Directive européenne Efficacité énergétique des bâtiments - Etat d'avancement de la transcription dans les pays européens

 
Directive européenne Efficacité énergétique des bâtiments - Etat d'avancement de la transcription dans les pays européens
Avancement de la transcription
                                         par les Etats membres
                                                 DIRECTIVE EPBD
    Directive européenne
    Efficacité énergétique
        des bâtiments
            Etat d’avancement de la
           transcription dans les pays
                   européens

Mai 2015
Avancement de la transcription
par les Etats membres
         DIRECTIVE EPBD

                                                PILOTAGE

                                      L’Union sociale pour l’habitat
                                                Farid Abachi
                                 e-mail : farid.abachi@union-habitat.org

                                              REALISATION

                                                La Calade
                                        Catherine Charlot-Valdieu
                                 e-mail : catherine.charlot-valdieu@sfr.fr

                                            Philippe Outrequin
                                 e-mail : outrequin.philippe@gmail.com
Avancement de la transcription
                                                                                                                                                                                      par les Etats membres
                         SOMMAIRE

Préambule ...................................................................................................................................... 2

L’état d’avancement dans les pays membres ........................................................................ 3
      1)      Allemagne ................................................................................................................................................... 3

                                                                                                                                                                                              DIRECTIVE EPBD
      2)      Autriche ....................................................................................................................................................... 9
      3)      Belgique .................................................................................................................................................... 11
      4)      Danemark.................................................................................................................................................. 15
      5)      Espagne ..................................................................................................................................................... 20
      6)      Finlande .................................................................................................................................................... 22
      7)      Italie ........................................................................................................................................................... 24
      8)      Lituanie ..................................................................................................................................................... 25
      9)      Luxembourg ............................................................................................................................................. 26
      10) Norvège ..................................................................................................................................................... 26
      11) Pays Bas ..................................................................................................................................................... 27
      12) Royaume-Uni ........................................................................................................................................... 28
      13) Slovaquie .................................................................................................................................................. 30
      14) Suède ......................................................................................................................................................... 31
      15) Tchéquie ................................................................................................................................................... 33

Autres pays européens ............................................................................................................ 34
      1)      Suisse ......................................................................................................................................................... 34

                                                                                   1
Avancement de la transcription
par les Etats membres

                                               PREAMBULE

                                 Entrée en vigueur en décembre 2012, la directive européenne sur la performance énergétique
                                 des bâtiments (EPBD – 2012/27/UE) promeut la généralisation de bâtiments aux besoins
                                 énergétiques proches de zéro (« nearly zero energy building » ou NZEB), notamment pour la
                                 construction neuve dès 2020 pour les bâtiments résidentiels (et donc dans le logement social).
                                 Les pays membres doivent ainsi transcrire cette directive dans leur législation, ce que chacun
                                 fait à sa façon et avec des rythmes différents.
         DIRECTIVE EPBD

                                 Celle-ci impose aux Etats membres de mettre en place dès avril 2014 une stratégie à long
                                 terme pour mobiliser les investissements dans la rénovation du parc immobilier national. Les
                                 Etats avaient jusqu’au 30 avril 2013 pour notifier à la Commission européenne ses objectifs et
                                 la méthode utilisée pour les exprimer, sous la forme d’un niveau absolu de consommation
                                 d’énergie primaire et finale à respecter dès 2020.
                                 Cette directive impose également aux Etats membres de définir le « bâtiment à consommation
                                 d’énergie quasi nulle », ainsi que les étapes et objectifs intermédiaires visant à améliorer la
                                 performance énergétique des nouveaux bâtiments d’ici à 2015, en vue de préparer leur bonne
                                 mise en œuvre.

                                 En fonction de leur contexte national, chaque Etat membre a donc procédé à la définition des
                                 NZEB et a élaboré des stratégies et des moyens pour parvenir à leur généralisation en 2020.
                                 Nous présentons dans ce document un état des lieux de cette transcription par Etat membre.
                                 Quand ? Comment ? Avec quelles échéances et exigences de performance ? Quelles évolutions
                                 des réglementations thermiques nationales ?

                                 Ce document présente l’état d’avancement de la transcription de cette directive EPBD dans les
                                 différents Etats membres, à fin 2014.

                                 Ce document vient en complément de l’étude « Bâtiments passifs, bâtiments à énergie
                                 positive, une évaluation des nouvelles générations de bâtiments », publiée par l’Union sociale
                                 pour l’habitat (Cahier Références n°2, mai 2015).

                                 Référence de la directive :

                                 DIRECTIVE 2012/27/UE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
                                 du 25 octobre 2012

                                 relative à l'efficacité énergétique, modifiant les directives 2009/125/CE et 2010/30/UE et
                                 abrogeant les directives 2004/8/CE et 2006/32/CE

                                                                               2
Avancement de la transcription
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                   L’ETAT D’AVANCEMENT
                   DANS LES PAYS MEMBRES
1)        Allemagne
    Aujourd’hui en Allemagne c’est le secteur de la réhabilitation et plus particulièrement de la
    rénovation énergétique qui est porteur avec 70 % du marché, dans un contexte où la
    population décline et où les prix de l’immobilier augmentent peu.

                                                                                                                                 DIRECTIVE EPBD
    En Allemagne la plupart des architectes sont des ingénieurs, ce qui facilite l’approche globale
    des projets et la prise en compte, dès la conception, des problématiques environnementales1.

    L’architecte – ingénieur est considéré comme le garant du respect des règles et normes de
    construction tout au long du projet. Concernant les professionnels du bâtiment, la qualification
    Meister Brief, délivrée par les chambres de métiers, est indispensable pour créer sa propre
    entreprise et peut se perdre en l’absence de formation continue (notamment sur les nouvelles
    réglementations).
    Le bâtiment allemand bénéficie aussi de la qualité du système d’apprentissage, financé et
    piloté par les entreprises, avec des programmes adaptés à leurs besoins et aux évolutions du
    marché (l’apprentissage étant un choix à la fois délibéré et incontournable pour de nombreux
    collégiens allemands, lesquels sont orientés très tôt et peu d’entre eux étant autorisés à
    poursuivre en filière longue).

    Quant à la mise en œuvre des travaux, elle est encadrée par un système de règles techniques
    dénommé VOB (Verdinggungsordnung fur Bauleistungen) ou cahier des charges générales pour
    la réalisation des travaux de construction, dans les marchés publics comme privés ; exhaustives
    et précises, ces règles sont applicables sans dérogation possible.

    Enfin l’obligation de diviser les travaux en petits lots permet aux PME régionales d’être en
    concurrence sur un pied d’égalité avec les grandes entreprises nationales (beaucoup plus
    petites que les grands groupes français d’envergure internationale), en répondant, le cas
    échéant, en consortiums, dont la mise en place est facilitée par l’organisation corporative des
    métiers.

     1) Réglementation thermique
    Le code de la construction (« Musterbauordnung ») est défini au niveau fédéral et doit être
    adopté et adapté au niveau de chaque Land.
    Deux textes régissent l’efficacité énergétique :
         la Loi sur la chaleur d’origine renouvelable ("EEWärmeG" – 2009) : les maîtres d'ouvrage
          doivent couvrir les besoins en chaleur de leurs constructions avec au moins 15%
          d'énergie solaire ou 50% de biomasse ou de géothermie. Les autres alternatives sont
          l’isolation thermique, les réseaux de chauffage urbain avec cogénération.

1
 Rappelons qu’en France un des objectifs de la démarche HQE initiée au début des années 1990 était de faire travailler
ensemble les architectes et les ingénieurs…

                                                           3
Avancement de la transcription
par les Etats membres

                                          la Loi EnEV – 2009 donne des limites aux coefficients de déperditions thermiques des
                                           constructions neuves :
                                               o    murs extérieurs : U = 0,28 W/m².K
                                               o    planchers bas : U = 0,35 W/m².K
                                               o    toiture : U = 0,20 W/m².K
                                               o    fenêtres : U = 1,30 W/m².K et facteur de transmission solaire : 0,60

                                               o    fenêtres en toiture : U = 1,40 W/m².K et facteur de transmission solaire : 0,60
                                               o    puits de lumière : U = 2,70 W/m².K et facteur de transmission solaire : 0,64
                                               o    portes extérieures : U = 1,70 W/m².K
         DIRECTIVE EPBD

                                     Enfin la réglementation sur l’efficacité énergétique (EnEV – 2009) qui concerne la rénovation
                                     des bâtiments.

                                      2) Un label à énergie positive : EfficiensHaus Plus
                                     A côté du label Passivhaus, un label à énergie positive se développe : le label EffizienzHaus
                                     Plus.
                                     Actuellement, le ministère de l’urbanisme et des infrastructures (Institut de l’énergie et de
                                     l’environnement IFU) délivre un label « EffizienzHausPlus » qui correspond à un niveau NZEB.
                                     Ce label s’applique davantage aux maisons individuelles ou familiales (très nombreuses en
                                     Allemagne) qu’aux immeubles collectifs.

                                     L’objectif est de proposer des logements neutres en CO2, privilégiant l’isolation thermique et le
                                     stockage de l’énergie, dans le but de réaliser un habitat autonome. L’habitat privilégie le
                                     stockage de l’énergie dans les composants de la maison, utilisant par exemple le béton comme
                                                                           3
                                     source de stockage de l’énergie (1 m de béton peut stocker 3 kWh soit 150 kWh de chaleur
                                     pour une maison). La maison produit aussi de l’électricité pour faire apparaître un bilan net au
                                     moins équilibré et plutôt en excédent (maison à énergie positive).

                                      3) La certification DGNB : une approche de développement durable
                                                                                                           Créée par le Conseil allemand du
                                                                                                           développement durable (DGNB) qui
                                                                                                           regroupe tous les grands acteurs de
                                                                                                           la filière bâtiment, cette certification
                                                                                                           volontaire se focalise sur les
                                                                                                           résultats et non pas sur les moyens
                                                                                                           comme la HQE en France.

                                                                                                           Environ 600 bâtiments sont certifiés
                                                                                                           en Allemagne, principalement des
                                                                                                           bâtiments de bureaux privés.
                                                                                                                                                        2
                                                                                                           Cette certification est très complète
                                                                                                           et l’évaluation porte sur le bâtiment
                                                                                                           dans son ensemble au regard de
                                 Figure 1 : Exemple d’évaluation de la qualité environnementale
                                 selon la certification DGNB
                                 2
                                   Cette certification, élaborée par de nombreux experts de tous horizons de façon désintéressée (sans but lucratif), est
                                 beaucoup plus complète que les certifications (plus anciennes) telles que LEED, BREEAM ou les certifications dérivées de
                                 la HQE en France.

                                                                                            4
Avancement de la transcription
                                                                                                            par les Etats membres
                                                                                                3
    performances et de cibles; elle a pour objectif de mesurer la durabilité des bâtiments (et des
    projets de quartier). Elle fait référence aux trois piliers du développement durable et comprend
    six types d’analyse :
           la qualité environnementale, qui comprend six thèmes, dans deux domaines :
            -   Domaine 1 : l’impact du projet avec une analyse du cycle de vie (« life cycle impact
                assessment ») harmonisée avec la norme internationale ISO 14040/14044, l’impact
                environnemental local, l’approvisionnement responsable et l’analyse de cycle de vie
                au regard de l’énergie (« life cycle assessment – primary energy ») ;
            -   Domaine 2 : la demande d’eau potable et le volume d’eaux usées ainsi que la
                consommation d’espace.
           la qualité économique, qui comprend 3 thèmes : l’analyse en coût global, la flexibilité et

                                                                                                                    DIRECTIVE EPBD
            l’adaptation ainsi que la viabilité commerciale.
            Cette catégorie (la qualité économique) n’est quasiment pas abordée dans la certification
            LEED (quasiment aucune exigence) et l’est moyennement dans BREEAM (cf ; schéma ci-
            après); elle est également totalement absente de la démarche HQE française.
           la qualité socio-culturelle et fonctionnelle, qui comprend 13 thèmes dans trois grands
            domaines:

            -  Domaine 1 : le confort thermique, la qualité de l’air intérieur, le confort acoustique, le
               confort visuel, le contrôle par l’occupant, la qualité des espaces extérieurs et la
               sécurité (« safety and security »);
            - Domaine 2 : l’accessibilité pour tous, l’accessibilité pour le public et l’accessibilité en
               vélo ;
            - Domaine 3 : la qualité de la conception et de l’architecture, la présence d’art et la
               qualité de l’agencement.
            On remarquera qu’une partie seulement de ces thèmes est intégrée dans les
            certifications issues de la démarche HQE française (certifications à l’échelle du bâtiment
            comme HQE-Aménagement).
           la qualité technique, qui comprend sept thèmes : la prévention des incendies, la
            protection acoustique, la qualité de l’enveloppe, l’adaptabilité des systèmes techniques,
            la facilité de l’entretien et de la maintenance, la facilité de déconstruction ou de
            démontage et enfin les émissions sonores.
            La qualité technique n’est quasiment pas traitée dans LEED (seul le thème lié à la sécurité
            est traité) et l’est très peu dans BREEAM, comme dans les certifications issues de la HQE.
           la qualité de la démarche : celle-ci comprend huit thèmes dans deux domaines :
                o    domaine 1 : la clarté du cahier des charges, la conception intégrée, la conception
                     (concept), la prise en compte du développement durable dans l’appel à
                     propositions, la documentation sur la gestion des équipements

                o    domaine 2 : l’impact environnemental de la construction, la garantie de la qualité
                     de la construction, et le contrôle systématique.
            Si la certification HQE concerne principalement le process ou la démarche, parmi les
            thèmes traités par la DGNB concernant la qualité de la démarche, seul l’impact
            environnemental de la construction est pris en compte dans la certification HQE
            française.

3
    «Making sustainability measurable »

                                                     5
Avancement de la transcription
par les Etats membres

                                          la qualité du site, qui comprend quatre thèmes liés à la qualité de vie : l’environnement
                                           local, l’image du bâtiment et les conditions sociales, l’accès aux transports en commun et
                                           l’accès aux services (« amenities »).

                                           Les échelles de pondération et de notation de la DGNB
                                     Cette certification comporte une double pondération : au sein de chaque thème et entre les 6
                                     thèmes (la qualité environnementale et la qualité économique représentant chacune 22,5 %
                                     des points comptabilisés pour la certification). Ces points permettent d’obtenir le niveau or
                                     (best practice ou « target value »), argent (good practice ou « reference value ») ou bronze
                                     (« typical practice ou « limit value » »). Ainsi par exemple le coût global a une pondération de 3
                                     tandis que les deux autres thèmes de la qualité économique ont ensemble une pondération de 2.
         DIRECTIVE EPBD

                                     Par ailleurs la qualité économique a le même poids que la qualité environnementale, ce qui
                                     donne une grande importance à l’analyse en coût global dans la certification DGNB (celle-ci
                                     étant encore facultative dans la certification H & E de Cerqual en France), l’analyse en coût
                                     global permettant l’optimisation des programmes (neufs et de réhabilitation) en fonction des
                                     objectifs poursuivis (parmi lesquels il peut y avoir une optimisation énergétique mais aussi la
                                                                                                                                   4
                                     limitation de la hausse des coûts afin de promouvoir des logements abordables),
                                     conformément aux exigences de l’EPBD.

                                     A noter que les données sur les matériaux et les équipements nécessaires pour les différentes
                                     analyses (cycle de vie ou coût global) sont mises à disposition sur une plateforme commune et
                                     régulièrement mises à jour.

                                           Une gestion par un organisme à but non lucratif

                                     Cette certification est décernée par un organisme à but non lucratif (ONG) qui réunit des
                                     experts indépendants et des volontaires dans les groupes de travail et les comités d’évaluation.

                                           Cette situation est très différente de celle des autres certifications, LEED, BREEAM et HQE
                                           étant des certifications à but lucratif d’une part et utilisées pour favoriser l’exportation ou la
                                           construction à l’étranger d’autre part (cette volonté d’exportation et d’aide à l’exportation
                                           est clairement affichée en ce qui concerne la certification HQE-Aménagement dans un
                                                                        5
                                           rapport du CGEDD de 2012) .

                                           Des formations pour diffuser le savoir-faire et partager une culture de l’évaluation

                                     Des formations sont proposées à destination de professionnels (maîtres d’ouvrage,
                                     gestionnaires de parc immobilier, architectes…) et d’étudiants (ces formations faisant partie du
                                     cursus universitaire sur les bâtiments durables).

                                     Treize modules sont définis : Architecture durable, Stabilité des valeurs immobilières, Confort
                                     et bien-être, Préservation des ressources, Efficacité énergétique de l’enveloppe, Concepts
                                     énergétiques, Gestion des équipements, Analyse de site, Analyse en coût global, Santé et
                                     substances dangereuses, Analyse de cycle de vie, Systèmes d’optimisation énergétique,
                                                           6
                                     Management de projet.

                                 4
                                   On remarquera par ailleurs que des banques (Crédit suisse, Commerzbank…) figurent parmi les membres de la DGNB.
                                 Pour l’analyse en coût global voir Coût global des bâtiments et des projets d’aménagement – Mode d’emploi (Edition Le
                                 Moniteur, 2013).
                                 5
                                   Voir Contributions des acteurs publics et privés à la conception et à la promotion de la ville durable au plan
                                 international, CGEDD, n° 008352-01 du 22 novembre 2012.
                                 6
                                   On remarquera que l’analyse du cycle de vie est bel et bien distincte de l’analyse en coût global (l’amalgame ou la
                                 confusion entre ces deux types d’analyse étant fréquent en France)

                                                                                           6
Avancement de la transcription
                                                                                                       par les Etats membres
  Ces formations ont pour objectif de contribuer au transfert d’un savoir-faire et de compétences,
  y compris en termes d’évaluation (méthodes et outils), au plus grand nombre, cette diffusion et
  ce partage contribuant à l’amélioration continue des compétences de l’ensemble de la
  profession et donc de la durabilité des bâtiments.

           L’échelle du quartier
  Une certification DGNB existe également pour les quartiers (« DGNB Core system for City
  Districts »). Celle-ci comporte 5 objectifs :
          la protection de l’environnement et la préservation des ressources ;
          la minimisation du coût global ;

                                                                                                               DIRECTIVE EPBD
          la santé, le confort et le bien-être des occupants et usagers ;
          la mobilité durable ;

          la promotion des démarches et technologies innovantes et de développement durable.

           Le développement de la DGNB

  La certification DGNB créée en 2008 en Allemagne a été adaptée au contexte danois et est
  aujourd’hui la certification utilisée au Danemark, principalement pour les bâtiments tertiaires
  et publics neufs. L’adaptation de la DGNB au contexte danois de la réhabilitation et pour
  l’échelle du quartier est en cours de finalisation. A ce jour 7 certifications ont été engagées au
  Danemark (dont 1 seule pour une grosse opération résidentielle): 4 bâtiments sont certifiés et
  3 sont en phase de pré-certification.

  En 2012, on comptait 44 bâtiments certifiés DGNB en Autriche, 5 au Luxembourg, 3 en Suisse, 2
  en Bulgarie, 1 au Canada et 1 en Hongrie.

  Remarques sur la DGNB

  La certification DGNB correspond à une véritable démarche de développement durable. Elle ne
  se réduit pas, comme très souvent en France, à une démarche concentrée sur la qualité
  environnementale, les impacts économiques et sociaux de cette qualité environnementale
  (comme la réduction des charges par exemple) justifiant l’utilisation du terme de
  « développement durable ».

  L’analyse du cycle de vie et l’analyse en coût global sont deux modules distincts et ont une
  place bien différenciée, tant dans la certification elle-même que dans les modules de
  formation.

Figure 2 : Comparaisons d’approche et d’analyse entre les certifications DGNB, LEED et BREAAM
Source : DGNB (allant du plus clair : pas traité au plus sombre : bien traité)

                                                                      7
Avancement de la transcription
par les Etats membres

                                 Fin 2013, environ 600 bâtiments étaient certifiés DGNB (En 2012, 285 bâtiments avaient été
                                 certifiés DGNB en Allemagne où l’on trouvait également 19 bâtiments certifiés BREEAM et 29
                                 bâtiments certifiés LEED).

                                  4) Evolution de la réglementation thermique
                                 La définition des exigences réglementaires du niveau NZEB est en cours d’approbation. Le draft
                                 de l’ordonnance d’économie d’énergie (EnEV-2014) suit la définition de l’EPBD et laisse le
                                 champ ouvert à une définition de le NEZB plus précise d’ici à 2020.
                                 En 2011, le gouvernement a initié une étude de marché pour identifier les pratiques et les
                                 barrières afin de définir une stratégie pour 2020. Le rapport estime que la méthode pratiquée
                                 dans le cadre de l’ordonnance d’économie d’énergie de 2009 est adaptée pour atteindre les
         DIRECTIVE EPBD

                                 objectifs du standard NZEB, car elle fournit une limite maximale à la consommation d’énergie,
                                 les pertes de transmission thermique et un seuil minimal d’énergies renouvelables et elle
                                 demande également un bon confort d’été.

                                 L’étude estime aussi que les innovations et les progrès permanents dans le secteur du
                                 bâtiment ont, depuis 30 ans, permis une constante réduction de la consommation d’énergie
                                 dans les bâtiments ; en prolongeant logiquement cette évolution, les nouveaux bâtiments
                                 devraient avoir en 2020 une performance énergétique meilleure de 50 % à celle de 2010. Ceci
                                 correspond à la performance du programme « KfW Effizienz Haus 40 » : celui-ci exige une
                                 consommation d’énergie égale au maximum à 40 % du standard EnEV 2009 et une perte de
                                 transmission thermique inférieure à 55 % à celle du standard EnEV 2009.
                                 En d’autres termes,

                                      l’ordonnance d’économie d’énergie EnEV-2009 fixe la consommation d’énergie
                                       maximale pour le chauffage à 55 kWh/m².an. La surface retenue est la surface de
                                       planchers.

                                      la valeur pour 2020 qui correspond au KfW Effizienz Haus 40 correspond à une
                                       consommation d’énergie pour le chauffage inférieure ou égale à 25 kWh/m².an.
                                 En conclusion, il n’y a pas d’obstacle insurmontable pour le NZEB et que le développement du
                                 marché peut aller vers cet objectif. L’étude note aussi que cet objectif ne préjuge pas de
                                 l’évolution réglementaire ; elle estime seulement que la NZEB est économiquement viable
                                 (« cost-efficient »).

                                 La révision actuelle de l’ordonnance d’économie d’énergie va sur la route du standard NZEB. Il
                                 est envisagé d’améliorer la performance énergétique de 12,5 % tous les deux ans et la qualité
                                 thermique de l’enveloppe de 10 % tous les 2 ans, ceci permettant d’atteindre graduellement le
                                 NZEB.
                                 Le gouvernement allemand a adopté un ensemble d’instruments afin d’augmenter de façon
                                 significative le nombre de bâtiment NZEB d’ici 2020 ; une des mesures phares est le
                                 programme de financement de la KfW.
                                                                  er
                                 Rappelons aussi que depuis le 1 janvier 2009, les nouveaux bâtiments ont l’obligation de
                                 recourir aux énergies renouvelables (« EEWärmeG ») dans les proportions suivantes : 15 % de
                                 la consommation en énergie solaire ou 30 % en biomasse gazeuse ou 50 % en biomasse
                                 liquide ou solide ou 50 % en énergie géothermale ou utilisant la chaleur ambiante.

                                                                              8
Avancement de la transcription
                                                                                                      par les Etats membres
2)       Autriche
 En Autriche c’est la construction neuve qui draine 70 % du marché et la politique du logement
 aidé est particulièrement forte. En 2011, 47 000 permis de construire ont été déposés, soit 5,5
 permis pour 1 000 habitants, ratio largement supérieur à la moyenne européenne (3,3).
 Le parc résidentiel est composé de 4,1 millions d’unités. 58 % des ménages sont propriétaires
 et 40 % sont locataires. 300 000 logements sont des appartements municipaux (dont 210 000
 pour la seule municipalité de Vienne) et 500 000 logements sont gérés par des LPHA (Limited
 Profit Housing Associations) équivalent du logement social en France (ce sont des logements
 aidés pour des ménages aux revenus modestes ou moyens). Les LPHA comprennent 190
 entreprises coopératives avec un parc total de 865 000 logements (locatif ou occupé par leurs
 propriétaires), soit 23 % du parc résidentiel total.

                                                                                                              DIRECTIVE EPBD
 L’Autriche se rapproche davantage du modèle français : la formation des architectes est plus
 axée sur le design que sur la technique, ce qui les incite moins à prendre en compte les
 problématiques d’efficacité énergétique ; la tendance est toutefois de compléter la formation
 initiale par une formation d’ingénieur, comme en Allemagne.

     1) Réglementation thermique
 Le Code de la Construction unifié au niveau des 9 Länder traite des principales exigences de la
 construction : force et stabilité mécanique, sécurité incendie, hygiène, santé et sécurité,
 protection contre le bruit, économies d’énergie et isolation.

 Mais le développement et la mise en œuvre du code de la construction sont de la compétence
 des Länder qui fixent les exigences minimales. Une harmonisation de ces exigences est
 organisée par l’institut autrichien de l’ingénierie de la construction (OIB).
 La problématique des économies d’énergie est traitée par la réglementation nationale. Depuis
 Janvier 2010, la consommation d’énergie des logements neufs pour le chauffage et l’ECS ne
 doit pas dépasser 66,5 kWh/m².an. Chacun des 9 Länder doit intégrer cette norme par une loi.
 Le Vorarlberg a adopté une norme plus contraignante de 55 kWh/m².an.
 L’Etat fédéral autrichien a aussi défini un projet de plan national conformément à l’article 9 (3)
 de la directive européenne 2010/31/EU. Ce projet comprend une définition du standard NZEB
 ainsi que quatre indicateurs à prendre en compte pour les années 2014, 2016, 2018 et 2020 :

        chauffage,
        demande d'énergie primaire,
        émissions de CO2

        efficacité totale (chauffage, ECS et électricité).
 Le projet inclut les nouveaux bâtiments et les rénovations lourdes. Les objectifs peuvent être
 atteints soit par une amélioration de la qualité thermique de l'enveloppe, soit par une
 utilisation accrue des énergies renouvelables. Ceci permet la mise en œuvre de stratégies
 différentes pour la réalisation des objectifs.

 Notons aussi que les certificats de performance énergétique (EPC), permettant de classer les
 bâtiments (de A++ à G), assignent à la classe A++ (haute efficacité énergétique) un niveau de
 performance comparable au standard NZEB, incluant une isolation thermale maximale, un haut
 niveau d’équipement pour réduire la demande et une offre en énergie renouvelables (solaire
 thermique ou PV).

                                                    9
Avancement de la transcription
par les Etats membres

                                 Performance requise pour la classe A++ équivalente à NZEB :

                                   - Consommation d’énergie de chauffage : ≤ 10 kWh/m².an (à adapter en fonction de la forme
                                 et de l’environnement du bâtiment, selon la règlement technique du bâtiment)
                                   - Consommation d’énergie primaire : ≤ 60 kWh/m².an
                                   - Emissions de CO2 : ≤ 8 kg CO2 / m².an

                                   - Facteur d’efficacité de l’énergie finale ≤ 0,55 (par rapport à une valeur de référence)

                                  2) Evolution réglementaire et labels passifs ou à énergie positive
         DIRECTIVE EPBD

                                 La définition des exigences réglementaires du niveau NZEB est donc en cours d’approbation.
                                 Pour l’instant, le code de la construction fait référence à la construction basse consommation
                                 ÖNORM 8118.

                                 Pour appuyer le développement du standard NZEB, un programme d’innovation des acteurs de
                                 la construction (www.hausderzukunft.at) ainsi qu’un programme de formation et d’éducation
                                 (www.bildung.klimaaktiv.at) sont mis en place.
                                 Un niveau de performance énergétique plus élevé est atteint avec le label « klima :aktiv » qui
                                 est une initiative de l’agence autrichienne de l’énergie en faveur du logement passif.
                                 Ce label décerne des labels or, argent ou bronze selon le nombre de points obtenus (max 1000)
                                 compte tenu du respect d’un certain nombre de critères obligatoires.

                                 L’analyse des projets porte sur :

                                      la conception et la construction (max 130 points)

                                      la performance énergétique (max 600 points)
                                      les matériaux de construction (max 150 points)

                                      le confort et la qualité d’usage (120 points).

                                 Le standard passif PassivHaus permet d’engranger un maximum de points concernant l’énergie
                                 et les émissions de gaz à effet de serre.
                                 Il y a aujourd’hui 340 bâtiments déclarés klima:aktiv en Autriche, essentiellement des maisons
                                 individuelles. Ce qui est peu mais l’Agence de l’Energie indique qu’il faut y ajouter 90% des
                                 maisons ayant le label PassivHaus qui sont aussi klima:aktiv (soit environ 10 000 logements de
                                 plus).

                                 Il existe aussi un standard privé de la société autrichienne pour l’immobilier durable
                                 (www.oegni.at).

                                  3) L’exemple du Vorarlberg
                                 La province du Vorarlberg est depuis 20 ans la référence dans le domaine de la construction
                                 selon les normes de la maison passive.
                                 Le Vorarlberg a fait du standard Passivhaus sa référence en matière de construction
                                 respectueuse de l’environnement. Le label s’applique à tous types de construction : logements,
                                 équipements publics et tertiaires. La construction bois contemporaine élaborée sur le savoir-
                                 faire de la province est aujourd’hui une « marque » du pays.

                                                                                10
Avancement de la transcription
                                                                                                  par les Etats membres
Cette politique est née dans les années 80, en réaction contre le nucléaire, et a abouti à une
démarche globale structurée, qui fixe les procédures, dispense les aides et est porté par une
structure d’accompagnement dotée de vrais moyens.
On cite comme principales clés du succès de cette démarche :
La définition d’objectifs concrets qui touchent directement à la qualité de vie et à l’économie
de la collectivité, de l’entreprise et du particulier.

La recherche et l’encouragement à l’exploitation optimale des ressources locales, en
l’occurrence le bois (et aussi la laine de mouton).
La définition d’une démarche constructive globale de laquelle ont découlé les évolutions
technologiques : les solutions techniques très pointues mise au point par les entreprises

                                                                                                          DIRECTIVE EPBD
locales en matière d’isolation, de ventilation, de régulation découlent de cette démarche.

L’exigence d’une précision absolue au niveau de l’élaboration du projet, plus rien ne pouvant
être modifié après la délivrance du Permis de Construire.

Les moyens mis en œuvre ont été cohérents dans la durée, avec notamment la pérennité des
mesures d’aide, leur évolution constante en fonction de l’évolution des technologies, une
organisation lisible et une absence de superposition de différents organismes compétents.

3)       Belgique
L’énergie dans les bâtiments est une compétence régionale. Aussi nous devons distinguer les
évolutions prises dans chacune des régions.

 1) Région bruxelloise
La décision finale de la Région de Bruxelles-Capitale a été publiée le 26 Mars 2013 comme un
amendement à la mise en œuvre régionale de la directive EPBD avec une mise en application
en janvier 2015.
A cette date, tous les nouveaux bâtiments publics et les logements devront avoir des niveaux
de consommation d’énergie pour le chauffage au standard de la maison passive.
Les exigences pour les bâtiments résidentiels sont :

        une consommation d'énergie primaire pour le chauffage, l'eau chaude sanitaire et les
         auxiliaires inférieure ou égale à 45 kWh par m 2 et par an ;
        un besoin net de chauffage inférieur ou égal à 15 kWh par m² et par an.

Certains écarts sont tolérés lorsque, en raison d'une mauvaise configuration ou d’une mauvaise
orientation du bâtiment, la performance énergétique ne peut pas être atteinte. Dans ce cas,
l'obligation pour les besoins de chauffage et la consommation d'énergie primaire sont
recalculées en tenant compte des caractéristiques urbaines spécifiques comme une mauvaise
compacité et / ou des apports solaires moins importants. Ce calcul utilise alors des paramètres
par défaut avec un coefficient U de 0,85 W/m².K pour les parties transparentes et de 0,12
W/m².K pour les parties opaques. Cette règle permet d'éviter que des bâtiments «malheureux»
nécessitent des investissements excessifs.

Une étude est actuellement en cours pour comparer les coûts du standard passif avec une
construction classique pour les logements collectifs.

                                                11
Avancement de la transcription
par les Etats membres

                                 Notons que la Région bruxelloise compte aujourd’hui près de 800 000 m² de bâtiments passifs
                                 en construction ou terminés, tertiaires et logements confondus.
                                 Enfin, plusieurs organismes de logements sociaux ont d’ores et déjà signé une charte les
                                 engageant à ne plus construire qu’au standard passif.
                                 Notons que le mouvement social a créé une clause de solidarité qui consiste à partager la
                                 baisse de charges issue des bâtiments passifs au profit des locataires habitant les logements
                                 sociaux plus énergivores.

                                     2) Région wallonne
                                 Un bâtiment dont la consommation d'énergie est quasi nulle se caractérise lors de sa
                                 conception par :
         DIRECTIVE EPBD

                                        des performances énergétiques pour l'enveloppe du bâtiment qui sont proches des
                                         normes des maisons passives ou qui y sont équivalentes,

                                        une   quantité d'énergie renouvelable permettant de couvrir une partie de la
                                         consommation.
                                 La norme «habitation passive» visant l'Europe centrale implique que le bâtiment soit conçu de
                                 sorte que ses besoins annuels ne dépassent pas 15 kWh/m² par an pour le chauffage et 15
                                 kWh/m² pour le refroidissement, ou qu'il soit conçu avec une charge de chaleur maximale de
                                        2
                                 10W/m .

                                 La consommation d'énergie primaire totale (énergie primaire destinée au chauffage, à l'eau
                                 chaude et à l'électricité) ne doit pas dépasser 120 kWh/m² par an.

                                 La Déclaration de Politique Régionale (DPR) du Service Public de Wallonie précise que :

                                 « En ce qui concerne les nouveaux bâtiments, toute construction respectera la norme « très
                                 basse énergie » à partir de 2014. Elle respectera la norme « passive » ou équivalente à partir
                                 de 2017. A partir de 2019, toutes les nouvelles constructions – en plus de la norme passive -
                                 devront respecter au minimum la norme « zéro-net » et tendre vers des bâtiments à énergie
                                 positive (production d'énergies renouvelables supérieure ou égale à la consommation
                                 d'énergie primaire non-renouvelable, sur base annuelle).

                                 Afin de montrer l’exemple, la Région wallonne appliquera dès 2012 ces normes pour tous les
                                 bâtiments publics ainsi que pour l’octroi de subventions, de dotations ou de toute autre forme
                                 d’aides en investissements immobiliers que la Région consent à d’autres organismes publics ou
                                 associés. »

                                 Dans l’esprit de la DPR, toute construction neuve tendra vers la norme « très basse énergie » à
                                 partir de 2014 tout en respectant au minimum les exigences Ew ≤ 60 et K ≤ 35.

                                 Evolution des exigences de performance énergétique pour les constructions neuves du
                                 secteur résidentiel
                                                         1/05/2010      1/09/2011      1/01/2014      1/01/2017      1/01/2019
                                 Ew (indice)             100            80             60             30             0
                                 Espec (kWh/m².an)       170            130            100                           0
                                 K                       45             45             35             ≤ 20           ≤ 20

                                                                              12
Avancement de la transcription
                                                                                                      par les Etats membres
Avec :

         Ew = Espec / Consommation annuelle d’énergie primaire de référence x 100
         Espec : consommation pour le chauffage, l’ECS, les auxiliaires et le refroidissement –
          (autoproduction d’électricité en énergie primaire solaire thermique, PV ou cogénération)
         K : coefficient d’isolation thermique globale calculé sur la base des déperditions
          thermiques des parois, de la surface totale de déperdition et du volume protégé

Les exigences pour 2017 et 2019 seront traduites dans un arrêté dès que le cadre
méthodologique pour calculer les niveaux optimaux en fonction des coûts des exigences
minimales en matière de PEB permettra de vérifier que la rentabilité est évaluée positivement.
Dans le cadre des maisons « passives », la dimension impact sur la santé des habitants sera

                                                                                                              DIRECTIVE EPBD
prise en compte et évaluée, en particulier pour tout ce qui concerne les systèmes de
ventilation.

          Sources :

-       SPW, Plan d’action NEZB en vue de la transposition de l’article 9 du Recast de la directive
        européenne relative à la performance énergétique des bâtiments.
-       Guide Bâtiment résidentiel de l’Université de Liège (CIFFUL)

    3) Région flamande
Le 29 Novembre 2013, le gouvernement flamand a donné sa définition du standard NZEB pour
les bâtiments résidentiels, les bureaux et les écoles, appelé BEN (« Bijna Energie Neutraal »).

La valeur de base est le calcul de la demande d'énergie primaire (E-Peil ou niveau E) qui
comprend les consommations pour le chauffage, le refroidissement, la ventilation, l'eau chaude
sanitaire et les auxiliaires (avec des bilans mensuels).

La Région Flamande considère que le standard NZEB doit au minimum satisfaire un niveau de
coût global optimum avec un minimum d’énergies renouvelables.

En 2008, le niveau optimal pour les constructions neuves était de E55 à E60. Pour les bâtiments
                                 er
résidentiels, il est passé au 1 janvier 2014 au niveau E 30 en incluant des énergies
renouvelables (solaire thermique, panneaux photovoltaïques, chaudière biomasse, pompe à
chaleur, connexion à un chauffage urbain avec EnR). La consommation d’énergie non
renouvelable est limitée à 30 kWh/m².an pour ces cinq usages et une production minimale de
10 kWh/m².an en énergie renouvelable est requise.

Une législation est en cours de préparation. Pour les bâtiments résidentiels comprenant plus
d'une unité de logement (et pour les écoles et les bureaux), il convient de faire un choix parmi
les six options suivantes :
1. Systèmes d'énergie solaire thermiques

2. Systèmes d'énergie solaire photovoltaïques

3. Biomasse (chauffe-eau, poêle ou unité de cogénération qualitative)
4. Pompes à chaleur

5. Raccordement au système de chauffage ou de refroidissement urbain

                                                 13
Avancement de la transcription
par les Etats membres

                                 6. Participation à un projet ayant trait à l'énergie renouvelable possibilité supplémentaire: ≥ 10
                                                                      2
                                 kWh d'énergie renouvelable par m de superficie utile totale (association d'un ou de plusieurs
                                 systèmes).
                                 Les exigences en matière de performances énergétiques (niveau E) sont 10 % plus strictes pour
                                 les bâtiments qui ne répondent pas aux exigences minimales en termes d'énergie renouvelable.
                                 La part minimale d'énergie renouvelable est incluse dans les calculs de niveau E.

                                 Notons aussi que la province d’Anvers applique depuis juin 2013 le standard de la maison
                                 passive à tous les nouveaux bâtiments publics et pour les grosses rénovations. Ceci rentre dans
                                 le Plan Climat de la province qui vise la neutralité carbone d’ici 2020.

                                     4) Standard NZEB à l’échelle de la Belgique
         DIRECTIVE EPBD

                                 Il n’y a pas encore de définition officielle du NZEB, celle-ci devant être définie d’ici 2020 (avec
                                 une première vision commune vers 2017).

                                 Une première tendance est que le bâtiment NZEB doit être caractérisé par un niveau de
                                 performance énergétique de l’enveloppe du bâtiment proche ou équivalent à celui du standard
                                 passif. Toutefois, un NZEB ne devra pas impérativement respecter l’ensemble des critères
                                 imposés par le standard passif étant donné leur caractère très contraignant pour certains types
                                 de bâtiments et/ou dans certaines localisations (orientations, apports solaires).

                                 En complément, au niveau de performance énergétique de l’enveloppe, une partie des
                                 consommations en chaleur/froid et en électricité pourra être couverte par des sources de
                                 production d'énergies renouvelables, l’ensemble caractérisant tout bâtiment NZEB.
                                 Un « Nearly Zero Energy Building » sera donc caractérisé au stade de sa conception par des
                                 performances énergétiques proches ou équivalentes de celles du standard passif au niveau de
                                 l’enveloppe et une part de production d’énergie renouvelable.
                                 Une seconde tendance vise à davantage se préoccuper de l’efficacité du système technique en
                                 construisant des bâtiments performants en énergie (basse consommation mais pas passifs) et
                                 en les associant à des équipements en énergies renouvelables plus importants.
                                 La Région bruxelloise est adepte de la première orientation, comme le confirme l’évolution de
                                 sa réglementation.

                                 Un outil d’évaluation de la performance énergétique des bâtiments (PEB) a été développé dans
                                 les trois régions. Il s’agit d’un outil mis à disposition gratuitement pour les architectes et les
                                 bureaux d’études pour s’assurer de la performance énergétique des projets.

                                 Note sur les énergies grises

                                 Un outil est en cours de développement qui sera conforme à la norme européenne.

                                         Source :
                                 -     Marny Di Pietrantonio, Maison Passive, Charleroi

                                                                                14
Avancement de la transcription
                                                                                                    par les Etats membres
4)      Danemark
 Le Danemark a transcrit les exigences de l’EPBD dans sa règlementation sur les bâtiments. En
 effet la règlementation thermique est une partie seulement de la règlementation sur les
 bâtiments, celle-ci comprenant tous les domaines concernant les bâtiments (neufs et existants),
 y compris ce qui, en France, est traité dans les documents d’urbanisme réglementaire.
 Une estimation de la part de sources d'énergie renouvelables dans le secteur de la construction
 est présentée entre 44 % et 51 % en 2015 et entre 51 % et 56 % en 2020.

     1) Une règlementation technique globale
 La réglementation thermique danoise en vigueur en 2014 date de décembre 2010. Elle est

                                                                                                            DIRECTIVE EPBD
 intégrée dans un document abordant toute la réglementation technique concernant les
 bâtiments quels qu’ils soient (résidentiels, tertiaire, de tourisme occasionnel, d’utilisation
 uniquement l’été, etc.) : « Building regulation » ou BR (BR10 pour la réglementation technique
 de décembre 2010).
 Cette réglementation évolue régulièrement, tous les cinq ans environ, en supprimant purement
 et simplement ce qui est obsolète (et en précisant en annexe les principales modifications par
 rapport à la réglementation précédente).

 Outre la réglementation thermique proprement dite, cette réglementation technique des
 bâtiments aborde - sur plus de 220 pages - différents domaines qui en France sont du ressort
 du PLU ou d’autres textes réglementaires ou législatifs (accessibilité ou incendie par exemple):

 1- Aspects administratifs tels que les modalités de demande et d’attribution du permis de
 construire, la démolition, l’autorisation d’occupation, les sanctions potentielles, etc. Le
 certificat de conformité doit s’appuyer sur différentes évaluations réglementaires qui attestent
 du respect de la réglementation dans son ensemble. Les collectivités n’ont donc pas besoin
 d’exiger des certifications complémentaires. Ceci n’est cependant pas une garantie suffisante
 pour les ménages, les entreprises de bâtiment se contentant souvent d’augmenter l’épaisseur
 d’isolant sans adapter le système constructif aux exigences de performance énergétique des
 bâtiments.

 2- Environnement bâti : taille des parcelles, COS, utilisation des sols, limites séparatives,
 distances entre bâtiment ou du bâtiment à la limite de la parcelle, nombre de niveaux, places
 de stationnement, aires de jeux, bâtiments annexes, bâtiments à vocation saisonnière ou
 touristique, etc.
 3- Accès (au bâtiment), accessibilité (aux personnes à mobilité réduite) et agencement de
 certaines pièces: taille minimale des couloirs, des portes, des WC et des salles d’eau
 comportant des sanitaires…
 4- Structure et enveloppe du bâtiment : conception du bâti et de sa structure, importances et
 performances des surfaces vitrées, humidité et durabilité, site, etc.

 5- Sécurité incendie (y compris accès aux pompiers et détecteurs de fumée),

 6- Confort intérieur et santé (température intérieure ; hygrométrie ; ventilation et qualité de
 l’air ; acoustique ; lumière naturelle et électricité)
 7- Consommation d’énergie selon les différents types de bâtiments, en cas de changement de
 destination ou d’agrandissement, isolation minimum.

                                              15
Avancement de la transcription
par les Etats membres

                                     8 – Equipements : distribution de chauffage, climatisation, ECS ; ventilation ; eau et
                                     récupération des eaux pluviales; chaudières, pompes à chaleur (PAC), panneaux solaires
                                     thermiques, panneaux photovoltaïques ; déchets ; ascenseurs ;
                                     Enfin de nombreuses annexes précisent :
                                          les modes de calcul
                                          ce qui a changé par rapport à la réglementation précédente,

                                          les obligations de l’ingénieur structures qui donne le certificat de conformité,
                                          le contenu des différents rapports obligatoires (certificat de conformité attestant du
                                           respect de la réglementation en vigueur dans son ensemble et permis de construire)
         DIRECTIVE EPBD

                                          des exemples concrets : cas où une réhabilitation énergétique est rentable (avec
                                           illustrations), pour la toiture, les murs, etc. avec précision des épaisseurs d’isolant
                                           nécessaires ; durées de vie moyennes des équipements (afin de calculer la rentabilité
                                           des travaux) : isolation de la toiture : 20 ans, chaudière : 30 ans... ; répartition
                                           recommandée des surfaces vitrées d’une maison individuelle : 26 % au nord, 41 % au
                                           sud et 33% à l’est et à l’ouest.

                                      2) Une réglementation évolutive
                                     La réglementation thermique danoise évolue régulièrement, comme la règlementation
                                                                    7
                                     technique dans son ensemble et précise à l’avance les niveaux d’exigence qui seront en
                                     vigueur dans les années à venir : plusieurs niveaux de performance sont définis et, à chaque
                                     fois, le niveau d’exigence minimum appelé « standard » est le premier niveau de performance
                                     défini dans la réglementation précédente.

                                     Cette connaissance permet aux entreprises et aux industriels d’anticiper les exigences du
                                     marché, de se former et d’élaborer les produits et techniques nécessaires. Ainsi industriels et
                                     entreprises sont censés éviter les malfaçons et les pathologies dans les bâtiments, demeurer
                                     compétitifs (ou renforcer leur compétitivité) et donc préserver l’emploi.

                                     En 2007, la réglementation thermique danoise de la construction (BR06) exigeait les niveaux
                                     de performance pour 4 usages           (chauffage, ventilation et auxiliaires de chauffage,
                                                  8
                                     climatisation et ECS) présentés dans le tableau ci-après.

                                     Classes de bâtiment selon leur niveau de performance énergétique selon la RT de 2006
                                     (BR06)
                                                                                                                                   2
                                     Classes de bâtiments                                         Performance en kWhep/m /an

                                     « Standard »                                                 70 + (2200/A)

                                     Basse consommation « class 2 »                               50 + (1600/A)
                                     Très basse consommation « class 1 »                          35 + (1100/A)
                                     A est la surface chauffée du bâtiment

                                 7
                                  La réglementation danoise a changé en 1998, 2001, 2006 (BR06) et 2010 (BR10).
                                 8
                                  Même s’il n’y a pas d’installation permettant la climatisation, si le calcul théorique estime que la température monte au-
                                 dessus de 26°C et donc qu’il y a besoin de climatisation, la consommation correspondante sera comptabilisée dans le
                                 calcul.

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