Production de logements neufs

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Production de logements neufs
Production de logements neufs
Dernière mise à jour : 15 février 2022
    Évaluation de l'état non réalisable et tendance à l'amélioration

À partir des données relatives aux permis de bâtir, il est possible de mettre
en évidence les tendances en matière de construction neuve de logements.
D’une façon générale, les immeubles à appartements ont un impact
environnemental plus faible que les maisons unifamiliales, particulièrement
en raison de leur moindre consommation en ressource foncière. Le niveau
de performance énergétique des bâtiments (PEB) influence lui aussi l’
impact environnemental de tout nouveau logement.

En construction neuve, un peu plus de maisons unifamiliales que
d'appartements en 2020

En 2020, 11 067 nouveaux logements étaient autorisés dans des constructions neuves[1] en Wallonie,
dont 3 883 maisons unifamiliales 4 façades (35,1 % des nouveaux logements), 1 512 maisons
unifamiliales 3 façades (13,7 %), 612 maisons unifamiliales 2 façades (5,5 %) et 5 060 appartements
(45,7 %). Les maisons unifamiliales (4, 3 et 2 façades) représentaient donc 54,3 % des nouveaux
logements autorisés.

Entre 2005 et 2020, la production de logements neufs en Wallonie a diminué de 22,4 %
(14 269 nouveaux logements autorisés en 2005). Cette diminution n’a toutefois pas été linéaire : après
une période de relative stagnation entre 2005 et 2008, la production de logements a globalement
diminué jusqu’en 2016 (10 283 nouveaux logements autorisés) et oscille depuis lors environ entre
11 100 et 11 600 logements par an. C’est principalement la réduction du nombre de permis délivrés
pour des maisons 4 façades qui explique cette tendance. En effet, entre 2005 et 2016, le nombre de
permis délivrés pour ce type de logements est passé de 6 556 (soit 45,9 % des nouveaux logements)
à 3 439 (33,4 % des nouveaux logements). Depuis 2016, les chiffres sont relativement stables, avec
toutefois une légère tendance à la hausse en 2019 et 2020. Le nombre de permis délivrés
annuellement pour des appartements oscillait quant à lui environ entre 5 000 et 7 000 au cours de la
période 2005 - 2020. La part des appartements dans la production de logements neufs a ainsi varié d’
un peu plus de 40 % en 2005 et 2006 à plus de 45 % sur la période 2013 - 2020. Les facteurs
permettant d'expliquer ces tendances sont multiples : vieillissement de la population et diminution de
la taille des ménages, augmentation du coût du foncier, durcissement des conditions d'accès aux
crédits hypothécaires, diminution du potentiel foncier en zones d'habitat... Concernant les maisons

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Production de logements neufs
unifamiliales 3 et 2 façades, le nombre de permis délivrés pour ce type de logements a peu évolué,
avec une moyenne de 1 411 maisons 3 façades et 661 maisons 2 façades par an sur la période
2005 - 2020.

    Production de logements neufs en Wallonie

 REEW – Source : Statbel (Office belge de statistique)                              © SPW - 2022

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Appartements et maisons unifamiliales autorisés dans la production de
     logements neufs en Wallonie

 REEW – Source : Statbel (Office belge de statistique)                                © SPW - 2022

Des disparités entre les communes wallonnes

Sur la période 2016 - 2020, les communes présentant la plus forte proportion d'appartements dans la
production totale de nouveaux logements (plus de 75,0 %) étaient principalement situées en région
liégeoise (Saint-Nicolas, Liège, Esneux, Seraing, Ans, Beyne-Heusay, Crisnée, Chaudfontaine). D’
autres communes telles qu’Eupen, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Tubize, Arlon et Aubel étaient
également dans ce cas. À côté de la commune de Liège qui affichait un taux de 85,2 %, les
communes des 5 autres grandes villes wallonnes présentaient des taux variables : Tournai 30,3 %,
Namur 53,7 %, Charleroi 64,6 %, Mons 66,7 % et Verviers 67,6 %. À noter que le taux d'offre foncière
pour l'habitat au plan de secteur[2] au sein de ces communes était inférieur à 25 %. Dans de
nombreuses communes rurales, la part des permis délivrés pour des appartements restait faible, la
production de logements neufs étant majoritairement orientée vers la construction de maisons
unifamiliales.

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Production de logements neufs (2016 - 2020)

 REEW – Source : Statbel (Office belge de statistique)                                © SPW - 2022

Les performances énergétiques des logements neufs[3] en amélioration

En 2021[4], 55,8 % des logements neufs finalisés présentaient un niveau de PEB équivalent à un label
B[5]. Le solde était quasi exclusivement constitué de logements caractérisés par des performances
énergétiques supérieures : 37,2 % de logements avec un label A, 5,5 % avec un label A+ et 1,5 %
avec un label A++. Entre 2012 et 2021, le niveau de PEB des logements neufs s’est amélioré, avec
une diminution de la part des logements avec un label B (qui représentaient 84,0 % des logements
neufs en 2012) principalement au profit des logements avec un label A (13,2 % des logements neufs
en 2012). La part de logements neufs avec un label A+ ou A++, qui était restée relativement stable
depuis 2012 (< 4 % pour les logements avec un label A+ et < 1 % pour les logements avec un label
A++ entre 2012 et 2019), a légèrement augmenté en 2020 et 2021. À l’avenir, l’amélioration des
performances énergétiques des logements neufs devrait se poursuivre, étant donné le renforcement
progressif des exigences en matière de PEB. Ainsi, depuis le 01/01/2021, le standard "quasi zéro
énergie" (Q-ZEN) est d’application pour toute demande de permis d'urbanisme relative à un bâtiment

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neuf. Concrètement, cela signifie que tous les bâtiments neufs doivent être à consommation d'énergie
quasi nulle, c'est-à-dire au minimum un label A[6].

     Performances énergétiques des logements neufs en Wallonie

 * Données partielles (du 01/01/2021 au 19/07/2021)

  REEW – Source : SPW Énergie - DEBD                                                                                     © SPW - 2022

[1] Données relatives aux permis de bâtir. Les constructions neuves du secteur résidentiel comprennent les maisons unifamiliales (2, 3
ou 4 façades) et les immeubles à appartements. Le nombre total de nouveaux logements est déterminé en additionnant le nombre de
maisons unifamiliales et le nombre d'appartements. De nouveaux logements peuvent aussi être créés par transformation et rénovation.
Ils ne sont pas pris en considération pour la construction de la fiche d’indicateurs.

[2] Terrains non urbanisés (terrains qui sont toujours à l’état naturel, forestier ou agricole) situés en zones d’habitat et d'habitat à
caractère rural et en zones d’enjeu communal au plan de secteur. Ces terrains correspondent à une offre foncière théorique, c'est-à-dire
à une estimation maximale des terrains disponibles. Pour plus d’informations, voir l’indicateur statistique "Offre foncière pour l’habitat au

plan de secteur" sur le site internet de l’IWEPS q

[3] Sur base de la "déclaration PEB finale"

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[4] Données partielles, du 01/01/2021 au 19/07/2021

[5] À partir du 01/05/2010, une consommation spécifique d'énergie primaire (Espec ) < 170 kWh/(m2 .an) (soit un label B) est devenue

obligatoire pour toute nouvelle demande de permis. Voir la directive 2010/31/UE q, le décret du 28/11/2013 q et l’AGW du 15/05/2014

q

[6] Plus d’informations sur le portail énergie du Service public de Wallonie q

 6                                         http://etat.environnement.wallonie.be                                     19/10/2022
Évaluation

         Évaluation de l'état non réalisable et tendance à l'amélioration

    État : Évaluation non réalisable

    Une évaluation unique n'est pas réalisable : la fiche d'indicateurs s'intéresse à deux sous-
    thématiques et la première ne dispose pas de référentiel.

         Indicateurs relatifs à la production de logements neufs : pas de référentiel
         Indicateur "Performances énergétiques des logements neufs" :
               Référentiel : AGW du 15/05/2014 q. Pour toute demande de permis d'urbanisme
               relative à un bâtiment neuf destiné au logement individuel déposée entre le 01/01
               /2017 et le 31/12/2020, une consommation spécifique d'énergie primaire (Espec)
                115 kWh/(m2.an) est obligatoire.
               Vu que les données proviennent de la déclaration PEB finale, les données relatives à
               l'année 2021 (données partielles, du 01/01/2021 au 19/07/2021) se rapportent à des
               demandes de permis d'urbanisme déposées entre 2017 et 2020. En 2021, 8,4 % des
               logements neufs se caractérisaient par un niveau de PEB > 115 kWh/(m2.an). L'état
               est donc jugé légèrement défavorable.

    Tendance : En amélioration

         Entre 2005 et 2020, le nombre de maisons 4 façades autorisées est passé de 6 556 à
         3 883 (- 40,8 %). Le nombre de maisons 2 et 3 façades et d'appartements autorisés
         (considérés comme moins impactants d’un point de vue environnemental) est resté
         globalement stable.
         Le niveau de performance énergétique des logements neufs s’est amélioré entre 2012 et
         2021, avec davantage de logements caractérisés par un label A minimum (15,7 % en 2012
         versus 44,2 % en 2021).

    En savoir plus sur la méthode d'évaluation

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Informations complémentaires

    Références bibliographiques
    (a)
          Jespers et al ., 2012. Energy consumption survey for Belgian households. Rapport final. Enquête réalisée pour le compte

    d'Eurostat. VITO : Mol, Belgique. q
    (b)
          Ipsos & Navigant, 2019. Comprehensive study of building energy renovation activities and the uptake of nearly zero-energy
    buildings in the EU. Rapport final. Étude réalisée pour le compte de la Commission européenne. Office des publications de l’

    Union européenne : Luxembourg, Grand-Duché de Luxembourg. q

    Ressources utiles

    - Indicateur "Permis de bâtir". Statbel (Office belge de statistique). q

    - Indicateur "Part d’appartements parmi les logements autorisés (nouvelles constructions) (%)". IWEPS. q

    - CPDT, 2021. La production de logements à l'échelle régionale. Tendances et perspectives. Notes de Recherche de la CPDT,

    80. q

    - CPDT, 2014. Perspectives démographiques et production de logements en Wallonie. Le point sur les chiffres. Notes de

    recherche de la CPDT, 46. q
    - Charlier & Reginster, 2017. Artificialisation et utilisation résidentielle du sol en Wallonie : quelles tendances récentes

    (2000 - 2015) ? Dynamiques régionales, 5, 52-69. q

    - Charlier & Reginster, 2014. Estimation des processus de reconstruction de la ville sur la ville en Wallonie - Quels apports de la

    statistique "permis de bâtir" ? Working Paper de l’IWEPS, 18. q

    - Portail énergie du Service public de Wallonie. q

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En savoir plus ?

 L'amélioration des performances énergétiques du bâti existant : un défi
 majeur pour les pouvoirs publics

 Les performances énergétiques du parc immobilier résidentiel wallon existant, (parc immobilier
 d'avant mai 2010) sont plutôt faibles[1]. Seulement 1,0 % des logements présenteraient un label A,
 A+ ou A++, tandis que 9,8 % des logements afficheraient un label B, 14,7 % un label C, 16,2 % un
 label D, 16,0 % un label E, 14,3 % un label F, et 27,9 % des logements présenteraient un label G,
 c'est-à-dire le label le moins performant. Ceci s’explique par l’ancienneté du parc résidentiel wallon
 (d’après une enquête réalisée en 2011, près de 25 % des logements ont été construits avant 1921,
 près de 80 % datent d’avant 1991(a)) et par un faible taux de rénovation énergétique des logements
 [2].

 Fin 2020, le Gouvernement wallon a pris acte de la Stratégie wallonne de rénovation énergétique à
 long terme du bâtiment[3].Avec ce document, la Wallonie ambitionne d’améliorer d’ici 2050 les
 performances énergétiques de l’ensemble du parc de logements de la Région, de façon à tendre
 en moyenne vers le label A décarboné (label A, avec une consommation énergétique assurée via
 des sources d’énergie renouvelables uniquement), en visant en priorité la rénovation énergétique
 profonde des logements les moins performants. Différentes mesures sont prévues, parmi
 lesquelles l’obligation d’amélioration des performances énergétiques des bâtiments existants aux
 moments charnières de la vie de ceux-ci (achat/vente, changement de locataire…), l’élaboration d’
 une "feuille de route rénovation" qui accompagne l’audit logement et qui synthétise les étapes de
 rénovation à suivre pour atteindre le label A, et la mise en œuvre d’un "passeport bâtiment" qui
 rassemblera l’ensemble des informations disponibles pour un bâtiment, en ce compris l’énergie, et
 qui accompagnera le bâtiment tout au long de sa vie. La mise en place d’un guichet unique
 permettant d’offrir un accompagnement global aux ménages dans le cadre de leur projet de

 rénovation et des mécanismes favorisant l’accès au crédit au plus grand nombre pour de la
 rénovation profonde font aussi partie des mesures clés.

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 [1] Données au 19/07/2021. Estimation réalisée par le Département de l’énergie et du bâtiment durable du Service public de
 Wallonie Énergie (SPW Énergie - DEBD) sur base des certificats PEB établis lors des transactions de vente et de location (ou, plus

 récemment, lors de la réalisation d’un audit énergétique) des logements pourvus d’un permis d’urbanisme antérieur à mai 2010.
 Étant donné le moment de l’établissement du certificat et sa durée de validité (10 ans), les données présentées fournissent

 davantage une image de la performance énergétique passée du parc immobilier, puisque les acquéreurs d’un logement en profitent
 souvent pour effectuer des travaux de rénovation.

 [2] D’après une étude de la Commission européenne(b) , sur la période 2012 - 2016, le taux de rénovation énergétique profonde
 (réduction de la consommation d’énergie primaire > 60 %) des bâtiments résidentiels en Belgique était de 0,2 % par an. Les taux de

 rénovation énergétique moyenne (réduction de la consommation d’énergie primaire de > 30 % à 60 %) et légère (réduction de la
 consommation d’énergie primaire de 3 % à 30 %) s'élevaient respectivement à 1 % par an et 6,5 % par an.

 [3] La Stratégie wallonne de rénovation énergétique à long terme du bâtiment q a été actée par le Gouvernement wallon mais n’a

 pas été approuvée par celui-ci. La plupart des objectifs et des mesures figurent toutefois dans le Plan wallon énergie climat 2030

 (PWEC) q, adopté le 28/11/2019.

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