effrontée de Tryon dans le fin            ce faisant, une partie de l’histoire des Afro-
fond de la Caroline du Nord devenue star             Américains dont les tragiques destinées
emblématique de la culture américaine,               sont indissolublement liées à la conquête
Nina Simone a aussi été l’une des voix du            du « Nouveau Monde ».
mouvement afro-américain de lutte pour
les droits civiques .                                Création 2020

Dans la lignée de ses précédents projets,            Tex te et m ise en scè ne Dav id G eselson / Col la b oration
dont le mémorable Doreen qui ouvrait la              à la m ise en scè ne et i nterprétation De e Beasnael,
                                                     E l ios No ë l, L a u re Math is, Ki m S u l l iva n (d istri bution en
saison 17/18 de la scène Espaces Pluriels,           cou rs) / S cé no g ra ph ie Lisa Nava rro / Cré ation lu m iè re
David Geselson compose une forme                     J é ré m ie Pa pi n / Cré ation v id é o Jé ré m ie S c h eid ler /
théâtrale à partir de documents réels et             Cré ation son Loïc Le Roux / Costu m es Benj a m i n
                                                     M orea u / Assista nat à la m ise en scè ne Sh ad y Nafa r /
d’éléments historiques, tirant sa matière de         Ré g ie g é né ra le Sy lva i n Ta rd y / Ad m i n istration,
biographies, d’autobiographies, de récits            p ro d uc tion, d if f usion, relations presse AlterMac h i ne
intimes...                                           N ou ra S a i rou r et Ca role Wi l lem ot

                                                32
théâtre
MARDI 10 MARS 20H30                                    P ROJ E CT I O N
                                                       LE DÉSE RT ROUGE, M. ANTON ION I
T H É ÂT R E S A R AG O S S E
                                                       MERCREDI 11 MARS 20H15
TA R I F B / D U R É E 1 H 3 0                         CINÉMA LE MÉLIÈS
S P E C TA C L E E N I T A L I E N
SURTITRÉ EN FRANÇAIS

                         Quasi niente
                     Daria Deflorian
                    Antonio Tagliarini

Au croisement des pratiques de plateau,                librement la figure de Giuliana, à laquelle
puisant aux sources de la littérature, de              chacun s’identifie. Quelques fragments de
la sociologie et de la philosophie, le duo             textes, des bribes de confidences tristes
de performeurs et metteurs en scène                    qui font rire, des chansons : par petites
italien Daria Deflorian et Antonio Tagliarini          touches, ces figures solitaires et fragiles
collaborent depuis 2008 à rendre visibles              nous racontent leur inadéquation. Avec ses
les vies minuscules enfouies dans les limbes           moments de vulnérabilité, ses accès de rage
du quotidien . Pièce après pièce, ils tentent          et de sincérité Quasi niente est une pièce
de cerner le mal-être de notre société                 désespérément comique et paradoxalement
contemporaine, ménageant un espace de                  lumineuse .
visibilité aux êtres fragiles qui peinent
à se mettre en phase avec l’urgence
                                                       Un p rojet de Da ri a Def l ori a n et Anton i o Tag l i a ri n i /
du monde capitaliste.
                                                       Li b re me nt i n s p i ré du f i l m Le Dése r t rouge de
                                                       Mi che l a n ge l o Anton i on i / C ol l a b orati on à l a
Après la modeste femme au foyer de Reality
                                                       d ra mat u rg i e et ass i sta n at à l a m i se e n scèn e
(2012) et les retraitées grecques de Nous              Fra n ce sco Al b e ri ci / Ave c Fra n ce sca C utti ca, Da ri a
partons pour ne plus vous donner de soucis             Def l ori a n , Mon i ca P i se ddu, Be n n o Ste i n e gge r, Anton i o
                                                       Tag l ia ri n i / C ol l a b orati on a u p rojet Fra n ce sca C utti ca,
(2013), leur dernière création tisse sa fine
                                                       Mon i ca P i se ddu, Be n n o Ste i n e gge r / C on se i l l e r
toile dramaturgique autour du personnage               a r t i sti q ue At t i l i o S ca rp e l l i n i / Texte Bon à ri e n de
mélancolique et enfantin de Giuliana, incarné          Ma rk Fi she r / Lu m i ère et e s p ace G i a n n i St a rop ol i /
par Monica Vitti dans le film culte d’Antonioni        S on Le on a rdo C a b i ddu / Mus i q ue l i ve p a r l e g rou p e
                                                       Wow Doma n i de Fra n co Fa n i g l i uol o, Ni e nte d i sp e ci a l e
Le Désert rouge (1964) . La référence au film          et C ome l a n otte de Le on a rdo C a b i ddu et Fra n ce sca
hante le discours et les fêlures qu’il énonce,         C utti ca, m usi q ue Il su r f de l l a l u n a de G i ova n n i Fusco /
mais la pièce compte cinq interprètes —                C ost u me s Mete l l a Ra b on i / Di re c t i on te ch n i q ue
                                                       G i u l i a Pastore / Orga n i sati on An n a Da m i a n i /
trois femmes, deux hommes — pour dépasser              Accom p ag n e me nt et d i f f usi on i nte rn ati on a l e Fra n ce sca
le triangle amoureux bourgeois et incarner             C oron a ave c G i u l i a G a l z i g n i , L’Of f i ci n a

                                                  35
RÉ
         SON                                             Muyte                         Trottoir
                                                         Maker
        AN                                                 Flora
                                                                                         Volmir
                                                                                        Cordeiro

         CE–S–
                                                                                       MARDI 24 MARS 20H30
                                                           Détraz
                                                       VENDREDI 13 MARS 20H30                STAGE
                                                                                         SAMEDI 21 MARS
                                                             WORKSHOP
                                                           SAMEDI 14 MARS
Le temps fort danse Résonance(s) poursuit
son travail d’exploration de l’actualité

                                                                                      étrangler
chorégraphique.
L’édition 2020 s’ouvre à une nouvelle génération       Tutuguri
d’artistes. Ils partagent de concevoir des                                            le temps
pièces faisant, dans leur processus de création,           Flora
                                                                                       boléro 2
référence à des sources chorégraphiques
(l’œuvre d’Hijikata Tatsumi, maître de la danse            Détraz
butô, la pièce Trois Boléros d’Odile Duboc),            LUNDI 16 MARS 19H30
cinématographiques (les danses de possession           MUSÉE DES BEAUX-ARTS
filmées par le réalisateur et ethnologue Jean                                        Boris Charmatz
Rouch) ou vocales (le répertoire chanté de la fin                                     Emmanuelle
du Moyen-Age et de la Renaissance).
                                                                                         Huynh
Ces références, ils les choisissent pour la force      Beloved                         Odile Duboc
                                                       Shadows
de liberté, voire de libération qu’elles traduisent,
la charge évocatrice qu’elles suggèrent, leur                                           LUNDI 6 AVRIL 20H30
portée critique, leur capacité à faire surgir la
mémoire des corps et à transformer leurs danses.            Nach
Ainsi cinq pièces lumineuses — Muyte Maker              JEUDI 19 MARS 20H30
et Tutuguri de Flora Détraz, Beloved Shadows
de Nach, Trottoir de Volmir Cordeiro, étrangler             WORKSHOP
le temps, boléro 2 de Boris Charmatz et                    MARDI 17 MARS
Emmanuelle Huynh — constituent le programme
de cette édition.

                                       36                                       37
danse                                                                                                                     RÉ
VENDREDI 13 MARS 20H30                                     WORKSHOP DANSE                                                            SON
                                                                                                                                    AN
                                                           F LO R A D É T R A Z
T H É ÂT R E S A R A G O S S E
                                                           SAMEDI 14 MARS
TA R I F B / D U R É E 1 H 0 0                             T H É ÂT R E S A R A G O S S E

                                                                                                                                     CE–S–

                   Muyte Maker
                                            Flora
                                            Détraz

Flora Détraz compose avec Muyte Maker                      Mêlant le sacré et le profane de manière
un hymne à la joie déroutant et allègre , qui              déroutante, la machinerie évocatrice
sème le trouble dans nos représentations                   de Muyte Maker interroge la logique du
du féminin. Ventriloque autodidacte formée                 plaisir et renverse la lecture des corps.
par ses rencontres avec Meredith Monk,                     En perpétuelle métamorphose, les quatre
Meg Stuart ou encore Marlene Monteiro                      figures féminines se laissent électriser par
Freitas, elle développe son propre travail                 la joie d’être ensemble dans une polyphonie
avec Peuplements (2013), Gesächt (2014)                    déréglée et transgressive dont la jubilation
et le solo Tutuguri (2016), en jouant sur la               est pleinement communicative.
distorsion entre le son et le geste. Dans
sa dernière création, Muyte Maker, la jeune                Cré ation c h oré g ra ph ique Flora Détraz / Ave c les
chorégraphe trouve dans l’ambiguïté et                     i nterprètes Math i ld e Bon icel, I nê s Ca m p os, Flora
                                                           D étraz et Ag nè s Potié / Cré ation lu m iè res Ar th u r
les glissements qui s’opèrent entre la voix
                                                           G ueyd a n (reprise d e ré g ie Ed ua rd o Ab d a la) / Cré ation
et le corps matière à décupler la force                    son G u i l la u me Vesi n/ S cé no g ra ph ie et costu mes
de résistance de l’allégresse.                             Ca m i l le L ac roix / Col la b oration a r tistique Ana ïs
                                                           D u ma i ne
De la joie enfantine au rire grotesque, de la folle
gaîté à la cacophonie grinçante, Flora Détraz
démultiplie les possibles de la voix :
chuchotement, bruitage, rire, chant. Espiègle
et iconoclaste, elle place dans la bouche de
charmantes jeunes filles les textes scabreux
dont foisonne le répertoire de l’époque médiévale
et de la Renaissance : blason du tétin, satire sur
le mariage, balade sur les excréments...

                                                      38                                                                       39
RÉ                        danse
 SON          LU N D I 1 6 M A RS 1 9 H 3 0

AN
              M U S É E D E S B E AU X- A R T S D E PAU
              TA R I F U N I Q U E 8 € / D U R É E 2 5 M I N

 CE–S–        E N PA R T E N A R I AT AV E C L E M U S É E D E S B E AU X- A R T S

                                                  Tutuguri
                                                                   Flora
                                                                   Détraz

              Performeuse étonnante, corps vocal                                          Tantôt l’audible correspond au visible,
              polymorphe, Flora Détraz présente, en                                       tantôt au contraire, ils se télescopent,
              écho à sa pièce de groupe Muyte Maker,                                      se décalent, produisent des assemblages
              le solo Tutuguri au titre inspiré par un                                    inattendus et déroutants. L’aisance vocale
              poème d’Antonin Artaud. Dans un jeu de                                      et physique de la performeuse, l’étrangeté
              distanciation et de dissociation du geste                                   de sa polyphonie déroutante l’apparentent
              et de la voix , la danseuse laisse sourdre                                  à une pythie sans oracle, prise dans la
              tout un éventail de sons, du borborygme                                     boucle d’une course insensée. Le corps
              sépulcral aux sonorités cristallines d’une                                  de Flora Détraz est un réceptacle, un refuge
              soprano, en passant par des chuchotis,                                      accueillant quantité d’êtres, d’identités et
              des grognements d’animaux ou le babil                                       d’histoires . Sa silhouette gracieuse de jeune
              d’un bébé.                                                                  fille-oiseau à la volubilité chantante abrite
                                                                                          une créature étrange capable d’engloutir
              La posture anodine et détachée de
                                                                                          des mondes.
              l’interprète, comme absentée d’elle-
              même, rend d’autant plus intriguantes
                                                                                          De et ave c Fl ora Détraz / Lu m i ère s Ar t h u r G ueyda n
              les modulations inouïes de cette voix qui
                                                                                          ( re p ri se de ré g i e Edua rdo Ab da l a) / C ol l a b orati on
              semble venir de nulle part et résonne                                       a r t i sti q ue An a ïs Du ma i n e
              pourtant avec une telle clarté.
              La simplicité de cette présence contraste
              avec la virtuosité de la performance qui mêle
              bruitage, ventriloquie, chant et discours.
              Les sonorités glissent et se heurtent
              à la gestuelle.

         40                                                                          41
danse                                                                                                                RÉ
JEUDI 19 MARS 20H30                                    WORKSHOP DANSE                                                          SON
                                                                                                                              AN
                                                       N AC H
T H É ÂT R E S A R A G O S S E
                                                       MARDI 17 MARS
TA R I F C / D U R É E 4 5 M I N                       T H É ÂT R E S A R A G O S S E

                                                                                                                               CE–S–

                           Beloved
                           Shadows
                                      Nach

Après son intense et sensuel autoportrait              La chorégraphe se défait des contraintes
dansé Cellule, présenté lors de l’édition              et des concepts, se laisse traverser
2019 de Résonance(s) dédiée aux cultures               par les formes qui habitent son corps
urbaines, la danseuse et chorégraphe Nach              de krumpeuse baigné d’images et
explore de nouvelles énergies puisées dans             d’impressions : la vieille femme d’Okinawa,
la culture japonaise lors d’un séjour de six           le boxeur... Des sensations, des marches,
mois à la Villa Kujoyama à Kyoto. Électron             des énergies qui lui reviennent comme les
libre du krump, formée à l’épreuve de                  accents d’une langue longtemps entendue.
la rue et des battles, Nach s’aventure au              Nach convoque sur le plateau ses propres
gré de ses intuitions et de son instinct dans          personnages, ses propres mythes . Elle
une recherche du geste qui transcende                  compose avec l’épuisement physique,
les codes et les cultures.                             la répétition des mouvements, la fièvre
                                                       et la folie, la déformation, l’instinct, la
Dans ce nouvel opus, Beloved Shadows,
                                                       violence et l’animalité comme territoire
elle confronte la tension musculaire, le
                                                       de danse commun permettant le croisement
lâcher-prise, la haute-énergie et la jouissance
                                                       de cultures si différentes.
du krump au contrôle, à l’intériorité, aux
corps fantomatiques rencontrés dans l’œuvre
                                                       Création 2019
d’Hijikata Tatsumi, maître de la danse butô .
                                                       N a c h Va n Da nce Com pa ny / Ch oré g ra ph ie et
                                                       i nterprétation Nac h / Musique orig i na le Kok i
                                                       N a ka no / Lu m iè re (en cou rs) / Costu me (en cou rs) /
                                                       Ré g isseu r g é né ra l Vi ncent Hopp e / Ad m i n istration -
                                                       P ro d uc tion - Dif f usion MANAKI N – L a u ren Boyer
                                                       & Lesl ie Perri n

                                                  42                                                                     43
RÉ                     danse
 SON          MARDI 24 MARS 20H30                                     S TAG E DA N S E

AN
                                                                      VOLMIR CORDEIRO
              T H É ÂT R E S A R AG O S S E
                                                                      SAMEDI 21 MARS
              TA R I F B / D U R É E 1 H 0 0                          T H É ÂT R E S A R A G O S S E

 CE–S–

                                          Trottoir
                                                Volmir
                                               Cordeiro

              Passé par le CNDC d’Angers après                        La pièce de Volmir Cordeiro tire son
              plusieurs expériences marquantes au Brésil,             principe libérateur de la circulation d’une
              notamment aux côtés de la chorégraphe                   joie festive entre les six interprètes –
              Lia Rodrigues, Volmir Cordeiro est                      danseurs, chanteurs, musiciens. Le Trottoir
              remarqué pour ses trois solos, Ciel (2012)              sur lequel ils déambulent définit un
              et Inês (2014) présentés dans le cadre                  paysage singulier où les corps s’exposent
              de Résonance(s) 2018 et Rue (2015), qui                 avec générosité dans un débordement
              traitent des corps marginaux et de leur place           de couleurs. Volmir Cordeiro trouve dans
              dans l’espace urbain . Artiste associé au               l’expérience du désordre une impulsion
              Centre National de la Danse à Pantin depuis             créatrice jubilatoire autant qu’un processus
              2017, il poursuit son exploration de la rue             de guérison : une manière exaltante de
              avec Trottoir.                                          casser les impasses de la raison et de
                                                                      maîtriser la folie qui nous menace.
              En écho aux danses de possession du Niger,
              filmées par Jean Rouch dans les années 1950,
                                                                      Création 2019
              le jeune chorégraphe transfère l’énergie de
              la fête dans une danse de métamorphose .                C horé g ra p h i e Vol m i r C orde i ro / Inte rp rétati on
              Le trottoir est le lieu de la marche, de la             Vol m i r C orde i ro, Ma r ti n G i l , Isa b e l a Sa nta n a, Ma rce l a
                                                                      Sa nta n de r C or va l á n , An n e Sa n o go, Was h i n gton
              célébration, de la divagation. C’est aussi le           T i m b ó / Lu m i ère Ab i ga i l Fowl e r / De si g n son ore
              lieu de l’altérité où les identités s’échangent,        Arn a ud de l a C e l l e / C ost u me s Vi n ca Al on so et Vol m i r
              où la marginalité s’affiche. Cortège de                 C orde i ro / P ro duc ti on Don n a Vol ca n / Ad m i n i strat i on ,
                                                                      p ro duc t i on , d i f f usi on m a n a k i n L a u re n Boye r & Le s l i e
              prostituées, boys travailleurs, balade,                 Pe rri n / Re me rci e me nt s Léa Lou rm i ère
              transe sont autant de possibles, autant de
              « masques » permettant d’échapper à la
              rigidité du béton.

         44                                                      45
danse                                                                                                                     RÉ
L U N D I 0 6 AV R I L 2 0 H 3 0                                                                                                    SON
                                                                                                                                   AN
T H É ÂT R E S A R A G O S S E
TA R I F B / D U R É E T O TA L E 1 H 1 0

                                                                                                                                    CE–S–

     étrangler le temps
          boléro 2
                  Boris Charmatz
                 Emmanuelle Huynh
                    Odile Duboc

Boris Charmatz, directeur du Musée de                « Dans le deuxième boléro, la danse de
la Danse – Centre chorégraphique national            Boris Charmatz et Emmanuelle Huynh
de Rennes jusqu’en 2018, et Emmanuelle               oppose une résistance puissante à
Huynh, qui a formé nombre de danseurs                l’expansion musicale progressive. Ce duo,
et de jeunes chorégraphes à la tête du               concentré en un point de la scène, se laisse
Centre national de danse contemporaine               envelopper par la musique sans jamais être
d’Angers (2004 à 2012), proposent une                envahi. Il sculpte avec lenteur une matière
soirée composée en hommage à Odile Duboc .           commune qui tient de l’abandon et de la
                                                     douceur, de l’attirance, du désir, de la fusion
Tous deux interprètes de la pièce Trois
                                                     et de l’arrachement. » Odile Duboc, 2000
Boléros (1996) à sa création, ils continuent
de faire vivre cette œuvre majeure, sculptée         ét ra n g ler le tem p s / DU R É E 50 M I N
dans la masse des corps, tendue entre                I nterprétation Boris Ch a rmatz, Em m a n uel le Huy n h /
                                                     L i brem ent i nspi ré d e b olé ro 2 (ex tra it d u sp e c tac le
verticalité et abandon charnel. En première          Trois Bolé ros, conç u pa r O d i le Du b o c et Fra nç oise
partie, les deux chorégraphes s’inspirent            M ic h el, 19 9 6 ) / Disp ositif scé n ique et lu m iè res
librement du duo boléro 2 pour livrer une            Yves G o d i n / É ti rement d u Bolé ro d e Ravel,
                                                     a r ra ng em ents O l iv ier Renouf
autre partition issue de leurs mémoires qui
prend appui sur la musique étirée de Maurice         b o léro 2 / DU R É E 1 8 M I N
Ravel . Épure, limpidité du trait mais aussi         Choré g ra ph ie O d i le Du b o c / I nterprétation Boris
                                                     Cha rm atz, Em m a n uel le Huy n h / Conception O d i le
vertige de la matière, on retrouve ici toutes        D u b o c , Fra nç oise Mic h el / Maté ria ux sonores
les composantes de la danse d’Odile                  B olé ro d e Ma u rice Ravel (O rc h estre sy m ph on ique d e la
Duboc dans un mouvement qui vise à en                R A I d e Mi la n sous la d i re c tion d e S erg iu Cel i bid ac h e)

élargir la perception. En deuxième partie,
ils interprètent la version originale de la
chorégraphie.

                                                46                                                                            47
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