SYNTHÈSE DES TRAVAUX ÉVALUATION À MI-PARCOURS DU CONTRAT DE VILLE DE PARIS 2015-2020 - VOLET 1 - News Tank Cities
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SYNTHÈSE
SYNTHÈSE
DES TRAVAUX
ÉVALUATION À MI-PARCOURS DU CONTRAT
DE VILLE DE PARIS 2015-2020 – VOLET 1
AVRIL 2019
© Apur – Arnauld Duboys Fresney
ATELIER PARISIEN D’URBANISME apur.orgINTRODUCTION
Faisant suite au contrat urbain de contrat de mesurer les avancées
cohésion sociale 2007-2014 (CUCS),
en y associant les habitants.
le contrat de ville parisien 2015-2020
signé en mai 2015, redéfinit les contours La mise en œuvre de l’évaluation à
des quartiers de la politique de la ville. mi-parcours est déclinée en deux
volets : l’analyse de l’évolution des
La géographie prioritaire parisienne est quartiers prioritaires et de leurs en-
organisée autour de deux axes, les quar- jeux (volet 1) et la construction d’un
tiers prioritaires déterminés au niveau référentiel d’évaluation (volet 2).
national à partir du critère unique de la Dans le cadre du volet 1, plusieurs
pauvreté et les quartiers du précédent travaux ont été menés : une ana-
contrat urbain de cohésion sociale qui lyse des spécificités des quartiers de
restent observés au titre de quartiers la politique de la ville parisiens par
de veille active. rapport aux quartiers prioritaires
d’Île-de-France et de France (ca-
Prévue par la loi, l’évaluation du hier 1), une analyse des tendances
contrat de ville 2015-2020 comprend récentes dans les quartiers priori-
deux étapes, à mi-parcours et en fin taires et les quartiers de veille active
de parcours. L’évaluation à mi-par- par rapport à l’évolution du terri-
cours du contrat de ville de Paris a toire parisien (cahier 2), une analyse
pour objectif de mettre à jour l’état des quartiers en difficulté situés en
des lieux des quartiers prioritaires pa- dehors de la géographie prioritaire
risiens, de remo biliser l’ensemble des (cahier 3), ainsi que des analyses
partenaires signataires du contrat, territoriales par arrondissement.
d’orienter les interventions sur les pro- Ce document présente la synthèse des
blématiques les plus essentielles, et principaux enseignements des tra-
de se donner les moyens à l’issue du vaux menés dans le cadre du volet 1.
20 21
Quartiers de la politique Quartiers de veille active
de la ville (QPV) (QVA)
367 000 1 276
Habitants, soit 17 % Hectares, soit 12 %
des Parisiens du territoire parisien
2SYNTHÈSE DES TRAVAUX – ÉVALUATION À MI-PARCOURS DU CONTRAT DE VILLE DE PARIS 2015-2020 –VOLET 1
LES QUARTIERS DE LA POLITIQUE DE LA VILLE (QPV) À PARIS EN 2018
Porte Montmartre Porte de
Porte de Saint-ouen Porte des Poissonniers la Chapelle
Porte Pouchet Moskowa Charles Hermite
Porte de Clichy
Porte de Saint-Ouen Rosa Parks
La Chapelle
Amiraux- Nord Michelet
Porte de Simplon La Chapelle Alphonse Karr
Saint-Ouen Blémont Évangile Rue de Nantes
Bernard Dimey
18 e La Chapelle Flandre
Goutte d'Or Sud
Danube-Solidarité
17e Marseillaise
Goutte d'Or Stalingrad
Riquet 19e
Grange-
aux-Belles Chaufourniers Algérie
9e 10e Grand Belleville Compans-
Les 10e-11e-20e Pelleport
8e Portes Ouest Saint-Maur - 140
Parmentier Ménilmontant
Belleville
2e Amandiers
Les Portes
1er 3e
Fontaine-
du 20e
16e au-Roi
20 e
11e
7e Saint-Blaise
4e
6e
5e
15e
12e
Cité
de l'Eure
14e 13e Jeanne d’Arc
Clisson
Didot Plaisance
Porte de Vanves Oudiné
Nationale
Chevaleret
Kellermann Chevaleret
Masséna
Villa Bédier
d'Este Boutroux
Quartier prioritaire de la politique de la ville Kellermann
Paul Bourget
Quartier de veille active
Sources : Ministère de la cohésion des territoires et des relations
avec les collectivités territoriales, Ville de Paris – 2018
NOTE MÉTHODOLOGIQUE
L’analyse des spécificités des quartiers parisiens de la politique de la ville des quartiers prioritaires parisiens, mis en œuvre depuis 2006 par l’Atelier
(cahier 1) a mobilisé les données statistiques mises à disposition par parisien d’urbanisme. L’Observatoire permet d’apprécier la situation
l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV). Ces données des quartiers et leurs évolutions par rapport à Paris. Cet outil statistique
sont disponibles aux périmètres exacts des quartiers prioritaires sur est composé de plus de 150 indicateurs, alimentés par plusieurs sources
l’ensemble de territoire national. Elles comprennent une série d’indicateurs de données (Insee, Caf de Paris, Rectorat de Paris, Pôle emploi, CNAM,
sur 5 thématiques : la démographie, l’éducation, l’insertion professionnelle, DREES, Ville de Paris, BDCOM, etc.). Les données sont disponibles à
le revenu et le tissu économique. l’échelle des « Îlots regroupés pour l’information statistique » (IRIS)
qui constituent la brique de base en matière de diffusion de données
L’analyse des tendances récentes dans les quartiers de la politique de la à l’échelle infra-communale, sur l’ensemble du territoire parisien,
ville (cahier 2) et l’analyse des quartiers en difficulté situés en dehors de la et à l’échelle des périmètres statistiques des quartiers prioritaires et
géographie prioritaire (cahier 3) ont mobilisé les données de l’Observatoire de veille active établis à partir des IRIS.
ATELIER PARISIEN D’URBANISME 3Des enjeux spécifiques
aux quartiers prioritaires parisiens
Une démographie spécifique Les quartiers prioritaires parisiens
Les quartiers prioritaires de Paris ras- sont marqués par un taux de pau-
semblent 146 000 habitants1, ce qui vreté légèrement plus faible en
correspond à 7 % de la population pa- moyenne (36 % contre 43 % dans les
risienne. Certains enjeux ressortent QP en France) qui s’explique notam-
comme étant particuliers aux quartiers ment par une meilleure insertion pro-
de la capitale. En termes démogra- fessionnelle des habitants.
phiques, la proportion de personnes Les habitants des quartiers prioritaires
âgées dans les quartiers prioritaires sont en moyenne plus souvent actifs en
parisiens est plus élevée (17 % des ha- emploi à Paris (57 % contre 47 %), no-
bitants âgés de 60 ans et plus) que dans tamment les femmes et les personnes
le reste de la géographie prioritaire de nationalité étrangère. La plus grande
française (14 %). Les quartiers parisiens insertion sur le marché du travail peut
comptent également une proportion s’expliquer en partie par le vaste bassin
d’habitants de nationalité étrangère d’emplois de la capitale et par un niveau
plus élevée (22 %) que dans le reste de formation des habitants plus élevé.
des quartiers prioritaires de France,
(18 %) qui reste toutefois inférieure à
celle des quartiers prioritaires d’Île-de- 1 – Données au périmètre exact
France (25 %). des quartiers prioritaires.
© David Boureau
Forte densité commerciale, rue dejan (goutte d’or, 18e)
4SYNTHÈSE DES TRAVAUX – ÉVALUATION À MI-PARCOURS DU CONTRAT DE VILLE DE PARIS 2015-2020 –VOLET 1
REVENU DISPONIBLE MÉDIAN PAR UNITÉ DE CONSOMMATION
25,0
France
Île-de-France
Paris Bédier - Boutroux
20,0
Michelet - Alphonse Karr - Rue de Nantes
Danube - Solidarité - Marseille Chaufourniers
15,0
Évolution du revenu disponible médian par UC
Villa d’Este
Stalingrad Riquet Blémont
10,0
entre 2012 et 2014 (en %)
Goutte d'Or
Algérie La Chapelle - Évangile
5,0
Didot - Porte de Vanves
Porte de Saint-Ouen - Porte de Pouchet Grand Belleville
0
Compans - Pelleport
Porte de la Chapelle - Charles Hermite Les Portes du 20e
- 5,0
Oudiné - Chevaleret
Kellermann - Paul Bourget
- 10,0
Porte Montmartre - Porte des Poissonniers - Moskova
- 15,0
2 000 4 000 6 000 8 000 10 000 12 000 14 000 16 000 18 000 20 000
Revenu disponible médian par UC en 2014 (en €)
Sources : Insee-DGFIP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (FiLoSoFi) 2012-2014 (données au périmètre exact).
Note : données non communiquées pour le quartier Jeanne d’Arc Clisson (13e)
Note de lecture : le nuage de points représente Des écarts très marqués avec plus élevé, s’explique parfois par la taille
le revenu disponible médian par unité de
consommation (niveau de vie) en abscisse et
le reste du territoire parisien de certains quartiers, parmi les plus peu-
son évolution entre 2012 et 2014 en ordonnée. Paris se distingue aussi par les écarts plés de France, mais est aussi présente
Les moyennes des quartiers prioritaires parisiens très importants observés entre les dans de plus petits quartiers où résident
(en rose) se situent dans le nuage des quartiers
quartiers prioritaires et le reste du des habitants dont les conditions de
prioritaires d’Ile-de-France (en vert), et sont plutôt
situées vers la droite de l’ensemble des quartiers territoire, notamment en termes de vie et caractéristiques sociales sont très
prioritaires de France (en bleu). Le quartier revenus. Le niveau de vie des Parisiens diverses.
parisien dont le niveau de vie est le plus faible est dans leur ensemble est ainsi presque
le quartier Porte de la Chapelle – Charles Hermite
(18e), et celui dont le niveau de vie est le plus deux fois supérieur à celui des habitants Certains quartiers de taille réduite sont
élevé est le quartier Chaufourniers (19e). des quartiers prioritaires (14 700 euros parmi les moins peuplés de France (moins
par unité de consommation contre de 1 500 habitants), tels que Jeanne d’Arc –
26 200 euros à Paris). Clisson et Oudiné – Chevaleret dans le
13e arrondissement, Algérie et Compans
De fortes disparités au sein dans le 19e arrondissement. Ils sont dé-
même des quartiers finis autour d’un ensemble de logements
Au sein même des quartiers, les disparités sociaux à bas niveau de loyer ou d’une ou
sont plus marquées qu’ailleurs : les 10 % plusieurs structures d’hébergement spé-
les plus aisés ont en moyenne un ni- cifique (foyers et résidences) dont les rési-
veau de vie presque quatre fois supé- dents ont un profil qui peut être différent
rieur aux 10 % les plus pauvres, contre de celui des autres habitants du quartier.
trois fois en moyenne dans l’ensemble Ces poches de pauvreté se réduisent par-
des quartiers prioritaires de France. Cette fois à quelques bâtiments impliquant des
hétérogénéité des situations, plus forte besoins d’intervention différents de ceux
dans les quartiers où le niveau de vie est de quartiers plus vastes.
ATELIER PARISIEN D’URBANISME 5Des écarts qui se réduisent entre
les quartiers prioritaires et Paris
Une diminution Un habitat social majoritaire
des écarts sociaux qui se diversifie sur la période
Les écarts de profils entre la récente
population des quartiers prioritaires Les quartiers prioritaires sont constitués
et celle de Paris dans son ensemble se d’un parc de logement social dominant,
réduisent légèrement en moyenne sur dont le niveau de loyer est plus faible
la période récente. Les quartiers voient qu’en moyenne à Paris. Sur la période ré-
leur population se diversifier : on note une cente (entre 2001 et 2017), la production
baisse de la part d’employés et d’ouvriers de logements sociaux est plus forte dans
parmi les actifs résidents plus marquée les quartiers prioritaires qu’à Paris. Les
dans les quartiers qu’en moyenne à Paris types de financement des nouveaux
et une hausse plus importante de la part logements sociaux contribuent à di-
des catégories socioprofessionnelles versifier d’offre de logements pour
supérieures. La proportion d’habitants introduire davantage de mixité dans
non diplômés diminue plus fortement les quartiers. Les nouveaux logements
dans les quartiers, comme la proportion sociaux familiaux financés corres-
d’habitants de nationalité étrangère. Par pondent pour moitié à des financements
ailleurs, la part de foyers à bas revenus en PLS, destinés à des ménages plus
reste stable sur la période récente (+0,7 favorisés (56 % contre 36 % en moyenne
point entre 2008 et 2016) alors qu’elle à Paris). Les logements sociaux financés
augmente légèrement en moyenne à dans les quartiers sont par ailleurs plus
Paris (+1,8 point). souvent des logements adaptés (rési-
dences étudiantes, foyers de travailleurs
Des évolutions positives en migrants, foyers de jeunes travailleurs)
matière de réussite scolaire qu’en moyenne à Paris.
En termes d’éducation, certains indica- Les quartiers sont marqués par un recul
teurs montrent une réduction des écarts. de la part des ménages en situation
Ainsi, dans les collèges publics clas- de mal-logement plus rapide qu’en
sés en réseau d’éducation prioritaire moyenne à Paris (-2,2 points contre -1,1
(REP et REP+), le taux de réussite au point entre 2009 et 2014).
brevet augmente sur la dernière pé-
riode de manière plus importante Un certain dynamisme
qu’en moyenne dans l’ensemble des économique dans les quartiers
collèges parisiens. Les collèges situés Alors que la densité de commerces et
dans ou à proximité des quartiers priori- services commerciaux est plus faible
taires enregistrent une baisse plus mar- dans les quartiers prioritaires qu’en
quée que dans le reste de Paris de la part moyenne à Paris, la part de locaux
d’élèves en retard au moment d’entrer en vacants en rez-de-chaussée diminue
classe de 6e. légèrement sur la période récente
Par ailleurs, le taux de scolarisa- dans les quartiers (- 0,8 point entre
tion des jeunes de 16 à 24 ans est plus 2014 et 2017 contre + 0,2 point à Paris).
important dans les quartiers priori- Les créations d’établissements sont
taires parisiens qu’en moyenne dans plus nombreuses dans les quartiers
l’ensemble des quartiers prioritaires prioritaires parisiens par rapport
de France (60 % contre 53 %), et les aux quartiers prioritaires de France
filières générales plus souvent suivies et au reste du territoire parisien. Ce
par les élèves entrant au lycée. dynamisme est illustré par un nombre
6SYNTHÈSE DES TRAVAUX – ÉVALUATION À MI-PARCOURS DU CONTRAT DE VILLE DE PARIS 2015-2020 –VOLET 1
important d’auto-entrepreneurs parmi Le prolongement du tramway de la Porte
les créations d’établissements, qui s’ap- de la Chapelle à la Porte d’Asnières fin
puient pour partie sur le développement 2018 a permis aux quartiers qui souf-
des plateformes numériques. La part fraient d’une moindre accessibilité en
d’auto-entrepreneurs parmi les créa- transport en commun lourd d’être mieux
tions d’établissements est supérieure desservis (Porte de Saint-Ouen – Porte
dans les quartiers prioritaires (54 %) Pouchet, Porte de Montmartre – Porte
qu’en moyenne à Paris (41 %). des Poissonniers – Moskowa).
Plusieurs dynamiques de projets in- Les réalisations du budget participatif de
terviennent sur le développement la ville de Paris dans les quartiers priori-
économique des quartiers, telles que taires concernent pour moitié des projets
l’Arc de l’innovation, le programme ITI liés à l’aménagement de l’espace public
ou encore Paris Commerce. (aménagement de places et squares, rues
aux enfants, installations sportives dans
Une évolution du cadre de vie l’espace public, créations de fresques,
Onze quartiers prioritaires se situent aménagements des trottoirs et des parcs,
dans des secteurs de projets de re- végétalisations). Les réalisations liées à
nouvellement urbain (GPRU, NPNRU) la rénovation des locaux commerciaux et
achevés, en cours ou à venir qui les associatifs sont également plus nom-
transforment par la création de nou- breuses dans les quartiers qu’en
veaux logements (expliquant en partie moyenne à Paris, notamment au tra-
les hausses de population observées vers des projets « Agir en faveur de la
dans certains quartiers), bureaux, com- vitalité associative des quartiers popu-
merces, infrastructures de transport, laires ! » et « Plus de commerces dans
espaces publics et équipements. les quartiers populaires ».
LES QUARTIERS PRIORITAIRES EN QUELQUES CHIFFRES CLÉS (DONNÉES AU PÉRIMÈTRE STATISTIQUE)
Quartiers prioritaires (QP) Quartiers de veille active (QVA) Paris
Évolution Évolution Évolution
Nombre/part Nombre/part Nombre/part
(en points) (en points) (en points)
Population 172 343 2,0 % 195 035 -0,2 % 2 220 445 -0,6 %
Jeunes de moins de 25 ans 32,0 % -0,3 28,2 % -1,3 27,7 % -0,1
Personnes âgées de plus de 65 ans 13,5 % 1,1 12,6 % 1,9 15,8 % 1,5
Étrangers 20,7 % -1,0 19,6 % -2,5 14,6 % -0,4
Immigrés 29,9 % -0,1 26,7 % -1,5 20,4 % 0,1
Foyers Bas revenus 25,6 % 0,7 17,7 % 0,7 12,5 % 1,8
Allocataires du RSA 12,2 % 1,1 7,9 % 0,5 5,5 % 0,7
Familles monoparentales fragiles 25,9 % -0,3 16,6 % -0,3 12,4 % 0,0
Sans diplôme 38,5 % -5,8 27,6 % -5,1 19,7 % -3,1
Taux d’activité 72,4 % 0,0 78,3 % 1,4 77,4 % 1,1
Taux d’activité des femmes 71,2 % 1,7 75,9 % 1,8 75,0 % 1,7
Chômage 19,5 % 1,3 14,9 % 0,9 12,0 % 1,0
Densité commerciale (1 000 hab.) 11 -0,1 18 0,3 28 0,1
Vacance commerciale 13,7 % -0,8 13,7 % -0,7 9,3 % 0,2
Réussite au Brevet des collèges 82,8 % 11,9 83,6 % 11,5 90,2 % 4,3
Retard à l’entrée en 6e 9,1 % -5,2 8,8 % -5,4 5,3 % -2,6
Logements SRU 67,0 % 8,0 33,5 % 6,7 20,5 % 4,8
Mal logement 11,1 % -2,2 10,1 % -2,7 8,5 % -1,1
Sources : Obs. des quartiers prioritaires - Insee, Recensement de la population 2009-2014, CAF de Paris 2008-2016, Préfecture de Paris 2009-2017, Apur Bdcom 2014-2017, Rectorat de Paris SSA 2013-2017
ATELIER PARISIEN D’URBANISME 7Des enjeux qui se maintiennent
ou se renforcent
Au-delà des tendances, familles monoparentales fragiles et
des écarts sociaux qui familles nombreuses. Les foyers à bas
demeurent importants revenus représentent plus d’un foyer sur
Les indicateurs témoignent d’écarts quatre dans les quartiers, soit deux fois
qui demeurent importants avec les plus qu’en moyenne parisienne (26 %
moyennes parisiennes. La part des contre 12 %). De plus, la part de mé-
habitants sans diplôme reste nette- nages comprenant au moins un alloca-
ment plus forte dans les quartiers qu’en taire du RSA (12 % des ménages dans les
moyenne à Paris (38 % contre 20 %). quartiers prioritaires contre 5 % à P
aris)
Les quartiers prioritaires concentrent augmente légèrement plus dans les
une proportion de familles fragiles plus quartiers prioritaires (+1,1 point entre
élevée qu’à Paris et qui stagne sur la pé- 2008 et 2016) qu’en moyenne à Paris
riode récente : familles m
onoparentales, (+0,7 point).
Saint-Ouen Saint-Denis Aubervilliers
Clichy
Levallois- Pantin
Perret
18e
Neuilly- Le Pré-
sur-Seine Saint-
17 e
Gervais
19e
Les Lilas
9 e
10e
8e
2e
Bois
de Boulogne
1er
3e
16 e
11e 20e
7e 4e
6e
5e
12e
15e
Saint-
Mandé
Boulogne-
Billancourt
Bois
14e 13e de Vincennes
Issy- Charenton-
les-Moulineaux le-Pont
Vanves
Ivry-
Malakoff Montrouge sur-Seine
Gentilly
Le Kremlin-
Bicêtre
8SYNTHÈSE DES TRAVAUX – ÉVALUATION À MI-PARCOURS DU CONTRAT DE VILLE DE PARIS 2015-2020 –VOLET 1
Des difficultés croissantes en Les établissements scolaires sont plus
termes d’emploi et d’insertion souvent classés en réseau d’éducation
professionnelle prioritaire à Paris que dans le reste du
Les évolutions en termes d’emploi territoire. Les effectifs des collèges
montrent un accroissement des écarts en réseau d’éducation prioritaire ont
entre les quartiers prioritaires et la fortement diminué à Paris entre les
moyenne parisienne. Le taux d’activité, rentrées 2013 et 2017 (-9 %), ainsi que
qui exprime le rapport entre le nombre la part d’élèves scolarisés dans ces éta-
d’actifs (occupés et chômeurs) et l’en- blissements. Cette baisse peut notam-
semble de la population de 15 à 64 ans, ment s’expliquer par une offre d’établis-
est plus élevé dans les quartiers priori- sements privés plus développée à Paris,
26 %
taires parisiens que dans les quartiers ainsi que par des pratiques d’évitement,
prioritaires de la France, et reste stable qui se traduit par la hausse des effectifs
alors qu’il augmente à Paris. dans les collèges privés (+2 % entre les
de foyers à bas revenus rentrées 2013 et 2017).
Sur la période récente, entre 2009 et
dans les quartiers 2014, le chômage a augmenté plus for- Des enjeux non pris en compte
prioritaires (12 % à Paris) tement dans les quartiers qu’à Paris par les statistiques
dans son ensemble, pour toucher près Au-delà des analyses statistiques,
d’un actif sur cinq. Entre 2014 et 2017, d’autres enjeux sont remontés des
la progression du nombre de deman- échanges avec les acteurs locaux. Des
deurs d’emploi (catégorie ABC) est enjeux liés à l’occupation de l’espace
également légèrement plus marquée public, de prévention et de tranquil-
dans les quartiers prioritaires qu’à lité publique, de manque de propre-
Paris (+ 5 % contre + 4 %). Parmi eux, té, de prostitution et de toxicomanie,
les demandeurs d’emploi de plus de 50 ressortent en particulier pour les quar-
ans, sont plus nombreux qu’en moyenne tiers du nord-est parisien. La montée
à Paris, et qu’en moyenne dans les quar- de la grande pauvreté et du sans-
tiers prioritaires de France. La propor- abrisme est également évoquée. Elle
tion de jeunes en difficulté d’insertion concerne plus fortement certains sec-
professionnelle demeure très supérieure teurs, du nord-est également, et les quar-
LES FOYERS À BAS REVENUS
dans les quartiers prioritaires qu’en tiers situés autour des gares. D’autres
moyenne parisienne (17 % de jeunes enjeux sont évoqués tels que le non
Part des foyers vivant sous le seuil des bas revenus, âgés de 16 à 25 ans ni en emploi ni en recours des habitants des quartiers
dans le total des ménages
Plus de 25 %
étude contre 9 % à Paris). aux dispositifs, notamment en termes
De 20 à 25 % d’accès à l’offre de santé physique et
De 15 à 20 % Une forte baisse des effectifs mentale.
De 10 à 15 % dans les établissements
Moins de 10 % d’éducation prioritaire
Les emprises des principaux équipements et espaces verts, Si les indicateurs de réussite scolaire
ainsi que les IRIS non significatifs apparaissent en gris.
semblent témoigner d’une réduction des
Source : CAF de Paris 2016, Recensement de la Population
(Insee) - 2015 écarts, le taux de réussite au brevet
Quartier prioritaire de la politique de la ville
demeure plus faible dans les collèges
Quartier de veille active en éducation prioritaire que dans l’en-
Secteur d’analyse hors géographie prioritaire
semble du territoire parisien et qu’en
moyenne dans les quartiers prioritaires
Note : 15 secteurs situés en dehors de la géographie prioritaire
ont été identifiés par les acteurs de terrain et analysés (cf. p. 12). de France.
ATELIER PARISIEN D’URBANISME 9Des évolutions différenciées
selon les quartiers prioritaires
Au-delà des moyennes, les quartiers voient les inégalités sociales se creu-
prioritaires parisiens sont marqués ser entre habitants avec une plus forte
Huit quartiers par leurs disparités, en termes de situa- présence de ménages très pauvres d’un
tion et d’évolution. Certains quartiers côté et des ménages plus favorisés de
présentent voient leur situation démographique se l’autre. Les quartiers Bédier – Boutroux
rapprocher des moyennes parisiennes, (13e), Villa d’Este (13e), Blémont (18e),
des niveaux quand d’autres voient, à l’inverse, les Danube – Solidarité – Marseillaise (19e)
écarts socio-démographiques se creu- et Michelet – Alphonse Karr – Rue de
de difficultés ser. Les quartiers aux évolutions po- Nantes (19e) conservent des enjeux
sitives sont plus souvent les quartiers spécifiques liés à la présence de popu-
plus élevés que de faubourgs qui accueillent moins de lations fragiles, mais connaissent une
logements sociaux et/ou un parc de lo- réduction des écarts sociaux marquée
la moyenne gements sociaux plus récent, tandis que par la baisse des foyers à bas revenus.
les quartiers qui connaissent un accrois-
des quartiers sement des écarts sont plus souvent Des quartiers aux situations les plus
les quartiers périphériques des Portes défavorisées
prioritaires. constitués majoritairement de loge- Huit quartiers présentent des ni-
ments sociaux, notamment de HBM. veaux de difficultés plus élevés que la
moyenne des quartiers prioritaires et
Des quartiers moins défavorisés que voient les écarts socio-démographiques
la moyenne des quartiers prioritaires se creuser avec le reste du territoire pa-
Cinq quartiers présentent des niveaux risien. C’est le cas des quartiers qui re-
de difficultés moins élevés que la groupent des logements sociaux à bas
moyenne des quartiers prioritaires. Les niveau de loyer accueillant une popu-
quartiers Grand Belleville (10e, 11e et lation aux difficultés économiques et
20e arrondissements) et Kellermann – sociales marquées : Oudiné – Chevale-
Paul Bourget (13e arrondissement)2 ret (13e), Didot – Porte de Vanves (14e),
affichent une situation moins défavori-
Porte de Saint-Ouen – Porte Pouchet
sée que l’ensemble des quartiers priori- (17e), Porte de Montmartre – Porte des
taires, ainsi qu’une réduction des écarts Poissonniers – Moskowa (18e), Porte
sociaux avec le territoire parisien. Il en de la Chapelle – Charles Hermite (18e),
va de même pour La Chapelle – Évangile Algérie (19e), Stalingrad – Riquet (19e)
(18e) et Compans – Pelleport (19e, 20e), et Portes du 20e (20e).
néanmoins marqués par un niveau de
pauvreté en hausse. Jeanne d’Arc – Clis-
son (13e) a aussi une situation moins
défavorisée qu’en moyenne, mais le
quartier connaît un accroissement des
difficultés au cours de la période récente.
2 – Pour certains quartiers, l’analyse est
Des quartiers aux situations et aux contrainte par les périmètres statistiques,
évolutions contrastées plus larges que les périmètres réglementaires :
Sept quartiers ont des situations et des Kellermann - Paul Bourget (13e), Jeanne
d’Arc – Clisson (13e), Bédier – Boutroux (13e),
évolutions contrastées. Les quartiers Chaufourniers (19e), Compans – Pelleport
Goutte d’Or (18e) et Chaufourniers (19e) (19e et 20e).
10SYNTHÈSE DES TRAVAUX – ÉVALUATION À MI-PARCOURS DU CONTRAT DE VILLE DE PARIS 2015-2020 –VOLET 1
Quartiers de veille active :
des dynamiques positives
mais des exceptions
Les quartiers de veille active Des quartiers dont les situations se
connaissent des évolutions qui rapprochent de celle du territoire
Quatre quartiers montrent un rapprochement de leur parisien
situation de celle de Paris dans son Sept quartiers ont une situation moins
de veille active ensemble. Leur démographie évolue : défavorisée qu’en moyenne dans les
moins de jeunes, moins d’habitants de quartiers de veille active et où les écarts
voient leur situation nationalité étrangère et de personnes socio-démographiques avec le territoire
sans diplôme et plus de personnes âgées. parisien diminuent : les Portes Ouest
se rapprocher de La part des foyers à bas revenus aug- (10e), Buisson Saint-Louis Sainte-Marthe
mente moins dans ces quartiers qu’en (10e), Grange-aux-Belles (10e), Fontaine-
celles des quartiers moyenne à Paris. Le taux d’activité des au-Roi (11e), Amiraux – Simplon (18e), le
quartiers de veille active est plus im- 140 Ménilmontant (20e) et Saint-Blaise
prioritaires. portant qu’à Paris et le taux de c hômage (20e).
augmente mais à un rythme moins ra-
pide. Le mal-logement recule fortement Des quartiers qui conservent des
dans les quartiers de veille active, enjeux particuliers
plus rapidement qu’à Paris ou qu’en Neuf quartiers connaissent une amé-
moyenne dans les quartiers p rioritaires. lioration générale des indicateurs so-
Si l’ensemble des quartiers de veille cio-économiques mais conservent des
active voit les écarts avec le territoire enjeux particuliers : Masséna (13e), Kel-
parisien se réduire, les situations et lermann (13e), Oudiné – Chevaleret (13e),
les évolutions sont différentes selon Cité de l’Eure (14e), Porte de Clichy –
les quartiers. Porte de Saint-Ouen (17e), Porte de Saint-
Ouen – Bernard Dimey (18e), Goutte d’or
(18e), la Chapelle Sud (18e) et Belleville
Amandiers (20e). Des enjeux d’emploi et
d’insertion professionnelle sont davan-
tage marqués dans ces quartiers.
Des quartiers dont les situations se
rapprochent de celles des quartiers
prioritaires
Quatre quartiers voient leur situation se
rapprocher de celles des quartiers priori-
taires : Nationale (13e), Plaisance (14e), la
Chapelle Nord (18e) et Flandre (19e). Des
indicateurs traduisent pour ces quartiers
un renforcement des écarts socio-écono-
miques avec le territoire parisien, tels que
le faible taux d’activité, la faible présence
des catégories socioprofessionnelles su-
© David Boureau
périeures parmi les actifs, la forte part
de personnes sans diplôme et la hausse
des habitants de nationalité étrangère.
En arrière-plan la cité Michelet vue depuis l’esplanade et Rue Césaria Évora (19e)
ATELIER PARISIEN D’URBANISME 11Des difficultés en dehors
de la géographie prioritaire
15 quartiers situés en dehors de la géo les Périchaux (15e) et Porte de Vincennes
graphie prioritaire ont été identifiés par (12e-20e). Cinq quartiers montrent des
les acteurs locaux. Leur analyse fait res- niveaux de difficultés proches ou supé
sortir des secteurs dont les niveaux rieurs à ceux des quartiers de veille
de difficultés sont comparables à active. Certains microquartiers se dé-
ceux des quartiers prioritaires ou à tachent comme présentant des diffi
ceux des quartiers de veille active. cultés au sein de secteurs d’analyse
Au regard des indicateurs analysés, deux plus vastes. D’autres enfin sont marqués
quartiers accueillent des populations par des enjeux liés à l’occupation de
fragiles dans des proportions proches de l’espace public ou à la présence de struc-
la moyenne des quartiers prioritaires : tures d’hébergement spécifiques.
© David Boureau
Place des Fêtes (19e)
Directrice de la publication :
Dominique ALBA
Synthèse réalisée par : Corentin ORTAIS,
Marina RIBEIRO
Sous la direction de : Émilie MOREAU
Cartographie et traitement statistique :
Anne SERVAIS
Photos et illustrations :
Apur sauf mention contraire
Mise en page : Apur
www.apur.org
L’Apur, Atelier parisien d’urbanisme, est une association loi 1901 qui réunit autour de ses membres fondateurs, la Ville de Paris et l’État, les acteurs de la Métropole du Grand Paris.
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