REDISTRIBUTION DES CARTES - PHYTOS, SEMENCES : Référence Appro
←
→
Transcription du contenu de la page
Si votre navigateur ne rend pas la page correctement, lisez s'il vous plaît le contenu de la page ci-dessous
Les indispensables
PHYTOS, SEMENCES :
REDISTRIBUTION DES CARTES
Déc.
2017
STRATÉGIE MONDE • Panorama semences p 14
• Phytos p 02 • Analyse semences p 15
• Semences p 06 • Actualités 2017 : les faits marquants p 20
STRATÉGIE FRANCE PRATIQUE
• Panorama des sociétés phytos p 08 • Liste des principales sociétés phytos et
• Analyse phytos p 09 semencières françaises p 26STRATÉGIE • Analyse phytos Monde
Concentrations, oui…
mais avec cessions d’actifs
L’année 2017 aura connu la création de
DowDuPont et le rachat de Syngenta
par ChemChina. L’acquisition de
Monsanto par Bayer devra attendre
2018. Les autorités de la concurrence,
Commission européenne en tête,
veillent au grain et exigent des cessions
d’actifs, lesquelles modifient le
paysage mondial de l’agrochimie.
Les concentrations, comme les cessions d’actifs exigées par les
diverses autorités de la concurrence vont modifier le classement
mondial des firmes agrochimiques. FMC revendique déjà la 5e place
du podium. BASF et Nufarm vont également grimper, suite à
l’acquisition d’actifs cédés par Bayer, Syngenta, Adama et FMC.
E
n engageant une procédure d’enquête ap- partageront plus de 75 % du marché de l’agrochimie.
profondie sur les différentes concentrations – Les spécialistes annonçaient que les groupes créés
DowDuPont, ChemChina/Syngenta et Bayer/ par ChemChina/Syngenta et Bayer/Monsanto contrôle-
Monsanto - la Commission européenne ne fait raient plus de la moitié des herbicides, que DowDuPont
pas que retarder la finalisation des projets. Elle examine de et Bayer/Monsanto auraient la main sur plus des trois-
près les impacts potentiels et pousse les multinationales quarts du marché américain des semences de maïs et
à proposer des cessions d’actifs. C’est d’ailleurs elle qui 65 % de celles de soja.
mène la danse au niveau mondial, les Non, inutile d’additionner les chiffres
autorités de la concurrence des autres d’affaires des sociétés qui fusionnent.
La Commission
pays se réfèrant de manière générale à La valse des remaniements de porte-
ses décisions. Son credo : éviter tout européenne tient feuilles n’en finit pas et se fait même
monopole, sur chaque segment de à sauvegarder le potentiel en cascade. FMC, qui a récupéré 50 %
marché, et sauvegarder le potentiel d’innovation du chiffre d’affaires mondial de DuPont,
d’innovations. Cette dernière exigence doit à son tour céder une partie de son
a valu à BASF de ne pas pouvoir re- portefeuille européen d’herbicides (sul-
prendre la R&D phytos de DuPont, lors de la fusion avec fonylurées et florasulam), lequel avait été renforcé par
Dow : la Commission exigeait un repreneur sans structure le rachat de Cheminova. C’est Nufarm qui récupère
2
R&D. C’est alors FMC qui en a bénéficié. ces actifs, d’une valeur de 90 millions de dollars. C’est
Déc. 2017
également elle qui reprend ceux que la Commission
La Commission européenne européenne a demandé à ChemChina de céder suite à
mène la danse son acquisition de Syngenta. Adama, qui appartient à
Ainsi, contrairement aux prévisions d’experts, les rap- ChemChina, se démunit de produits hors brevet… mais
Les indispensables
prochements faits ou à faire ne se traduiront pas, au reçoit de la part de Syngenta « des produits de valeur
final, par l’obtention de trois mégamultinationales qui se économique et de nature similaires ».OUTIL DÉVELOPPÉ GRÂCE À
L’EXPERTISE TECHNIQUE FMC
HERBICIDE - 360 G/L DE CLOMAZONE
HERBICIDE
MULTICULTURES
MICRO ENCAPSULATION
SÉLECTIVITÉ • UNIQUE • PERSISTANCE
CENTIUM® 36CS, l’alliance de l’expertise clomazone et de la technologie brevetée de micro-encapsulation par FMC.
L’équipe FMC est fière de commercialiser CENTIUM® 36CS par son propre réseau de distribution.
• La base de votre désherbage
• La persistance d’action
• Le contrôle des levées échelonnées
Centium® - AMM : 2000299 - 360 g/L de Clomazone - Suspension de capsules (CS) - ATTENTION - H413 - ® Marque déposée de FMC Corporation, USA. Homologation de FMC Chemical sprl. Avant toute utilisation, assurez-vous que
celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l’environnement, conformément aux principes de la
protection intégrée, consultez http://agriculture.gouv.fr/ecophyto. Pour les usages autorisés, doses, conditions et restrictions d’emploi : se référer à l’étiquette du produit, à www.phytodata.com et www.cheminova.fr - 10/2017 -
www.accentonic.com - Crédit photographique : shutterstockSTRATÉGIE • Analyse phytos Monde
BASF va profiter du rachat
de Monsanto par Bayer
Autre société gagnante, sous réserve que Bayer
rachète Monsanto : BASF. Afin d’obtenir plus facile-
ment le feu vert des autorités de la concurrence sur
son projet d’acquisition, Bayer a signé un accord
avec BASF pour lui vendre certaines de ses activités
CropScience. Ces actifs, d’une valeur de 5,9 milliards
d’euros, concernent les herbicides non sélectifs à base
de glufosinate d’ammonium et des activités semences,
OGM et non OGM (colza, coton, soja). La transaction
inclut la branche de recherche et de sélection varié-
tale de Bayer concernant les cultures cédées, ainsi
que la technologie génétique et la marque LibertyLink
(tolérance aux herbicides). BASF s’est engagé à main-
tenir, pendant au moins trois ans après la clôture de la
transaction, les plus de 1 800 emplois transférés, prin-
cipalement aux États-Unis, en Allemagne, au Brésil,
Canada et en Belgique. Le marché de l’agrochimie a connu une baisse de 1,9 % en
2016, celui des semences, de 0,7 % (+ 3,1 % pour les se-
mences OGM, - 4,9 % pour les semences conventionnelles).
Vers une offre globale La situation semble s’améliorer en 2017
pour les agriculteurs Les ventes de phytos des principales firmes sur les six premiers
2018 verra donc le classement des sociétés agro- mois de 2017 diminueraient de 1,7 %, contre 10,9 % l’année
précédente.
chimiques remanié. Avec une tendance de fond chez
Selon le Cabinet Phillips McDougall, sur les six premiers mois
les principales multinationales : la volonté d’aller de 2017, les ventes de Syngenta, de Bayer et de Dow seraient
vers une offre globale, au plus près des agriculteurs. respectivement en baisse de 5,4 %, 6,3 % et 0,8 % par rapport
Proposer des produits phytos conventionnels et même à la période équivalente de 2016. Mais les autres sociétés
verraient en revanche leurs ventes augmenter : + 4,4 % pour
des semences ne suffit plus. Les investissements et BASF, + 7,3 % pour DuPont, + 17 % pour Monsanto, + 0,7 %
partenariats dans le domaine du biocontrôle, de la pour Adama, + 1,4 % pour FMC et + 0,7 % pour Platform.
biotechnologie, des technologies de précision et du
numérique se multiplient.
Technologies Avec le rachat de Monsanto, Bayer l’exploitation d’images et de données obtenues par
de précision et deviendra l’agrofournisseur complet. satellite. En avril 2017, le groupe signe un accord pour
Le numéro 2 mondial des phytos s’ap- le rachat de ZedX, leader dans le développement d’ap-
numérique complètent l’offre proprie non seulement le numéro 1 plications numériques pour l’agriculture. Cette société
phytos et semences mondial des semences, mais égale- américaine conçoit des modèles agronomiques pour
ment une multinationale pionnière en aider les agriculteurs dans la conduite de leurs cultures.
matière de biotechnologies végétales qui n’a cessé En septembre, BASF signe également un accord avec
d’investir dans le numérique et l’agriculture de pré- la société Proagrica, spécialisée dans la gestion de
cision depuis son acquisition, fin 2013, de Climate données agricoles et la création d’outils d’aide à la
Corporation. Monsanto a annoncé qu’elle lancera décision, pour développer des interfaces de gestion
en 2018 sa plateforme agricole numérique Climate de l’exploitation.
FieldView en Europe. Bayer, de son côté, a également DuPont a de son côté racheté l’entreprise américaine
progressé dans le numérique, avec 200 M€ d’investis- Granular, spécialisée dans la création de logiciels et
4
sements entre 2015 et 2020. d’outils d’analyse destinés aux agriculteurs dans le but
Déc. 2017
Bayer et Monsanto ne sont pas les seules à vouloir offrir d’optimiser les performances de leurs exploitations.
des solutions intégrées à l’agriculteur. DowDuPont, Cette dernière a noué des partenariats avec de grands
Syngenta et, demain, BASF, allient produits phytos et groupes agro-industriels, à l’image de John Deere, fin
semences. Et côté numérique, les engagements s’in- juillet, pour la co-création d’outils.
Les indispensables
tensifient. En février 2017, BASF conclut un accord Le big data est bien entré dans l’agrochimie.
de partenariat avec l’Agence spatiale européenne sur Gaëlle GaudinSTRATÉGIE • Point de vue semencier
Patrick Spadin, directeur général de Limagrain Europe
« Notre génétique doit rester
performante, attractive »
Le groupe Limagrain fait partie des « pure players », les semenciers purs. Un choix
assumé pour permettre aux agriculteurs de constituer leur propre boîte à outils.
Cette stratégie n’exclut pas de rester en veille pour créer des partenariats avec des
agrochimistes, selon les opportunités. Patrick Spadin, le directeur général
de Limagrain Europe, nous en dit plus.
A l’heure où les acteurs de la chimie et des semences se venir doit être claire car nous, nous sommes appelés à
concentrent, le groupe Limagrain reste axé sur les semences. investir sur du long terme. Les nouvelles techniques de
Est-ce une volonté ? sélection végétale (NPBT) doivent nous aider à aller plus
Pour le groupe, rester un semencier pur est un choix vite. Nous sommes à mon sens, à l’aube d’un nouveau
assumé. Notre groupe est, de par son histoire, très cycle. L’Europe, et la France notamment, ne doivent pas
proche des agriculteurs. Nous sommes conscients se mettre de barrières réglementaires qui nous place-
que la concentration des acteurs raient en situation de concurrence inégale avec d’autres
et le spectre de solutions intégrées parties du monde. Pour autant, notre objectif est de
reviennent à l’avant-plan mais chez préserver notre recherche en France. Chaque année,
Limagrain, nous souhaitons laisser Limagrain investit près de 14,6 % de son chiffre d’affaires
le choix à l’agriculteur de constituer, dans la recherche : 20 % des effectifs y sont consacrés.
comme il l’entend, sa boite à outils
en matière d’intrants. En fonction La semence a-t-elle encore un bel avenir ?
de sa propre stratégie, du contexte Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dix milliards de
pédoclimatique et des contraintes bouches à nourrir à l’horizon 2050. Ajoutez à cela une
économiques de son exploitation. pression sur le foncier agricole, et l’on comprend mieux
Chez Limagrain Europe, nous res- pourquoi la semence est au cœur des débats. Moins
tons toutefois ouverts aux éventuelles d’hectares devront produire plus et répondre aux consé-
pistes de collaboration avec les autres quences du changement climatique. Nous n’avons pas
firmes. Cela existe déjà pour la partie d’autre choix que d’innover, notamment en matière de
traitement de semences ou pour la génétique. Chez Limagrain, nous avons la chance de ne
tolérance du tournesol aux herbicides pas être soumis à une gouvernance financière comme
par exemple. Nous sommes d’ailleurs peuvent l’être certains grands groupes de l’agrochimie.
régulièrement sollicités par des grandes sociétés de Nous sommes plus sereins. Étant proches des agricul-
l’agrochimie et par des « génériqueurs », soucieux d’éta- teurs, nous pouvons mieux comprendre les besoins du
blir des collaborations. Nous restons en veille. En interne, terrain. Cela nous permet de décider de nos orienta-
maintenir notre performance est une réelle motivation car tions et du développement nécessaire de notre géné-
notre génétique doit rester attractive. tique. En interne, les équipes recherche et commerciales
6
échangent beaucoup. Comprendre pourquoi innover
Déc. 2017
En recherche, le pas de temps reste long. Plus de 10 ans pour permet de mieux identifier les voies pour y parvenir. Le
mettre au point une nouvelle variété. Ce délai va-t-il se réduire ? challenge est immense, tant sur le plan environnemental,
Le délai pour mettre au point une nouvelle semence reste que climatique ou réglementaire et ce, quelles que soient
long en effet, entre 10 et 15 ans. Et en parallèle, le cycle les espèces. Voilà aussi pourquoi Limagrain Europe déve-
Les indispensables
de vie des nouvelles génétiques se réduit. Nous devons loppe une approche multi-espèces. Pour répondre aux
continuer à gagner du temps pour assurer un renouvel- attentes des agriculteurs en France et plus largement, à
lement de nos gammes. Pour cela, la réglementation à ceux des 56 pays où le groupe est présent. Anne GiletInnovation • STRATÉGIE
Un projet pour centraliser
les data réglementaires
agricoles au niveau
mondial
Faites gagner du temps
а vos йquipes
agronomiques et commerciales
La société Lexagri International devrait voir
le jour en 2018. Son objectif : mettre en
place un système centralisant les données
réglementaires des intrants agricoles à
l’international.
U
ne plateforme unique pour rassembler les données
réglementaires des semences, phytos et fertilisants, à
déployer dans tous les pays. C’est le projet ambitieux
de Lexagri International, une société qui verra le jour en
2018. Deux partenaires sont mobilisés : les sociétés spécialisées
dans la data agricole, Lexagri et Agrobase-Logigram. Le système
VISUALIZ :
français de gestion des data réglementaires, dont Lexagri est le Constituez vos synthèses d’essais
prestataire, fait figure de modèle.
Traçabilité des intrants et usages autorisés : des enjeux qui concernent
avant tout les firmes d’agrofournitures. Et le projet repose sur leur
contribution, en tant que partenaires car elles seront amenées à
alimenter la plateforme. Denis Larivière, créateur de Lexagri, insiste
toutefois sur l’indépendance de la future société : « Le modèle écono-
mique s’appuiera sur la prestation de services construits à partir des
datas collectées. » À ce stade, ces firmes se montrent intéressées,
mais prudentes, soulignant la quantité de travail nécessaire à une
telle démarche.
Les éditeurs et prestataires de services font preuve de moins de
retenue : Isagri ou Smag, deux poids lourds français du numérique
agricole en France, ont exprimé une véritable attente en matière d’ho-
mogénéisation des systèmes d’informations, condition d’importance
pour un déploiement réussi à l’international. Lexagri et Agrobase-
Logigram espèrent également retenir l’attention des structures impor-
tant et/ou exportant de la matière première agricole, dont certains
coopératives et négoces. Eloi PaillouxSTRATÉGIE• Le classement des phytos
Panorama des sociétés
phytopharmaceutiques en France
CA phytos
CA phytos Effectif
au niveau
en France salarial
N° Firmes Répartition du CA phytos par gamme de produits en % mondial
campagne en France
campagne
2016/2017 (hors
2016/2017
(en M€) production)
(en M€)
1 Bayer 543 480 9 915 (3)
2 Syngenta Agro 428 (1)
NC 1 250 12 800 (1) (2)
3 BASF Agro 352 (1) 272 5 569 (1)
Belchim Crop
4 149 59 503
Protection (dont Protex)
5 Dow AgroSciences NC (4) NC NC NC
6 Adama 120 78 3 100
7 Dupont Solutions NC (4) NC NC NC
8 Phyteurop 91 59 128
9 Arysta LifeScience 80 42 1 660 (1)
10 Philagro 60 72 -
11 UPL 55 26 2 000
12 De Sangosse 54 70 136
13 Nufarm 54 90 1 942
14 Certis 50 46 NC
15 FMC 39 22 2 253 (2)
16 Monsanto NC (4) NC 15 3 640 (2)
17 Sapec Agro 21,1 17 146 (1)
18 Barclay 20 1 75
19 Jouffray-Drillaud 19,5 150 -
20 Gowan 18,2 10 342
21 Action Pin 18 NC 110 21 (3)
22 Tradi-Agri 16,9 5 -
23 Sumi Agro 15 NC 28 NC
24 Koppert 12,7 NC 43 NC
25 CCL 9,3 7 11,2
26 Sojam 6 12 6
27 Bioline AgroSciences 6 60 NC
28 Rotam 6 NC 6 400
29 Valagro 5 (1)
NC (16)
12 117(1)
8 30 Vivagro NC (4) 8 NC
31 Andermatt
Déc. 2017Analyse phytos France • STRATÉGIE
Une réglementation
de plus en plus pesante
Les feuilletons réglementaires se
sont poursuivis, voire renforcés en
2017. Avec une position prégnante des
environnementalistes, les prises de décision
deviennent de plus en plus politiques.
Les affaires juridiques marquent aussi
l’actualité. La disponibilité de molécules
et de produits s’amoindrit et le manque de
visibilité pèse sur la recherche d’innovations.
«L
e registre émotionnel a pris aujourd’hui
le pas sur les informations vérifiées. Le
phénomène est amplifié par la circula-
tion d’informations sur les réseaux so-
ciaux », explique Virginie Sassoon, docteur en sciences
de l’information et enseignante à l’Institut France de
Presse. Cette tendance est particulièrement flagrante en
ce qui concerne les produits phytos. Et la méfiance gran-
dissante de la société civile vis-à-vis des autorités d’éva-
luation conduit les politiques à prendre des décisions qui
ne sont plus fondées sur la science.
Pour 92 % des 33 sociétés phytos interrogées par
Reference-appro.com, la réglementation fait partie des Des feuilletons à rallonge
facteurs qui influenceront le secteur en France sur les deux Les feuilletons relatifs aux produits phytos se succèdent :
prochaines campagnes. Parce qu’elle oriente le choix des après les néonicotinoïdes, les perturbateurs endocriniens
produits mis sur le marché, en favorisant notamment les et le glyphosate, c’est au tour du sulfoxaflor de faire la
spécialités de biocontrôle, mais surtout parce qu’elle cible des anti-phytos. Roger Genet, directeur général de
conditionne de plus en plus l’utilisation des produits et l’Anses, a dû faire le point sur la décision de l’Agence.
restreint, année après année, le nombre de molécules et Auditionné le 16 novembre dans le cadre de la mission
de solutions disponibles. Enfin, parce que l’absence de d’information parlementaire sur l’utilisation des produits
règles pérennes freine la recherche d’innovations. phytos, il a insisté sur le fait que si l’Agence avait autorisé
PANORAMA DES SOCIÉTÉS PHYTOS EN FRANCE :
une nouvelle donne est attendue pour 2017/2018
9
L’impact de la création de DowDuPont, du rachat de Syngenta par
Déc. 2017
ChemChina, de celui à venir de Monsanto par Bayer et de toutes les
cessions d’actifs exigées par les autorités de la concurrence, se ma-
nifestera en 2018. DuPont a vu 75 % de son chiffre d’affaires français
Les indispensables
partir chez FMC. En France, comme au niveau mondial (voir page 2),
Nufarm et BASF devraient remonter dans le classement, grâce aux actifs
récupérés.STRATÉGIE • Analyse phytos France
BIOCONTRÔLE : 5 % DU MARCHÉ DE LA PROTECTION DES PLANTES EN 2016
IBMA, l’association française des fabricants de produits de
biocontrôle, a annoncé le 19 octobre 2017 le lancement de son
baromètre annuel, nommé BIB, de mesure de ce marché. Lequel
s’élève, en 2016, à 110 M€, soit 5 % du
secteur de la protection des plantes. Le
BIB 2016 révèle que l’activité biocontrôle
des membres d’IBMA a augmenté de
25 % sur un an, avec une hausse de 18 %
pour les filières agricoles et de 54 % pour les jardins et espaces
verts (Jevi).
L’agriculture pèse 74 % du marché généré par les membres
d’IBMA. 57 % du chiffre d’affaires concernent les substances
naturelles (+ 33 % entre 2015 et 2016), 18 % les médiateurs
chimiques (+ 14 %), 15 % les macro-organismes (+ 12 %) et
10 % les micro-organismes (+ 29 %).
L’ambition d’IBMA est d’atteindre 15 % du marché. Les investis-
sements sur ce marché ne cessent de croître. Et ce, au sein de
© BASF
toutes les sociétés phytos, quelle que soit leur taille.
Stéphanie Ayrault
le sulfoxaflor en France, « c’est parce que l’évaluation, membres le même règlement, en supprimant juste
tant pour la santé humaine que dans les conditions d’em- cette exception. Cette proposition a été acceptée le 13
ploi pour la santé des abeilles, permettait d’utiliser ce décembre par les États membres. Les critères pour les
produit comme une alternative chimique insecticide qui produits phytos seraient alors les mêmes que pour les
présentait plus d’avantages que les produits aujourd’hui biocides, ce qui était l’idée de départ. Mais le feuilleton
utilisés ». n’est pas encore terminé. La proposition doit encore
Les tergiversations, tant au niveau européen que français, recevoir l’approbation du Parlement européen et du
s’éternisent. De nombreux dossiers restent en cours : Conseil de l’UE.
• Glyphosate : les représentants des États membres • Néonicotinoïdes : en France, leur utilisation sera
de l’UE, réunis le 27 novembre au sein d’un comité interdite à compter du 1er septembre 2018 (acétami-
d’appel, ont voté pour un renouvellement d’autorisation pride, clothianidine, imidaclopride, thiaclopride, thia-
de la molécule de 5 ans. Mais en France, ce sera 3 méthoxam). Des dérogations pourront être accordées
ans, a décrété Emmanuel Macron. Le Gouvernement jusqu’au 1er juillet 2020. Le bilan final de l’Anses sur les
se penche, en ce début décembre 2017, sur le rapport alternatives est attendu pour la fin du premier trimestre
de l’Inra pour élaborer un plan de sortie de la molécule, 2018. En Europe, la Commission propose de limiter
lequel devrait être présenté avant la fin de l’année. aux seuls usages sous serre l’utilisation des trois molé-
• Perturbateurs endocriniens : les critères scienti- cules (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxam)
fiques pour la détermination des propriétés perturbant déjà restreintes depuis fin 2013.
le système endocrinien dans les produits biocides ont • Sulfoxaflor : les AMM des insecticides Transform et
été publiés mi-novembre et sont applicables à compter Closer de Dow AgroSciences sont suspendues. Et ce,
10
du 7 juin 2018. Pour les produits phytos, la Commission dans l’attente du jugement sur le fond du dossier, pour
Déc. 2017
européenne a dû revoir sa copie, suite au rejet de son lequel aucune date n’est encore fixée. La décision a été
projet de règlement par le Parlement européen début rendue le 24 novembre par le Tribunal administratif de
octobre. Raison de ce rejet : une exception visant les Nice suite à un recours en référé de Générations futures.
régulateurs de croissance des insectes, proposée avec Dow AgroSciences fait appel devant le Conseil d’État.
Les indispensables
les critères. La Commission a alors proposé aux États Gaëlle GaudinUne gamme à votre service !
®
Alcedo® - Molina® (AMM 9500234)
00234) 100 g/l tétraconazole, formulation EC. Danger. SGH07. SGH08. SGH09. H302. H304. H315. H319. H336. H411. ® Marque déposée Belchim Crop Protection NV/SA. Détenteur homologation : Isagro Isagr Spa. Beloukha®
(AMM 2140255) 680 g/l acide pélargonique formulation EC. Attention. SGH07. H315. H319. ® Marque déposée et détenteur homologation Jade. Trebon® 30EC / Uppercut® (AMM 9400085) 287,5 g/l etofenprox, formulation EC. Danger. SGH07.
SGH08. SGH09. H304. H315. H319. H336. H362. H400. H410. ® Marque déposée : Mitsui Chemicals Agro, Inc. Détenteur homologation : Belchim Crop Protection NV/SA Amalfi®/Tairel F Liquide (AV8700102) 60 g/l bénalaxyl + 385 g/l folpel, formula-
tion SC. Attention. SGH07. SGH08. SGH09. H317. H319. H351. H410. Marques déposées de FMC Corporation, USA. Détenteur d’homologations : FMC Chemical sprl. Valis® F (AV2090065) 48% folpel + 6% valifénalate, formulation WG. Danger. SGH05,
SGH07, SGH08, SGH09. H317, H318, H332, H351, H410. ® marques déposées de Belchim Crop Protection. Détenteur d’homologations : Belchim Crop Protection NV/SA. Kusabi®/Unicicut® (AV2140177) 300 g/l pyriofénone, formulation SC. Attention.
SGH08. H351. H412. Mildicut®/Kenkio®/Ysayo® (AV2090126) 25 g/l cyazofamide et 250 g/l di sodium phosphonate, formulation SC. H412. Chikara Duo® (AV2140086) 6,7 g/kg flazasulfuron + 288 g/kg glyphosate, formulation WG. Attention. SGH07.
SGH09. H319. H410. Katana® (AV9700070) 25% flazasulfuron, formulation WG. Attention. SGH09. H410. ® Marques déposées d’Ishihara Sangyo Kaisha (ISK) Ltd, Japon. Détenteur d’homologations : ISK Biosciences Europe SA. Vintec® (AMM 2169998)
1x1010 UFC/g Trichoderma atroviride SC1, formulation WG. Sans classement. Marque déposée de et homologuée : Bi-PA. Vintec® est utilisable en agriculture biologique en application du RCE 834/2007. Avant toute utilisation, assurez-vous que
celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l’environnement, conformément aux principes de la protection
intégrée, consultez http://agriculture.gouv.fr/ecophyto. Pour les usages autorisés, doses, conditions et restrictions d’emploi, voir les étiquettes des produits ou www.phytodata.com. Distribués par Belchim Crop Protection France. 69380 Lissieu.
Agrément NC00838 Distribution de produits phytopharmaceutiques à des utilisateurs - Nov.17STRATÉGIE • Analyse phytos France
UIPP : « On va finir par tirer un trait
sur l’agriculture française ! »
Face au message politique, « sortir des pesticides »,
les industriels de la protection des plantes
préviennent sur les conséquences de cette posture :
une fragilisation de l’agriculture française
et le risque de ne plus avoir accès, à moyen terme,
à toutes les innovations.
L
e ton monte à l’UIPP. L’interprofession des in-
dustriels de la protection des plantes alerte sur
les conséquences pour l’agriculture française du
« sans pesticides » et regrette le manque de dia-
logue avec les pouvoirs publics. En présentant, le 6 dé-
cembre lors de la conférence de presse annuelle à Paris, L’UIPP avertit sur le défi que doit relever l’agriculture française :
l’engagement des industriels sur la période 2025 pour « Produire avec une diminution des solutions de protection des
plantes face à l’augmentation des risques non maîtrisables »,
répondre aux besoins de toutes les agricultures face aux
a expliqué le 6 décembre sa directrice, Eugénia Pommaret (à
aléas et changements climatiques, Nicolas Kerfant, son droite), aux côtés de Nicolas Kerfant, président.
président, dénonce cette posture politique : « Le « sans »
ne permet pas de maintenir une diversité des cultures.
Nos entreprises interviennent sur un marché mondial. Engagement dans une approche
À force de percevoir en France une situation d’attente, multidisciplinaire
elles risquent de freiner l’innovation pour les cultures de Cette approche collective du biocontrôle s’inscrit dans les
ce pays. Pourquoi aider un premiers axes de progrès travaillés par les firmes sur ce
LES CHIFFRES CLÉS pays qui ne semble pas le même pas de temps. « Nous améliorons, nous préparons
2,17 MDS E DE CA en France en 2016 vouloir ? », soulève-t-il. l’avenir mais nous voulons travailler en bonne intelligence »,
réalisés par les 22 adhérents de l’UIPP. Quant à la feuille de route prévient Nicolas Kerfant. Les investissements sont fléchés
+ DE 40 % des produits utilisables en « sortir des pesticides à hori- afin de réduire les impacts, les risques et les utilisations. Parmi
agriculture biologique et + DE 50 % zon 2025 », il la juge impos- les actions enclenchées : l’ajustement des doses par hectare,
des produits de biocontrôle. sible à réaliser, « car les entre- le travail sur les formulations et l’efficacité, le renforcement
prises ne disposeront pas de de la sécurité des systèmes de transfert des produits dans
solutions alternatives contre tous les bioagresseurs, de toutes les cuves sans contacts avec l’utilisateur... Les firmes veulent
les cultures ». Au sujet du biocontrôle, il indique un niveau accompagner la montée en puissance de l’agriculture de
des utilisations autour de 5 %. « Avec ce qui est engagé précision grâce à l’utilisation massive des outils d’aide à la
en recherche, nos actions collectives dans le consortium décision, le recours à la robotique, et l’analyse des données.
biocontrôle, ces solutions pourraient atteindre 15 % en 2025, La transparence sur les études d’évaluation est aussi hissée
si tout se poursuit en matière d’investissement. » au rang des priorités. Anne Delettre
12
L’UIPP veut créer les conditions du dialogue
Déc. 2017
Pour mieux appréhender la perception du grand public sur la protection des avec un stand dédié. Ils seront poursuivis sur un lieu éphémère de la santé
plantes, l’UIPP a organisé sept ateliers citoyens en 2017. « Ces rencontres ont des plantes qui sera installé en plein Paris du 14 au 27 mai, via des ren-
permis d’identifier trois axes d’actions : engager une dynamique de trans- dez-vous en régions, de mars à octobre, et à travers une publication éditée
Les indispensables
parence, donner les moyens aux agriculteurs d’améliorer leurs pratiques et en fin d’année qui expliquera les engagements pris par le secteur.
favoriser les conditions de dialogue », a expliqué Eugénia Pommaret, direc- Le secteur de la protection des plantes aura 100 ans en 2018.
trice générale de l’UIPP en conférence de presse le 6 décembre à Paris. La L’interprofession des industriels de la protection des plantes se projette
transparence et le dialogue seront enclenchés sur le Salon de l’agriculture sous la bannière Le siècle vert.FONGICIDES CÉRÉALES PROTECTION DE LA FEUILLE
SOLUTIONS HOMOLOGUÉES SUR BLÉS ET ORGES
Souplesse Performance et Prêt
et flexibilité gain de rendement à l’emploi
- Crédit photo : gettyimages
Kardix® / Keynote® / Macfare® / Veldig® / Yoneero® • 65 g/l bixafen 65 g/l fluopyram 130 g/l prothioconazole • AMM n° 2160931 • Détenteur d’homologation : Bayer SAS • Sensibilisation cutanée,
catégorie 1B • Toxicité aiguë (par voie orale), catégorie 4 • Lésions oculaires graves/irritation oculaire, catégorie 1 • Toxicité spécifique pour certains organes cibles - Exposition unique, catégorie 3 :
irritation des voies respiratoires • Toxicité pour la reproduction, catégorie 2 • Toxicité aiguë pour le milieu aquatique, catégorie 1 • Toxicité chronique pour le milieu aquatique, catégorie 1 • ® Marque
déposée Bayer • Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour
la santé humaine et animale et pour l’environnement, conformément aux principes de la protection intégrée, consultez http://agriculture.gouv.fr/ecophyto. Pour les usages autorisés, doses, conditions
et restrictions d’emploi : se référer à l’étiquette du produit ou à la fiche produit sur www.bayer-agri.fr - Bayer Service infos au N° Vert 0 800 25 35 45. N° agrément Bayer SAS : RH02118 (distribution de
produits phytopharmaceutiques à des utilisateurs professionnels et application en prestation de services).
PRODUITS POUR LES PROFESSIONNELS : UTILISEZ LES PRODUITS PHYTOPHARMACEUTIQUES AVEC PRÉCAUTION.
AVANT TOUTE UTILISATION, LISEZ L’ÉTIQUETTE ET LES INFORMATIONS CONCERNANT LE PRODUIT.STRATÉGIE • Le classement des semenciers
Panorama des semenciers
Reference-appro.com présente son classement des semenciers sur le marché
français. Le trio de tête reste le même que l’an passé. La répartition du chiffre
d’affaires confirme la stratégie de diversification des sociétés.
CA semences
Répartition du CA semences
N° Nom de l’entreprise en France (en M€) Marques commercialisées
par espèces (en %)
campagne 2016/17
1 Semences de France 130 Semences de France, Carneau
2 Monsanto 112,29 (1)
Dekalb, Seminis, De Ruiter
3 Limagrain Europe 110 Advanta LG
4 RAGT Semences 102 (1)
RAGT Semences
5 Syngenta France SAS 94 NC Syngenta
6 Pioneer Semences 88 (1) NC Dupont, Pioneer
7 KWS France 78 KWS
8 SES Vanderhave 50 SES VanderHave
9 Caussade Semences (3)
42 Caussade Semences et Actisem
10 Euralis Semences 36 (1) Euralis Semences, France Canada Semences
11 Top Semence 33,6 Top semence
12 Saaten-Union 30 Saaten Union
13 Barenbrug France 28 Barenbrug, Heritage Seeds
14 Florimond Desprez 28 Florimond Desprez, Germicopa, SES Vanderhave
Jouffray Drillaud, Eco Performance, M les Mélanges. S.A.S
15 Jouffray Drillaud 28 (1) Energy, S.A.S Gold, Silo-King, Chlorofiltre, Plante Compagne
JD, Viver, Solvert, Melifore, Actifaune, Champs Fleuris.
16 Maïsadour Semences 25 (1) Maïsadour Semences
17 Epi de Gascogne (3)
24,7 (1)
Actisem
18 Eliard SPCP 23 Mélypré, Mélyvert, Smartgrass
Hybro (seigle), Strube (betterave et tournesol), PH Petersen /
19 Deleplanque & Cie 22
Joordens / Carneau (couverts)
20 Eurosem (3) 19 (1) Actisem
Marques des Etablissements producteurs de semences
21 Sem Partners SAS 19
délégataires des variétés Sem-Partners
22 Secobra recherches 14 Secobra
23 Semental 11,5 Protec'Sol, Synergie
24 Lemaire Deffontaines 8,5 Lemaire Deffontaines
25 Semences de Provence 7,5 Semences de Provence
26 Agri Obtentions 7 Agri Obtentions
27 Codisem 4,4 Codisem
28 Dow Seeds 4 (1) Dow Seeds
29 De Sangosse 3,54 De Sangosse, Dow Seeds
14 30 Saatbau France 2 Saatbau
31 Semences de l'Est 2 Semences de l'Est
Déc. 2017
32 Semalliance 0,3 (4) Semalliance
33 Energy Seeds (2)
NC Energy Seeds
Les indispensables
34 Bayer SAS NC
35 Fito Semences NC Fito
36 KWS Momont NC NC Momont
C Céréales à paille - M Maïs - O Oléagineux - P Protéagineux - B Betteraves -
(1)
hiffres pour l’année 2016
C d’affaires dont 24,8 M€
(2)
Energy Seeds, créée en 2016, n’a en céréales à paille)
F Fourragères - G Gazon - PO Potagères - V Couverts Végétaux - A Autres (4)
pas encore de bilan chiffré. Activité recherche
(3)
Caussade Semences, Epi de NC : Non communiqué
Gascogne et Eurosem sont membres Les données sont issues d’une
du GIE Actisem (27,7 M€ de chiffres enquête auprès des sociétés.Analyse semences France • STRATÉGIE
Innover pour rester
dans la course
En 2017, le taux d’utilisation de semences certifiées recule de
nouveau. Pour inverser la tendance, une seule solution : innover.
Les semenciers l’ont compris et cherchent, avec des stratégies
variées, à diversifier, structurer, repenser leur offre.
E
n 2017, le taux d’utilisation de semences campagnes, la pression sur les moyens de production,
certifiées a de nouveau baissé. 45 % contre solutions phytosanitaires et irrigation en tête, s’est ren-
48 % en 2016 et 50 % en 2015. Certes la forcée. Pourtant, les maladies et les ravageurs continuent
conjoncture économique leur reste défavo- de se développer et les stress climatiques, de s’amplifier.
rable mais la tendance semble désormais structurelle. Les agriculteurs réclament des solutions et les consom-
Pour reconquérir des parts de marché, les semenciers mateurs, des produits de qualité. L’équation se com-
tablent sur l’innovation. Investir aujourd’hui pour pré- plique. « Les semenciers et l’agriculture française doivent
parer l’avenir. pouvoir bénéficier des nouvelles techniques d’améliora-
En moyenne, l’enveloppe recherche représente entre tion des plantes, confie Eric de Solages, directeur du pôle
15 et 20 % du budget d’une entreprise semencière. semences d’Axéréal. Si la France, ou l’Europe, ferme la
L’important est de créer… à condition que la réglemen- porte réglementaire aux nouvelles techniques de sélec-
tation ne freine pas trop cette dynamique. En quelques tion, l’offre variétale risque de se resserrer. »
Accompagnez vos agriculteurs
dans la réussite de leur culture avec
La réussite de mon maïs
c’est dans la poche !
avec l’ABC du maïs
l’ABC du
mAïs
Toute l’expertise KWS au format
poche, dans un carnet technique
et pratique pour connaître
la plante et réussir sa conduite.
Laurent Soileux, agriculteur www.kws.frSTRATÉGIE • Analyse semences France
ILS L’ONT DIT Le bio séduit
À moins de cibler de nouveaux créneaux, à commencer
par le bio. Entre 2013 à 2017, les surfaces de semences
Eric de Solages,
bio en production sur le sol français sont passées de 5 000
directeur du Pôle semences d’Axéréal
à 8 600 ha : celles de fourragères ont par exemple été mul-
« L’avenir incertain tipliées par deux. Pourtant, cette progression fulgurante
des unités de productions ne suffit pas à répondre à la demande. « Nous avons un
de semences » déficit de variétés de céréales par rapport aux besoins
« La baisse du taux de renouvellement en céréales à paille et français : 50 % des variétés cultivées dans l’Hexagone
protéagineux, additionnée à la baisse, probablement tempo- proviennent de l’étranger », rappelle Laurence Fontaine,
raire, du recours aux hybrides, provoquent une sous-utilisation directrice technique de l’Institut technique de l’agriculture
des outils industriels des établissements multiplicateurs de biologique (Itab). L’enjeu du bio a d’ailleurs clairement été
semences avec, à la clé, de possibles fermetures ou réorgani- identifié dans le plan filière que le Gnis a construit dans le
sations d’unités de production au niveau national ». cadre des États généraux de l’alimentation. « Nous allons
étudier les plans de filière de chaque production afin de
Jean-Noël Dhennin, président de la Fnams revoir nos objectifs chiffrés dans six mois et notamment
ajuster les plans de production de semences bio pour
« La restriction des produits
répondre à la demande », explique Catherine Dagorn,
phytosanitaires constitue un enjeu
directrice générale du Gnis. L’Inra a de son côté déposé
majeur pour notre filière »
l’inscription de plusieurs variétés et le semencier Lemaire
« Une bonne protection des cultures est essentielle car la Deffontaines a mis en place un programme de recherche
production de semences requiert des niveaux de qualité très éle- spécifique dédié au bio. Les stations de semences
vés. Nous attendons beaucoup de la loi de simplification promise s’équipent. Les distributeurs également, en développant
par le nouveau gouvernement et espérons que les demandes un service d’appro dédié au bio.
d’extension d’usage pour les productions mineures comme les
nôtres seront plus accessibles. » Miser sur le multi-espèces
D’autres semenciers se tournent vers des espèces dites
Rémi Bastien, président de la section maïs de l’UFS secondaires, les fourragères ou encore, les couverts
végétaux qui, eux aussi, ont le vent en poupe. Élargir sa
« Redonner de l’attractivité
gamme de précocité, sur des espèces plus classiques
aux nouvelles génétiques »
est aussi une solution pour gagner des parts de marché.
« En 5 ans, les surfaces de maïs ont reculé de Posséder une gamme diversifiée s’affiche comme une
17 % en France. Les agriculteurs se détournent chance pour amortir les campagnes compliquées. Parmi
du maïs et notamment de la nouvelle génétique. Depuis 2013, le les sujets qui pourraient impacter leur métier dans un
taux d’utilisation des variétés de plus de 6 ans a augmenté (+ 9 %, futur proche, les semenciers citent le devenir des néoni-
à 39 % de PDM) et celui des variétés de moins de 3 ans a baissé cotinoïdes en France, la politique liée aux biocarburants
(- 5 %, à 22 % de PDM). Nous devons communiquer pour redon- en Europe qui pourrait booster, ou non, la production
ner de l’attractivité aux nouvelles génétiques ». d’oléagineux, sans oublier bien sûr la santé financière des
exploitations agricoles. Anne Gilet et Julia Landrieu
François Desprez, président du Gnis
L’EXPORT DOPE LES RÉSULTATS
« Les nouvelles techniques de
sélection variétale sont simples Entre 2015 et 2017, la part de l’export dans le chiffre
et peu coûteuses » d’affaires des entreprises semencières intervenant sur le
16 marché français est passée de 45 à 48 % pour atteindre
« Contrairement à la technologie OGM qui n’était
1,6 Md€ cette année, sur les 3,33 Md€ de chiffre d’af-
Déc. 2017
réservée qu’aux grands groupes, les nouvelles techniques de
sélection variétale et notamment la mutagénèse dirigée sont faires global du secteur. Pour certaines filières, ce dé-
simples et peu coûteuses. Elles ne devraient donc pas contri- bouché constitue même la source principale de revenu.
buer à une accentuation de la concentration du secteur, mais au « En semences de maïs par exemple, entre 55 et 60 %
Les indispensables
contraire, amener une diversification des entreprises ». du chiffre d’affaires sont dus à l’export, et cela atteint
75 % pour le tournesol », souligne François Burgaud,
responsable des relations extérieures du Gnis.Analyse semences France • STRATÉGIE
CLASSEMENT : LES CAMPAGNES SE SUIVENT…
ET SE RESSEMBLENT
En un an, peu d’évolution dans notre classement des semenciers
(cf. p 14). Dans le Top 5, Syngenta perd une place au profit de Pioneer
dont le chiffre d’affaires reste une estimation de notre part. SES
Vanderhave gagne une place et Euralis Semences, deux. Les gammes
restent très diversifiées : un atout pour parer les campagnes difficiles.
Les classements par espèces illustrent bien la richesse de la génétique
Faites gagner du temps
française. Semences de France reste leader en céréales à paille et en а vos йquipes
fourragères, Monsanto en Maïs et Jouffray Drillaud en couverts végé- agronomiques et commerciales
taux. Euralis semences gagne des parts de marché en oléagineux et
en protéagineux, Florimond Desprez en betteraves.
VISUALIZ :
Comparez les variétés
À noter qu’il manque les données
par culture de deux acteurs
majeurs, Syngenta et Pioneer.SEMENCES • Réglementation
Réglementation : insécurité
juridique pour les semenciers
Les évolutions vers une réglementation plus stricte de l’usage
des produits phytosanitaires créent une insécurité juridique
pour la filière semencière française. Et dans le même temps,
elles lui offrent la possibilité de faire valoir l’innovation
variétale comme levier pour réduire l’usage de ces produits.
À condition que les instances françaises et européennes
n’interdisent pas les outils de sélection innovants nécessaires
à ces progrès. Rencontre avec Franck Berger, Président de
l’Union Française des Semenciers (UFS).
L’étau se resserre pour de nombreuses molécules à l’échelle La génétique offre aussi une réponse à la question de la restric-
européenne. Quelles sont les conséquences pour la production tion des produits phytosanitaires, comment cela se traduit-il ?
de semences ? Deux fiches CEPP ont été déposées, à l’automne 2016
Les conséquences sont multiples, de la production et en juillet 2017, pour labelliser des variétés de blé
jusqu’à la commercialisation. Nous sommes particuliè- tendre et betterave sucrière susceptibles de générer
rement attentifs au renouvellement de l’homologation des économies de produits phytosanitaires. Nos adhé-
de certaines molécules, comme le diquat, un dessicant rents aussi travaillent de plus en plus sur la question
utilisé dans la production de semences de colza, tourne- des résistances aux maladies. La sélection variétale fait
sol, betteraves et potagères. Notre comité de produc- partie de la solution mais peut-être pas dans les délais
tion sur les oléagineux a estimé qu’en cas d’interdiction imposés par les politiques. Pour y arriver, nous devons
du produit, une partie des surfaces pouvoir faire appel à l’ensemble des outils et techniques
de tournesol serait probablement disponibles pour les sélectionneurs, dont ceux regrou-
En cas d’interdiction
délocalisée de France. À la pression pés sous le vocable de méthodes récentes d’amélio-
du diquat, une partie réglementaire s’ajoutent les difficul- ration des plantes.
des surfaces de tournesol tés pour les firmes phytosanitaires
serait probablement de développer des solutions pour L’une de ces techniques, la mutagénèse dirigée, est étudiée par
les usages mineurs, faibles sur- la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour déterminer
délocalisée de France faces et donc petits débouchés, qui si elle entre dans le périmètre du règlement OGM. Qu’en est-il ?
concernent une majorité des cultures En octobre 2016, la Cour de justice de l’Union euro-
de semences. En période de ré-homologation, elles sont péenne (CJUE) avait été saisie par le Conseil d’État fran-
réticentes à s’engager sur ces usages. Cela réduit encore çais afin de se prononcer sur l’exemption de la mutagé-
davantage la palette de solutions disponibles. nèse du champ d’application de la directive sur les OGM.
Concernant les produits utilisés en traitements de Le 18 janvier prochain, l’avocat général de la CJUE devait
semences, des décisions successives et rapprochées rendre son avis préliminaire. Celui définitif de la Cour de
18
liées au non renouvellement de substances actives justice devrait suivre durant le premier semestre 2018,
Déc. 2017
posent de façon plus prégnante la question de l’écou- mais nous sommes confiants pour que ces techniques
lement des stocks déjà traités. En grandes cultures, les de mutagénèse dirigée ne soient pas qualifiées d’OGM.
semenciers observent entre 8 et 30 % de retour après En effet, les techniques de mutagénèse ont toujours été
chaque campagne. Nous avons besoin de visibilité de exemptées du champ d’application de la directive OGM
Les indispensables
la part des pouvoirs publics sur leurs orientations pour car elles agissent au sein même des gènes de la plante,
anticiper au mieux l’usage des produits et ensuite l’écou- sans présence de gènes étrangers dans les plantes
lement de nos productions. obtenues. Julia LandrieuCommuniqué
ÊTES-VOUS CONCERNÉ ?
LA PRESSION PIÉTIN ÉCHAUDAGE
NE FAIBLIT PAS EN FRANCE
Responsable de pertes de rendement, pouvant s’élever à plusieurs
dizaines de quintaux par hectare, et d’une altération de la qualité
des grains récoltés, la problématique piétin échaudage concerne
la quasi-totalité des surfaces emblavées en blé ou en orge de
l’hexagone. Si des pratiques culturales spécifiques existent pour
limiter la maladie, elles restent insuffisantes. Préserver le potentiel
variétal des céréales passe donc par le traitement de semences.
Une situation préoccupante
Une enquête, conduite par Certis Europe courant 2017 auprès de 115 agricul-
teurs, le montre : tous les chefs d’exploitation interrogés évoquent le risque
inhérent à la présence de piétin échaudage dans leurs parcelles. Alors que la
maladie est présente en Nouvelle Aquitaine, Rhône-Alpes, Bretagne, Norman-
die, Ile de France, Hauts de France et Grand Est, la situation est jugée plus
préoccupante en Occitanie, dans les Pays de la Loire en région Centre Val de
Loire, où la pression est estimée comme forte. Le piétin échaudage reste donc
une préoccupation majeure.
50% de perte de rendement
Les attaques de piétin échaudage ont été importantes en 2016 sur les blés et
Latitude Témoin
les orges en précédent paille, mais aussi maïs, voire colzas. Cette année, les
fortes chaleurs de juin dernier ont offert les conditions idéales au piétin échau-
dage pour s’exprimer au champ. Particulièrement préjudiciable, la maladie peut entraîner jusqu’à 50% de perte de rendement.
Seule spécialité homologuée pour combattre le champignon, le traitement de semences Latitude®, associé à des pratiques
agronomiques adaptées – rotation, broyage des résidus, préparation du sol, date et densité de semis, fertilisation – permet de
préserver le potentiel récolte.
Aussi sur orge et blé de maïs
Charlotte GUINET, Chef Marché Latitude® ajoute : « Latitude est autorisé sur blé tendre, blé dur, orge et triticale. Depuis dix ans,
il a protégé 3.5 millions d’hectares et a permis un gain de rendement moyen d’environ 7 quintaux/ha. Latitude est aujourd’hui la
seconde spécialité Traitement de Semences du marché français. Par ailleurs, même s’il est aujourd’hui principalement appliqué
en blé sur blé, Latitude a montré son intérêt en utilisation dans le cas d’autres itinéraires culturaux. Nous sommes d’ailleurs en
train de mettre en évidence l’impact très positif de Latitude sur la qualité des orges de brasserie et des blés de maïs. »
OAD pour calculer le risque piétin
« Détecter la maladie nécessite des manipulations pour l’agriculteur : Il faut prélever des
pieds en plusieurs points sur la parcelle, les laver, examiner les racines. Pour aider les
techniciens de la distribution et les agriculteurs, nous proposons un outil très simple d’uti-
lisation qui leur permet de calculer le risque piétin échaudage. Sur Latitudesolutions.fr, il
est aussi possible de calculer, grâce à un second OAD, la rentabilité de la lutte contre le
piétin échaudage avec Latitude ».
Latitude® – AMM : 2000201 – silthiofam 125 g/L (11,81% p/p) – Non classé - EUH208 : Contient du 3,5,7-triaza-1-azo- utilisateurs professionnels. Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que
niaadamantane, 1-(3-chloroallyl)-, chloride et de la 1,2-benzisothiazolin-3-one. Peut produire une réaction allergique. possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour
EUH210 : Fiche de données de sécurité disponible sur demande. EUH401 : Respectez les instructions d’utilisation afin l’environnement, conformément aux principes de la protection intégrée, consultez http://agriculture.gouv.fr/ecophyto. Pour
d’éviter les risques pour la santé humaine et l’environnement. - P234 : Conserver uniquement dans le récipient d’origine. les usages autorisés, doses, conditions et restrictions d’emploi : se référer à l’étiquette du produit et/ou www.phytodata.com.
P273 : Eviter le rejet dans l’environnement. P280 : Porter des gants et un vêtement de protection. P501 : Éliminer le contenu
et le récipient comme un déchet dangereux conformément à la réglementation en vigueur.
® Marque déposée Mitsui & Co., Ltd. Homologation CERTIS Europe BV, 5 rue Galilée, 78280 Guyancourt France - Tél.
: 01.34.91.90.00 - Fax : 01.30.43.76.55. N° d’agrément : IF01808 - Distribution de produits phytopharmaceutiques à desVous pouvez aussi lire