Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l'OMS - RAPPORT DE RÉUNION
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RAPPORT DE RÉUNION 7-10 décembre 2020 Réunion virtuelle Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS
RAPPORT DE RÉUNION 7-10 décembre 2020 Réunion virtuelle Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS
Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS [Thirteenth meeting of the WHO Vector Control Advisory Group] ISBN 978-92-4-003165-4 (version électronique) ISBN 978-92-4-003166-1 (version imprimée) © Organisation mondiale de la Santé 2021 Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY NC-SA 3.0 IGO ; https:// creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo/deed.fr). Aux termes de cette licence, vous pouvez copier, distribuer et adapter l’oeuvre à des fins non commerciales, pour autant que l’oeuvre soit citée de manière appropriée, comme il est indiqué ci dessous. Dans l’utilisation qui sera faite de l’oeuvre, quelle qu’elle soit, il ne devra pas être suggéré que l’OMS approuve une organisation, des produits ou des services particuliers. L’utilisation de l’emblème de l’OMS est interdite. Si vous adaptez cette oeuvre, vous êtes tenu de diffuser toute nouvelle oeuvre sous la même licence Creative Commons ou sous une licence équivalente. Si vous traduisez cette oeuvre, il vous est demandé d’ajouter la clause de non-responsabilité suivante à la citation suggérée : « La présente traduction n’a pas été établie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’OMS ne saurait être tenue pour responsable du contenu ou de l’exactitude de la présente traduction. L’édition originale anglaise est l’édition authentique qui fait foi ». Toute médiation relative à un différend survenu dans le cadre de la licence sera menée conformément au Règlement de médiation de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (http://www.wipo.int/amc/ en/mediation/rules/). Citation suggérée. Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS [Thirteenth meeting of the WHO Vector Control Advisory Group]. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2021. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO. Catalogage à la source. Disponible à l’adresse http://apps.who.int/iris. Ventes, droits et licences. Pour acheter les publications de l’OMS, voir http://apps.who.int/bookorders. Pour soumettre une demande en vue d’un usage commercial ou une demande concernant les droits et licences, voir http://www.who.int/about/licensing. Matériel attribué à des tiers. Si vous souhaitez réutiliser du matériel figurant dans la présente oeuvre qui est attribué à un tiers, tel que des tableaux, figures ou images, il vous appartient de déterminer si une permission doit être obtenue pour un tel usage et d’obtenir cette permission du titulaire du droit d’auteur. L’utilisateur s’expose seul au risque de plaintes résultant d’une infraction au droit d’auteur dont est titulaire un tiers sur un élément de la présente oeuvre. Clause générale de non-responsabilité. Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’OMS aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les traits discontinus formés d’une succession de points ou de tirets sur les cartes représentent des frontières approximatives dont le tracé peut ne pas avoir fait l'objet d'un accord définitif. La mention de firmes et de produits commerciaux ne signifie pas que ces firmes et ces produits commerciaux sont agréés ou recommandés par l’OMS, de préférence à d’autres de nature analogue. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé. L’Organisation mondiale de la Santé a pris toutes les précautions raisonnables pour vérifier les informations contenues dans la présente publication. Toutefois, le matériel publié est diffusé sans aucune garantie, expresse ou implicite. La responsabilité de l'interprétation et de l'utilisation dudit matériel incombe au lecteur. En aucun cas, l’OMS ne saurait être tenue responsable des préjudices subis du fait de son utilisation. La présente publication contient le rapport du du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS ne représente pas nécessairement les décisions ni les politiques de l’Organisation mondiale de la Santé.
TABLE DES MATIÈRES Contexte 1 Réunion à huis clos 1 Accueil des participants 2 Mises à jour des départements de l’OMS 2 Sujets de discussion 3 Analyses à différents intervalles d’un essai 3 Vue d’ensemble des procédures d’élaboration de lignes directrices 4 Examen des dossiers présentés au VCAG par les demandeurs 4 Classe d’intervention : stations d’appât 4 Intervention : appâts sucrés ciblés attractifs (ATSB) 4 Demandeur : Westham et le Consortium pour une lutte antivectorielle innovante (IVCC) 4 Contexte 4 Mises à jour 5 Résumé des discussions 5 Conclusions 6 Recommandations 6 Classe d’intervention : leurres létaux domestiques 7 Intervention : tubes d’avant-toit (avec ou sans moustiquaires) 7 Demandeur : In2Care 7 Contexte 7 Mises à jour 8 Résumé des discussions 9 Conclusion 10 Recommandations 10 Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS iii
Classe d’intervention : transmission réduite d’agents pathogènes induite par Wolbachia 11 Intervention : Aedes aegypti infectés par la souche wMel de Wolbachia 11 Contexte 11 Demandeur : World Mosquito Program (WMP) 11 Mises à jour 12 Résumé des discussions 12 Conclusion 13 Recommandations 13 Demandeur : EVITA (sous la direction de l’Université Emory) 14 Dossier initial 14 Résumé des discussions 14 Conclusion 15 Recommandations 15 Classe d’intervention : répulsifs spatiaux 15 Intervention : répulsifs spatiaux 15 Demandeur : SC Johnson / Université de Notre-Dame 15 Contexte 15 Mises à jour 16 Résumé des discussions 17 Conclusion 18 Recommandations 18 Classe d’intervention : traitement de sujets humains et/ou animaux au moyen d’endectocides systémiques 19 Intervention : endectocides (ivermectine) 19 Demandeur : BOHEMIA, ISGlobal 19 Contexte 19 Mises à jour 19 Résumé des discussions 19 Conclusion 20 Recommandations 21 Observations finales de la réunion 21 Références bibliographiques 22 Annexe 1 : Déclarations d’intérêts 23 Annexe 2 : Liste des participants 25 Annexe 3 : Ordre du jour de la réunion 28
CONTEXTE Le Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle (VCAG) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) conseille l’Organisation en matière de nouveaux outils, technologies et approches – collectivement désignés par le terme « interventions » – de lutte contre les vecteurs du paludisme, de la dengue et d’autres maladies à transmission vectorielle. Le VCAG est coordonné conjointement par le Programme mondial de lutte antipaludique (GMP) de l’OMS, le Département Lutte contre les maladies tropicales négligées (NTD) de l’OMS et l’équipe de préqualification de l’OMS pour les produits de lutte antivectorielle (PQT/VCP). Les fonctions spécifiques du VCAG consistent à : • fournir aux concepteurs de produits, aux innovateurs et aux chercheurs des orientations sur la génération de données épidémiologiques et de modèles d’études permettant d’évaluer l’utilité pour la santé publique de nouvelles interventions de lutte antivectorielle ; • évaluer l’utilité pour la santé publique des nouvelles interventions de lutte antivectorielle présentées à l’OMS ; et • offrir des conseils à l’OMS concernant l’utilité des nouvelles interventions en matière de santé publique, en vue de leur soumission au Groupe consultatif sur la politique de lutte contre le paludisme (MPAG) et au Groupe consultatif stratégique et technique sur les maladies tropicales négligées (STAG). Les experts du VCAG se sont réunis virtuellement avec des concepteurs de produits, des innovateurs et des chercheurs (conjointement désignés par le terme « demandeurs ») pour la 13e réunion du Groupe, qui s’est tenue du 7 au 10 décembre 2020. Quatorze membres du VCAG et trois conseillers temporaires agissaient en qualité d’experts pour cette réunion. La réunion était coprésidée par Heather Ferguson et Salim Abdulla. La liste complète des participants à la réunion est fournie à l’annexe 1. L’ordre du jour de la réunion est reproduit à l’annexe 2. Le présent rapport expose en détail le déroulement et les résultats de la réunion, notamment les conseils donnés aux demandeurs qui avaient présenté des dossiers pour les classes d’intervention suivantes : • stations d’appât ; • leurres létaux domestiques ; • transmission réduite d’agents pathogènes induite par Wolbachia ; • répulsifs spatiaux ; • traitement de sujets humains et/ou animaux au moyen d’un endectocide. RÉUNION À HUIS CLOS Ont participé à la réunion initiale à huis clos l’ensemble des membres du VCAG, le secrétariat du VCAG et des membres affiliés du personnel de l’OMS. Toutes les déclarations d’intérêts fournies par les conseillers du VCAG avaient été examinées avant la réunion, et les intérêts pertinents ont été divulgués, ainsi que les mesures prises à leur égard. Les déclarations d’intérêts sont fournies à l’annexe 3. Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS 1
Accueil des participants Les membres du VCAG ont été accueillis officiellement par M. Deusdedit Mubangizi, coordonnateur de l’équipe de préqualification du Département Réglementation et préqualification (au nom de la Dre Mariângela Simão, Sous-Directrice générale de la Division Accès aux médicaments et aux produits de santé), le Dr Pedro Alonso, Directeur du Programme mondial de lutte antipaludique et la Dre Mwele Malecela, Directrice du Département Lutte contre les maladies tropicales négligées. L’évolution du VCAG au cours des dernières années a été passée en revue. Tous trois ont souligné l’importance de la collaboration entre les trois départements dans le cadre de l’évaluation des interventions novatrices en matière de lutte antivectorielle, ainsi que l’importance de s’exprimer d’une seule voix. Le Dr Alonso a fait remarquer que c’est dans le domaine de la lutte antivectorielle que les plus grands progrès sont accomplis en matière de mise au point d’outils nouveaux et efficaces pour lutter contre le paludisme, et que ces avancées doivent se poursuivre. La Dre Malecela a informé le VCAG que la feuille de route 2021- 2030 sur les maladies tropicales négligées a été approuvée par l’Assemblée mondiale de la Santé lors de sa session spéciale de novembre 2020. Cette feuille de route promeut un éloignement de la démarche fondée sur des programmes portant sur des maladies spécifiques en faveur d’approches intégrées fondées sur des plateformes communes de mise en œuvre. La gestion intégrée des vecteurs, la recherche et l’innovation sont considérées comme des facteurs essentiels à la réussite de la feuille de route. L’effet de la COVID-19 sur la mise en œuvre des programmes de lutte contre le paludisme et les maladies tropicales négligées s’est clairement fait sentir au cours de l’année écoulée. Toutes les équipes s’entendent sur la nécessité de collaborer dans le cadre des efforts de mise en œuvre. Les trois intervenants ont exprimé leur reconnaissance envers les membres du VCAG pour leur dévouement et leur engagement en faveur du travail du Groupe et de l’objectif d’apporter de nouvelles interventions efficaces de lutte antivectorielle. Mises à jour des départements de l’OMS Depuis la 12e réunion du VCAG (8-10 juin 2020), l’OMS a publié les dernières normes d’évaluation des interventions de lutte antivectorielle, sous le titre Norms, standards and processes underpinning WHO vector control policy development (1). Cette publication a été élaborée conjointement par les trois départements (Programme mondial de lutte antipaludique (lutte antivectorielle et résistance aux insecticides), Maladies tropicales négligées (santé publique vétérinaire, lutte antivectorielle et environnement) et Réglementation et préqualification (équipe de préqualification)), dans le cadre des efforts de l’OMS en vue d’améliorer la communication sur le lien entre la génération de données aux fins d’éclairer l’élaboration de lignes directrices et la manière dont ces lignes directrices sont élaborées. Ce document, qui fournit à la fois aux membres du VCAG et aux demandeurs des descriptions des normes révisées d’évaluation des interventions de lutte antivectorielle de l’OMS, remplace le document intitulé The evaluation process for vector control products publié en juin 2017. Ces orientations révisées marquent l’abandon d’une approche universelle et mettent davantage l’accent sur la proposition de modèles d’essais adaptés à des contextes épidémiologiques donnés et au déploiement et aux schémas d’utilisation visés des interventions. La génération de bases factuelles d’excellente qualité afin de démontrer l’utilité pour la santé publique reste cruciale pour chaque intervention soumise au processus d’évaluation. Le Dr Jan Kolaczinski (Programme mondial de lutte antipaludique (lutte antivectorielle et résistance aux insecticides)) a informé le VCAG de l’énoncé de position sur les moustiques génétiquement modifiés récemment publié par l’OMS, et du fait que l’Organisation est favorable à la poursuite des activités de recherche sur l’impact épidémiologique potentiel de cette nouvelle technologie. Il a également informé le VCAG du fait que les lignes directrices de l’OMS sur le paludisme, qui étaient jusqu’à présent réparties entre plusieurs documents sur les traitements, la prévention et la lutte, sont actuellement rassemblées en un document unique. Ces lignes directrices seront 2 Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS
disponibles début 2021 sur une application en ligne appelée MAGICapp facilitant l’accès aux différentes composantes des lignes directrices. Le Dr Raman Velayudhan (Maladies tropicales négligées/santé publique vétérinaire, lutte antivectorielle et environnement) a fourni des informations supplémentaires sur la nouvelle feuille de route sur les maladies tropicales négligées (2), et mis en lumière certaines des cibles clés définies dans cette feuille de route, ainsi que les mécanismes actuellement mis en place pour garantir que les objectifs sont réalisables. Un résumé des progrès de l’Action mondiale pour lutter contre les vecteurs a également été présenté, notamment en ce qui concerne les mesures adoptées au niveau régional, les progrès des trois premières années, l’élaboration des orientations normatives, le soutien fourni en matière d’infrastructure et la mise en place d’un pôle en ligne destiné à appuyer la coordination et le suivi des progrès et des activités. Mme Marion Law (équipe préqualification des produits de lutte antivectorielle) a présenté une vue d’ensemble du nombre et des types de dossiers présentés à son équipe en 2020. Cette vue d’ensemble portait notamment sur les résultats liés aux produits préqualifiés, les spécifications établies en matière de chimie et de fabrication et le nombre de demandes de détermination de parcours. Une mise à jour sur les principaux projets d’intérêt pour le VCAG a par ailleurs été fournie, tels que les travaux d’examen et de révision des exigences de données relatives aux moustiquaires imprégnées d’insecticide, l’appel à la communication de données pour certaines moustiquaires autres qu’imprégnées d’un pyréthrinoïde uniquement et le plan d’amélioration des étiquettes. Mme Law a informé le groupe que le document présentant la vue d’ensemble de l’équipe de préqualification des produits de lutte antivectorielle est prêt. Cette vue d’ensemble fournit notamment des informations sur le mandat, l’approche d’évaluation, le processus et la politique opérationnelle sur lesquels repose le programme. L’équipe est également en train de mettre à jour son site Web et de préparer de nouveaux contenus. Sujets de discussion Analyses à différents intervalles d’un essai Les Dr Tom Smith et Neal Alexander ont animé une brève discussion sur le sujet des analyses intermédiaires, des règles d’arrêt des études et des modèles d’essais adaptatifs. Cette discussion était motivée par les récentes propositions de demandeurs en réponse aux difficultés résultant de la pandémie de COVID-19, qui ont contraint à arrêter, interrompre ou adapter les activités de nombreux essais en raison des restrictions. Les dernières orientations du VCAG concernant les analyses préfinales d’essais, qui figurent dans le rapport de la huitième réunion du VCAG (mai 2018) (3), ont été formulées suite à une discussion dirigée par le Dr Immo Kleinschmidt. D’autres orientations publiées, notamment par CONSORT (4) et la FDA (5), ne diffèrent pas, quant aux principes, des recommandations antérieures du VCAG, exposant les conditions dans lesquelles les analyses intermédiaires et l’arrêt précoce peuvent être acceptables. Les membres du VCAG ont conclu que les orientations du Groupe concernant les analyses intermédiaires restent les mêmes que celles énoncées dans le rapport de sa huitième réunion. Plus précisément, l’introduction d’une analyse intermédiaire dans un modèle d’essai clinique peut être acceptable si cette analyse est suffisamment justifiée, planifiée à l’avance et si la portée en est clairement définie. Le VCAG a également convenu que le comité de contrôle des données et de la sécurité (DSMB)1 devrait indiquer si les résultats d’une analyse intermédiaire justifient l’arrêt ou la poursuite d’un essai. Le VCAG ne devrait jouer aucun rôle dans la gouvernance d’un essai à cet égard. Il a également été jugé important de définir d’avance toute action à prendre si un résultat donné est observé après une analyse à un moment prédéfini. 1 Le comité de contrôle des données et de la sécurité peut également être connu sous le nom de comité de suivi des données. Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS 3
La discussion a également abordé la nécessité d’utiliser la terminologie correcte pour les analyses. Par exemple, le terme « analyse intermédiaire » désigne généralement une analyse planifiée à l’avance, il ne doit pas être utilisé pour décrire les analyses ad hoc réalisées avant l’achèvement d’un essai. Par ailleurs, si l’intention est de mener un essai court mais ayant la puissance requise avec l’option de le poursuivre au-delà de ce point d’arrêt potentiel, une telle analyse ne serait pas non plus considérée comme intermédiaire. Le VCAG réitère les orientations figurant dans son huitième rapport et recommande que tous les essais futurs pour lesquels des analyses intermédiaires sont prévues (ou dont l’arrêt précoce est possible) précisent, dans le plan d’analyse statistique et le protocole d’étude, le rôle du comité de contrôle des données et de la sécurité ; les règles et les critères d’arrêt de l’essai ; et les considérations appropriées concernant les conséquences des tests multiples et les impacts sur les seuils de valeur de p dans les analyses finales. Vue d’ensemble des procédures d’élaboration de lignes directrices Le Dr Elie Akl a présenté aux membres du VCAG les procédures d’élaboration de lignes directrices et de recommandations de l’OMS. Membre du Département de médecine de l’Université américaine de Beyrouth (Liban), le Dr Akl est un méthodologiste chevronné dans le domaine de l’élaboration de lignes directrices. Il a participé à l’élaboration de nombreuses lignes directrices de l’OMS, notamment aux travaux de révision et d’élargissement des lignes directrices sur la lutte antivectorielle du Programme mondial de lutte antipaludique et d’intégration de ces lignes directrices avec d’autres domaines techniques au sein d’un seul document. Son exposé visait à mieux faire comprendre les types de données requises dans le processus d’élaboration de lignes directrices et la manière dont elles éclairent les recommandations de politique. Il a donné un aperçu de haut niveau du processus d’élaboration de lignes directrices et mis l’accent sur le fait que les lignes directrices de l’OMS sont élaborées en réponse aux besoins des décideurs dans les États Membres. De plus amples informations sont disponibles dans le manuel d’élaboration des lignes directrices de l’OMS (WHO Handbook for guideline development) (6). Examen des dossiers présentés au VCAG par les demandeurs Classe d’intervention : stations d’appât Intervention : appâts sucrés ciblés attractifs (ATSB) Demandeur : Westham et le Consortium pour une lutte antivectorielle innovante (IVCC) Contexte Les appâts sucrés ciblés attractifs (ATSB) sont conçus pour attirer et tuer les moustiques à la recherche de sucre. Étant donné qu’aussi bien les moustiques mâles que femelles se nourrissent de sucres végétaux pour maintenir le niveau d’énergie dont ils ont besoin pour survivre, les appâts sucrés ciblés attractifs exploitent ce besoin presque quotidien pour attirer les moustiques vers une source de sucre qui contient également une substance toxique qui leur est mortelle. Le concept de ce type d’appât a été examiné pour la première fois par le VCAG fin 2014. En 2015, une étude entomologique de validation de principe d’une durée de deux ans a été lancée au Mali dans sept villages traités et sept villages non traités. Cette étude a été réalisée dans le cadre d’une collaboration entre Westham et l’IVCC. Lors de la huitième réunion du VCAG, en mai 2018, les demandeurs ont présenté un résumé de leur étude au Mali, dont il ressortait que le produit réduit les populations de moustiques et la survie des moustiques individuels, qu’il réduit la fréquence des moustiques porteurs de plasmodies, et qu’il ne pose aucun risque significatif pour les organismes non ciblés. 4 Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS
En parallèle, les demandeurs ont présenté un projet de protocole pour trois essais épidémiologiques prévus au Kenya, au Mali et en Zambie. Lors de la dixième réunion du VCAG, en mai 2019, les demandeurs ont fourni des mises à jour détaillées sur leurs projets de protocole pour les essais prévus dans les trois pays. L’équipe a fourni un aperçu du statut de fabrication du produit et des données entomologiques de référence connexes pour le Kenya et la Zambie. Mises à jour À cette réunion, les demandeurs ont présenté une version révisée de leur modèle d’essai épidémiologique ainsi que le plan d’analyse statistique associé. La principale modification était l’introduction d’une analyse planifiée après un an (avec calcul des tailles d’échantillon ajustées) dans le modèle d’essai. L’objectif est de faciliter la détection de toute taille d’effet importante imprévue correspondant à un « bénéfice incontestable » avant la fin de l’essai de deux ans. L’équipe continue de perfectionner le prototype qu’il est prévu d’utiliser dans l’essai final et d’optimiser le produit afin d’assurer sa durabilité dans des conditions de terrain. Résumé des discussions Les discussions initiales sur ce dossier étaient axées sur le projet de plan d’analyse statistique et les implications de l’analyse intermédiaire proposée pour la durée des essais épidémiologiques. Les demandeurs ont précisé que même si l’analyse intermédiaire révélait un « bénéfice incontestable » après un an, ils auraient pour objectif de continuer à collecter des données jusqu’à la date de fin initiale afin d’obtenir davantage d’informations sur la sécurité et l’efficacité. C’est pourquoi, les demandeurs ne cherchent pas à obtenir la permission de mettre fin à l’essai de manière précoce si un « bénéfice incontestable » est constaté mais bien à présenter tôt ces résultats au VCAG si cela est justifié, et, le cas échéant, à lancer le processus OMS d’élaboration d’une recommandation pour cette intervention plus tôt que cela ne devrait intervenir normalement. Les demandeurs ont reconnu qu’il est improbable qu’un « bénéfice incontestable » soit observé, mais qu’ils considèrent néanmoins utile d’explorer cette possibilité d’écourter le délai nécessaire pour parvenir à une recommandation de l’OMS. Plusieurs modifications devraient être apportées au protocole mère de l’essai aux fins de l’analyse intermédiaire proposée et des autres mises à jour mentionnées dans la présentation. Les demandeurs ont précisé qu’ils comptent réviser le protocole conformément au plan d’analyse statistique après avoir reçu les commentaires du VCAG concernant la possibilité d’une analyse intermédiaire. Ils ont également mentionné que d’autres interventions (vaccin RTS,S, chimioprévention du paludisme saisonnier) pourraient être mises en œuvre dans les sites de leur étude. Compte tenu de la sensibilité potentielle des appâts sucrés ciblés attractifs à la concurrence de sources naturelles de sucre, une discussion a eu lieu sur l’intégration d’un indicateur indirect de la densité de végétation dans les grappes de l’étude, soit durant la stratification soit en tant que covariable dans le cadre de l’analyse. Les demandeurs proposent d’utiliser la densité de population humaine au sein des grappes comme indicateur indirect et de l’inclure dans la répartition aléatoire restreinte. Ils ont également mentionné que leurs collaborateurs prévoient de réaliser des relevés botaniques dans les sites de l’essai. Le VCAG a également signalé des données obtenues par satellite sur la végétation susceptibles d’être utiles aux fins de la caractérisation au niveau des grappes2. 2 Des exemples d'autres données obtenues par satellite sont les données du MODIS, qui estime les indices de végétation selon des pixels de 250m tous les 16 jours (https://modis.gsfc.nasa.gov/data/dataprod/mod13. php) et la carte de la couverture terrestre pour l'Afrique de l'Agence spatiale européenne, d'une résolution de 20 mètres (http://2016africalandcover20m.esrin.esa.int/). Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS 5
Une discussion a eu lieu sur l’état actuel du prototype d’appât sucré ciblé attractif. Lors du dernier examen du VCAG, les demandeurs avaient expliqué que des travaux supplémentaires étaient en cours afin d’optimiser et de finaliser le produit aux fins de son utilisation dans les essais épidémiologiques. Depuis, des progrès ont été réalisés au niveau du prototype. Les demandeurs ont identifié un problème technique lié à la stabilité du produit dans des conditions de fortes précipitations et procèdent actuellement à la validation de la solution. Par conséquent, la date de début des essais a été repoussée de 2020 à fin 2021. Les demandeurs ont fixé le troisième trimestre 2021 comme délai final pour la finalisation du produit. Les essais épidémiologiques ne seront pas lancés si les demandeurs ne sont pas satisfaits d’ici là quant au fait que le produit répond aux normes requises. Conclusions Le VCAG s’est réjoui des progrès de cette intervention, parmi lesquels le lancement d’essais épidémiologiques à petite échelle dans les sites proposés en Zambie et au Kenya, la rédaction du plan d’analyse statistique et la poursuite des travaux d’optimisation du produit. Il a également pris note des efforts des demandeurs pour donner suite à ses recommandations lors des examens précédents. Une suite a été donnée à la plupart des recommandations, d’autres restent en suspens, étant donné qu’elles portent sur les plans relatifs au démarrage des essais. Tout comme les demandeurs, le VCAG considère les retards dans la finalisation du prototype du produit comme le principal frein aux progrès. Le VCAG réitère que les demandeurs doivent s’attacher en priorité à régler ce problème. Si le produit final à utiliser pour les essais diffère considérablement des prototypes antérieurs utilisés aux fins des données entomologiques de référence, il sera peut-être nécessaire de fournir des données complémentaires pour faciliter l’interprétation des résultats des différents stades. Dans l’idéal, les données fournies à l’OMS aux fins du processus d’évaluation de la lutte antivectorielle sont générées à partir d’un produit prêt pour la production en masse plutôt que sur un ou plusieurs prototypes et un produit final. Le VCAG considère le plan d’analyse à un an globalement bien fondé en ce sens qu’il contient une définition à priori claire des procédures et des facteurs déclencheurs, ainsi que des ajustements appropriés de la conception de l’étude destinés à atténuer tout risque de perte de puissance statistique en cas d’arrêt précoce de l’étude. Cependant, compte tenu du fait que les demandeurs souhaitent poursuivre la collecte de données pendant deux ans, ils devraient obtenir la confirmation que leur comité de contrôle des données et de la sécurité n’exigera pas l’arrêt précoce des essais en cas de bénéfice incontestable. Le protocole mère d’essai approuvé par le VCAG (3) est devenu obsolète en ce qui concerne les changements apportés au projet de plan d’analyse statistique et d’autres changements décrits dans la présentation. Le VCAG devra examiner une version mise à jour du protocole conforme au plan d’analyse statistique avant de l’approuver officiellement. Recommandations Plan d’analyse statistique. Le VCAG estime que les principes généraux du plan sont appropriés, mais il demande des détails et éclaircissements supplémentaires avant de donner son plein aval aux essais prévus. Les révisions demandées sont indiquées ci-après. De plus, les demandeurs recevront séparément une version annotée du plan d’analyse statistique contenant les autres modifications mineures et éclaircissements demandés. i. Le VCAG recommande que les demandeurs fournissent la liste complète des analyses statistiques primaire et secondaire planifiées à l’avance, en précisant les covariables et autres détails de la structure du modèle. Le VCAG ne recommande pas d’ajustement des covariables dans l’analyse primaire. Lors de 6 Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS
la spécification préalable des covariables, le VCAG suggère que les demandeurs tiennent compte d’orientations telles que celles de l’Agence européenne des médicaments (7). ii. Le plan d’analyse statistique et le protocole révisé connexe doivent expliquer clairement comment il sera tenu compte des absences temporaires des participants de leur domicile lors du calcul des personne-temps. iii. Durant la présentation, les demandeurs ont mentionné qu’ils prévoient de sélectionner plus de grappes que nécessaire afin de disposer d’une réserve permettant d’abandonner certaines grappes en cas de difficultés liées à l’accessibilité ou à l’absence de cas. Le plan d’analyse statistique et les documents connexes devraient fournir une description de ce plan, et notamment indiquer si les grappes seront exclues de l’analyse ou du suivi de l’étude ainsi que les règles prédéfinies d’abandon de grappes. iv. Il est indiqué dans le plan d’analyse statistique que « la répartition aléatoire sera réalisée de manière indépendante pour chaque site par le statisticien en chef de l’essai ». Il est recommandé que cela soit fait par un statisticien indépendant. Analyse intermédiaire. Le VCAG appuie le projet des demandeurs d’inclusion d’une analyse intermédiaire au bout d’un an pour déterminer s’il y a « bénéfice incontestable ». Il suggère aux demandeurs de vérifier auprès de leur comité de contrôle des données et de la sécurité si, en cas de démonstration d’un bénéfice incontestable , la poursuite de la collecte de données sera autorisée, et si cela devrait se faire selon des procédures modifiées. Protocole. Les demandeurs sont priés de mettre à jour leur protocole mère de l’essai conformément au plan révisé d’analyse statistique et de présenter les deux documents au VCAG pour qu’il puisse examiner les modifications. Les demandeurs devraient déterminer s’il est nécessaire d’apporter d’autres modifications aux tailles d’échantillons pour tenir compte de l’impact potentiel de toute autre intervention prévue à proximité des sites (par ex. vaccin RTS,S, chimioprévention du paludisme saisonnier). Données entomologiques. Le VCAG recommande qu’une fois prêts, les résultats clés des études entomologiques intermédiaires réalisées pour cerner l’impact probable de l’intervention lui soient transmis. Ces données aideront le VCAG à mieux apprécier l’impact entomologique potentiel des appâts sucrés ciblés attractifs, et s’avèreront utiles pour évaluer la conception des essais épidémiologiques et, en fin de compte, les résultats de ces études. Produit. Le VCAG recommande que les demandeurs s’assurent que le produit devant être utilisé dans les essais épidémiologiques répond à tous les cibles entomologiques intermédiaires. Afin d’éclairer l’évaluation des résultats des essais épidémiologiques par le VCAG, les demandeurs sont priés de s’assurer que le prototype déployé dans le cadre de ces essais est clairement indiqué (par exemple par l’ajout d’une colonne dans le tableau récapitulatif sur les études entomologiques présenté à la réunion, indiquant quelle version du prototype a été utilisée à chaque stade). Un tel aperçu peut également s’avérer utile pour l’évaluation aux fins de la préqualification de l’intervention par l’OMS. Classe d’intervention : leurres létaux domestiques Intervention : tubes d’avant-toit (avec ou sans moustiquaires) Demandeur : In2Care Contexte L’intervention « leurres létaux domestiques » consiste en une combinaison de moustiquaires aux points d’entrée des moustiques (tels que les avant-toits, les fenêtres et les portes) et de tubes installés dans les avant-toits. Les « eave tubes » d’In2Care® sont des tubes en plastique qui contiennent un filet amovible recouvert d’un revêtement Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS 7
statique qui contient des insecticides en poudre. Ces tubes sont insérés dans les avant- toits des maisons au stade de la construction ou sont installés ultérieurement au moyen d’une grande perceuse. Les tubes canalisent l’air intérieur imprégné de l’odeur des personnes vers l’extérieur, transformant la maison en piège mortel pour les moustiques à la recherche d’hôtes, pour autant que les autres ouvertures soient munies d’une moustiquaire. Ces pièges mortels visent à réduire la pénétration de moustiques en restreignant l’accès aux habitations et en tuant les moustiques à la recherche d’hôtes, réduisant de ce fait le risque de transmission du paludisme. L’efficacité de l’intervention leurres létaux domestiques contre les accès palustres cliniques a été évaluée dans le cadre d’un essai contrôlé randomisé par grappes réalisé en Côte d’Ivoire. L’essai de deux ans a débuté en avril 2017, et les résultats ont été présentés au VCAG en novembre 2019. L’essai a démontré un impact substantiel sur l’incidence du paludisme. Toutefois, à ce jour, la contribution relative des tubes et des moustiquaires à cet impact n’est pas claire, pas plus que la question de savoir si le déploiement des tubes d’avant-toit seuls, tel qu’envisagé par le fabricant, présente une utilité pour la santé publique. Afin de répondre aux critères de preuve nécessaires pour déclencher l’élaboration d’une recommandation potentielle de l’OMS, il a été indiqué précédemment qu’un deuxième essai devrait être réalisé dans un contexte géographique différent. À la douzième réunion du VCAG, en juin 2020, les demandeurs ont présenté une proposition initiale pour le deuxième essai – un essai contrôlé randomisé par grappes, factoriel destiné à évaluer les tubes en tant qu’intervention autonome et en combinaison avec les moustiquaires – en République-Unie de Tanzanie. Le VCAG a exprimé son soutien au projet de modèle d’essai à quatre bras et à sa capacité à générer des données utiles aux fins de l’évaluation de l’utilité potentielle pour la santé publique de chacune des deux composantes de l’intervention leurres létaux domestiques, ainsi que de leur impact combiné. Davantage de données épidémiologiques seraient nécessaires pour disposer de bases factuelles suffisantes pour évaluer l’utilité pour la santé publique des tubes en l’absence de moustiquaires. Mises à jour Pour cette réunion, les demandeurs ont présenté des mises à jour sur les données complémentaires issues de l’essai contrôlé randomisé par grappes réalisé en Côte d’Ivoire concernant la résistance aux insecticides. Les résultats épidémiologiques finaux de cet essai sont contenus dans un manuscrit en cours d’examen. Les demandeurs ont indiqué que ce manuscrit sera transmis au VCAG dès qu’il sera prêt. Les demandeurs ont également demandé au VCAG des éclaircissements quant au degré d’impact épidémiologique qu’il leur faudrait démontrer pour les tubes d’avant- toit dans le cadre de l’essai contrôlé randomisé par grappes prévu en République-Unie de Tanzanie, et au comparateur auquel cela s’appliquerait pour l’évaluation de l’impact épidémiologique des tubes d’avant-toit utilisés seuls. Les demandeurs proposent de réaliser des études complémentaires dans le site précédent de leur essai contrôlé randomisé par grappes en Côte d’Ivoire et ont demandé conseil au VCAG concernant la manière de concevoir cet essai pour obtenir des données acceptables en termes de démonstration de l’impact des tubes d’avant- toit lorsqu’ils sont utilisés en tant qu’intervention autonome. Ils ont également demandé s’il serait possible de présenter des données intermédiaires au bout d’un an, dans le but d’accélérer le processus d’élaboration d’une recommandation de l’OMS pour cette intervention. La Fondation Bill et Melinda Gates a accordé un financement pour un projet pilote de mise en œuvre des tubes d’avant-toit (en association avec l’utilisation de moustiquaires) dans un domaine agricole situé en République-Unie de Tanzanie (octobre 2019), destiné à protéger le personnel résidant dans le domaine. Enfin, les demandeurs ont mentionné la possibilité de réaliser un essai portant sur les tubes d’avant-toit déployés seuls (sans moustiquaires) en Ouganda. 8 Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS
Résumé des discussions Les informations présentées au VCAG étaient claires à maints égards. Le VCAG a répondu à plusieurs questions des demandeurs. En réponse à la question des demandeurs concernant la taille d’effet désirée pour l’essai en Tanzanie, le VCAG a indiqué que cela est précisé dans le document que l’OMS a publié récemment sur les normes et processus d’évaluation des interventions innovantes en matière de lutte antivectorielle (1). Il est précisé dans le document que l’OMS ne prédéfinit pas les tailles d’effet cibles aux fins de la détermination de l’utilité pour la santé publique. Il revient aux demandeurs de proposer une taille d’effet anticipée en fonction des connaissances actuelles sur l’intervention, et de concevoir des essais permettant de montrer un impact statistiquement significatif de l’intervention au regard de la norme de soins en vigueur. Le VCAG évalue les protocoles et les résultats des essais pour déterminer si cet impact a été établi. Durant le processus d’élaboration d’une recommandation de l’OMS, un Groupe d’élaboration de lignes directrices tient compte de la taille d’effet obtenue, du degré de confiance dans les estimations et d’autres facteurs tels que le rapport coût/efficacité et la logistique lors de la formulation d’une recommandation pour l’intervention concernée. Comme indiqué dans le modèle de l’essai contrôlé randomisé par grappes approuvé par le VCAG, la principale comparaison d’intervention dans le cadre de l’essai en République-Unie de Tanzanie portera sur les tubes d’avant-toit associés aux moustiquaires et un bras témoin. Le modèle approuvé comporte une taille d’effet supposée de 38 % pour l’intervention combinée, conformément aux résultats du premier essai, et une incidence moyenne présumée de 0,3 cas de paludisme par enfant par an, avec un coefficient de variation de 0,3. Selon les prévisions, les 12 grappes par bras envisagées, qui compteront 50 enfants chacune pendant 18 mois, devraient obtenir une puissance de 80 % au seuil de signification de 5 %. Si les critères précisés dans l’analyse de puissance sont remplis, ce modèle factoriel permettra de détecter une différence d’incidence de 28 % ou plus entre la présence et l’absence des tubes d’avant-toit (cumulé sur l’ensemble des groupes à moustiquaires). Le VCAG a noté que le modèle de l’essai de Tanzanie n’a pas la puissance requise pour détecter une taille d’effet spécifique pour l’interaction entre les bras individuels de tubes d’avant-toit avec moustiquaires. Les demandeurs proposent un essai complémentaire au site de Côte d’Ivoire dans le but d’identifier l’impact des tubes d’avant-toit déployés seuls, en surveillant l’incidence lorsque les tubes sont entretenus mais que l’on laisse les moustiquaires aux fenêtres se détériorer naturellement. Le VCAG a convenu que des études complémentaires et des activités de suivi pourraient potentiellement élargir la base de données factuelles sur la durabilité des interventions combinées tubes d’avant-toit/moustiquaires, et éventuellement fournir des éléments de preuve sur l’impact des tubes utilisés seuls. Cependant, les données probantes sur l’impact sur la santé publique générées par un tel essai complémentaire auraient moins de poids que celles d’un essai contrôlé randomisé par grappes pour les raisons suivantes : i) l’allocation de détérioration des moustiquaires aux fenêtres n’est pas randomisée ; et ii) il y a incertitude quant à la vitesse à laquelle les moustiquaires se détérioreront ou parviendront à un stade où on pourra garantir qu’elles ne font plus partie de l’intervention. Il conviendrait de fournir dans le protocole une approche visant à remédier à ces limitations. Outre les recommandations spécifiques (voir ci-après), le VCAG a invité les demandeurs à tenir compte des aspects suivants dans le modèle de l’étude complémentaire : • Il peut s’avérer plus pratique de fonder le suivi à plus long terme sur des enquêtes transversales plutôt que sur des analyses complémentaires de la cohorte originale, en raison du déficit de suivi et des réductions des événements à mesure que la cohorte vieillit. Des enquêtes transversales pourraient également comprendre des participants plus jeunes. • Le bras témoin existant n’est pas approprié comme groupe témoin pour un essai recrutant davantage de grappes. Cependant, un déploiement par étapes et randomisé des tubes d’avant-toit seuls dans l’ensemble du bras témoin existant Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS 9
peut être possible. Il était initialement prévu de déployer dans le bras témoin si l’intervention était réussie, et le VCAG exprime son regret qu’aucun financement n’ait été accordé pour ce déploiement. En réponse à la question des demandeurs sur la nécessité de collecter des données entomologiques au sein d’autres études épidémiologiques en Côte d’Ivoire, le VCAG a signalé qu’il est crucial de caractériser le contexte entomologique pour comprendre comment l’intervention fonctionne et ce qui limite son efficacité. C’est pourquoi, il est dans l’intérêt des demandeurs de collecter ces données chaque fois que possible. La question de l’analyse intermédiaire de l’essai de Côte d’Ivoire a été soulevée au dernier moment lorsque les demandeurs ont reçu le nouveau document exposant les normes et critères de l’OMS en matière d’évaluation de la lutte antivectorielle (1). De manière générale, le VCAG est ouvert à l’inclusion d’une analyse intermédiaire dans la conception d’un essai, pour autant que cela soit bien justifié. Par conséquent, le VCAG est ouvert à la proposition des demandeurs de réaliser une analyse intermédiaire dans le cadre de l’essai de Côte d’Ivoire portant uniquement sur les tubes d’avant-toit. Toutefois, les demandeurs doivent se reporter aux orientations figurant dans le rapport de la huitième réunion du VCAG (3) (en particulier en ce qui concerne le rôle du comité de contrôle des données et de la sécurité dans toute analyse intermédiaire) et au dernier document de l’OMS relatif aux normes et critères (1). Le processus d’élaboration d’une potentielle recommandation de l’OMS concernant les tubes d’avant-toit comme intervention autonome dépendra non seulement des résultats de l’analyse intermédiaire, mais également des autres bases factuelles disponibles, et ne commencera que lorsque les données sur l’impact épidémiologique de deux essais distincts seront disponibles. Les demandeurs doivent être conscients de ce que les bases factuelles découlant d’une analyse intermédiaire peuvent avoir moins de poids que celles générées sur une période d’essai plus longue. Les demandeurs sont donc renvoyés au document récemment publié par l’OMS sous le titre Norms, standards and processes underlining WHO vector control policy recommendations (1), qui aborde les facteurs susceptibles d’avoir une incidence sur le poids des bases factuelles utilisées pour éclairer la formulation de recommandations par l’OMS, parmi lesquels la durée d’étude. Bien que l’OMS ne l’impose pas (et pour autant que cela soit conforme au protocole et aux considérations éthiques), le VCAG considère qu’il peut être utile d’assurer le suivi d’un essai court pour traiter les questions de cohérence (pour éviter le biais d’impact positif à court terme), de durabilité de l’impact pour différentes dynamiques de transmission (variabilité interannuelle) et des effets biologiques (immunité) et sociocomportementaux qui ne sont pas facilement observés dans le cadre d’un suivi de courte durée. Conclusion Le VCAG félicite les demandeurs pour les progrès substantiels accomplis et leur dossier détaillé. Les plans décrivant l’essai contrôlé randomisé par grappes en République- Unie de Tanzanie devraient suffire à estimer l’impact des tubes d’avant-toit utilisés seuls (ce qui servirait de première démonstration de cet effet) et en combinaison avec les moustiquaires aux fenêtres (qui, avec les données de l’essai de Côte d’Ivoire, servirait de deuxième démonstration de l’effet comme intervention de leurres létaux domestiques). Le processus d’élaboration d’une recommandation potentielle de l’OMS visant les leurres létaux domestiques pourrait donc commencer dès que les données issues de l’essai de Tanzanie auront été transmises à l’OMS. Recommandations Le VCAG recommande ce qui suit : • Étude complémentaire en Côte d’Ivoire : Préalablement au suivi complémentaire du site de Côte d’Ivoire, les demandeurs sont priés de transmettre au VCAG un protocole et un plan d’analyse clairs. 10 Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS
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