L'environnement technologique du traducteur en 2004 : résumé

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Environnement technologique du traducteur

  L’environnement technologique du traducteur en 2004 :
                        résumé
                              Jean-Marie Vande Walle

Mon premier contact avec l’informatique professionnelle date de 1978. Je rédigeais à
l’époque mon mémoire pour le compte d’un éditeur de dictionnaires hollandais. Mes
collègues étudiants et moi avions reçu un ‘terminal’ et un lecteur de disquettes (de
8 pouces !) pour sauvegarder les données. De traitement de texte, point. Le langage
était du pur Cobol où nous devions insérer les balises (grasses, italiques, soulignés
uniquement). La version finale du mémoire a été ‘tapé à la machine’, il est vrai
électrique et avec un bandeau correcteur.
   En 1981, mes traductions au sein d’une compagnie d’assurances étaient encore
soigneusement rédigées sur papier et mises en page par un pool de dactylos. Il m’a
fallu attendre deux ans pour obtenir un poste de travail qui me donnait accès à
l’ordinateur central pour y stocker ma production. Tout ceci pour rappeler aux
étudiants présents dans la salle que l’informatique ne date pas d’hier, mais d’il y a
deux minutes à peine sur l’échelle du temps.
   En 1985, quelques collègues ont présenté un premier atelier aux étudiants de leur
ancienne école. Nous y donnions peu de précisions sur la nature de l’ordinateur
qu’utilisaient les traducteurs du moment. Il n’y a avait guère de choix à l’époque et
personne n’imaginait le développement de l’informatique telle que nous la connaissons
aujourd’hui. Le téléphone était encore cher pour quelqu’un qui s’installait à son
compte et les possibilités techniques comme la présélection, la déviation d’appel ou le
RNIS étaient inexistantes. Dans le même ordre d’idée, le télécopieur venait
d’apparaître sur le marché et faisait encore appel à un type de papier qui présentait
l’inconvénient – outre l’odeur – d’absorber l’encre au bout de quelques jours. Les
imprimantes à picots sur papier en accordéon régnaient en maître et étaient même
recouvertes d’un capot qui absorbait parfois le bruit infernal du chariot. Il était inutile
aussi de préciser le type de logiciel. Un programme de traitement de texte était souvent
installé de série sur le disque dur (de 10 Mo) et il n’était pas question d’en changer. Le
choix était d’ailleurs restreint. Je me souviens que mon premier traitement de texte
(DisplayWrite) faisait exactement ce que son nom signifie : il affichait sur un écran
monochrome de 12 pouces les mots que je tapais au clavier. Heureusement, il les
sauvait aussi sur une disquette. Bref, il convient de se rendre compte que ce passage à
l’informatique représentait une véritable révolution en 1985 pour le traducteur libéral.
   Quelques années plus tard, les projections se faisaient un peu plus précises sans être
exactes pour autant. On se doutait bien que les ordinateurs de l’an 2000 seraient plus
puissants mais personne n’avait imaginé la surenchère de rapidité des processeurs,
l’explosion de la taille des disques durs, ni surtout l’ouverture d’Internet au public. Il
existait des réseaux propriétaires comme Compuserve et l’avenir, en 1991, se trouvait
bien là. Mais toujours avec des modems poussifs (600 ou 1 200 bps). Pour le matériel,
les spécialistes ne se sont pas tellement trompés en 1991. L’écran couleur,

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l’imprimante laser, la banque à distance, l’intégration dans un réseau, la carte son, le
processeur puissant, tout y est. Seuls bémols, la télécopie couleur (qui existe mais n’a
jamais percé) et les mégas dépôts ne sont pas au rendez-vous. En revanche, c’est la
déroute totale pour les logiciels.
   Puisque les traducteurs n’excellent pas dans la prospective, tournons-nous plutôt
vers une enquête sur le terrain pour voir de quoi est fait le poste de travail du
traducteur en 2004.
   Le matériel est clairement un ordinateur de type PC, même si quelques gourmets
férus de la pomme font encore un peu de résistance. Sans doute faut-il y voir la
souplesse du matériel PC : pléthore de configurations matérielles possibles,
modularité, prix des accessoires et extensions, etc. Nous verrons que l’offre logicielle
n’est pas étrangère au phénomène.
   L’imprimante laser est de moins en moins chère et occupe une position dominante
sur le marché. Toutefois, pour l’impression en couleur, les traducteurs font toujours
confiance à une imprimante à jet d’encre. En règle générale, l’imprimante ne constitue
plus une pièce maîtresse de la configuration. Les traducteurs les plus âgés impriment
encore beaucoup (parfois même les courriels !) mais les plus jeunes ont intégré
l’échange électronique de fichiers et la relecture des documents traduits à l’écran. Un
écran qui devient de plus en plus grand. Le 15 pouces a définitivement cédé la place au
17 pouces minimum et parfois même au 19 pouces. Petit à petit, l’écran plat se
généralise. Il est proposé de série dans la plupart des nouvelles configurations. Et
toujours en couleurs.
   Une connexion Internet est indispensable dans la plupart des cas, pour
recevoir/livrer les traductions comme pour rechercher des informations sur le réseau.
En Europe, la connexion est obligatoirement de type haut débit (ADSL, câble, CPL).
Le traditionnel modem 2 400 bps sert tout au plus de roue de secours chez les plus
nostalgiques.
   Le numériseur se rencontre souvent aussi chez les traducteurs. Non pas pour
manipuler les images mais pour la reconnaissance optique de caractères.
   Le système d’exploitation est conditionné par la plateforme matérielle. Désormais,
le tout-graphique est devenu la norme. Sur les PC, l’environnement Windows règne
sans partage et MacOS en fait de même dans le monde Apple. En réalité, il n’y a guère
de choix car les systèmes d’exploitation sont fournis d’origine à l’achat d’un
ordinateur et peu de traducteurs songent à la possibilité d’utiliser des solutions plus
souples.
   En ce qui concerne les logiciels, force est de constater qu’il n’existe aucun
environnement de traduction intégré. Bien sûr, on n’imagine plus le traducteur de 2004
sans un traitement de texte (omniprésence de MS Word, élément de la suite
bureautique MS Offfice) mais il faut y ajouter une foule d’autres briques qui facilitent
le travail. On songe ici à un navigateur (Iexplorer ou Firefox), à des utilitaires qui
permettent de gérer les documents (Acrobat pour les fichiers PDF, Winzip ou Stuffit
pour les fichiers compressés) ou à un antivirus et un pare-feu pour assurer la sécurité
des longues heures de navigation sur la toile. Ou encore un éditeur HTML simple et un
programme de reconnaissance de caractères (Omnipage ou Iris). Très vite, le
traducteur se sentira à l’étroit et fera l’acquisition d’autres utilitaires comme un

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gestionnaire de disques virtuels pour ses dictionnaires sur CD, un programme
graphique (Paintshop) ou un autre de téléphonie par Internet (Skype). Si sa méthode de
travail le justifie, il installera un programme de reconnaissance vocale (Dragon). Pour
faciliter la manipulation des documents, il fera appel à des jeux de macrocommandes
qu’il aura écrites lui-même ou puisera dans l’offre commerciale (DtSearch,
Wordfisher, Wordmonger).
   À mesure que sa clientèle se développe, le traducteur sera confronté au problème de
la gestion des traductions antérieures et se tournera vers une mémoire de traduction qui
lui permettra également de gérer sa terminologie (Trados, Wordfast, DejaVu). S’il se
spécialise dans un segment du marché comme le clonage de sites, il ne pourra faire
l’impasse sur des éditeurs évolués comme Dreamweaver ou GoLive, des logiciels de
graphisme puissants comme Photoshop, Illustrator ou Freehand. Ceux qui privilégient
l’édition se tourneront vers la version complète d’Acrobat, Quark et Framemaker. Les
spécialistes du sous-titrage ou du doublage ont également à leur disposition une série
d’outils spécifiques, parfois conçus pour ou par le client (studio, chaîne de TV, etc.).
Enfin, quand le traducteur s’intéresse de plus près à la localisation de logiciels, les
outils ne manquent pas (Catalyst et Passolo sont les plus courants).
   Cette brève présentation est loin d’être exhaustive. Bien entendu, tout panachage est
possible. En fait, la configuration matérielle du poste de travail est désormais une
question de préférences (taille de l’écran, couleurs, clavier/souris avec ou sans fil,
etc.). Toutes les combinaisons sont possibles. La puissance de l’ordinateur sera plus
déterminée par le nombre de logiciels ouverts en parallèle que par le prix ou la
disponibilité du matériel. En revanche, la plate-forme logicielle du traducteur en 2004
sera plutôt influencée par des facteurs subjectifs (un peu) et pratiques (beaucoup). Ce
sera avant tout un savant compromis entre les divers aspects commerciaux de la
profession (ai-je économiquement avantage à utiliser les mêmes outils que mon client,
comment amortir ces achats et la formation inévitable, vais-je mieux traduire ou
traduire plus vite, etc. ?).
   Une conclusion s’impose en la matière : l’évolution est permanente et rapide. Il est
suicidaire d’en rester à une configuration figée. Si le traducteur de 2004 ne s’intéresse
pas à ses outils de travail, il sera dépassé en quelques mois. Il veillera par conséquent à
s’informer (forums, lettres d’information, expos, conférences, associations
professionnelles, etc.) ; il n’hésitera jamais consacrer quelques minutes à une démo ou
un essai ; il lira la presse spécialisée ; il écoutera l’avis de ses collègues. Bref, il fera
mentir l’adage qui veut que la curiosité soit un vilain défaut. C’est tout le contraire : la
curiosité est un sérieux atout.

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