J J1JOURNALISTE D'UN JOUR - Jeux Paralympiques : le combat de Sandrine Martinet - L'Alsace
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Supplément spécial, réalisé par des lycéens. Ne peut être vendu. Mardi 4 octobre 2016
J1J
Le Premier
ministre
se met à table
JOURNALISTE D’UN JOUR Photo Patrice Saucourt/E.R. Page 33
Jeux Paralympiques :
Page 6
le combat
de Sandrine Martinet
DR2 JOURNALISTE D'UN JOUR Sport
« Être plus proches des concitoyens »
Elsa Schalck, vice-présidente de Bonne question ! (S’en suit un
la région Grand Est chargée de moment de recherche avec ses
la jeunesse et de l’orientation, a assistants - N.D.L.R.) Le nombre
accepté de répondre aux ques- de demandeurs d’emploi dans la
tions des reporters de J1J autour région Grand Est de 305 090
de cette nouvelle région agran- personnes. La moyenne nationa-
die et de l’avenir de ses jeunes. le est de 10 % environ.
Pourquoi le passage de l’Alsa- En Alsace, on était un peu en
ce à cette « grande Région » ? deçà mais dans le Grand Est, on
est à peu près dans la moyenne
C’était la volonté du gouverne- nationale. Ce qu’il faut voir, et
ment de fusionner les régions. c’est le chiffre le plus intéres-
La région Grand Est fait deux sant qu’il faut marteler, ce sont
fois la superficie de la Belgique les 25 % de chômeurs chez les
et regroupe 5,5 millions d’habi- jeunes français, un jeune sur
tants dont un million de jeunes quatre en France est au chôma-
de moins de 29 ans. ge, contre 7 % en Allemagne !
Vous voyez la différence ? Même
Y a-t-il un risque que les habi- si on ne peut pas comparer
tants se sentent éloignés de strictement, parce que l’Allema-
leurs représentants avec cette gne a un problème démographi-
région ? que…
Il va y avoir trois maisons : à Dans le Bade-Wurtemberg, juste
Strasbourg, Metz et à Châlons- Elsa Schalck, vice-présidente de la région Grand Est, entourée de deux jeunes à côté, ils sont quasiment en
en-Champagne. Mais il va aussi journalistes d’un jour. Photo J1J situation de plein-emploi ! Par-
y avoir douze agences territoria- ce que l’économie fonctionne
les pour être plus proches des en train d’analyser les besoins, région Grand Est comparée mieux, l’industrie fonctionne
concitoyens ; elles vont être les c’est pour cela que nous me- aux autres ? mieux aussi et donc du coup
interlocuteurs des acteurs sur le nons des rencontres avec les évidemment, ce sont des systè-
territoire. Par exemple, quand il jeunes, dans des lycées, dans La région compte 800 km de mes qui ne sont pas non plus
y a un problème dans un lycée, les CFA (Centres de formation frontière avec les pays voisins. Il comparables.
elles remonteront l’information des apprentis) pour savoir ce se dégage une thématique d’ap-
plus rapidement. C’est beau- que les jeunes attendent de la prentissage des langues étran- À l’heure actuelle, ils recrutent
coup plus simple et c’est notre région. gères et notamment de et il faut donc parler allemand.
responsabilité d’élus d’être effi- l’allemand. Nous menons aussi Et c’est ça l’enjeu !
caces. Quelle va être la prise en une politique régionale en fa-
charge des lycées par la gran- veur du bilinguisme. Deux chif- Nous, ce qu’on souhaite faire
Que fait la région Grand Est de région ? fres : en France, 25 % des jeunes par conséquent, et nous l’avi-
pour les jeunes ? sont au chômage alors que c’est ons déjà fait en Alsace, c’est
Ce qui importe à la Région, c’est 7 % en Allemagne. Il nous faut justement de favoriser la politi-
Nous avons déjà commencé par de donner toutes les bonnes mettre en adéquation l’emploi que en matière d’apprentissage
évaluer les dispositifs régionaux conditions d’apprentissage à d’un côté et le besoin de compé- de l’allemand et du bilinguisme.
qui existaient dans les trois nos lycéens et apprentis et donc tences de l’autre.
anciens territoires, où s’exer- équiper les lycées et les rénover. Propos recueillis par
çaient des politiques différen- Quel est le taux de chômage Antonios Azer-Ghutas
tes. Maintenant, nous sommes Quelle est la spécificité de la dans cette grande région ? et Ilias Lari
Ntilikina a tout l’avenir devant lui
Le 4 avril 2015 est une date impor- de haut niveau. Même s’il a décidé mes proches, ce qui me permet de
tante dans la carrière de Frank Ntili- de se consacrer entièrement à sa me changer les idées et de me res-
kina. Ce jour-là, à 16 ans, presque carrière. « J’ai arrêté les études à sourcer », souligne Frank Ntilikina.
17, il a fait ses grands débuts en l’obtention de mon bac S l’été der-
professionnel au Rhénus sous le nier. Le club avait mis en place un Pro depuis la saison passée, il sait
maillot de la SIG face à Boulogne. enseignement particulier me per- que la route est encore longue pour
Aujourd’hui, le Strasbourgeois est mettant de gérer les déplacements atteindre ses rêves. « Je veux aller le
un grand espoir du basket français, sportifs durant toute ma scolarité, plus loin possible. Je travaille pour
l’un des meilleurs joueurs de sa gé- ce qui m’a grandement aidé. Je sou- ça avec le soutien de ma famille et
nération. Son histoire avec la gros- haite tout de suite reprendre des des coachs ». Une ambition qui
se balle orange a commencé très études d’ici la rentrée 2017. » pourrait le mener à traverser l’At-
tôt. « J’ai débuté à l’âge de 5 ans, lantique pour rejoindre la mythique
raconte-t-il. À cette époque, je Aujourd’hui, sa vie est rythmée par NBA. Ses dernières apparitions aux
jouais au club de St Joseph à Stras- Frank Ntilikina lors du match entre la les entraînements, six à dix par se- États-Unis pour des entraînements
bourg, puis j’ai rejoint la SIG à 15 Sig Strasbourg et l’Asvel. maine, et les matchs. Le basket, devant des recruteurs et dirigeants
ans. » Photo L’Alsace/Jean-Marc LOOS rien que le basket. « J’ai très peu de de la grande ligue américaine ont
temps pour moi. Je me repose dès déjà fait beaucoup parler.
Il a gravi tous les échelons jusqu’à début de la saison. Il est pourtant que je le peux. J’essaye aussi de pas-
faire partie de l’effectif pro depuis le parvenu à lier ses études au sport ser un maximum de temps avec Alicia Ekembe et Marie-Lys FritschSport JOURNALISTE D'UN JOUR 3
L’équipe J1J de Strasbourg
Les élèves de première ES2 du lycée Louis Pasteur de Strasbourg. Photo Luc Sorgius
La classe de première ES2 du lycée Emma Chreif, Sébastien Djouder, dat, Jounaida Oufkir, Valentine Pe- Journalistes : Sonia de Araujo, Oli-
Louis Pasteur à Strasbourg a plan- Thomas Duhayon, Alicia Ekembe, tit, Eva Pfister, Yaser Safari, Gamze vier Arnal, Luc Sorgius.
ché, hier, sur le thème du sport à la Léo Felder, Yves Fossat, Marie-Lys Salim, Vléra Sinanaj, Sofyen Takali- Techniciens du lycée Charles Poin-
Maison de la Région. Fritsch, Claire Girolt, Inès Hamidi, ne, Inès Teixeira, Zinédine Traïkia, tet de Thann : Clément Verwaer-
Élèves de première ES2 : Salma Anissa Hamouten, Hindowa Kalo- Emilie Vu, Mylène Zimmermann. de, Nathan Host, Lucas Di
Archidi, Antonios Azer Ghutas, Ma- koh, Lucie Krum, Ilias Lari, Ilirijana Professeurs accompagnateurs : Pierdomenico.
thieu Bechard, Romain Bohnert, Memeti Sulejmani, Myriam Nkuti, Benoît Leclercq et Vincent Guine- Responsable de site : Jovan Veljko-
Rédoine Boulahtit, Karima Chouia, Florida Noudjenoume, Dylan Ouei- bretière. vic.4 JOURNALISTE D'UN JOUR Sport
Chevaucher une selle en salle
Vous aimez les sensations fortes ?
Faire du vélo en famille ou entre
amis ? Stride Strasbourg Indoor
Bike Park est l’endroit idéal. C’est
une immense salle pour vététiste
avec une superficie de 12 000 m².
Ouvert depuis le 9 septembre der-
nier, c’est le premier bike-park in-
door d’Europe. Il se situe dans le
quartier de Cronenbourg, au ni-
veau de l’ancien quai de la SNCF,
en plein milieu du centre-ville. Il
est donc très facile d’accès avec
l’arrêt de bus « Gare aux marchan-
dises » à quelques mètres.
Laurent Wintermantel, ancien prof
d’EPS, est l’un des quatre associés
de ce projet. Avec Géraldine Strub,
Gilles Andres et Eddy Vingatara- Laurent Wintermantel a créé avec trois amis le premier bike-park indoor d’Europe, qui a ouvert en septembre, rue
min, l’idée est venue lors d’un Chemin du Haut à Cronenbourg. Photo Inès Hamidi
brainstorming. Le bike-park Indoor
était une idée parmi tant d’autres. du vélo, c’est bien, mais quand il té vise un public large, familial, inconvénient en un atout et les
De leur passion commune, ils ont pleut ou qu’il fait nuit, on a pensé mais aussi des entreprises en cas architectes ont joué de ce décor
sélectionné cette idée après avoir qu’il faudrait un endroit en inté- de séminaire, des associations. Le atypique de voie de chemin de fer
fait une étude de marché : « Nous rieur », explique l’ancien profes- bike-park indoor peut également pour donner un effet « street »
avions en commun l’amour du vé- s e u r d ’ E P S. C o n ce r n a n t le accueillir des sorties dans le cadre (urbain, ndlr) à ce paradis des vété-
lo et l’étude du marché nous a financement, le porteur du projet solaire. tistes.
confirmé dans cette voie », racon- précise : « Il s’agit essentiellement
te Laurent Wintermantel. d’un prêt bancaire financé à hau- La salle est issue de la transforma- Rendez-vous pour l’inauguration
teur de 10 % par la région Grand tion d’un ancien quai de la SNCF. le jeudi 13 octobre.
Il n’existe aucun autre bike-park Est avec un investissement de Les quatre porteurs de projet ont
indoor en France. « En Alsace, faire 1,3 million d’euros. » Cette activi- transformé ce qui semblait être un Anissa Hamouten et Inès Hamidi
D’un ring à l’autre Le judo, mais pas seulement
On les croise tous les jours au lycée
Louis-Pasteur à Strasbourg. Ils
viennent toujours groupés, en Ve-
l’Hop, avec leurs gros sacs sur le
dos, un kimono qui déborde, on
pourrait même penser qu’ils dor-
ment avec ! Ils sont une vingtaine
et font souvent bande à part, mais
qui sont-ils ?
Parmi eux, Hugo Grandhaie, 19
ans, 1,94 m. Il est judoka au pôle
France du Creps de Strasbourg de-
Steeve Valente lors du championnat du monde de boxe thaï, à Strasbourg en puis sa 5e place au championnat
janvier 2011. Archives L’Alsace - Jean-Marc Loos de France cadets en 2014. Il re-
vient sur son parcours atypique.
Le Strasbourgeois Steeve Valente, bats en direct, qu’il a remportés, il a « Je jouais à un niveau départe-
entraîneur au club de SAK boxe Thaï pris sa retraite de boxeur profes- mental, informe le jeune homme.
Elsau, tire sa révérence. Il vient d’ar- sionnel. Il est actuellement coach Je rêvais de devenir footballeur
rêter la compétition à l’âge de 34 de six élèves ayant déjà combattu professionnel. Mais, suite à une Le Strasbourgeois d’adoption Hugo
ans, après 110 combats en vingt ans en Pologne, Azerbaïdjan et en blessure au dos à l’âge de 15 ans, Grandhaie (à droite), 19 ans, lors
de carrière, pour devenir entraîneur Thaïlande. L’un d’entre eux a rem- j’ai décidé d’arrêter le football et d’une compétition en mai dernier.
professionnel. Il a remporté dix ti- porté samedi un titre de champion de me consacrer à ma deuxième Photo L’Alsace/J1J Strasbourg
tres de champion de monde dans d’Europe dans sa catégorie en Suis- passion, le judo. »
quatre catégories « Pieds poings » se. Son travail avec les jeunes finit est compliqué de vivre du judo, il
différentes, le premier Français à par payer : « On a quatre titres de Il a bien fait. Son sport lui permet est donc essentiel de faire de bon-
réussir cette performance. champion de France, un titre de de voyager à travers le monde, nes études à côté », souligne Hugo
champion du Benelux et un titre de notamment au pays du judo, le Grandhaie. Pour lui, ça ne s’arrête
Sa dernière blessure date de 2013 : champion d’Europe datant de ce Japon, où il a effectué un stage en jamais. Son prochain grand ren-
« Je me suis cassé le tibia en Allema- week-end. » Autant dire que sa re- juillet ou encore en Espagne le dez-vous, c’est les championnats
gne lors d’un combat avec un grand conversion en tant que coach week-end dernier pour une compé- de France sénior de 1re division à
champion hollandais. » L’année « s’est très bien passée », comme il tition. Cela lui a donné la possibili- Montbéliard, les 12 et 13 novem-
suivante, il fait son come-back en le pense. té de rencontrer et même de bre prochains.
Thaïlande et gagne son combat. combattre contre Teddy Riner lors
Après avoir signé un contrat avec la Hindowa Kalokoh de sa préparation. Mais il ne négli- Zinedine Traikia
chaîne Canal + pour livrer trois com- et Redoine Boulahtit ge pas pour autant ses études. « Il et Romain BohnertSport JOURNALISTE D'UN JOUR 5
La Strasbourgeoise,
une vague rose pour prévenir
Cette année, la 7e édition de La
Strasbourgeoise se déroule diman-
che prochain et cette course à pied
de 5 km rentre dans le cadre du
mois d’octobre rose, organisé pour
la lutte contre le cancer du sein. La
manifestation regroupe une cour-
se 100 % féminine ainsi qu’une
marche mixte, également de 5 km,
au cœur de la ville de Strasbourg.
Le départ de la course à pied, qui
est une course officielle avec un
classement, aura lieu à 9 h 30,
route de Vienne, et nécessite la
présentation d’un certificat médi-
cal de "non contre-indication à la
pratique de la course à pied en
compétition". Pour y participer, il
faut avoir plus de 14 ans. En revan-
che, la marche, dont le départ est
programmé à 10 h à Rivétoile, ne
nécessite pas de certificat médical,
la seule condition est d’avoir au Elles étaient 20 000 participantes au départ de La Strasbourgeoise 2015. Archives L'Alsace/Jean-Marc Loos
moins 12 ans. Pour les enfants nés
après 2004, l’inscription n’est pas Les participants pourront retirer contre le Cancer. Ainsi, l’année femmes et toutes en rose », lance
nécessaire à condition d’être bien leurs dossards et les tee-shirts ro- dernière, plus de 80 000 € ont été Michael Lutz, organisateur de la
évidemment accompagné. Près de ses au village de La Strasbourgeoi- reversés à cette association ! Strasbourgeoise.
20 000 coureuses et marcheuses se, installé place Kleber à partir de « L’événement est très convivial, il
sont une nouvelle fois attendues jeudi. L’inscription est de 10 €, y a une belle ambiance, car plus de Emma Chreif, Sébastien Djouder
lors de cet événement. dont 4 € sont reversés à la Ligue 90 % des participants sont des et Thomas Duhayon
Un callenge complètement "foot"
Regards déterminés, crampons
aux pieds, chaussettes remontées
jusqu’aux genoux, les footballeu-
ses de la JSK (Joie Santé Koenigs-
hoffen) n’ont rien à envier aux
joueurs masculins. L’entraîneur
Sébastien Wollensack est en train
de les briefer sur le terrain. Pas de
différences notables avec les gar-
çons, si ce n’est peut-être une
majorité de cheveux longs atta-
chés.
Sébastien est entraîneur depuis
une vingtaine d’années. Il a com-
mencé à entraîner les garçons
débutants de 6 à 8 ans, puis ceux
de 13 ans et ensuite ceux de 15-18
ans. Il a également encadré des
hommes dans la catégorie se-
niors. Avant de prendre en charge
des filles, ce qui pour lui était « un
challenge très intéressant, beau-
coup plus que les garçons car elles
ont l’envie d’apprendre et sont Sébastien Wollensack (en haut à gauche), avec ses joueuses de la Joie Santé Koenigshoffen. Photo Karima Chouia
dévouées », fait-il remarquer.
bon coach est d’être appliqué plaisent pas dans ce qu’elles font. devient de plus en plus dur de
Par an, une vingtaine de femmes dans ce qu’on fait, avoir du res- Il y a également la vie de famille trouver des personnes qui ont en-
s’inscrivent par équipes. Sébas- pect envers les joueuses et récipro- qui est empiétée avec les déplace- vie de venir entraîner à leur tour ».
tien Wollensack a choisi ce métier quement, et avoir du plaisir en ments et le temps consacré au Mais ce n’est pas pour autant qu’il
d’encadrement sportif car c’est « venant faire les entraînements, foot. » regrette d’avoir fait ce métier : «
une passion » pour lui, il aime ce explique Sébastien. Le fait qu’elles Je viens avec plaisir à chaque
qu’il fait mais également trans- reproduisent les exercices qu’on a Sébastien Wollensack revient éga- entraînement je prends beaucoup
mettre le savoir de ce qu’il a fait durant l’entraînement, c’est lement sur l’évolution de sa pro- de mon temps libre pour me con-
appris quand il était jeune et ainsi une satisfaction. On ne peut pas fession : « Le métier devient sacrer au statut d’entraîneur. »
leur donner envie de pratiquer ce dire qu’il y a des inconvénients, difficile si les jeunes n’écoutent
sport. « Les qualités pour être un car ce serait dire qu’elles ne se pas, ce n’est pas agréable et ça Lucie Krum et Karima Chouia6 JOURNALISTE D'UN JOUR Sport
Une malvoyante en or
Sur le tatami, Sandrine Martinet des enseignements adaptés à ma
oublie son handicap. La jeune fem- cécité. J’ai été diplômée d’état en
me de 33 ans, originaire de Mâ- 2006.
con, est malvoyante depuis la
naissance car elle est atteinte Comment se déroule la pratique
d’achromatopsie, une maladie qui du sport chez les malvoyants en
l’empêche de voir des couleurs, général ?
elle ne perçoit que les contrastes.
Mais ses difficultés visuelles ne Un malvoyant peut rencontrer des
l’ont pas empêché d’atteindre la problèmes au départ, c’est-à-dire
plus haute marche du podium. dans l’apprentissage, à cause des
Judokate de très haut niveau, elle problèmes de contraste et de lumi-
a été médaillée à multiples repri- nosité, par exemple. Cependant,
ses entre 2002, l’année où elle l’adaptation peut être très simple
intègre l’équipe de France de han- au judo car, une fois sur le tapis, la
disport de la discipline, et 2008. vue n’a pratiquement plus d’im-
Cette maman de deux enfants, qui portance. Les personnes qui sont
exerce par ailleurs le métier de malvoyantes peuvent presque
masseur kinésithérapeute, est avoir plus de facilité au judo car Sandrine Martinet, malvoyante, a remporté la médaille d'or aux Jeux Paralym-
aujourd’hui championne paralym- elles développent des sens que les piques de Rio 2016. DR
pique 2016 dans la catégorie des voyants ne connaissent pas et
moins de 52 kg. donc appréhendent mieux les Le jour de ma victoire, je suis allée re au début afin de bien savoir où
mouvements de l’adversaire. dans les gradins rejoindre ma fa- il est et de pouvoir appréhender
Étant malvoyante, quel a été mille, c’était un moment très fort ses mouvements, à chaque inter-
votre cursus scolaire ? Qu’avez-vous ressenti lors de et émouvant. ruption de combat également. Un
votre victoire à Rio cette an- judoka malvoyant ne pouvant pas
J’ai eu une scolarité semblable à née ? Quelles différences entre la voir la sortie du tapis, l’arbitre
mes camarades. J’ai eu mon bre- pratique du judo entre les mal- doit dire « Jockey » pour avertir le
vet des collèges ainsi que le bac S. L’explosion de joie totale après voyants et les voyants ? judoka. Suite à cet avertissement,
Le bac en poche, j’ai débuté la une journée d’extrême concentra- ce dernier peut se situer.
faculté de biologie, mais sans don- tion. C’est la récompense de tout En compétition, un judoka mal-
ner suite. J’ai découvert en 2002 la mon travail. J’ai réalisé mon rêve voyant aura le droit de prise de Propos recueillis par
possibilité de faire des études de et je remercie toutes les person- garde installé, c’est-à-dire qu’il Ilirijana Memeti
kinésithérapeute et avoir accès à nes qui m’ont aidée et soutenue. aura le droit de tenir son adversai- et Florida Noudjenoume
La gymnastique, L’aviron, pour se tenir au courant
un sport au féminin L’aviron est un sport qui n’a pas
la cote chez les jeunes. C’est
pourtant une véritable alterna-
tive face aux sports tradition-
nels. Le Rowing club de
Strasbourg accueille de nom-
breux lycéens toute l’année. En
raison notamment de sa situa-
tion géographique privilégiée
puisqu’il est situé aux abords de
l’Ill à proximité du parc du
Heyritz et de plusieurs établis-
sements scolaires.
Pascal Johan, éducateur sportif
du club, explique qu’il entre-
La gymnastique reste un sport pratiqué principalement par les filles. Dessin J1J tient « des relations avec les
lycées grâce à sa structure de
Victoria Rodriguez, 33 ans, est un sa- six heures par semaine ». Il faut aus- proximité et [s’occupe] de l’ac- Pascal Johan est éducateur sportif au
cré bout de femme. Depuis qu’elle si suivre un régime alimentaire spé- cueil des lycéens dans les cours Rowing club de Strasbourg.
a 4- ou 5 ans, elle pratique la gym- cifique. « Et l’entraînement n’est pas de sport ». Il ajoute : « Un stage Photo Jounaïda Oufkir.
nastique artistique jusqu’à parvenir le même pour les hommes et les fem- de sport étude est proposé ainsi
au championnat de France. Un sport mes. Les agrès diffèrent. » qu’un autre dans le cadre de sport en pleine expansion. Le
qui « demande beaucoup de force l’UNSS aux collégiens en sec- taux de renouvellement des li-
physique mais aussi de force menta- Sur le lieu d’entraînement, les tion sportive. L’évolution du cences est correct car il est lié à
le », précise-t-elle. « À l’adolescence, grands absents, ce sont justement chiffre d’affaires est minime. Le une pratique diversifiée et à la
j’ai rencontré des difficultés car ce les garçons. Pourquoi une telle diffé- club ne fonctionne qu’en activi- création de groupes de niveau.
sport me prenait tout mon temps li- rence entre la pratique féminine et té payante pour les adhérents –
bre et j’avais des difficultés à me con- masculine ? « Ce qui repousse énor- les tarifs sont compétitifs –, et Le Rowing club présente de
centrer en classe. Puis, tout est allé mément les garçons, ce sont les as- donc seul l’UNSS fait l’objet nombreux avantages comme un
de mieux en mieux », confie celle qui pects artistiques de la discipline. » d’exception à but non lucratif. » accès à un plan d’eau sans
est l’une des entraîneuses du club de L’entraîneuse a remarqué une aug- courant. Voilà un club qui mène
Gym Concordia de Schiltigheim. mentation des inscriptions après les Afin de garantir la satisfaction bien sa barque.
Jeux Olympiques. des rameurs, le club utilise cha-
Pour avoir un bon niveau en gym, il que jour des méthodes variées Dylan Oueidat
faut s’entraîner « un minimum de Myriam Nkuti et Salma Archidi pour les faire progresser dans ce et Oufkir JounaïdaSport JOURNALISTE D'UN JOUR 7
Dan Added rêve en grand
Vous ne le connaissez peut-être tions lui donnent en effet la possi-
pas encore mais l’Alsacien Dan Ad- bilité de voyager au Costa Rica, au
ded, joueur pro de 17 ans, va Venezuela, en Colombie et dans
bientôt faire parler de lui. Depuis une vingtaine d’autres pays.
ses débuts à l’âge de 3 ans au TC
Ostwald, il n’a qu’un rêve : deve- Il s’appuie sur les aides de la fédé-
nir un grand joueur de tennis. ration française de tennis, des
« Mon objectif est de faire partie fonds de dotation d’aide au tennis-
du Top 10 mondial et de gagner un man et des sponsors pour vivre sa
grand Chelem », explique-t-il. vie de sportif de haut niveau. Mê-
me si ce n’est pas tous les jours
Il s’entraîne dur tous les jours avec facile. « J’ai gagné entre 2 500 et
son entraîneur Christophe Henry 3 000 euros sur le circuit pro mais
pour y parvenir et les résultats cela reste encore très insuffisant,
dans les catégories de jeunes sont notamment quand on compare ces
au rendez-vous. Il a remporté plu- gains au coût pour accéder au plus
sieurs titres de champion de Fran- haut niveau », lance Dan Added.
ce mais aussi trois tournois
internationaux juniors en simple Prochainement, le joueur du TC
et six en double. Aujourd’hui, il est Ostwald participera à plusieurs
classé 45e mondial junior. Il a éga- tournois internationaux qui se dé-
lement participé cette année à Ro- rouleront au Mexique et aux États-
land Garros et Wimbledon dans sa Unis. Le dernier mot revient à son
catégorie. entraîneur Christophe Henry.
« Dan doit cependant encore ap-
Et il voue une véritable passion prendre à mieux gérer sa frustra-
pour son sport. « Le jeu et l’adver- tion et la gestion des points
sité me plaisent énormément, sou- importants. Tout en se dévelop-
ligne Dan Added. De plus, les pant physiquement, ce qui lui per-
valeurs dont on a besoin pour pro- Photo prise par Dan Added avec Novak Djokovic, l’un des plus grands joueurs mettra de repousser ses limites… »
gresser sont très importantes com- Mondial, le 31 mai 2016 à Roland Garros à Paris. Photo J1J Une marge de progression impor-
me le travail, l’humilité et le tante et surtout une grande envie
dépassement de soi-même… » ses études, il vient d’avoir son bac tion compte tenu du volume des d’y arriver pour lui permettre de
ES en juin dernier avec mention entraînements et des nombreux s’accrocher à son rêve.
Durant ces quatre dernières an- bien, par le CNED (cours par corres- déplacements sur les tournois,
nées, l’Alsacien a géré à distance pondance). Presque une obliga- hors période scolaire. Ces compéti- Eva Pfister et Valentine Petit
Le Entzheim Handball arrive lancé
« Un rêve et un aboutissement ». existait déjà en 2015, évolue
C’est l’expression employée par maintenant en championnat. Le
Christian Schuster pour évoquer la but de notre club est de pouvoir
création du Entzheim Handball, prochainement monter des équi-
un club familial qui existe depuis pes d’enfants entre 9 et 17 ans ».
le 31 mars 2015. Ils ont déjà réussi à réunir sept
enfants (cinq de moins de 11ans
L'association est dirigée par « un et deux de moins de 13 ans) qui
président, deux vice-présidents, sont prêts à se lancer dans cette
un trésorier, un secrétaire et trois aventure.
assesseurs », explique Christian
Schuster qui a pris la présidence Dans le but d’attirer plus de mon-
du club : « C’était un rêve, depuis de, l’association familiale « initie
un long moment, de fonder cette les enfants au handball en leur
association avec mon beau-frère apprenant les bases, au cours de
». journées de découverte, comme
celle prévue le 1er mai 2017 »,
Elle compte donc au total huit note Christian Schuster. Ils ap-
membres à différents postes de prennent à connaître le sport en
direction. La particularité de l’as- naviguant entre les différents ate-
sociation est qu’elle est totale- liers d’initiation, encadrés par les
ment fondée sur le bénévolat, il joueurs de l’équipe première. Ce
n’y a aucun salarié. Rapidement, qui fait la singularité de ce club,
le club s’est démarqué. Christian Schuster (n°17) président du club, entouré d'une partie de l'équipe ce sont les fêtes à thèmes organi-
fanion. Photo L'Alsace / J1J Strasbourg sées pour de grandes occasions. «
« L'équipe masculine 1, qui existe La prochaine en date est prévue
depuis septembre 2015, a gagné fraises » et qui s'est déroulé le 11 derrière la « Mairie CUS » et a eu pour le 29 octobre, sur le thème
14 matchs sur 16 au cours de sa juin dernier. Il a opposé cette l'honneur de se voir remettre son d’Halloween », rappelle Christian
première année, ce qui lui a per- équipe « débutante » mais com- trophée par le maire d'Entzheim. Schuster. Les soirées sont enca-
mis de monter en division 1 », se posée de joueurs expérimentés, drées par les membres du club,
réjouit le président. Cette même précisons-le, aux équipes de l’AS Depuis septembre 2016, le club aidés de certains joueurs.
équipe a participé à un tournoi Mairie CUS, de Mutzig, d’Erstein, dispose également « d’une secon-
organisé par le club, qui a été de Gerstheim et d’Elsau. Entzheim de équipe masculine, se réjouit le Claire Girolt, Léo Feder
baptisé « Tournoi de la fête des Handball est arrivé deuxième, président. L’équipe féminine, qui et Yves Fossat8 JOURNALISTE D'UN JOUR Publicité
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L’équipe J1J de Sélestat
Les élèves de la classe de seconde littérature et société du lycée Marcel Rudloff de Strasbourg ont participé, hier, à l’opération Journaliste d’un jour à Sélestat.
Photo Armelle Bohn
Les élèves de la classe de secon- La classe : Arman Akgonul, Loui- Ntumba, Merve Ocal, Ouarda Responsable de site : Marie Le-
de littérature et société du lycée se Baas, Maxime Braun, Lina Omar, Martin Purcell, Rassoul roy.
Marcel Rudloff de Strasbourg ont Damraoui, Salim Elyaacoubi, Sa- Ragadajev, Hidaya Zeraci et Jen- Techniciens du lycée Charles
participé, hier, à l’opération muel Fahrati, Aylin Faycadi, Lu- nifer Zinsou. Pointet de Thann : Muhammed
Journaliste d’un jour sur le site cie Fevrillier, Lisa Guth, Lilya Professeurs accompagnateurs : Atmaca, Steve Eckert et Muham-
de la médiathèque de Sélestat. Hafner, Mohamed Khiat, Yohan- Agnès Hérique, professeur de med Kunduraci.
Ils ont planché sur le thème ne Koko, Maxime Laury, Farah français, et Kévin Béclié, profes- Journalistes : Armelle Bohn,
« société ». Michel, Julietet Michta, Steffie seur d’histoire-géographie. Aurélie Feix et Thierry Martel.10 JOURNALISTE D'UN JOUR Société
La face obscure des réseaux sociaux
D’après le site internet de l’agence « Les réseaux sociaux servent à
web Tiz, 550 000 personnes utilise- créer des liens entre les hommes et
raient Facebook chaque jour en à partager. Mais de nos jours, les
Alsace. Mais sont-elles toutes gens montrent trop leur intimité
conscientes des dangers auxquels sur les réseaux sociaux, ce qui
elles s’exposent en utilisant les ouvre les portes aux délin-
réseaux sociaux ? quants ». Il trouve aussi que c’est
un très bon outil de travail, très
Yadigar, jeune mère et femme au rapide où l’on peut trouver des
foyer de Sélestat, utilise Facebook, choses très intéressantes mais il
Instagram et What’s App quasi- faut tout de même faire attention
ment tous les jours. Selon elle, aux choses fausses. Parmi les déri-
« c’est un bon moyen pour com- ves d’internet, il y a les vidéos de
muniquer avec (sa) famille ». Elle propagande de l’organisation ter-
est l’exemple même d’une jeune roriste Daesh, la prostitution ou
femme de son temps, adepte des encore la pédophilie. « Pour les
réseaux sociaux. personnes mal intentionnées, les
réseaux sociaux, c’est une armure
Limiter le temps derrière laquelle on peut insulter
d’utilisation et dire n’importe quoi ». Mais par-
fois, ces propos dégradants peu-
Ce qui n’est pas le cas de Serge, Les réseaux sociaux sont notamment utilisés par les organisations terroristes. vent pousser des personnes
pré-retraité de 55 ans, qui n’a pas Photo Juliette Michta jusqu’au suicide.
internet, pas d’ordinateur alors
que sa famille utilise les réseaux D’après un gendarme de Sélestat, internet mais ne paye que par chè- Il y a aussi un danger que l’on ne
sociaux. « J’utilise le téléphone beaucoup de plaintes sont reçues ques, car les comptes en banque soupçonne pas : celui de l’isole-
fixe pour être en contact avec mes pour des escroqueries à la carte sont souvent piratés », indique-t-il. ment. Certaines personnes sont
proches », dit-il. Son ami Rostand, bancaire via Facebook. Pour un Ce fonctionnaire estime qu’il fau- plus présentes pour leurs amis sur
50 ans, trouve qu’internet est un fonctionnaire de mairie, internet drait limiter le temps d’utilisation les réseaux sociaux que dans la
bon accès de communication pour est un bon outil de travail et de pour qu’internet soit intéressant. vraie vie.
parler avec ses proches mais peut recherches - quand il fonctionne -
également être dangereux. « Il mais n’adhère pas aux réseaux so- Policier municipal, Marc pense Lisa Guth,
faut faire très attention avec son ciaux qu’il trouve dangereux. qu’internet est une bonne idée Salim El-Yaakoubi
utilisation », souligne-t-il. « Ma femme fait des achats par qui, avec le temps, a été déformée. et Juliette Michta
Un regard différent sur Hautepierre
Hautepierre est un quartier de les autres, ils n’y a pas de grosses
Strasbourg, construit dans les différences mise à part la mixité
années 1960. Comme d’autres des nationalités et la mixité socia-
quartiers de la capitale européen- le ». Et de rajouter : « Il ne faut
ne (Neuhof, Meinau, etc.), Haute- pas avoir un regard subjectif mais
pierre est associé à des a priori plutôt objectif vis-à-vis de Haute-
négatifs. pierre ».
Car malheureusement, on ne par- Pour Richard, agent de la SNCF
le du quartier que lorsqu’un fait d’une cinquantaine d’années, «
divers s’y déroule. Hautepierre est un quartier nor-
mal, avec quand même plus de
Une cinquantaine mixité par rapport à Sélestat ».
de nationalités Mais il ne pourrait pas y vivre car
il a grandi à la campagne, dans
Kalvin, Alek et Loïc, âgés d’envi- les environs de Sélestat.
ron 16 ans, sont scolarisés au
lycée Koeberlé de Sélestat. Pour Warda, 15 ans, habitante de Hau-
eux, « Hautepierre passe en géné- tepierre, décrit son « quartier » :
ral pour un quartier « chaud». La « Hautepierre est le quartier où
majorité des habitants sont des j’ai grandi, j’y ai passé toute ma
gens sans problème. Mais à cause petite enfance, pleine de couleurs
de quelques bagarres, de règle- et de vie. Hautepierre est riche en
ments de compte inter-quartiers, mixité mais aussi en lieux cultu-
les jeunes donnent une mauvaise rels : un centre socio-culturel, un
image d’eux, comme lorsqu’ils lieu d’accueil où parents et en-
s’adressent mal aux adultes fants se retrouvent». Un quartier
».d’une cinquantaine de nationa- vivant grâce à des fêtes culturel- Non, ce tag n'orne pas un mur de Hautepierre, mais de Sélestat.
lités différentes. les comme la fête du quartier et Photo Lina Damraoui
la fête de la jeunesse, où tous
Mais tout le monde n’est pas du les enfants se retrouvent autour Car peu de gens le savent, mais taine de nationalités différentes.
même avis. Delphine et Clarisse, d’activités ludiques et amusantes Hautepierre est l’un des quartiers
toutes les deux infirmières, ont et font part de leurs talents sur où la proportion de jeunes est la Lina Damraoui, Lucile Fevrilliez,
un regard plutôt positif : « Haute- une scène devant un public plus importante, avec une popu- Lilya Hafner-Boualiga
pierre est un quartier comme tous joyeux. lation composée d’une cinquan- et Warda Omar FarhaSociété JOURNALISTE D'UN JOUR 11
Le Sélestat culturel des jeunes
« Pour assister à des spectacles, « Sélestat, c’est calme, il n’y a pas
nous avons l’impression de devoir de foule », remarque une jeune
trop souvent prendre les trans- fille. Pour d’autres jeunes, le man-
ports en commun, afin de nous que d’activités reste un inconvé-
rendre à Strasbourg ou à Ober- nient.
nai », affirment plusieurs élèves
du lycée Koeberlé. Lorsque l’on in- Actuellement, les Tanzmatten pro-
terroge plus avant les lycéens de posent des one-man-show d’hu-
Sélestat, beaucoup estiment que moristes, comme avec Jean-Luc
peu d’activités culturelles leur Lemoine ou Baptiste Lecaplain. Ils
sont proposées dans la cité huma- monteront sur scène lors de la se-
niste. Cependant, est-ce la réalité ? maine de l’humour, qui se déroule-
ra du 12 au 30 novembre
Une offre culturelle prochains. Quelques jours avant,
variée le 2 novembre, le public pourra
écouter le groupe de pop/rock
En réalité, la ville de Sélestat ne français « Feu ! Chatterton ». Du
manque pas de ressources et fait cirque contemporain est aussi pro-
de nombreux efforts pour répon- grammé, le 22 octobre.
dre aux envies culturelles de cha-
cun. Elle dispose notamment En discutant avec les lycéens, on
d’une salle de spectacles – les Tan- remarque que durant leur temps
zmatten –, de deux bibliothèques, libre, les jeunes pratiquent beau-
d’un cinéma… Des festivals de mu- coup de sports, accessibles directe-
sique, de nombreux concerts, di- ment à Sélestat : football, basket-
verses expositions, ainsi que des ball, tennis, volley-ball, natation…
spectacles de danse et d’humour Les clubs de sport ne manquent
sont programmés tout au long de donc pas. Certains jeunes profitent
l’année. « Moi, je vais aux Tanz- De nombreuses activités culturelles sont proposées à Sélestat. aussi des activités organisées par
matten, indique un élève de pre- Photo Louise Baas leur lycée, comme les rencontres
mière. C’est pas mal, car ils ont sportives de l’UNSS, le club de
même parfois des artistes con- relle insuffisante. Cependant, pour déroulent dans les villes et les villa- théâtre ou encore le club de musi-
nus… ». Bien que certains lycéens eux, pas besoin de tout avoir sur ges alentours. Parmi ceux qui esti- que.
profitent des avantages de la ville, place. Les jeunes Sélestadiens pro- ment que Sélestat est peu animée,
beaucoup y trouvent l’offre cultu- fitent aussi des événements qui se certains y trouvent là un avantage. Louise Baas et Stephie Ntumba
Vivre sa jeunesse, une question de goûts
Les adolescents de Sélestat ont-ils mort, ainsi que des bottes mon-
des goûts différents de ceux de tantes en cuir.
Strasbourg et ce, en matière de
mode vestimentaire, de musique La plupart des interviewés ne prê-
ou de consommation ? tent pas une attention particulière
au physique, mais à l’état d’esprit
La question a été posée à douze et à la maturité de leur entourage.
élèves rencontrés devant les lycées Sur le plan musical, Samuel et
Schwilgué et Koeberlé. Laure écoutent principalement du
rap, comme la plupart des jeunes
Samuel et Laure, en classe de pre- interrogés. Tandis que Margaux et
mière au lycée Schwilgué, ont le Tanguy apprécient essentielle-
profil parfait des adolescents ac- ment le rock, le métal et l’électro.
tuels : ils portent des baskets de
marque, les filles sont vêtues de On a pu remarquer que sur les
leggings, et beaucoup discutent douze lycéens interviewés, seuls
ensemble, une cigarette à la main. deux ne fument pas.
Sorties, réseaux La nuit, ils sortent pratiquement
sociaux… tous, pour aller faire la fête et
s’amuser avec leurs amis. Les ré-
et cigarettes seaux sociaux sont aussi bien pré-
Contrairement à eux, Tanguy et sents dans les activités des jeunes,
Margaux, élèves au Koeberlé, ont notamment Instagram et Snap-
une apparence singulière. chat.
Les cheveux de la lycéenne sont Questionnés sur leur avenir, les Tous les styles sont dans la nature. Photo Farah Michel
bleus, son sac de cours est orné de douze lycéens indiquent vouloir
pin’s et de patchs à l’effigie de faire leurs études ailleurs, comme de la petite taille de la cité huma- mêmes codes et les mêmes prati-
groupes de métal. à Strasbourg ou dans une autre niste et le manque d’activités cul- ques que les jeunes de Strasbourg.
grande ville de France. turelles qui pourraient les
Tanguy, lui, porte une veste mili- intéresser. Au final, il apparaît que Farah Michel, Martin Purcell
taire, une bague avec une tête de La raison : ces jeunes se plaignent les adolescents de Sélestat ont les et Maxime Laury12 JOURNALISTE D'UN JOUR Société
Kebab or not kebab ?
La restauration rapide attire un
public nombreux chaque jour. À
Sélestat, on compte au moins
une dizaine de restaurants ke-
babs au centre-ville. Pourquoi
une telle concentration au cen-
tre-ville ?
Deux gérants d’établissements,
tous les deux situés rue des
Serruriers, livrent leurs impres-
sions sur cette situation. Depuis
13 ans, Ismaïl Durmaz tient le
restaurant Durmaz Döner.
Le restaurant a beaucoup de
succès grâce à la présence de
trois lycées de taille importante
au centre-ville ou proches du
centre-ville (le lycée Koeberlé, le
lycée Schwilgué et le lycée
Schweisguth). Les lycéens sont
de fidèles consommateurs et
viennent plusieurs fois par se-
maine. Ismaïl est heureux de Le Pique-Nique Kebab a pour voisin d’en face le Durmaz Döner. Photo Mohamed Khiat
vivre à Sélestat mais avoue que
« si j’avais pu m’installer autre une ville attractive avec de nom- tués face à face) puisqu’il y a une sent et il est très facile de faire
part, je serai parti dans une breux commerces. » L’activité du dizaine de restaurants de ce ty- connaissance avec les clients. Ce
grande ville comme Strasbourg, restaurant bat son plein tous les pe. mode de consommation alimen-
voire Paris ». midis grâce à la population étu- taire est très demandé et a enco-
diante, aux employés et aux Mais ils sont heureux de vivre re de beaux jours devant lui dans
Golak Mukaddet est la femme du ouvriers qui travaillent au centre. dans cette ville de taille moyen- la cité humaniste.
gérant du restaurant Pique-Ni- Les deux gérants reconnaissent ne où tous les clients sont très
que Kebab. La famille est conten- qu’il y a beaucoup de concurren- aimables. La ville est plutôt peti- Mohamed Khiat
te de sa situation : « Sélestat est ce (leurs établissements sont si- te, tous les habitants se connais- et Ragadaiev Rassoul
L’argent, un sentiment de liberté
À Sélestat, comme ailleurs, les jeu- West. Une paire de chaussure
nes n’ont pas toujours d’argent de Yeezy coûte aux alentours de
poche. La plupart des lycéens n’en 1 000 € car c’est une marque qui
ont pas. Alexie, Emma, Lucie et ne fait que des éditions limitées.
Jeanne qui ont toutes les quatre 15 D’autres jeunes gardent leur ar-
ans n’en reçoivent pas. Mais les gent pour aller faire leur shopping
parents de quelques-uns comme dans de plus grandes villes comme
Hugo, 15 ans ou Lucas 16 ans Strasbourg, en effet, les magasins
donnent un certain montant par présents à Sélestat ne les satisfont
mois. pas.
Linda a des parents divorcés, du Peu de jeunes de Sélestat ont une
coup ce sont ses deux parents qui carte bancaire, Lisa 16 ans en pos-
lui donnent de l’argent chaque sède une. « Depuis que j’ai ma
mois. carte, mes parents me font un
virement bancaire, c’est plus sim-
Cet argent de poche est utilisé ple. Je reçois encore de l’argent de
généralement pour des choses de poche de temps en temps, à Noël
la vie quotidienne, par exemple, ou à mon anniversaire, mes
Loïc consacre son argent de poche grands-parents m’en donnent »,
pour acheter des vêtements, des explique l’étudiante au lycée pro-
chaussures, ou bien de la nourritu- fessionnel. Pour les lycéens, rece-
re car il mange souvent dehors voir de l’argent de poche donne un
avec ses amis au döner ou bien des sentiment de liberté, « on peut
dans des fast-foods. Un jeune qui a Les jeunes qui ont de l’argent de poche utilisent ce dernier pour acheter des faire ce qu’on veut, si on veut
souhaité garder l’anonymat a con- choses de la vie quotidienne. Photo Arman Akgonul manger à tel endroit plutôt qu’à
fié qu’il utilisait une partie de ses un autre, on peut choisir, sans que
sous pour se procurer des substan- Lors des virées shopping des habi- chaussures des marques Nike ou les parents soient derrière nous »
ces illicites. tants dans la cité humaniste, la Adidas. Gwenaëlle, 15 ans, quant à explique Martin. L’argent de poche
plupart des jeunes sont attirés par elle, préfère les chaussures Asics. serait donc le début de l’indépen-
Un autre a révélé qu’il économi- des grandes marques comme Alek Une jeune fille a adopté une paire dance.
sait l’argent que ses parents lui et Kalvin, 16 ans, qui orientent de chaussures « Yeezy » qui est la
donnaient « au cas ou ». leurs choix vers les vêtements et marque du célèbre rappeur Kanye Arman Akgonul et Yohanne KokoCulture JOURNALISTE D'UN JOUR 13
L’équipe J1J Colmar
L’équipe J1J du lycée Camille See sur le site de Colmar. Photo Pierre Gusz
Les élèves de Terminal stmg mar- Arnaud Hail, Haris Halilovic, Antoi- hann Weber, Amélie Wilhelm, Véronique Berkani, Jean-Paul Frey,
keting du lycée Camille See (Col- ne Hug, Élodie Isambourg, Omer Kubilay Zavotcu. Pierre Gusz, Florence Huber (res-
mar) : Kezik, Aurore Meyer, Florian Mille- ponsable du site).
Anissa Assi, Quentin Baermann, cam, Alexandra Noll, Héloïse Poi- Les accompagnateurs : Amal Kad-
Jawad Bahassou, Ouissem Baziz, rey, K i l l i a n Ro h m e r, Ve s n a douri, Frédérique Quieti. Élèves techniciens du lycée Char-
Mélissa Beker, Jérémi Bickel, Sa- Schneider, Serxhio Serjanaj, Nico- les Pointet (Thann) : Mike Bar-
muel Birgy, Ludovic Bruchmann, las Stintzy, Sarah Wagner, Lou- L’équipe du site J1J de Colmar : doux, Mallory Nussbaum.14 JOURNALISTE D'UN JOUR Culture
Rap américain :
plus fort que le rap français ?
À la différence des rappeurs
français, les artistes de rap amé-
ricain semblent avoir l’habitude
de travailler de manière collecti-
ve. Ils ont un esprit d’équipe et
le prouvent à travers des dis-
ques communs et des tournées
incluant plusieurs têtes d’affi-
che. Une tournée commune des
artistes Snoog-Dog, Kendrick La-
mar, Eminem et Dr Dre, ainsi
qu’un album commun, ont par
exemple été annoncés.
Il existe plusieurs projets menés
par différents artistes comme
What a time to be alive qui
incluent des chanteurs tels que
Drake et Future. Des projets ont
également été menés avec des
rappeurs tels que Young Thug et
Migos ou Fetty Wapp et French
Montana.
Vente massive Eminem, l’une des légendes du rap américain. DR
de disques
d’exemplaires de son dernier mixtape A des années-lumière New York. C’est un mouvement
Le rap américain est représenté album qui s’intitule Views aux avec les deux frères Hayce Lemsi culturel urbain, c’est-à-dire
par de nombreux artistes com- États-Unis. et Volt Face ; ou encore la tour- qu’au-delà de l’expression
me Eminem, Lil Wayne, Drake née CDC3 Tour de La Fouine, qui « danser », le hip-hop rassemble
ou encore d’autres qui, aujour- Et bien évidemment le « God » s’est entouré de Sultan, Fababy, trois grands pôles : musical
d’hui, sont considérés comme du rap américain, Tupac Shakur, Canardo, Kamelancien, etc. (rap, ragga), corporel (break
des légendes : Tupac (ou 2pac) a vendu plus de 38 millions de dance, smurf, hype) et graphi-
et Biggie. Ces derniers ont mar- disques aux États-Unis et près « Débrouillardise que (tag, graff). L’étymologie du
qué l’histoire du rap par leur de 75 millions dans le monde intelligente » mot hip signifie la débrouillardi-
style et par la vente massive de entier. se intelligente et hop signifie
disques : 225 millions d’albums À l’origine, le rap fait partie du « aller de l’avant ».
vendus en dix ans dans le mon- En France, le public n’a pas style de musique appelé hip-
de entier pour Eminem ; Drake a vraiment le droit à ce genre de hop. Celui-ci apparaît vers la fin Textes : Kubilay Zavotcu
vendu plus de 3 millions choses… Seules exceptions : la des années 70 aux États-Unis, à et Jawad Bahassou
StabyStab : « Le rap a évolué »
Nous avons interviewé un beat- qu’avant on écoutait du rap Old
maker (un beatmaker est une school, c’était le meilleur style
personne qui crée des instrumen- de musique qui existait, mainte-
taux N.D.L.R.), un rappeur col- nant ça a changé.
marien dont le nom de scène est
StabyStab. Après, il y a les puristes qui
restent sur le style de rap Old
Vous écoutez plus du rap fran- School, mais moi je pense qui
çais ou du rap américain ? faut écouter sa musique en fonc-
tion de son temps et de ce qu’on
J’écoutais plus de rap américain a envie d’écouter maintenant.
avant que maintenant. Comme
la musique d’ASAP Rocky, Emi- Est-ce que la mentalité dans le
nem et plein d’autres. J’écoute rap français est meilleure que
toujours du rap américain, mais dans le rap américain ?
moins que du rap français.
Pour moi, c’est la même parce
Penses-tu que le rap soit mieux que les rappeurs français vont
qu’avant ? copier sur le rap américain, leurs
gestes, leurs signes, le « dab » tu
Comme je l’ai dit juste avant, le vois des choses comme ça. Du
rap a évolué, ce que je veux dire coup on ne peut pas dire que
par là c’est qu’on écoute un l’un est meilleur, c’est simple-
certain genre de musique à la ment une histoire de goûts musi-
période que l’on veut c’est-à-dire StabyStab, jeune beatmaker et rappeur colmarien. DR caux.Vous pouvez aussi lire