2015 Business Transformation

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2015 Business Transformation
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                                                        Business

                                                     2015
                                                        Transformation

  juin 2012
2015 Business Transformation
Sommaire
    Édito .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 4
    Introduction .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 5
    Analyse des résultats de l'étude « Business Transformation 2015 ».  .  . 7
          Les 3 principaux facteurs de transformation de votre entreprise d’ici à 2015 ? .  .  .  .  .  .  .  . 9
          Classez 3 enjeux associés aux transformations à venir .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 11
          Le poids des technologies dans la transformation de votre entreprise
          est-il appelé à…  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 13
          Classez les dépenses TIC aujourd'hui dans votre entreprise  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 15
          Quel pourcentage de vos budgets IT consacrez-vous aux nouveaux
          projets aujourd'hui ? .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 17
          Quels seront pour vous les investissements sur les TIC en 2015 ?  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 18
          Quelle sera l’évolution globale de vos investissements IT d’ici à 2015 ? .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 19
          Qui pilote aujourd’hui les projets de transformation de votre entreprise ? .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 21
          Quel est aujourd’hui le rôle de la DSI dans la transformation de votre entreprise ? . . 23
          Qui assure(ra) la Gouvernance IT de votre entreprise ? .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 25
          Quelles sont les 3 activités majeures à externaliser ou à garder en interne
          d’ici à 2015 ?  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 27
          Choisissez 3 critères d’évaluation de la performance de la DSI,
          aujourd’hui et en 2015 .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 29
          Quelles sont les 3 zones de rupture technologique porteuses
          des futures évolutions ?  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 31
          Classez 3 risques majeurs liés à la mise en œuvre de la stratégie IT  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 34
          Comment les effectifs IT internes vont-ils évoluer d’ici à 2015 ?  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 35
          Classez 3 compétences clés indispensables pour les équipes IT,
          aujourd’hui et en 2015 .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 37
          Pensez-vous que le CIO devra faire partie du Comex en 2015 ?  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 39

    Les trois enseignements de l'étude .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 41
    À propos .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 43

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2015 Business Transformation
Business Transformation 2015
                                 Comment l’IT va modeler le visage de l’entreprise dans les prochaines années ?

Édito
S’il y a bien un secteur qui depuis plusieurs années a évolué avec les technologies,
c’est celui des médias. Le Groupe Canal+ d’aujourd’hui n’a en effet plus grand-
chose à voir avec la chaine analogique des débuts… si ce n’est que nos produits
demeurent immatériels et que les innovations technologiques sont toujours au
cœur de nos réflexions stratégiques.

Avec Internet, les contraintes réglementaires ont évolué et les infrastructures de
diffusion (hertziennes, puis satellitaires) sur lesquelles reposait notre modèle éco-
nomique dans les années 80 sont devenues insuffisantes, car les modes d’accès
et de consommation de nos produits et services se sont trouvés profondément
remis en question. Paradoxalement, si la technologie a menacé les fondamentaux
de notre activité, elle nous a également donné les moyens de les réinventer pour
                                                                                         Joseph Guéguan,
en assurer la pérennité.                                                                 Directeur Général Adjoint
                                                                                         Technologies et Systèmes
C’est par exemple la technologie qui nous a permis de comprendre en perma-               d'Information
nence les besoins de nos clients. C’est également elle qui nous a donné la possi-        du Groupe Canal+.
bilité de répondre à ces nouveaux besoins en proposant des produits à la demande
(VOD, TV de rattrapage,…), tout en augmentant notre vitesse d’exécution, en
étant plus réactifs avec nos partenaires, et en raccourcissant les délais de mise sur
le marché de nos produits. Nous avions dans nos gènes la créativité mais c’est la
technologie et l’usage que nous en avons fait qui nous ont permis d’acquérir
l’agilité, et avec elle de préserver la performance économique de notre modèle.

Cette agilité fait donc à présent partie de notre ADN et nous devons la préserver
si nous voulons maintenir notre niveau de performance. Nous y réfléchissons non
seulement en termes technologiques, mais surtout en s’appuyant sur les nouveaux
usages qui complètent ceux les plus traditionnels. Ce sont ces usages qui condi-
tionnent nos choix technologiques et non l’inverse, même si ce sont les nouvelles
technologies qui nous permettent d’imaginer de nouveaux usages.

À titre d’exemple, la mobilité et la consommation « sociale » sont aujourd’hui des
tendances fortes dans l’évolution des comportements de nos abonnés. Ces ten-
dances, nous devons les analyser, puis les interpréter dans l’adaptation de nos
produits ou dans la conception de nouveaux produits ; elles nous conduisent
ensuite à faire évoluer les contenus et les moyens de leur diffusion. De la pertinence
de cette analyse sortiront les offres qui continueront à nous différencier et à réin-
venter sans cesse « l’esprit Canal » qui est notre marque de fabrique !

La DTSI (Direction des Technologies et des Systèmes d’Information) et plus large-
ment les « technophiles » et les « innovants » de l’entreprise sont évidemment au
cœur de ce travail d’analyse et d’interprétation. Ils doivent non seulement com-
prendre les tendances pour les interpréter, mais aussi faire des choix car les moyens
à disposition de l’innovation créatrice ne sont jamais illimités. C’est une respon-
sabilité qui les amène à questionner en permanence la pertinence de leurs idées
et leurs priorités.

L’étude qui suit reprend bon nombre de ces questions sous forme de conjectures
sur l’avenir. Ses résultats sont quelques fois inattendus, voire déstabilisants… mais
n’est-ce pas une grande qualité de l’avenir que de continuer à nous surprendre
et de nous obliger à nous réinventer ?                              Bonne lecture !

                                                                                                                     4
2015 Business Transformation
Introduction
    Aligner stratégies IT et business au service
    des politiques de transformation
    Les entreprises lanceraient en moyenne sept grands programmes de trans-
    formation tous les trois ans. La nécessité d’adapter son modèle à un mar-
    ché mouvant ne date pas d’hier, mais ce qui constitue une véritable nou-
    veauté, c’est bien l’accélération de la cadence de ces projets, et la
    rapidité de leur péremption. Le raccourcissement des cycles de décision,
    l’accroissement de la concurrence domestique et mondiale, les difficultés
    rencontrées par bon nombre de secteurs et, par rebond, les opportunités
    qui peuvent se faire jour, sont autant d’arguments qui plaident en faveur
    de la capacité des entreprises à adapter en permanence leurs pratiques
    comme leur business model.
    L’innovation, technologique mais surtout d’usage, est par nature au cœur
    de ce paradigme. C’est elle qui peut créer le différenciant à même d’offrir
    un avantage concurrentiel majeur. C’est elle qui permet, en optimisant
    processus et pratiques, de diminuer le « time to market » et l’efficacité
    globale des organisations. C’est elle, encore, qui offre à l’entreprise l’agi-
    lité nécessaire pour saisir de nouvelles opportunités ou s’imposer sur de
    nouveaux marchés. C’est elle, en somme, qui garantit le succès ou l’échec
    d’une démarche de transformation.

    Évaluer la performance de la DSI à sa capacité
    à s’aligner sur la politique d’entreprise
    L’intégration de l’IT dans les processus de décision prend donc une acuité
    toute particulière. Plus que jamais, la notion d’alignement des stratégies
    IT sur les politiques d’entreprise est un critère d’évaluation de la perfor-
    mance des DSI. Et cette tendance se vérifie aussi bien chez de « pure
    players » qu’au sein d’entreprises industrielles.
    Pierre Pelouzet, Président de l’association des acheteurs de France et
    Directeur des achats de la SNCF, constate ainsi que la plupart des projets
    de transformation sont aujourd’hui muris et décidés de manière collé-

                                    « L’IT n’est qu’un moyen,
                                    mais c’est par notre
                                    faculté à mettre ces
                                    moyens en relation étroite
                                    avec nos objectifs métier
                                    que nous appréhendons
                                    les défis à venir.  »
                                    Grégoire Lassalle, PDG de Allociné.

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2015 Business Transformation
Business Transformation 2015
                                  Comment l’IT va modeler le visage de l’entreprise dans les prochaines années ?

                                 « Le partage des
                                 expertises est essentiel
                                 dans le succès d’un projet
                                 structurant à l’échelle
                                 de l’entreprise. »
                                 Pierre Pelouzet, Président de
                                 l’association des acheteurs de France
                                 et Directeur des achats de la SNCF.

giale : « Le partage des expertises est essentiel dans le succès d’un projet
structurant à l’échelle de l’entreprise. La connaissance du marché ne peut
que profiter de compétences techniques éprouvées et, à l’inverse, on at-
tend désormais de la DSI une parfaite expertise métier. Au sein des achats,
notre rôle est de faire le lien entre un monde extérieur, celui des fournisseurs
qui apportent des solutions, et un monde intérieur d’experts qui com-
prennent le langage. Or, plus les acheteurs sont capables de mesurer le
potentiel d’une technologie, plus leurs décisions seront pertinentes au
regard d’une stratégie d’entreprise. »
La croissance du poids des technologies dans la transformation du business
se mesure également au succès rencontré par des entreprises qui ont bâti
leur réussite sur un modèle technologique innovant.

Placer l’IT en relation étroite avec les objectifs métier
C’est le cas d’Allociné, dont l’activité web et mobile explose depuis plu-
sieurs années, mais qui réfute l’étiquette d’entreprise technologique. « Ce
qui est central, c’est l’idée, rappelle sans relâche Grégoire Lassalle, son
PDG. Les contenus, le média, la mise en relation des professionnels et des
amateurs de cinéma sont les fondations de notre succès. L’IT n’est qu’un
moyen, mais c’est par notre faculté à mettre ces moyens en relation étroite
avec nos objectifs métier que nous appréhendons les défis à venir. Dès la
création d’Allociné, le DSI a siégé au Comex, et il ne saurait en être autre-
ment. »
Derrière ces analyses, des pratiques extrêmement diverses, qui tiennent à
la culture des entreprises, à leur histoire ou à leur secteur d’activité, mais
qui permettent néanmoins de dégager des tendances particulièrement
éclairantes sur la place prépondérante que tient l’IT dans la transformation
de l’activité des organisations.

En témoigne l’examen des résultats de l’étude baptisée « Business Trans-
formation 2015 », menée à l’initiative de 01 et Sopra Group auprès de
150 DSI et directeurs métier au cours des mois de janvier et février 2012.

                                                                                                                    6
2015 Business Transformation
Analyse des résultats
    de l'étude « Business Transformation 2015 »

                  Réactions et analyse de trois DSI
                  Bruno Brocheton, CIO d'Euro Disney, Bertrand Eteneau,
                  CIO de Faurecia, et Vincent Chatard, Chief Operating
                  Officer (COO) de Mediterranean Bank… Ces trois diri-
                  geants en charge du management du système d’informa-
                  tion de leur entreprise respective ont accepté de se prê-
                  ter à l’analyse des résultats de l’étude « Business
                  Transformation 2015 ». Avant de découvrir leurs com-
                  mentaires, voici une brève présentation de leur parcours.

                                                    Vincent
                                                    Chatard,
                                                    COO de
                                                    Mediterranean
                                                    Bank

                  Vincent Chatard a commencé sa carrière à l’international au Crédit Lyonnais
                  où il était en charge de l’implémentation de solutions de banque d’affaire
                  et privée. Il a ensuite rejoint KPMG Peat Marwick en tant que Senior Consul-
                  tant avant d’être nommé responsable informatique de Robeco France.
                  Vincent est entré chez ING Direct en 2000 en tant que DSI pour dévelop-
                  per les opérations françaises, après quoi il a été détaché au Royaume-Uni
                  pour démarrer les activités de la marque outre-Manche comme DSI. Il est
                  ensuite retourné en France où il a pris en charge le développement de
                  nouveaux produits. En 2008, il est embauché comme Directeur des SI et
                  des opérations bancaires et Directeur de projet pour lancer BforBank, la
                  banque directe de gestion privée du Groupe Crédit Agricole. Depuis juil-
                  let 2011, il a rejoint Mediterranean Bank, une banque d’investissement,
                  d’épargne et de gestion de patrimoine maltaise en tant que Directeur
                  général des opérations. Vincent est Ingénieur Agronome (spécialisation
                  gestion de projet informatique de gestion) d’AgroParisTech, et titulaire
                  d’un executive MBA de HEC.

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2015 Business Transformation
Business Transformation 2015
                                Comment l’IT va modeler le visage de l’entreprise dans les prochaines années ?

                                  Bertrand
                                  Eteneau,
                                  CIO de Faurecia

Bertrand Eteneau est diplômé de l’Ecole Centrale de Paris, promotion
1983. Il a commencé sa carrière chez IBM où il a passé une dizaine d’années,
tant en usine qu’au commercial. Il a ensuite travaillé chez Bolloré pendant
cinq ans comme DSI de la partie transport international, avant de rejoindre
les 3 Suisses pour quatre ans où il a tenu la fonction de DGA. En parallèle
et pendant cinq ans, il a été Directeur de l’option « Informatique, Electro-
nique et Télécom » de 3ème année de l’Ecole Centrale de Paris. Il a ensuite
officié pendant quatre ans au sein du Gartner en France comme Executive
Vice-President. Il est depuis 2006 CIO du Groupe Faurecia.

                                  Bruno
                                  Brocheton,
                                  CIO
                                  d’Euro Disney

Depuis Janvier 2000 : Vice President, Chief Information Officer chez Euro
Disney.
1993 – 1999 : Director of Information Systems, Europe chez Reebok
1988 – 1993 : Manager, Technology Consulting and Systems Integration
chez Andersen Consulting (désormais Accenture).
Depuis 2006 : Membre du Conseil d’Administration du CIGREF (Club
informatique des grandes entreprises françaises).

                                                                                                                  8
2015 Business Transformation
Les 3 principaux facteurs de transformation
    de votre entreprise d’ici à 2015 ?

                        3%
                 7%                                                Crise économique
                                                                   et financière
           11%                              27%                    Changement
                                                                   de périmètre
                                                                   Attentes
                                                                   de vos clients
                                                                   Evolutions
                                                                   réglementaires

           26%                                                     Ruptures
                                                                   technologiques

                                         26%                       Exigence
                                                                   des marchés financiers

                      Bertrand Eteneau, CIO de Faurecia :
                      « La crise économique et financière a été pour nous une grande opportu-
                      nité de croissance, et à l’origine d’un changement de périmètre de l’entre-
                      prise. Nous sommes devenus aujourd’hui un acteur important de la conso-
                      lidation du marché au niveau mondial sur nos quatre métiers. Faurecia a
                      été l’un des rares équipementiers automobiles à avoir eu les reins assez
                      solides pour traverser la crise sans trop de dommages. Dans cette période
                      tendue, nos clients souhaitent réaliser des économies d’échelle, et sont
                      en attente de partenaires mondiaux capables de produire et de délivrer
                      le même produit avec la même qualité à partir d’usines installées partout
                      dans le monde. Chez nous, la mondialisation n’est plus un facteur de
                      changement, c’est une réalité.
                      À noter que chez Faurecia, les évolutions réglementaires et les ruptures
                      technologiques sont intimement liées. La dépollution et la baisse de
                      consommation d’énergie, par exemple, induisent des sauts technolo-
                      giques dans la recherche de nouveaux matériaux pour alléger les véhicules.
                      Autant de facteurs de progrès et d’augmentation de la valeur ajoutée de
                      nos produits. »

                      Bruno Brocheton, CIO d'Euro Disney :
                      « Je suis un peu surpris de ne pas voir apparaître la « globalisation » dans la
                      liste de facteurs soumise aux personnes interrogées. Les entreprises doivent
                      aujourd’hui faire face à une hyper-concurrence au niveau mondial, à la fois
                      sur les clients, les produits et les services, mais aussi sur les employés. Des
                      offres innovantes sont proposées dans tous les pays du monde. Il faut donc
                      transformer l’entreprise très vite pour faire face à cette nouvelle concur-
                      rence. Il faut sans doute passer plus de temps sur la conception, pour gagner
                      en rapidité dans l’implémentation. Et ne pas oublier la personnalisation des
                      services proposés aux clients, qui sont très en attente sur ce point. Pour
                      cela, la DSI ne doit pas hésiter, parfois, à se lancer dans des projets courts
                      – presque jetables - livrés rapidement. Il faut donc trouver un juste équilibre

9
2015 Business Transformation
Business Transformation 2015
                                    Comment l’IT va modeler le visage de l’entreprise dans les prochaines années ?

entre la rapidité de livraison de ces nouveaux projets et le respect des
évolutions réglementaires auxquelles on ne peut échapper. »

Vincent Chatard, COO de Mediterranean Bank :
« En tant qu’établissement bancaire, nous évoluons dans un secteur où les
acteurs se renouvellent en permanence du fait notamment des possibilités
considérables offertes par le média internet. Il s’agit donc d’un profond
changement de périmètre, qui est lui-même dicté par les attentes de nos
clients. À l’heure de la banque en ligne, les relations entre un client et son
conseiller sont profondément bouleversées et la priorité est désormais à
l’instantanéité des échanges. Ce qui est intéressant dans cette transforma-
tion, c’est que l’IT cesse d’être un support pour devenir l’outil principal de
production de valeur. Pour nous démarquer et répondre à des demandes
de plus en plus pressantes, nous travaillons à l’automatisation de nos pro-
cessus. La crise économique n’arrive qu’en troisième position des contraintes
qui dictent nos évolutions, mais loin derrière ces deux facteurs clés. »

    Le commentaire de Philippe Chevassut, Sopra Consulting
    Les 3 principaux facteurs de transformation de l’entreprise      concurrence globalisée ou l’entreprise est en compétition
    qui ressortent de l’étude sont, à quasi-égalité :                sur les clients, les produits et services mais également
    • La crise économique et financière,                             les ressources humaines. Face à ces enjeux, l’entreprise
    • Les changements de périmètre de l’entreprise,                  doit se transformer dans des délais très raccourcis.
    • Les attentes des clients.
                                                                     Cet état de fait entraine des évolutions notables
    En filigrane, un élément transverse ressort nettement            dans ses pratiques :
    du discours des DSI interviewés : la crise économique            • Rapidité d’exécution dans ses transformations, …
    et financière s’inscrit dans le cadre de la globalisation        • tout en étant en mesure de satisfaire une personnalisation
    de l’économie. La compréhension et les réponses                     de plus en plus poussée des produits
    apportées à la crise s’effectuent désormais dans                    et services proposés à ses clients,
    une logique mondialisée. Le périmètre et les activités           • et en respectant des obligations légales.
    de l’entreprise se déforment en vue de répondre aux défis
    de la mondialisation ; de même, les attentes clients             La réponse aux enjeux de la globalisation, de la crise
    posent des problématiques liées à leur dispersion                et des exigences clients passe par la recherche d’un juste
    aux quatre coins de la planète. Il faut être capable             équilibre entre ces trois points. L’entreprise est conduite
    de produire de manière profitable au niveau global tout          à réaliser des projets plus courts voire jetables mais livrés
    en répondant au besoin local.                                    rapidement et dont les retours sont quasi-immédiats.

    Crise économique et évolution du périmètre sont donc             Par ailleurs, la logique de l’entreprise étendue, qui dialogue
    fréquemment liées. La transformation du périmètre étant          de manière permanente avec ses clients
    l'une des réponses possibles de l'entreprise face à la crise :   et fournisseurs, le fait maintenant dans une perspective
    la fusion ou rapprochement en vue de réaliser des                mondiale et avec une vitesse en permanente accélération.
    économies d’échelle ou de lui assurer sa survie, cession
    d’activités non stratégiques dans un environnement où les        Finalement, la surprise de cette étude vient du faible poids
    ressources doivent être affectées de manière optimum.            des exigences des marchés financiers qui ne pèsent
                                                                     que 3 %, significativement moins que les autres facteurs
    La crise économique n’en demeure pas moins                       de transformation. Quant à la faible influence des ruptures
    une opportunité de croissance pour l’entreprise                  technologiques (7 %), nous serions arrivés au point où
    par les changements qu’elle opère sur son périmètre.             ce qui compte n’est pas tant la technologie en elle-même
    Le monde est entré dans un environnement d’hyper                 mais l’usage qu’on en fait.

                                                                                                                                      10
2015 Business Transformation
Classez 3 enjeux associés aux transformations
     à venir
                                                                   Alignement du SI
                                                                   sur une nouvelle stratégie
                  7%                                               Alignement des missions
                                                                   de la DSI en fonction
            9%                                29%                  des besoins métier)

                               1%                                  Maîtrise des coûts
                          2%                                       Industrialisation
                                                                   et standardisation du SI
          13%                                                      Intégration des
                                                                   ruptures technologiques
                                                                   Elargissement
                                                                   du périmètre
                                           21%                     Renouvellement
                 18%                                               et développement
                                                                   des compétences IT
                                                                   des équipes internes
                                                                   Politique de sourcing

                       Bertrand Eteneau, CIO de Faurecia :
                       « La révolution de nos systèmes d’information a été menée en interne ces
                       six dernières années. Quand je suis arrivé chez Faurecia, la structure infor-
                       matique était éclatée par société, par pays, par business line, et la première
                       décision que j’ai prise a été de tout centraliser au niveau mondial. L’aligne-
                       ment du SI sur une nouvelle stratégie de l’entreprise, et l’alignement des
                       missions de la DSI en fonction des besoins métier sont donc deux actions
                       déjà menées et réalisées chez Faurecia, mais sans cesse à réévaluer. La
                       question de la maîtrise des coûts n’a jamais été un problème majeur,
                       puisque je ne dépense que 1,1 % du chiffre d’affaires en informatique. En
                       revanche, la capacité à fournir le même service à un prix abordable quel
                       que soit le pays (Chine, Inde, Russie, Allemagne, France, Etats-Unis, Brésil
                       ou Argentine…) reste un challenge. Je délivre la même solution avec la
                       même qualité de service et un support 24/7/365.
                       Autre défi : le renouvellement et le développement de compétences IT
                       internes. J’ai une politique fondée sur les équipes internes majoritairement,
                       et sur de l’« insourcing ». En revanche, Faurecia étant présent dans 32 pays,
                       si je ne trouve pas de compétences dans un pays, je peux les embaucher
                       dans un autre. Ma politique de développement des compétences se joue
                       des frontières. »

                       Bruno Brocheton, CIO d'Euro Disney :
                       « Les capacités d’innovation technologique sont quelquefois très en avance
                       sur la créativité des métiers. Mais quand on parle d’alignement du SI sur
                       la stratégie d’entreprise, il manque la notion de « proactivité » et de « force
                       de propositions ». Autrement dit, en oubliant ces deux dimensions, le DSI
                       se cantonnerait à une position de suiveur. Et puis dans « alignement », on
                       perd le côté « partie prenante », cela ne donne pas le sentiment qu’il existe
                       une dimension numérique à tous les niveaux de la stratégie (gestion des
                       risques, des canaux de distribution, marketing, etc.). Et, parmi les enjeux
                       cités dans cette question, j’aurais souhaité ajouter la gouvernance des

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Business Transformation 2015
                                    Comment l’IT va modeler le visage de l’entreprise dans les prochaines années ?

usages, innovants qui plus est, mais peut-être cet aspect est-il sous-tendu
par l’enjeu cité de l’« élargissement du périmètre ».

Vincent Chatard, COO de Mediterranean Bank :
« L’alignement, dans son acception la plus large, est naturellement au
centre de nos projets. Dans un secteur fortement concurrentiel, c’est la
capacité de la DSI à épouser, voire à devancer les changements de business
model qui dictera la réussite ou l’échec des projets. Les entreprises les plus
matures ont pris conscience de ce basculement, et cela se voit dans le
rapport qu’elles entretiennent à leurs ressources IT : lesquelles sont de
moins en moins perçues comme un mal nécessaire mais bien comme un
moteur d’innovation. En conséquence, la pression s’accroît régulièrement
sur les DSI, mais doivent-ils s’en plaindre ? Désormais, les choix décisifs
ne se font plus sur les technologies, comme c’était le cas il y a une quinzaine
d’années, mais sur l’intégration d’outils verticaux. Au fil du temps, l’IT s’est
véritablement invitée au cœur des métiers. »

    Le commentaire de Alice Gardeisen,
    Sopra Consulting
    L’investissement de la Direction Générale est un des enjeux clés de la réussite
    d’un projet de transformation. Ainsi, la relation entre le DSI et la Direction
    Générale est primordiale et doit reposer sur le principe des « 3 C » :
    Communication, Compréhension et Confiance. La participation et le sponsoring
    de la DG sont donc prédominants, d’autant plus que pour 60 % des répondants
    les projets de transformation sont pilotés par la DG.

    Cet investissement de la DG s’explique aisément par les fortes adhérences entre
    le SI et les métiers. En effet, la moitié des réponses y font référence, qu’il s’agisse
    de l’alignement du SI sur une nouvelle stratégie (29 %) ou de l’alignement
    des missions de la DSI en fonction des besoins métier (21 %).

    Les innovations créent de nouvelles opportunités métier mais également
    de nouveaux usages que la DSI doit être à même d’appréhender et de maîtriser.
    Les nouveaux modes de travail, et notamment la mobilité croissante
    des utilisateurs, sont un enjeu clé des transformations à venir car ils posent
    de nouvelles problématiques de sécurité des données et du réseau, de gestion
    d’un parc informatique hétérogène, etc. Il y a donc un réel enjeu de « gouvernance
    des usages », notamment des usages innovants : intégration de terminaux mobiles
    (smartphones, tablettes), solutions collaboratives, utilisation du Cloud,
    management des réseaux sociaux sont autant de défis pour la DSI de demain.

                                                                                                                      12
Le poids des technologies dans la transformation
     de votre entreprise est-il appelé à…

                         3%
                 12%

                                                                      Croître fortement
                                                                      Croître légèrement
                                                54%                   Rester stable

           31%                                                        Diminuer

                       Bertrand Eteneau, CIO de Faurecia :
                       « Le poids des technologies dans la transformation de Faurecia croît for-
                       tement. La durée de vie des équipements automobiles est d’une dizaine
                       d’années. Aussi, notre solution de PLM est-elle essentielle ! Nous avons
                       uniformisé le déploiement de notre outil PLM sur tous les fuseaux horaires.
                       Les équipes Faurecia de développement de produits font des roulements,
                       avec une partie en Europe ou aux Etats-Unis qui œuvrent en journée et
                       communiquent le soir le travail à leurs homologues en Inde et en Chine,
                       qui, à leur tour, passent le relais aux équipes européennes le lendemain
                       matin. Le PLM, parmi d’autres actions, nous a permis de réduire de plus
                       de 40 % nos délais de développement produits. Dans le même esprit, les
                       outils de mesure de la profitabilité de nos différents programmes tiennent
                       une place très importante. La profitabilité de nos projets se mesure sur
                       une dimension « cross-géographique » et sur dix ans. Autres technologies
                       majeures chez Faurecia : les outils de design (CAD, CAM…), de simulation,
                       etc. Nous comptons 35 bureaux d’études dans le monde avec 5 000 ingé-
                       nieurs. Nous sommes en même temps une grosse société industrielle et
                       un grand bureau d’ingénierie. »

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Business Transformation 2015
                                  Comment l’IT va modeler le visage de l’entreprise dans les prochaines années ?

Vincent Chatard, COO de Mediterranean Bank :
« Le poids des technologies dans la transformation de Mediterranean Bank
va croître de façon importante et régulière. Il s’agit d’un instrument de
développement commercial, et même d’un des principaux leviers de crois-
sance à notre disposition. La démocratisation des technologies constitue
une véritable prime aux nouveaux arrivants, qui n’ont pas à supporter un
héritage numérique de leurs investissements passés. La technologie prend
donc une part d’autant plus importante que les sous-traitants constituent
une offre de plus en plus mature, qui permet de disposer de compétences
de grande qualité tout en réduisant considérablement les coûts d’inves-
tissement. »

    Le commentaire de Orianne Le Henaff,
    Sopra Consulting
    Dans un monde de plus en plus interconnecté et ouvert, il faut bien
    admettre qu’au cours de ces dernières années, l’accélération du rythme
    des évolutions technologiques n’a eu d’égale que celle des crises
    économiques.

    Dans un tel contexte, peu d’alternatives s’offrent aux entreprises
    pour se différencier et continuer de se développer. Elles doivent
    considérer le changement comme une nécessité et une opportunité…
    pour INNOVER. La question sera alors de savoir quelles sont
    les technologies qui constituent effectivement un levier d’innovation
    et de performance pour les entreprises.

    La bonne nouvelle apportée par l’enquête est que les technologies
    sont considérées comme un avantage compétitif déterminant.
    En effet, pour la grande majorité (85 %) des entreprises interrogées,
    qu’elles soient publiques ou privées, le poids des technologies va
    croître au cours des prochaines années. Pour plus de la moitié d’entre
    elles, il va même croître fortement.

    Bertrand Eteneau illustre parfaitement en quoi l’investissement
    dans les technologies répond aux enjeux de la mondialisation
    et des exigences de compétitivité.

                                                                                                                    14
Classez les dépenses TIC aujourd'hui dans votre
     entreprise

                  12%
                                                                    Ressources humaines

                            1%
                                               30%                  internes

           13%                                                      Infrastructures
                                                                    et réseaux
                                                                    Prestataires externes
                                                                    (Conseil & SSII)
                                                                    Développements
                                                                    spécifiques
                                                                    Logiciels
            20%                                                     du marché

                                        24%                         Autre

                        Bertrand Eteneau, CIO de Faurecia :
                        «Les ressources humaines internes représentent environ 25 % de mes
                        dépenses. 15 % sont affectés aux prestataires externes. Je me reconnais
                        dans les 13 % liés aux développements spécifiques. Le reste se partageant
                        entre l’infrastructure et réseaux, et les logiciels du marché. Nos ratios sont
                        déformés parce que plus de 40 % de mes effectifs sont situés dans des
                        pays low cost. Il faut noter que mes coûts globaux ne sont pas excessifs.
                        Les dépenses IT des sociétés sont difficiles à comparer en fonction de la
                        taille et de l’organisation géographique des groupes. »

                        Bruno Brocheton, CIO d'Euro Disney :
                        « Chez Euro Disney, les ressources humaines internes représentent un peu
                        plus de 30 % du budget de la DSI. C’est un choix historique. Mais, mes
                        collègues aux Etats-Unis sont bien en dessous de 30 %. En revanche, à
                        regarder de près ces résultats, je me demande où est passée la mainte-
                        nance ? Est-elle rangée dans « infrastructures » ou « logiciels du marché » ?
                        Mais, la maintenance est un vrai poste budgétaire important que j’étudie
                        chaque année avec mon directeur financier. Mon DAF examine à la loupe
                        l’évolution des coûts de maintenance de nos logiciels. »

15
Business Transformation 2015
                                    Comment l’IT va modeler le visage de l’entreprise dans les prochaines années ?

Vincent Chatard, COO de Mediterranean Bank :
« Nous évoluons dans une configuration bien spécifique, qui repose sur
des applications très verticales. Notre valeur se situe aujourd’hui bien plus
dans la sélection et l’assemblage de sous-traitants extrêmement spéciali-
sés, que nous n’aurions aucun intérêt à internaliser. Nos dépenses IT se
concentrent donc aux deux tiers sur le recours à des prestations de SSII et
sur des logiciels du marché. Le reste se répartit entre ressources humaines
et réseaux.

    Le commentaire de Nicolas Ravary,
    Sopra Consulting
    Véritables acteurs de la performance des entreprises, les DSI doivent
    aussi veiller à rationaliser leurs dépenses et équilibrer leurs budgets.
    La moitié de leur enveloppe est destinée aux hommes, qu'il s'agisse
    d'internes (30 %) ou d'externes (20 %).

    Alors que les efforts budgétaires semblent porter plus lourdement
    sur les effectifs de ses collatéraux américains fédérés par des approches
    résolument Lean, Bruno Brocheton indique que ses dépenses
    en ressources internes en France sont légèrement plus élevées
    que 30 % pour différentes raisons historiques et géographiques ;
    confirmant ainsi que cette voilure de 30 % obtenue par l’étude
    est conforme et que les écarts dépendent du niveau d’industrialisation.

    La valeur ajoutée des activités de marche courante vient aussi justifier
    des investissements stratégiques. C’est le cas de la maintenance et
    surtout des tests, un poste qui – pour des raisons de time-to-market –
    passe du statut de coût récurrent à celui d’investissement critique
    permettant de tenir les promesses d’innovation ou de fiabiliser
    des « releases » directement visibles sur le business.

    Avec des surfaces budgétaires à 50 % occupées par les ressources
    humaines, les DSI consacrent 24 % des dépenses aux infrastructures
    et réseaux, 12 % aux logiciels du marché et 13 % aux développements
    spécifiques. Ces chiffres illustrent la nécessité de concilier :

     • Un niveau élevé de performance de leurs socles techniques ;
     • Des ratios de retours sur investissements à l’état de l’art financier ;
     • Une qualité différenciante des services délivrés aux métiers
        et aux clients.

                                                                                                                      16
Quel pourcentage de vos budgets IT
     consacrez-vous aux nouveaux projets aujourd'hui ?

                                      4%
                           9%

                                                                                      De 15 à 30 %
                16%
                                                                 48%                  De 30 à 50 %
                                                                                      Plus de 50 %
                                                                                      Moins de 15 %
                                                                                      NSP

                          23%

      Le commentaire de Grégoire Brigot,
      Sopra Consulting
      Les réponses à cette question montrent une part importante
      d’entreprises qui investissent massivement dans les nouveaux projets.
      Doit-on s’étonner ?

      De prime abord, on peut être surpris du résultat. On trouve
      généralement des budgets IT fortement impactés par les coûts
      d’exploitation et par les coûts des projets pluri-annuels (victimes
      de dérapages de planning, qui n’ont donc plus rien de « nouveau »).

      Pourtant, les 40 % des répondants qui consacrent au minimum 30 %
      de leur budget IT aux nouveaux projets (dont 1 entreprise sur 3
      dépasse les 50 % !), sont en fait cohérents avec leur perception
      des enjeux associés aux transformations à venir. Il est en effet
      nécessaire de réaliser de nouveaux projets pour adapter en
      permanence le SI à une nouvelle stratégie ou aux besoins métier (enjeu
      cité par 50 % des répondants). Bruno Brocheton, CIO d'Euro Disney
      affirme que, dans ce souci de réactivité, « la DSI ne doit pas hésiter,
      parfois, à se lancer dans des projets courts – presque jetables – livrés
      rapidement ». Les DSI ont intérêt à investir dans des projets
      d’architecture afin de créer de l’agilité : « l’utilisation des plates-formes
      et des méthodes agiles [...] permettent de livrer de nouveaux projets
      rapidement aux directions métier ».

      Autre avantage à investir dans les nouveaux projets, les DSI mettent
      toutes les chances de leur côté pour retenir les talents. Ils permettent
      de maintenir en interne le niveau de compétence et de motivation
      au sein des équipes IT.

17
Quels seront pour vous les investissements
sur les TIC en 2015 ?

                          13%
                                                                          Infrastructures
                                                   24%                    et réseaux
                                                                          Logiciels du marché

             18%                                                          Prestataires externes
                                                                          (Conseil & SSI)
                                                                          Ressources
                                                                          humaines internes
                                                                          Développements
                                                                          spécifiques

                                                    23%
                       22%

 Le commentaire de Vincent Tallepied,
 Sopra Consulting
 Nos répondants nous disent que                    un réel transfert des ressources internes vers
 l’investissement en ressources humaines           les ressources externes. Nos DSI demandent
 passera de 30 % de leur budget à 18 %.            plus à leurs fournisseurs, à eux d’absorber
 En même temps, les besoins des métiers sont       la productivité recherchée. L’investissement
 en constante hausse et l’intention des DSI        sur le poste des infrastructures est stable
 interrogés est bien de répondre à la demande.     lui aussi. Les DSI savent qu’ils ont une
 Il s’agit de réaliser un gain de productivité     infrastructure à maintenir et à rénover.
 extrêmement important.                            Quoi qu’il en soit, ils dépenseront un quart
 Il faut donc industrialiser. La transformation    de leur budget dans le hardware.
 n’est pas seulement celle du SI, mais aussi
 celle de la DSI pour devenir plus lean.           Le mouvement de fond est la progiciélisation
 Les leviers d’industrialisation sont connus :     de la DSI. L’investissement en logiciels
 qualité par l’optimisation des processus,         du marché passe de 12 % à 23 %, beau temps
 pilotage de la fonction par des indicateurs       pour les éditeurs. La tendance est forte depuis
 de performance, outillage de la DSI avec          au moins 15 ans. Elle va se poursuivre, voire
 des outils de gestion modernes, externalisation   se renforcer. Curieusement, cette croissance
 pour chercher moins cher toujours plus loin       ne se fait pas au détriment du développement
 et le développement des hommes pour réaliser      spécifique qui reste stable. Les progiciels
 les gains de productivité. Par exemple,           semblent prendre la part dédiée aux
 Faurecia met en œuvre une stratégie de            ressources internes et seraient une source
 transfert des compétences IT de pays à haut       de productivité importante. Mais
 coût de main d’œuvre vers les pays à bas coût.    l’augmentation de la part du progiciel ne
 « 40 % de mes effectifs sont issus de pays low    serait-elle pas plutôt subie ? La concentration
 cost», indique Bertrand Eteneau.                  des éditeurs (SAP, Oracle, HP, IBM, Microsoft)
                                                   n’aurait-elle pas comme conséquence
 La prestation externe et le conseil restent       une hausse attendue des prix des licences
 stables : 20 % en moyenne aujourd’hui pour        et de la maintenance ? La raréfaction des
 22 % en cible 2015. Il n’y a par conséquent pas   fournisseurs est un sujet de préoccupation.

                                                                                                     18
Quelle sera l’évolution globale
     de vos investissements IT d’ici à 2015 ?

                    10%

            14%
                                                                    En hausse modérée

                                               43%                  Stable
                                                                    En forte hausse
                                                                    En forte baisse

              33%

                    Bertrand Eteneau, CIO de Faurecia :
                    « D’ici à 2015 nos investissements IT seront stables, car nous avons inves-
                    ti très fortement ces dernières années. Il y a cinq ans, notre informatique
                    était éclatée tant en termes organisationnels qu’au niveau des outils. Nous
                    avons en particulier beaucoup investi dans des outils comme SAP pour
                    centraliser notre informatique. Aujourd’hui, nous disposons d’une instance
                    unique pour tous les pays, contre 50 ERP différents il y a cinq ans. Sur nos
                    300 sites, 150 ont aujourd’hui basculé sur SAP. »

                    Bruno Brocheton, CIO d'Euro Disney :
                    « L’évolution de nos investissements ne dépend pas que de nous, mais
                    aussi des banques, dont les comités d’investissement ont sûrement leur
                    mot à dire. Nous avons des projets de développement tels (troisième parc,
                    huitième hôtel, tourisme écologique…) que notre investissement devrait
                    être en forte hausse. Aux Etats-Unis, celui de Disney est très élevé. Main-
                    tenant, si je me fais le relais de mes collègues du Cigref, on peut dire que
                    les investissements seront en hausse modérée. Reste que dans la plupart
                    des cas, la dépense IT n’est pas une variable d’ajustement, mais un élément
                    stratégique. On nous demande, et c’est classique, de réduire nos coûts
                    récurrents, opérationnels, mais aussi de continuer à supporter les initiatives
                    métier. La rénovation de l’infrastructure et des architectures est aujourd’hui
                    un vrai sujet qu’il faut aller vendre à la direction générale. »

                    Vincent Chatard, COO de Mediterranean Bank :
                    « Nos investissements suivent une courbe de plus en plus incurvée. Etant
                    en phase de construction, nous allons maintenir nos efforts dans ce do-
                    maine, mais sur un rythme de croissance moindre à l’horizon 2015. De fait,
                    le poids relatif des investissements est progressivement passé du hardware
                    au service, ce qui a considérablement accru la valeur d’usage tout en dimi-
                    nuant considérablement les coûts associés. »

19
Business Transformation 2015
                                   Comment l’IT va modeler le visage de l’entreprise dans les prochaines années ?

    Le commentaire de Nicolas Ravary,
    Sopra Consulting
    Don’t act !                              à leurs Comex les moyens
    Une seule chose est constante            de parier sur la croissance
    et permanente : le changement.           et le leadership de leurs marques.
    C’est dans cette philosophie assumée
    et empreints de confiance face           Show me the ROI !
    à une conjoncture de crise en            Si le curseur des investissements
    perpétuelle fluctuation que 90 %         stratégiques pointe sur l’excellence
    des DSI CIGREF revendiquent que          métier, le social networking
    leurs investissements IT observeront     et les technologies cloudées, le DSI
    une trajectoire stable voire haussière   de Euro Disney donne la contrepartie
    à horizon 2015. Fort d’un                en indiquant que les efforts
    pragmatisme de dirigeant,                économiques demandés par les DAF
    Bruno Brocheton rappelle que             portent sur « le tout-venant, le
    la capacité d’investissement de toute    récurrent et l'opérationnel qui fait
    entreprise reste aussi tributaire        tourner la boutique ». S’appuyant
    des Comités d’investissement             sur les enjeux de rénovation des
    de leurs partenaires bancaires.          infrastructures, ce dernier témoigne
    S’agissant de son terrain de jeu,        que les DSI doivent vendre et
    ce DSI d’un des plus grands              défendre ce type de projets dont
    opérateurs de loisirs du monde           les justifications ne sont pas triviales.
    envisage une forte hausse destinée
    à porter de vastes projets               Au cœur du réacteur de la
    de développement en réponse              performance, les DSI resteront
    aux attentes globale de son marché.      les garants d’une politique
                                             d’investissement équilibrée.
    My DSI is strategic                      Ces dirigeants auront pour mandat
    À l’heure où la connaissance client,     de servir l’innovation comme le socle
    le marketing digital et la               fondamental de l’entreprise
    personnalisation de l’expérience         en démontrant aux métiers
    clients sont autant de relais            et Directions financières
    de pilotage de la performance,           que les thématiques d’architecture,
    d’accélération du business               de sécurité ou de gouvernance
    et de renforcement des avantages         des données jouent également
    distinctifs. Les DSI confèrent           un rôle stratégique dans le business.

                                                                                                                     20
Qui pilote aujourd’hui les projets
     de transformation de votre entreprise ?
        La direction de la stratégie
                1
        La direction de la transformation
                2
        Autre
                2
        La direction de l'organisation
                    8
        La direction des systèmes d'information
                                                         50
        La direction générale
                                                                                                   92
                                                                                     Nombre de répondants

                             Bertrand Eteneau, CIO de Faurecia :
                             « Je m’occupe à la fois de la DSI et de l’organisation. Je suis DOSI de
                             Faurecia. Je pilote donc les projets de transformation de l’entreprise, en
                             accord bien sûr avec la direction générale. Par conséquent, je ne suis pas
                             seulement cantonné à fournir des solutions techniques aux directions
                             métier. J’ai regroupé tout ce qui relevait de l’assistance à maîtrise d’ouvrage
                             en intégrant des personnes venant des métiers, et cela facilite tant la
                             gouvernance que la gestion des projets. »

                             Bruno Brocheton, CIO d'Euro Disney :
                             « Le pilotage de la transformation de l’entreprise est un effort conjoint.
                             Avec, actuellement, d’un côté, un pan mené par le marketing, les opéra-
                             tions et les « business technologies » (la DSI s’appelle comme ça chez Euro
                             Disney). Et de l’autre, un pan composé des ressources humaines et de la
                             DSI. Dans les deux cas, il s’agit d’un sous-ensemble du Comex. Dans le
                             pilotage de la transformation, la DSI doit s’inscrire dans une relation de
                             confiance avec les autres directions. Et là, on revient aux fondamentaux :
                             il faut une excellence opérationnelle, il faut prouver qu’on sait délivrer des
                             projets, qu’on a compris les enjeux métier, et accessoirement, qu’on sait
                             parler d’autre chose que de technologie. »

21
Business Transformation 2015
                                   Comment l’IT va modeler le visage de l’entreprise dans les prochaines années ?

Vincent Chatard, COO de Mediterranean Bank :
« Je suis un « biztech ». De par ma fonction, je suis placé à cheval entre la
direction de la stratégie et la DSI, et donc à la croisée des chemins en
termes de gouvernance. Le pilotage des projets structurants échoit à la
direction générale ou à la DSI en fonction de leur degré de technicité, mais
le fait que l’IT soit aussi étroitement intégré à la direction me place régu-
lièrement en position d’arbitre. De fait, ma position est parfois un peu
schizophrène : je dirige la DSI, mais je la considère comme l’un des four-
nisseurs que j’ai à gérer, au même titre que d’autres partenaires extérieurs. »

    Le commentaire de Loic Lemoine,
    Sopra Consulting
    Transformer l’entreprise, notamment à travers des projets internes,
    est une des missions de la Direction Générale. Notre étude fait ainsi
    apparaître que 92 % des sondés voient la DG comme pilote des projets
    de transformation. Mais celle-ci ne peut en assurer seule le pilotage
    et doit déléguer une partie de ses responsabilités aux différentes
    directions. Il s'agit d'un effort conjoint du Marketing, des Opérations,
    des Ressources Humaines et de créer une relation de confiance
    entre la DSI et ces directions.

    La DSI a bien sûr un rôle majeur à jouer car nombre de projets
    de transformation passent par une évolution des systèmes
    d’information. Plus de la moitié des sondés ont d’ailleurs répondu
    qu’ils voyaient dans la DSI la tête de pont des projets de
    transformation. Qu’ils soient déclenchés suite à des avancées
    technologiques ou par le besoin de s’adapter aux évolutions du métier,
    les projets SI sont, de fait, fortement liés à la transformation de
    l’entreprise. La DSI devient alors le pilote opérationnel de ces projets
    et doit s’assurer que leurs objectifs sont alignés sur les enjeux fixés
    par la Direction Générale.

    Reste à lever l’ambigüité de la notion de pilotage évoquée dans la
    question sur la gouvernance : la DSI assure-t-elle le pilotage des projets
    techniques ou des projets tout court ? Afin de clarifier cette situation,
    certaines entreprises ont regroupé la Direction de l’Organisation
    et la DSI au sein de la même direction. La DSI devient DOSI
    et n'est plus seulement cantonnée à fournir des solutions techniques
    aux directions métier et devient le pilote des projets de transformation
    de son entreprise. Cette responsabilité engage alors la DSI qui doit
    désormais démontrer son excellence opérationnelle et prouver qu’elle
    sait délivrer des projets tout en ayant compris les enjeux métier.

                                                                                                                     22
Quel est aujourd’hui le rôle de la DSI
     dans la transformation de votre entreprise ?

                    7%

            19%                                                 Pilotage des projets
                                                                Sécurisation
                                                                de l'infrastructure
                                               48%              et des traitements
                                                                Innovation, veille
                                                                et recommandation
                                                                technologique
                                                                Conduite du changement
              26%                                               (formation/communication)

                    Bertrand Eteneau, CIO de Faurecia :
                    « Quand une DSI répond qu’elle se doit de sécuriser l’infrastructure et les
                    traitements pour transformer l’entreprise, pour important que ce soit, cela
                    ne constitue que les fondements de notre action. Or, on ne peut rester
                    une DSI technique. La veille et la recommandation, il faut en faire, mais
                    enfin, cela ne prend pas beaucoup de temps. Le pilotage de projets, c’est
                    le fondement du métier d’une DSI. Pour moi, la partie la plus intéressante
                    et la plus créatrice de valeur pour l’entreprise, c’est la conduite du chan-
                    gement. Celle-ci représente l’essentiel de l’effort dans le déploiement de
                    SAP sur un site, puisqu’il faut aligner les processus du site sur le modèle
                    FES du groupe (Faurecia Excellence System), modèle que nous avons
                    implémenté dans SAP. En travaillant sur le « change management » et l’ali-
                    gnement des processus, cela permet de réduire à minima les développe-
                    ments spécifiques. C’est comme cela que nous avons réussi à déployer en
                    quatre ans 150 usines avec 15000 utilisateurs sans que cela nous coûte
                    trop cher. Cela passe par de la formation, de la réorganisation, de la trans-
                    formation de processus industriel et métier. »

                    Bruno Brocheton, CIO d'Euro Disney :
                    « Le pilotage de projets porte deux dimensions. D’abord, cela fait référence
                    à la notion de « pilote » et d’expérimentation. Cela renvoie aussi à l’une
                    des missions de la DSI qui consiste à industrialiser les innovations imaginées
                    par les directions métier. En matière de sécurisation, la DSI se doit de
                    proposer une plate-forme évolutive et robuste. Elle doit à ce titre être
                    capable d’expliciter l’offre en termes de catalogue de services, de façon
                    à comprendre où l’ensemble des initiatives peuvent venir se greffer. »

                    Vincent Chatard, COO de Mediterranean Bank :
                    « La nature des projets que la DSI doit gérer est une bonne clé de lecture
                    de la culture d’une entreprise. Au regard de la place acquise par l’IT dans
                    le quotidien des organisations, il est naturel qu’un nombre croissant de

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