Les différents visages du cancer du poumon - Combattre la maladie

 
Les différents visages du cancer du poumon - Combattre la maladie
Les différents visages du
  cancer du poumon
        Combattre la maladie,
           combattre les disparités
Les différents visages du cancer du poumon - Combattre la maladie
REMERCIEMENTS
Le présent rapport a été rédigé et conçu dans l’objectif de faire entendre les voix et faire connaître les
visages des patients et des familles qui vivent avec le cancer du poumon, partout au Canada. Cet effort
n’aurait pas été possible sans entendre VOS voix – MERCI. Un remerciement tout particulier à chacun des
membres du groupe :

   Anne Marie Cerato (Toronto, Ontario) qui a prêté                 Mary Anne Fillipone (Victoria, Colombie-
   sa voix aux jeunes visages du cancer du poumon.                  Britannique) dont la détermination à changer les
   Frances Cerato, mère d’Anne Marie, dont le mari et               choses et à parler haut et fort représente l’importance
                                                                    de faire entendre la voix des patients. Les patients
   la fille sont atteints d’un cancer du poumon et dont             qui vivent avec le cancer du poumon doivent se faire
   l’histoire met en lumière les répercussions de la maladie        entendre et méritent d’être entendus.
   sur les familles.

   Patrick Bardos, fiancé d’Anne Marie, qui l’a rencontrée          Jessica Miller (Montréal, Québec) qui est la preuve
                                                                    que le cancer du poumon peut frapper n’importe qui –
   après qu’elle ait reçu le diagnostic. Il représente l’espoir     si vous avez des poumons, vous pouvez avoir le cancer
   de réaliser ses rêves et de profiter de l’avenir auquel          du poumon.
   toute personne aux prises avec le cancer du poumon a
   droit.                                                           Le Col Dr Jacques Ricard (Ottawa, Ontario)
   Natalie Deschamps (Ottawa, Ontario) dont la voix                 dont l’histoire souligne l’importance du diagnostic et
                                                                    de l’accès au traitement en temps opportun. Parfois,
   et la force représentent le rôle énorme de l’aidant dans         quelques jours peuvent vraiment changer les choses.
   la vie d’une personne atteinte d’un cancer du poumon.            Merci d’avoir servi notre pays. Espérons que le présent
   Mark est chanceux de t’avoir à ses côtés.                        rapport et le système de santé vous rendront la pareille.

                                                                    Ruth Wasylenko (Edmonton, Alberta) dont la voix
                                                                    nous rappelle l’espoir que les essais cliniques peuvent
                                                                    apporter.

La recherche, le diagnostic et le traitement du cancer du poumon ne seraient pas possibles sans le
dévouement et l’expertise d’une équipe exceptionnelle de professionnels de la santé. Cancer pulmonaire
Canada souhaite remercier de tout cœur les médecins qui ont communiqué leur point de vue clinique et leurs
connaissances et qui ont donné leur opinion tout au long de la préparation du présent rapport :
Dr Jason Agulnik, pneumologue (Montréal, Québec)                    Dr Quincy Chu, oncologue médical (Edmonton, Alberta)
Dre Rosalyn Juergens, oncologue médicale (Hamilton, Ontario)        Dre Natasha Leighl, oncologue médicale (Toronto, Ontario)
Dr Tony Reiman, oncologue médical (Saint John, Nouveau-Brunswick)   Dre Silvana Spadafora, oncologue médicale (Sault Ste. Marie, Ontario)
Dr Paul Wheatley-Price, oncologue médical (Ottawa, Ontario)         Dr Zhaolin Xu, pathologiste pulmonaire (Halifax, Nouvelle-Écosse)

Cancer pulmonaire Canada est un organisme national de bienfaisance qui agit
comme une ressource de premier plan en matière d’éducation sur le cancer du
poumon, de soutien aux patients et de promotion des droits des patients. En outre,
il est membre de la Global Lung Cancer Coalition et est le seul organisme canadien
axé exclusivement sur le cancer du poumon.
Les différents visages du cancer du poumon - Combattre la maladie
Un combat
   pour l e’ spoir…
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Les différents visages du cancer du poumon - Combattre la maladie
Les différents visages du cancer du poumon
          Combattre la maladie, combattre les disparités

Un diagnostic de cancer du poumon est le début d’un combat – un combat pour que s’élève l’espoir de
vaincre une maladie qui fait le plus souvent de nombreuses victimes. Pour la majorité des Canadiens
atteints, la maladie fait naître une bataille contre d’autres ennemis : les disparités.

Même si le système de santé canadien se targue de son universalité et de son application du principe
d’égalité, cela ne suffit pas. Encore davantage que les Canadiens atteints d’autres cancers ou maladies, les
patients aux prises avec le cancer du poumon font face à des difficultés importantes liées à des disparités
qui les touchent profondément dans cinq sphères, abordées dans le présent rapport :

      •     LA STIGMATISATION

      •     LES VICTIMES

      •     LE DIAGNOSTIC

      •     LE TRAITEMENT

      •     LA RECHERCHE

Il faut en faire plus, au Canada, pour s’assurer que chaque personne qui reçoit un diagnostic de cancer du
poumon – la forme de cancer la plus courante et mortelle au pays – et sa famille puissent surmonter les
disparités et donc ouvrir la porte à l’espoir.
Le cancer du poumon n’est pas la maladie d’une seule personne. Lorsqu’il frappe, il ne touche pas
seulement un patient, mais aussi sa famille entière. Le combat contre la maladie est non seulement livré par
la personne atteinte, mais par une équipe complète de professionnels de la santé attentionnés. Trouver un
traitement qui permettra de guérir le cancer du poumon demande la participation de grandes équipes de
chercheurs et un financement suffisant.
Le cancer du poumon a différents visages au Canada. Chacun présente une perspective différente de cette
maladie redoutable. De plus, ces visages expriment un souhait commun : entretenir l’espoir qu’il est possible
de vaincre le cancer du poumon.

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DISPARITÉ NO 1 :
LA STIGMATISATION – PERSONNE NE MÉRITE D’AVOIR
LE CANCER DU POUMON
Contrairement aux autres cancers, le cancer du poumon suscite une forte stigmatisation – les personnes atteintes
sont responsables de l’apparition de la maladie parce qu’elles ont fumé. Une enquête menée à l’échelle nationale
en 2010 a révélé que 1 Canadien sur 5 (22 %) déclarait éprouver moins de sympathie envers les personnes
atteintes d’un cancer du poumon qu’envers celles souffrant d’autres cancers en raison de son association avec le
tabagisme 1.

LA RÉALITÉ : Au Canada, 1 homme sur 12 et 1 femme sur 14 recevront un diagnostic de cancer du poumon 2.
Parmi les patients ayant reçu le diagnostic, 15 % n’ont jamais fumé de leur vie, alors que
35 % de plus sont d’anciens fumeurs qui, dans beaucoup de cas, ont abandonné le tabac plusieurs années avant
que le diagnostic tombe. Pour des raisons qu’on ignore encore, les femmes non-fumeuses sont significativement
plus susceptibles de recevoir un diagnostic de cancer du poumon que les hommes non-fumeurs.

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Cette tendance à associer le cancer du poumon au tabagisme provoque souvent des réactions négatives et des
blâmes de la part des autres, qui supposent que la personne est personnellement responsable de sa maladie. Il
faut cependant se rappeler que :

  •       Le tabagisme est légal au Canada. La vente des produits du tabac est répandue malgré des preuves
		        évidentes étayant les risques pour la santé associés au tabagisme, notamment la maladie cardiaque
		        et les maladies pulmonaires telles que l’emphysème, l’asthme et le cancer du poumon.

  •       Le tabagisme, bien qu’il soit considéré comme une mauvaise habitude, provoque une
		        forte dépendance.

  •       Les caractéristiques génétiques propres à chaque personne peuvent prédisposer certaines d’entre
		        elles au cancer du poumon et le prévenir chez d’autres, que ces personnes fument ou non.

  •       Des facteurs environnementaux peuvent également causer le cancer du poumon, par exemple
		        l’exposition à la fumée secondaire, au radon ou à l’amiante ou encore à d’autres substances
		        en milieu de travail.

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Les différents visages du cancer du poumon - Combattre la maladie
Les soins de santé doivent être prodigués sans porter de jugement. On peut, et même on doit, suggérer
aux patients des lignes de conduite favorisant une bonne santé; il faut même les encourager à les adopter.
Toutefois, les personnes atteintes ne méritent pas de porter en plus le fardeau de la culpabilité et de la
stigmatisation. Les personnes souffrant de maladies cardiaques ne sont pas blâmées d’être fumeuses, on ne leur
demande pas quelle quantité d’aliments malsains elles ont mangée et on ne leur reproche pas de ne pas avoir fait
assez d’exercice. Les personnes qui sont blessées en pratiquant un sport dangereux ou dans un accident causé
par une mauvaise conduite automobile ne sont pas stigmatisées en salle d’urgence. De la même manière, les
personnes atteintes d’un cancer du poumon ne doivent pas être jugées.

Cancer Pulmonaire Canada croit que les patients atteints d’un cancer du poumon ont droit à toutes les
possibilités, aux soins et au soutien du public qui sont offerts aux autres patients cancéreux. Éliminer la
stigmatisation du cancer du poumon serait un grand pas en avant dans la réduction des disparités.

       “Je trouve que je dois encore justifier la maladie de mon mari auprès des
       autres. Il était un homme en bonne santé et athlétique et il n’a jamais fumé. Il
       faisait encore de la course à pied régulièrement
       lorsqu’il a consulté un médecin en raison d’une
       tache derrière l’œil. C’était en fait une tumeur
       secondaire du cancer du poumon. C’était il y a
       trois ans. Il avait 40 ans; nos filles étaient âgées
       de 5 et 7 ans.”
       – Natalie Deschamps, épouse d’un homme aux prises avec
       le cancer du poumon, Ottawa (Ontario)

       “L’association entre le cancer du poumon et le tabagisme est très ancrée dans
       l’esprit des gens. En tant que non-fumeuse atteinte d’un cancer du poumon, je fais
       face de temps en temps à une stigmatisation liée à ma maladie. Les gens ne sont
       pas souvent en contact avec des personnes comme moi qui se retrouvent, du jour
       au lendemain, atteintes d’un cancer du poumon au stade avancé.”
       – Mary Anne Fillipone, épouse et mère atteinte d’un cancer du poumon, Victoria (Colombie-
       Britannique)

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DISPARITÉ NO 2 :
LES VICTIMES – L’IMPACT DU CANCER DU POUMON
CHEZ LES CANADIENS
Quelle que soit sa cause, le cancer du poumon fait beaucoup de victimes, ce qui constitue, malheureusement, une
grande disparité entre le cancer du poumon et les autres types de cancer 3.

LE CANCER DU POUMON EST LA PRINCIPALE CAUSE DE MORTALITÉ PAR CANCER AU
CANADA, TANT CHEZ LES HOMMES QUE CHEZ LES FEMMES
                                                                             AU CANADA, PLUS DE                                   1 DÉCÈS PAR CANCER SUR 4 (27 %) EST
                                                                             ATTRIBUABLE AU CANCER DU POUMON
                                                                             TOUTES LES 27 MINUTES, UN CANADIEN MEURT DU CANCER DU
                                                                             POUMON
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                                                                 LE CANCER DU POUMON TUE MAINTENANT PLUS DE CANADIENS QUE LE CANCER
                                                                      COLORECTAL, LE CANCER DU SEIN ET LE CANCER DE LA PROSTATE RÉUNIS.
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 Colorec

                                                                                                                                  LE TAUX DE SURVIE À 5 ANS DU CANCER DU POUMON, DE L’ORDRE DE
                                                                                                                                     17 %, SE SITUE PARMI LES PLUS FAIBLES DE TOUS LES CANCERS.

                                                                                                                                                            Taux de survie relatif à 5 ans pour les
           Estimation des décès attribuables au cancer                                                                                                          différents cancers au Canada
                       au Canada, en 2014                                                                                           Types de cancers

                 Types de cancers
                                                                                                                                                                                                                     98                      Thyroïde
                                                                                                                                                                                                                  97                         Testicule
                                                                                                                                                                                                                96                           Prostate
   Cancer du
    poumon                                                                                                                                                                                                 88                                Sein
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                                                                                                                                                                                     59                                                      Leucémie
                                                                                                                                                                           43                                                                Myélome
        Autres
       cancers                                                                                                                                                   25                                                                          Estomac

                                                                                                                   Nombre
                                                                                                                                                            17                                                                               POUMON
                                                                                                                   de décès                            14                                                                                    Œsophage
                        0             5000            10000             15000            20000             25000                                   8                                                                                         Pancréas
                                                                                                                                                                                                                                       % de survie
                                    Colorectal                        Sein                             Prostate                            0           20             40          60             80             100           120

                                Source : Société canadienne du cancer, Canadian Cancer Statistics 2014, p. 45                                                Source : Société canadienne du cancer, Canadian Cancer Statistics 2014, p. 66

                 Les différents visages du cancer du poumon                                                                   6        Combattre la maladie, combattre les disparités
“Lorsque j’a i reçu mon diagnostic de cancer du poumon à un stade avancé en
décembre 2011, on m’a dit qu’il me restait 6 mois à vivre. Cela n’a pas été facile, mais j’ai
participé à un essai clinique et, aujourd’ hui, en octobre 2014, je suis
encore ici. Après mon diagnostic, j’ai mis de l’ordre dans mes affaires. Le
temps additionnel qui m’a été accordé est très précieux. Il m’a permis
de me secouer et d’oser faire des choses dans ma vie que je n’aurais pas
eu le courage de faire avant.”
          - Ruth Wasylenko, femme prêtre livrant bataille contre le cancer du poumon,
          Edmonton (Alberta)

DISPARITÉ ENTRE LES SEXES ET LES RÉGIONS
GÉOGRAPHIQUES AU CANADA
Au pays, les taux de cancer du poumon et le taux de survie varient de façon importante entre les hommes et les
femmes et entre les provinces.

                                                                                                                      Estimation du nombre de cas
                                                                                                                   du cancer du poumon par province
                                                                                                                           et territoire en 2014
                                                                                                                                                   Canada
                                                                                                                                                   Hommes : 13400
                                                                                                                                                   Femmes : 12700
                                                                                                                                                   Nombre total de cas 26100
                             121*
                                                                                 330**

                                                                                                                                                                 450
            3050
                                          2100
                                                                              104
                                                                                                                                     8200
                                                                                                                                                                       135
                                                          760                                         8800

                                                                                                                                                                  940
   NOTE : Les données du Yukon ne sont pas disponibles
   Source : Société canadienne du cancer, Canadian Cancer Statistics 2014, p. 36
                                                                                                                                                        790
   * Cancer in the Northwest Territories 2001 - 2010, Northwest Territories Health and Social Services,
      publication en mars 2014, p. 10.
   ** Lung Cancer Nunavut, 1999 - 2000. Lung and Bronchus Cancer, Age Standardized Rate per
      100,000 in 2010, publication en juillet 2013, p. 2. En ligne : http://www.gov.nu.ca/sites/default/files/files/Lung_Bronchus_Final_16Jul2013%282%29.pdf.

        Les différents visages du cancer du poumon                                                           7           Combattre la maladie, combattre les disparités
Estimation du nombre de cas de cancer du poumon par 100 000 personnes,
                            en fonction du sexe et de la province, 2014 (nombre de cas entre parenthèses)
                               C.-B.                                            Alb.                        Sask.                                     Man.                                                  Ont.                                                     Qc
 Hommes                     46 (1500)                                       51 (1050)                      52 (360)                                 55 (430)                                            52 (4500)                                             77 (4300)
 Femmes                      41 (1550)                                     44 (1050)                       51 (400)                                 49 (450)                                            42 (4300)                                            60 (3900)
                               N.-B.                                          N.-É.                        Î.-P.-É.                                 T.-N.-L                                           T. N.-O.*                                                   Nt**
 Hommes                      75 (420)                                       68 (470)                       72 (75)                                  70 (270)                                                  (61)                                                 (183)
 Femmes                      55 (370)                                       56 (470)                       46 (60)                                  42 (180)                                                  (60)                                                 (147)
Nombre de cas entre parenthèses                                                                                           ** Lung Cancer Nunavut, 1999 - 2000. Lung and Bronchus Cancer, Age Standardized Rate per 100,000
NOTE : Les données du Yukon ne sont pas disponibles.                                                                         in 2010, publication en juillet 2013, p. 2. En ligne : http://www.gov.nu.ca/sites/default/files/files/
Source : Société canadienne du cancer, Canadian Cancer Statistics 2014, p. 36                                                Lung_Bronchus_Final_16Jul2013%282%29.pdf.
* Cancer in the Northwest Territories 2001 - 2010, Northwest Territories Health and Social Services,
  publication en mars 2014, p. 10.

LA RÉGION OÙ VOUS VIVEZ A DE L’IMPORTANCE
  • La Colombie-Britannique montre les plus faibles taux, tant chez les hommes que les femmes.
  • Le Québec présente les taux les plus élevés chez les hommes et les femmes.
  • Les taux de survie à 1 an varient de 40,7 % au Manitoba à 33,2 % à l’Île-du-Prince-Édouard.
  • Les Statistiques canadiennes sur le cancer ne comprennent pas les taux d’incidence propres au Yukon, au Nunavut et aux
		 Territoires du Nord-Ouest. Cependant, les rapports des organismes de santé régionaux indiquent qu’il existe de grandes
		 différences entre les taux d’incidence et de mortalité observés dans ces provinces comparativement au reste du Canada.
		 Par exemple :
		 g Le taux de mortalité attribuable au cancer du poumon au Yukon semble être plus élevé que dans les autres provinces et
			      territoires canadiens 4
		 g Le taux de mortalité attribuable au cancer du poumon chez les femmes est 1,5 fois plus élevé dans les Territoires du
			      Nord-Ouest que dans le reste du Canada 5

              Taux de survie à 1 an, par province
                pour les cas entre 2001 et 2015                                                                                              Taux de survie à 5 ans, par province
              % de survie                                                                                                                      % de survie
              60
                                                                                                                                              50

              50
                                                                                                                                              40
                     40,7 39,9
              40               37,3                 37,1 36,5
                                                                        36,2 35,6 34,6 33,2                                                   30
              30
                                                                                                                                              20          20             19                                                                    17
                                                                                                                                                                                       17
                                                                                                                                                                                                     16            14            16
              20                                                                                                                                                                                                                                             14
                                                                                                                                              10
               1
                                                                                                                                                0
               0                                                                                                                                         Man. N.-B. ONT. CAN. N.-É. ALB. C.-B. SASK. Î.-P.-E.
                     Man. N.-B. ONT. CAN. N.-É. ALB. C.-B. SASK. Î.-P.-E.                                                                                                                   Canadian Cancer Statistics, 2014 ‡
                       Data Sources: Canadian Partnership Against Lung Cancer, Lung Cancer in Canada:
                      A Supplemental Systems Report, 2011; Statistics Canada, Canadian Cancer Registry 6

                                                                                                                          ‡
                                                                                                                           Les statistiques canadiennes sur le cancer ne comprennent pas les données du Québec en raison de la différence entre la méthode utilisée au Québec et
                                                                                                                          celle utilisée par les autres provinces et territoires pour vérifier la date du diagnostic de cancer, et aussi en raison de difficultés à vérifier adéquatement si les
                                                                                                                          sujets étaient toujours en vie ou non. Les statistiques canadiennes sur le cancer ne comprennent pas non plus les données de l’Île du-Prince-Édouard, car elles
                                                                                                                          semblaient moins précises que celles des autres provinces en raison du nombre relativement faible de cas de cancers dans cette province.

            Les différents visages du cancer du poumon                                                                8             Combattre la maladie, combattre les disparités
LE CANCER DU POUMON EST UN CANCER FÉMININ!
Le cancer du poumon est, de loin, la principale cause
des décès attribuables au cancer chez les femmes
canadiennes, avec 9700 victimes en 2014 – ce chiffre est                             Estimation des décès attribuables à divers cancers
presque deux fois plus élevé que les 5000 femmes qui                                        chez les FEMMES canadiennes, 2014
mourront d’un cancer du sein et de 20 % supérieur aux
8050 femmes qui décéderont des suites de tous les autres
cancers féminins réunis (sein, ovaire, corps de l’utérus et
col de l’utérus).7                                                                     Cancer du
                                                                                        poumon                        9700
Au Canada, le taux de mortalité par cancer du poumon
chez les femmes est plus élevé que dans des pays tels
que les États-Unis, l’Australie, l’Allemagne et la France.                                                                             380
En fait, selon un rapport publié en 2013 par l’Institut                                   Cancers
                                                                                     « féminins »          5000             1750
canadien d’information sur la santé (ICIS), les taux de
mortalité associée au cancer du poumon chez les femmes                                                                              920                                  Nombre
canadiennes sont presque deux fois plus élevés que les                                                                                                                   de décès
                                                                                                    0   2000      4000       6000       8000        10000     12000
taux moyens observés dans les 34 pays énumérés dans le
rapport.8                                                                                               Sein       Ovaire       Corps de l’utérus      Col de l’utérus
Cependant, il y a une grande disparité quant à la
sensibilisation des femmes à propos du nombre de                        Source : Société canadienne du cancer, Canadian Cancer Statistics 2014, p. 45

victimes que fait le cancer du poumon. Selon une enquête
récente menée dans tout le pays, seulement 11 % des
femmes canadiennes ont nommé le cancer du poumon
comme étant le cancer faisant le plus de victimes chez les
femmes. La majorité des répondantes (58 %) ont nommé le cancer du sein comme étant le cancer faisant le plus
de victimes chez les femmes, et 13 %, les cancers gynécologiques.9
Alors que les taux de diagnostic de cancer du poumon sont en constante baisse chez les hommes depuis les 30
dernières années, les taux d’incidence observés chez les femmes ont augmenté de manière constante au cours de
la même période.10
Cette différence reflète possiblement les variations des taux de tabagisme chez les hommes et les femmes
observées à divers moment dans le passé. CEPENDANT, le tabagisme ne peut expliquer les différences de façon
adéquate. Le cancer du poumon évolue de façon différente chez les hommes et les femmes; les recherches
portent à croire que la maladie apparaît à un plus jeune âge chez les femmes.11
Les taux de cancer du poumon sont beaucoup plus élevés chez les femmes qui n’ont jamais fumé que chez
les hommes qui n’ont jamais touché au tabac. Des facteurs génétiques et une exposition accrue à la fumée
secondaire pourraient en être la raison 12. Il faut faire savoir au public que le cancer du poumon est une maladie
importante qui touche les femmes canadiennes – il s’agit d’une maladie de femmes.

Cancer pulmonaire Canada s’efforce de réduire l’incidence de la maladie et d’améliorer le devenir
des personnes atteintes d’un cancer du poumon. Beaucoup de choses peuvent et doivent être
faites pour les quelque 25 000 familles canadiennes qui seront affectées par un diagnostic de
cancer du poumon cette année.

        Les différents visages du cancer du poumon                         9      Combattre la maladie, combattre les disparités
DISPARITÉ NO 3 :
LE DIAGNOSTIC – DÉPISTAGE ET EXAMENS
Les disparités relatives au cancer du poumon comprennent deux composantes très différentes liées au diagnostic :

  1.         Le dépistage : Il manque de programmes exhaustifs de dépistage auprès des populations à risque
		           permettant de déceler de façon précoce le cancer du poumon et ainsi améliorer les chances de
		           réussite du traitement.

  2.         L’analyse moléculaire : La nécessité de
		           comprendre le profil moléculaire du cancer du
		           poumon de chacun des patients afin d’élaborer
		           un plan de traitement personnalisé répondant
		           à ses besoins est croissante. L’analyse moléculaire,
		           qui est maintenant bien ancrée dans le traitement
		           des cancers, doit être facilement accessible à tous
		           les patients.

DÉPISTAGE PRÉCOCE

Plus vite un cancer du poumon est diagnostiqué, meilleures sont les possibilités de traitement, car seuls les
cancers diagnostiqués dès les premiers stades pourraient être guéris. Une grande partie des améliorations
observées dans la survie des personnes atteintes de cancer du sein, colorectal et du col de l’utérus est
attribuable à un dépistage précoce à la suite d’examens réguliers, même chez les personnes exposées à un
risque modéré attribuable, par exemple, à l’âge. Cependant, près de la moitié (48 %) des diagnostics de cancer
du poumon sont posés alors que le cancer est déjà au stade 4 – soit le stade le plus avancé, ce qui signifie que la
maladie s’est déjà propagée à l’extérieur des poumons –, et 27 % des cas sont diagnostiqués au stade 3.13

Grâce à l’arrivée de nouvelles technologies, les méthodes de dépistage permettant de déceler le cancer du
poumon à un stade précoce ont connu des progrès considérables au cours des dernières années. Pendant
longtemps, la radiographie thoracique était la seule méthode de dépistage offerte, mais sa valeur était mitigée,
car elle ne permettait pas de visualiser les tumeurs de petite taille, elle pouvait donner un sentiment de fausse
sécurité, et ses bienfaits n’avaient pas été démontrés lors d’études cliniques.

La méthode la plus récente, c’est-à-dire le dépistage par tomodensitométrie à faible dose, est beaucoup plus
prometteuse, car elle permet de visualiser le tissu pulmonaire de façon détaillée tout en exposant le patient
à seulement 20 % des radiations reçues lors d’une tomodensitométrie ordinaire. En 2011, un groupe d’experts
réunis par le Partenariat canadien contre le cancer dans l’objectif d’examiner le dépistage du cancer du poumon
a révélé que selon les résultats de l’étude National Lung Screening Trial menée aux États-Unis, on pourrait
s’attendre à ce que la mise en œuvre d’un programme exhaustif de dépistage par tomodensitométrie à faible
dose destiné aux Canadiens à risque sauve plus de 1200 vies par année.14

      Les différents visages du cancer du poumon         10    Combattre la maladie, combattre les disparités
Au pays, l’Étude pancanadienne sur le dépistage précoce du cancer du poumon s’est penchée sur la façon
d’inclure le dépistage du cancer du poumon à nos systèmes de soins de santé et sur le coût qui s’y rattacherait.
L’étude a révélé que le dépistage pourrait faire économiser un montant important au système de santé.
Dans l’étude, le coût moyen associé au dépistage par tomodensitométrie à faible dose des personnes exposées
à un risque élevé de cancer du poumon s’établissait à 453 $ pour les 18 premiers mois de dépistage suivant
un examen tomodensitométrique initial. Si un patient peut être traité par chirurgie curative, le coût moyen
s’élèverait à 33 344 $ sur 2 ans. Ce montant est significativement plus faible que le coût moyen du traitement
du cancer du poumon à un stade avancé par chimiothérapie, radiothérapie ou à l’aide de soins de soutien
seulement, qui s’élève à 47 792 $ par patient.15

Cancer pulmonaire Canada s’engage à soutenir et à diriger les efforts visant à rendre le dépistage du
cancer du poumon plus accessible aux Canadiens à risque de présenter la maladie. Nous incitons toutes
les provinces et tous les territoires à mettre sur pied des programmes pilotes de dépistage du cancer du
poumon. La prise en compte du dépistage de la maladie doit également faire partie de l’ensemble des
budgets de soins de santé provinciaux et territoriaux.

ANALYSE MOLÉCULAIRE
Des avancées considérables ont été réalisées au cours des dernières années afin d’identifier de plusieurs
marqueurs génétiques importants du cancer du poumon – des mutations qui différencient les formes de cancer
du poumon non à petites cellules. Divers nouveaux médicaments ciblant spécifiquement ces mutations ont été
mis au point à partir de ces découvertes. Les nouveaux traitements ciblés sont généralement à prise orale et
peuvent être administrés à domicile. Ils sont souvent plus efficaces et entraînent moins d’effets indésirables que la
chimiothérapie classique administrée par perfusion intraveineuse à l’hôpital.

Un échantillon prélevé d’une tumeur du patient est soumis à une analyse moléculaire afin de vérifier si ce dernier
pourrait tirer des bienfaits d’un traitement ciblé. Des traitements ciblant les marqueurs génétiques suivants sont
actuellement offerts :

  •     Récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR, pour epidermal growth factor
		      receptor) : Le gène qui produit la protéine EGFR connaît une mutation chez environ 10 à
		      15 % des patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules et dans près de la
		      moitié des cancers du poumon touchant les personnes n’ayant jamais fumé.16

  • Kinase de lymphome anaplasique (ALK, pour anaplastic lymphoma kinase) : L’analyse moléculaire
		 permet de déceler la fusion anormale du gène ALK avec d’autres gènes, habituellement EML4. La fusion
					                  EML4-ALK est décelée chez environ 2 % des personnes atteintes d’un cancer du
                                         poumon non à petites cellules.17

                                                 Bien que ces progrès soient positifs, ils n’apportent des bienfaits
                                                  que lorsque les patients ont facilement accès aux analyses et
                                                   qu’ils peuvent en recevoir les résultats en temps opportun :

      Les différents visages du cancer du poumon         11     Combattre la maladie, combattre les disparités
•          Certains centres reçoivent les résultats d’analyse en 3 jours, d’autres en 6 semaines. Dans ce dernier
		           cas, l’attente peut avoir des conséquences importantes, car certains patients ne peuvent attendre les
		           résultats de l’analyse moléculaire et doivent amorcer une chimiothérapie classique sans délai, en
		           manquant peut-être leur chance de bénéficier d’un traitement ciblé.

  •          La réussite de l’analyse moléculaire est tributaire de la disponibilité d’un échantillon de tumeur dont
		           la qualité et la taille sont suffisantes. Ce ne sont pas toutes les biopsies qui permettent d’obtenir un
		           prélèvement adéquat pour l’analyse moléculaire.

  •          Dans certains centres, le dépistage des gènes EGFR et ALK est effectué simultanément, mais ce
		           n’est pas le cas partout. La réalisation d’une deuxième analyse s’avère nécessaire en cas de dépistage
		           négatif de l’EGFR; celle-ci prends du temps et commande d’utiliser une fois de plus le maigre
		           échantillon prélevé par biopsie.

  •          De nombreux patients doivent attendre longtemps avant de subir la biopsie ou encore doivent
		           se déplacer vers l’hôpital d’une grande ville pour qu’elle soit pratiquée – tout ça alors qu’ils souffrent
		           des effets psychologiques et physiques de leur maladie.

L’élaboration d’un algorithme d’évaluation pathologique du cancer du poumon fournirait une ligne directrice
précise aux établissements, aux professionnels de la santé et aux patients sur les interventions qui peuvent et
doivent être réalisées et sur leurs échéanciers afin que les patients puissent passer rapidement du diagnostic à
un plan de traitement personnalisé qui correspond à la forme de maladie dont ils sont atteints. Cet algorithme
est particulièrement pertinent maintenant que les traitements moléculaires ciblés montrent des résultats
prometteurs. Des traitements de prochaine génération ciblant l’EGFR et l’ALK sont en cours de mise au point,
et les chercheurs travaillent activement à la découverte de traitements ciblant d’autres marqueurs génétiques
du cancer du poumon. Des progrès visant à améliore la façon d’effectuer l’analyse moléculaire sont également
réalisés. Le séquençage de nouvelle génération est une technologie novatrice grâce à laquelle toutes les questions
moléculaires pertinentes peuvent trouver réponse en un seul test.

                                                                             Cancer pulmonaire Canada
                                                                             s’engage à soutenir et à diriger
                                                                             les efforts visant à rendre
                                                                             l’analyse moléculaire accessible,
                                                                             dans les plus brefs délais, à tous
                                                                             les Canadiens qui ont reçu un
                                                                             diagnostic de cancer du poumon
                                                                             de manière à s’assurer qu’ils
                                                                             reçoivent le traitement qui leur
                                                                             convient le mieux.

      Les différents visages du cancer du poumon          12     Combattre la maladie, combattre les disparités
“Les 8 à 10 semaines nécessaires à évaluer les patients atteints d’un cancer du
poumon et à réaliser les analyses pertinentes sont interminables pour les patients,
même si le temps requis pour ce faire, à chacune des étapes du processus, satisfait
aux normes établies. Du point de vue du système de santé, nous semblons faire du
bon travail. Du point de vue du patient, c’est beaucoup trop long.”
– Dre Silvana Spadafora, oncologue médicale, Sault Ste. Marie (Ontario)

“Obtenir des échantillons de tissus suffisants et de bonne qualité pour l’analyse est
parfois un problème dans notre laboratoire. Un échantillon doit contenir au moins 10
% de cellules tumorales afin que nos analyses puissent être réalisées, et ce n’est pas
toujours possible.”
– Dr Zhaolin Xu, pathologiste pulmonaire, Halifax (Nouvelle-Écosse)

“Certains centres envoient les échantillons pour l’analyse des gènes EGFR et ALK
dans des établissements différents; cette façon de faire est inefficace et requiert plus
de tissus prélevés par biopsie. Nous tentons de mettre en place une plateforme
d’analyse qui permettra de réaliser tous les tests en même temps. En attendant
l’aide d’Action Cancer Ontario, nous utilisons les fonds de la fondation de notre
hôpital pour y parvenir.”
– Dre Rosalyn Juergens, oncologue médicale, Hamilton (Ontario)

“J’ai su que j’étais atteint d’un cancer du poumon alors que je consultais mon médecin
pour une douleur au dos; celle-ci était causée par des métastases à la colonne
vertébrale. Mon histoire plaide en faveur du diagnostic et du dépistage précoces. Si
le diagnostic précoce avait été mis en place, mon cancer du poumon aurait peut-
être été décelé avant qu’il n’en soit au stade 4.”
– Col Dr Jacques Ricard, patient ayant reçu récemment un diagnostic de cancer du
poumon, Ottawa (Ontario)

Les différents visages du cancer du poumon       13    Combattre la maladie, combattre les disparités
DISPARITÉ NO 4 :
LE TRAITEMENT – L’ACCÈS EST LA CLÉ
L’objectif ultime du traitement du cancer du poumon est d’« administrer le bon traitement au bon patient au
bon moment ». Dans le cas du cancer du poumon :

  •         Pour les patients chez qui le diagnostic a été posé à un stade précoce, cela signifie un
		          accès en temps opportun à un chirurgien thoracique et pour ceux chez qui le diagnostic a
		          été posé à un stade avancé, cela signifie l’accès à un oncologue médical, à des radio-
		          oncologues, à des services de soins palliatifs et aux meilleurs soins de soutien.

  •         Grâce aux nouvelles technologies, comme les médicaments ciblant des molécules et la
		          radiothérapie stéréotaxique d’ablation, cela signifie que les processus thérapeutiques et
		          hospitaliers doivent faire l’objet d’une évaluation continue de façon à assurer un traitement
		          en temps opportun.

  •         Les Canadiens doivent avoir accès à des traitements novateurs et modernes. Les patients
		          qui habitent dans les grands centres ou près de ceux-ci ont accès à des soins de premier
		          ordre. La taille géographique de notre pays fait en sorte que nous devons nous assurer que
		          les personnes vivant dans les petites villes et les villages ont le même accès au traitement et
		          peuvent bénéficier des mêmes options thérapeutiques que les habitants des grandes villes.

      “Certains de mes patients parcourent déjà de longues distances pour être traités à
      Sault Ste. Marie. Leur demander de se rendre jusqu’à Toronto pour avoir accès à un
      test ou à un traitement particulier leur impose un fardeau additionnel.”
      – Dre Silvana Spadafora, oncologue médicale, Sault Ste. Marie (Ontario)

      “Nous sommes très chanceux de pouvoir profiter de notre système de santé actuel.
      Cependant, le problème auquel les patients font face est que tous n’ont pas un
      accès rapide ou complet aux services et aux traitements dont ils ont besoin alors
      qu’ils le devraient. J’ai dû me défendre ardemment pour m’assurer de recevoir ce dont
      j’avais besoin. Mais il n’est pas donné à tout le monde de livrer un tel combat, et les
      personnes incapables de le faire sont désavantagées. C’est injuste.”
      – Jessica Miller, 77 ans, patiente et défenseure des intérêts des patients, Montréal (Québec)

      Les différents visages du cancer du poumon         14     Combattre la maladie, combattre les disparités
ACCÈS À DE NOUVEAUX TRAITEMENTS
L’évaluation du remboursement des médicaments anticancéreux par chacune des provinces est un processus
complexe et de longue haleine entrepris après leur approbation par Santé Canada pour la vente au pays. Chaque
province décide si elle veut rembourser ou non les médicaments.
Le processus décisionnel peut être long et chronophage, et il en résulte une vaste disparité dans l’offre des
traitements non seulement d’une province à l’autre, mais même entre les divers hôpitaux dans certaines provinces.

Cancer pulmonaire Canada demande que l’approbation et le remboursement des nouveaux médicaments
contre le cancer du poumon soient plus rapides et aussi équitables que possible pour tous les patients, peu
importe la région où ils habitent au Canada.

       “Il n’y a pas beaucoup de traitements que nous ne pouvons offrir, mais dans le
       cas des traitements d’entretien, c’est difficile. Le problème réside dans le fait qu’au
       moment où la province approuve l’emploi d’un médicament, aucun argent n’est injecté
       dans les hôpitaux afin de payer le nouveau médicament. Chaque hôpital doit donc
       décider s’il rendra le médicament accessible ou non. C’est très frustrant
       et compliqué.”
       – Dr Jason Agulnik, pneumologue, Montréal (Québec)

       “Comme les médicaments anticancéreux administrés par voie orale à domicile ne
       peuvent être remis aux patients par les pharmacies d’hôpitaux, les patients doivent
       être en mesure de les payer eux-mêmes ou par l’intermédiaire d’une assurance
       privée ou publique. Cependant, environ le quart des patients ne possède aucune
       assurance. Nous devons donc nous tourner vers les sociétés pharmaceutiques pour
       essayer d’obtenir de l’aide au paiement. Les patients sont trop absorbés par le
       simple fait de composer avec la maladie; ils ne sont aucunement en mesure de faire
       des pressions ou de se battre pour leurs droits.”
       – Dr Tony Reiman, oncologue médical, Saint John (Nouveau-Brunswick)

      Les différents visages du cancer du poumon       15    Combattre la maladie, combattre les disparités
DISPARITÉ NO 5 :
LA RECHERCHE – DE L’ESPOIR POUR L’AVENIR
Actuellement, le domaine du cancer du poumon connaît des avancées thérapeutiques porteuses d’espoir et
fait l’objet de recherches encourageantes. Par exemple, les immunothérapies se sont révélées des options
prometteuses dans le traitement du cancer du poumon et d’autres types de cancers. Elles exploitent la puissance
du système immunitaire pour l’aider à combattre le cancer. Ces traitements médicamenteux bonifient les capacités
du corps humain à reconnaître les cellules cancéreuses comme étant des « envahisseuses » et à les tuer, comme il le
fait avec les virus et en présence d’infections.
En 2014, la recherche sur le cancer du poumon nous a permis d’entrer dans l’ère de la médecine de précision.
La compréhension de l’empreinte génétique du cancer permet aux chercheurs de mettre au point de nouveaux
médicaments qui personnalisent le traitement chez de nombreux patients. Les nouvelles technologies, comme la
chirurgie à effraction minimale vidéo-assistée, la chirurgie robotisée et la radiothérapie stéréotaxique corporelle («
cyberbistouri »b, constituent des traitements précis et de haute technologie qui réduisent au minimum le risque
de lésions aux tissus sains. Les établissements universitaires de partout au Canada mènent des recherches sur ces
méthodes innovantes et les font avancer dans le domaine du cancer du poumon.
Tous ces progrès signifient que les essais cliniques peuvent être une occasion privilégiée d’offrir la chance aux
patients d’essayer de nouveaux traitements novateurs. Cependant, l’accès aux essais peut être difficile pour certains
patients puisque de façon générale, ils se déroulent uniquement dans les grands centres. De plus, la disponibilité
limitée du tissu tumoral prélevé par biopsie et les analyses qui ont été pratiquées à partir de celui-ci peuvent faire
en sorte que certains patients ne sont pas admissibles aux études visant à évaluer de nouveaux traitements.
Pourtant, malgré les avancées thérapeutiques actuelles, la prévalence très élevée du cancer du poumon et le
nombre de Canadiens qui perdent la vie chaque année des suites de la maladie, il existe une grande disparité quant
à l’ampleur du financement de la recherche ayant pour objectif de combattre le cancer du poumon.
Alors que le cancer du poumon compte pour plus du quart des décès attribuables au cancer chez les Canadiens
(27 %), la maladie ne reçoit que 7 % des fonds gouvernementaux dédiés à la recherche spécifique au cancer et –
pire encore – moins de 1 % des dons privés consacrés au cancer.18

Cancer pulmonaire Canada s’engage à travailler avec les gouvernements et les donateurs privés
afin d’augmenter sensiblement la proportion des fonds de recherche affectés au cancer du
poumon.

    Les différents visages du cancer du poumon          16    Combattre la maladie, combattre les disparités
“On m ’a dit d ’attendre de présenter des symptômes avant d’a morcer un traitement.
       J’ai senti qu’on me mettait au rancart à l’âge de 32 ans. J’ai lu à propos d’un
       essai clinique sur un nouveau traitement. Quand je l’ai présenté aux membres de
       mon équipe médicale, ils étaient surpris. J’étais choquée qu’ils
       ignorent l’existence de cette étude. J’ai été admise à l’étude et,
       maintenant, je réponds bien au traitement ciblé. Sans cet essai
       clinique et ma bataille pour être traitée, je serais morte à
       l’heure qu ’il est.”
       – Anne Marie Cerato, fiancée, fille et sœur qui se bat contre le cancer du
       poumon (diagnostic posé à l’âge de 30 ans), Toronto (Ontario)

CONCLUSION
La lutte contre le cancer du poumon connaît actuellement une période qui suscite
beaucoup d’espoir. Comme notre compréhension de la maladie s’est grandement
accrue, des progrès encourageants ont été réalisés et de nouveaux tests et
traitements sont mis au point.

Cependant, il persiste des lacunes dans le traitement de la maladie, et le taux de survie demeure faible. Nous
devons nous assurer que la recherche contribue à donner davantage de choix aux patients, à tous les stades du
diagnostic et du traitement, et que ces choix sont facilement accessibles à tous les patients qui pourraient en tirer
des bienfaits.

Nous devons surmonter les disparités relatives à la stigmatisation, aux victimes, au diagnostic, au traitement et à
la recherche afin de nous assurer d’avoir tous les outils indispensables dont nous avons besoin pour garder espoir
– et vaincre le cancer du poumon.

       “Les gouvernements et les systèmes de santé doivent comprendre qu’il y a
       des personnes qui reçoivent un diagnostic de cancer du poumon et qui
       VIVENT avec la maladie. Nous avons besoin de tests, de traitements
       et d’aide pour y arriver, et les aidants ont besoin de soutien pour nous
       accompagner dans la maladie. Nous ne pouvons y parvenir seuls.”
       – Ruth Wasylenko, femme prêtre livrant bataille contre le cancer du poumon, Edmonton (Alberta)

                              WWW.LUNGCANCERCANADA.CA

      Les différents visages du cancer du poumon          17     Combattre la maladie, combattre les disparités
RÉFÉRENCES                                                           11
                                                                          Brigham and Women’s Hospital and Harvard Medical
                                                                          School. Out of the Shadows: Women and Lung Cancer.
                                                                          Boston, Mass: Brigham and Women’s Hospital; 2010.
1
     Ipsos MORI, Perceptions of Lung Cancer in Canada, An
     Ipsos MORI report for the Global Lung Cancer Coalition,         12
                                                                          Brigham and Women’s Hospital and Harvard Medical
     avril 2010. En ligne : http://www.lungcancercanada.ca/               School. Out of the Shadows: Women and Lung Cancer.
     resources/site1/general/PDF/CanadaReport.pdf.                        Boston, Mass: Brigham and Women’s Hospital; 2010.
2
     Société canadienne du cancer, Canadian Cancer Statistics        13
                                                                          Partenariat canadien contre le cancer, Lung Cancer in
     2014, mai 2014, p. 23.                                               Canada: A supplemental system performance report, mai
                                                                          2011, p. 10.
3
     Toutes les statistiques sur le cancer présentées dans
                                                                          En ligne : http://www.partnershipagainstcancer.ca/wp-
     cette section sont tirées de : Société canadienne du
                                                                          content/uploads/Lung-Cancer-in-Canada-A-
     cancer, Canadian Cancer Statistics 2014.
                                                                          Supplemental-System-Performance-Report.pdf.
4
     Yukon 2012 Health Status Report, p. 7.                          14
                                                                          Partenariat canadien contre le cancer, Lung Cancer
5
     Cancer in the Northwest Territories 2001 - 2010,                     Screening – Expert Panel: Summary of Existing and New
     Northwest Territories Health and Social Services,                    Evidence, 22 septembre 2011, p. 33-34.
     publication en mars 2014, p. 10.                                15
                                                                          Cressman S, Lam S, Tammemagi MC et al., Resource
6
     Statistics and chart data in this section from Canadian              Utilization and Costs during the Initial Years of Lung
     Partnership Against Cancer, Lung Cancer in Canada: A                 Cancer Screening with Computed Tomography in
     supplemental system performance report, May 2011, p. 4               Canada. Journal of Thoracic Oncology, 9:10,
     accessed at: http://www.partnershipagainstcancer.ca/wp-              octobre 2014.
     content/uploads/Lung-Cancer-in-Canada-A-                        16
                                                                          Memorial Sloan Kettering Cancer Center, Lung Cancer:
     Supplemental-System-Performance-Report.pdf
                                                                          Personalized Medicine – Testing for EGFR and KRAF
7
     Société canadienne du cancer, Canadian Cancer Statistics             Mutations. En ligne : http://www.mskcc.org/cancer-care/
     2014, mai 2014.                                                      adult/lung/molecular-medicine.
8
     Institut canadien d’information sur la santé,                   17
                                                                          Memorial Sloan Kettering Cancer Center, Lung Cancer:
     Benchmarking Canada’s Health System: International                   Personalized Medicine – Testing for Rearrangement of
     Comparisons, novembre 2013, p. 5.                                    the ALK Gene. En ligne : http://www.mskcc.org/cancer-
                                                                          care/adult/lung/molecular-medicine.
9
     Cancer pulmonaire Canada, Lung Cancer Survey Report:
     Lung Cancer in Canada by Pollara Strategic Insights. En         18
                                                                          Alliance canadienne pour la recherche sur le cancer,
     ligne : http://www.lungcancercanada.ca/about-us/lung-                2007; Alliance canadienne pour la recherche sur le
     cancer-survey/lung-cancer-report.aspx.                               cancer, 2009; Société canadienne du cancer, 2010.
10
     Société canadienne du cancer, Canadian Cancer Statistics
     2014, mai 2014.

         Les différents visages du cancer du poumon             18         Combattre la maladie, combattre les disparités
MEMBRE DU CONSEIL                        Dre Janessa Laskin
                                         Oncologue médicale
                                                                               Dre Rosalyn Juergens
                                                                               Oncologue médicale
D’ADMINISTRATION                         BC Cancer Agency
                                         Vancouver (Colombie-Britannique)
                                                                               Juravinski Cancer Centre

DE CANCER                                Brett Murphy
                                                                               Dr Stephen Lam
                                                                               Pneumologue
PULMONAIRE                               Gestionnaire                          BC Cancer Agency
                                         Lakeridge Health
CANADA                                   Oshawa (Ontario)                      Dre Janessa Laskin
                                                                               Oncologue médicale
                                         Geoffrey Ogram                        BC Cancer Agency
Présidente                               Survivant du cancer du poumon
                                         Défenseur des intérêts des patients   Dre Natasha Leighl
Dre Natasha Leighl                       Toronto (Ontario)                     Oncologue médicale
Oncologue médicale                                                             Hôpital Princess Margaret
Hôpital Princess Margaret                Manjit Singh
Toronto (Ontario)                        Premier vice-président                Dre Donna Maziak
                                         Banque TD                             Chirurgienne thoracique
Trésorier                                Toronto (Ontario)                     Hôpital d’Ottawa

Joel Rubinovich                          Dr Paul Wheatley-Price                Dr Jeffrey Rothenstein
Comptable agréé                          Oncologue médical                     Oncologue médical
Rubinovich Shoib                         Centre de cancérologie de             Lakeridge Health
Toronto (Ontario)                        l’Hôpital d’Ottawa
                                         Ottawa (Ontario)                      Dr Yee Ung
                                                                               Radio-oncologue
Secrétaire                                                                     Sunnybrook Health Sciences Centre
Melissa Schyven                          COMITÉ CONSULTATIF
Associée
Stikeman Elliott LLP                     MÉDICAL                               Dr Zhaolin Xu
                                                                               Pathologiste
Toronto (Ontario)                                                              QEII Health Sciences

                                         Président
Membres                                                                        MEMBRES
                                         Dr Paul Wheatley-Price
Debra Bond Gorr
Consultante
                                         Oncologue médical
                                         Centre de cancérologie de
                                                                               HONORAIRES
Belleville (Ontario)                     l’Hôpital d’Ottawa
                                                                               Catherine Black
Roz Brodsky                                                                    Dre Gail E. Darling
Survivant du cancer du poumon            Membres                               Dr WK (Bill) Evans
Défenseur des intérêts des patients et   Dr Normand Blais                      Dre Margaret Fitch
sauveteur de chiens                      Oncologue médical                     Ralph Gouda
Thornhill (Ontario)                      Hôpital Notre-Dame du CHUM            Peter MacKenzie
                                                                               Morty Sacks
Anne Marie Cerato                        Dr Quincy Chu                         Dre Frances Shepherd
Survivante du cancer du poumon           Oncologue médical                     EK (Ted) Weir
Défenseure des intérêts des patients     Cross Cancer Institute                Magdalene Winterhoff
Toronto (Ontario)
                                         Dr Peter Ellis
Dr Peter Ellis                           Oncologue médical
Oncologue médical                        Juravinski Cancer Centre
Juravinski Cancer Centre
Hamilton (Ontario)                       Dre Meredith Giuliani
                                         Radio-oncologue
Dr Michael Johnston                      Hôpital Princess Margaret
Chirurgien thoracique
QEII Health Sciences Centre              Dre Diana Ionescu                     Lung Cancer Canada
Halifax (Nouvelle-Écosse)                Pathologiste
                                                                               10 St. Mary Street, Suite 315
                                         BC Cancer Agency                      Toronto, Ontario, M4Y 1P9
                                                                               416.785.3439 | 1.888.445.4403
                                                                               www.lungcancercanada.ca
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