Chez nous en Europe ! - Coopérations éducatives transfrontalières dans l'Euregio Meuse-Rhin

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Coopérations éducatives transfrontalières dans l’Euregio Meuse-Rhin Chez nous en Europe !

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SOMMAIRE ÉCOLE PRIMAIRE/ ÉCOLE SECONDAIRE I . 17 Le projet Interreg IV-A « Linguacluster » et les écoles à profil eurégional . 18 Wilhelm Dewes ur le profil eurégional au sein de son école . 20 Hellmuth Van Berlo sur la coopération institutionnelle . 22 Christoph Esser perspective d’un directeur de l’inspection académique .

23 Témoignages des enfants de l’école primaire partenaire Picpussen à Tongeren . 25 Johannes Menne sur le profil eurégional au sein de son écolee . 25 Apprentissage de l’allemand pour les enfants arabophones grâce à Hayya . 26 Julia Lemm sur Hayya en classe . 28 Dr. Mirjam Ropers & Monika Mattner sur Hayya dans les centres d’intégrationn . 29 Karen Reekmans sur Hayya en Belgique . 31 DEUXIEME CYCLE DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE II . 33 www.EUR.Friends – Le projet transfrontalier pour les formations professionnelles . 34 Gilles Huaux sur les stages transfrontaliers pour les élèves . 36 Un stage de printemps à Heerlen avec l’élève Julienne Pluntke .

37 Adriane Langela-Bickenbach sur les échanges scolaires numériques . 38 Qualification supplémentaire : la compétence eurégionale dans la formation professionnelle . 40 Heike Schwarzbauer sur l'établissement d’enseignement professionnel Jülich . 42 Tibor Navracsics Commissaire européen à l’éducation, à la culture, à la jeunesse et au sport . 6 Charles-Louis de Merode Consul honoraire du Royaume de Belgique à Aix-la-Chapelle, Présidente du gouvernement de l’arrondissement de Cologne et Présidente de l’Euregio Meuse-Rhin . 7 Stephan Pusch Préfet de l’arrondissement d’Aix-la-Chapelle et Président de l’association intercommunale de la Région d’Aix-la-Chapelle .

8 Prof. Dr. Christiane Vaeßen Gérante de la Région d’Aix-la-Chapelle . 9 COUP DE PROJECTEUR un Prof. Dr. Rita Franceschini sur l’identité eurégionale . 10 Florian Niehaus avec des visions d’avenir pour l’Euregio Meuse-Rhin . 12 COUP DE PROJECTEUR deux Dr. Ute Schürings sur les différences culturelles eurégionales . 14 La diversité urbaine de trois pays : Aix-la-Chapelle, Maastricht, Hasselt, Liège et Eupen rafraîchissent l'Euregio Meuse-Rhin. Dans ce livre vous trouverez une collection de photos prises dans les grandes villes eurégionales. PAGE 4 / CHEZ NOUS EN EUROPE !

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Les élèves de l’école professionnelle de Jülich témoignent . 44 Griet Cordemans & Freek van den Brink sur des projets cinématographiques au sein de l’école professionnelle PJR. . 48 Le bidiplôme eurégional dans le cadre de la formation professionnelle . 50 Témoignage du compagnon belge Maxime Sporten . 51 Le prix littéraire des lycéens de l’Euregio . 52 Discours de Benedict Wells, gagnant de l’édition 2018 du prix littéraire des lycéens de l’Euregio . 54 Témoignage de Maud Marcellin, élève de Liège . 55 Dr. Oliver Vogt, sur le déroulement du prix littéraire des lycéens de l’Euregios . 55 UNIVERSITÉS ET HAUTES ÉCOLES .

57 Des assistants de langue maternelle dans l’enseignement . 58 Témoignage de Laura De Castro sur son activité d’assistante de langue dans une école à profil eurégional à Kelmis (Belgique . 59 Nathalie Seron sur le placement d’étudiants dans les écoles allemandes . 60 Témoignage de Madison Robert sur son activité d’assistante de langue dans une école à profil eurégional à Hückelhoven . 61 Les supports Linguacluster dans la formation des enseignants . 62 Katharina Höglhammer sur Hayya dans la formation des enseignants en Autriche . 63 Vera Hark sur les ateliers pour les étudiants aspirant à devenir enseignants en école primaire au Luxembourg .

64 ÉDUCATION ET FORMATION TOUT AU LONG DE LA VIE . 67 Des enseignants au-delà des frontières . 68 Michaela Husarek sur l’échange d’enseignants et l’enseignement en équipe . 70 Conférences et cours de formation pour les acteurs de l’éducation eurégionale . 72 Joachim Dunkel sur les cours de néerlandais pour les enseignants des classes primaires . 73 Elke Cornetz sur la conférence annuelle des écoles à profil eurégional . 74 Anna Dinse sur la journée d’orientation professionnelle germano-néerlandaise . 75 ATELIER D’IDÉES . 77 COUP DE PROJECTEUR trois Prof. Dr. Sabine Ehrhart sur le multilinguisme dans les régions frontalières .

78 Anne-Mette Olsen sur l’échange avec la région germano-danoise Sønderjylland-Schleswig . 80 COUP DE PROJECTEUR quatre L’European Democracy Lab sur l’avenir des régions européennes . 82 CHEZ NOUS EN EUROPE . 85 Dr. Theodoros Kallianos sur les régions frontalières et l’intégration européenne . 86 L’équipe « Education » avec des visions sur les coopérations de formation futures . 88 Remerciements . 90 Mentions légales . 91 CHEZ NOUS EN EUROPE ! / PAGE 5

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Propos liminaires Tibor Navracsics «Le présent ouvrage est un témoignage concret de l’intégration européenne» L’Euregio Meuse-Rhin reflète à merveille la coexistence harmonieuse de langues et de cultures hétérogènes au sein d’une Europe unie dans la diversité. Elle est aussi un remarquable exemple des potentiels d’enrichissement de nos connaissances en matière d’éducation et de formation. Comme en témoignent les projets présentés dans le présent ouvrage, les régions frontalières, grâce à la coopération et aux échanges, constituent des viviers idéaux pour la croissance et la prospérité – avec des résultats qui forcent le respect : offre d’éducation améliorée, multilinguisme renforcé, sensibilisation accrue à la citoyenneté européenne et approche interculturelle grâce au dialogue régional.

Les nombreux exemples de projets transfrontaliers couronnés de succès présentés dans le présent ouvrage en illustrent le fonctionnement pratique et révèlent à quel point l’expérience est source d’enrichissement pour tous les acteurs.

Linguacluster », un projet financé par le Fonds européen de développement régional, incite les élèves à acquérir des connaissances sur l’histoire, la géographie et la culture régionales tout en pratiquant les langues parlées dans cette région (allemand, français et néerlandais). Ainsi, ils partent à la découverte de leurs propres identités et traditions ainsi que celles d’autres pays européens. Le projet « Hayya! jouer des histoires, apprendre l’allemand » aide les réfugiés à s’intégrer dans de nouvelles communautés en apprenant la langue de leur pays d’accueil (l’allemand). Il a été récompensé en 2017 par le « Label européen des langues ».

Autre exemple, le projet « EUR.Friends », également subventionné par le Fonds européen de développement régional, qui permet à des élèves d’écoles professionnelles d’effectuer des stages transfrontaliers de courte durée afin d’approfondir leurs connaissances des autres cultures et langues. Le présent ouvrage présente des mesures qui contribuent à mettre l’éducation et la formation au service d’une société plus inclusive. Cet objectif est en accord avec la vision récemment présentée d’un espace européen de formation au sein duquel les frontières ne constituent aucun obstacle à l’apprentissage, aux études et à la recherche.

Le présent ouvrage est un témoignage concret de l’intégration européenne, rendue possible grâce aux acteurs engagés de chaque communauté et aux fonds à la fois européens, nationaux et régionaux. C’est un honneur pour moi de pouvoir y apporter ma contribution.

Tibor Navracsics Commissaire européen à l’éducation, à la culture, à la jeunesse et au sport PAGE 6 / CHEZ NOUS EN EUROPE !

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Propos liminaires Charles Louis de Merode «J’applaudis cette initiative qui cadre si parfaitement avec les ambitions de cette région au cœur de l’Europe» Echange, coopération et intégration au sein de l’Euregio Meuse-Rhin sont les moteurs de ce projet pédagogique. Le titre « Auf die Plätze, klaar, partez ! » donne le ton vivant et concret du matériel d’études. Quelle joie de pouvoir saluer le départ de ce programme et de suivre son épanouissement !

Cette région de l’Euregio Meuse-Rhin m’est chère entre autre parce qu’elle est la région où ma famille a son origine, mais aussi parce qu’elle a beaucoup à raconter et à son propos on a beaucoup à apprendre concernant la formation de l’Europe. Pensons à Charlemagne qui a fait d’Aix-la-Chapelle la capitale de l’empire Franc, appelé Empire Romain d’Occident et dont les descendants, en se partageant les terres, ont formé les premières frontières européennes.

Charlemagne pensait déjà à l’importance de l’éducation et de la formation de la jeunesse puisqu’il a créé l’école obligatoire, facteur d’unité, de communication de développement et d’intégration.

Grâce à un enseignement de qualité, on acquiert une vue d’ensemble, un esprit analytique ouvert et une indépendance de jugement. Pensons aussi aux nombreux artistes et savants qui ont collaboré au rayonnement de cette région et lui ont donné sa richesse et sa diversité dans les domaines linguistiques, culturels et artistiques et ceux peut-être moins célèbres qui ont œuvré à sa prospérité dans les domaines sociaux, économiques et commerciaux. Développer auprès de la jeunesse la connaissance de cette région et de son passé historique passionnant lui permettra, non seulement d’imaginer un futur de cohabitation florissante mais aussi de construire ce futur grâce à un même partage des valeurs de respect les uns des autres, d’entraide mutuelle, d’éducation humaine et de formation qualitative.

Etre un exemple pour l’Europe de demain, voilà ce que votre projet de promotion des liens et des communications au-delà des frontières va réaliser. J’applaudis cette initiative qui cadre si parfaitement avec les ambitions de cette région au cœur de l’Europe entre la Meuse et le Rhin.

Charles-Louis de Merode Consul honoraire du Royaume de Belgique à Aix-la-Chapelle CHEZ NOUS EN EUROPE ! / PAGE 7

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Propos liminaires Stephan Pusch «Cinq régions partenaires réparties sur trois pays avec trois langues officielles sont une mine d'opportunités et possibilités» En ma qualité de Président de l’Association intercommunale de la Région d’Aix-la-Chapelle et de Préfet du département de Heinsberg, je suis fier de la diversité des projets de formation mis sur pieds par l’équipe « Education ». Ils sont un pilier important des échanges qui ont lieu dans l’Euregio Meuse-Rhin.

Cinq régions partenaires réparties sur trois pays avec trois langues officielles sont une mine d’opportunités et de possibilités, pour les jeunes tout particulièrement. Si dès le début de leur scolarité, ils appréhendent l’Euregio Meuse-Rhin comme étant leur « chez eux », ils peuvent exploiter et maximiser le potentiel de cette région frontalière, tant pour eux-mêmes que pour bien d’autres. Ceci nous permet d’œuvrer, pas à pas, vers la suppression des frontières dans les esprits et la progression vers une Europe commune. J’espère que cet ouvrage sur la formation et l’éducation transfrontalière contribuera à intensifier les échanges avec d’autres régions frontalières afin de créer des synergies réciproques.

Stephan Pusch Président de l’Association intercommunale de la Région d’Aix-la-Chapelle et Préfet du département de Heinsberg PAGE 8 / CHEZ NOUS EN EUROPE !

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Propos liminaires Prof. Dr. Christiane Vaeßen «Ici, l'intégration européenne prend corps de façon concrète et tangible» Où s’incarne en pratique la célèbre intégration européenne ? L’une des réponses à cette question : jour après jour, dans les régions frontalières telles que l’Euregio Meuse-Rhin. Les gens se rendent dans leurs régions partenaires pour y vivre, y travailler, y faire leurs courses et s’y adonner à leurs loisirs.

Tout au long de l’année, on assiste à des manifestations et des rencontres transfrontalières. L’Association intercommunale de la région d’Aix-la-Chapelle et son équipe « Education » organisent de nombreux projets transfrontaliers dans le domaine de l’éducation et de la formation, afin de promouvoir le multilinguisme et la coopération interculturelle au sein de l’Euregio Meuse-Rhin. Enfants, jeunes et adultes, tous peuvent participer à des rencontres eurégionales pour apprendre les langues de leurs voisins et faire leur propre découverte de la région frontalière dans le cadre de différents programmes.

Exposer les modalités et le déroulement de ces projets, c’est l’objet du livre que vous tenez entre vos mains. Nous vous présentons, dans les différents chapitres, les projets de coopération en matière d’éducation et de formation qui donnent vie aux échanges au sein de l’Euregio Meuse-Rhin. Dès le primaire, les enfants scolarisés au sein des écoles à profil eurégional découvrent tout ce qui fait l’intérêt d’une région frontalière. Un autre exemple montre comment des élèves de lycée professionnel sont encouragés à faire des stages par-delà la frontière. Les enseignants des écoles à profil eurégional et les acteurs du domaine de l’éducation et de la formation se nourrissent de nouvelles sources d’inspiration pour leur travail lors de formations continues et de conférences.

Tous ces projets sont guidés par un fil directeur : tu ne dois pas tourner le dos à la frontière. Appréhender le pays étranger limitrophe comme un voisin est une démarche salutaire. Ici, l’intégration européenne prend corps de façon concrète et tangible – ce qui explique pourquoi nous avons intitulé cet ouvrage sur l’éducation et la formation transfrontalière « Chez nous en Europe ».

Prof. Dr. Christiane Vaeßen Responsable de l’Association intercommunale de la Région d’Aix-la-Chapelle Consule honoraire des Pays-Bas à Aix-la-Chapelle CHEZ NOUS EN EUROPE ! / PAGE 9

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La langue emprunte toujours sa propre voie» Entretien avec Prof.

Dr Rita Franceschini Régions frontalières et multilinguisme sont indissociables. L’équipe « Education» de l’Association intercommunale de la région Aix-la-Chapelle s’est entretenue à ce sujet avec Prof. Dr. Rita Franceschini. Elle effectue des recherches sur le multilinguisme et les régions frontalières font partie de son propre parcours de vie : en effet, elle a séjourné notamment dans la région frontalière Saar-Lor-Lux et vit actuellement dans l’eurorégion Tyrol, Haut-Adige et Trentin. Madame Franceschini, peut-on concevoir une identité commune avec des langues différentes ? Rita Franceschini : En Europe, nous avons tendance à associer la question de l’identité à la question de la langue.

Depuis l’émergence du concept d’État-nation, l’idée prédominante se résume au triptyque «Un État – une religion – une langue». Toutefois, ce corset rigide ne reflète pas tout à fait la réalité des choses. Lorsque j’observe différentes régions et régions frontalières en Europe, je trouve que le facteur de cohésion est davantage une histoire commune. En ce sens, la question de savoir où étaient jadis tracées des frontières dans ce territoire qui s’est au fil du temps aggloméré, et la question de savoir si on y parle plusieurs langues passe finalement au second rang.

COUP DE PROJECTEUR 1 Est-ce qu’en Europe, nous avons un rapport crispé au multilinguisme ? L’Europe a été pionnière dans l’instauration des États-nations. Ces États-nations avaient besoin d’éléments de cohésion, condition existentielle pour assurer leur pérennité. Et l’un de ces éléments, c’est une langue commune aux habitants. C’est une condition sine qua non pour assurer une bonne administration du territoire. L’homogénéisation linguistique conduite à marche forcée par les pouvoirs publics depuis le 18e siècle a étouffé le multilinguisme qui avait toujours existé. Certes, il n’a pas totalement disparu, il a survécu dans les langues minoritaires ou au sein du cercle familial – mais le rapport crispé au multilinguisme était né.

Michel Foucault a pointé une autre cause : notre rapport à l’hygiène et à la pureté, en Europe, est délirant ! En ont été dérivées des expressions telles que la «langue pure», une expression qui nous est tous familière et qui influe sur notre conception de la langue.

Est-ce que les régions frontalières peuvent être pionnières dans la promotion du multilinguisme ? Les régions frontalières sont précisément des territoires qui de tout temps, étaient multi-lingues. Si son caractère officiel reste à démontrer, sa réalité, au quotidien, ne serait-ce que pour faciliter les échanges, est une certitude. Les frontières ont toujours existé, Stade de football Tivoli à Aix-la-Chapelle PAGE 10 / CHEZ NOUS EN EUROPE !

mais on n’y prêtait moins attention autrefois. Au Moyen Âge, le multilinguisme se rattachait surtout à l’usage et à l’utilité de la langue et non pas à l’idéologie qui la sous-tend.

Quelle est la langue que je vais devoir utiliser pour faire ceci ou cela ? En d’autres termes, la langue était alors dotée d’un rôle fonctionnel. C’est une approche beaucoup plus pragmatique que celle observée aujourd’hui.

Est-il légitime de reléguer l’anglais au rang de troisième langue ? Ne serait-il pas plus simple de décréter l’anglais comme langue universelle ou comme langue commune à l’Europe ? La langue étend son espace selon ses propres lois. Il existe des institutions qui freinent les langues et qui souhaitent une homogénéisation de l’ensemble. Mais la langue emprunte toujours sa propre voie, parce qu’elle est l’outil des orateurs et qu’elle est malléable. Le rêve d’une langue universelle n’est donc pas viable en pratique. L’anglais en est d’ailleurs le meilleur exemple : il existe une « multitude d’anglais » à travers le monde.

A titre d’exemple, les étudiants Erasmus originaires de Grande-Bretagne ont parfois des difficultés à comprendre des Albanais, Italiens ou Espagnols parlant l’anglais. Mais entre eux, ils peuvent parfaitement s’entretenir en anglais. On voit donc apparaître dans une certaine mesure une nouvelle forme d’anglais, «l’anglais Erasmus». Est-ce que le multilinguisme n’est pas préjudiciable en termes économiques, en raison des coûts qu’il implique ? Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas de la langue en tant que telle. Le véritable enjeu, c’est que les citoyens issus de différentes traditions linguistiques se comprennent mutuellement.

Bien souvent, la pierre d’achoppement réside dans la difficulté à véhiculer des contenus sémantiques dans d’autres langues, tout simplement parce que les concepts diffèrent d’un pays à l’autre. Il faut alors se demander : comment faire pour que les citoyens se comprennent entre eux ? Les coûts liés à la traduction, à l’échelle européenne, sont négligeables : à peine 50 centimes par citoyen européen et par an. Ce n’est pas la mer à boire pour assurer une meilleure communication entre les gens.

Quels sont des arguments pertinents pour convaincre les habitants des régions frontalières de l’importance des langues parlées dans les contrées voisines ? Apprendre l’allemand, par exemple, ce n’est pas une mince entreprise. Ce qui est important, c’est de rendre les langues voisines adaptées à l’usage quotidien et d’en souligner les avantages pratiques. Pour établir le contact avec des Belges, mieux vaut savoir baragouiner un peu en allemand ou en français plutôt que d’opter pour une langue que ni l’un ni l’autre ne maîtrisent. Je signale ainsi à l’autre que je veux faire un pas vers lui, bien que je ne sache pas très bien parler sa langue.

Le message sousjacent est le suivant : « Je te donne une marge de manœuvre dans ta langue, donnem’en également une dans la mienne.» Mais que faire lorsque je constate, par exemple lors de rencontres avec des élèves d’écoles professionnelles, une certaine incrédulité face à la nécessité d’apprendre la langue du voisin ? Face aux questionnements suivants : Qu’est-ce que ça m’apporte ? Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Dans ce cas concret, on peut par exemple envisager des cursus d’apprentissage transfrontaliers. A plus grande échelle encore, des entreprises formatrices, de part et d’autre de la frontière, peuvent se déclarer disposées à accueillir des apprentis de l’autre pays.

Ce concept a été mis en œuvre avec succès, pour les étudiants, avec le programme Erasmus. Grâce à Erasmus, nos grands-parents et nos parents ont sillonné toute l’Europe. Pour les apprentis, il reste un potentiel à développer. On pourrait très bien concevoir aussi une formation des enseignants les habilitant à enseigner à l’échelle transfrontalière. De telles mesures mettent en exergue la pertinence pratique, au quotidien, du multilinguisme.

Que pensez-vous de l’idée d’accroître les compétences décisionnelles des régions et de diminuer celles des Étatsnations ? Dans une telle constellation, est-ce qu’un rôle particulier serait dévolu aux régions frontalières ? Je pense qu’il est temps de s’interroger, doucement mais sûrement, sur la pertinence du concept d’État-nation et d’établir un niveau européen commun pour la prise de décision, tout en évitant tout «diktat d’en haut». Ce qu’il faut, c’est faire émerger un consensus venant de la base et remontant jusqu’aux plus hautes sphères. De façon plus générale, ce dont l’Europe a besoin, également en matière de langues, c’est d’un mouvement ascendant, et non descendant.

Les mouvements contestataires s’emploient actuellement à dévoyer cette idée et trouvent dans les erreurs originelles de l’UE un filon à exploiter. Il serait toutefois bien plus judicieux de redécouvrir à quel point les structures en Europe étaient démocratiques. Elles émanaient des cités-États, qui s’étaient données leurs propres règles ce qui leur a permis de se développer en conséquence.

Prof. Rita Franceschini Faculté des Sciences de l’éducation – Université de Bolzano, Italie CHEZ NOUS EN EUROPE ! / PAGE 11

PLUS D'EUREGIO AU SEIN DE L'EUREGIO – MES VISIONS par Florian Niehaus Ancien coordinateur du projet INTERREG-IV-A Linguacluster (2010 –2013) Je souhaite vous livrer le fruit de mes réflexions nées de longues années d’enthousiasme, d’ob-servation et d’expérience dans le domaine de l’éducation eurégionale, vous suggérer quelques mesures concrètes, inédites à ce jour ou alors, mises en œuvre trop rarement, mais qui seraient tout à fait envisageables, certaines plus facilement, d’autres nécessitant davantage d’implication en matière de créativité, de persévérance et de coopération : Chers parents, Encouragez vos enfants à choisir les deux langues voisines à l’école secondaire ! Faites des excursions dans l’Euregio ! Chères directions d’école, Lors des entretiens d’embauche, demandez aux candidats comment ils souhaitent aborder dans leurs cours les particularités de la région frontalière et les langues voisines ! Encouragez les collègues à proposer des groupes de travail et des projets sur le thème de l’Euregio !

Approuvez la participation de vos collègues à des stages de découverte d’une journée dans des écoles du pays voisin ! En Allemagne : proposez le néerlandais comme deuxième ou troisième langue étrangère ; les personnes de langue maternelle allemande, même celles qui ne sont pas très douées pour les langues, font souvent des expériences positives dans ce cadre ! Donnez de la visibilité à l’Euregio au sein de votre école : photos d’excursions, drapeaux, messages de « Bienvenue » etc. dans les langues voisines ... Déclarez un jour de l’année scolaire « Journée Euregio»! Chers enseignants, Choisissez une destination dans le pays voisin pour les excursions d’enseignants !

Faites des excursions dans l’un des pays voisins avec vos élèves ! Inscrivez-vous (à nouveau), avec vos collègues, à un cours de langue ! Illustrez souvent vos cours par des exemples tirés du pays voisin (historiques, politiques, géographiques, linguistiques, architecturaux ...) ! PAGE 12 / CHEZ NOUS EN EUROPE !

Chères universités, Instaurez des cursus pour former des professeurs de langues étrangères pour le néerlan-dais, le français et l’allemand ! (à titre d’exemple, on ne peut pas étudier, à Aix-la-Chapelle, le néerlandais !) Mettez en place des cursus biou trinationaux et bilingues (cf.

Master bilingue à Wuppertal, études franco-allemandes Metz/ Saarbrücken, études de l’enseignement européen à Karlsruhe ou Freiburg) !

Perfectionnez l’idée d’une didactique des régions frontalières ! Coopérez avec les universités des pays voisins ! Chers bourgmestres, Effectuez des jumelages de communes de part et d’autre de la frontière ! Transformez l’une des écoles municipales en école axée Euregio et apportez-lui un sou-tien sur le plan administratif ! Chère Euregio Meuse-Rhin, Fondez une organisation qui, à l’instar de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, met en place et encourage les rencontres entre jeunes dans la région frontalière ! Instaurez un prix qui récompensera chaque année les personnes ou les institutions qui ont rendu des services exceptionnels à la coopération transfrontalière au sein de l’Euregio !

Chers responsables des politiques éducatives, Facilitez la reconnaissance des diplômes d’enseignant entre pays voisins ! Internationalisez la formation des enseignants (stages, modules) ! Encouragez les échanges d’enseignants transfrontaliers Chers médias, Faites régulièrement des reportages sur ce qui se passe dans les pays voisins en matière de politique, de sport, de culture... ! Chères administrations communales, Déclinez les indications sur les bâtiments publics, les panneaux en trois langues, hissez trois drapeaux !

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COUP DE PROJECTEUR 2 Espace d’art international Ludwig Forum à Aix-la-Chapelle «A deux pas, un autre monde.

Diversité des cultures de travail dans les régions frontalières» Dr Ute Schürings sur les différences culturelles eurégionales On se fait un petit ciné à Liège ? Un petit restau à Maastricht ? Et si on allait enfin voir la cathédrale d’Aix-la-Chapelle ? Pas de souci, c’est la porte à côté.

Au quotidien, les frontières nationales deviennent imperceptibles, nous naviguons sans cesse, tout naturellement, d’un pays à l’autre. Nous apprenons la langue du voisin, nous nous comprenons. Mais dès que nous avons affaire les uns aux autres dans un contexte professionnel, nous nous rendons bien compte que nous n’avons pas tout à fait le «même mode de fonctionnement» : «Mais pourquoi le collègue allemand n’a même pas prévu un créneau pour aller manger ensemble ?», se demande l’informaticien belge. Et la directrice d’école allemande s’étonne que ses homologues néerlandais ne consacrent manifestement que si peu de temps à la préparation de la réunion commune.

Les différences culturelles se font alors sentir. Ce que l’un considère comme agréable et respectueux déconcerte l’autre. La raison est simple : chacun fait son apprentissage social dans son propre pays. Et dans chaque pays, un certain nombre de codes tacites régissent le monde professionnel, qui peuvent varier fortement de part et d’autre de la frontière en dépit de la proximité géographique.

En Allemagne, par exemple, il est tout à fait habituel, même lors de la première rencontre, d’être factuel et objectif dans la forme et parfaitement préparé sur le fond. En d’autres termes, peu de digressions personnelles, on aborde très vite le cœur du sujet. Il n’est pas rare que les Allemands préparent même un ordre du jour pour avancer le plus efficacement possible. Une telle attitude, en Allemagne, fait montre de sérieux et de professionnalisme, c’est la clé de voûte pour gagner la confiance de son interlocuteur. Mais les Néerlandais et les Belges ont bien souvent une conception tout autre : ils aspirent à établir un contact personnel, à connaître un tant soit peu la personne avec laquelle ils vont être amenés à travailler à l’avenir : c’est dans cette perspective que le fait de bavarder un peu ensemble sur des sujets tels que les vacances ou les loisirs, ou d’aller manger ensemble prend tout son sens.

La confiance se tisse par un contact personnel. Autre exemple: lorsqu’il s’agit de débattre sur certains thèmes ou de prendre des décisions, là aussi, on assiste à des différences PAGE 14 / CHEZ NOUS EN EUROPE !

de taille. Aux Pays-Bas, rien de moins habituel à ce que toutes les parties donnent leur opinion, même des employés subalternes, même les stagiaires, qui s’investissent eux aussi activement dans les débats. En Allemagne et en Belgique, les stagiaires ont plutôt la parole quand on la leur donne. La raison est simple : en Allemagne et en Belgique, les structures hiérarchiques jouent un rôle plus important. Elles sont plus manifestes et se traduisent également dans la communication. C’est ce qui explique également que les instructions de travail soient généralement formulées de manière très claire en Allemagne, alors qu’aux Pays-Bas, il n’est pas rare d’entendre des phrases comme celles-ci : « Si tu as le temps, tu pourras peutêtre regarder ça demain ? » Et il ne faut pas se leurrer, l’exigence est la même que lorsqu’elle est formulée ainsi : « Veuillez effectuer cette tâche d’ici demain ! » De façon générale, les Allemands ne font pas de circonvolutions lorsqu’ils communiquent, même si le message est négatif.

Les mots employés sont une traduction fidèle de la situation. En d’autres termes : même vivement intéressés par une coopération, ils ne diront «oui» qu’une fois tout doute écarté et que toutes les instances impliquées auront donné leur feu vert. Les Néerlandais et les Belges n’hésitent pas à clamer d’emblée un « oui» enthousiaste. Mais ce «oui» signifie, bien souvent «Oui, cette idée me plaît bien». Et c’est là, bien souvent, que naissent des malentendus – les Allemands étant considérés comme hésitants, peu convaincus, alors que pour leur part, dire «oui» au début, comme simple expression d’une approbation momentanée puis finalement, se raviser témoigne d’un manque de fiabilité.

Les Allemands n’hésitent pas non plus à formuler un «non» très clair. Une telle attitude est difficile à concevoir pour un Belge, la politesse étant écrite en lettres majuscules. Concrètement, on n’osera pas opposer un refus direct à son interlocuteur, on dira « peut-être» en invoquant des difficultés éventuelles. Quiconque connaît cette culture saura traduire : c’est «non». Une autre grande différence réside dans la façon dont nous planifions. Aux Pays-Bas, on ne se concerte que sur le strict minimum et on se lance ! Les Allemands, au contraire, ont tendance à tout planifier dans les moindres détails.

Ils tentent d’identifier en amont tous les problèmes qui pourraient potentiellement survenir afin de trouver, en amont également, des solutions pour y faire face. Ils peuvent alors rapidement être considérés par leurs homologues comme perfectionnistes. L’approche est la suivante : « Si nous nous donnons assez de mal pour envisager toutes les éventualités, ça fonctionnera ! » Les Néerlandais et les Belges privilégient pour leur part une approche plus pragmatique : commençons déjà par faire les choses et nous aurons bien le temps de remédier aux problèmes une fois qu’ils surviendront. Ces deux approches ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients.

Elles se sont développées et cristallisées au fil du temps – et reflètent bien souvent les méthodes qui ont réussi à un pays ou à une région. Les Pays-Bas, en tant que nation marchande, ont vite appris à réagir avec flexibilité. Ils devaient aussi être en mesure de cerner leurs partenaires commerciaux – ce qui explique l’importance accordée aux relations interpersonnelles et une certaine forme de pragmatisme. Ils ont dû arracher leurs terres à la mer – et pour ce faire, tous devaient tirer sur la même corde. Dans ce contexte, toute notion de hiérarchie était contre-productive. L’Allemagne est un fief de l’artisanat et de l’industrie – et là, les clés du succès sont le perfectionnisme et une planification systématique.

La Belgique, sous domination étrangère pendant des siècles, a développé une défiance pour les institutions gouvernementales ; ce qui a toujours compté, là-bas, c’étaient la famille et les réseaux personnels. N’oublions pas non plus que la Belgique a de multiples facettes : alors que la Flandre cultive une longue tradition de petites et moyennes entreprises, la Wallonie, pour sa part, a toujours excellé dans l’industrie lourde. De nos jours, la Belgique, qui allie pragmatisme et efficacité, est très appréciée en tant que lieu de production (par ex. dans le secteur automobile).

Une fois ces différences culturelles prises en compte, on constate que la coopération transfrontalière fonctionne très bien : nous nous complétons mutuellement, en fédérant nos compétences respectives. Au petit effort succède un grand succès – sans parler de l’enrichissement personnel considérable qui en découle. Et ce, en particulier pour les jeunes générations : le fait de constater des différences culturelles leur fait prendre conscience qu’il n’y a pas qu’une seule approche viable. En effet, dès lors qu’on apprend à relativiser son propre comportement, on s’intègre sans problème dans d’autres cultures.

En d’autres termes : ceux qui se sentent comme des poissons dans l’eau dans toute l’Euregio Meuse-Rhin seront comme des poissons dans l’eau partout ailleurs.

Dr. Ute Schürings Formatrice/Conseillère en communication interculturelle CHEZ NOUS EN EUROPE ! / PAGE 15

Du courrier eurégional dans la boîte aux lettres ! PAGE 16 / CHEZ NOUS EN EUROPE !

Chez nous en Europe ÉCOLE PRIMAIRE/ COLLÈGE CHEZ NOUS EN EUROPE ! / PAGE 17

Promouvoir la langue, c’est promouvoir la culture et l’économie Le projet Interreg IV-A « Linguacluster » (2010 – 2013) et les écoles à profil eurégional Être sensible aux cultures et langues voisines améliore non seulement la connaissance mutuelle dans une région frontalière, mais constitue également un atout considérable sur le marché du travail et de l’exportation.

Que ce soit dans le cadre de la recherche d’un emploi ou inversement, dans le cadre de la recherche d’un profil qualifié pour un poste à pourvoir – bien connaître l’Euregio Meuse-Rhin et les langues parlées dans les pays voisins ne cesse de gagner en importance. C’est là qu’intervient le projet Interreg IV-A Linguacluster, mené à bien entre 2010 et 2013 par dix partenaires eurégionaux. Celui-ci permet aux élèves de faire l’expérience du lieu de vie passionnant qu’est la région frontalière, et de découvrir les opportunités qui s’y offrent à eux, tant pour leur enrichissement personnel que pour leur carrière future !

C’est de cette idée que sont nées les écoles labellisées profil Euregio. Ce label récompense les écoles primaires et les collèges qui intègrent dans leurs enseignements des contenus euré-gionaux et qui renforcent les échanges scolaires avec les régions voisines. Ce label est décerné dans le cadre d’une cérémonie festive par la présidente du district de Cologne. Il existe aujourd’hui 54 écoles labellisées « profil Euregio » à travers les cinq régions partenaires de l’Euregion Meuse-Rhin, tendance à la hausse. Plus de 7000 élèves et enseignants ont eu l’opportunité d’améliorer leurs connaissances des langues allemande, française ou néerlandaise et de partir à la découverte de cette région transfrontalière.

Les écoles labellisées « Europrofil » sont finan-cées au niveau des inspections académiques et ont bénéficié en 2018, pour la première fois, d’une dotation allouée par le Parlement du Land de Rhénanie-du-Nord Westphalie ce qui assure la pérennité du projet.

EUREGIOPROFILschule École à PROFIL EURÉGIONAL EUREGIOPROFIELschool PAGE 18 / CHEZ NOUS EN EUROPE !

École primaire/Collège Une nouvelle méthode d’apprentissage précoce des langues étrangères a été mise au point pour aider les enseignants à enseigner les langues des pays voisins. Le support pédagogique Auf die Plätze, klaar, partez existe en six versions linguistiques différentes (selon la langue d’origine et la langue cible) et 6 000 exemplaires de l’édition sont parus. Conçu à l’image de l’apprentissage de langue maternelle, il permet aux enfants d’école primaire de se familiariser avec la langue voisine par le biais de gestes, de mimiques et de sons.

De plus, le livre de lecture en trois langues Euregio Vis-à-Vis a été conçu pour les enfants entre 8 et 12 ans, comme livre de géographie locale de l’Euregio Meuse-Rhin. Il se fonde sur différents thèmes qui viennent se greffer sur le cours d’éveil permettant aux enseignants de diffuser des connaissances sur les régions voisines pour donner aux enfants l’envie de s’y rendre eux-mêmes. Au total, ce livre de géographie locale a été édité à 26 000 exemplaires dans les trois langues. La version allemande du livre a été actualisée en 2017 et 6000 nouveaux exemplaires ont été imprimés après épuisement des premiers.

Un colloque réunissant les directeurs d’écoles et les enseignants se tient chaque année afin d’encourager les échanges entre les enseignants des écoles à profil eurégional et ceux des formations continues du secteur Apprentissage eurégional. Ces colloques sont sources d’inspiration à la fois sur le plan théorique et sur le plan pratique et permettent d’échanger au sujet des meilleures pratiques et des obstacles éventuels. Par ailleurs, une fête des langues eurégionale est organisée une fois par an, réunissant les élèves comme les enseignants des écoles à profil eurégional.

Linguacluster, ein Projekt des INTERREG IV A-Programms Euregio Maas-Rhein für europäische territoriale Zusammenarbeit mit finanzieller Unterstützung der EU aus dem Europäischen Fonds für Regionale Entwicklung (EFRE).

Die Europäische Kommission investiert in Ihre Zukunft.“ Deutsche Version CHEZ NOUS EN EUROPE ! / PAGE 19

Une petite contribution à l'entente des peuples en Europe L'école primaire Vaalserquartier impliquée depuis 2011 dans une coopération trinationale La situation géographique de l’école primaire Vaalserquartier, au confluent de trois frontières, non loin des frontières néerlandaises et belges, est à la fois un avantage et une responsabilité. L’avantage de la proximité frontalière, c’est de côtoyer, à deux pas de l’école, des cultures, des langues et des personnes étrangères et pour les nombreuses familles qui vivent juste derrière la frontière, de pouvoir scolariser leur enfant dans l’école allemande la plus proche.

Nous considérons qu’il est de notre devoir pédagogique d’exploiter les avantages liés à la situation géographique de l’école et de donner aux élèves tous les outils qui leur permettront de se repérer dans l’Euregio Meuse-Rhin et de s’y sentir chez eux.

Nous avons entamé notre coopération transfrontalière trinationale en 2011. Dès les débuts, les écoles partenaires associées au projet étaient l’École primaire « Maria Hilf », Gemmenich/ Belgique (Directeur : Robert Reinders), l’école « Op de Top », Vijlen/Pays-Bas (Directeur : Roel Van den Bosch) et notre école, l’école primaire Vaalserquartier, Aix-la-Chapelle/Allemagne (Directeur : Wilhelm Dewes).

L’école allemande et l’école belge se sont vues décerner le label d’école à profil eurégional. L’école néerlandaise remplit également les critères d’éligibilité, mais a renoncé jusqu’à présent à soumettre une demande étant donné que les structures telles que vécues dépassent même largement ces critères.

Pour assurer à nos élèves une compétence eurégionale, nous procédons par trois biais : ¢ ¢ Des cours dans les deux langues de rencontre, le français (avec actuellement trois cours dispensés à l’école élémentaire Vaalserquartier pour les classes deux à quatre) et le néerlandais (avec actuellement deux cours pour les débutants et les niveaux avancés de respectivement une heure dans l’école accueillant les enfants toute la journée). L’ouvrage « Auf die Plätze, klaar, partez! », paru dans les trois langues, sert de base à l’apprentissage.

Des éléments de civilisation intégrés aux cours de langue pour chaque année, portant sur l’Euregio Meuse-Rhin dans Wilhelm Dewes Directeur de l’école primaire Vaalserquartier, Aix-la-Chapelle PAGE 20 / CHEZ NOUS EN EUROPE !

Chez nous en Europe ! - Coopérations éducatives transfrontalières dans l'Euregio Meuse-Rhin
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