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Planète Assurance maladie
Santé
Exigeons
N06 la transparence
DU médecin au patient
Télémédecine
L’exemple
valaisan
mars 2010 | disponible chez votre médecin | www.planetesante.chedito
Exigeons la transparence
par Michael balavoine
V
oilà un nouveau signe, pour qui Or, dans la première, celle de l’assurance revenu et celui de la crainte d’un mono-
en doutait encore, que le système obligatoire de soins, les caisses n’ont pas pole étatique.
suisse d’assurance maladie est à le droit de faire des bénéfices, alors que,
bout de souffle. Le 19 janvier dernier, sur dans le monde des complémentaires pri- Plus libérale que l’idée de caisse unique
les ondes de la Radio Suisse Romande, vées, elles y sont autorisées. Les mêmes dans le sens où elle évite de confier trop
l’Association des médecins du canton de entités gérant les deux formes d’assuran- de tâches à l’Etat, la proposition genevoi-
Genève annonçait, par la voix de son pré- ce, il devient dès lors possible de manipu- se pourrait séduire à droite. Mais elle est
sident, Pierre-Alain Schneider, le lance- ler les comptes et de transférer des char- surtout le symbole d’un autre malaise.
ment d’une initiative fédérale. Son but : ges administratives de l’une vers l’autre Elle prouve, s’il le fallait encore, que le
séparer complètement l’assurance obli- pour dégager du profit. système n’est pas réformable par la voie
gatoire de soins de l’assurance complé- parlementaire. La guerre se jouera donc,
mentaire privée. En proposant d’interdire par la loi la pra- comme en 2007, auprès du peuple.
tique conjuguée des deux formes d’assu-
Le problème est simple et presque aussi rance, les médecins genevois souhaitent
vieux que l’introduction de la LAMal. La en finir avec ce système opaque. Leur
Suisse dispose aujourd’hui d’un système initiative évite toutefois un double écueil
hybride qui permet à une caisse-maladie qui avait valu à la caisse unique d’échouer
de pratiquer les deux formes d’assurance. en 2007 : celui de baser les primes sur le
La Clinique Genevoise de Montana est un établissement public médical du
Canton de Genève, spécialisé dans :
• Les suites de traitement de médecine interne
• Les réadaptations post-chirurgicales
• La médecine psychosomatique
• Le traitement des douleurs aiguës et chroniques
• L’enseignement thérapeutique des patients atteints de maladies chroniques
Affections physiques traitées : • troubles du comportement Service des admissions
• maladies infectieuses alimentaire Tél. : 027 / 485 61 22
• maladies tumorales - oncologie • troubles anxieux Fax : 027 / 485 65 02
• maladies endocrinologiques - diabète • douleurs chroniques, fibromyalgies www.cgm.ch
• maladies cardio-vasculaires Service médical
• maladies respiratoires - pulmonaires Admissions Tél. : 027 / 485 66 02
• maladies digestives Avant toute admission, un contact Fax : 027 / 481 78 83
• maladies du système urogénital est établi entre médecin envoyeur et Direction – Administration
Création: spiraldesign.ch
• maladies ostéo-articulaires et le service d’admission de la clinique. Tél. : 027 / 485 61 11
traumatologie En principe, les admissions se réali- Fax : 027 / 485 61 28
sent dans un délai de 48 heures.
REPUBLIQUE ET CANTON DE GENEVE
Affections psychiques traitées : Les frais d’hospitalisation sont pris Clinique genevoise de Montana
• dépressions, burn out en charge par les assurances maladie Impasse Clairmont 2
• addictions - dépendances ou accident. 3963 Crans-Montana
2 planète santé • Mars 2010sommaire / impressum
Planète
Politique de santé Santé
4 Télémédecine : Impressum
l’exemple valaisan
Rédaction
Rédacteur en chef
Michael Balavoine
Rédacteurs
Philippe Barraud
7 DRG, un nouveau mode Marina Casselyn
Elodie Lavigne
de facturation pour les hôpitaux éditeur
Editions Médecine & Hygiène
Chemin de la Mousse 46
8 Réaction sur les réseaux de soins
10 Assurance
1225 Chêne-Bourg
Email : planetesante@medhyg.ch
maladie :
Tél : +41 22 702 93 11
Fax : +41 22 702 93 55
une initiative pour
Publicité
Editions Médecine & Hygiène
Chemin de la Mousse 46
plus de tranparence 1225 Chêne-Bourg
Email : helene.bourgeois@medhyg.ch
Tél : +41 22 702 93 11
Fax : +41 22 702 93 55
13
Graphisme / illustration
Nouveautés en médecine Bruno Charbonnaz
www.atelier-giganto.ch
Photographie
Romain Graf
Les lieux de pouvoir
16
Impression
Imprimeries Réunies Lausanne SA
L’Office fédéral Renens
de la santé publique
Comité de rédaction
Dr Pierre-Yves Bilat
Dr Henri-Kim de Heller
Dr Marc-Henri Gauchat
Dr Bertrand Kiefer
Les métiers de la médecine Dr Michel Matter
Dr Remo Osterwalder
20 Médecin de nuit M Pierre-André Repond
Pr Bernard Rossier
M Paul-Olivier Vallotton
Collaborations
Santé Planète Santé est soutenu
par la Société vaudoise de médecine,
24 Tabac : nouveaux modes l’Association des médecins du canton
de Genève, la Société médicale du
de consommation Valais et la Société neuchâteloise de
médecine
26 Eq’Kilo : vaincre l’obésité infantile
Planète Santé est réalisé en
collaboration avec Le Fait Médical
(www.lefaitmedical.ch), périodique
indépendant de vulgarisation bio-
médicale éditée par l’Association
People pour l’Information Médicale (APLIM).
Comité : Pr B. Rossier, Pr J. Diezi,
28
Jean-Charles Simon M. G. Saudan
Abonnements
face à son médecin Version électronique : gratuite
Abonnement papier : 12 CHF/an
Tél : +41 22 702 93 29
Fax : +41 22 702 93 55
Email : abonnements@medhyg.ch
Droit Site : www.planetesante.ch
29 De bien curieuses listes de médecins Fiche technique
ISSN : 1662-8608
Tirage : 30 000 exemplaires
30 Nouvelle carte d’assuré 2 fois par an
Disponible dans les cabinets médicaux
et protection des données
planète santé • Mars 2010 3politique de santé
Télémédecine :
l’exemple valaisan
Texte : Michael Balavoine / Photos : Romain Graf
Et la régulation médicale fût ! C’est avec ces « Dans la vallée de Conches, régions dites « périphériques».
mots quasiment divins que l’on peut juger, raconte le docteur Jean-Pierre Astreints à la garde jusqu’à l’âge
Deslarzes, directeur médical de de 60 ans, les médecins doivent
avec deux ans de recul, la mise en place d’une l’OCVS, il ne reste que quatre être constamment disponibles
centrale téléphonique de gestion des appels médecins. Pendant l’été, quand pour leurs patients.
d’urgence dans le Valais. La garde était en les conditions météorologiques « Avant la mise en place de la
sont favorables et les routes centrale d’appels, la situation
effet devenue un cauchemar. Chaque nuit et praticables, ils assurent la garde actuelle de la vallée de Conches
chaque week-end, trente médecins devaient à tour de rôle. Ils sont donc était le lot quotidien de tous
être disponibles pour répondre aux éventuels de « piquet » un week-end sur les généralistes valaisans, se
quatre. En hiver par contre, la rappelle le docteur Deslarzes.
appels d’urgence. De quoi décourager les plus topographie, la neige et l’afflux Nous avions trente zones de
téméraires et entraver l’installation d’une touristique compliquent la donne garde différentes et donc autant
relève déjà difficile à mobiliser. Gérée par des et les médecins doivent être deux de médecins mobilisés pendant
à assurer la permanence, l’un en la nuit et les week-ends. » La
médecins, la centrale a permis de soulager haut de la vallée, l’autre en bas. situation était devenue d’autant
toute une région. Reportage à l’Organisation Cela oblige chaque médecin à plus intenable que les conditions
cantonale valaisanne des secours (OCVS) être disponible un week-end sur de travail proposées découra-
deux. » geaient les jeunes médecins à
à Sierre, l’hôte de ce dispositif de La situation dramatique de la venir s’installer et remplacer une
« télémédecine », qui, depuis, a fait école en démographie médicale dans population médicale de plus en
Suisse romande. l’Entremont valaisan démontre, plus âgée. « Aujourd’hui, vous
s’il en était encore besoin, à quel ne pouvez plus demander aux
point le métier de généraliste gens de travailler 80 heures par
peut être un sacerdoce dans les semaine. La nouvelle génération
4 planète santé • Mars 2010politique de santé
“ Pour continuer à offrir un service de
garde de 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24
sans décourager l’installation de médecins
dans la région, une centrale d’appels
téléphonique était la seule solution. ”
de médecins aime travailler en place son collègue de garde de
groupe et protège également la région concernée. Enfin, dans
sa vie de famille. Alors devoir les cas extrêmes, le cas sera
assurer une garde toutes les traité par les centralistes du 144
deux semaines est suicidaire si qui occupent le bureau voisin et
l’on veut encore faire venir des qui se chargeront d’envoyer les
jeunes, note, avec lucidité, le moyens nécessaires, ambulance
responsable médical de l’OCVS. » ou hélicoptère, au secours de la
personne concernée. En passant
Une centrale d’appel des trente régions de garde à six
pour soulager avec douze zones de disponibi-
les médecins… lité accrue, ce système d’assis-
Pour briser le cercle vicieux qui tance téléphonique a changé la
consistait à mobiliser beaucoup vie des médecins. « La charge
de médecins pour les gardes et de la garde n’est plus aussi dure amélioré. Cela rassure beaucoup en Valais a prouvé son uti-
donc à renforcer une pénurie qu’avant, confirme le docteur les gens. » Mais attention : si le lité. « Nous avons comptabilisé
déjà menaçante, la Société mé- Salamin, médecin répondant à système offre aux malades une 30 000 appels en trente mois,
dicale du Valais (SMV), l’Orga- la centrale. On y est astreint un assistance permanente en ma- soit en moyenne 33 appels par
nisation cantonale valaisanne jour sur cinquante. Ça laisse plus tière de soins, il ne remplace pas jour, sans avoir pris de décision
des secours (OCVS) et le Service de place pour la famille et les une vraie consultation. « Le but qui soit dommageable pour
de la santé valaisan ont créé en amis. » de l’opération est soit de donner le patient, affirme le docteur
2007 une permanence téléphoni- un conseil au patient pour Deslarzes. Dans plus de 50 %
que. Une trentaine de médecins, ... Et servir le patient différer le besoin d’une consul- des cas, le médecin répondant
recrutés sur la base du volonta- Mais les médecins ne sont pas les tation et qu’il remette sa visite peut différer une consultation ou
riat mais rémunérés, s’y relaient seuls gagnants dans l’instaura- au lendemain, soit d’éviter des éviter une hospitalisation grâce
pour assurer la garde. Dès 19 tion d’une permanence télé- hospitalisations inutiles, rappelle à un conseil téléphonique. »
heures les soirs de semaine et phonique. « Pour le malade, les le docteur Salamin. Il s’agit de Conséquence indirecte, le sys-
vingt-quatre heures sur vingt- avantages sont évidents, insiste différencier les urgences vitales tème contribue à désengorger les
quatre le week-end, les malades encore le docteur Salamin. C’est des non-vitales. Ce procédé ne services d’urgence des hôpitaux.
valaisans peuvent appeler le un médecin de sa région qui lui peut en aucun cas remplacer « La manière de “ consommer ”
0900 144 033. Un médecin du répond et, qui plus est, dans sa une consultation physique avec la médecine a changé, analyse le
cru leur répond. Son rôle est langue. Car il ne faut pas oublier son lot d’examens et la richesse docteur Deslarzes. Surtout en ce
clair : trier les appels. Si la per- que le canton est bilingue. De d’une rencontre. » qui concerne les urgences. Avant,
sonne a besoin d’être conseillée plus, le fait de nous déplacer à la les gens avaient un médecin trai-
ou rassurée, le médecin répon- centrale de Sierre nous rend plus Un système sûr tant. Aujourd’hui, on va directe-
dant lui offrira une assistance disponible qu’à la maison. Nous et efficace ment chez un spécialiste ou aux
téléphonique. Si la situation est disons plus facilement au patient Si elle ne remplace pas une urgences. En Valais, des vagues
trop critique pour être évaluée de rappeler dans une ou deux consultation, la permanence saisonnières touristiques com-
par téléphone, il dépêchera sur heure si son état ne s’est pas téléphonique mise en place pliquent la gestion du système
planète santé • Mars 2010 5politique de santé
avec des visiteurs qui apportent Une prestation coûte environ 700 000 francs être sûr que bon nombre d’as-
avec eux des habitudes sanitaires remboursée par année. On peut estimer au surés n’entreprennent aucune
très diverses. Le recours à une Les économies, c’est justement minimum à 300 par année le démarche de remboursement.
centrale téléphonique n’est pas l’autre conséquence indirecte nombre d’hospitalisations évitées L’assureur y est gagnant. Mais là
encore entré dans les mœurs. majeure de ce système de gestion grâce à la permanence télépho- n’est pas le vrai défi, comme le
Mais, il s’agit d’une solution pour des urgences par téléphone. nique pour un coût approximatif relève encore le docteur Deslar-
empêcher de mauvaises prati- Entre locaux, logistiques et per- de 1 200 000 francs. Financé zes. « Notre centrale est gérée
ques qui coûtent extrêmement sonnel, la centrale de régulation jusqu’à l’automne 2009 par l’Etat par des médecins et pour des
cher au système de santé. » valaisan, le système est devenu médecins en collaboration étroite
payant. Il est facturé selon TAR- avec les centralistes du 144 qui
MED en tant que conseil médical se trouvent pratiquement dans la
téléphonique mais remboursé même salle. Avec “ Medgate ” ou
par les caisses-maladie. « Nous “ Medi24 ”, les assureurs ont eux
avons essayé de négocier avec aussi créé leur propre système
santésuisse, l’organe faîtier des de consultation téléphonique.
assureurs maladie, pour que Ils souhaitent avoir leur propre
la charge de la centrale soit centrale pour pouvoir surveiller
assumée par les caisses selon le le travail médical, ce qui pose un
nombre d’assurés que chaque problème évident dans le sens
caisse compte dans notre canton, où les caisses auront tout intérêt
explique Jean-Pierre Deslarzes. à juguler les consultations pour
Santésuisse a refusé. Les person- limiter les coûts. » En attendant
nes qui téléphonent peuvent se internet, sur les ondes comme en
faire rembourser pour un conseil politique, les modèles de télémé-
médical téléphonique. » Oui, decine proposés par les assureurs
sauf que cela coûte entre 15 et s’opposent encore et toujours à
g Le docteur Salamin est médecin g Jean-Pierre Deslarzes est le respon- 35 francs. A ce prix là, on peut ceux des médecins.
répondant à la centrale de Sierre sable médical de l’OCVS
Assurer la garde 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans une région aussi montagneuse que le Valais s’avère rapidement compliqué
6 planète santé • Mars 2010politique de santé
les tranches d’âge, le sexe et les
durées de séjour toute pathologie
confondue. Ce nouveau système
s’appliquera uniformément dans
tous les hôpitaux suisses (pour
les soins aigus somatiques), à
cette réserve près que les tarifs
pourront varier selon les cantons,
notamment pour les hôpitaux
universitaires.
Il faut noter qu’à ce jour déjà,
le remboursement des soins
hospitaliers de plusieurs cantons
est basé depuis plusieurs années
sur un système similaire, appelé
“ APDRG ”.
...mais quid de l’innovation ?
L’introduction des DRG s’accom-
pagnera d’autres changements
dans le financement de l’hôpital:
elle prévoit une participation des
assurances sociales au finance-
ment des bâtiments, des équi-
Financement des hôpitaux:
pements et des formations non
universitaires initiale et continue.
Les cantons participeront désor-
mais aussi au remboursement des
la révolution des DRG soins stationnaires dans les clini-
ques privées. Une répartition fixe
des coûts entre les cantons et les
Texte : Philippe Barraud assureurs sera introduite de facto,
en lieu et place d’une répartition
En 2012, les hôpitaux suisses vont connaître les interventions ainsi que diver- variant selon les cantons.
une véritable révolution de leur mode de ses données administratives, puis L’échéance de 2012 approchant,
donnera la facture finale. les hôpitaux, universitaires
facturation. C’est les SwissDRG, dont la principale 4. Une formule de rembourse- notamment, manifestent une cer-
caractéristique est que les factures seront ment en faveur de l’hôpital est taine inquiétude. A l’Hôpital de
fondées non plus sur la durée du séjour, mais sur appliquée, avec un montant l’Ile à Berne (budget annuel d’un
dépendant de la pathologie et milliard de francs), le chirurgien
des prix fixes par pathologie. On parle aussi de non de la durée de séjour. Il faut cardiaque Thierry Carrel mani-
« forfaits par cas basés sur les prestations ». préciser qu’au-delà d’une certaine feste le souci de voir se mettre en
limite, des mécanismes adaptés place une version inaboutie des
Si l’on prend par exemple une éventuelles (maladies associées), aux hospitalisations longues DRG. En particulier – tout comme
prothèse de hanche, le coût ne et les procédures (traitements et entrent en jeu. H+, les hôpitaux de Suisse, dans
sera plus fonction de la durée du opérations éventuelles) dont a une récente prise de position – il
séjour à l’hôpital (cinq fois un bénéficié le patient. Comparaisons enfin souligne qu’il n’existe à ce jour
jour, par exemple pour un séjour 2. Ces éléments feront l’objet d’un possibles… aucune décision pour le rembour-
de cinq jours), mais du coût codage, issu de la classification Les DRG, développés aux Etats- sement des nouveaux traite-
effectif de l’opération et des soins des maladies de l’OMS. Chaque Unis (Yale) dès 1977, sont de plus ments et de la recherche. Dans
relatifs, établi principalement maladie possède son propre code. en plus appliqués en Europe et le concept des DRG, les innova-
à partir des diagnostics – d’où On compte environ 16 000 codes dans le monde. Le modèle suisse tions ne sont prises en compte
l’acronyme DRG: Diagnostic pour les maladies, et 5 000 pour s’inspire largement du modèle qu’après plusieurs années. «Qui
Related Groups. les interventions (issus d’une clas- allemand, le G-DRG (dérivant va les financer, dans l’intervalle,
Dans la pratique, les choses se sification appelée « CHOP »). Ces lui-même du modèle australien). demande Thierry Carrel ? ».
passeront de la manière suivan- codes sont appliqués à la lecture Selon François Borst, il s’agit d’un Plus généralement, le chirur-
te, explique le Dr François Borst de cette lettre de sortie par des système simple sinon parfait, qui gien remarque que ce système
(photo), des Hôpitaux universi- spécialistes codeurs, médecins ou permet de faire des statistiques et n’encourage pas à faire de la
taires de Genève : personnel infirmier (après une des comparaisons. Comparer des médecine académique, pose des
formation de trois ans). durées de séjour, voire des coûts questions en matière de recher-
1. A l’issue de l’hospitalisation 3. Les codes posés pour le patient d’hospitalisation par pathologie che et d’enseignement, et laisse
le médecin établira une «lettre passent ensuite par un program- sera possible, alors que jusqu’ici, en suspens les difficultés spécifi-
de sortie» décrivant le diagnos- me spécial appelé « groupeur », les seules comparaisons entre ques des patients complexes.
tic principal, les comorbidités qui rassemblera les diagnostics, les hôpitaux étaient faites sur
planète santé • Mars 2010 7réaction
Planète SANTÉ
Les enjeux de
Santé N05
la vaccination Dans son dernier numéro datant de décembre 2009, Planète Santé publiait un
DU MÉDECIN AU PATIENT dossier de Philippe Barraud sur les réseaux de soins intitulé « Le réseau, la meilleure
parade face aux maladies chroniques ». Cet article a provoqué la réaction de deux
médecins genevois dont nous publions ici le contenu.
Les réseaux de soins
DÉCEMBRE 2009 | DISPONIBLE CHEZ VOTRE MÉDECIN | WWW.PLANETESANTE.CH
RÉSEAUX DE SOINS
Le patient au centre
sont-ils la solution ?
Dr Jean-Pierre GRILLET – FMH Dermatologie et vénéréologie
de la révolution Dr Didier CHATELAIN – FMH Médecine générale
D
ans le numéro précédent, tation apparaisse dans les dossiers place de règles très strictes que les prix des billets d’avion et de certai-
les avantages des réseaux du réseau. Tout doit passer par le décideurs, et tout particulièrement nes denrées, mais chacun sait que,
de soins ont été bien « MPR » - le médecin de premier la FMH, devront être extrême- dans ces entreprises, la prestation
démontrés. Patients mieux suivis recours. Il y a dans le système des ment vigilants, surtout quand on de base est effectivement remplie,
pour un coût moindre. Bref, rien réseaux un aspect « big-brother » connaît la fourberie des assureurs mais parfois dans des conditions
que des avantages. La FMH désire qui nous dérange… à l’égard des médecins, assureurs peu brillantes et avec une qualité à
voir se développer différents types D’un autre côté, les assureurs qui n’ont jusqu’ici respecté aucune l’échelle du prix payé.
de réseaux et laisser le choix à accordent généralement un rabais des conventions signées lors de
chacun d’y participer ou non. Mais d’environ 20% aux clients du ré- l’introduction du Tarmed. Les diminutions des coûts seront
le choix est-il réel quand il existe, seau. Cela peut signifier plusieurs faites sur le nombre et les salaires
dans une période économique- choses : les médecins de premier Les réseaux de soins seront assi- des employés et s’il le faut sur
ment instable, une différence de recours travaillent-ils différem- milés tôt ou tard à des entreprises celui des médecins eux-mêmes,
prix importante entre réseau et ment si le patient est membre d’un commerciales qui, par définition, en diminuant les prestations, les
non-réseau ? Y a-t-il un choix réel réseau ou non ? Les médecins et les devront dégager des bénéfices examens, les consultations spécia-
quand les patients devront quitter patients restés hors du réseau gas- pour continuer à travailler. Or, si lisées, les examens préventifs…
leur médecin auquel ils sont pillent-ils réellement un cinquième les réseaux se développent comme Dans ces conditions, quels soins
attachés et qui les a suivis pendant des ressources ? Une consultation le souhaitent les politiciens et la seront vraiment administrés aux
des années, celui-ci n’appartenant sur cinq est-elle inutile ou les séan- FMH et qu’ils sont des affaires patients ? Que deviendra, dans ce
pas au réseau choisi sur des bases ces de physiothérapie sont-elles rentables, ils seront créés par – et système, la relation médecin-ma-
économiques ? 20% trop nombreuses ? Comment appartiendront, pour certains, lade, si importante pour la réussite
expliquer cette différence entre à – des groupes de médecins d’un traitement, pour le suivi d’une
Les assureurs accordent des rabais soins dans le réseau et hors-ré- (comme le réseau Delta), d’autres pathologie chronique ?
aux clients des réseaux, preuve que seau, alors que dans la pratique à des assureurs, d’autres enfin à
les soins y sont meilleur marché, des réseaux, pour consulter un des groupes financiers. C’est dire Si le réseau Delta, qui a été décrit
pour autant que l’opacité des spécialiste, il faut passer chez le que le profit devient alors le vrai dans le numéro précédent, a des
comptes des assureurs soit en me- médecin répondant qui fait un bon moteur du système et non plus les côtés très enthousiasmants, il
sure de démontrer quoi que ce soit. de délégation, soit une consulta- patients et la qualité des soins. est pour l’instant l’un des deux
Ou alors preuve que les assureurs tion en plus, et un rapport à faire vraiment fonctionnels à Genève.
ont d’autres bonnes raisons de pour le spécialiste qui sera aussi Les réseaux commenceront à se En quelque sorte l’appartement-
choyer les assurés-réseaux, comme facturé... et malgré cela les primes livrer une concurrence par patients témoin. Que deviendra-t-il lorsque
le fait de toujours tout savoir sur sont nettement plus basses dans les interposés. Il s’agira d’avoir les la concurrence féroce le poussera à
leurs clients (ce qui est capital réseaux… Le mystère n’est, pour primes les plus basses et de gérer sacrifier certaines prestations pour
pour les assurés ayant en même nous, pas résolu. au plus près tous les points sur maintenir des prix compétitifs ? Le
temps une assurance privée…) : lesquels on peut économiser. Il danger de voir une évolution de
forcément, le « médecin attitré » Mais le plus grand danger du s’agira aussi d’éviter les patients ce type existe réellement. On va
détient toutes les données du pa- managed care réside, selon nous, qui coûtent cher (les patients simplement assister au transfert du
tient et il suffit donc de l’interroger. dans les responsabilités financières chroniques…), afin de rester com- système de sélection des risques,
Impossible pour le patient d’aller, que les réseaux vont devoir endos- pétitif. Ainsi sera née la médecine actuellement opéré par les assu-
une fois, demander son avis à un ser. Ils recevront une « enveloppe type low-cost, comme on connaît reurs, vers les réseaux de soins et
autre spécialiste ou de faire une budgétaire », et quand celle-ci les compagnies d’aviation ou les les médecins qui devront choisir
consultation pour un problème sera épuisée, mieux vaudra ne pas chaînes alimentaires. Elles ont le type de patients en fonction des
plus intime, sans que cette consul- être malade ! C’est dans la mise en l’avantage d’avoir fait baisser les coûts qu’ils vont engendrer…
8 planète santé • Mars 2010ALLO DOCTEUR… MON ENFANT EST MALADE
Annick Galetto-Lacour Et Alain Gervaix
Parents, ce livre vous est destiné. De la petite urgence en pas-
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Le caddie du diabétique
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PREMIERS SECOURS FIRST AID J’ai envie de comprendre… LA DÉPENDANCE AU TABAC
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Suzy Soumaille Connaître les mécanismes, appréhender
Comment agir en cas d’urgence et ne pas paniquer ? Ce petit manuel de 64 pages Comment comprendre la terrible expérience les risques, trouver la motivation pour ar-
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DU médecin au patient
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2 numéros/an au prix de CHF 12.- ou au moyen de la carte collée ci-dessuspolitique de santé
Une initiative pour la
transparence dans
l’assurance maladie
Texte : Philippe Barraud
L’Association des médecins genevois
va lancer une initiative populaire pour
imposer une complète transparence
dans le système de l’assurance maladie.
L
e système de l’assurance de modes de calcul incompréhen-
maladie en Suisse souffre sibles pour l’assuré – des primes
d’une tare fondamentale: qui deviennent insupportables
son opacité. Les caisses-maladie pour un nombre croissant de
l’organisent et la gèrent sans ren- familles.
dre de comptes, ou des comptes
moyennement crédibles, tout en 2. Les caisses sélectionnent les
utilisant cette absence de trans- risques. En théorie, chacun peut
parence pour faire de la sélection changer de caisse pour l’assu-
des risques, ce qui est interdit, et rance de base, un assuré ne peut
surtout dommageable pour les pas être refusé. Mais en offrant
assurés. en parallèle un complément privé
C’est pour exiger une complète alléchant, fût-il minimal, la caisse
transparence de l’assurance oblige le candidat à remplir un
maladie que l’Association des questionnaire de santé très inva-
médecins du canton de Genève sif. De la sorte, elle a accès à son
(AMG) prépare une initiative dossier médical, et va s’efforcer,
populaire fédérale. Ce n’est pas si ce n’est pas un «bon cas», c’est-
la première démarche du genre: à-dire jeune et surtout en bonne
plusieurs initiatives ont été santé, de le convaincre de ne pas briser le lien «incestueux» qui communicants entre l’assurance
prises sur le plan parlementaire changer de caisse, d’autant qu’il existe entre les deux activités. Ce de base et le privé, mais ce sys-
mais, à chaque fois, le lobby des risque de perdre sa complémen- mélange des genres est malsain, tème va dans les deux sens! Or, il
assureurs, très puissant sous la taire dans l’aventure. explique Bertrand Buchs, car n’est pas normal que de l’argent
coupole fédérale, a réussi à em- on vous attire avec l’assurance passe de l’assurance de base au
pêcher tout changement. Autre subtilité perverse dénoncée de base, puis on essaie de vous secteur privé.
par le Dr Bertrand Buchs, vice- vendre autre chose – ou on tente
L’AMG dénonce deux tares fon- président de l’AMG: les caisses de vous écarter. «On ne doit plus Grandes manœuvres
damentales du système actuel: sur internet, dont les promoteurs pouvoir choisir les clients», L’initiative de l’AMG tombe dans
font le pari que les personnes affirme le vice-président de un contexte en pleine ébullition.
1. L’assurance maladie fonc- âgées n’y viendront pas, dépas- l’AMG. C’est pourquoi l’initiative Comme l’analyse le Dr Bertrand
tionne de manière opaque. sées par la technologie... demande que le même vendeur Buchs, «le départ de Pascal Cou-
On ignore quelles sont les vraies ne puisse pas proposer simulta- chepin a libéré la parole». C’est
charges administratives de Séparer la base et le privé nément l’assurance de base et ainsi que fleurissent des initiati-
l'assurance obligatoire ou des Ce qui est fondamentalement des complémentaires, car il est ves, ou des projets d’initiatives,
complémentaires, et on ne sait contestable, selon l’AMG, c’est avéré – même si c’est illicite – que aussi bien au niveau des cantons
pas précisément quelles sont les que les mêmes caisses gèrent les données sensibles récoltées pour créer des caisses cantonales,
réserves, sinon qu’elles sont ina- l’assurance de base obligatoire, sur l’assuré circulent au sein des que des partis de gauche pour
daptées dans plusieurs cantons. et l’assurance privée, autrement caisses. relancer le concept de caisse
Les caisses fournissent des chif- dit les complémentaires. A ses Côté financement, les choses sont unique. Il n’y a guère que les
fres globaux, et rien de plus. Dès yeux, il est essentiel d’imposer tout aussi opaques. Il existe dans assureurs qu’on n’entend plus: ils
lors, la fixation des primes relève une séparation des tâches, et de les caisses un système de vases font résolument profil bas.
10 planète santé • Mars 2010politique de santé
Echange de données
et procurations illégales
P
our Béatrice Despland, re. Cette procuration comprend
professeure de droit social l’obtention (…) de toutes les
aux Universités de Neu- données médicales, les décla-
châtel et de Lausanne, le trafic rations orales et écrites avec les
de données entre l’assurance de fournisseurs de prestations mé-
base et l’assurance privée relève dicales et de soins impliqués et
de l’évidence. Dans le cadre avec les proches de la personne
d’une étude consacrée à ce sujet, fournissant la procuration. Les
elle écrit que «en dépit d’une fournisseurs de prestations, le
Comme Béatrice Despland,
séparation clairement établie par service du médecin-conseil de X Bertrand Buchs, vice-président de
la LAMal, des relations étroites sont expressément déliés de leur l’AMG, dénonce sur son blog de la Tri-
ont été maintenues, par certai- secret professionnel lors de toute bune de Genève, l’opacité des caisses.
nes caisses-maladie, entre l’assu- relation réciproque et interdisci-
rance obligatoire et les assuran- plinaire.» dispositions illégales en disant
ces complémentaires privées.» Il Cette procuration, dénonce que l’assuré a donné, par sa
s’agit en particulier d’échanges Béatrice Despland, permet ainsi signature, son consentement.
d’informations et de données l’accès, par l’assureur maladie «Mais que vaut le consentement
(les dossiers médicaux), qui sont sociale, aux données disponibles d’une personne en état de fai-
pourtant soumises aux règles de dans l’ensemble des sociétés blesse, qui ne peut pas risquer de
la protection des données. rattachées au groupe (et particu- se voir supprimer les règlements
Mme Despand donne un exem- lièrement auprès des médecins- de la caisse ou ses indemnités, au
ple éclairant de ces échanges de conseils), et leur libre transmis- cas où elle refuserait de signer»?
données par la procuration que sion à l’intérieur du groupe. De Ce cas se pose souvent avec les
les représentants des caisses font plus, relève-t-elle encore, un assurances perte de gain. Une
signer aux assurés: «Le soussigné employé de la caisse devient parade nécessaire, pour l’assuré,
autorise par la présente le Care ainsi «représentant» de l’assuré consiste à barrer les dispositions
Management du groupe X (Réd : auprès du médecin-conseil! Un illégales, ce qu’il a parfaitement
la caisse), composé de X, à le re- étonnant renversement des rôles. le droit de faire. Ph. B.
présenter en tant que mandatai- Les caisses se dédouanent de ces
Pierre-Alain Schneider :
« Cette initiative peut constituer une
Le texte de l’AMG est moins radi-
version libérale de la caisse unique »
cal que le projet de caisse unique, Quel est le problème de fond Peut-on concevoir un institut qui
et pourrait, le cas échéant, consti- qui vous a incité à lancer cette gérerait à la fois l’AVS et la LPP?
tuer un contre-projet à celle-ci. initiative?
En effet, l’initiative de l’AMG C’est le lien incestueux entre l’as- De quels soutiens avez-vous
se veut d’inspiration libérale, surance maladie obligatoire et besoin ?
explique le président de l’associa- les assurances complémentaires. Nous allons créer un comité
tion, le Dr Pierre-Alain Schneider Il faut imposer une séparation d’initiative fédéral, mais nous
(voir interview), elle autorise un des tâches. voulons absolument que toutes
espace de concurrence et évite les sociétés cantonales de mé-
le spectre du monopole et de Comment faire comprendre decine romandes soient repré-
l’étatisation. Mais elle exige la cet aspect contre-nature de la sentées. Sur la Suisse romande
transparence et la séparation des situation actuelle dans l’assu- seule, nous pourrions récolter
activités: «Nous laissons à tout le rance maladie? 100 000 signatures, mais nous
monde le droit de faire de la base Le parallèle entre la LPP et l’AVS comptons beaucoup sur la Suisse
ou du privé, explique Bertrand est un argument pertinent. L’AVS alémanique pour nous suivre.
Buchs, mais pas les deux ensem- fonctionne sur un mode de soli- Cette question mérite d’être po-
ble. Et si les caisses ne veulent darité qui est différent de la LPP sée au peuple, et il faut la poser.
plus faire de l’assurance de base, – prévoyance privée –, elle a donc Nous comptons sur une parti-
alors il incombera à l’Etat de un autre rôle à jouer. Personne, cipation massive de toutes les
prendre le relais». aujourd’hui, n’imaginerait qu’on personnes intéressées dans le do-
puisse mélanger les deux piliers. maine de la santé et des assuran-
planète santé • Mars 2010 11politique de santé
ces sociales, donc non seulement pour certaines catégories d'as- On parle souvent d’«explosion» des milieux politiques et de la
les médecins, mais aussi tous les surés, comme la SUVA, et d’une des coûts de la santé. Est-ce population par les assurances
soignants, les acteurs sociaux, les manière générale, personne ne une réalité ? a réussi à leur faire croire qu’il
organisations de patients pour se plaint de leur fonctionnement. Non ! Dans les comptes globaux y avait une explosion des coûts
soutenir la récolte de signatures. La SUVA a pas mal de qualités et des assurances sociales qui sont de la santé. Or, il n’y a aucune
fonctionne souvent mieux que publiés chaque année par l’Office explosion, mais une croissance
La récolte de signatures sera certaines assurances privées, fédéral de la statistique, on voit régulière, inférieure à celle des
la première étape. Ensuite, il tout en constituant une concur- que l’assurance maladie obliga- autres assurances sociales, par
faudra mener l’initiative au rence utile. Notre initiative toire n’est pas du tout le grand exemple la prévoyance vieillesse.
succès ! prévoit précisément un espace monstre qu’on imagine, qui me- Sous prétexte d’explosion des
Effectivement, la deuxième étape de concurrence, et c’est pourquoi nacerait le pays de naufrage: c’est dépenses, on est en train de tuer
sera la bagarre pour la votation. elle devrait convenir à pas mal un petit morceau de l’ensemble le système de santé d’une façon
C’est là que les moyens les plus de gens. des assurances sociales. L’ensem- inacceptable.
importants devront être mis ble des recettes des assurances
en œuvre. Cela dit, on sait que Que se passera-t-il si votre ini- sociales représente 32% à 33% Qui va en souffrir en premier ?
l’idée d’une caisse unique va être tiative, et celle en faveur d’une du PIB. Or, entre 1990 et 2007, Les personnes faibles, les
remise sur les rails – sans parler caisse unique, sont opposées le taux de croissance annuel personnes âgées, les malades.
cette fois de son financement. Or devant le peuple ? des prestations des assurances Or, le système de solidarité, qui
notre initiative peut constituer Si nous avons l’impression que sociales était de 5%; sur ces 5% est le fondement et la force de
une version libérale de la caisse cette opposition serait négative de moyenne, les dépenses pour la la LAMal, malgré ses défauts,
unique, en d’autres termes une dans ses effets, et susceptible fonction maladie-soins de santé est attaqué. Il faudra un jour
alternative intéressante dans la de faire capoter un projet, il a augmenté de 4,5%, soit moins avoir une réflexion de fond sur
mesure où elle n’est pas associée reste toujours la faculté de retirer que la moyenne. Autrement le financement de l’assurance
avec le spectre du monopole ou l’initiative. Si en effet il nous dit, les dépenses pour la santé maladie, en évitant de créer un
de la mainmise de l’Etat. Mais apparaît que notre proposition n’a augmentent moins vite que les gouffre financier comme dans les
bon: il est vrai que certaines pas de chances de passer, tout en autres dépenses sociales! Par autres pays. On oublie trop vite
assurances sociales ont soit mettant en péril un autre projet ailleurs, l’augmentation des coûts qu’en Suisse, l’assurance maladie
un monopole absolu, comme que nous voulons soutenir, nous n’a que peu à voir avec l’explosion a des réserves, pas des dettes.
l’assurance invalidité, soit réfléchirons à la retirer. Mais nous des primes, qui a d’autres raisons.
constituent un quasi-monopole ne la lançons pas dans cet esprit ! Malheureusement, le matraquage propos recueillis par Ph.B.
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B12
U Lplanète santé
LE.LA CHA U X - D E•- Mars
F O N D S2010
. F R I B O U R G . G E N ÈV E . L A U S A N N E . M A RT I G NY . M O R G E S . N E U C H ÂT E L . NY O N . O R B E . P AY E R N E . S I E R R E . S I O N .YV E R D O Nnouveautés en médecine
La médecine est une science qui bouge sans
cesse. On a coutume de dire qu’un traitement
ou une prise en charge ont une validité de trois
à cinq ans. Dans cette rubrique, Planète Santé
vous livre quelques nouveautés dont vous pouvez
bénéficier chez votre médecin cette année.
Nouveautés
en médecine
Hypertension artérielle :
la maladie du siècle
des bloqueurs d’angiotensine ou
des antagonistes du calcium. Ces
substances sont parfois combi-
nées avec un diurétique pour
diminuer la quantité d’eau dans
DR Remo Osterwalder fois, en présence d’un diabète, la le corps. Le traitement par bêta-
Cardiologue FMH norme est plus basse, inférieure bloquants est utilisé en second
Rue du 24 Septembre 7 à 130/80 mmHg. plan, par exemple en présence
2800 Delémont Dans les situations où les valeurs d’autres pathologies.
tensionnelles sont très élevées,
L
a pression artérielle le patient peut ressentir oppres- Nouveautés dans le trai-
élevée, ou hypertension, sion dans la poitrine, maux de tement
fait l’objet d’une consul- tête, vertiges, troubles de la vue, Les médecins prescrivent de plus
tation sur deux. Environ 44% manque de souffle, etc. en plus de traitements combi-
de la population est concernée Souvent, les personnes concer- nés, c’est-à-dire que plusieurs
par cette pression trop élevée nées ne savent pas que leurs pro- substances – particulièrement
du sang dans les artères1 – bien pres valeurs se trouvent au-des- un inhibiteur d’angiotensine, un
que parfois elle soit due à un sus de la norme, car au début de antagonistes du calcium et un
effet « blouse blanche » rendant la maladie il n’y a généralement diurétique – se retrouvent dans
un traitement spécifique non pas encore de symptômes. difiant ses habitudes : en arrêtant un seul comprimé.
nécessaire ! de fumer, par une consommation Une nouvelle génération de
Facteurs de risque et d’alcool modérée, un contrôle médicaments est à disposition
Symptômes traitement du surpoids, la diminution du depuis 2009 : les antagonistes de
Le contrôle de la tension artériel- Les facteurs de risque sont prin- sel dans la nourriture et une la rénine. Leur innocuité et leur
le s’effectue en position assise, cipalement : tabagisme, choles- augmentation des activités phy- efficacité ont déjà été étudiées,
après cinq minutes de repos. Une térol / lipides élevés, surpoids, siques. mais nous ne disposons pas en-
tension artérielle normale doit manque d’activité physique, dia- Dans le cas où un traitement mé- core de données à long terme.
être inférieure à « 14/9 », soit bète, et la présence d’une maladie dicamenteux est tout de même
une pression de 140/90 mmHg, cardiovasculaire dans la famille. indispensable, les médecins
1 Staessen JA, Wang J, Bianchi G, Birkenhager
la pression étant mesurée en mm Chacun peut donc influencer son utilisent régulièrement des inhi- WH. Essential. Hypertension. Lancet 2003 ;
ou en cm de mercure, Hg. Toute- pronostic d’hypertension en mo- biteurs d’enzymes de conversion, 361:1629 - 41.
planète santé • Mars 2010 13nouveautés en médecine
Grippe A(H1N1) :
une fausse alerte ?
tre d’un individu à l’autre. Tou- nignes. Elle touchait néanmoins
tefois, une adaptation du virus les jeunes et pouvait être grave
à l’humain survient parfois suite pour certaines personnes à ris-
à des modifications génétiques que. Ne reflétant que le sommet
(mutations ou recombinaisons) de l’iceberg, près de 14 000 cas
et peut être à l’origine d’une ont été confirmés au laboratoire
pandémie. Le 20e siècle a vécu en Suisse. Près de 600 hospi-
trois pandémies de grippe, en talisations y furent déclarées,
1918, 1957 et 1968. Une fois les dont plusieurs dizaines en soins
vagues de pandémie passées, les intensifs, et 18 décès recensés.
virus qui en sont responsables L’alerte n’était donc en rien faus-
L
Dr Nicolas Troillet, ’année 2009 fut marquée s’installent dans le genre humain se, mais, heureusement, moins
PD Médecin-chef du par la grippe A(H1N1). et deviennent saisonniers. sévère que ce que l’on imaginait
Service des Maladies S’agissait-il d’une fausse Une pandémie pouvant être à son début. L’histoire ayant
Infectieuses alerte amplifiée par les médias et catastrophique, les virus de la montré les ravages qu’une pan-
Institut Central des Hô- ceux qui avaient intérêt à entre- grippe sont étroitement sur- démie de grippe peut provoquer,
pitaux Valaisans, Sion tenir la peur pour mieux écouler veillés dans le monde. Depuis il paraît normal que les autorités
médicaments et vaccins ? le début des années 2000, cette sanitaires aient rapidement pris
Les virus de la grippe sont impré- surveillance était focalisée sur des mesures importantes, même
visibles. Ils changent continuel- le virus A(H5N1), responsa- si rétrospectivement celles-ci ont
lement. A partir de leurs hôtes ble d’une épizootie tuant des pu paraître exagérées. D’autres
naturels, les oiseaux aquatiques millions de volailles et occasion- pandémies de grippe survien-
sauvages, ils peuvent atteindre nant quelques centaines de cas dront. Leur imprévisibilité nous
les humains par l’intermédiaire particulièrement graves chez les rappellera encore que l’incerti-
des volailles ou des porcs. Ces humains. C’est dans ce contexte tude accompagne immanqua-
passages entre espèces donnent que fut identifié en avril 2009 blement la réponse à une telle
le plus souvent lieu à des culs-de- le nouveau virus A(H1N1), un menace. L’expérience acquise en
sac évolutifs. En d’autres termes, lointain descendant du virus de 2009 sera utile.
cela signifie que le virus aviaire 1918. Au fil des semaines et des
ou porcin peut provoquer une mois, il s’avéra que cette nouvelle
infection « accidentelle », plus ou pandémie, si elle se répandait
moins grave pour l’homme, sans vite à travers le monde, causait
pour autant pouvoir se transmet- le plus souvent des grippes bé-
RONFLEMENT ?
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