PORTRAIT LIA RODRIGUES - FESTIVAL D'AUTOMNE À PARIS 8 septembre - 14 décembre 2021 - Festival d'Automne à Paris
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4 « Comme une mosaïque »
Entretien avec Lia Rodrigues, par Laura Cappelle
Éditorial
12 Fables à la fontaine
Lia Rodrigues / Béatrice Massin / Dominique Hervieu
25 Nororoca En 2005, le Festival d’Automne à Paris présentait pour la première fois l’œuvre de Lia Rodrigues – Incarnat,
Lia Rodrigues plongée dans une esthétique de chair et de sang. Depuis, il n’a cessé d’accompagner ses créations, de
Pororoca (2009) à Fúria (2018) en passant par Piracema (2011), Pindorama (2013) et Para que o céu nao
28 Encantado
caia (2016). À l’occasion de sa 50e édition, le Festival lui consacre un Portrait, conçu par l’artiste comme
Lia Rodrigues
une constellation de voix brésiliennes.
29 Exercice M, de mouvement et Maré
Lia Rodrigues Chorégraphe, danseuse et pédagogue, Lia Rodrigues a inventé ces trois dernières décennies de nouveaux
chemins de résistance et de résilience pour la danse au Brésil. Dès 2004, elle installe sa compagnie à la
ET 10 CHORÉGRAPHES BRÉSILIENS INVITÉS favela de Maré, à Rio de Janeiro, où elle crée le Centre d’art de Maré et l’École libre de danse de Maré en
6 Let it burn partenariat avec l’association Redes de Maré. Pour ce Portrait, trois œuvres puissantes et engagées de son
Marcela Levi / Lucía Russo répertoire côtoieront sa dernière création, Encantado, ainsi que les pièces d’une série d’artistes brésiliens
7 Altamira 2042 qui incarnent pour elle la richesse de la scène chorégraphique de son pays. Marcela Levi / Lucía Russo,
Gabriela Carneiro da Cunha Gabriela Carneiro da Cunha, Luiz de Abreu / Calixto Neto, Cristina Moura, Marcelo Evelin, Renata Carvalho,
Ana Pi, Thiago Granato et Volmir Cordeiro, chacun de ces artistes exprime et présente son esthétique,
8 O Samba do Crioulo Doido
entre fragments d’histoires et nouvelles perspectives. Inauguré dès le 8 septembre avec Let it burn au
Luiz de Abreu / Calixto Neto
Théâtre de la Ville / Espace Cardin, ce Portrait s’y clôturera également mi-décembre avec Exercice M, de
9 Ägô mouvement et Maré, un spectacle interprété par les danseurs de son école que l’on retrouvera lors d’une
Cristina Moura journée La Maré existe au CENTQUATRE le 12 décembre.
10 AI, AI, AI
Marcelo Evelin Nous vous attendons nombreux durant l’ensemble de cette traversée automnale, rendue possible grâce à
11 Manifesto Transpofágico l’engagement de partenaires parisiens (Chaillot – Théâtre national de la Danse, le CENTQUATRE-PARIS,
Renata Carvalho le Théâtre de la Ville, Lafayette Anticipations) et franciliens (Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine, CND
Centre national de la danse, La Briqueterie, centre de développement chorégraphique national du Val-
13 O BANQUETE
de-Marne, Points communs, scène nationale de Cergy-Pontoise / Val d’Oise) et le soutien de la Fondation
Ana Pi
d’entreprise Hermès, mécène du Portrait.
24 The Sound They Make When No One Listens
Thiago Granato
26 Métropole Emmanuel Demarcy-Mota
Volmir Cordeiro Directeur général du Festival d’Automne à Paris
27 The Divine Cypher
Ana Pi
30 Biographies
34 Partenaires du Portrait
La Fondation d’entreprise Hermès est le mécène du Portrait Lia Rodrigues.
3« Comme une mosaïque »
Entretien avec Lia Rodrigues
Qu’est-ce qu’un Portrait au Festival d’Automne de le comprendre. On n’a pas cette stabilité sociale, la manière dont on peut enchanter quelque chose, La pandémie a été terrible pour nos élèves. D’abord
représente pour vous, dans le contexte actuel ? cette infrastructure, et cela fait une grande différence. se transformer. ils n’ont souvent pas Internet, c’est cher, et ils vivent
L’invitation est arrivée assez tôt parce que je savais Ici, il n’y a pas d’hôpitaux pour la grande majorité dans des endroits trop petits avec leurs familles. On
que j’allais faire une nouvelle création en 2021, avant de la population, pas de soutien du gouvernement. Comment travaillez-vous avec les interprètes de est très occupés avec ça. On va commencer à re-
même la pandémie. Depuis, j’ai beaucoup parlé avec vos pièces ? monter Exercice M, de mouvement et Maré quand il
Marie Collin [directrice artistique du Festival d’Au- Comment avez-vous imaginé la « constellation » J’essaie d’avoir un espace très libre pour créer en- sera possible d’être à nouveau ensemble au Centre
tomne] de ce que serait un Portrait pour moi. L’an- qui compose ce Portrait ? semble, mélanger, faire et défaire les choses. On est d’art et de démarrer les répétitions. C’est très diffi-
née passée, j’ai fêté les trente ans de ma compagnie, Ce Portrait est comme une mosaïque, un collage au service les uns des autres, les artistes qui font par- cile parce que cela ne dépend pas de nous.
autour de l’idée de répertoire : on joue encore des d’histoires et de perspectives, qui se combinent et tie de la création et moi-même. C’est la beauté de la
pièces que l’on jouait il y a vingt ans et on devait les contrastent. Il regroupe plusieurs générations d’ar- création, et puis ensuite je l’organise. J’ai l’impres- La compagnie norvégienne Carte Blanche va pré-
emmener en tournée, mais tout s’est annulé, comme tistes brésiliens, dont certains ont été interprètes sion de faire de la couture : je suis la couturière, c’est- senter Nororoca, une nouvelle version de Pororoca
pour tout le monde. Au Brésil, actuellement, tout le de mes pièces. Tous, d’une manière ou d’une autre, à-dire que je mets les choses ensemble, je prends que vous avez créée début 2020. Dans quelles me-
monde souffre énormément, avec un président fas- donnent à écouter des voix qui devraient être plus les décisions. Mais parfois les danseurs me disent sures avez-vous fait évoluer cette pièce pour eux ?
ciste et génocidaire. Cela nous a fait beaucoup ré- écoutées. Il faut nous ouvrir à d’autres esthétiques, que ça ne va pas, qu’il faut refaire. C’est très ouvert. On n’a pas changé la structure, mais ils ont dû re-
fléchir à ce que peut être un Portrait dans une situa- sortir du centre, laisser la place. Moi, je suis une créer toute la pièce. Le squelette est là, mais ensuite
tion aussi dramatique. femme blanche de soixante-cinq ans, qui vit au Bré- Comment percevez-vous le travail chorégraphique il faut y mettre la chair, et ce sont eux qui ont créé
J’ai été formée par d’autres personnes. Je ne serais sil, de classe moyenne – ça veut dire beaucoup, parce personnel des anciens danseurs de la compagnie ça. Toute la compagnie est venue au Brésil travail-
pas là si ces gens n’avaient pas existé. Je me vois en que le Brésil est un pays extrêmement inégalitaire qui font partie de votre Portrait ? ler dans la favela avec nous, avec les danseurs et
tant que personne collective, parce qu’il y a tellement et raciste. J’ai pu faire le choix d’être artiste très tôt, J’adore ça. Ils ont tous leur personnalité – c’est ex- l’école. Ça a aidé à créer quelque chose entre nous.
de choses qui me traversent. Pour moi, travailler et ce qui n’est pas le cas pour la grande majorité des traordinaire. Au début de ma carrière, j’ai travaillé Les danseurs de Carte Blanche ne sont pas tous nor-
créer signifie être dans une mer en mouvement, où gens. Dans le cas de ce Portrait, c’est incroyable de avec Maguy Marin, et cette expérience a été fonda- végiens, mais ils ont quelque chose de différent des
les vagues amènent des idées, des rencontres, des voir tous les artistes que l’on a réussi à programmer, mentale pour devenir ce que je suis. C’est avec elle danseurs brésiliens : ils ont une verticalité plus ac-
gens, se retirent ensuite, pénètrent dans le grand qui vont être là et en lien avec des théâtres. L’idée que j’ai tout appris. Maintenant encore, elle est pour centuée que nous, qui sommes plus dans le bassin,
océan, se mêlent à tant d’autres idées de danses était de s’écouter les uns les autres radicalement, moi comme un phare, une lumière que je suis. Elle dans la terre. On a beaucoup travaillé sur ça : com-
du passé, dans un mouvement constant. C’est faire de découvrir des possibilités de partage. C’est ain- m’a offert May B, qu’on a remonté au Brésil avec nos ment perdre la verticalité, laisser un peu de côté
partie d’une constellation, où le système planétaire si, je crois, que nous pouvons produire une écolo- étudiants. J’ai toujours en tête son éthique et sa ri- l’analyse des choses et utiliser notre savoir intuitif.
s’équilibre, se complète, s’organise et se réorganise. gie de la connaissance. Dans la philosophie Ubun- gueur, et j’essaie de transmettre de la même manière.
Dans mon cas, cet univers s’équilibre dans un terri- tu, je suis parce que nous sommes : c’est dans cet Aimez-vous l’idée d’avoir un répertoire ?
toire concret, le Centre d’art de Maré. L’idée d’avoir environnement que la solidarité peut émerger et se L’École libre de Maré, que vous avez créée avec J’adore cette idée. Pourquoi pas, si les pièces sont
un Portrait qui parle du collectif nous a donc sem- manifester concrètement. l’association Redes de Maré, sera également à Pa- encore là, vivantes ? C’est un énorme travail, mais
blé proche des valeurs que j’ai toujours défendues. ris pour danser une pièce de 2013, Exercice M, de j’y vois quelque chose de pédagogique. Chaque fois,
Comment avez-vous élaboré Encantado, votre mouvement et Maré. Comment fonctionne-t-elle ? on gagne du terrain, un nouveau danseur va ame-
Comment votre compagnie a-t-elle traversé la nouvelle création ? C’est une école qui a deux « Nucleos » : le premier, ner quelque chose avec lui. Je vois les artistes qui
pandémie ? Elle est en cours depuis très longtemps, parce que ce sont des cours ouverts à tout le monde, pour tous arrivent et qui s’épanouissent par ce biais : c’est un
Je suis l’administratrice de ma compagnie, avec une pour moi une création s’enchaîne avec d’autres. Je les âges, de 8 à 80 ans. On avait trois cents élèves cadeau de voir les gens se découvrir.
collaboratrice, et je suis très prévoyante : l’argent ga- commence toujours par lire, beaucoup – pour En- avant la pandémie. Le « Nucleo 2 », ensuite, est un
gné avec les tournées est investi dans la création sui- cantado, j’ai été particulièrement inspirée par Torto groupe de jeunes de 16 à 26 ans, sélectionnés sur Après avoir fêté en 2020 les trente ans de votre
vante. Avec ces fonds, et l’aide de quelques institu- Arado de Iatamar Vieira da Silva, O alegre canto da audition, qui suivent une formation continue. Mais compagnie, mesurez-vous le chemin accompli ?
tions européennes, pendant la pandémie, j’ai payé Perdiz de Paulina Chiziane, Ideias para adiar o fim c’est ce que j’appelle une pédagogie mutante : ce Moi, je regarde le présent et le futur. Je suis très
tout le monde pendant neuf mois. Tout le monde do mundo d’Ailton Krenak, Une écologie décoloniale n’est pas une école de trois ans, par exemple, ou occupée à réfléchir à comment survivre, comment
a pu rester chez soi et faire survivre aussi sa fa- de Malcolm Ferdinand, Fugitif, où cours-tu ? de De- une formation uniquement pour devenir danseur ou créer encore et continuer à faire des choses. Tout
mille – parce que la situation ici est très grave et qu’il netem Touam Bona, Vivre avec le trouble de Donna chorégraphe, mais plutôt une formation pour la vie, ce qui a été fait, c’est très bien ! Mais je ne suis pas
n’y a pas de travail. Il y a eu un moment où c’était un J. Haraway et Le Rêve du chien sauvage de Deborah pour être citoyen. Il y a des gens qui restent sept ans, quelqu’un qui se repose sur le passé. Je veux savoir
peu serré, mais je suis habituée aux incertitudes de la Bird Rose. Ce mot, encantado, évoque par ailleurs d’autres deux ou trois ; trois anciens du Nucleo 2 ce qu’il reste encore à faire.
vie. Il n’y a aucune possibilité de comparaison entre au Brésil des esprits qui rendent des lieux sacrés en sont aujourd’hui dans la compagnie, et quatre autres
la vie au Brésil et la vie en France ; c’est important se déplaçant, et j’ai saisi cette idée pour réfléchir à ont continué leur formation à P.A.R.T.S., à Bruxelles. Propos recueillis par Laura Cappelle
4 5LET IT BURN ALTAMIRA 2042
Marcela Levi / Lucía Russo Gabriela Carneiro da Cunha
Théâtre de la Ville / Espace Cardin Les chorégraphes Marcela Levi et Lucía Russo Théâtre de la Ville / Espace Cardin Implanté en plein poumon vert du monde, l’Ama-
Mer. 8 au dim. 12 septembre signent un solo étourdissant et politique, incar- Mer. 15 au dim. 19 septembre zonie, le barrage géant de Belo Monte s’érigeait
Mer. au sam. 20h, dim. 15h né par la danseuse Tamires Costa, corps noir Mer. au sam. 20h, dim. 15h dès sa construction en 2012 en emblème de la
traversé par d’autres corps – invisibles – et par dévastation de la nature par l’homme. Chambre
Concept et chorégraphie, Marcela Levi, Lucía Russo Conception et mise en scène, Gabriela Carneiro da Cunha
Avec Tamires Costa l’histoire, les sons, les stéréotypes et le regard du Dialogues artistiques, Cibele Forjaz, Dinah De Oliveira, de résistance à ce symbole d’anthropocène, l’ins-
Co-création, Tamires Costa, Ícaro dos Passos Gaya spectateur, placé dans une proximité troublante Sonia Sobral tallation performative de Gabriela Carneiro da
Lumières, Catalina Fernández et joueuse. Assistants mise en scène, João Marcelo Iglesias, Clara Mor, Cunha fait voluptueusement entendre la rivière
Son, toute l’équipe Jimmy Wong Xingu et ses secrets.
Costumes, Marcela Levi, Lucía Russo Éruptif et dérangeant, Let it burn est un solo co-créé Textes, Raimunda Gomes Da Silva, João Pereira Da Silva,
Documentation vidéos, Renato Mangoli, Luiz Guilherme Guerreiro avec la danseuse Tamires Costa, une expérience Povos Indígenas Araweté E Juruna, Bel Juruna, Eliane Brum, Altamira 2042, c’est une polyphonie de bruits, de
contradictoire de la densité et de l’épure. Qu’est-ce Antonia Mello, Mc Rodrigo – Poeta Marginal, Mc Fernando, sonorités, de timbres, de tremblements, de plaintes
Production Improvável Produções qui anime ce corps et comment le regarder ? Quelles Thais Santi, Thais Mantovanelli, Marcelo Salazar, Lariza et de désirs portés par des chants habituellement
Production déléguée de la tournée française Festival d’Automne Montage vidéo, João Marcelo Iglesias, Rafael Frazão,
à Paris images et quels fantômes le traversent ? Marcela Levi Gabriela Carneiro da Cunha réduits au silence, la voix d’ombre et de lumière des
Coproduction et diffusion Something Great et Lucía Russo ont collecté les traces d’existences Montage du texte, Gabriela Carneiro da Cunha, rivières elles-mêmes. Lecteurs flash et haut-parleurs
Coréalisation Théâtre de la Ville-Paris ; Festival d’Automne à Paris qui sont comme autant de flammes auxquelles se João Marcelo Iglesias LED portés et manipulés par la performeuse se font
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès brûler, convoquant Thelonious Monk, Dizzy Gillespie, Son, Felipe Storino, Bruno Carneiro les vecteurs d’une transmission et d’une amplifica-
Résidences artistiques Centro Coreográfico da Cidade do Rio de Janeiro, Joséphine Baker, Valeska Gert, Macunaíma, Grande Costumes, Carla Ferraz tion des voix humaines ou non humaines du dedans
Consulado da Argentina no Rio de Janeiro, Espaço Cultural Sítio Canto Lumières, Cibele Forjaz
da Sabiá, Projeto Entre Otelo, Jorge Ben Jor, Mc Carol, Michael Jackson, Nina Programmation, technologie, automatisation, Bruno Carneiro et des rivages de la rivière Xingu : population rive-
Avec le soutien de Bisturi Material Hospitalar et FoBras Simone et Woody Woodpecker. Une danse traversée Images, Eryk Rocha, João Marcelo Iglesias, Clara Mor, Cibele Forjaz raine, indigène – Juruna et Araweté –, journalistes,
par les stéréotypes associés aux corps noirs, qui Production management, Gabriela Gonçalves écologistes, rappeurs, artistes, anthropologues,
Durée : 40 minutes sautent au visage et se délitent dans le même mou- International distribution, Judith Martin / Ligne directe animaux, pluie dans la forêt, flots de la rivière. Per-
vement. C’est une pièce politique, comme peut l’être formance-rituel, Altamira 2042 est une expérience
Production Corpo Rastreado (São Paulo) ; Aruac Filmes
le travail de Lia Rodrigues, avec qui Marcela Levi Coproduction Corpo Rastreado (São Paulo) ; MITsp – Mostra techno-chamanique qui s’offre au plus près des
a longtemps collaboré, avant de fonder sa propre Internacional de Teatro de São Paulo spectateurs, entrant dans la danse ou dans la transe,
compagnie avec Lucía Russo. Avec Let it burn, les Coréalisation Théâtre de la Ville-Paris ; Festival d’Automne à Paris mettant à l’échec, par le contraste entre médiums
deux chorégraphes embrassent contradictions et Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès high-tech et le sujet, la frontière archaïque entre
ambiguïtés dans un geste direct, à la fois immédia- nature et culture. Pas étonnant que la puissance de
Durée : 1h30
tement parlant et insaisissable. À partir de 16 ans
cette œuvre ait touché Lia Rodrigues par son enjeu
politique et poétique.
6 7O SAMBA ÄGÔ
DO CRIOULO DOIDO Cristina Moura
Luiz de Abreu / Calixto Neto
Le CENTQUATRE-PARIS Face à l’urgence de traiter la question décolo- Le CENTQUATRE-PARIS Cristina Moura nous invite à réfléchir avec elle, à
Jeu. 16 au dim. 19 septembre niale, de questionner l’héritage de l’esclavage Jeu. 16 au dim. 19 septembre travers son corps, ses mouvements, ses mots, à la
Jeu. au sam. 20h, dim. 17h et les rapports de domination qu’il induit, le solo Jeu. au sam. 20h, dim. 17h question de l’identité. Partant des regards posés
Soirée partagée avec Ägô de Cristina Moura conçu et dansé par Luiz de Abreu puis transmis Soirée partagée avec O Samba do Crioulo Doido sur elle, faisant entendre sa voix mêlée à d’autres,
à Calixto Neto déconstruit les représentations du de Luiz de Abreu / Calixto Neto Ägô fait du plateau un espace d’interaction pour
Conception, direction, chorégraphie, scénographie, corps noir dans la culture brésilienne, organisant questionner avec humour son histoire et celle
costumes, production, Luiz de Abreu Création, chorégraphie et performance, Cristina Moura
Avec Calixto Neto le passage d’un corps-objet à un corps-sujet. Musique, Bruno Balthazar
de son pays.
Création lumières, Luiz de Abreu, Alessandra Domingues En faisant rejouer à Calixto Neto les stéréotypes liés Vidéos, Lucas Canavarro Une femme, sur scène, se présente à nous en dan-
Bande son, Theo Ponciano, Luiz de Abreu Scénographie, Julia Deccache, Radiografico
Collaboration artistique, Jackeline Elesbão, Pedro Ivo Santos, au corps noir, (trop) ancrés dans les inconscients Costumes, Luana de Sá sant et se met, en son nom, à nous parler. Qu’est-ce
Fabrícia Martins collectifs au Brésil, Luiz de Abreu procède au re- Lumières et direction technique, Dalton Camargos que le corps noir ? Est-ce qu’une telle chose existe ?
tournement du cliché raciste contre lui-même. Corps Assistant mise en scène et accessoires, Danilo Moraes Pendant une heure, le spectacle explore cette ques-
Production déléguée CND Centre national de la danse (Pantin) noir plongé dans la pénombre, le danseur, nu, force Collaboration artistique, Anna Dantes, Renato Linhares tion en travaillant un répertoire de gestes, d’images
Coproduction Centre chorégraphique national d’Orléans, le trait pour tourner en dérision les projections iden- Production, Dadá Maia et de mouvements, allant du rituel au quotidien.
Charleroi Danse, Teatro Municipal do Porto Diffusion, Plan B-Creative Agency for Performing Arts
Coréalisation Le CENTQUATRE-PARIS ; Festival d’Automne à Paris titaires qui l’assignent à un imaginaire non choisi, Mêlant expériences, souvenirs et inquiétudes de sa
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès oscillant entre érotisme et exotisme. L’écriture de Luiz Coréalisation Le CENTQUATRE-PARIS ; Festival d’Automne à Paris propre vie d’artiste aux problèmes d’actualité qui
Résidences de reprise à Casa Charriot, Espaço Xisto Bahia, Casa Rosada de Abreu parodie à cet effet autant le carnaval que le Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès agitent son pays et le monde, Cristina Moura fait
ballet classique, déplaçant les signes culturels pour d’Ägô un jeu de risques et d’expérimentations. Figure
Durée : 25 minutes en démasquer les inconscients. L’exposition frontale Durée : 1h de la scène brésilienne, Cristina Moura – dont Lia
Projection
et l’épure du dispositif sont à l’image de la radicalité Rodrigues a présenté le premier solo en 2003 dans
Calixto Neto / O Samba do Crioulo Doido, règle et compas du propos, tandis que l’humour, incisif et malicieux, le cadre de son festival Panorama – a dansé dans de
Le CENTQUATRE-PARIS | Jeu. 16 et ven. 17 septembre à partir de 18h, atténue la violence de la critique. Jeux péniens, va- nombreuses compagnies, au Brésil et en Europe, et
sam. 18 et dim. 19 septembre à partir de 14h gues ventrales et tremblements fessiers, son corps développe ses projets chorégraphiques depuis vingt
Le Festival d’Automne à Paris s’associe au CENTQUATRE-PARIS joueur et jouissif est ici renvoyé à sa matérialité brute ans. Selon la chorégraphe, « Ägô évoque la mémoire
pour présenter le film O Samba do Crioulo Doido, règle et compas, par-delà le symbolique, celle d’un corps subalterne et l’imagination d’un corps, brésilien, féminin, dan-
réalisé par Calixto Neto à partir d’images prises pendant les résidences qui puise en lui seul les moyens de son émancipation. sant, noir. Un corps de créateur contemporain qui
de re-création de la pièce.
se concentre sur les questions de notre temps ».
8 9AI, AI, AI MANIFESTO
Marcelo Evelin TRANSPOFÁGICO
Renata Carvalho
Lafayette Anticipations Défi d’une danse à partir de rien, AI, AI, AI circule Théâtre de la Ville / Espace Cardin En dévoilant son propre corps, Renata Carvalho
Fondation d’entreprise Galeries Lafayette entre présent et mémoire par le seul vecteur du Mer. 22 au sam. 25 septembre 20h met à nu l’exclusion historique et la folklorisation
Lun. 20 au mer. 22 septembre 20h mouvement corporel. Quelques accessoires au du corps travesti, arrache les racines tortueuses
Dans le cadre du Festival Échelle Humaine goût d’enfance ou d’adolescence, un corps dan- Dramaturgie et performance, Renata Carvalho des préjugés ancrés dans divers registres, tels
Mise en scène, Luiz Fernando Marques (Lubi)
Conception, chorégraphie et danse, Marcelo Evelin
sant, et c’est tout un voyage poétique qui s’écrit, Lumières, Wagner Antônio que la grammaire, la médecine ou la justice. Une
Films Super 8, Karim Ainouz au cœur des racines brésiliennes d’un artiste Vidéo, Cecília Lucchesi performance soliste pour une proclamation par-
Décors et costumes, John Murphy longtemps éloigné de son pays. tagée.
Assistante chorégraphique, Christiana Cavalcanti Production Corpo Rastreado (São Paulo)
Son, Jaap Lindijer, Gui de Areia Régulièrement appelé à remonter son solo créé Coproduction Risco Festival (São Paulo) ; MITsp – Mostra Internacional Avec un spectacle dénonçant courageusement l’au-
Lumières, Marc van Gelder en 1995 à New York, opus extrêmement personnel de Teatro de São Paulo ; Corpo Rastreado (São Paulo) toritarisme du gouvernement actuel à l’appui d’un
Photographie, Ben van Duin, Carlos Marques, Valério Araújo conçu à partir d’un processus d’investigation de son Coréalisation Théâtre de la Ville-Paris ; Festival d’Automne à Paris travail autour des Évangiles, Renata Carvalho a agité
Musique, Ella Fitzgerald, Brazillian « Chorinhos » Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès
propre corps, hors de tout propos, Marcelo Evelin ho- bon nombre de scènes au Brésil et marqué les esprits,
Plateforme de création, Demolition Incorporada
Direction de production, Regina Veloso/Casa de Produção | CAMPO arte
nore cette fois l’invitation de Lia Rodrigues. AI, AI, AI, Durée : 1h dont celui de Lia Rodrigues, qui a suggéré au Festi-
Diffusion, Plateau Brésil autoportrait coloré à la saudade, se complète sponta- À partir de 16 ans val d’Automne de l’inviter avec sa dernière création.
nément au fil des ans, s’enrichit de la métamorphose Manifesto Transpofágico dissèque la construction
Coréalisation Lafayette Anticipations (Paris) ; Festival d’Automne à Paris du corps. L’assurance gestuelle des débuts se teinte sociale et les représentations des corps trans-
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès à présent de l’ombre du doute, qui témoigne de la genres, démantèle la sexualisation, les stéréotypes,
Durée : 50 minutes
maturité d’un geste passé par tous les états, et ne la transphobie structurelle et la criminalisation qui
peut désormais que questionner la danse elle-même les imprègnent, la violence de l’image pathologique
dans son exécution, un geste interrogatif et dansé, qui leur colle à la peau. D’où la rêverie de la trans-
un geste qui regarde, jusqu’au bout des doigts. Après pophagie, l’idée de manger et de digérer ce corps,
avoir mis à l’honneur une jeunesse flamboyante avec d’appeler à le regarder, sous des néons scandant ob-
ses dernières pièces au Festival d’Automne, Mar- sessionnellement l’espace d’un mot : « TRAVESTI ».
celo Evelin imprime une autre gamme d’émotions L’artiste invite à regarder ce corps travesti comme
en reprenant cette performance, seul en scène à une expérience, un laboratoire, un manifeste, celui
soixante ans. de l’affirmation de l’historicité des corporéités.
10 11FABLES À LA FONTAINE O BANQUETE
Lia Rodrigues / Béatrice Massin / Ana Pi
Dominique Hervieu
Chaillot – Théâtre national de la Danse Trois fables pour trois femmes chorégraphes : CND Centre national de la danse Dans Le Banquet de Platon, des hommes parlaient
Sam. 9 au sam. 16 octobre avec Fables à la fontaine, re-création d’une série Mer. 20 au ven. 22 octobre 19h d’amour. Dans O BANQUETE, trois femmes noires
Mer. et dim. 14h30, sam. 14h30 et 17h30, relâches lun., mar., jeu. et ven. de pièces courtes initiée dans les années 2000, le vivent. Ana Pi nous invite à partager une perfor-
Lia Rodrigues s’associe à Béatrice Massin et Chorégraphie, dramaturgie, objets et lumières, Ana Pi mance dansée d’une infinie tendresse, une puis-
Contre ceux qui ont le goût difficile Avec Mylia Mary, Maria Fernanda Novo, Ana Pi
Direction et chorégraphie, Lia Rodrigues Dominique Hervieu pour interpréter avec esprit et Bande son originale, Aishá Lourenço sante preuve de sororité qui dénonce en filigrane
Dramaturgie, Silvia Soter liberté l’écriture de Jean de La Fontaine. Costumes, @remexefavelinha | Carla de Lá et Mili la violence du Brésil.
Lumières, Franck Niedda, Lia Rodrigues / Extraits musicaux, Les Motivés Conseils philosophiques, Profe. Dre. Maria Fernanda Novo
Costumes, Francine Barros Aussi enlevées et pensées pour un public familial que Conseils culinaires et carnavalesques, Mylia Mary La pièce a été commandée par l’Associação Cultural
Réalisation des costumes, Clotilde Barros Pontes l’œuvre de La Fontaine, ces fables chorégraphiques Videobrasil de São Paulo, créée à partir d’œuvres
Musique, Les Motivés (Chants de Lutte) font dialoguer plusieurs univers avec fraîcheur. Les Production NA MATA LAB (Paris) de sa collection vidéographique, pour un contexte
Le Loup et l’Agneau Fables à la fontaine sont nées au début des années Production déléguée Latitudes Prod. – Lille muséal. Trois femmes brésiliennes cuisinent des
2000 d’une commande d’Annie Sellem, fondatrice Coproduction Estúdio Baile
Chorégraphie, Béatrice Massin coxinhas, croquettes frites traditionnelles : Ana Pi,
Lumières, Rémi Nicolas / Extraits musicaux, Marin Marais Coréalisation CND Centre national de la danse (Pantin) ;
de La Petite Fabrique, qui invite des chorégraphes Festival d’Automne à Paris jeune artiste de la chorégraphie et de l’image, sa
Costumes, Dominique Fabrègue, Clémentine Monsaingeon
d’horizons divers à s’inspirer de l’une des célèbres Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès tante paternelle Mylia Mary, ancienne passista dans
Le Corbeau et le Renard allégories du poète français. Commande de l’Associação Cultural Videobrasil, Programme les écoles de samba devenue salgadeira, cuisinière
Chorégraphie, Dominique Hervieu Temporada de Dança # 2
Vidéo, Dominique Hervieu, Pascal Minet Trois de ces pièces sont aujourd’hui à nouveau réu- respectée, et Maria Fernanda Novo, philosophe.
nies. Le choix de Lia Rodrigues s’est porté sur Contre En collaboration avec l’Institut Français de São Paulo
Lumières, Vincent Paoli Entre pas dansés au rythme d’une samba revisi-
En partenariat avec Mostra Verbo – Galeria Vermelho (São Paulo),
Son, Catherine Lagarde ceux qui ont le goût difficile, fable qui fait dialoguer Fonte Residência (São Paulo) tée, sonorité chaleureuse des cuisines, chants et
Extraits musicaux, Jean-Baptiste Lully, Robert Schumann l’auteur et ses critiques. Avec espièglerie, elle lui per- Remerciements à Carolina Mendonça, Louis Logodin, gestes ordinaires, elles échangent des sourires et
Costumes, Mireille Hersent met d’identifier « des points communs entre la France Marcelo Amorim, Marcos Gallon, Maurício Ianês, Nino Cais, conversent sans mots. Dans cet endroit de la joie et
Avec Tais Almeda Da Silva, Dandara Patroclo Santos, des Louis, décrite et critiquée par la plume affûtée Simone Moraes, Telma Baliello, Galeria Vermelho (São Paulo), de l’intime, l’amour se manifeste en mouvement et
Félix Héaulme, Mylène Lamugnière Centro Cultural São Paulo, Vicente Alcântara, Kdu dos Anjos,
de La Fontaine, et les regards que nous portons et en résistance, les corps se connectent en douceur et
Fables à la fontaine, projet idéalisé par Annie Sellem Taata Mutá Imê
que l’on porte sur nous dans le Brésil d’aujourd’hui ». chacune prend soin des autres. Au visage qui se tord
Production (recréation) Chaillot – Théâtre national de la Danse (Paris) À ses côtés, Béatrice Massin, spécialiste de la danse Durée : 45 minutes aux goûts amers répond l’assurance d’une guérison
avec l’ensemble des équipes du théâtre baroque, joue des échos entre les époques pour possible par l’affect. Dans un monde en carence,
Production à la création La Petite Fabrique peindre les jeux du pouvoir dans Le Loup et l’Agneau, Ce travail est spécialement dédié à Julio de Oliveira, père de l’artiste, Ana Pi affirme la force inébranlable de la quête de
Coproduction à la création Centre chorégraphique national de Rillieux-la- porté disparu depuis le 4 mars 2018, et également dédié à Sálua.
tandis que Dominique Hervieu propose une « invita- la beauté, de l’art et du courage.
Pape, compagnie Maguy Marin ; Le Toboggan, centre culturel de Décines-
Charpieu ; Pôle-Sud, CDCN de Strasbourg ; CND Centre national de la danse tion poétique à l’esprit critique » avec Le Corbeau et Marllon Araújo & Luyd Carvalho / Rebirth + One for All + Routes
(Pantin) ; Théâtre Louis Aragon / Tremblay-en-France ; Centre des Bords de le Renard, qui voit la flatterie relue à la sauce hip-hop. CND Centre national de la danse | Jeu. 9 au sam. 11 décembre 19h
Marne / Le Perreux-sur-Marne ; Groupe des 20 Théâtres en Île-de-France L’occasion d’un dialogue fécond entre le patrimoine Le Festival d’Automne à Paris s’associe au CND Centre national de la danse
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès littéraire et des artistes bien dans leur temps. pour présenter le travail de Marllon Araújo et Luyd Carvalho, formés à l’École
Avec le soutien du Centre Chorégraphique National de Créteil et du Val-de-
libre de Maré de Lia Rodrigues puis à P.A.R.T.S. à Bruxelles. Marllon Araújo,
Marne, Chaillot – Théâtre national de la Danse (Paris), CND Centre national
blanche, gay et non binaire, évoque dans Rebirth ses questionnements
de la danse (Pantin), Adami, DRAC Île-de-France, Fondation de France
identitaires. Luyd Carvalho, danseur cisgenre noir, met en scène avec One
Avec l’aimable participation du Groupe et Compagnie Grenade – Josette Baïz
for All les chocs qu’il a vécus en 2020, du mouvement anti-raciste « Black
Lives Matter » à la pandémie et au régime de Jair Bolsonaro au Brésil. Dans
Durée : 1h
Routes, ils confrontent leurs expériences. Plus d’informations sur cnd.fr
À partir de 6 ans
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22 23
THE SOUND THEY MAKE NOROROCA
WHEN NO ONE LISTENS Lia Rodrigues
Thiago Granato
CND Centre national de la danse Après les trois solos de son projet Choreoversa- Chaillot – Théâtre national de la Danse Avec Nororoca, Lia Rodrigues tisse des ponts
Mer. 20 au ven. 22 octobre 20h30 tions, Thiago Granato crée un trio, qu’il co-inter- Mer. 10 au sam. 13 novembre entre le Brésil et la Norvège. Créée à l’invitation
prète, sur le thème de l’écoute. Un geste artistique Mer., ven. et sam. 19h30, jeu. 20h30 de la compagnie norvégienne Carte Blanche dé-
Concept, direction artistique et chorégraphie, Thiago Granato pour a ffirmer, à l’heure des crises politiques et Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine but 2020, cette collaboration a pris forme entre
Création, Arantxa Martinez, Roger Sala Reyner, Thiago Granato
Avec Mariana Romagnani, Roger Sala Reyner, Thiago Granato écologique, qu’une autre façon d’être au monde Mer. 17 novembre 20h deux continents, et fait dialoguer les danseurs
Co-création et assistant mise en scène, Sandro Amaral est possible. avec la culture de la chorégraphe.
Chorégraphie, Lia Rodrigues
Lumières, Claes Schwennen
Son, David Kiers Pour le Brésilien Thiago Granato, écouter, et non sim- Assistante, Amália Lima Aux sources de Nororoca, il y a Pororoca, un spectacle
plement entendre, est au sens littéral du terme un Avec les danseurs de la compagnie Carte Blanche : imaginé par Lia Rodrigues en 2009, dont l’imaginaire
Assistant son, Andrea Parolin
Adrian Bartczak, Aslak Aune Nygård, Caroline Eckly, Daniel Mariblanca,
Conseil dramaturgique, Lisa Stertz acte subversif. Qui peut conduire in fine à renverser Dawid Lorenc, Mathias Stoltenberg, Ole Martin Meland, Timothy Bartlett, était inspiré d’un phénomène de marée : la puissante
l’ordre établi, lorsqu’il s’agit par exemple de prêter Nadege Kubwayo, Lin Van Kaam, Max Makowski, Anne Lise Rønne, rencontre entre l’eau douce et les courants salés
Coproduction Tanz im August – HAU Hebbel am Ufer (Berlin) ;
oreille et attention à ces invisibles dont personne Vilja Kwasny, Tilly Sordat de l’Atlantique à l’embouchure de l’Amazone. Cette
Le Dancing – CDCN Dijon Bourgogne-Franche-Comté
Coréalisation CND Centre national de la danse (Pantin) ; n’écoute la voix. Explorer les mécanismes d’une Lumières, Nicolas Boudier métaphore de la confrontation des différences prend
Festival d’Automne à Paris perception active permet donc de mettre à jour les une nouvelle dimension dans Nororoca, re-création
Production Carte Blanche – Compagnie Nationale de Danse
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès structures de pouvoir et de contrôle qui s’exercent Contemporaine de Norvège dédiée à Carte Blanche, compagnie nationale de
Avec l’aide de TanzFabrik Berlin, Teatro Municipal do Porto, DDD – Festival sur les individus. Dans sa nouvelle pièce, créée à danse contemporaine de la Norvège. Dirigée par la
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès
Dias da Dança (Porto), Station – Service for contemporary dance through
Berlin en pleine pandémie, le chorégraphe plonge Française Annabelle Bonnéry, la compagnie a pris
the StationOne Residency Programme (Belgrade)
Avec le soutien du département Culture et Europe du Sénat de Berlin ainsi ses trois danseurs au cœur de ce qu’il nomme Durée : 1h ses quartiers temporairement dans la favela de Maré
un « listening design ». Les sons que produisent leurs à Rio de Janeiro, où la Lia Rodrigues Companhia de
Durée : 1h propres organismes, tels que le souffle ou le bruit de Danças est implantée depuis 2004. Répétée à Maré,
leurs pas, et ceux de l’extérieur guident la dramaturgie puis à Bergen en Norvège, Nororoca est le résultat
et les déplacements. Combinés aux jeux de lumière, de ce dialogue au-delà des frontières. Exploration
ils créent un espace sensoriel démultiplié. Écouter des relations humaines et de notre rapport à l’autre,
devient un moyen de dépasser les apparences, et cette pièce créée début 2020, dont la vie a ensuite
de s’ouvrir au-delà des corps en mouvement à une été suspendue par la pandémie mondiale, témoigne
autre réalité. de la manière dont la danse circule et s’hybride, en
toute liberté.
24 25MÉTROPOLE THE DIVINE CYPHER
Volmir Cordeiro Ana Pi
Points communs, scène nationale / Théâtre 95 Quelle place pour la vie, pour la mort, pour le La Briqueterie CDCN avec le Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine Entre l’image et le corps, le visuel et le vivant, Ana
Mer. 10 au sam. 13 novembre corps humain blessé et toujours vivant dans la Ven. 19 novembre 20h30 Pi mène une recherche poético-politique sur les
Mer., ven. et sam. 20h30, jeu. 19h30 métropole ? Dans un nouveau solo, le danseur gestes sacrés ancestraux et leur perpétuation
La Briqueterie CDCN avec le Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine et chorégraphe Volmir Cordeiro explore avec le Chorégraphie, interprétation, recherche et réalisation vidéo, Ana Pi dans l’imaginaire actuel. En Haïti, elle établit un
Mar. 23 et mer. 24 novembre 20h30 Création lumières, Jean-Marc Ségalen
musicien Philippe Foch la violence sociale et le Musique originale et spatialisation du son, Jideh HIGH ELEMENTS dialogue fantastique avec ses contemporaines,
mouvement comme réponse combative à celle-ci. Dialogues rêvés et collaborations multiples, avec Wendy Désert, ainsi qu’avec la cinéaste expérimentale Maya
Conception, chorégraphie et interprétation, Volmir Cordeiro
Percussions, Philippe Foch
Tara El, Ginite Popote, Jenny Mezile, Gerda Boisguené, TRVANIA Deren.
Dédiée à Lia Rodrigues, que Volmir Cordeiro a long- Conseils philosophiques, Profe. Dre. Maria Fernanda Novo
Création son, Arnaud De la Celle temps accompagnée en tant qu’interprète au Brésil Les deux femmes partagent une démarche créatrice
Conseils sémiotiques, Profe. Dre. Cida Moura
Création lumières, Abigail Fowler
Conception et réalisation costume, Clément Picot, Dat Vu avant de s’installer en France, Métropole est née des Création costumes, @remexefavelinha | Carla de Lá et Mili transversale d’une curiosité absolue, qui associe
tribulations de 2020. Dans l’impossibilité de mener à Production NA MATA LAB (Paris) au processus artistique une méthodologie de re-
Réalisation costume, Coco Blanvillain
Réalisation scénographie, Hervé Blanc bien un projet collectif du fait des contraintes sani- cherche. Maya Deren, à partir des années 1940,
Production déléguée Latitudes Prod. – Lille
Réalisation vidéo, Margaux Vendassi taires, Volmir Cordeiro fait le choix de se recentrer sur étudie de manière empirique la culture haïtienne,
Coproduction Institut de Recherche pour l’étude des Arts de l’Amérique
Régie générale, Aliénor Lebert un travail plus modeste. À l’invitation du philosophe ses danses et le patrimoine Vaudou ; expérience
Latine Patricia Phelps de Cisneros et Le Museum of Modern Art (New
Regards extérieurs, Carolina Campos, Bruno Pace
Administration, production et diffusion, MANAKIN / Lauren Boyer Paul B. Preciado, qui mène un cycle de réflexion au York) ; Terra Batida (Alkantara) ; Be My Guest – Réseau international restituée dans le livre The Divine Horsemen : The
Centre Pompidou, il esquisse une « danse pour la pour les pratiques émergentes ; La Briqueterie – CDCN du Val-de-Marne Living Gods of Haiti et le film documentaire pos-
& Leslie Perrin – Stagiaire, Paca Tim Faraus
(Vitry-sur-Seine)
révolution » – devenue le point de départ de son nou- thume éponyme sorti en 1985.
Coproduction film avec la participation des Soirées Nomades
Production Donna Volcan veau spectacle. Sur scène, le chorégraphe brésilien Ana Pi, lauréate d’une bourse attribuée par le
de la Fondation Cartier pour l’art contemporain
Coproduction Théâtre la Vignette / Université Paul-Valéry Montpellier 3 ; y fait d’abord l’état des lieux de ce qu’il appelle la MoMA de New York City et le Cisneros Institute,
Coréalisation La Briqueterie ; Festival d’Automne à Paris
ICI – Centre chorégraphique national Montpellier – Occitanie / Pyrénées
Méditerranée dans le cadre de l’accueil-studio ; la Fondation Royaumont ; « fabrication de la peur » : une dénaturalisation so- Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès observe la manière dont ces danses sacrées ré-
ciale incarnée métaphoriquement par la métropole, Avec le soutien du programme Europe Créative de l’Union Européenne sonnent encore. Quelle mémoire en existe-t-il ?
Points communs, nouvelle scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val
dans le cadre du projet Dancing Museums – The democracy of beings
d’Oise ; La Briqueterie – CDCN du Val-de-Marne (Vitry-sur-Seine) ; cet espace tentaculaire. Porté par les percussions Quel rôle joue la vidéo dans la « futurité » de ces
(2018-2021)
Festival d’Automne à Paris de Philippe Foch, il renoue ensuite avec l’animalité Avec l’aide au projet du Ministère de la Culture, DRAC Île-de-France pratiques ? Comment élargir ce cypher, cette ronde
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès du corps, pour panser les blessures et inventer une de gestes fantastiques ? The Divine Cypher circule
Accueil en résidence CNDC d’Angers
Avec le soutien du Théâtre Paul Éluard de Bezons, scène conventionnée
d’intérêt national Art et Création – Danse et de Graner, Centro de creació danse en forme d’arène de combat. Métropole pro- entre images inédites, archives, fiction, parole et
pose une réponse chorégraphique aux structures Durée : 55 minutes solo dansé en direct, inspiré des gestes filmés et
de dansa i arts vives (Barcelone)
Remerciements à Paul B. Preciado et Guillaume Leingre qui contraignent aujourd’hui le vivant. des rêves de Maya Deren, ou encore de ceux de sa
Donna Volcan reçoit de la DRAC Île-de-France l’aide à la structuration. prédécesseure Katherine Dunham et des artistes
Volmir Cordeiro est artiste associé à Points Communs Nouvelle scène contemporaines transdisciplinaires d’Haïti.
nationale de Cergy-Pontoise / Val d’Oise et à La Briqueterie – CDCN du
Val-de-Marne (Vitry-sur-Seine).
Durée : 50 minutes
Pièce dédiée à Lia Rodrigues
26 27ENCANTADO EXERCICE M,
Lia Rodrigues DE MOUVEMENT ET MARÉ
Lia Rodrigues
Chaillot – Théâtre national de la Danse Élaborée dans le contexte de la crise sanitaire, Théâtre de la Ville / Espace Cardin Pour fêter le dixième anniversaire de l’École libre
Mer. 1er au mer. 8 décembre Encantado, dernière création de Lia Rodrigues, Lun. 6 au sam. 11 décembre de danse de Maré, fondée par Lia Rodrigues à Rio
Mar., mer., ven. et sam. 20h30, jeu. 19h30, relâches dim. et lun. se lance sur les pistes de la magie et de l’incan- Lun. au jeu. 19h, ven. 18h et 21h, sam. 17h et 20h de Janeiro, ses élèves font rejaillir un spectacle
Le CENTQUATRE-PARIS tation, avec le désir de réenchanter le monde et qui montre plusieurs facettes du travail de la cho-
Ven. 10 au mar. 14 décembre 20h30, relâche dim. Direction générale et création, Lia Rodrigues
les corps. Assistante et répétitrice, Amália Lima régraphe brésilienne : Exercice M, de mouvement
Coordination pédagogique, Gabriel Lima et Maré.
Création, Lia Rodrigues Au Brésil, le terme « encantado » a plusieurs sens.
Musique, Zeca Assumpção
Dansé et créé en étroite collaboration avec 11 danseurs Il peut être synonyme d’émerveillement ou qualifier Au sein de la favela de Maré, c’est contre vents et
Assistante à la création, Amalia Lima / Dramaturgie, Silvia Soter l’effet d’un sortilège, comme le français « enchanté », marées que la danse s’est fait sa place. En 2004, Lia
Production déléguée de la tournée française Festival d’Automne à Paris
Collaboration artistique et images, Sammi Landweer
Création lumières, Nicolas Boudier mais il a également une signification propre dans la Coréalisation Théâtre de la Ville-Paris ; Festival d’Automne à Paris Rodrigues y installe la compagnie qu’elle avait fondée
culture afro-américaine. Là, il désigne des entités Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès vingt ans plus tôt, et lance des cours de danse pour
animées, les « encantados », qui naviguent entre ciel Projet soutenu par Prince Claus Fund for Culture and Development, les habitants en partenariat avec l’association Re-
Production déléguée de la tournée française Festival d’Automne à Paris
Lia Rodrigues Companhia de Danças, Redes da Maré, Smart Fit, Globo,
Coproduction Carré-Colonnes, scène nationale (Saint-Médard-en-Jalles) ; et terre, dunes et rochers, et en font des lieux sacrés. des de Maré. Sept ans plus tard, c’est l’utopie d’une
Órama Investimentos
Le TAP – Théâtre Auditorium de Poitiers ; Scène nationale du Sud- Ce sont ces forces mystérieuses, intimement liées formation continue qui se réalise avec l’ouverture
Aquitain ; La Coursive – Scène nationale de La Rochelle ; L’empreinte,
Scène nationale Brive-Tulle ; Théâtre d’Angoulême Scène Nationale ; à une nature aujourd’hui menacée, qui ont inspiré Durée : 50 minutes d’une structure d’apprentissage intensif, Nucleo 2,
Le Moulin du Roc, Scène nationale à Niort ; La Scène Nationale à Lia Rodrigues Encantado, une pièce marquée par au sein de l’École libre de danse de Maré. Si tous
d’Aubusson ; Kunstenfestivaldesarts (Bruxelles) ; Le Theaterfestival son contexte de création. Alors que la pandémie ne se destinent pas à une carrière scénique, l’École
(Bâle) ; HAU Hebbel am Ufer (Berlin) ; Festival Oriente Occidente de Covid-19 a touché particulièrement durement le forme aujourd’hui de jeunes citoyens dansants, qui
(Rovereto) ; Theater Freiburg ; Lia Rodrigues Companhia de Danças Brésil, la chorégraphe, engagée en faveur de la dé- ont repris des pièces comme May B de Maguy Ma-
et le soutien de Redes da Maré et Centro de Artes da Maré ;
Chaillot – Théâtre national de la Danse (Paris) ; Le CENTQUATRE-PARIS ; mocratisation de l’art dans son pays, s’est interrogée rin. Exercice M, de mouvement et Maré, pièce créée
Festival d’Automne à Paris sur la manière d’« enchanter nos peurs » pour recréer en 2013, met en scène l’étendue des talents de la
Coréalisation Chaillot – Théâtre national de la Danse ; une dynamique collective et rapprocher les individus. promotion actuelle. Une série de solos leur permet
Festival d’Automne à Paris Ce faisant, Encantado invite à retrouver des forces d’abord de s’exprimer à partir des orientations de
Coréalisation Le CENTQUATRE-PARIS ; Festival d’Automne à Paris naturelles, dans une quête d’images, de paysages et Lia Rodrigues, et débouche sur des duos improvisés
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès
Avec le soutien des partenaires du FONDOC (Occitanie) de mouvements qui – comme les « encantados » – par dix élèves. Enfin, la chorégraphe a adapté pour
Avec la participation de l’OARA-Office Artistique de la Région voyagent de corps en corps. eux Ce dont nous sommes faits, œuvre sculpturale et
Nouvelle-Aquitaine – Bordeaux engagée créée en 2000 et toujours présentée par sa
compagnie. L’occasion de retrouver les fondements
Durée : 1h du travail de Lia Rodrigues, portés par une nouvelle
génération.
La Maré existe au CENTQUATRE
Le CENTQUATRE-PARIS | Dim. 12 décembre
En marge des représentations de Encantado, le Festival d’Automne à Paris
et le CENTQUATRE-PARIS mettront à l’honneur l’École libre de danse de
Maré de Lia Rodrigues tout au long du dimanche 12 décembre, à travers
des spectacles, une exposition de photographies et un programme de
films. L’occasion également de découvrir la pièce Feijoada de Calixto Neto.
28 29Vous pouvez aussi lire