Classement des fonds 2015 - Capital développement : Zoom sectoriel ESG - CFNews
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Le magazine du corporate finance. Février 2016- N°9
Capital développement :
Classement des fonds
2015
Zoom sectoriel
Les biotech entrent
en résistance
ESG
L’empreinte carbone,
la nouvelle frontière
Capital risque
Les fintech à l’assaut
de la financeSÉLECTION DE TRANSACTIONS
RÉALISÉES EN 2015
Conseil de Parquest pour Conseil des actionnaires Conseil d’Omnes Capital
la cession de Safic-Alcan pour la cession d’Abylsen pour la cession d’Exclusive
à Sagard et Euromezzanine à Accent et Naxicap Networks à COBEPA associé
associés au management au management
Janvier 2015 Mars 2015 Mai 2015
Conseil de 21 Centrale Conseil de Chequers et du Conseil d’Equistone
Partners et des actionnaires management pour la cession pour la cession
pour la cession de Vacalians de Cenexi à Cathay Capital du groupe Stella à ICG
Group à Permira
Juillet 2015 Juillet 2015 Juillet 2015
Conseil des associés Conseil des actionnaires Conseil des actionnaires
fondateurs pour l’entrée pour l’entrée de Cathay Capital, du groupe Balt dans le cadre
de CM-CIC Investissement Keensight Capital et BPI France de sa cession à Bridgepoint
au capital de Circet au capital de Datawords
Juillet 2015 Juillet 2015 Septembre 2015
CONSEIL EN FUSIONS-ACQUISITIONS
© Tous droits réservés CFNEWS 2016
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2 www.cfnews.netSommaire
CFNEWS MAGAZINE. FÉVRIER 2016
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24
Déclinaison Freepik.com
6
denisismagilov / Fotolia.com
36 5 Edito
« Croissance de crise »
46 6 Classement Cap Dev
des fonds 2015
Un podium bancarisé
mais disputé
archimede / Fotolia.com
24 Zoom sectoriel
Les biotech entrent
en résistance
LE MAGAZINE DIGITAL DE CFNEWS - N°9 - FÉVRIER 2016
Disponible sur le site web www.cfnews.net
Société éditrice : CORPORATE FINANCE NEWS, SAS
au capital de 59 200 Euros
36 Capital risque
Siège Social : 1 boulevard de la Madeleine - 75001 Paris (France), Les fintech à l’assaut
Immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris
sous le numéro 500 442 652 de la finance
Actionnaires principaux : Agathe ZILBER.
Directrice de la publication : Agathe ZILBER : agathe.zilber@cfnews.net
Rédaction : redaction@cfnews.net
46 ESG
© Tous droits réservés CFNEWS 2016
Abonnement-Publicité : Anne DAUBA : anne.dauba@cfnews.net
Direction artistique : Jean BOURGOIN
Ont participé à ce numéro : Luc BONTEMPS, Anne JOLY, L’empreinte carbone,
Jean-Philippe PIÉ, Baptiste RUBAT DU MERAC
Hébergeur : SMILE S.A., 20 rue des Jardins - 92600 Asnières-sur-Seine - France. la nouvelle frontière
© Tous droits réservés CFNEWS 2016
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tenu des dispositions légales en vigueur relatives à la propriété intellectuelle et artistique, sauf accord préalable exprès de CFNEWS.
www.cfnews.net 3Gecko Biomedical et CM-CIC Investissement
Un partenariat qui emporte l’adhésion.
Karine Lignel,
directeur chez CM-CIC
Innovation, spécialiste
Christophe Bancel, de l’accompagnement
dirigeant et co-fondateur en fonds propres des
de la MedTech entreprises technologiques
Gecko Biomedical. à fort potentiel.
La rencontre
Christophe Bancel d’entreprises pharmaceutiques et sa deuxième génération de produits, des
Sur la base des travaux de Robert vision très pragmatique des étapes patchs qui referment des plaies sans
Langer et Jeff Karp, deux chercheurs du développement des produits, suture, et nous travaillons déjà sur
du MIT, nous avons développé des ainsi que des chemins réglementaires, d’autres familles d’application.
polymères qui permettent de fermer ont également contribué à notre
conviction. Nous avons donc souhaité Karine Lignel
de façon étanche des plaies internes
ou des tissus déchirés. Nous entamons investir très tôt dans ce projet à fort Les étapes maintenant franchies,
les phases d’essais cliniques et tablons potentiel pour pouvoir l’accompagner d’industrialisation du premier produit
sur un marquage CE pour notre dans le temps. pour une première application et de
première gamme de produits début déclinaisons vers d’autres utilisations
2017. Cela implique une levée de fonds possibles, nous confirment non
significative (8 M€) et nous avions
besoin de trouver des investisseurs
Les ambitions seulement l’intérêt de la technologie
de départ et son marché, mais
connaissant très bien l’univers des également la capacité du management
MedTechs et capables de s’engager. Christophe Bancel de mener à bien le développement
de l’entreprise, notamment par des
Karine Lignel Notre première gamme de produits, des recrutements internationaux et de
« sealants » (scellements en français) haut niveau.
La renommée des deux scientifiques, permettant de boucher des fuites
à l’origine de la découverte, et les sur des lignes de sutures, n’est qu’une La prochaine étape d’étude clinique
qualités intrinsèques du produit première étape. Pour nous l’objectif chez l’homme sera un moment clé dans
(biocompatibilité et adhésion « on est de valider la pertinence de la l’histoire de Gecko et nous sommes
demand »), ont bien évidemment technologie sur un premier produit fiers de pouvoir l’accompagner.
aiguisé notre curiosité. L’expérience afin de crédibiliser et de sécuriser
riche et réussie de Christophe une plateforme qui se décline. Nous
Bancel, qui dirige Gecko au sein enchaînerons rapidement avec une
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TheLINKS.fr - 160105 - 02/2016 - Crédit photos : Didier Cocatrix.
En savoir plus sur cette rencontre ?
Retrouvez l’interview complète
de Christophe Bancel dans la rubrique
« Carnets de rencontres » sur
4 www.cfnews.net
www.cmcic-investissement.comEDITO
Photo : Anca Partouche - Ankalab
« Croissance de crise »
S’adapter à une économie mondiale en souf- aussi, les acteurs traditionnels, c’est-à-dire les
france, n’est pas chose aisée. Mais c’est le rôle banques, à l’instar de Crédit Mutuel Arkea. Em-
des entrepreneurs de trouver la meilleure voie mené par Ronan Le Moal, ce groupe coopératif
pour passer outre. Et celui des investisseurs fi- breton a étendu son terrain de jeu et a investi
nanciers de les accompagner. Bonne nouvelle, dans ces « nouveaux animaux » qui attaquent
l’an passé, les acteurs du capital développe- l’establishment. Ils s’appellent Prêt d’Union,
ment minoritaire ont investi plus de 1,1 Md€ Slimpay, Compte Nickel, Lendix, Leetchi, Le-
dans près de 400 PME françaises rentables. Des PotCommun, KissKissBankBank et s’installent
ETI comme InVivo NSA, Serma, Altra, Compa- dans le paysage à vitesse grand V (lire page 36).
gnie Fruitière ont su réunir de 50 M€ à 215 M€. Les secondes, les biotech, de par leur potentiel
Des enveloppes d’envergure qui ne doivent ca- de marché, restent réservées à une poignée de
cher, qu’en moyenne, les PME lèvent autour de spécialistes, comme les VCs Sofinnova, Gimv,
3 M€. Pour la deuxième fois, CFNEWS publie, Edrip, Auriga et Bpifrance, lesquels savent, par
en exclusivité, le classement des acteurs de expérience, que c’est un secteur à risque, né-
ce segment de marché resté très dynamique. cessitant de faire preuve d’une grande patience.
CM-CIC Investissement, BNP Paribas Déve- Surtout quand les bourses, relais naturels de
loppement, Naxicap s’arrogent les premières financement pour ces pépites de la santé - à
marches du podium, mais plus d’une trentaine de l’instar d’Abivax, DBV, Carmat, Cerenis, Ose
fonds sont actifs (lire page 6) et veulent faire face Pharma - se contractent (lire page 24).
à la « croissance de crise » selon la formulation,
lancée à Euromed Capital, par l’ancien Premier Enfin dans un monde qui change mais qui,
Ministre, Jean-Pierre Raffarin. malgré tout, se veut meilleur, les fonds de pri-
vate equity s’engagent de plus en plus dans
Et pourquoi ne pas aussi profiter de cette l’ESG (Environnement, social, gouvernance).
« croissance de crise » pour innover ? D’aucuns CFNEWS révèle, cette fois-ci, comment ils
le font et ont su, en quelques années même, en s’organisent pour publier l’empreinte carbone
profiter pour créer de nouveaux business mo- de leur portefeuille de participations avec l’ob-
dels disruptifs. Dans ce 9ème numéro du maga- jectif de la réduire. L’engagement proclimat de
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zine digital, la rédaction de CFNEWS a souhaité quelques fonds pionniers fait peu à peu tache
enquêter sur deux secteurs très offensifs et d’huile sur l’ensemble des acteurs. Une attitude
prometteurs, les fintech et les biotech. Les pre- à saluer (lire page 46).
mières, de par leur prouesse technologique, sé-
duisent les capital-risqueurs (VCs) aguerris mais Agathe ZILBER, directrice de la publication.
www.cfnews.net 5Classement des fonds 2015
Un podium bancarisé
mais disputé
Plus d’1,1 Md€ investis en minoritaire
l’an passé sur près de 400 PME par 29
investisseurs. Ce segment dynamique
attirant de nouveaux acteurs devient
aussi très compétitif. Découvrez le
classement exclusif de CFNEWS.
Par Luc Bontemps
© Tous droits réservés CFNEWS 2016
www.cfnews.net 7CAPITAL-DÉVELOPPEMENT
P
our sa deuxième édition, le classe- 2014, et 2,94 en 2015). À titre de compa-
ment CFNEWS des fonds de capi- raison, l’Afic avait évalué le ticket moyen
tal-développement a intégré sept en capital-développement à 2,83 Md€ en
participants supplémentaires en 2015, por- 2014, avec un total de 923 sociétés finan-
tant le total à 29 (voir le tableau page 9). cées à hauteur de 2,6 Md€. Pour rappel, la
Grâce à un échantillon encore plus repré- méthodologie de notre classement, diffé-
sentatif du marché, le montant agrégé des rente de l’Afic, restreint la sélection aux
investissements a augmenté de 7,94 % opérations minoritaires (voir l’encadré sur
par rapport à 2014 (lire l’enquête de l’an méthodologie ci-contre).
passé : le cap-dev reprend des couleurs),
pour atteindre 1,144 Md€. Et le nombre Siparex, 1er fonds généraliste
d’entreprises financées est passé de 335
S
à 389, soit 54 de plus. Le ticket d’inves- i le classement s’est étoffé, les
tissement moyen par entreprise reste ce- acteurs bancaires, toujours repré-
pendant stable, autour de 3 M€ (3,16 en sentées par une demi-douzaine de
filiales, continuent de se tailler la part du
lion. En 2015, elles ont trusté le podium,
MÉTHODOLOGIE avec CM-CIC Investissement de nou-
veau installé sur la première marche, en
CLASSEMENT CFNEWS affichant 160,9 M€ d’investissements.
Le classement CFNEWS prend en compte Il devance BNP Paribas Développement
les opérations portant sur des sociétés fran- (4ème en 2014), qui grimpe de deux places
çaises, affichant un résultat d’exploitation avec 113,69 M€, et Naxicap Partners, qui
positif, et au capital desquelles les investis- descend de la deuxième à la troisième
seurs financiers représentent ensemble une marche, avec 83,1 M€. Derrière, le top 10
part minoritaire. Les opérations éligibles in- se complète avec des « usual suspects »,
cluent les investissements en fonds propres
notamment les spécialistes de l’agroa-
et/ou quasi fonds propres (à l’exclusion de
limentaire Unigrains et Idia (filiale de
ceux réalisés à 100 % en OBSA senior), les
Crédit Agricole), qui se classent respec-
reclassements de titre, les augmentations
de capital, les transmissions à effet de levier tivement 4ème et 6ème. Entre eux est par-
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(LBO, MBO, OBO…), ainsi que les build-up, venu à s’intercaler Siparex, premier des
à la condition que la société acquéreuse ne fonds généralistes privés, grâce à une
soit pas majoritairement détenue par des belle remontée de quatre places au clas-
investisseurs financiers. sement. Engagé dans un ambitieux plan
de développement en vue de consolider
8 www.cfnews.net« Notre rythme
d’investissement
annuel atteint
70 à 80 M€ en
mid market »
Bertrand Rambaud,
Photo : DR
président Siparex.
sa position de plateforme multi-spécia-
listes, Siparex a affiché des records en
2015 tant côté cessions qu’investisse-
ments (lire l’article en lien page 22).
« Dans le midmarket, par exemple, notre
rythme d’investissement annuel a quasi-
ment doublé en deux ans, pour atteindre
désormais 70 à 80 M€ », indique Bertrand
Rambaud, président de Siparex - qui a
récemment renouvelé son soutien à
Voyages Marietton, pour son build-up
sur Havas Voyages - une opération aussi
financée par Edmond d’Edmond de
Rothschild Investment Partners (EdRIP)
et Calixte Investissement.
Midi Capital fait son entrée
S
iparex devance désormais ses
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confrères généralistes 123Venture
(8ème du classement), Ardian (9ème)
- alors qu’en 2014 il avait contesté la supré-
matie des banques en s’arrogeant la troi-
sième place du podium -, EdRIP (10ème) et
www.cfnews.net 9CAPITAL-DÉVELOPPEMENT
Amundi PEF (11ème). « Nous
étudions environ 450 oppor-
« Nous avons
tunités d’investissement par
an, avec une équipe d’une aidé à recruter
dizaine de gérants », indique onze managers
Stanislas Cuny, responsable en 2014 »
de l’investissement direct
Alexandre Foulon,
chez Amundi PEF. Auteur directeur associé
Edmond de Rothschild
d’une dizaine d’opérations Investment Partners.
Photo : DR
minoritaires en 2015, son
équipe a notamment ren-
forcé les fonds propres de
l’équipementier aéronautique Hitim - via fin 2014, le deal flow est resté assez tonique.
le FCPR régional Arve Industries Capital Pour notre part, il évolue depuis un an au-
et aux côtés de Crédit Agricole des Savoie - tour de 70 dossiers, pour environ 350 M€
et le fabricant de matériel de sécurité élec- de besoins de financement », indique Pierre
trique Novarc - aux côtés de BNP Paribas Tiers, membre du directoire de CM-CIC In-
Développement et Crédit Agricole Sud vestissement, qui a récemment pris 37 % du
Rhône-Alpes. Enfin, le top 10 réserve une fabricant familial de barquettes plastiques
surprise avec l’arrivée d’un fonds régional, Proplast. « Actuellement, on observe une
en l’occurrence Midi Capital, qui se hisse à demande particulière pour les opérations
la septième place pour sa première partici- permettant une recomposition du capital, en
pation. En nombre d’entreprises financées, plus du financement de la croissance », pré-
le gérant toulousain se paye même le luxe cise l’investisseur. Un constat que l’on cor-
de devancer tous ses concurrents, avec 56 au robore du côté d’Edrip. « Les OBO de crois-
total, soit 12 de plus que le second, BNP Pa- sance mixant cash in et cash out deviennent
ribas Développement, et 20 de mieux que les de plus en courants. Les dirigeants associent
troisièmes ex aequo, 123Venture et Apicap. plus souvent le financement d’un projet de
développement à une réorganisation de l’ac-
Opérations mixtes en vogue tionnariat », indique Alexandre Foulon, di-
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recteur associé de Cabestan, le fonds small
À
l’instar du leader CM-CMC Inves- cap d’EdRIP qu’il co-dirige avec David Ro-
tissement, la plupart des répon- bin. Celui-ci s’est étoffé de quatre partici-
dants interrogés font état d’une pations l’an passé, dont le courtier en crédit
activité robuste en 2015. « Après s’est relevé immobilier ACE et le spécialiste de la lo-
10 www.cfnews.netL’ACCOMPAGNEMENT ET LE FINANCEMENT
SUR MESURE DES PME FRANÇAISES
Développer et Transmettre une société, c’est aussi consolider une stratégie, pérenniser un
portefeuille de clients et préparer l’avenir.
Aux côtés des entrepreneurs et des repreneurs, A Plus Finance structure les opérations et investit,
en fonds propres et quasi fonds propres, pour permettre aux entreprises de se développer soit
de manière organique, soit en croissance externe ou dans leur phase de transmission.
Spécialiste dans Distributeur en BtoC Fabriquant de produits
la réalisation de stores d’équipements pour seniors de signalétique
(LBO / Build up) (LBO secondaire) (MBI)
Spécialiste de l’injection Leader mondial des Groupe Saint Aubin :
plastique pour la lanières en PVC souple pour Fabriquant et distributeur
cosmétiques et l’électronique portes industrielles de produits surgelés
(MBO) (MBO) (MBI)
Spécialiste des protections Leader de la fabrication et Spécialiste dans la
solaires dans le secteur de l’installation de vérandas transformation du papier en
aéronautique haut de gamme produits à usage unique
(MBO) (BIMBO) (LMBO)
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Spécialiste T&J Healthcare,
Fabriquant d’équipements de la fabrication de moules plateforme d’achat à
beauté et médicaux de verre spéciaux destination des pharmacies
(LBO / Build up) (MBO) (Développement)
Ces éléments sont présentés à titre illustratif et n’ont pas de valeur contractuelle.
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8 rue Bellini 75116 Paris - www.aplusfinance.comCAPITAL-DÉVELOPPEMENT
cation évolutive Realease Capital.
Dans le secteur agroalimentaire,
la tendance du deal flow est éga- « Les fonds
lement aux recompositions, voire de LBO
trop. « On voit en effet davantage
d’opérations secondaires ou avec
mid cap nous
une partie cash out prépondé- concurrencent »
rante, et moins de pures opérations Arnaud Pradier,
d’augmentation de capital, alors directeur associé
Idia Capital
que notre secteur capitalistique Investissement.
Photo : DR
nécessite des moyens importants
pour son développement. Heu-
reusement, il procure toujours des
dossiers d’envergure, à l’exemple d’InVivo national Capital - fait partie des opérations
NSA, qui a réussi à lever 215 M€ l’année phares de 2015 (voir tableau ci-dessous et
dernière », tempère Arnaud Pradier, direc- (lire l’article en lien page 22 ), où le secteur
teur associé d’Idia Capital Investissement. agroalimentaire est encore bien représenté,
InVivo NSA - dont le pool d’investisseurs avec également la Compagnie Fruitière, qui
incluait le chef de file Eurazeo, ses sponsors a réuni quelque 50 M€ auprès d’Idia, Uni-
historiques Idia et Unigrains et CDC Inter- grains, Société Général Capital Partenaires
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12 www.cfnews.net© Tous droits réservés CFNEWS 2016 www.cfnews.net 13
CAPITAL-DÉVELOPPEMENT
et Sofipaca. Dans le small cap, des acteurs un contexte de stagnation économique, les
généralistes comme 123Venture et Apicap entreprises les plus performantes sont aus-
confirment la solidité du deal flow, et iden- si celles qui se montrent les plus aptes à
tifient même de nouveaux besoins de finan- profiter des moindres relais de croissance.
cement pour les PME matures, celles-ci ne « Etant donné le manque de visibilité, rares
satisfaisant plus les critères de sélection des sont les dirigeants qui peuvent s’engager à
FIP et FCPI (lire encadré page 16). long terme et miser sur une hausse géné-
rale de leur activité. Aujourd’hui, ceux qui
Une croissance de crise réussissent sont ceux qui arrivent à iden-
tifier très clairement des opportunités à
«
L
es opérations de cash in restent assez court ou moyen terme, et qui s’organisent
soutenues, tant pour financer la crois- presque en mode projet pour les exploiter »,
sance des PME en France qu’à l’inter- relate Fabrice Imbault, dont l’équipe a ré-
national », rapporte Fabrice Imbault, directeur cemment misé dans le spécialiste de l’immo-
général d’A Plus Finance, qui a notamment bilier Alsei, aux côtés de Ciclad (lire l’article
misé dans le fabricant de mobilier médical en lien page 22).
Promotal. L’investisseur constate cependant
la formation d’un marché à deux vitesses. Un management adéquat
D
« Il existe une séparation de plus en plus
nette entre les entreprises contraintes par e fait, les opportunités se
les limites de leur marché local et celles qui conjuguent souvent avec la
ont étendu leur territoire - et qui sont sou- croissance externe. L’équipe
vent positionnées sur des marchés de niche small cap d’EdRIP a ainsi mené 10
avec de fortes barrières à l’entrée. » Dans build-up l’année dernière, portant à 23
le nombre réalisé avec
le fonds Cabestan, au-
jourd’hui investi à 80 %
« Le deal flow dans une quinzaine de
reste dynamique lignes. « La faible crois-
sance économique nous
depuis fin 2014 »
© Tous droits réservés CFNEWS 2016
incite à aller chercher des
Pierre Tiers, dossiers très dynamiques,
membre du directoire
CM-CIC Capital Finance. qui impliquent des actions
Photo : DR
structurantes et créatrices
de valeur », indique David
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sur la base des encours sous gestion à décembre 2014. Information promotionnelle non contractuelle communiquée uniquement à titre d’information ne constituant ni un conseil
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en investissement, ni une recommandation ni une sollicitation de vente émise par Amundi Asset Management, Société Anonyme au capital de 596 262 615 € - Société de gestion
de portefeuille agréée par l’AMF n° GP 04000036 - Siège social : 90 boulevard Pasteur, 75015 Paris, France - 437 574 452 RCS Paris - amundi.com - Février 2016. |CAPITAL-DÉVELOPPEMENT
L’ISF PME rebat les cartes
Remodelé par la loi de finances supplémentaire à développer
rectificative 2015, l’ISF PME la clientèle professionnelle ou
a vu son champ d’application institutionnelle. Apicap - né,
sérieusement réduit. À de rares pour rappel, du rapprochement
exceptions, qui seront précisées entre OTC Agregator et Ardens
ultérieurement dans un décret, le en septembre dernier - vient
dispositif fiscal ne profitera plus pour sa part de lancer un FCPR
qu’aux entreprises de moins de visant une collecte de 50 M€.
Photo : DR
sept ans. « C’est très bénéfique A Plus Finance, qui a levé
Fabrice Imbault,
pour les jeunes entreprises mais 108 M€ en 2015 dont 75 % directeur général
cela aura immanquablement auprès de LPs, se voit aussi A Plus Finance.
des conséquences sur le déve- réconforté dans sa stratégie de
loppement des PME matures », développement d’un pôle insti- financement, et donc des oppor-
estime Alexandre Rossoz, tutionnel. « Les sommes collec- tunités pour les acteurs capables
associé-gérant d’Apicap. Au tées en retail qui ne pourront plus de le combler », indique Fabrice
niveau des gérants de FIP et venir financer les entreprises plus Imbault, directeur général d’A
FCPI, c’est aussi une incitation matures vont créer un vide de Plus Finance.
Robin. Cependant, ces dossiers néces- Surenchère sur les prix
sitent d’être d’autant plus rigoureux sur
M
la qualité du management. « D’emblée, algré une activité soutenue pour
il faut s’assurer que le dirigeant a non la plupart, tous les gérants inter-
seulement les capacités à faire chan- rogés ont constaté, à regret, une
ger son entreprise de dimension, mais intensification de la concurrence depuis un
aussi une aptitude à s’entourer de col- an. « Cela se ressent surtout sur les tickets
laborateurs, car les projets ambitieux inférieurs à 10 M€, notre cœur de cible, où
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nécessitent souvent de nouvelles compé- la rivalité des grands fonds régionaux est
tences », ajoute Alexandre Foulon, dont particulièrement vive. Mais les fonds natio-
l’équipe a soutenu onze recrutements de naux du mid cap ont aussi tendance à des-
cadres (DG, DGA, responsables de busi- cendre sur les tickets compris entre 10 et
ness unit) chez ses participations. 20 M€ », observe Pierre Tiers. « L’incur-
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l’engagement de nos équipes
au service des entrepreneurs.
edrip.fr
www.cfnews.net 17CAPITAL-DÉVELOPPEMENT
sion des fonds de type LBO portefeuille en risque »,
mid cap dans le capital-dé- avertit l’investisseur. Son
veloppement est devenue équipe n’en a pas moins
très fréquente », confirme signé quatre opérations en
également Arnaud Pradier. 2015, avec des multiples
« Mais ce regain de concur- compris entre 4,5 et 6,5.
rence, dans un marché déjà « Heureusement, avec un
très compétitif, ne va pas de bon sourcing, il est tou-
pair avec une accélération jours possible d’échap-
du deal flow ; le nombre de per à la surenchère. Trois
Photo : DR
dossiers reste limité. Résul- quarts de nos dossiers pro-
tat, l’afflux de liquidités sur viennent de nos contacts
notre marché a surtout pour « Les valorisations en province. En outre,
conséquence de conduire nous mettons l’accent sur
les prix à la hausse. Pour
deviennent parfois les opérations primaires,
signer une opération sur un incohérentes » où les prix ont moins
actif de qualité aujourd’hui, Benjamin Arm, tendance à s’envoler »,
associé Omnes Capital.
il faut souvent accepter de ajoute Benjamin Arm,
payer plus cher qu’il y a dont l’équipe a notam-
deux ou trois ans », déplore ment soutenu le groupe
Arnaud Pradier. Il y a cependant des limites de transport Dispam, ainsi que Capcom, un
qui ont été atteintes. « Aujourd’hui, on voit prestataire spécialisé dans le déploiement
des processus échouer uniquement à cause de la fibre optique.
de valorisations devenues trop excessives »,
poursuit Pierre Tiers. « Les valorisations 389 M€ investis par Bpifrance
n’ont jamais été aussi élevées, au point de
L
devenir incohérentes par rapport à l’atonie ’intensité de la rivalité entre gérants
de l’économie française », avertit Benjamin se lit également dans leur apprécia-
Arm, associé responsable de l’activité ca- tion du rôle de Bpifrance, en tant
pital-développement et transmission chez que co-investisseur. Alors qu’il y a un an
© Tous droits réservés CFNEWS 2016
Omnes Capital. « Sur les opérations secon- beaucoup louaient sa capacité à fluidifier le
daires intermédiées, par exemple, il est marché et faciliter les sorties, aujourd’hui
courant de voir des multiples supérieurs à ils se montrent plus prompts à la criti-
8 fois l’Ebitda ! En capital-développement, quer - de manière confidentielle toutefois.
accepter de tels niveaux revient à mettre son « Il y a des opérations qu’on aurait pu faire
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— CA : 107 M€ — — CA : 239 M€ — l’agroalimentaire
2015 2014 — CA : 168 M€ —
2014
Transport Ingénierie et conseil
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de marchandises en lots Ingénierie des sols
en haute technologie
et groupage et des matériaux
— CA : 394 M€ —
— CA : 235 M€ — — CA : 107 M€ —
2011
2013 2013
Photo : © Shutterstock
— 27 rue Marbeuf - 75008 Paris - T. + 33 (0)1 53 93 02 20
— 139 rue Vendôme - 69477 Lyon Cedex 06 - T. + 33 (0)4 72 83 23 23 - siparex.com —
www.cfnews.net 19CAPITAL-DÉVELOPPEMENT
sans eux », assure l’un ; « aujourd’hui, souple, est devenue un élément d’arbitrage
autant le considérer comme un concur- dans les gros dossiers d’ETI, et commence
rent », lâche un autre ; « ils sont très inter- maintenant à descendre sur des opérations
ventionnistes dans la fixation des prix », de taille plus petite », rapporte Arnaud Pra-
regrette encore un autre. De fait, Bpifrance dier. Certes, dans le small cap, une dette
a accéléré la cadence l’année dernière. Ses visant 9 % ou 10 % de TRI laisse encore
investissements en direct ont atteint 389 M€, perplexe de nombreux entrepreneurs, qui en
pour 111 entreprises financées, contre outre ne savent pas toujours bien évaluer ce
315 M€ en 2014, soit une progression de type de produit. Mais on peut compter sur
23,5 %. Très active en marketing, la banque les intermédiaires et sur les mezzaneurs, no-
publique rencontre, il est vrai, un succès au- tamment ceux adeptes du sponsorless, pour
près des entrepreneurs, qui militent souvent leur faire découvrir ses avantages, à l’ins-
auprès des acteurs privés pour lui réserver tar d’ActoMezz, qui a récemment financé
une place dans les tours de table. le MBO sponsorless de Document Store,
un distributeur de solutions de gestion de la
La dette joue chaîne documentaire.
les trouble-fête…
…et le crowdfunding
U
n autre facteur ajoutant à la concur- pointe son nez
rence est la dette privée. Après
S
s’être répandue dans le LBO, elle ur le small cap, l’année 2015 a aussi
prend progressivement ses quartiers le capi- vu les plateformes de crowdfunding
tal-développement. « La dette in fine, très faire leurs premières incursions dans
des tours de capital-développe-
ment. Le réseau de galerie d’art
« Nous étudions Bel Air Fine Art, par exemple,
a récolté 400 K€ via Unilend, à
environ 450
l’occasion d’une levée globale
opportunités de 1,7 M€ menée par Apicap.
d’investissement « Le crowdfunding, c’est de la
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par an » désintermédiation, pas de la
gestion - qui implique un tra-
Stanislas Cuny,
responsable investissement vail de sélection et d’accom-
direct Amundi PEF. pagnement », rappelle avant
Photo : DR
tout Alexandre Rossoz, asso-
20 www.cfnews.netMORE
THAN JUST
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Financial Reporting Audit & Advisory I Consulting I Financial Advisory Services I Outsourcing & Accounting Services I Tax & Legal Services I Actuarial Services
www.cfnews.net 21CAPITAL-DÉVELOPPEMENT
cié-gérant d’Apicap. « Toute- les montants restent encore
fois, nous croyons beaucoup marginaux. Selon Crowdlen-
aux synergies qui peuvent se ding.fr, les plateformes de
développer entre les gérants prêt françaises ont permis de
et ces nouvelles plateformes. rassembler 31,5 M€ l’année
Nous pourrions proposer aux dernière. Mais le financement
clients de ces plateformes collaboratif n’en constitue
des opportunités d’investis- pas moins une nouvelle alter-
sements exclusives », ajoute native pour les petites PME.
Alain Esnault, directeur gé- Celles-ci sont, par ailleurs,
Photo : DR
néral d’Apicap. Et certains davantage convoitées par une
capital-investisseurs surfent Alexandre Rossoz, autre classe d’investisseurs
déjà sur cette vague, à l’instar associé-gérant d’Apicap privés : les fonds d’entrepre-
d’Olivier Goy (ex - 123 Ven- neurs, dont le rôle grandis-
ture), à l’origine de Lendix. « Les fonds de sant leur a valu de créer leur propre club
capital-développement sont des partenaires dédié au sein de l’Afic, en avril dernier.
naturels pour Lendix, indique-t-il. Beau- Au final, on peut être certain d’une chose
coup de leurs participations sont dans notre concernant l’avenir des valorisations : leur
cœur de cible. » À ce jour, la plateforme correction ne viendra pas d’une baisse de
de prêt a déjà financé 12,6 ME sur 65 pro- l’offre de financement.
jets dont deux financés à hauteur de 1 M€,
St Jean Industries et la foncière Orexim.
À LIRE AUSSI
L
a plateforme Credit.fr compte, pour
sa part, sur le sponsoring du capital-
SUR CFNEWS EN LIGNE
risqueur Truffle Capital, tandis que Midi Capital goûte à l’indépendance.
SmartAngels a récolté 1 M€ l’année der- Siparex entre dans une nouvelle dimension.
nière, dont la majeure partie auprès d’Idin-
vest, Elaia Partners et XAnge PE. « Au-de- Retrouvez tous les deals de cap dev sur CFNEWS.
là de son montant, c’est la qualité de notre InVivo NSA nourrit son capital.
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levée de fonds qui envoie un message clair
Alsei abrite un nouveau tour.
au marché : le crowdfunding est reconnu
à part entière dans la chaîne de finance-
ment », assure Benoît Bazzocchi, le diri- TÉLÉCHARGEZ L’ARTICLE
geant-fondateur de SmartAngels. Certes,
22 www.cfnews.netL’expert du capital accompagnement en
Agroalimentaire et Agro-industries
CAFÉS ET BOISSONS AUX EXPORTATION NUTRITION ET SANTÉ DISTRIBUTION
FRUITS DE VINS ANIMALES DE BOISSONS
SNACKING FRUITS ET LÉGUMES LÉGUMES, LAIT ET BOISSONS SANTÉ ANIMALE
SUCRE ET AMIDON SÉLECTION GÉNÉTIQUE TRANSFORMATION SEMENCES ET PRODUITS
D’OLÉAGINEUX CÉRÉALIERS
DISTRIBUTION AUTOMATIQUE COOPÉRATIVE, POLYCULTURE, TRANSFORMATION DE CRUS BOURGEOIS
(CAFÉ…) ÉLEVAGE... CÉRÉALES DE MARGAUX
BOULANGERIE INDUSTRIELLE PÂTES JAUNES, CRÊPES... BISCUITERIE, PÂTES ET PRODUCTION ET NÉGOCE
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www.cfnews.net 23ZOOM SECTORIEL
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Les biotech
entrent en résistance
Abivax, Cerenis, OSE Pharma, Poxel et d’autres ont séduit la place
boursière jusqu’à mi 2015. Malgré la contraction du marché, les VCs
restent confiants sur le potentiel de ces pépites de la santé.
Par Anne Joly
T
out semblait aller pour le mieux dans sacrément grimpé, l’indice biotech amé-
le meilleur des mondes pour les bio- ricain ayant presque quadruplé entre les
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tech quand les marchés se sont grip- étés 2011 et 2015 quand son homologue
pés. Après que le Nasdaq Biotech a dévissé, européen atteignait les 2253 points en
mi janvier, de 30 % par rapport à ses plus août dernier, soit 3,5 fois plus qu’en 2011.
hauts, l’indice Next Biotech dégringolait En France, les IPO de biotech s’égrenaient
de 25 %. Il faut dire que les valeurs avaient encore bon train début 2015 où elles repré-
24 www.cfnews.netsentaient 44 % des opérations (mais 10 % cié chez Edrip qui finit d’investir son fonds
des montants) avec l’arrivée en bourse de Biodiscovery 4 (192 M€) et a notamment
Cerenis (53,4 M€), Poxel (25 M€), Ose Phar- mené un tour de 15 M€ pour GamaMabs.
ma (21,1 M€), Abivax (57,7 M€). Reste que « On a observé depuis plusieurs années
les observateurs évoquaient une surchauffe une concentration des financements, tant
depuis quelques temps déjà. au niveau des fonds, lesquels
Quand d’aucuns crient déjà ont des tailles de plus en plus
au feu et à la bulle, d’autres significatives, que des entre-
voient là une circonvolu- prises qui, pour celles qui
tion de marché qui ne sau- lèvent, lèvent davantage. »
A
rait, selon eux, dénigrer à
long terme un secteur qui a insi, même si de
trouvé ses marques. nombreuses socié-
tés se contentent en-
Concentration core de moins de 2 M€ pour
des fonds leur premier tour, des levées
Photo : DR
C
beaucoup plus spectaculaires
ar il ne faut pas ont eu lieu, à l’instar de The-
oublier que les rachon, traitant le nanisme
biotech viennent « Les investisseurs (30,8 M€), Magnisense sur
de loin. Le secteur est le cardio-vasculaire (5,5 M€)
récent - la première bio-
européens ne sont
ou encore Enyo qui a, en
tech française, Calya, a été pas nombreux dans ce tout début d’année, raflé
créée en 1977, et la lyon- les biotech » 22 M€ pour développer une
naise Flamel Technologies Eric de Montgolfier, nouvelle classe d’antiviraux
a ouvert le bal des IPO sur associé Gimv. (voir tableau page 30). Selon
le Nasdaq il y a tout juste le montant alloué, les fonds ne
20 ans, tout comme Gen- sont pas les mêmes non plus :
set d’ailleurs. Il a fallu un peu de temps à sur les « petits » tours d’amorçage et de série
l’écosystème financier pour comprendre le A, les fonds régionaux -qui ont recruté eux-
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business model des biotech et aux investis- aussi des spécialistes du secteur, à l’instar de
seurs financiers pour vaincre leur peur de ce Rhône-Alpes Création, Sofimac, Cap Déci-
risque si particulier à appréhender. « Mais il sif - sont souvent à l’œuvre ; au-delà de 3 M€
y a plutôt plus d’argent qu’auparavant pour et a fortiori sur les gros montants des tours
les biotech », estime Gilles Nobecourt, asso- ultérieurs, les fonds spécialisés (inter)natio-
www.cfnews.net 25ZOOM SECTORIEL
naux sont toujours à la manœuvre. « Mais il Paris, la place biotech
faut admettre que les investisseurs européens européenne
I
ne sont pas nombreux dans ce créneau où la
création de valeur ne se conçoit que sur le
long terme, avec des projets structurellement
« l est passé le temps où l’Europe des
biotech n’était qu’une pâle copie des
déficitaires pendant des années, qui néces- Etats-Unis : on dispose de plus de
sitent d’être correctement financés pour pou- moyens et les entreprises se sont dévelop-
voir délivrer un jour », note Eric de Montgol- pées », estime Antoine Papiernik, associé
fier qui pilote le bureau parisien de la société de Sofinnova Partners, lequel est lead sur
d’investissement cotée Gimv, laquelle a in- le tour d’Enyo après avoir accompagné
vesti plus de 110 M€ dans la santé, sur les en bourse Cerenis, dont il est le premier
trois dernières années, dans huit sociétés, et a actionnaire. « Et la France est aujourd’hui,
récemment accompagné Biom’Up (disposi- au niveau boursier, la place forte en Eu-
tifs médicaux implantables). « L’écosystème rope et a même atteint une masse critique
américain est plus mature, avec des analystes avec une soixantaine de small cap bio-
pointus et des investisseurs plus aguerris à tech et medtech cotées à Paris, souligne
cette typologie de risque, susceptibles d’en- Thierry Laugel, le patron de Kurma, qui,
gager de plus gros paris », ajoute-t-il. Pour au delà des biotech, mise sur le diagnostic
autant, il n’ y a peut-être pas de quoi rougir... avec un nouveau fonds de plus de 30 M€.
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26 www.cfnews.netLaissez-vous guider par nos experts
Nous vous accompagnons dans toutes vos opérations d’acquisition, de cession,
de rapprochement ou de restructuration dans le secteur de la santé.
Nous gérons avec et pour vous la complexité inhérente à ces projets et vous apportons des
réponses sur mesure dans l’ensemble de leurs aspects juridiques, réglementaires et fiscaux.
Acquisition par Synerlab Rapprochement entre les
Acquisition par Biogroup
(détenue par 21 Centrale groupes Domus Cliniques et
de LCD auprès de Naxicap
Partners et Ardian) de la société AlmaViva Santé
Partners et des fondateurs
espagnole Alcala Farma (UI Gestion et Gimv)
Novembre 2015 Novembre 2015 Octobre 2015
Cession par Ethicon
(groupe Johnson & Johnson) Levée de fonds de Biocyte Fusion-absorption de Prodiag
de la branche Cordis au groupe auprès d’Audacia (société non cotée) par
Cardinal Health Biosynex (société cotée)
Octobre 2015 Juin 2015 Juin 2015
Acquisition par Vivalto Santé Acquisition par Vivalto Santé Acquisition par DomusVi
de la Clinique Chirurgicale Val de la Clinique Chirurgicale d’EHPAD dans la région
d’Or à Saint Cloud Victor Hugo à Paris de Marseille
Octobre 2014 Septembre 2014 Février 2014
En savoir plus sur ces opérations
Expertises
Corporate / Fusions et acquisitions
Concurrence et droit européen
Droit social
Banque et finance
Propriété intellectuelle
“Your World First” : Votre Monde, Notre Priorité
Fiscal
Vos contacts en Corporate / Fusions et acquisitions
Arnaud Hugot et Christophe Blondeau
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CMS Bureau Francis Lefebvre, 2 rue Ancelle, 92522 Neuilly-sur-Seine Cedex, France
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Séville, Shanghai, Sofia, Strasbourg, Stuttgart, Téhéran, Tirana, Utrecht, Varsovie, Vienne, Zagreb et Zurich. www.cms-bfl.com
www.cfnews.net 27ZOOM SECTORIEL
Le chapitre I est écrit. Pour ouvrir le cha-
pitre II, il faudrait maintenant quelques BIOTECH SANS FRONTIÈRES
grandes et belles réussites pérennes. » En
attendant, en 2014, dix biotech avaient levé Depuis quelques mois, le phénomène
240 M€ en bourse tandis que l’an passé semble s’intensifier. Les biotech et les me-
elles ont été douze à réunir plus de 350 M€ detch, cherchent -et trouvent- de l’argent à
l’étranger, et pas seulement sur les places
(lire l’enquête CFNEWS de juillet : IPO :
boursières. « Il y a une amplification de la
le semestre qui valait 3 Md€, voir page 44).
recherche internationale de capitaux, plutôt
E
vers les USA qui sont leur marché naturel »,
n parallèle, les opérations de M&A, confirme Mathieu Grollemund, associé chez
les levées de fonds ou encore les Dechert. Les Etats-Unis sont le premier mar-
accords passés entre biotech et big ché mondial de la santé et le plus rentable.
pharma sont allés bon train. D’après le réfé- En 2015, on a vu par exemple Poxel réunir
rentiel de CFNEWS, environ 90 opérations 20 M€ aux États-Unis, Therachon y ayant
(hors bourse) ont eu lieu depuis deux ans. trouvé, lui, plus de 30 M€ ; Medtech et
« On a pu voir de belles levées et cotations Erytech, leur ont emboité le pas. « En paral-
avec une nouvelle génération d’entrepre- lèle, les sociétés commencent à se tourner
neurs dont la stratégie est désormais centrée vers la Chine où l’on peut avoir à traiter des
sur les produits, se félicite Laurent Arthaud, pathologies différentes de celles du monde
directeur du pôle sciences
de la vie de Bpifrance qui a
déployé une stratégie d’in-
vestissement lui permettant « Les biotech
de soutenir les biotech dès le se sont recentrées
berceau jusqu’en phase 1 ou
pour soigner ! »
2 et revendique le finance-
Laurent Arthaud,
ment, d’une façon ou d’une directeur Bpifrance.
autre, de la moitié des bio-
tech françaises. « Après les
années 1995-2000 où l’on ne
Photo : DR
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rêvait que de « plateformes » comme DBV Techno-
en considérant le séquençage logies et son traitement
du génome comme une panacée, ils se sont contre les allergies ou Carmat et son cœur
recentrés sur l’essentiel : soigner les gens ! », artificiel ont ouvert de nouvelles perspec-
poursuit-il. Concrètement, des sociétés tives aux investisseurs. Mais maintenant ?
28 www.cfnews.netoccidental, » observe l’avocat. Ainsi, récem- à d’autres besoins. Il s’est révélé ainsi sou-
ment, Eye Tech Care a convaincu le fonds vent assez efficace de réussir un placement
chinois Everpine quand Enyo ralliait Morning- privé aux États-Unis pour bien préparer son
side, un fonds d’origine hong-kongaise, à son introduction sur le Nasdaq. Advanced Acce-
capital. Dans le premier cas, le lyonnais s’at- lerator Applications, société radiopharmaceu-
taque à un marché de 22 millions de malades tique innovante, qui avait levé plus de 100 M€
avec son dispositif de traitement du glaucome. depuis sa création, a bouclé un tour crossover
Dans le second, ce sont environ 175 millions de 23 M€ quelques mois seulement avant son
de personnes atteintes de l’hépatite B qui IPO américaine, en novembre dernier. Sans
sont susceptibles de bénéficier des décou- compter qu’au-delà de certains montants, il
vertes de la société implantée elle-aussi entre est très compliqué, voire impossible, de se
Rhône et Saône. « Ces investissements sont contenter du marché français. « La chaîne de
sporadiques, le flux n’est pas institutionna- financement française, notamment avec Bpi-
lisé mais je parie clairement sur la tendance », france, soutient les entreprises de l’amorçage
annonce Hervé Ronin, associé santé chez jusqu’aux essais cliniques de phase 1 voire de
Bryan Garnier & Co. phase 2. Au-delà, c’est trop cher et les biotech
Au-delà de se capitaliser sur les marchés doivent trouver à se financer ailleurs ou autre-
qu’elles souhaitent ensuite conquérir, les ment », explique Laurent Arthaud, directeur du
sociétés de biotech répondent parfois aussi pôle sciences de la vie de Bpifrance.
Boites à idée t-il. On a maintenant des exemples de socié-
des big pharma ? tés qui commencent à délivrer plus que du
W
rêve avec des produits qui soignent des mala-
« hat goes up must come down »
(ce qui monte doit redescendre),
dies jusqu’ici incurables, comme Gilead avec
son Sovaldi contre l’hépatite C. Le secteur de
commente Antoine Papiernik, la biotech a pu démontrer qu’il était capable
lequel a réuni dernièrement 300 M€ pour So- d’innover, là où la pharma n’innove plus. »
finnova Capital VIII en allant puiser dans les Et s’inscrit dans la logique de déconsolida-
poches de LPs européens et américains. « Sur tion de la recherche du secteur pharmaceu-
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les marchés boursiers, il y a toujours des lu- tique. « Les grands acteurs cherchent active-
carnes et cette fois, la fenêtre était exception- ment à déconsolider et réduire leur risque sur
nellement large. Aujourd’hui le vent est sans le financement de leur recherche : ils s’allient
doute moins porteur, mais je reste convaincu naturellement à ces petites biotech », note
que les sous-jacents sont solides, explique Matthieu Grollemund, associé chez Dechert.
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