Spécial Photo 2020: un Bal masqué - n 284/bis la revue internationale de la DANSE - BALLET2000

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Spécial Photo 2020: un Bal masqué - n 284/bis la revue internationale de la DANSE - BALLET2000
FRANCE
                                                             n° 284/bis • la revue internationale de la DANSE

                                                                                              Spécial Photo 2020:
                                                                                                      un Bal masqué
n° 284/bis • uméro digital hors-série • diffusion gratuite

                                                                                    1
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Spécial Photo 2020: un Bal masqué - n 284/bis la revue internationale de la DANSE - BALLET2000
Directeur - rédacteur en chef
Alfio Agostini
Collaborateurs
Erik Aschengreen                                    la revue internationale de la danse
Leonetta Bentivoglio                                                      édition FRANCE
Donatella Bertozzi
Valeria Crippa
Clement Crisp
Gerald Dowler
Marinella Guatterini
Elisa Guzzo Vaccarino
Marc Haegeman
Anna Kisselgoff
Dieudonné Korolakina
Kevin Ng
Jean Pierre Pastori                                                                En couverture,
Martine Planells                                                    Ayaka Fujii, Roger Cuadrado ,
Olga Rozanova                                                            Ballet National Tchèque:
Roger Salas                                                         “Mask Duet”, c. Douglas Lee
Sonia Schoonejans                                                                 (ph. S. Gherciu)
                                                                                        v. page 25
René Sirvin
Lilo Weber

Rédacteur principal
Cristiano Merlo
Traductions
Simonetta Allder
Cristiano Merlo
Services d’édition, graphique, web
Luca Ruzza

Publicité                                  Les photos de l’été virtuel, en regardant plus loin
pub@ballet2000.com
Chargée de communication et publicité
Anne-Marie Fourcade 06.99.55.96.52         Le dernier numéro de BALLET2000 était le 284, daté de février 2020. Dans son édito, nos prévisions
amfourcade@ballet2000.com                  ont été démenties peu après par la fermeture de toutes les activités du monde du spectacle et de
                                           la danse.
Abonnements                                Ensuite, comme nous l’avons déjà communiqué à tous nos lecteurs, la crise et les mesures que
service@ballet2000.com                     nous connaissons ont obligé BALLET2000 à interrompre temporairement le cycle normal de ses
                                           parutions. Nous retrouverons nos lecteurs et le monde libre de la danse avec le numéro 285 de la
n° 284/bis - Spécial Photo 2020            revue, octobre 2020 (comme toujours sur papier et en version numérique).

                                           Bien évidemment, les abonnés ne perdront rien et, lors de la reprise des parutions, ils continueront
                                           de recevoir le nombre de numéros de la revue que prévoit encore leur abonnement.

                                           Entre-temps, voici ce Spécial Photo 2020, déjà programmé, mais qui sort seulement en version
                                           numérique, envoyée gratuitement à tous les abonnés, aux théâtres et compagnies et à tous les
                                           professionnels de la danse. Il se veut un signe clair de continuité et de présence, également de la
                                           part des annonceurs les plus fidèles de la revue.
                                           Avec un choix de plus de 70 photos significatives, accompagnées de courtes informations et
                                           commentaires, ces pages veulent rendre l’actualité de cette période, faite d’annulations, de renvois,
                                           d’attentes, de danse «distanciée» ou virtuelle mais bien réellement dansée, certainement avec passion
                                           et souvent avec enthousiasme, mais dans des conditions fort spéciales, et à voir chez soi sur petit
                                           écran.
                                           Nous avons illustré quelques spectacles réellement représentés sur scène, les derniers qui ont
BALLET 2000                                précédé la fermeture, et d’autres qui étaient prêts et programmés mais qui seront représentés sur
B.P. 1283 – 06005 Nice cedex 01 – F        la scène d’un vrai théâtre à de nouvelles dates, après la réouverture espérée. Le tout, misant sur
tél. (+33) 09.82.29.82.84                  les artistes, les interprètes et les chorégraphes.
                                                                                                                                           A.A.
Éditions Ballet 2000 Sarl – France
ISSN 2493-3856                             Dans cette période orientée vers la reprise mais qui se prête tout de même à des moments de
Commission Paritaire P.A.P. 0723K91919
Distribution : Messageries Lyonnaises de
                                           réflexion, BALLET2000 offre à tous ses lecteurs, aux artistes et aux élèves, aux spectateurs, à qui
Presse, 76 rue de Reuilly, 75012 Paris     aime la danse,
Imprimé en France/Printed in France by     l’accès gratuit à la version numérique de tous les numéros de la revue des cinq dernières
Imprimerie Trulli - 06140 Vence            années.
                                           On peut les télécharger – les lire et les garder sur sa tablette, smartphone ou ordinateur – sur la
www.ballet2000.com                         page d’accueil de
e-mail: info@ballet2000.com                                                   www.ballet2000.com
                                                                      3
Spécial Photo 2020: un Bal masqué - n 284/bis la revue internationale de la DANSE - BALLET2000
Ci-dessus: l’image de
En attendant Papaioannou                                                                                                                présentation de la
                                                                                                                                     nouvelle création de
L’ancien et prestigieux Festival d’Avignon a dû, lui aussi, annuler son édition 2020. Dans le programme prévu, pour                               Dimitris
la danse (qui est présente chaque année avec des rendez-vous peu nombreux mais importants) se détachait la nouvelle                         Papaioannou
création de Dimitris Papaioannou, le chorégraphe grec devenu désormais l’un des véritables protagonistes de la                          (ph. J. Mommert)
scène de danse contemporaine internationale (voir le n° 274 de BALLET2000, qu’on peut télécharger gratuitement sur
le site www.ballet2000.com). Le spectacle était attendu aussi à Athènes et puis en tournée, mais la situation actuelle
oblige à l’attendre dans d’autres lieux et à d’autres dates à établir. On ne sait rien ou presque du titre et de l’inspiration       Ci-dessous: l’atelier
de cette nouvelle création de Papaioannou, qui a été annoncée tout simplement par cette photo.                                   pour la nouvelle création
                                                                                                                            ˆ            (ph. J. Mommert)

                                                                            4
Spécial Photo 2020: un Bal masqué - n 284/bis la revue internationale de la DANSE - BALLET2000
Dorothée Gilbert, Mathieu Ganio –Ballet de l’Opéra de Paris: “Giselle” (ph. Y. Kellerman)

Dorothée Gilbert est Giselle
De Giselle, Serge Lifar disait que c’était le ballet le plus parfait. Depuis sa création à l’Opéra de Paris en 1841 avec
Carlotta Grisi dans le rôle-titre, de célèbres Giselle se sont succédé dans ce ballet toujours très attendu à l’Opéra.
En février dernier, l’étoile Dorothée Gilbert était Giselle. On peut regretter que son interprétation du premier acte ait
manqué de clarté, mais dans le second acte elle est magnifique. Avec ses cheveux en bandeaux et ses arabesques
penchées, elle est émouvante et légère. Son partenaire Mathieu Ganio en Albrecht manquait lui aussi de sens dramatique
au premier acte. Quant à Valentine Colasante (Myrtha) en reine des Wilis, elle était déterminée et retenue.
Il a donc fallu attendre le deuxième acte pour que les danseurs retrouvent le chemin des étoiles.
Ce spectacle est en ligne sur le site de l’Opéra de Paris jusqu’au 5 août.
                                                                                                                       M.P.

                                                                           5
Spécial Photo 2020: un Bal masqué - n 284/bis la revue internationale de la DANSE - BALLET2000
Bigonzetti
                                                             pour Octavio de la
                                                                         Roza
                                             Ayant renoncé à leurs chorégraphies pour
                                          redevenir interprètes, l’Italienne Camilla Colella et
                                        Octavio de la Roza (qui fut la dernière découverte de
                                     Maurice Béjart), ressortent transformés de l’expérience
                                   à laquelle les a invités Mauro Bigonzetti avec sa Carmen:
                                  un duo dansé, parlé, joué où ils révèlent de fortes
                                 personnalités. La pièce, présentée récemment dans la salle
                                Paderewsky de Lausanne, est parfaitement structurée, entre
                               moments d’accalmie et d’intensité, avec des mouvements
                              singuliers qui jamais ne sombrent dans la banalité.
                             C’est à Prosper Mérimée, l’auteur de la nouvelle dont Bizet s’est
                            inspiré, que Bigonzetti s’alimente. Des extraits du texte original,
                           dits en espagnol, segmentent l’action plutôt qu’ils ne la commentent.
                          La couleur rouge dialogue avec la noire, et les chaises peuvent
                          suggérer des taureaux et la corrida. Mais l’usage qui est fait de
                          ces références est tout de nuances et de retenue. Et la musique?
                          C’est de la Roza qui en a assuré la composition. Une musique
Octavio de la Roza,        pop où l’on sent une influence gitane ibérique. Elle crée un climat
Camilla Colella:           et soutient l’action, en parfait accord avec l’esprit de la
“Carmen”,                   chorégraphie et de la mise en scène.
c. Mauro Bigonzetti                                                                       J.P.P.

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Spécial Photo 2020: un Bal masqué - n 284/bis la revue internationale de la DANSE - BALLET2000
William Forsythe
William Forsythe, 70 ans et le                                (ph. M. Zazzo)
retour à la danse dansée
Avec William Forsythe, expérimentateur inépuisable, les
surprises sont toujours au rendez-vous. L’année de son
soixante-dixième anniversaire – qu’il a fêté le 30 décembre
2019 – a plus ou moins coïncidé avec la création de son
splendide A Quiet Evening of Dance, au Sadler’s Wells
Theatre de Londres. Ce spectacle, dont nous avons rendu
compte dans BALLET2000, a marqué un retour fort spécial
de Forsythe au ballet, grâce à des danseurs complices et
amis tels que Roderick George, Brigel Gjoka, Ayman
Harper, Jill Johnson, Brit Rodemund, Parvaneh Scharafali,
Riley Watts et Ander Zabala, auxquels s’ajoutait Rauf
‘RubberLegz’ Yasit, champion de hip hop. Le groupe
est né sous la houlette de l’Art Factory London, et                                           Riley Watts,
il est peu probable qu’à l’avenir le grand                                          Parvaneh Scharafali:
chorégraphe le délaisse, même si désormais il                                        “A Quiet Evening of
s’est installé dans le Vermont (USA) et qu’il                                         Dance”, c. William
a établi une collaboration étroite avec                                          Forsythe (ph. B. Cooper)
le Boston Ballet. Et, dans les musées
du monde entier, il ne cessera pas
non plus d’exposer ses «objets
chorégraphiques», qu’il a
réalisés pour démontrer
qu’une           pensée
chorégraphique peut
exister même
quand le corps
est absent.
      M.G.

                                                                      7
Spécial Photo 2020: un Bal masqué - n 284/bis la revue internationale de la DANSE - BALLET2000
Nicola del Freo:
              “Sylvia”,    Scala, nouvelle
       c. Manuel Legris
    ( Brescia/Amisano)
                           direction,
                           talents connus
                           Le Ballet de La Scala
                           de Milan, lui aussi, attend
                           évidemment la reprise des
                           spectacles sur scène, dans
                           le climat d’incertitude que
                           tout le monde connaît
                           mais aussi dans les
                           attentes que suscite un
                           changement de direction
                           artistique. En effet, le
                           contrat de Frédéric Olivieri
                           arrive à terme en novem-
                           bre. Olivieri a dirigé la
                           compagnie et l’école de
                           danse de La Scala durant
                           plusieurs années (avec des
                           alternances et des
                           interruptions, comme lors
                           de la courte période où la
                           direction fut confiée à
                           Mauro Bigonzetti, de
                           manière inopinée et avec
                           des résultats médiocres).
                           Le nouveau directeur
                           général du théâtre, le
                           Français Dominique
                           Meyer, formellement déjà
                           en fonction, a souhaité une
                           relève d’une partie de
                           l’équipe artistique. Pour la
                           danse, son choix est tombé
                           sur Manuel Legris,
                           brillant danseur étoile de
                           l’Opéra de Paris, puis
                           directeur du Ballet de
                           l’Opéra de Vienne. Legris
                           a donc déjà travaillé avec
                           Meyer, celui-ci ayant été
                           directeur général du grand
                           théâtre autrichien.
                           Olivieri passe le témoin
                           d’une troupe en grande
                           forme. Legris la connaît
                           déjà, pour avoir récemment
                           remonté à La Scala sa
                           Sylvia, où plusieurs talents
                           se sont détachés. On a eu
                           la confirmation des qualités
                           de ces danseurs lors du
                           programme qui a précédé
                           la fermeture (composé de
                           trois pièces de Hans van
                           Manen et de deux de
                           Roland Petit): parmi des
                           interprètes d’envergure,
                           on cite Martina Arduino,
                           Nicoletta Manni, Nicola
                           Del Freo (très applaudi
                           dans Le Jeune Homme et
                           la Mort de Roland Petit),
                           Claudio Coviello et le
                           jeune virtuose Mattia
                           Semperboni.
                                                  A.A.

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Spécial Photo 2020: un Bal masqué - n 284/bis la revue internationale de la DANSE - BALLET2000
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Spécial Photo 2020: un Bal masqué - n 284/bis la revue internationale de la DANSE - BALLET2000
Jirí Kylián                                                                   Sabine
                                                                                                                              Kupferberg

Que fait Kylián?
Jirí Kylián travaille à un nouveau projet, consacré au cycle de la vie, dont il a fait aussi le texte, Sehn-Sucht, et le
décor avec une porte (la naissance), une table (la vie), une fenêtre (la mort). Son égérie Sabine Kupferberg, à l’âge
qu’elle a aujourd’hui, est en même temps évoquée à l’écran dans sa jeunesse. Elle représente par son visage dramatique
et par sa voix l’évident paradoxe d’un temps qui ne s’arrête pas. Avec toute la poésie du mot-valise du titre, qui
renvoie au désir, à la convoitise d’expérimenter, à la nostalgie, à la mélancolie. Sehnsucht réunit en effet les nombreuses
nuances de l’âme romantique, qui dissèque le microcosme de tout être humain et le macrocosme de l’univers, la lumière
et l’obscurité, le positif et le négatif. «La drogue des rêves contre le mal de vivre» – dit Kylián.
                                                                                                                     E.G.V.

                                         Maquette virtuelle du dernier projet de Jirí Kylián, “Sehn-Sucht”

                                                                          10
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La Ribot et son Lion à Venise                                                                                                              La Ribot
                                                                                                                                   (ph. P. Zamora)

Le Lion d’Or à la carrière de la Biennale Danse 2020 a été attribué à La Ribot, performeuse catalane connue pour
ses «collections» de solos intitulées Piezas distinguidas, suite auxquelles elle s’est imposée à la Tate Gallery de Londres,
au Théâtre de la Ville, au Centre Pompidou de Paris et au Museo Reina Sofia de Madrid, ainsi que dans de nombreux
festivals qui lui ont consacré des portraits et des expositions. À Venise, La Ribot a présenté Panoramix, qui réunit 34
pièces courtes de 7 à 30 minutes tirées de trois de ses cycles Piezas distinguidas composées de 1993 à 2003, et
Another Distinguée, un nouveau recueil de 8 pièces de 2016.
Mouvement, dessin, collage, manipulations et installations à la clef, le fragment devient un grand récit, entre sérieux et
auto-ironie.
Entre-temps, la Biennale annonce que son 14e Festival de Danse Contemporaine a été reporté au mois d’octobre, du 13 au
25. Dirigée par la chorégraphe canadienne Marie Chouinard, responsable pour la quatrième année du programme Danse de
la Biennale, elle présentera 19 chorégraphes auteurs de 23 titres dont 7 créations, mais aussi des rencontres et des films,
dans plusieurs lieux (l’Arsenal, la Ca’ Giustinian, le Teatro Goldoni...). Parmi les chorégraphes invités, issus des générations
actives des années 1980 à nos jours, outre La Ribot et Claudia Castellucci (lauréate du Lion d’Argent), on remarque la
Catalane Maria Campos, le Libanais Guy Nader, le Français Noé Soulier, la Belge Lisbeth Gruwez, la Basque Jone San
Martín, les Italiens Marco d’Agostin, Claudia Catarzi, Silvia Gribaudi et Chiara Bersani… Figure de proue de la chorégraphie         “Panoramix”,
contemporaine française, Olivier Dubois présentera un spectacle ‘a solo’ composé d’extraits de ses 60 créations et plus.                c. La Ribot
                                                                                                                          E.G.V.    (ph. M. Vason)

                                                                             12
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Affiche pour le
Cuba, festival annulé, mais Alicia hasta siempre                                                                                centenaire d’Alicia
                                                                                                                                   Alonso, à Cuba
En juillet, le Ballet Nacional de Cuba a repris son travail dans les studios de son siège du Vedado à La Havane, après
avoir été soumis à tous les contrôles sanitaires nécessaires. Ces derniers mois, sur Facebook, de nombreux danseurs de la
compagnie ont affiché des mots, des images, des danses de résistance, de patience et de dévouement à leur art.
Le Festival International du Ballet, qui a lieu tous les deux ans depuis 60 ans, avait été prévu en automne 2020 dans
les théâtres de la capitale cubaine, comme hommage à la grande «mère» du Ballet de Cuba Alicia Alonso, disparue en
2019. Finalement, il a été reporté en 2022, suite aux limitations de voyages et aux précautions gouvernementales.
Toutefois, le 21 décembre prochain, on célébrera l’anniversaire de sa ballerine-chorégraphe-directrice, «l’absolue». En
juin 1945, Alicia Alonso interpréta pour la première fois Giselle à Cuba et ce spectacle marqua le début d’une longue
histoire personnelle, sociale, politique, culturelle qui a produit un phénomène unique dans l’Isla Grande des Caraïbes.         Ballet National de
Viensay Valdés, la nouvelle directrice du BNC, disciple fidèle au magistère d’Alonso, est entrée en fonctions officiellement     Cuba: “Sinfonia
le 1er janvier 2020. Très active, elle va de l’avant mais respectueuse de l’héritage reçu, partagée entre son propre                 Gottschalk”,
entraînement (elle demeure l’une des brillantes étoiles de la compagnie) et la programmation pour toute la «famille»              c. Alicia Alonso
issue de la spéciale «escuela» cubaine en vue de la reprise sur scène, très attendue.                                           (ph. Z. Casadio)
                                                                                                                       E.G.V.

                                                                           16
Sergio Bernal dans “Zapateado” (ph. A. Sambuchi)

Ravenna Festival est là
C’est ce qu’a déclaré efficacement la direction de cet important festival italien de musique,
théâtre et danse, à Ravenne: «L’Italie de la musique ne se rend pas: Ravenna Festival est
là, dans le respect des règles sanitaires pour la sécurité il se transforme et propose des
spectacles live avec un nouveau programme» du 21 juin au 30 juillet. La scène principale
de cette XXXIe édition a été le parc de la Rocca Brancaleone. Pour la danse, seulement
une soirée «Solos and Duos», sous la direction de Daniele Cipriani, avec plusieurs artistes
internationaux dont Silvia Azzoni et Alexander Ryabko (Ballet de Hambourg), Sergio Bernal
(ex-danseur du Ballet National d’Espagne), Hugo Marchand (Opéra de Paris), Matteo
Miccini (Ballet de Stuttgart), Iana Salenko et Marian Walter (Opera de Berlin).
                                                                                        A.A.

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L’enfant africain du rêve
                                                                                                  Grishko
                                                                                                  Des photos et une vidéo d’un garçonnet
                                                                                                  africain qui danse pieds nus sous la pluie ont
                                                                                                  été largement diffusées sur la toile. Nikolay
                                                                                                  Grishko, fondateur et titulaire de la célèbre
                                                                                                  firme russe de produits pour la danse, vendus
                                                                                                  dans le monde entier, a dit avoir été très touché
                                                                                                  au point de vouloir aider la formation et les
                                                                                                  pas futurs du petit Anthony, 11 ans, nigérien,
                                                                                                  élève de l’Académie de danse de Lagos;
                                                                                                  Anthony sera ainsi soutenu par le projet «Live
                                                                                                  your Dream» de Grishko. Son «parrain» sera
                                                                                                  Fernando Montanvo, soliste du Royal Ballet
                                                                                                  de Londres et “testimonial” des publicités de
                                                                                                  la maison Grishko.
                                                                                                                                                 ˆ

                                                                                                  Anthony
                                                                                                  Mmesoma Madu

Chorégraphie et migrants
Parmi les thèmes fréquemment abordés par les artistes, celui des migrants est un des plus actuels, et plusieurs
chorégraphes s’en sont saisis à leur tour. Après le récent Outwitting The Devil d’Akram Khan, c’est au tour de
l’Israélien Arkadi Zaides, ex-danseur de la Batsheva Ensemble, à se pencher sur ce drame. Engagé politiquement,
la démarche artistique de Zaides s’apparente au documentaire, semblable à ce qu’a pu faire récemment Rachid
Ouramdane, l’un des directeurs avec Yoann Bourgeois du Centre Chorégraphique National de Grenoble. C’est d’ailleurs
en résidence au CCN de Grenoble que Zaides prépare sa pièce Necropolis, qui sera créée à Paris. L’idée de ce
spectacle est née après qu’il ait découvert sur une liste des Nations Unies le grand nombre de migrants morts en
tentant de rejoindre l’Europe.                                                                                                     “Necropolis”,
                                                                                                               S.S.             c. Arkadi Zaides

                                                                     18
Viviana Durante: “Five Brahms Waltzes in the Manner of Isadora Duncan”, c. Frederick Ashton (ph. D. Scheinmann)

             Viviana Durante célèbre Isadora à Londres
             Le public de Londres n’oublie pas Isadora Duncan, légende désormais de la danse libre du
             début du XXe siècle. Et n’oublie pas non plus, pour rester à une époque beaucoup plus
             récente, la danseuse italienne Viviana Durante, qui a été pendant des années principal du
             Royal Ballet, où elle a dansé tous les rôles dramatiques du répertoire anglais. Aujourd’hui,
             âgée de 53 ans, elle est directrice de l’école de l’English National Ballet, mais elle a aussi
             réuni un groupe de danseurs pour rendre hommage au personnage fascinant et dramatique
             d’Isadora. Le spectacle, composé de chorégraphies inspirées par Isadora (Frederick Ashton,
             un solo attribué à Duncan elle-même et une création de Joy Alpuerto Ritter), a été présenté
             en février au Barbican de Londres (mais, à cause d’un accident, Durante n’a pas pu danser,
             et a cédé le rôle à Begoña Cao, ancienne soliste de l’English National Ballet).
                                                                                                      A.A.

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Prométhée, Beethoven… et Capucci à Spolète et à Nervi                                                                           Deux essayages
                                                                                                                               des costumes de
                                                                                                                             “Les Créatures de
Trois noms très différents pour une création intitulée Les Créatures de Prométhée / Les Créatures de Capucci, sur la              Prométhée” et
seule musique pour danse composée par Beethoven, en cette année marquée par le 250e anniversaire de sa naissance.              leurs maquettes.
La distribution est toute masculine (aux danseurs de la Compagnie Daniele Cipriani s’ajoutent d’autres artistes, dont       en haut: le danseur
Damiano Ottavio Bigi du Tanztheater Wuppertal). Ils porteront 15 costumes que le couturier Roberto Capucci a                  Filippo Pieroni et
dessinés pour l’occasion, et exécuteront les «mouvements chorégraphiques» de Simona Bucci, en accompagnant l’exécution        Roberto Capucci
de la partition par l’Orchestre du Teatro Carlo Felice de Gênes. Une coproduction de la Fondation de ce théâtre                  en bas: Flavio
italien et du Festival de Spolète, sous la direction de Daniele Cipriani, attendue à Spolète le 28 août; l’avant-première       Marullo avec le
est prévue le 1er août au nouveau Festival International de la Musique et du Ballet de Nervi. La rencontre de Capucci                 couturier
avec la danse remonte à janvier dernier quand il créa deux costumes pour le gala Les Étoiles, dont un pour le bailaor           (ph. M. Danza)
Sergio Bernal. Les nouveaux costumes évoquent le luxe des fêtes de la Renaissance, avec un défilé de créatures oniriques,
dionysiaques, qui apparaissent et disparaissent pour se réunir sur scène seulement au final où les formes volumineuses,
les girandoles, les plumes, les masques et les carapaces assurent la distanciation physique.
                                                                                                                     S.A.

                                                                         22
Giselle resurgit en Espagne                                                                                                    Giada Rossi –
                                                                                                                           Compañia Nacional
                                                                                                                          de Danza: “Giselle”
La Compañía Nacional de Danza de España, à Madrid, sous la nouvelle direction artistique de Joaquín De Luz                     (ph. A. Muriel)
(44 ans, espagnol, formé par Víctor Ullate et puis principal au New York City Ballet), a annoncé ses projets pour la
saison prochaine. La première production importante sera Giselle, qui débutera au Teatro de La Zarzuela de Madrid
dans une nouvelle version, basée sur l’originale mais dont certains moments de la chorégraphie ont été adaptés par De
Luz lui-même, avec l’aide de María Cristina Álvarez, ex-première danseuse de la compagnie nationale cubaine, et de
Joan Boada, lui aussi cubain et principal du San Francisco Ballet. Álvarez, qui en son temps fut très applaudie dans le
rôle de Myrtha, la reine des Wilis, réglera le très difficile second acte, alors que Boada s’occupera de l’action du
premier. De Luz a voulu situer l’action non pas dans l’Allemagne du Moyen-Âge mais dans l’Espagne rurale du
XIXe siècle. Parmi les interprètes, l’Italienne Giada Rossi (Giselle), le Belge Daan Veervoort (Hilarion) et le Cubain
Yanier Gómez (Albrecht)
                                                                                                                  R.S.

                                                                        23
Lou Beyne, Francesco Mariottini – Les Ballets De MonteCarlo: “Cendrillon”, c. Jean-Christophe Maillot (ph. A. Blangero)

Ballets de Monte-Carlo, parmi les premiers sur scène
La compagnie dirigée par Jean-Christophe Maillot est parmi les premières en Europe à remettre ses pointes et à
revenir sur la vraie scène. Du 15 au 17 octobre, au Grimaldi Forum de Monte-Carlo, elle dansera Altro Canto (créé par
Maillot en 2006) et Vers un pays sage (1995, l’une des pièces les plus personnelles du même chorégraphe). Puis,
entre le 11 décembre et les fêtes de fin d’année, on affiche une série de spectacles, tous signés par Maillot dont une
création, Opus 60 (peut-être pour les 60 ans du chorégraphe) qui sera donnée avec Dov’è la luna (une création de
1994 sur la musique de Scriabine) et trois de ses «classiques»: Cendrillon, Roméo et Juliette et Lac.
                                                                                                                    ˆ

  Jaeyong An, Daniele Delvecchio, George Oliveira – Les Ballets De MonteCarlo: “Cendrillon”, c. Jean-Christophe Maillot (ph. A. Blangero)

                                                                       24
Prague, les radicaux du masque
Le Ballet National Tchèque (comme on appelle désormais l’ancienne compagnie du Théâtre National de Prague),
dirigé par Filip Barankiewicz, mérite d’être à la une. Et pas seulement parce qu’elle est une troupe de haut niveau, à la
base classique et avec un répertoire allant de la tradition au contemporain), ni parce qu’elle aurait présenté des spectacles
au cours de cette période (en effet, comme tout le monde, elle a fermé mi-mars jusqu’à des dates envisagées plus par
espoir que par certitude), mais parce qu’elle semble avoir pris à la lettre, et pas qu’en studio, une obligation devenue
un symbole de cette époque calamiteuse et inouïe: le masque. Ainsi, pour rester dans le contexte, dans un «gala»
virtuel présenté le 12 avril sous le titre Dance Through It, a-t-elle offert en streaming aux spectateurs du petit écran
des extraits de plusieurs chorégraphes, Mauro Bigonzetti, Eric Gauthier, Douglas Lee et d’autres, mais surtout une
vidéo d’une répétition et d’une classe où les danseurs portaient le masque fatidique comme un élément nouveau dans
leur vie; ou, peut-être, comme un élément nouveau d’eux-mêmes…
                                                                                                                        A.A.

                   Radka Zvonarová et Adam Zvonar – Czech National Ballet: “Vertigo”, c. Mauro Bigonzetti (ph. S. Gherciu)

                                                                           25
Elisabet Ros –
                                                                                                                                      Béjart Ballet
BBL, Boléro pour la rentrée                                                                                                             Lausanne:
Gil Roman, directeur du Béjart Ballet Lausanne, l’avait dit très clairement déjà à partir de fin mars: la saison 2019/                  “Boléro”,
20 de la compagnie se terminerait avant qu’on puisse présenter les spectacles au programme jusqu’à l’été et sans que                    c. Maurice
la troupe entreprenne les tournées internationales prévues. Mais tout a été reporté. Pour l’instant, le retour sur scène                    Béjart
est prévu au mois de septembre dans un programme composé de deux titres de Maurice Béjart: Brel et Barbara                         (ph. F. Paolini)
(2001) et le célébrissime Boléro (1961).
                                                                                                                      ˆ

                                                                                                                           Béjart Ballet
                                                                                                                           Lausanne:
                                                                                                                            “Brel et Barbara”,
                                                                                                                           c. Maurice Béjart
                                                                                                                           (ph. D. Philispart)

                                                                        26
Polounine se ressaisit?
C’est vraiment l’un des danseurs classiques les plus brillants de la scène actuelle,
digne héritier de l’école (et peut-être aussi du tempérament) des grands danseurs
russes de l’histoire, mais il faut admettre que Sergeï Polounine (30 ans) est
devenu une star mondiale du ballet aussi pour ses écarts de conduite, qui lui
ont permis de se façonner une personnalité plus attirante, pour ses fans,
que celle qu’il affiche sur scène. Caractère ténébreux, sex-appeal, drogue
peut-être (dit-on), tatouages, comportements inattendus (comme l’abandon
capricieux du Royal Ballet à l’âge de 22 ans), affirmations politiques et
morales discutables, voire extravagantes, bref tous les ingrédients piquants
pour construire son personnage hors de la scène. Scène où il est apparu
dernièrement, à Londres, dans le rôle sombre de Raspoutine. Entre-
temps, il a formé une famille et est devenu papa. Que l’enfant terrible
ait mis des charentaises, du moins pendant le confinement..?
                                                                           A.A.

                  Ci-dessous: Sergueï Polounine: “Raspoutine” , c. Yuka Oishi (ph. L. Vantusso),
                                         à dr., le danseur avec son enfant (S. Pistel)

                                                                                27
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Godani et les siens créent tous ensemble                                                                                             Dresden
                                                                                                                            Frankfurt Dance
                                                                                                                                   Company:
Fin juin, la Dresden-Frankfurt Dance Company, dirigée par le chorégraphe italien Jacopo Godani, est revenue à
                                                                                                                              “Selflessness”,
ses activités sur la scène live avec Selflessness. Cette complexe expérience formelle a donné lieu à un spectacle de
                                                                                                                           c. Jacopo Godani
«danse collective», conçu et dirigé par Godani lui-même, qui a débuté au Hellerau Europäisches Zentrum der Künste
                                                                                                                            (ph. D. Mentzos)
de Hellerau (Allemagne), deuxième siège de la compagnie. On y a installé un système spécial de placement du public,
selon les règles actuelles, donnant aux spectateurs la possibilité de marcher autour de la plateforme où les danseurs se
produisent dans leur propre création plastique et chorégraphique. Godani tient à définir cette création d’«installation
artistique» plus que de chorégraphie à proprement parler, et à remarquer que les participants ont eu une liberté totale
de création et d’expression pendant le confinement.
La compagnie confirme qu’elle reprendra le spectacle le 21 novembre prochain dans un programme de trois chorégraphies
de Rafael Bonachela, Marco Goecke et William Forsythe.
                                                                                                                   R.S.

                                                                        30
Virna Toppi – Ballet National de
Virna Toppi entre la Bavière et Milan                                                       Bavière: “Casse-Noisette”,
                                                                                      c. John Neumeier (ph. S. Gherciu)
Parmi les danseuses principales de La Scala de Milan, où elle est née et a grandi
(école et compagnie), Virna Toppi a décidé l’année dernière de quitter pour quelque
temps le théâtre milanais pour accepter la proposition d’Igor Zelensky, directeur
du Bayerisches Staatsballett (la compagnie de l’opéra de Munich). Elle
est donc entrée dans la compagnie bavaroise qui, au cours de ces quatre
dernières années, a fait de grands progrès sous la direction de
Zelensky. Il a enrichi le répertoire et a accueilli de célèbres danseurs
de la scène internationale. Virna Toppi s’est vite imposée
dans ce nouveau milieu, en dansant les rôles principaux
du répertoire. Récemment, avant la fermeture des
théâtres, elle a été applaudie entre autres dans La
Dame aux camélias et dans Casse-Noisette de
John Neumeier, et dans Coppélia de Roland
Petit en couple avec la nouvelle star
mondiale du ballet masculin, Sergueï
Polounine.
                            A.A.

                                                                      31
Lisbonne célèbre aussi Van Manen                                                                                                  Companhia
                                                                                                                                 Nacional de
La compagnie nationale portugaise (Companhia Nacional de Bailado), peu avant la fermeture des théâtres, a présenté          Bailado, Lisboa:
dans sa ville, Lisbonne, et à Porto, un spectacle consacré à Hans van Manen, doyen de la chorégraphie moderne en            “In the Future”,
Europe. La compagnie, dirigée aujourd’hui par Sofia Campos, a été fondée en 1977 et propose un ensemble de nombreux              c. Hans Van
danseurs et un répertoire éclectique, allant des classiques à la chorégraphie contemporaine.                                          Manen
                                                                                                                 ˆ         (ph. Hugo David)

                                                                                                                      La compagnie de
                                                                                                                      Lisbonne dans
                                                                                                                      “Short Cut”,
                                                                                                                      c. Hans Van Manen
                                                                                                                      (ph. Hugo David)

                                                                     32
Mikhaïlovsky, La Bayadère et après.. ?                                                                                                Angelina
                                                                                                                             Vorontsova, Ivan
Le Ballet du Théâtre Mikhaïlovsky de Saint-Pétersbourg, la deuxième compagnie de la ville russe après la troupe                      Zaytsev –
célèbre du Mariinsky, a suspendu tous les spectacles du 18 mars jusqu’à la réouverture du théâtre au public (la date n’est   Ballet du Théâtre
pas encore connue). Parmi les dernières productions mises en scène avant le confinement, La Bayadère dans la version           Mikhailovsky :
chorégraphique signée par Nacho Duato (à nouveau directeur de la compagnie russe) «d’après l’original de Marius Petipa».      “La Bayadère”,
                                                                                                                       ˆ      c. Nacho Duato

                                                                         33
Olga Pericet:
Olga Pericet, flamenco à Paris                                                                                                         “La espina que
                                                                                                                                     quiso ser flor o la
De la quatrième édition de la Biennale d’Art Flamenco à Paris, au Théâtre de Chaillot, qui a accueilli huit spectacles,              flor que soño con
on retient celui d’Olga Pericet, bailaora et chorégraphe contemporaine: La espina que quiso ser flor o la flor que soño                   ser bailaora”
con ser bailaora, ce qui signifie «l’épine qui voulait être fleur et la fleur qui rêvait d’être danseuse». Un titre à rallonge          (ph. P. Villalta)
mais une danseuse choc qui fait état de toutes ses références: Escuela Bolera, contemporain, flamenco pur et dur en
bata de cola (robe à traîne) rouge. Olga Pericet joue à merveille de ses cambrés. Elle a la fougue d’une Carmen Amaya
(1874-1930) et comme elle, elle danse en costume d’homme. Née à Cordoue, Olga Pericet a reçu en 2018 le «Premio
Nacional de Danza». Même si son spectacle mériterait d’être plus court, on applaudit.
                                                                                                                          M.P.

                                                                                          L’amour sorcier de Galván,
                                                                                          en solo
                                                                                          Le chorégraphe et performeur espagnol Israel Galván a présenté
                                                                                          à Madrid sa version en solitaire de El Amor brujo (L’amour
                                                                                          sorcier) de Manuel de Falla, où il danse accompagné seulement
                                                                                          d’un pianiste et d’un cantaor. Galván a été associé au Théâtre
                                                                                          de la Ville de Paris et ce spectacle est une coproduction avec
                                                                                          la Maison de la Musique de Nanterre, le Teatro della Pergola
                                                                                          de Florence et d’autres institutions européennes. À remarquer
                                                                                          que la «première» en juillet a inauguré le Festival «Madrid en
                                                                                          Danza» dirigé par la danseuse et chorégraphe Aida Gómez
                                                                                          au Teatro del Canal, le premier théâtre public en Espagne
                                                                                          ayant ouvert régulièrement avec un événement de sa
                                                                                          programmation après la période de fermeture.
                                                                                                                                                    R.S.

                                                                                          Israel Galván: “El Amor brujo”
                                                                                          (ph. R. Rios)

                                                                            34
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                                      de danse
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Joffrey Ballet, du moderne au classique
Parmi les plus importantes compagnies américaines qui ont dû annuler ou reporter les spectacles prévus cette saison,
on remarque le Joffrey Ballet de Chicago. Troupe historique, elle a vu le jour en 1956 à New York comme compagnie
moderne avec les chorégraphes Robert Joffrey et Gerald Arpino et ne s’est ouverte au classique que par la suite,              Edson Barbosa,
contrairement à ce qui se passe d’habitude. Ainsi, a-t-on reporté le Don Quichotte du chorégraphe russe Youri Possokhov           Yuka Iwai –
prévu en début de saison; celle-ci se terminera en avril 2021 avec la première à Chicago de La Petite Sirène (The Little        Joffrey Ballet:
Mermaid), un ballet que John Neumeier a créé en 2005 au Théâtre Royal de Copenhague et qui est déjà au répertoire          “Don Quichotte”,
de plusieurs compagnies dans le monde.                                                                                     c. Yuri Possokhov
                                                                                                                     ˆ         (ph. C. Mann)

                                                                        36
37
Elena Yevseyeva –
Le Mariinsky populaire                                                                                                           Ballet du Théâtre
                                                                                                                            Mariinsky: “Shurale”,
Quand on dit Ballet du Mariinsky de Saint-Pétersbourg, on pense aux grands classiques à la splendeur et à la                  c. Leonid Jacobson
pureté sans égal. Mais ce noble théâtre garde aussi une tradition de l’époque soviétique. La dernière saison, nous           (ph. V. Baranovsky)
avons vu un ballet singulier, qui sera sans doute repris lors des prochaines saisons pour le plus grand bonheur du
public familial pétersbourgeois, qui le connait bien, alors que le reste du monde en ignore peut-être même l’existence.
Le titre est Shurale (c’est le nom d’un lutin de la forêt), la musique est de Farid Yarullin et la chorégraphie, créée en
1945 (la seconde version au Kirov 5 ans après), est du grand chorégraphe Léonide Jacobson; un «moderne» de l’époque,
mais qui se plia à la requête de produire un spectacle populaire plein de monstres et de héros, d’amours simples et             Dans l’encadré en
d’une multitude de danses du folklore à l’état pur, intercalés de quelques pas de deux lyriques d’inspiration classique.          haut: Alexander
À remarquer un incendie final spectaculaire. De l’archéologie désormais, mais à ne pas laisser disparaître.                        Sergueev dans
                                                                                                                     A.A.              le rôle-titre

                                                                         38
Margot ou Alina, c’est toujours Marguerite
   Quelques critiques anglais ont voulu la comparer à Margot Fonteyn, la
     ballerine-fétiche du ballet anglais. En effet, il y a quelques années, le
        Royal Ballet de Londres a confié à sa principal dancer de l’époque
           Alina Cojocaru (roumaine, 39 ans, aujourd’hui invitée dans
              diverses compagnies) plusieurs rôles de la grande Dame Margot
                 dont on a célébré l’année dernière le centième anniversaire.
                    Parmi ceux-ci, en février mais au Sadler’s Wells Theatre,
                       Cojocaru a dansé le rôle de l’héroïne dans Marguerite
                          et Armand de Frederick Ashton, un classique du
                             ballet britannique, qui fut dansé en son temps
                                par Fonteyn avec le jeune Rudolf Noureev.
                                                                        A.A.

                                                            Alina Cojocaru:
                                                             “Marguerite et
                                                                Armand”, c.
                                                           Frederick Ashton
                                                                    (ph. M.
                                                                   Norman)

  39
40
41
Maria Yakovleva,
Manuel Legris, adieu à Vienne                                                                                              Kimin Kim – Ballet de
                                                                                                                             l’Opéra de Vienne:
Manuel Legris a entamé sa dernière saison à la tête du Ballet de l’Opéra de Vienne malgré la proposition de prolonger           “Le Corsaire”,
son contrat de la part de la nouvelle direction du théâtre. En effet, il a accepté la direction du ballet de la Scala de       c. Manuel Legris
Milan. En dix ans à Vienne, l’ex-danseur étoile de l’Opéra de Paris a su élever le niveau de la compagnie autrichienne.           (ph. A. Taylor)
Une des tâches à laquelle il a voulu s’atteler fut d’homogénéiser la troupe, lui conférant un degré d’excellence, avec
une versatilité lui permettant de passer de La Belle au bois dormant à William Forsythe ou Nacho Duato. Ce fut
ensuite la transmission d’un répertoire exigeant, notamment Raymonda et Casse-Noisette dans les versions de Rudolf
Noureev dont Legris connaît tous les écueils pour les avoir dansés. Quant au Lac des cygnes, il a respecté la version
de 1954 que Noureev avait créée à Vienne, la rafraîchissant avec de nouveaux costumes et décors. Enfin, Legris a
commencé à remonter d’anciens ballets dans sa propre version. Après Le Corsaire, ce fut Sylvia, récemment rentré
aussi au répertoire du Ballet de La Scala de Milan.
                                                                                                                    S.S.

                                                                        42
Hong Kong Ballet, la Chine qui danse                                                                                           Deux affiches de
                                                                                                                                   l’Hong Kong
Dernièrement, les discours en général du monde occidental ne voient pas d’un bon œil la Chine. Et qui aime la danse          Ballet; ci-dessous:
ne sait peut-être pas que le ballet occupe une place remarquable dans ce grand pays et, notamment, dans Hong Kong               Zhang Xuening,
– qui historiquement a été son prolongement sous le contrôle britannique et qui aujourd’hui lui donne pas mal de                    Forrest Rain
problèmes. Le Hong Kong Ballet, compagnie de base classique excellente et au répertoire éclectique, dirigée par              Oliveros, Ashleigh
l’Américain Septime Webre, vient de fêter les 40 ans de sa fondation. Et maintenant? Elle fait ce qu’ont fait presque                    Bennett
toutes les grandes compagnies: elle s’est consacrée au projet hkballet@home, c’est-à-dire des spectacles à l’écran, et       (ph: D. Alexander)
se prépare pour les nouvelles créations et les tournées qui ont été reportées. Encore faut-il que le virus et les rapports
avec le pouvoir le permettent.
                                                                                                                     A.A.

                                                                         43
Luiza Yuk, Vinícius Vieira –
Linga chante,                                                                                  São Paolo Companhia de Dança: “Céu Cinzento”,
le chœur                                                                                                       c. Clébio Oliveira (ph. J. Hilal)

danse
Fusion d’un groupe de
danseurs et d’un chœur?
C’est ce qu’ont fait le
Linga Dance Project, la
compagnie de Katarzyna
Gdaniec et Marco
Cantalupo, et l’Académie
vocale de Suisse
Romande, un chœur de
chambre professionnel
non moins réputé. Fusion,
oui, car les chanteurs sont
parfaitement intégrés aux
danseurs, tous bougeant
de concert. À cette
nouvelle pièce, Sottovo-
ce, une musique
électronique, œuvre de
Mathias Delplanque, of-
fre un pertinent fond so-
nore aux évolutions,
souvent à l’unisson, des dix interprètes. Pièces du compositeur grec Georges Aperghis et chants de la tradition vocale         Compagnie Linga:
nordique scandent ce spectacle original, où la dimension musicale l’emporte toutefois sur la chorégraphie. On ne peut                “Sottovoce”,
évidemment demander aux choristes ce que l’on attend des danseurs.                                                        c. Katarzyna Gdaniec et
                                                                                                                 J.P.P.         Marco Cantalupo
                                                                                                                                (ph. G. Batardon)

                                                                        44
45
Bolchoï, le titan enchaîné
    Le grand théâtre de la capitale russe a évidemment et lourdement souffert des mesures sanitaires et
      a annulé toute la programmation à Moscou depuis le 17 mars, ainsi que les tournées prévues. En
         ce qui concerne le ballet, au mois de juillet encore seuls les solistes pouvaient entrer dans le
            théâtre pour leur classe, par petits groupes. Au moment où nous écrivons, rien n’est dit à
               propos des prochains spectacles. Le gala pour les 80 ans de Vladimir Vassiliev, le
                  héros du ballet russe, adoré du public, avait été prévu pour avril mais il a été reporté
                     au mois de novembre.
                        Parmi les dernières productions du Ballet du Bolchoï avant la crise, on a affiché
                            une nouvelle Giselle dans la version chorégraphique d’Alexeï Ratmansky, le
                              chorégraphe russe désormais omniprésent et hyperactif; et The Winter’s
                                  Tale (Conte d’hiver) de l’Anglais Christopher Weeldon, un autre ex
                                     jeune au grand talent de la chorégraphie internationale.
                                        Dans cette grande compagnie, dirigée par Makhar Vaziev, avec
                                           plusieurs étoiles et premiers danseurs et une pléthore de solistes,
                                              comme ce fut le cas à toutes les époques se détachent de
                                                 jeunes espoirs. Côté garçons, l’étoile montante pourrait
                                                    être Artemiy Belyakov (qui est aussi chorégraphe –
                                                       sa première création pour le Bolchoï aurait dû débuter
                                                           en mars), alors que parmi les jeunes ballerines
                                                              on mise sur le nom d’Olga Martchenkova.
                                                                                                        A.A.

                                                                               Olga Smirnova, Denis Savin
                                                                                – Ballet du Théâtre Bolchoï
                                                                                          de Moscou: “The
                                                                                          Winter’s Tale”, c.
                                                                                               Christopher
                                                                                                 Wheeldon
                                                                                                    (ph. D.
                                                                                                  Yusupov)

                               46
Olga Smirnova, Artemy Belyakov –
           Théâtre Bolchoï de Moscou:
        “Giselle”, c. Alexei Ratmansky
                       (ph. D. Yusupov)

47
Le nouveau chorégraphe de Stuttgart
Pendant l’interruption, le Ballet de Stuttgart aussi a produit son projet virtuel, stuttgartballet@home. Entre autres,
il a retransmis sa dernière production, Messenger, capté en première le 22 février à Stuttgart, juste avant la fermeture.
L’auteur de la chorégraphie est Louis Stiens, jeune chorégraphe allemand, également soliste de la compagnie.
Au même programme, on avait affiché aussi deux créations respectivement de Martin Schläpfer (chorégraphe suisse
confirmé qui passe en septembre de la direction de la compagnie de ballet de Düsseldorf à celle de l’Opéra de Vienne)
et de Douglas Lee, anglais, ancien danseur à Stuttgart et aujourd’hui chorégraphe free-lance.
                                                                                                                      ˆ

                                 Elisa Badenes, Jason Reilly – Ballet de Stuttgart: “Messenger”, c. Louis Stiens

                                                                         48
Friedemann Vogel Prix allemand
       Le danseur de l’actuel Ballet de Stuttgart le plus connu
         internationalement est sans aucun doute Friedemann
            Vogel, invité des théâtres et compagnies du monde
              entier et partenaire des plus célèbres danseuses
                 de nos jours. Le «Prix Allemand de la
                    Danse 2020» lui a été attribué et lui sera
                      remis en octobre prochain lors d’une
                         soirée de gala à l’Aalto Theater de
                            Essen.
                                                             ˆ

                                                  Friedemann
                                                        Vogel
                                                       (ph. R.
                                                    Novitzky)

49
50
51
Limon Dance Company: “The Unsung”, c. José Limon (ph. S. Pisano)

                                                          Limón, un long message
                                                          de 75 ans
                                                          La Limón Dance Company, la compagnie de
                                                          New York qui porte le nom de son fondateur
                                                          José Limón, l’un des pionniers de la
                                                          chorégraphie moderne américaine, a fêté en
                                                          février dernier son 75e anniversaire. Son actuel
                                                          directeur artistique, Dante Puleio, a dit:
                                                          «L’œuvre de José Limón a répandu sa force
                                                          dans le monde entier. Le chorégraphe constitua
                                                          une compagnie de danse après la Deuxième
                                                          Guerre Mondiale, fit naître l’espoir là où il
                                                          manquait, créa un art qui parle de génération
                                                          en génération. C’est de notre responsabilité
                                                          de continuer de transmettre ce message d’espoir
                                                          et de communion, avec courage et conscience
                                                          artistique».
                                                                                                        ˆ

                                                          José Limón, Betty Jones, Lucas
                                                          Hoving, Pauline Koner :
                                                          “La Pavane du Maure”, 1951

                               52
Martha matinées
       Presque toutes les compagnies de danse, en Europe et en
         Amérique, ont cherché à remplir la période de vide avec
           des projets de danse en vidéo. Les lecteurs pourront
             les trouver facilement. Mais, par son vif intérêt, on
                signale notamment celui de la Martha Graham
                   Dance Company de New York avec son
                    streaming «Martha Matinée» – des archives
                       extraordinaires sur l’histoire de la compa-
                         gnie et sur sa fondatrice désormais
                           légendaire. Entre-temps les danseurs
                              offrent (façon de parler – 10 $ par
                                cours) des classes de technique
                                   Graham sur la toile.
                                                                ˆ

                                            PeiJu Chien-Pott, Ben
                                                Schultz: “Cave of
                                                      the Heart”,
                                                        c. Martha
                                                    Graham (ph.
                                                         H. Nash)

53
Ksenia Ovsyanick, Vahe Martirosyan – Ballet de l’Opéra de Berlin: “Onegin”, c. John Cranko (ph. Y. Revazov)

À Berlin, le ballet revient sur ses pas
Comme BALLET2000 l’a régulièrement rapporté, le Ballet de l’Opéra de Berlin (Staatsballett Berlin), est en état de
crise depuis longtemps, depuis que, en 2018, les institutions de la capitale allemande ont décidé de transformer l’im-
portante compagnie et ses nombreux danseurs, au style international et au répertoire classique et moderne, dans un
ensemble contemporain dirigé par Sasha Waltz, figure de proue du Tanztheater allemand. L’absurdité avait été tempérée
par la présence d’un codirecteur, Johannes Öhman, ayant une formation plus traditionnelle; mais la situation était
insoutenable et pour le moment elle s’est résolue avec la démission de Waltz, qui quittera ses fonctions fin 2020.
Entre-temps la programmation de la compagnie est revenue sur ses pas et a annoncé une saison 2020/21 qui, si les
normes le permettent, présentera quelques nouveautés et diverses reprises de son répertoire, dont Onéguine de John
Cranko à partir de décembre.
                                                                                                                  A.A.

                                                                       54
Kukai Dantza:
Lyon: la Biennale de la Danse en 2021 mais la Maison revient dès                                                                   “Oskara”,
maintenant à la scène                                                                                                        c. Marcos Morau

          Parmi les plus importantes manifestations de danse contemporaine en Europe, la Biennale de la Danse de
Lyon, initialement programmée pour septembre prochain, a été reportée à mai-juin 2021. «Réinventée» aussi à cause de
la crise, cette Biennale annonce, entre autres, Angelin Preljocaj avec son Lac des cygnes et Dimitris Papaioannou avec sa
création de 2020.
          Mais l’activité de la Maison de la Danse de Lyon, dirigée tout comme la Biennale par la chorégraphe Dominique
Hervieu, reprend ses activités dès septembre et octobre avec des projets ouverts au public et puis, à partir de novembre,
avec de vrais spectacles, à commencer par Chaplin du Ballet du Rhin et 33 autres spectacles pendant la saison jusqu’au        Malandain Ballet
printemps. On remarque la présence de Jerôme Bel, Juval Pick, Peeping Tom, José Montalvo et du Ballet du Capitole.          Biarritz: “Sirènes”
          La Biennale de Lyon et BALLET2000 ont à peu près le même âge. Presque 40 ans d’histoire. On aura le                          c. Martin
temps de reparler des événements lyonnais, quand BALLET2000 aura, lui aussi, repris son chemin brièvement interrompu.                Harriague
                                                                                                                     A.A.      (ph. O. Houeix)

                                                                         55
Le Ballet du
                                                                                         Rhin entre
                                                                                         Virginia et
                                                                                         Charlot
                                                                                         Début février, peu avant le
                                                                                         confinement, la compagnie de
                                                                                         ballet de l’Opéra du Rhin
                                                                                         (Mulhouse, Strasbourg et
                                                                                         Colmar) avait pu présenter
                                                                                         sa dernière production,
                                                                                         Yours, Virginia. Une création
                                                                                         du chorégraphe israélien Gil
                                                                                         Harush inspirée de la
                                                                                         personnalité de l’écrivaine
                                                                                         anglaise Virginia Woolf. Pour
                                                                                         en rester aux noms célèbres
                                                                                         et bien exploités encore par
                                                                                         le monde chorégraphique:
                                                                                         Chaplin est le spectacle du
                                                                                         chorégraphe allemand Mario
                                                                                         Schröder que le Ballet du
                                                                                         Rhin dansera à la Maison de
                                                                                         la Danse de Lyon, où la
                                                                                         compagnie sera accueillie
Celine Nunige, Marin Delavaud : “Chaplin”, c. Mario Schröder (ph. A. Poupeney)           début novembre.
                                                                                                                    ˆ

                    Ballet du Rhin: “Yours, Virginia”, c. Gil Harush (ph. A. Poupeney)

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Dorothée Gilbert,
                                                                                                                            Mathias Heymann –
L’Opéra de Paris rouvre en novembre                                                                                            Ballet de l’Opéra
                                                                                                                                       de Paris:
Suite à la crise, l’Opéra de Paris a annulé 160 représentations de ballets, opéras et concerts, à partir du mois de mars.       “La Bayadere”,
Des deux théâtres de l’Opéra, on n’a pas de nouvelles sur la réouverture du Palais Garnier, alors qu’on a annoncé que         c. Rudolf Nureyev
la grande salle de Bastille ouvrirait ses portes le 23 novembre avec un concert. Ensuite, jusqu’à la fin de l’année, on            (ph. L. Shao)
affichera deux opéras (La Traviata et Carmen) et la reprise de La Bayadère dans la version de Rudolf Noureev.
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