" Kallo Karayé " - On est Ensemble - NIGER : CONFLICT SCAN - Search for Common Ground

 
" Kallo Karayé " - On est Ensemble - NIGER : CONFLICT SCAN - Search for Common Ground
NIGER : CONFLICT SCAN
                     « Kallo Karayé » - On est Ensemble
                                                    Diffa

                                            OCTOBRE, 2017

Aboubacar Moutari                       Sahirou Garba Lawali       Maartje Hofs
Program Director                        Project Coordinator        DM&E Technical Assistant
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     Search for Common Ground | NIGER
" Kallo Karayé " - On est Ensemble - NIGER : CONFLICT SCAN - Search for Common Ground
Conflict Scan | Octobre 2017

Table de Matières
Acronymes ............................................................................................................................. 3
Résumé exécutif ..................................................................................................................... 4
I.     Contexte.......................................................................................................................... 6
       1.      Introduction.................................................................................................................................. 6
       2.      Conflict Scan ................................................................................................................................. 6
       3.      Méthodologie ............................................................................................................................... 7

II.    Les Résultats ................................................................................................................... 8
       1.      Conflits liés aux Ressources .......................................................................................................... 9
       2.      Conflits liés à la délinquance et au banditisme .......................................................................... 11
       3.      Conflit entre Eleveurs et Agriculteurs ........................................................................................ 13
       4.      Violences Basées sur le Genre .................................................................................................... 14
       5.      Spécificités par site ..................................................................................................................... 15
       6.      Mécanismes de Paix ................................................................................................................... 16

III.        Conclusions .................................................................................................................19
IV.         Recommandations ......................................................................................................19
V.          Annexes : ....................................................................................................................21
       Annexe 1 : Termes de Références ...................................................................................................... 21
       Annexe 2 : Carte de la répartition des personnes déplacés dans la région de Diffa : ........................ 30
       Annexe 3 : Données sur les répondants du Conflict Scan .................................................................. 31

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" Kallo Karayé " - On est Ensemble - NIGER : CONFLICT SCAN - Search for Common Ground
Conflict Scan | Octobre 2017

Acronymes
FGD                     Focus Group Discussion
UNHCR                   Haut Commissionnaire des Nations Unies pour les Réfugiés
KII                     Key Informant Interview
PDI                     Personnes Déplacées Internes
Search                  Search for Common Ground

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Conflict Scan | Octobre 2017

Résumé exécutif
Le projet et le Conflict Scan
Le projet « Kallo Karayé » (On Est Ensemble) est une initiative mise en œuvre par Search for
Common Ground et financé par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés qui a
comme but de promouvoir le leadership et l’engagement des populations vers une meilleure
résilience communautaire à Diffa et poursuit 2 objectifs spécifiques : (1) promouvoir la
coexistence pacifique et la cohésion sociale avec les communautés locales, et (2) renforcer et
intensifier l’engagement communautaire en faveur de la protection. C’est dans ce cadre qu’un
Conflict Scan (une étude rapide de conflits) dont l’objectif est de fournir des informations
concernant les conflits et tensions des sites pour des décisions programmatiques d’acteurs œuvrant
sur les zones d’intervention a été effectué.
La méthodologie
Le Conflict Scan est basé sur une approche qualitative avec des discussions de groupes – Focus
Group Discussion, et des Key Informant Interviews. La recherche a eu lieu sur 4 différents sites :
Kablewa ; Garin Wanzam ; Nguigmi ; et Kindjandi. Les Focus Groupes Discussions ont ciblé trois
groupes principaux de participants : 32 réfugiés nigérians ; 33 personnes déplacées ; et 32
populations hôtes. Les Key Informant Interviews, quant à eux, ont ciblé de manière individuelle
des acteurs clés dans chaque site d’intervention dont : 4 leaders traditionnels ; 4 acteurs
gouvernementaux ; 4 acteurs des forces de sécurité ; 6 leaders communautaires ; 4 représentants
de jeunes ; 13 représentants de différents groupes ethniques ; et 8 femmes leaders. En total l’étude
a ciblé 140 personnes.
Les conflits identifiés
C’est à partir de ces entrevues que le Conflict Scan a identifié 3 conflits récurrents qui sont
directement liés au niveau d’insécurité et de précarité sur les 4 sites : (1) les conflits liés aux
ressources ; (2) les conflits liés à la délinquance et au banditisme ; et (3) les conflits entre
éleveurs et agriculteurs. L’ordre d’importance de conflits est le même pour 3 sites, Garin
Wanzam, Nguigmi et Kindjandi. Seul le site de Kablewa note les conflits entre éleveurs et
agriculteurs comme plus important que les conflits liés à la délinquance et au banditisme. La
majorité des tensions ressortie de ce Conflict Scan existaient déjà avant le déplacement des
populations, cependant le déplacement ajouté à un contexte déjà très fragile a fait que les tensions
et les conflits s’accentuent considérablement. Les résultats soulignent que ces tensions ont conduit
à des formes de violence extrême, y compris des morts. Les confrontations peuvent encore
s’aggraver et dégrader la situation sur les sites. De plus, les violences basées sur le genre est un
thème récurrent dans les 4 sites où on voit que les femmes souffrent davantage des conflits que
d’autres groupes.
Les recommandations

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Conflict Scan | Octobre 2017

Afin d’éviter ceci et afin de pouvoir faire en sorte que les différents intervenants dans les sites
restent sensibles au conflit et n’aggravent pas la situation, nous recommandons les actions
suivantes :
   1. Les organisations offrant de l’aide humanitaire et de distributions de bien doivent
      impérativement s’assurer d’une distribution juste. De plus, ces acteurs doivent s’assurer
      que le processus de ciblage et de distribution soit transparent. L’information sur la
      distribution doit être clairement communiqué par les organisations.
   2. Les autorités locales ainsi que les comités en places, soutenu par les acteurs du groupe de
      travail WASH, doivent s’assurer de la bonne gestion continuelle des points d’eau.
   3. Les organisations internationales spécialisées dans la gestion et transformation de conflits
      comme Search doivent continuellement soutenir un renforcement de capacités d’acteurs
      clés des sites et des communautés en gestion de conflits. Afin de pouvoir faire face à
      l’échelle des tensions sur les sites plus d’interventions sont nécessaires. De plus, ces
      organisations doivent promouvoir des gestions non violentes de conflits et tensions dans
      les sites. Un accent particulier doit être de donner des outils aux parents pour pouvoir gérer
      et résoudre les conflits entre jeunes.
   4. Pour remédier au grand nombre de tensions qui existent et le manque de cohésion sociale,
      des activités communautaires qui lient les différents segments de population doivent être
      organisés. Ces activités peuvent accroitre les interactions positive et la confiance entre
      communautés afin de rapprocher les différents groupes et de passer de la confrontation et
      la méfiance à une cohabitation pacifique.
   5. Afin d’avoir une meilleure gestion de conflits, il faut des médiateurs communautaires et
      non des médiateurs externes. La médiation doit être conduite par les leaders des
      communautés, les leaders religieux et traditionnels ainsi que les autorités administratives
      et coutumières.
   6. Les comités communautaires pour la paix doivent être continuellement soutenu pour
      assurer leurs efficacité et pertinence au niveau des sites d’intervention.
   7. Des mesures pour protéger les femmes contre les violences basées sur le genre doivent
      être renforcées. Les populations et les autorités doivent être davantage sensibilisées sur des
      mesures qu’ils peuvent prendre pour prévenir ces violences.

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Conflict Scan | Octobre 2017

    I.      Contexte
    1. Introduction

Le projet « Kallo Karayé » (On Est Ensemble) est une initiative mise en œuvre par Search for
Common Ground (Search) et financé par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les
Réfugiés (UNHCR) Niger qui a comme but de promouvoir le leadership et l’engagement des
populations vers une meilleure résilience communautaire. Ce projet vise à impliquer et à
responsabiliser davantage les communautés réfugiées et les populations hôtes dans le cycle
programmatique de l’action humanitaire en poursuivant 2 objectifs spécifiques :

OS1 : Promouvoir la coexistence pacifique et la cohésion sociale avec les communautés
locales ;

OS2 : Renforcer et intensifier l’engagement communautaire en faveur de la protection.

Ce projet est de 12 mois et cherche également à établir une communication à double sens avec les
communautés ciblés pour répondre aux défis de la cohésion sociale et à l’amélioration des
conditions de vie des populations. Search a adopté une démarche proactive afin de maîtriser de
manière continue la compréhension générale du contexte et travaille en étroite collaboration avec
les autres acteurs humanitaires pour identifier leurs besoins en communication. Il s’agit ici de faire
remonter aux acteurs opérationnels des informations pertinentes et régulières sur les risques de
délitement de la cohésion sociale et la perception des interventions afin de réajuster les approches
et rendre l’aide plus efficace.

    2. Conflict Scan

Dans ce but, Search a conduit un Conflict Scan pour mieux connaître les communautés avec
lesquelles nous travaillons. Le Conflict Scan est un outil qui permet aux experts de Search de «
prendre la température » sur les tensions et les problèmes des communautés des 3 à 4 derniers
mois. Dans ce projet, l’objectif global du Conflict Scan est de fournir des informations concernant
les conflits et tensions des sites pour des décisions programmatiques d’acteurs œuvrant sur les
zones d’intervention. C’est à partir de ceci que deux objectifs spécifiques étaient formulés :

1. De mieux comprendre les déclencheurs de conflits, les conflits actuels dans les zones
   d’intervention et les acteurs qui jouent un rôle dans ce conflit.
2. De fournir des recommandations claires sur une approche sensible aux conflits pour les acteurs
   œuvrant sur les zones d’intervention.

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Conflict Scan | Octobre 2017

      3. Méthodologie1

Le Conflict Scan est basé sur une approche qualitative avec des discussions de groupes – Focus
Group Discussion (FGD), et des entretiens individuels clés – Key Informant Interviews (KII). La
recherche a eu lieu sur 4 différents sites : Kablewa ; Garin Wanzam ; Nguigmi ; et Kindjandi. Ces
sites ont été choisies pour les 2 raisons suivantes : (1) les sites présentent des tensions et des conflits
existants observés par le groupe de travail protection et (2) ces sites ont une grande présence d’aide
humanitaires d’acteurs internationaux.
Trois groupes principaux de participants ciblés des FGDs constituait au total : 32 réfugiés nigérians
; 33 personnes déplacées ; et 32 populations hôtes. Les KIIs, quant à eux, ciblaient des acteurs clés
dans chaque site d’intervention sélectionné, et au total : 4 leaders traditionnels ; 4 acteurs
gouvernementaux ; 4 acteurs des forces de sécurité ; 6 leaders communautaires ; 4 représentants
de jeunes ; 13 représentants de différents groupes ethniques ; et 8 femmes leaders. Le tableau ci-
dessous présente l’ensemble des FGDs et des KIIs par site et le nombre participants désagrégé par
genre2 :
                   Site               Kablewa     Garin Wanzam       Kindjandi    Nguigmi     Total
                   # de FGDs                  3                  3            3           3      12
                   # de femmes                9                  6           12           6      33
                   # d'hommes                16                 18           12          18      64
                   Number of KIIs            11                 11           10          11      43
                   # de femmes                2                  2            2           3          9
                   # d'hommes                 9                  9            8           8      34
                   Total                     36                 35           34          35     140

Les données recueillies ont alors été analysées par site, par type de cible et par question de
recherche pour pouvoir faire une analyse ensuite par type de conflit. Les données ont été
juxtaposées afin de trouver les informations les plus pertinentes et partagées par les différents
groupes ciblés et par conflit. Nous avons ensuite attribué un code couleur par conflit identifié pour
pouvoir connaître leurs niveaux de sévérité et de risques potentiels pour le futur. Le vert signifie
qu’il n’existe pas de conflits et/ou tensions significatives, l’orange signifie conflits et/ou tensions
présentes qui peuvent devenir violentes et peuvent davantage menacer la paix et la stabilité, le
violet signifie qu’il y a des conflits violents qui ont lieu de manière sporadique et le rouge signifie
que des conflits sévères peuvent éclater.

1
    Une méthodologie plus robuste et détaillée se trouve dans les Termes de Références en annexe 1
2
    Plus de détails sur les participants au Conflict Scan se trouve en annexe 3

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Conflict Scan | Octobre 2017

      II.      Les Résultats

Depuis 2015, la région de Diffa dans le sud-est du Niger a été continuellement affectée par des
attaques de Boko Haram. En mai 2017, Diffa compte plus de 127,000 personnes déplacées internes
(PDI) et 106,100 refugiées qui font face à des risques de protection majeur3. L’insécurité et les
conditions de vie de ces populations affecte le niveau de stabilité et de sécurité. Les tensions et les
conflits violents sur des sites de réfugiés et de déplacés persistent. Le Conflict Scan a pu identifier
3 tensions et conflits récurrents qui sont directement liés au niveau d’insécurité et de précarité sur
les 4 sites : (1) les conflits liés aux ressources ; (2) les conflits liés à la délinquance et au
banditisme ; et (3) les conflits entre éleveurs et agriculteurs. Le graphique ci-dessous indique
les différents types de conflits que les participants ont mentionné et le nombre de fois que ceux-ci
ont été mentionné. Les conflits liés aux ressources (conflit autour de l’accès à l’aide humanitaire
et à l’accès à l’eau) ont été mentionnés 67 fois, suivi des conflits liés aux délinquance et banditisme
qui ont été mentionnés 38 fois. Les conflits entre éleveurs et agriculteurs ont été mentionnés 32
fois. Finalement, un dernier type de conflit noté comme ‘autre’ a été mentionné 15 fois. Ce conflit
regroupe principalement d’autres conflits qui ont été mentionnés par les participants comme des
conflits religieux et les représailles liées à l’adultère, cependant celles-ci ne sont pas mentionnées
de manière récurrente pour les afficher en tant que conflit appart.
                                  39

                                                      38

                                                                           32
             28

                                                                                       15

         CONFLIT          CONFLIT     CONFLIT LIÉ AUX CONFLIT ENTRE AUTRES TYPES
        AUTOUR DE       AUTOUR DE      DÉLINQUANCE     ÉLÈVEURS ET DE CONFLIT (EX.
     L'ACCÈS À L'AIDE L'ACCÈS À L'EAU ET BANDITISME AGRICULTEURS     RELIGIEUX)
       HUMANITAIRE

Les résultats sont d’abord présentés par 3 grands types de conflits mentionné ci-haut, puis une
attention particulière est donnée aux violences basées sur le genre avant de présenter une analyse
plus globale par site ciblés sont aussi faites et des mécanismes de paix des différents sites.

3
    Selon les données de la DREC/M-R, Niger. Publication des données le 10 mai 2017

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Conflict Scan | Octobre 2017

    1. Conflits liés aux Ressources

La distribution d’aide humanitaire
Durant les FGDs et les KIIs dans les 4 sites, chaque catégorie de répondants a mentionné qu’il
existe des tensions autour de la distribution d’aide humanitaire. Les répondants ont mentionné que
ces tensions se créent dès le ciblage des personnes en besoins d’aide et à l’enregistrement des
personnes. Cette même tension se développe encore plus lors des distributions d’aide humanitaire.
Un leader traditionnel à Garin Wanzam indique qu’il y a une discrimination au niveau des coupons
de référence qui est due à un mauvais ciblage dès le départ. Ceci ne se présente pas uniquement au
niveau de la distribution des vivres mais sont aussi liés à d’autres types d’assistances de différentes
organisations présentes dans les sites. Même si tous les répondants ont témoigné de leur
reconnaissance vis-à-vis de l’aide des différentes organisations sur les sites, ils en ont également
mentionné aussi l’effet négatif. Certains répondants ont même dit qu’au cours du processus de
distribution, ils observent un certain favoritisme pour certains groupes spécifiques, comme certains
groupes ethniques. A Kindjandi un répondant, représentant Haoussa, indique que « quand les ONG
interviennent, au moment de la distribution entre Haoussa et Boudouma, on donne plus
d’importance au Boudouma ». Ceci est aussi le cas à Garin Wanzam où le leader communautaire
dit que « les différences surviennent lorsqu’il s’agit de procéder à la distribution des kits ou autres
types d’assistance ».

L’accès à l’eau
Les tensions autour des besoins humanitaire rejoint un autre problème : celui de l’accès aux points
d’eau. Sur tous les sites, des problèmes autour des conflits et tensions au niveau des points d’eaux
ont été notés durant les différents entretiens. À Kindjandi, un participant a déclaré que
« l’insuffisance accrue de l’eau est ce qui crée des tensions entre les différentes communautés qui
doivent vivre de l’eau sur le site ». Plusieurs répondants ont mentionné que des femmes et des
enfants se disputent au niveau des points d’eau. Comme l’indique un leader communautaire à
Kablewa « la distribution non équitable et le manque d’eau engendre des bagarres entre les femmes
». Ce sont souvent les femmes qui partent aux points d’eau, c’est pour ceci que c’est elles qui ont
des confrontations par la suite.

De plus la gestion de ces points d’eau, partagés avec les animaux, est aussi un point de tension.
Les participants ont mentionné que parce qu’il n’y avait pas de gestion des points d’eau les
animaux et les populations utilisaient les mêmes points d’eau, il y avait un certain manque de
mesures d’hygiène qui par la suite est la cause de maladies. Les propriétaires des bétails sont alors
vu comme responsable du manque d’hygiène au niveau des points d’eau créant des tensions entre
différentes communautés.

Compte tenu de la situation très précaire et sensible des habitants des sites, les tensions autour des
besoins primaires comme l’aide humanitaire ou de l’eau peuvent devenir des facteurs déclencheurs
de conflits latents. Des confrontations même physiques ont alors lieux autour des points d’eau où

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Conflict Scan | Octobre 2017

certaines personnes prennent des mesures pour faire part de leurs frustrations. Certains groupes se
sentent d’origine déjà marginalisés, ou victime d’injustice et se sentent encore plus frustrés lors de
la distribution humanitaire ou lorsqu’il y a un manque d’eau. Les participants ont mentionné que
le conflit était dû à la mauvaise distribution des ressources, mais mettaient la faute sur des groupes
qui sont historiquement et culturellement perçu comment leur opposé. Dans ce cas c’est soit une
autre ethnie ou groupe social (par exemple PDI et/ou réfugiés) et les relations entre ces groupes se
dégradent encore plus. C’est comme ça que ces frustrations alimentent ainsi des tensions latentes
entres différents groupes.
L’impact du conflit
Ces tensions ont un impact important sur la cohésion sociale, puisque les différents groupes se
voient comme adversaires et accusent l’autre. Même si certains groups étaient déjà opposés, la
situation actuelle fait qu’ils s’accusent mutuellement. La majorité des répondants ont dit que les
conflits et tensions qui se développent au niveau de l’aide humanitaire et des points d’eau
engendrent plus de confrontations violentes. Comme l’indique un leader communautaire à
Kablewa, « l’insuffisance des points d’eau peut entrainer des conflits violents ainsi que le mauvais
ciblage pendant la distribution de vivre ». Ceci engendre une rupture plus profonde au niveau du
tissu social entre les groupes qui se confrontent.
Les sites ont aussi vu des problèmes de santé survenir due au manque d’hygiène autour des points
d’eau. Les répondants ont mentionné que l’hépatite E et le paludisme ont considérablement
augmenté du fait des problèmes d’eau. Le leadeur traditionnel de Kindjandi y rajoute que « Le
manque des châteaux d’eau crée le désordre, le manque d’emploi crée la frustration, le manque de
caniveaux pour les ordures et les saletés crée les maladies, et le manque de sensibilisation sont
ceux ce qui crée la méfiance ». Il montre que la situation de vie sur les sites a aussi des impacts
bien particulier affectant les communautés.
Risques
Les tensions peuvent s’intensifier et les confrontations violentes entre les différents groupes
augmenteraient. Ceci peut réellement fracturer la cohésion sociale et la cohabitation pacifique au
niveau des sites qui sont à la base déjà très fragile.
L’instabilité ne cesse de s’accentuer.                       Conflits Liés aux
                                                                Ressources
Le Code de Couleur du conflit pour les conflits liés            Tensions et Confrontations
aux ressources est Orange. Il y a des tensions qui              Violentes
existent et même des confrontations violentes lors              Fréquence Régulière
des distributions d’aide ou autour des points d’eau.            Risques Considérables
Ces tensions, qui comportent en soi un certain
nombre de risques, peuvent aggraver la fracture au
niveau de la cohésion sociale qui existe déjà.

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Conflict Scan | Octobre 2017

    2. Conflits liés à la délinquance et au banditisme

La délinquance et le banditisme
Le deuxième conflit retenu durant la recherche est celui lié à la perception du comportement de
certains jeunes dans les sites. Les répondants des différents sites disent que les jeunes font partie
de bandes ‘des Fada’s’ ou ‘des Palais’, qui ont des confrontations physique et violentes entre eux.
Les répondants ont aussi mentionné que ces groupes sont facilement influencés à prendre part à
d’autres actes délinquants comme des vols, des viols, et la destruction des biens. A Garin Wanzam
le leader traditionnel a mentionné que « le désœuvrement des jeunes, attirés par la tentation, se
livrent à des actes répréhensibles, d’où leur propension à s’engager dans les conflits violents ».
Une femme leader de N’Guigmi ajoute aussi que ces « conflits entre jeunes sont à cause des
drogues, et des conflits des filles sont à cause des garçons et inversement ». Un répondant,
représentant de Kindjandi mentionne que c’est « le manque d’emploi des jeunes et la mauvaise
éducation » qui pousse les jeunes vers la violence. Une femme leader de Kindjandi a rajouté que
ce comportement est également entraîné par « des raisons d’insécurité économique ». Les
participants mentionnent que c’est la consommation de drogues, le manque d’éducation, le manque
de sensibilisation, le manque d’emploi et l’ignorance qui causerait les jeunes à commettre des actes
violents sur les sites.
Ceci ne veut pas pour autant dire que tous les vols ou actes violents sont causés par des jeunes.
Cette recherche ne permet pas de faire cette distinction, et il est important de comprendre les
nuances et complexités qui concernent les jeunes et la violence sur les sites. Les répondants aux
FGDs et aux KIIs ont aussi mentionné qu’il y a beaucoup de vols au niveau des sites – non liés
aux jeunes - et que ceci amène beaucoup d’insécurité et de méfiance sur les sites et entre les
habitants. Comme le dit un répondant acteur gouvernemental de Garin Wanzam « les vols
récurrents c’est tout simplement parce que les gens n’ont pas d’activités génératrices de revenus
et vivent dans l’extrême pauvreté ».
L’impact du conflit
Il y a quatre impacts important à noter avec le conflit concernant la délinquance et le banditisme.
Premièrement, ceci accroît l’insécurité au niveau des sites. Comme il y a une perception
d’augmentation de crimes violents, les habitants voient leur sécurité décroître. Un acteur
gouvernemental de Garin Wanzam rajoute à ceci « il y a méfiance au sein de la communauté, et
des peurs de représailles ». Certaines personnes commettent des actes ou sont accusées d’avoir
commis certains actes (que ce soit vols, destructions de biens, ou autre). Ces personnes sont alors
eux-mêmes victimes de représailles par d’autres membres de la communauté qui sentent une
certaine injustice. Ceci engendre un cycle vicieux d’actes individualistes violents affectant le
niveau de sécurité de chaque habitant du site.

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Conflict Scan | Octobre 2017

Deuxièmement, les jeunes sont de plus en plus marginalisés puisqu’ils sont perçus comme
acteurs de certains conflits. Un leader traditionnel note que « l’inconscience des enfants drogués
nuit à la quiétude sociale ». Les jeunes sont perçus de manière négative (drogués, auteurs de
conflits, inconscient, ignorant…) dans les sites ciblés. Ceci stigmatise davantage les jeunes qui se
sentent exclus et marginalisés. Cette marginalisation augmente la frustration des jeunes envers les
communautés ce qui fragilise encore plus la cohésion sociale entre eux.
Troisièmement, les conflits entre les jeunes ont un impact bien particulier qui ne se limitent
pas aux jeunes. Lors des FGDs et KIIs les répondants ont mentionné bien souvent que les conflits
entre jeunes/enfants remontent jusqu’aux parents, et particulièrement aux mères, qui se mêlent des
conflits concernant leurs enfants et ont alors des confrontations violentes entre elles. Une femme
leader de N’Guigmi le mentionne clairement comme des conflits entre les femmes à cause des
enfants. Les répondants ont ainsi témoigné que des familles entières ont coupé tout lien de
communication entre elles à cause des bagarres opposant des enfants. Nuisant encore une fois à la
cohésion sociale dans les sites.

Finalement, les conflits deviennent des conflits ethniques. Dans ces situations fragiles, toute
querelle (incluant les tensions autour des ressources mentionnées ci-haut) peut engendrer des
conflits de plus grande ampleur, pouvant avoir un impact important sur les liens communautaires
et la cohésion sociale. Chaque acte violent entraîne un degré supplémentaire de méfiance envers
d’autres groupes. On voit cela dans les confrontations entre les groupes ethniques présents sur les
sites. Par ailleurs, un leader traditionnel de Kindjandi mentionne que les tensions peuvent
dégénérer et devenir des conflits ethniques ou de clans.

Risques
La marginalisation plus accrue des jeunes peut les pousser davantage vers des groupes violents,
voire même extrémistes. Le banditisme chez les jeunes peut devenir plus fort, et accentuer
davantage l’insécurité. Il se peut aussi que certains groupes de personnes entrent dans des
confrontations violentes pour des règlements de comptes. Selon un représentant des jeunes à
Kindjandi il y a des sérieux risques qui peuvent se posés si les jeunes continuent à manquer de
travail car ils auront de plus en plus tendances à aller vers la délinquance, le vol, et les violences
aux femmes.

Le Code de Couleur du conflit pour les conflits       Conflits Liés à la Délinquance et au
liés à la délinquance et au banditisme est Orange.    Banditisme
Il y a des tensions qui existent et même des                 Tensions et Frustrations
frustrations palpables au niveau des populations.            Importantes
                                                             Risques Considérables
Ces tensions comportent intrinsèquement un
certain nombre de risques, notamment une                     Fréquence Régulière
fracture au niveau de la cohésion sociale, une
marginalisation accrue des jeunes et la possibilité
d’un développent du banditisme plus important.

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Conflict Scan | Octobre 2017

    3. Conflit entre Eleveurs et Agriculteurs

Le conflit entre Eleveurs et Agriculteurs
Le conflit entre éleveurs et agriculteurs n’est pas un conflit lié à la situation particulière des sites,
mais un conflit latent qui reste violent et qui impacte les habitants. En effet, les répondants aux
FGDs et aux KIIs ont dans la majorité mentionnée que le conflit entre éleveurs et agriculteurs
comme un conflit qui resurgit dans les sites. De même ils ont mentionné que c’est un conflit qui
est bien souvent violent. Un leader traditionnel de Kabléwa a mentionné qu’il y a un conflit entre
éleveurs et agriculteurs, qui est devenu très violent parce que ça a entrainé 4 morts sur place et
quelques blessés graves. Le manque de terrain et de ressources entraine le bétail à entrer sur les
terrains des agriculteurs, détruisant la récolte de l’agriculteur. Ces évènements entrainent une
frustration chez les agriculteurs qui voient leurs récoltes détruites et décident de se venger. C’est
un conflit qui existe depuis bien longtemps au Niger et particulièrement à Diffa mais qui s’amplifie
dans des contextes fragiles comme celui-ci.
Le manque de terrain et d’eau pour tous les habitants est un facteur clé du conflit entre éleveurs et
agriculteurs, aggravé par l’arrivée des personnes déplacées ou réfugiées. Ces derniers, par manque
de terrain, campent sur les terrains des agriculteurs, accentuant le conflit existant et/ou en créant
de nouveaux. Un représentant, Kanouri de Kindjandi ajoute que puisqu’ « ils sont sur les champs,
empêchant la cultivation, ceci peut engendrer plus de conflits. »
De plus, la situation précaire des habitants dans et autour des sites fait que toute tension ou conflits
latents peuvent prendre une ampleur considérable. Ceci est visible dans les conflits dit ‘ethniques’
que les répondants mentionnent. Il y a des tensions entre ethnies qui existaient avant le
déplacement actuel de population. Ces tensions se sont dégradées puisque la situation est devenue
encore plus précaire et que les différents groupes se méfient mutuellement. La cohésion sociale
entre certaines communautés était déjà fragile avant le déplacement actuel de population. Ce
déplacement a fait que le peu de ressources qu’il y avait à partager est encore plus rares et par
conséquence cette situation fragile amplifie les méfiances entre les communautés. Ce sont des
facteurs qui déclenchent des conflits latents sur les sites.
L’impact du conflit
Les conflits entre éleveurs et agriculteurs ont déjà éclaté en confrontations violentes dans le passé,
et le font encore aujourd’hui. Ces conflits apparaissent souvent autour de la saison pluvieuse qui
est autour d’août/septembre puisque c’est aussi là où les récoltes se font. Comme dans les conflits
précédents, la méfiance, le manque de confiance, le manque de communication entre les différents
groupes fait qu’il n’y a pas de cohésion sociale et pas de cohabitation pacifique sur les sites. Il y a
un manque de confiance et de communication entre les différents groupes.
Risques

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Conflict Scan | Octobre 2017

Même si des mécanismes de résolutions sont mis en place, les tensions et les conflits entre le
groupes continuent. Si ces conflits ne sont pas
                                                        Conflits entre Eleveurs et
atténués, des affrontements plus graves
                                                        Agriculteurs
peuvent encore surgir.                                  Tensions et Confrontations
                                                              Violentes
Le Code de Couleur du conflit pour les conflits
                                                              Fréquence chaque année
entre Eleveurs et Agriculteurs est Violet. Il y a
des tensions et des confrontations violentes                  Risques Considérables
même meurtrières de manière sporadique
depuis longtemps. Due à la situation de
sécurité et le manque de ressources les
différents groupes rentrent davantage en
confrontation.

    4. Violences Basées sur le Genre

Dans tous ces conflits, tensions, et confrontations les femmes sont les victimes. Les FGDs et les
KIIs ont montré que les femmes sont vues comme les victimes. Les femmes sont particulièrement
                      vulnérables à toutes ces dynamiques et conflits. Les FGDs et les KIIs ont
                          montré que la violence basée sur le genre, les viols et les violences
       Violences          domestique sont considérable au niveau des sites. A Garin Wanzam
       Basées sur         65%% des participants ont mentionnés des violences contre les femmes
        le Genre          lorsqu’ils parlaient de conflits et de tensions, à Kablewa c’était 50%, à
      récurrentes        Kindjandi 47% et N’Guigmi 42%. Un acteur gouvernemental de Garin
                        Wanzam mentionne spécifiquement les violences domestiques comme un
type               de conflit violent : « les problèmes conjugaux au sein des foyers parce que nous
recevons des femmes tabassées régulièrement ». Tous les entretiens ont souligné que les femmes
sont victimes de violence. Dans les 4 sites on voit que les participants ont mentionné les violences
basées sur le genre (viol, enlèvement, violences domestiques, maltraitance, abandon, battues)
comme un conflit à part entier. Les femmes et les filles souffrent davantage du manque de
sécurité. Les violences basées sur le genre ne sont peut-être pas dans ce contexte mais néanmoins
cette analyse démontre un conflit appart entier. Cependant on note ces violences comme des
conséquences très néfastes du manque de sécurité et de protection dans les sites. Ces violences
sont notées par le Code de Couleur Rouge puisque les femmes souffrent de manière continuelle
des violences et des conflits sur les sites.

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Conflict Scan | Octobre 2017

         5. Spécificités par site4

Le graphique ci-dessous montre les spécificités des différents conflits par site. Beaucoup d’entre
eux montre des conflits et des tensions similaires. L’ordre d’importance de conflits est la même
pour 3 sites, Garin Wanzam, Nguigmi et Kindjandi. Seul le site de Kablewa note les conflits entre
éleveurs et agriculteurs comme plus important que les conflits liés à la délinquance et au
banditisme. A Garin Wanzam la catégorie d’‘autre’ (regroupant principalement d’autres conflits
qui ont été mentionnés comme des conflits religieux et les représailles liées à l’adultère) est
mentionné plus de fois (6 fois) que celle des conflits entre éleveurs et agriculteurs (3 fois).
Cependant, une similitude importante des 4 sites est que les participants ont tous mentionné les
violences basées sur le genre et les conflits entre jeunes comme conflits violents récurrents et
importants. Les femmes et les enfants sont dans tous les sites mentionnés comme des victimes des
conflits.

                                      Type de Conflit par Site
    14

    12

    10

    8

    6

    4

    2

    0
            Conflit autour de   Conflit autour de    Conflit lié aux     Conflit entre      Autres types de
             l'accès à l'aide    l'accès à l'eau    délinquance et        élèveurs et      conflit (religieux,
               humanitaire                            banditisme         agriculteurs         Adultère…)

                                 N'Guigmi      Garin Wanzam      Kindjandi   Kablewa

L’ordre d’importance de conflit par site change les niveaux de risques qui sont présent par site. Le
conflit qui montrait le plus que risque était celui entre éleveurs et agriculteurs (code de couleur
violet). Le risque de conflits violents entre éleveurs et agriculteurs est donc plus grand à Kablewa
que dans d’autres sites (où le conflit est mentionné 12 fois). Le site qui représente le moins de
risque de conflits violents entre éleveurs et agriculteurs Garin Wanzam (où le conflit est mentionné

4
  Une carte géographique de UNHCR est en annexe montrant la répartition des personnes déplacés (mai 2017) et les
sites ciblés pour cette étude.

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Conflict Scan | Octobre 2017

3 fois), suivi de Kindjandi (où le conflit est mentionné 6 fois) et N’Guigmi (où le conflit est
mentionné 11 fois).

La même analyse peut être faite pour le niveau de risque pour les autres conflits par site. Le risque
de dégradation de conflits et augmentations de tensions concernant les ressources est plus grand à
Kabléwa et à N’Guigmi (où le conflit est mentionné dans chaque site 19 fois) que à Garin Wanzam
et N’Guigmi (où le conflit est mentionné respectivement 15 et 14 fois). Le risque de dégradation
de conflits et augmentations de tensions concernant la délinquance et le banditisme est plus grand
à N’Guigmi (où le conflit est mentionné 12 fois) que à Kindjandi, Garin Wanzam et Kablewa (où
le conflit est mentionné respectivement 10, 8 et 8 fois).

Cependant les degrés de différences des risques ne sont pas assez grands entre chaque site pour
justifier une d’intervention plus grande dans un site dans un certain domaine que dans d’autres.

    6. Mécanismes de Paix

Le Conflict Scan ne cherchait pas seulement à identifier les tensions et conflits dans les sites mais
aussi à connaître les structures et mécanismes de paix existants. Ces mécanismes sont répertoriés
ci-dessous en acteurs, structures et actions et/ou activités de gestion et de résolution de conflits.

Les répondants ont mentionné que différents acteurs jouaient un rôle important pour la résolution
de conflits : les organisations humanitaires, les forces de sécurités, les leaders traditionnels, les
leaders religieux, les leaders communautaires et les acteurs gouvernementaux comme la Haute
Autorité pour la Consolidation de la Paix. Le graphique ci-dessous montre le nombre de fois que
les différents acteurs ont été nommés et identifiés par les répondants. Une note importante est
que les répondants de chaque site ont dit que grâce à la présence des forces de sécurité qu’ils se
sentaient en sécurité. En effet, les participants ont mentionné que c’est la présence des forces de
sécurité qui d’après eux attenue les tensions et font que les conflits ne se dégradent pas et qu’ils
ne deviennent pas des confrontations violentes.

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Conflict Scan | Octobre 2017

                                                                                                        32

                     26
                                                                       23
                                                      21                                20

                                     15

                  Forces de     Haute Autorité Leaders religieux      Leaders         Leaders       Organisations
                  Sécurités        pour la                         traditioonels   communautaires   humanaitaires
                               Consolidation de
                                   la Paix

Les répondants ont aussi mentionné que certaines structures ont été mise en place pour la
résolution de conflits comme la création des comités communautaires pour la paix5. Les
répondants ont aussi ajouté qu’il y avait des structures traditionnelles et étatiques, autant que la
présence de organisations internationales comme le UNHCR, International Rescue Committee,
Search, UNICEF, et ACTED, présents sur les sites. Les répondants étaient très reconnaissants du
rôle joué par les organisations internationales mais voyaient les structures traditionnelles de
gestion de conflits comme plus appropriées, efficace et adaptées au contexte. Ils disaient que la
médiation au niveau des sites doit être conduite par les leaders des communautés, les leaders
religieux et traditionnels ainsi que les autorités administratives et coutumières de préférence, au
lieu d’acteurs externes.

Finalement, les répondants ont aussi identifié certaines actions et activités de gestion de conflits
sur les différents sites comme : des formations de sensibilisations, médiations, prières, théâtres et
sketchs. Les répondants ont mentionné que ces activités étaient utiles, surtout les formations de
sensibilisations. Ils ont aussi rajouté qu’ils pensaient que des activités communautaires seraient
utiles pour une meilleure cohésion sociale.

L’image ci-dessous dépeint les différents conflits des 4 sites que les résultats du Conflict Scan ont
mis en avant. Le code de couleur pour chaque conflit y est présent ainsi que la magnitude du conflit
représenté par la taille du cercle.

5
    Plus d’information sur l’efficacité de ces comités n’ont malheursement pas été donnés

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Conflits sur les
                                                    Ressources

           Conflits entre                                                         Délinquance
            Eleveurs et
            Agriculteurs                                                         et Banditisme
                                   Contexte d'Insécurité
                                      et de Précarité

                                    Violences
                                   Basées sur le
                                      Genre                           Conflits
                                                                       Entre
                                                                      Ethnies

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III. Conclusions

  Le Conflict Scan a identifié 3 tensions et conflits récurrents qui sont directement liés au niveau
  d’insécurité et de précarité sur les 4 sites : (1) les conflits liés aux ressources ; (2) les conflits liés
  à la délinquance et au banditisme ; et (3) les conflits entre éleveurs et agriculteurs.

  La majorité des tensions ressorties de ce Conflict Scan existaient déjà auparavant, cependant avec
  le déplacement de population et la fragilité du contexte les tensions s’accentuent. Comme le
  soulignent les résultats, ces tensions ont conduit à des formes extrêmes de violence, y compris des
  morts. Les confrontations peuvent encore s’aggraver et dégrader la situation sur les sites. De plus,
  les violences basées sur le genre sont un thème récurrent dans les 4 sites où on voit que les femmes
  souffrent davantage des conflits que les autres groupes.

      IV.     Recommandations

  Afin d’éviter ceci et afin de pouvoir faire en sorte que les différents intervenants dans les sites
  restent sensibles au conflit et n’aggravent pas la situation nous recommandons les actions
  suivantes :

          1. Les organisations offrant de l’aide humanitaire et de distributions de bien doivent
             impérativement s’assurer d’une distribution juste. De plus, ces acteurs doivent s’assurer
             que le processus de ciblage et de distribution soit transparent. L’information sur la
             distribution doit être clairement communiqué par les organisations.
          2. Les autorités locales ainsi que les comités en places, soutenu par les acteurs du groupe
             de travail WASH, doivent s’assurer de la bonne gestion continuelle des points d’eau.
          3. Les organisations internationales spécialisées dans la gestion et transformation de
             conflits comme Search doivent continuellement soutenir un renforcement de capacités
             d’acteurs clés des sites et des communautés en gestion de conflits. Afin de pouvoir faire
             face à l’échelle des tensions sur les sites plus d’interventions sont nécessaires. De plus,
             ces organisations doivent promouvoir des gestions non violentes de conflits et tensions
             dans les sites. Un accent particulier doit être de donner des outils aux parents pour
             pouvoir gérer et résoudre les conflits entre jeunes.
          4. Pour remédier au grand nombre de tensions qui existent et le manque de cohésion
             sociale, des activités communautaires qui lient les différents segments de population
             doivent être organisés. Ces activités peuvent accroitre les interactions positives et la
             confiance entre communautés afin de rapprocher les différents groupes et de passer de
             la confrontation et la méfiance à une cohabitation pacifique.
          5. Afin d’obtenir une meilleure gestion de conflits, il faut des médiateurs communautaires
             et non externes. À ce niveau les participants ont mentionné l'importance de la médiation

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Conflict Scan | Octobre 2017

           dans la gestion de conflits mais ont surtout mis l'accent sur le fait que cette médiation
           doit être conduite par les leaders des communautés, les leaders religieux et traditionnels
           ainsi que les autorités administratives et coutumières.
        6. Les comités communautaires pour la paix doivent être continuellement soutenu pour
           assurer leurs efficacité et pertinence au niveau des sites d’intervention.
        7. Des mesures pour protéger les femmes contre les violences basées sur le genre doivent
           être renforcées. Les populations et les autorités doivent être davantage sensibilisées sur
           les mesures qu’ils peuvent prendre pour prévenir ces violences.

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V.      Annexes :
  Annexe 1 : Termes de Références

                                   Termes de Références
                                              Conflict Scan

                              « Kallo Karayé » - On est Ensemble

  A propos de Search for Common Ground
  Search For Common Ground (Search) est une organisation internationale à but non lucratif créée en 1982
  qui favorise la résolution pacifique des conflits. Elle a pour mission de transformer la façon dont les
  individus, les organisations et les gouvernements gèrent les conflits – autrement que par une approche
  de confrontation, vers une solution prônant la collaboration. Elle est présente au Niger depuis 2011 où
  elle travaille en étroite collaboration avec les acteurs étatiques et les organisations de la société civile.
  Search appuie les efforts de l’Etat Nigérien en matière de prévention et gestion non violente de conflit au
  travers des actions de soutien à la réconciliation et la cohésion sociale, la promotion de la paix à travers
  les médias, le plaidoyer en faveur de la bonne gouvernance en renforçant les capacités de la société civile
  et encourager la participation des jeunes à la construction d’une paix durable.
  A propos du projet
  Le projet « Promouvoir le leadership et l’engagement des populations vers une meilleure résilience
  communautaire » est une initiative de l’UNHCR Niger et de Search qui vise à impliquer et à responsabiliser
  davantage les communautés réfugiées et les populations hôtes dans le cycle programmatique de l’action
  humanitaire. Le projet de 12 mois cherche également à établir une communication à double sens avec les
  communautés cibles pour répondre aux défis de la cohésion sociale et à l’amélioration des conditions de
  vie des populations. Ce projet est mis en œuvre dans les communes de Maine-Soroa, Kablewa, Bosso,
  Nguigmi, Chetimari, Goudoumaria, Gueskerou et Diffa, et vise à atteindre un total d’au moins 280,000
  personnes qui bénéficieront de l’appui de projet dans les domaines de la sensibilisation, des
  renforcements de capacités, d’appui aux initiatives communautaires et enfin d’un suivi pour apporter un
  appui/conseil aux structures de gestion communautaire.

  Le projet met en œuvre deux composantes :

  La première se focalise particulièrement sur la maîtrise d’ouvrage par les communautés à travers
  l’implication et responsabilisation de celles-ci dans le cycle programmatique de l’UNHCR mais aussi pour
  établir une communication à double sens avec les communautés. Search met à profit son expérience de
  travail extensif avec les populations réfugiées, les populations retournées et populations hôtes ; ainsi que
  son expertise en communication pour le changement social et la transformation des conflits pour
  atteindre les résultats escomptés.

Search for Common Ground | NIGER
Conflict Scan | Octobre 2017

La deuxième composante du projet porte sur la promotion de la cohésion sociale à travers le
renforcement de mécanisme de paix au niveau local. Dans les phases antérieures des projets mis en
œuvre par Search avec l’appui de l’UNHCR, Search a posé les bases d’une cohésion sociale durable dans
la région de Diffa, précisément dans les communes affectées par les tensions intercommunautaires et
l’arrivée massive des personnes déplacées et réfugiées.

La méthodologie de Search repose sur une approche participative, qui permet aux communautés elles-
mêmes de mettre en œuvre des initiatives locales de promotion de la cohésion sociale pour renforcer le
mécanisme communautaire de prévention et de gestion de crise. A cet effet, Search appuis les structures
communautaires ayant déjà bénéficié de son soutien à travers des séances de formation et autres séances
de coaching et celles nouvellement mises en place. Search produis également des émissions
radiophoniques dans le but de sensibiliser les populations cibles à la paix et à la cohésion sociale. Ces
émissions ont été largement écoutées lors des phases précédentes du projet, par un auditorat composé
des réfugiés, de retournés et de populations hôtes. Search développe par ailleurs un partenariat
stratégique avec les radios communautaires publiques et privées à Diffa, dans l’optique de renforcer leur
fonctionnement à travers un soutien par des formations et du coaching technique, ainsi qu’un appui en
matériel/équipement. Par rapport aux interactions entre les différentes communautés et dans le souci de
renforcer cet acquis, Search envisage d’entreprendre une évaluation et une analyse de conflits pour
évaluer les risques afin de prévenir et réduire les tensions.

Pour contribuer à répondre à tous ces défis, ce projet se focalisera sur les axes principaux suivants :
   (1) L’implication et la responsabilisation des réfugiés dans les évaluations concernant les questions
       de protection ;
   (2) La promotion de la cohésion sociale à travers le développement de la culture et de la paix et de
       la tolérance entre les réfugiées, retournées et même les populations hôte ;
   (3) La promotion de la gouvernance locale et de l'engagement communautaire au moyen d'une
       approche sensible aux conflits ;

Le projet poursuit ainsi 2 objectifs spécifiques :
        OS1 : Promouvoir la coexistence pacifique et la cohésion sociale avec les communautés locales
        ;
        OS2 : Renforcer et intensifier l’engagement communautaire en faveur de la protection.

Objectifs de l’évaluation
Dans le cadre de l’objectif spécifique 2, de la protection à base communautaire, Search envisage
d’impliquer et responsabiliser les communautés locales dans la gestion et la prévention des tensions. En
d’autres termes, la philosophie de Search vise à renforcer la résilience communautaire face aux conflits
ou tensions inter et extra communautaire. Pour l’atteinte de cet objectif, Search va adopter une démarche

Search for Common Ground | NIGER                                                                      22
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