MAGAZINE DES ANCIENS STAGIAIRES DE MASHAV JÉRUSALEM 2011 - MASHAV - L'AGENCE ISRAÉLIENNE DE COOPÉRATION AU DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL
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MAGAZINE DES ANCIENS STAGIAIRES DE MASHAV JÉRUSALEM 2011
MASHAV – L’AGENCE ISRAÉLIENNE DE COOPÉRATION AU
DÉVELOPPEMENT INTERNATIONALSOMMAIRE
M ASHAV – L’AGENCE ISRAÉLIENNE DE COOPÉRATION AU
DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL
SOM M A IR E
1 M E S SAG E DU D I R E C T E U R D E M A SHAV
DANIEL C ARMON
3 1961-2011 L E JUBILÉ DU CENTRE
G OLDA M ÉIR DE FORMATION INTERNATIONALE
M AZAL R ENFORD ET YVONNE L IPMAN
7 E CONOMIE VERTE , DÉVELOPPEMENT DURABLE ET ÉRADICATION
DE LA PAUVRETÉ
ILAN FLUSS
11 QUAND ON VEUT, ON PEUT
MUTATIONS EN ÉDUCATION DE LA PETITE ENFANCE À KUMASI (G HANA)
AVIVA BEN HEFER ET JANETTE HIRSCHMAN
15 POUR HABILITER LES PETITS FERMIERS ÉTHIOPIENS
UN PROGRAMME TECHNIQUE CONÇU CONJOINTEMENT
PAR MASHAV-MOA-USAID
DR. AVIHAI ILAN
18 POUR PROMOUVOIR LES RESSOURCES HUMAINES EN E QUATEUR :
LA FORMATION DE JEUNES LEADERS
C AROLINA D ÁVILA E GÜEZ ET M ARCO D ÁVILA A LARCÓN
21 MODERNISATION DES INFRASTRUCTURES
MÉDICALES D’URGENCE
AVNIT R IFKIN
26 L E CENTRE ISRAÉLO - PHILIPPIN DE FORMATION AGRICOLE
SHAIKE STERN ET NAVOT H AKLAY
28 POUR UNE APPROCHE EXHAUSTIVE DE LA RÉHABILITATION DES
BIDONVILLES
YOSSI OFFER
30 CLUBS SHALOM
32 NOUVELLES DE MASHAV
39 L ETTRES À LA RÉDACTION
MASHAV Shalom, magazine destiné aux anciens stagiaires des cours de
l’Agence israélienne de coopération formation de MASHAV est publié par la Société Haigud de transfert
au développement international de technologie.
Société d’État à but non lucratif, Haigud est la division financière et
Ministère des Affaires étrangères, administrative de MASHAV, et intervient en tant qu’instance
Etat d’Israël professionnelle chargée de la mise en œuvre des activités de MASHAV.
IID e retour en Israël après avoir servi mon pays dans mes fonctions
M E S S AG E
d’ambassadeur et d’adjoint au représentant permanent de la délégation
israélienne au siège de l’ONU à New York, j’ai désormais le grand plaisir de
m’adresser à vous en qualité de vice-directeur général du ministère des Affaires
étrangères et directeur de MASHAV, l’Agence israélienne de coopération au
développement international.
Depuis plus de 53 ans, MASHAV s’emploie, partout dans le monde, à promouvoir
des projets focalisés sur l’enrichissement des ressources humaines et sur le
renforcement des capacités des institutions impliquées dans le secteur du
développement. Il est particulièrement exaltant pour moi de me joindre aux
efforts investis par MASHAV et de prendre part à cette remarquable instance
professionnelle consacrée à la coopération dans les pays en développement.
DU DIR ECTEUR DE
MASHAV a pour vocation de transférer aux pays en développement le meilleur
de son expérience en matière de croissance et de planification. L’Etat d’Israël est
passé d’un pays sous-développé dans les années cinquante à un pays récemment
membre de l’OCDE, et c’est la raison pour laquelle nous sommes bien placés pour
partager notre expérience avec d’autres nations.
Au cours des dernières années, Israël a multiplié ses interventions dans le
domaine de la coopération internationale, de même que ses implications
diplomatiques au profit du développement. Ainsi, en décembre 2007, au cours
M A SH AV
De gauche à droite : l’ambassadeur Daniel Carmon, directeur de MASHAV ; M. Sha
Zukang, sous-Secrétaire général de l’ONU pour les affaires sociales et économiques ;
Mme Orit Noked, ministre israélienne de l’Agriculture et du Développement rural ;
M. Ilan Fluss, directeur du Département de planification et des relations extérieures
de MASHAV, au cours de la réunion conjointe Israël-UN DESA du groupe d’experts
de haut niveau qui s’est tenue sur le thème de “La pratique de l’agriculture verte
pour stimuler la croissance économique et éradiquer la pauvreté”
1L’ambassadeur Daniel Carmon (à droite) et l’ambassadeur d’Israël en Ethiopie, Oded
Ben-Haïm (au centre) au cours d’une visite à un laboratoire de micro -propagation
établi sous l’égide du programme de coopération MASHAV-USAID -MoARD
de mon mandat à l’ONU, Israël a pris l’initiative d’une résolution concernant “Les
technologies agricoles pour le développement” qui a rallié le soutien enthousiaste
de la communauté internationale.
Dans cette résolution, l’Assemblée générale des Nations Unies lance un appel
aux pays membres pour les inciter à multiplier leurs efforts de promotion du
développement et procéder au transfert des technologies appropriées. En tant que
directeur de MASHAV, je tiens plus que jamais à honorer les engagements de mon
pays et à poursuivre et étendre, au cours des prochaines années, nos programmes
de coopération technique au bénéfice des populations les plus démunies au
monde.
Une grande partie de notre planète est confrontée à des défis de développement
à long terme aggravés par les changements climatiques, les famines, les crises
économiques et énergétiques. Notre attention étant souvent retenue par des
pénuries et des conflits imminents, nous avons tendance à mettre en veilleuse les
enjeux à plus long terme qui sont, pour de nombreux pays, d’une extrême urgence.
C’est la raison pour laquelle il nous faut garantir partout le développement
durable en matière sociale, économique et environnementale, et conjuguer nos
efforts avec ceux de la communauté internationale pour atteindre les Objectifs
de développement du Millénaire et améliorer les conditions de vie de millions
d’habitants de la planète. Il ne fait pas de doute que MASHAV s’est engagé et ne
faillira pas à ses engagements dans ce domaine!
Cordialement,
Ambassadeur Daniel Carmon
Directeur de MASHAV
L’Agence israélienne de coopération au
développement international
21961-2011 LE JUBILÉ DU CENTRE
GOLDA MÉIR DE FORMATION INTERNATIONALE
MAZAL RENFORD ET YVONNE LIPMAN
L
’année 2011 a marqué le 50ème anniversaire de l’établissement du Centre Golda
Méir de formation internationale du mont Carmel (sigle anglais MCTC) – le premier du
genre coordonné par MASHAV, l’Agence israélienne de coopération au développement
international. Le MCTC, conçu pour des femmes désireuses de se spécialiser en promotion socio-
économique, compte parmi les premières structures de formation au monde dans ce domaine.
La création du MCTC a été inspirée par la conviction de Golda Méir, alors ministre des Affaires
étrangères du tout jeune Etat d’Israël, qu’ayant récemment acquis son indépendance son pays
était particulièrement bien placé pour proposer son assistance aux femmes leaders des nouveaux
pays indépendants d’Afrique et d’Asie, et contribuer ainsi à promouvoir la condition féminine dans
leurs pays.
Auprès d’elle, et partageant la même idéologie et la même volonté, Golda Méir avait deux
personnalités féminines de premier plan : Inga Thorsson, alors ambassadrice de Suède en Israël, et
Mina Ben-Zvi, une dynamique dirigeante israélienne appelée à devenir la fondatrice et la directrice
du MCTC, poste qu’elle occupa pendant plus de 25 ans. L’esprit, l’énergie et la personnalité de Mina
Ben-Zvi se reflètent dans la réputation acquise par le passé et préservée de nos jours du MCTC.
Grâce aux efforts conjugués de ces trois personnalités, 66 femmes originaires d’Afrique, d’Asie
et des pays du pourtour méditerranéen se réunirent à Haïfa en mai 1961 pour un séminaire sur le
thème : “Le rôle des femmes dans les sociétés en développement”. Ce séminaire s’acheva sur une
déclaration connue sous le nom de “Déclaration de Haïfa” qui fut signée par les participantes et
suggérait “l’établissement en Israël d’un centre... destiné à promouvoir des activités nationales
et internationales futures pour l’avancement des femmes.” Dans le sillage de cette Déclaration,
signée au terme des six semaines de séminaire, le Centre de formation du mont Carmel ouvrit ses
portes à Haïfa.
Golda Méir qui allait devenir Premier ministre d’Israël entre 1969 et 1974, était convaincue
que les femmes devaient “exploiter leurs compétences en transformant leurs petites étincelles
intérieures en flammes de réussites.”
Conformément à la philosophie de Golda Méir, le MCTC continue d’encourager par le biais de ses
activités l’essor du leadership féminin. Des conférences internationales sont organisées tous les
deux ans au profit de femmes leaders du monde entier et, en mai 2011, 50 ans exactement après
son ouverture, le MCTC a célébré le jubilé de sa fondation par une Conférence internationale des
femmes leaders qui s’est tenue sous l’égide de MASHAV avec la coopération de son partenaire
international, l’UNESCO.
Thème de la Conférence de 2011 : Science, technologie et innovation – éducation et formation
des femmes et des jeunes filles. Destinée à une cinquantaine de leaders féminines de haut niveau –
ministres, députées, professionnelles des secteurs scientifique et universitaire – cette manifestation
a rallié des dirigeants d’ONG, d’agences internationales et des Nations Unies spécialisées en
promotion des pays en développement et des pays industrialisés.
La Conférence a eu pour objectif de faire progresser la condition des femmes dans les domaines
des sciences, des technologies et des innovations en débattant :
3(De gauche à droite) Le Dr Asha-Rose Migiro, vice-Secrétaire Stella Tamang, déléguée à la Conférence, a prononcé une
général de l’ONU en compagnie de Mazal Renford, directrice allocution au nom de tous les anciens stagiaires
du MCTC et d’Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO
� de la disponibilité pour les femmes et les jeunes filles investis pour garantir la parité entre hommes et femmes
d’un enseignement scientifique et technologique peuvent se traduire par des progrès tangibles. Autant
assurant une bonne formation ; d’éléments qui font de vous des exemples forts pour les
� “de l’idéal d’égalité des chances en matière éducative femmes du monde entier.”
sans préjudice de race et de sexe, conformément à Le professeur Daniel Hershkowitz, ministre israélien des
l’article 2b de la Constitution de l’UNESCO de 1945 ; Sciences et Technologies, a congratulé le MCTC au nom du
� de l’égalité entre les genres au profit des femmes actives gouvernement israélien. Soulignant que le dialogue est la
à tous les échelons dans les secteurs des sciences, des seule manière de rapprocher les peuples, il a déclaré que
technologies et des innovations ; “ le nec plus ultra du langage universel est celui des
sciences et des technologies.”
� des moyens de renforcer la collaboration entre les
pays et les organisations internationales en matière Lors de brèves présentations ne dépassant pas dix à
d’enseignement et de formation, de recherche et quinze minutes, chacune des représentantes – originaires
développement en sciences et technologies. d’Afrique du Sud, Argentine, Azerbaïdjan, Biélorussie,
Outre le transfert de connaissances dans des registres Bulgarie, Cameroun, Chine, Equateur, Espagne, Ethiopie,
concernant les femmes en sciences, technologies et France, Georgie, Honduras, Israël, Kosovo, Lituanie, Mal-
innovations, la Conférence a fourni aux participantes dives, Mexique, Nouvelle-Zélande, Roumanie, Slovaquie,
l’occasion de créer un excellent réseau international Sri-Lanka et Vietnam – ainsi que des déléguées du National
Innovation Fund (du Kazakhstan), de Save the Children
d’intervenantes compétentes des pays en développement.
Norvège et de l’UNECE (Commission économique pour
Deux personnalités de très haut rang – la directrice
l’Europe des Nations Unies) ont présenté leur cas, chiffres,
générale de l’UNESCO Irina Bokova, et l’adjointe au
exemples et arguments convaincants à l’appui, en faisant
Secrétaire général des Nations Unies, le Dr Asha-Rose
ressortir le manque d’égalité des chances en matière
Migiro – ont pris part à la cérémonie d’ouverture de la
de carrière scientifique des femmes, et d’inégalité dans
Conférence et mentionné dans leurs allocutions le respect l’accès aux prises de décisions au sein des institutions de
qu’inspire le MCTC à l’heure actuelle dans la sphère de la recherche. Ajoutons que des participantes distinguées en
coopération internationale. provenance du Bhutan, du Salvador, d’Italie, du Japon,
Toutes deux ont également rendu hommage à l’influence du Kenya, de Birmanie, du Népal, de l’Autorité palesti-
exercée par le MCTC sur l’enseignement du développement nienne, de Thaïlande et de l’UNESCO ont pris part aux
dans le monde. Mme Bokova a mis en relief “l’effet débats. L’échange d’expériences au terme de trois journées
multiplicateur” du MCTC, lequel a fourni “ à des individus intensives de débats a fait l’objet d’une nouvelle propo-
et à des sociétés les moyens de s’adapter aux changements sition que les participantes ont intitulée “ Déclaration
et d’en tirer la quintessence. ” Le Dr Migiro a loué la de Haïfa ”.
contribution significative du MCTC au statut des femmes Ce document exhaustif qui comporte un appel aux
dans les pays en développement, et précisé que les gouvernements, aux organisations internationales et
participantes à la Conférence constituent “ la meilleure à d’autres parties prenantes, est destiné à promouvoir,
preuve que le monde peut être amélioré, et que les efforts développer et renforcer l’enseignement des sciences et
4avait participé en 1978-1979 à un cycle de formation du
MCTC en tant qu’enseignante récemment diplômée et qui
est à présent fondatrice et principale de l’Ecole Bhrikuti
au Népal, a prononcé une allocution au nom de tous les
anciens stagiaires, au cours de laquelle elle a affirmé : “la
formation dont j’ai bénéficié au Centre du mont Carmel a
été importante et pertinente... Vous avez animé les cœurs
et les esprits de millions de femmes au monde.”
Les paroles émouvantes de Mme Tamang confirment que
plus de 35 ans d’activisme au profit de l’habilitation des
femmes et de l’égalité entre les genres ne se traduisent
pas nécessairement et partout par l’égalité, par des
engagements politiques tangibles en matière d’éducation,
M. Danny Ayalon, vice-ministre des Affaires étrangères
par une répartition équitable des connaissances dans
dévoilant le timbre commémoratif en l’honneur du MCTC les établissements d’enseignement formel et informel,
émis par la Poste israélienne pas plus que par l’attribution de ressources qualitatives
et quantitatives au profit des femmes et des jeunes
des technologies au profit de femmes et de jeunes filles filles.
partout dans le monde. Les participantes à la Conférence Seize ans après la Déclaration de Pékin, onze ans après
ont été investies de la responsabilité de répandre le plus le Dakar Framework for Action (le Cadre d’action de Dakar)
largement possible les articles et recommandations de qui a suivi la Conférence mondiale sur les sciences, il est
cette Déclaration. manifeste que de nombreux obstacles viennent encore
Au programme de la Conférence, des visites d’institutions barrer la route de la parité et de l’accès des femmes et
d’enseignement supérieur des sciences et technologies des jeunes filles aux sciences et aux technologies, de
en Israël : le Technion (Institut israélien de technologie), leur capacité à contribuer activement à la définition
l’Université de Haïfa, la Faculté Robert H. Smith et à la mise en œuvre de programmes de recherche
d’agriculture, nutrition et environnement de l’Université et de développement, autrement dit de bénéficier
hébraïque à Rehovot et l’Institut Weizmann des Sciences. pleinement des percées et des innovations scientifiques et
Dans ces institutions, les participantes ont rencontré des technologiques.
enseignantes et chercheuses renommées qui ont fait état
Cette Conférence internationale des Femmes leaders
des percées accomplies par des scientifiques israéliennes
organisée en 2011 par le MCTC, MASHAV et l’UNESCO
dans différentes disciplines, ainsi que des encouragements
a fourni une excellente occasion à des femmes occupant
aux jeunes Israéliennes à poursuivre des cycles d’études
des postes de commande de réexaminer la place tenue par
scientifiques et techniques (v. Encadré).
leurs semblables en sciences, technologies et innovations
Le jubilé du MCTC a également fait l’objet de festivités. partout dans le monde. Comme l’ont exprimé le Pr
Ainsi de la réception exceptionnelle réservée aux déléguées Graziela Elena Vâjial, secrétaire d’Etat et présidente de la
au ministère des Affaires étrangères, au cours de laquelle Commission anti-dopage de Roumanie, et le Dr Meglena
a été émis un timbre-poste marquant les 50 ans du Plugtschieva, adjointe au président de la Commission des
MCTC. La cérémonie s’est déroulée en présence de Danny affaires de l’Union européenne du parlement bulgare,
Ayalon et de Rafi Barak, respectivement vice-ministre et cette Conférence a été une occasion d’établir des relations
directeur général du ministère des Affaires étrangères, avec les femmes les plus influentes du monde entier, de
ainsi que du directeur de MASHAV, l’ambassadeur Haïm partager leurs expériences et de se faire une idée claire des
Divon. Stella Tamang, déléguée à la Conférence et qui réalisations scientifiques israéliennes.Modèles de promotion scientifique et technologique des femmes en Israël
Au fil des ans, l’Etat d’Israël a mis au point de nombreux programmes gouvernementaux
et non-gouvernementaux ayant pour vocation la promotion des femmes en sciences et
technologies et l’encouragement de l’enseignement de ces disciplines à des filles. Ces
programmes sont appliqués dans les universités, les lycées et le secteur de l’emploi en Israël.
Ces programmes sont promus par :
Le Conseil national pour la promotion des L’Institut national de formation technologique
femmes en sciences et technologies, créé en (sigle anglais NITT) a récemment achevé une
2000. Cette instance coordonne les activités des enquête nationale et émis des conclusions sur
organismes étatiques, sans but lucratif et privés la propension des femmes et des jeunes filles
engagés dans l’avancement des femmes dans à étudier et à faire carrière dans les sciences et
les sciences, coordonne également tous les les technologies.
programmes conçus en Israël dans ce domaine
avec l’Union européenne, et accroît la prise de
conscience du public quant aux problèmes et Le Forum pour la promotion des femmes
aux difficultés rencontrées par des étudiantes et dans le secteur universitaire – un groupe de
des employées du secteur scientifique. femmes professeurs des universités et instituts
supérieurs d’Israël – a pour objectif de placer
l’égalité entre les sexes en tête des priorités
L’association ORT-Jeunes femmes du XXIe des universités du pays par la création de
siècle, créée par Yaël Rom, la première programmes destinés à soutenir les étudiantes
femme pilote de l’armée israélienne, est un de premier cycle et par des groupes de pression
programme de perfectionnement des méthodes désireux d’encourager un plus grand nombre
didactiques utilisées dans les établissements de femmes dans les échelons les plus élevés
d’enseignement. des institutions d’enseignement supérieur.
Le projet GES (sigle de “Girls for Engineering
Studies”) destiné à promouvoir le nombre et le Des garderies pour les jeunes enfants des
niveau de lycéennes en mathématiques et phy- étudiantes, ainsi que des horaires plus
sique, de façon à leur permettre d’atteindre le souples pour les mères dans les institutions
niveau requis pour être admises dans les facul- d’enseignement supérieur et les universités.
tés scientifiques des universités israéliennes.
La création de plusieurs projets de bourses
La Prochaine Génération High-Tech, initiative du pour étudiantes en licence et maîtrise par
Forum féminin de l’Association des Industriels le ministère de la Science, de la Culture
israéliens, a pour objectif d’encourager les et des Sports, le ministère des Sciences et
femmes à opter pour des carrières scientifiques Technologies, l’Institut Weizmann des Sciences
et technologiques et les lycéennes à choisir et le Technion, comme ont pu le constater les
les filières scientifiques et technologiques de participantes à la Conférence au cours de leurs
l’enseignement secondaire. visites dans ces institutions.
Le Réseau des femmes israéliennes, en
collaboration avec le ministère de l’Education, L’inspection systématique, depuis 2009, de
propose des programmes de promotion du tous les manuels scolaires par le ministère de
statut des femmes et lutte contre les stéréotypes l’Education afin d’en éradiquer les stéréotypes
dans les établissements scolaires israéliens. misogynes.
Ces programmes ont permis à Israël d’acquérir de l’expérience en matière de promotion des
femmes en sciences et technologies, de comprendre et d’apprécier le rôle joué par des femmes
dans ces disciplines. Un rôle impératif à tous égards pour
6ECONOMIE VERTE, DÉVELOPPEMENT DURABLE
ET ÉRADICATION DE LA PAUVRETÉ
ILAN FLUSS
L’AUTEUR EST DIRECTEUR DU DÉPARTEMENT DE PLANIFICATION ET DES
RELATIONS ÉTRANGÈRES DE MASHAV
L a Conférences mondiale des Nations Unies sur le Développement durable (Rio+20) se
tiendra à Rio de Janeiro (Brésil) en juin 2012. Comme prévu dans la Résolution 64/236
de l’Assemblée générale de l’ONU, l’objectif de cette Conférence est de susciter un engagement
politique en faveur du développement durable, d’évaluer les progrès réalisés et les lacunes
restant à combler au niveau de la mise en œuvre des textes issus des grands sommets relatifs au
développement durable, enfin de relever les défis qui se font jour. La Conférence devra prendre en
compte deux registres importants : l’économie verte dans le contexte du développement durable
et de l’éradication de la pauvreté dans le monde, et la structure institutionnelle favorisant le
développement durable.
L’économie verte étant une notion fermement enracinée dans l’agenda politique international, il
importe de réexaminer et d’éclaicir la nature des liens entre cette économie et le développement
durable.
Le développement durable a pour prémisse la gestion et la préservation des ressources
naturelles, ainsi que l’introduction de mutations technologiques et institutionnelles destinées
à satisfaire les besoins des populations actuelles et des générations futures. Il implique une
approche holistique, équitable et avisée de la prise de décision à tous les niveaux, et s’appuie
sur l’intégration et sur l’examen équilibré des objectifs publics et privés en matière sociale,
économique et environnementale. Ce principe de développement durable (appliqué dans les
secteurs de l’agriculture, de la sylviculture et de la pisciculture) garantit la conservation des
sols, de l’eau, des ressources génétiques de la flore et de la faune. Il ne doit pas dégrader
l’environnement, être techniquement approprié, économiquement viable et faire l’objet d’un
consensus populaire.
Le concept d’économie verte se situe au carrefour de l’environnement et de l’économie. Si ce
concept n’a pas été défini clairement par la communauté internationale, tous ses défenseurs
s’accordent sur le fait que l’économie verte doit “faire plus et mieux avec moins”, le postulat étant
que les visées environnementales et sociales de l’économie verte se traduisent également par une
augmentation des revenus, de la croissance et de la qualité de vie des populations concernées. Ce
concept d’économie verte ne remplace pas celui de développement durable, mais il est un moyen
efficace de relever les défis du développement durable, non seulement en matière d’écologie,
mais également d’économie et de société.
La poursuite de la croissance économique et la tendance à une consommation démesurée
exercent des impacts dévastateurs sur l’environnement mondial : en particulier la surexploitation
des ressources naturelles en dépit de ses conséquences délétères pour l’environnement, et
les profits financiers immédiats au détriment des bénéfices à long terme que constitue la
préservation des écosystèmes les plus précieux. Le Millenium Ecosystem Assessment (“Evaluation
des écosystèmes pour le Millénaire”) déplore qu’au cours des cinq dernières décennies
7“les êtres humains ont transformé leurs écosystèmes plus ECOLOGIE, PÉNURIE ET DÉNUEMENT
largement et plus rapidement qu’au cours de toute période
comparable dans l’histoire de l’humanité”. Ce rapport Pour garantir la sécurité alimentaire et augmenter les
souligne que si le niveau de dégradation des écosystèmes revenus des populations, il faut associer la durabilité
n’est pas régulé, il constituera une menace majeure pour le agricole à l’éradication de la pauvreté, tout en restaurant,
bien-être des générations futures. sauvegardant et développant les ressources naturelles, car
75 pour cent des populations les plus démunies du monde
Plusieurs options sont disponibles pour inverser et
vivent dans des zones rurales et sont dépendantes de
réduire la dégradation des écosystèmes. Elles ont toutes en
l’agriculture pour leur nutrition et leurs moyens d’existence.
commun la compréhension que les structures économiques
La promotion de pratiques agricoles plus efficaces et plus
mondiales doivent être réévaluées et doivent investir dans
durables auprès de fermiers démunis est aujourd’hui plus
l’environnement et les services appropriés dont dépendent
urgente que jamais, compte tenu du besoin d’adaptation
toutes les activités économiques humaines. En d’autres
aux changements climatiques qui risquent d’exercer des
termes, il s’agit de mettre en place une “économie verte.”
effets dévastateurs sur les efforts entrepris par les pays en
La majorité des pays en développement et de leurs développement pour garantir la sécurité alimentaire de
populations est étroitement dépendante des ressources leurs citoyens. La prise de conscience de l’environnement
naturelles nationales. Les moyens d’existence de la plupart et des écosystèmes est fondamentale pour le concept
des populations rurales démunies du monde sont également d’économie verte, de même que l’impératif de développer
étroitement liés à l’exploitation d’environnements et une agriculture fondée sur les percées scientifiques,
d’écosystèmes fragiles. Selon la Banque mondiale, plus de lesquelles reconnaissent explicitement la contribution des
600 millions d’êtres humains vivent actuellement dans des services liés aux écosystèmes.
zones menacées de dégradation et de carence en eau, ainsi
Le déclin croissant de ressources naturelles est une
que dans des zones montagneuses, forestières ou arides
indication claire : nous portons une atteinte irrévocable et
vulnérables aux changements climatiques et écologiques.
trop rapide à nos écosystèmes, avec pour conséquence une
Le secteur qui exploite les 60 pour cent des écosystèmes baisse actuelle et future de notre prospérité économique.
mondiaux et garantit la subsistance de 40 pour cent Comme c’est le cas pour le changement climatique, la
de la population mondiale – celui de l’agriculture et de détérioration écologique est étroitement liée à la pauvreté,
l’alimentation – est le seul susceptible de générer une en particulier dans les environnements et les zones où les
mutation vers une économie verte. C’est le processus in- problèmes énergétiques sont les plus ardus. Ainsi, pour les
tégrant économie et agriculture qui garantit l’amélioration populations les plus pauvres du monde, la pénurie d’eau
de la sécurité alimentaire (en termes de disponibilité, exerce des effets ravageurs. Une personne sur cinq dans
d’accessibilité, de stabilité et d’affectation), tout en mini- les pays en développement n’a pas accès à suffisamment
misant la surexploitation d’eau potable, et environ la moitié de la population
des ressources naturel- mondiale – soit 2,6 milliards de personnes – n’ont pas accès
les et en améliorant aux services les plus basiques de santé publique.
les rendements grâce à
Plus de 660 millions de personnes n’ayant pas accès
l’adoption de nouvelles
à ces services basiques de santé publique ont un revenu
technologies agricoles
quotidien de moins de 2 dollars US, et plus de 385 millions
dans la chaîne alimen-
vivent avec moins d’un dollar US par jour, selon les chiffres
taire.
du Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD). Des milliards d’habitants de pays en développement
n’ont pas davantage accès aux réseaux énergétiques
modernes : 2,4 milliards d’entre eux sont contraints
d’utiliser de la biomasse
pour se chauffer et cuire leur
8nourriture, notamment les 89 pour cent de la population vulgarisation. La recherche appliquée, l’introduction de
sub-saharienne. technologies innovantes, la promotion, la diversification et
l’intensification des cultures sont des éléments clés d’une
Il s’ensuit qu’en trouvant les moyens de protéger les
sécurité alimentaire durable. Le défi consiste à s’adapter
écosystèmes, on réduit les risques posés par le changement
le plus possible aux pratiques et aux technologies agricoles
climatique, on améliore la sécurité énergétique, tout en
afin de les rendre accessibles aux réalités de terrain des
augmentant les revenus des plus pauvres. Le passage
petits fermiers de zones rurales, tout en tenant compte des
à une économie verte, en particulier dans les pays en
besoins des partenaires du réseau agricole – les exploitants,
développement, constitue donc un enjeu existentiel.
l’Etat et le secteur privé.
Pour les décideurs politiques, le challenge de l’économie
verte consiste à satisfaire les besoins croissants en EN VUE DE R IO+20
nourriture et en revenus, tout en minimisant les pressions
sur l’environnement et la société environnante. Pour En perspective des préparatifs en vue de la participation
parvenir à nourrir une population mondiale en croissance à la Conférence Rio+20, le gouvernement israélien
constante, il convient de ne plus surexploiter les rares et le Secrétariat de la Conférence des Nations Unies
ressources naturelles, ni porter atteinte à l’environnement. sur le Développement durable ont décidé d’organiser
conjointement une réunion d’un groupe d’experts de haut
niveau sur le thème de “L’exploitation de l’agriculture verte
L’APPROCHE DE MASHAV EN pour stimuler la croissance économique et éradiquer la
MATIÈRE DE DÉVELOPPEMENT pauvreté”, réunion qui se tiendra en Israël en octobre 2011
AGRICOLE DURABLE (Voir encadré).
L’objectif de cette réunion de haut niveau est de débattre
Tenant compte des priorités mondiales de l’heure,
du rôle clé de l’agriculture verte et durable en matière de
les programmes agricoles de MASHAV traitent de
promotion de la croissance économique et de lutte contre
l’introduction de technologies et de méthodes agricoles
la pauvreté par le biais du transfert de savoir-faire, de
modernes afin d’augmenter les rendements, la durabilité
pratiques meilleures et des leçons apprises sur le terrain.
et la qualité de la production agricole, seule garante de la
Les options politiques doivent inciter les petits exploitants
sécurité alimentaire. Ces programmes prévoient également
agricoles à adopter des pratiques durables afin d’améliorer
l’introduction de systèmes de soutien efficaces destinés à
leur productivité, leurs revenus et leur mieux-être, tout en
rehausser la viabilité de l’agriculture dans des domaines
préservant des écosystèmes sains. La réunion sera centrée
tels que le marketing, l’entreposage et le transport des
sur le développement agricole dans des conditions de
récoltes, la livraison d’intrants agricoles, l’accès aux crédits
ressources naturelles limitées (y compris sols et ressources en
et au financement du secteur agricole et la modernisation
eau) et d’instabilité climatique. Une attention spéciale sera
des services de vulgarisation.
accordée au développement de politiques, de mécanismes
L’approche de MASHAV en matière de développement financiers et de systèmes de gestion biophysiques destinés à
agricole est fondée sur l’exploitation de recherches et de accroître l’efficacité de la production, et à améliorer les taux
savoir-faire scientifiques, de technologie et de réseaux de de récoltes dans des conditions d’adversité.
9R ÉUNION D’UN GROUPE D’EXPERTS DE HAUT NIVEAU
L’EXPLOITATION DE L’AGRICULTURE VERTE EN VUE DE
STIMULER LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE ET
L
D’ÉRADIQUER LA PAUVRETÉ
Le gouvernement israélien et le Secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le
développement durable (Rio+20) organisent conjointement une réunion internationale
d’un groupe d’experts de haut niveau sur le thème de “L’exploitation de l’agriculture
durable pour stimuler la croissance économique et éradiquer la pauvreté”, réunion qui se
tiendra en Israël en octobre 2011 et qui contribuera à promouvoir le concept d’économie
verte. Dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté,
l’agriculture verte garantit la sécurité alimentaire, atténue les effets des changements
climatiques et stimule la croissance économique.
AU NOMBRE DES SÉANCES PLÉNIÈRES ET DES TABLES RONDES PRÉVUES
AU COURS DE CETTE RÉUNION, CITONS :
La mobilisation des exploitants agricoles de toute envergure au profit de
l’adoption de méthodes de production économiquement rentables tout
en faisant un usage raisonné des ressources naturelles ;
�
La mise au point de politiques macro-économiques favorisant
l’agriculture verte ;
�
La production agricole d’aliments et l’environnement;
�
A
L’identification des parties prenantes du secteur agricole.
Au programme également des visites de terrain au cours desquelles les participants
se feront une idée des meilleures pratiques israéliennes en matière de gestion de
l’agriculture intensive compatible d’une part avec la durabilité, de l’autre avec une
production alimentaire économiquement viable. Les conclusions du Groupe d’experts
feront l’objet d’un rapport rédigé collectivement par les participants et qui sera présenté
au cours des séances préparatoires de la Conférence mondiale Rio+20, après avoir été
incorporées au dossier soumis au cours de la Seconde Réunion, prévue en décembre
2011. Les conclusions seront présentées au cours d’une manifestation spéciale.
10QUAND ON VEUT, ON PEUT
MUTATIONS EN ÉDUCATION DE LA PETITE ENFANCE
À KUMASI (GHANA)
AVIVA BEN -HEFER ET JANETTE HIRSCHMAN
AVIVA BEN -HEFER EST DEPUIS 40 ANS SPÉCIALISÉE EN ÉDUCATION, D’ABORD EN TANT
QU’ENSEIGNANTE PUIS QU’INSPECTRICE, CONSEILLÈRE EN CONCEPTION DE PROGRAMMES DESTINÉS
AUX ÉCOLES PRIMAIRES PILOTES, AINSI QU’EN FORMATION D’ENSEIGNANTS AU TRAVAIL EN ÉQUIPE.
ELLE A POUR SUJET FAVORI L’ÉLABORATION DE PROGRAMMES DE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE
ET DU RAISONNEMENT. ELLE A DIRIGÉ ENBIRMANIE ET THAÏLANDE DES COURS DE FORMATION
EN DÉVELOPPEMENT DE LA PETITE ENFANCE (EN ANGLAIS E ARLY CHILDHOOD DEVELOPMENT
– ECD) AVANT D’ÊTRE CHARGÉE PAR MASHAV DU PROJET DE MODERNISATION DE L’ECD À
.KUMASI DONT ELLE A ÉTÉ LA CHEVILLE OUVRIÈRE
JANETTE HIRSCHMANN A POURSUIVI SA CARRIÈRE EN ÉDUCATION SPÉCIALE ET DIRIGÉ
L’ASSOCIATION MICHA, UN CENTRE CONSACRÉ AUX ENFANTS SOURDS D’ÂGE PRÉ - SCOLAIRE
ET À LEURS PARENTS. DEPUIS 25 ANS, ELLE EST DIRECTRICE DES COURS DE FORMATION EN
ÉDUCATION DE LA PETITE ENFANCE DISPENSÉS AU MCTC. DANS L’EXERCICE DE CES FONCTIONS,
ELLE A CHOISI LES THÈMES D’ENSEIGNEMENT, COORDONNÉ LES PROGRAMMES, LES FORMATIONS
ET L’ENSEIGNEMENT EN ISRAËL , COMME DANS LES PAYS D’A SIE, D’A FRIQUE, DES C ARAÏBES ET
À FIJI. ELLE A DIRIGÉ ET PRIS UNE PART ACTIVE AU PROJET DE KUMASI DONT ELLE A ASSURÉ LA
.QUALIFICATION DES FORMATEURS
P our réaliser les Objectifs de Développement du Millénaire (sigle anglais MDG),
l’éducation est fondamentale, indispensable pour l’amélioration de la qualité de vie et la
croissance économique et technologique. Deux étapes à franchir sont impératives : le MDG 2 qui
a pour but de parvenir à un enseignement primaire universel, et le MDG 3 dont le dessein est
d’éliminer, d’ici 2015, les disparités entre les sexes à tous les niveaux scolaires.
En mai 2003, le ministère de l’Education et des Sports du Ghana a mis au point un plan stra-
tégique d’éducation pour les années 2003 à 2015. Avec ce plan le Ghana entend remplir ses
engagements en matière d’éducation en vue de la réalisation des Objectifs de Développement du
Millénaire. Avant l’année 2003, l’éducation pré-scolaire pour enfants âgés de quatre à six ans ne
faisait pas partie intégrante du réseau scolaire ghanéen. Toutefois, dès octobre 2002, la Commis-
sion présidentielle sur la réforme de l’éducation avait formellement émis des recommandations
soulignant l’importance et les effets bénéfiques de l’éducation de la petite enfance.
Début 2006, l’Initiative des Villes du Millénaire sélectionna Kumasi et entreprit une recherche
destinée à identifier les services, les ressources et les infrastructures nécessaires à la population
de la ville de Kumasi pour atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire. Dans cette
perspective, un partenariat fécond fut forgé entre l’Initiative des Villes du Millénaire, MASHAV et
les autorités municipales de Kumasi.
L’Initiative des Villes du Millénaire, conjointement avec des spécialistes en éducation de la petite
enfance du MCTC – l’un des instituts internationaux de formation de MASHAV – ont collaboré à la
conception d’un réseau d’éducation de la petite enfance dans le but de l’introduire dans tous les
établissements publics de Kumasi et de sa périphérie.
11OBJECTIFS DU PROGRAMME
Le programme était fondé sur les trois éléments suivants :
L’habilitation des enseignants et leur sensibilisation au fait que l’éducation de la petite
enfance constitue le fondement de l’éducation future et que son rôle est crucial. La fonction
essentielle des enseignants d’écoles maternelles étant de servir de médiateurs entre
l’enfant et la société environnante.
La mise en place d’un environnement intérieur et extérieur stimulant, propice à
l’apprentissage dans les écoles maternelles et fournissant des expériences enrichissantes et
diversifiées aux enfants.
L’élaboration d’un programme quotidien souple fondé sur l’univers enfantin et
fournissant aux enfants des occasions de développer leur créativité et leur capacité de
compréhension.
LES RÉALITÉS DE TERRAIN
Le projet débuta en 2008 par des visites et des observations dans les écoles maternelles de Kumasi et
par l’évaluation de la situation. L’enquête a révélé des classes petites et sombres recensant parfois une
centaine d’enfants entassés autour des tables, assis sur des chaises de hauteur différente. Ils étaient
tous placés face à l’enseignant qui tenait à la main un long bâton à l’aide duquel il désignait des
lettres latines écrites au tableau. Les petits devaient les répéter après lui à haute voix, l’anglais étant la
langue de l’enseignement. Dans la classe, pas le moindre livre adapté à la culture des enfants, jamais
de conte ni d’histoire. Les enseignants qui avaient suivi une formation d’instituteurs, reproduisaient les
mêmes méthodes pédagogiques que celles qui avaient été les leurs à l’âge de leurs élèves.
INTRODUCTION PAR LE RÉSEAU SCOLAIRE DE KUMASI
ET LE MCTC D’UN NOUVEAU CONCEPT D’ÉDUCATION
DE LA PETITE ENFANCE
A la suite d’une réunion avec la directrice du réseau éducatif de la métropole de Kumasi et le directeur
de projet de l’Initiative des Villes du Millénaire au Ghana, il a été décidé que la première étape du
programme consisterait à détacher pour un cycle de formation en Israël la directrice et son équipe
formée de quatre coordinateurs chargés du développement de la petite enfance. Le groupe ghanéen
s’informerait directement en Israël des moyens modernes d’organiser les structures d’enseignement de
la petite enfance. Un plan de deux ans a été mis au point lors de ce stage par la directrice, son équipe
et les spécialistes du MCTC au profit d’un groupe restreint d’enseignants appelés à assurer à l’avenir
la formation des enseignants de maternelle. A son retour d’Israël, la directrice et son équipe ont choisi
12cinq écoles auxquelles ont été assignées 25 jardinières
d’enfants constituant le groupe pilote du projet. Une
première équipe israélienne se rendit alors à Kumasi pour
assurer la formation de ces jardinières d’enfants.
UN PROGRAMME PROFESSIONNEL
Premier succès : désormais, l’apprentissage des enfants
se faisait par le jeu et l’expérience personnelle. L’accent
a été mis sur l’élaboration d’un environnement nouveau
et plus stimulant, convaincues que nous sommes qu’un
changement dans ce domaine contribue à promouvoir de
nouvelles idées et de nouvelles attitudes. Cet environnement
nouveau comporte différents espaces d’activité : une petite
bibliothèque, un espace de créativité, d’art dramatique,
des jeux de cubes et de société, de niveaux différents et
pouvant être pratiqués à différentes étapes. R ÉSULTATS ET CONCLUSION
Le tout en élaborant un environnement propice à
L’équipe professionnelle ghanéenne, la directrice du
l’enseignement en classe. Pour ce faire, les enseignantes
réseau scolaire et son équipe ont été des partenaires
ont été entraînées à jouer elles-mêmes dans chacun des
bienvenus à toutes les étapes. Tous ont contribué
espaces ludiques. Cette expérience, très importante pour
à la planification, à la supervision, à l’application et à
elles, a soulevé leur enthousiasme.
l’évaluation de ce programme unique. Depuis la mise en
Mais il fallait également réduire le nombre d’enfants place de ce dernier, de grands changements sont intervenus
par classe. Les enseignantes se sont rapidement aperçues dans les jardins d’enfants. Le nombre d’élèves par classe
du besoin de rédiger des livres racontant des histoires a été réduit, les classes bénéficient de plus d’espace et
conformes à leur folkore et à leur patrimoine culturel de plus de souplesse, et l’environnement pédagogique a
et de la façon de les lire à leurs élèves. En modifiant la changé, les travaux des élèves sont suspendus aux murs,
disposition des classes, les enseignantes ont également et des espaces sont consacrés aux diverses activités. La
investi leur enthousiasme pour collecter des jouets et toute lecture fait désormais partie intégrante de l’emploi du
sorte de matériel pédagogique dont se servent les enfants temps quotidien, et deux fois par semaine au moins,
pour jouer. l’agencement des classes est réorganisé pour permettre aux
Le programme de formation professionnelle a inclus enfants de jouer librement. Les classes de maternelle sont
l’envoi de spécialistes israéliens à Kumasi pour former désormais le reflet de l’intégration de toutes les disciplines
les enseignantes des classes maternelles, au rythme de pédagogiques permettant aux enfants d’apprendre par le
deux semaines tous les quelques mois. Entretemps, les biais d’une participation active, de jouer en petits groupes
coordinateurs se sont engagés à soutenir les efforts investis et de remettre soigneusement leurs jeux en place avant de
par les enseignantes pour mettre en œuvre les leçons tirées passer à une autre activité.
de leur formation.
Le matin, les enfants pénètrent joyeux et créatifs dans
Chaque session de formation partait des connaissances leur classe, pleins d’expectatives et d’excitation, et sont
déjà acquises et appliquées en classe et répondait aux gentiment accueillis par leur enseignante. Le rôle de
questions des enseignantes relatives aux problèmes posés cette dernière n’est désormais plus systématiquement
par l’application des méthodes didactiques acquises au autoritaire, mais plus convivial et à la portée des petits. Les
cours de leur formation. enseignantes travaillent avec de petits groupes d’enfants,
La philosophie fondamentale de ces sessions étant que les posent des questions et écoutent leurs réponses plutôt
enfants apprennent par le jeu et l’expérience, tout le cycle que de leur faire répéter des lettres ou des mots. Elles
de formation a été expérimental et impliquait des occasions ont également découvert la pertinence de jeux éducatifs
de jeu pour les enseignantes, en d’autres termes un tels que le loto et les jeux de piste, et la joie que procure
enseignement théorique acquis à partir de la participation la reconstitution des pièces d’un puzzle fabriqué à partir
active de l’enseignante. Ce qui est un bon moyen de prendre d’images découpées dans de vieux calendriers. Quant
conscience des besoins, d’accorder la priorité aux traditions à l’assistante maternelle, son rôle ne se limite plus à des
culturelles locales et de mettre l’accent sur les “pourquoi” tâches ménagères, elle est désormais partenaire dans
et les “comment” du programme appliqué au Ghana. l’emploi du temps quotidien.
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