La biodiversité pour Embrun - une chance Atlas de la - Atlas de la Biodiversité Communale

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La biodiversité pour Embrun - une chance Atlas de la - Atlas de la Biodiversité Communale
La biodiversité

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pour Embrun

    Atlas de la
   Biodiversité
   Communale
La biodiversité pour Embrun - une chance Atlas de la - Atlas de la Biodiversité Communale
La biodiversité
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pour Embrun
La biodiversité pour Embrun - une chance Atlas de la - Atlas de la Biodiversité Communale
E
                                                                                           mbrun possède tous les atouts pour accueillir une biodiversité
                                                                                           exceptionnelle : position géographique au cœur des Alpes ensoleillées,
                                                                                           dénivellation dépassant 2 000 m (780 m - 2 824 m), variété des paysages
                                                                                     et des milieux naturels sous la bienveillance tutélaire du Mont-Guillaume.
                                                                                     Avec plus de 900 espèces de plantes, 209 espèces d’oiseaux, 49 de mammifères
                                                                                     et bien d’autres encore, Embrun semble épargnée par la tendance planétaire
                                                                                     actuelle où une érosion dramatique de la vie inquiète tous les spécialistes.
                                                                                     Ainsi, consciente de ses responsabilités, la municipalité a-t-elle conduit
                                                                                     plusieurs actions afin de préserver et mettre en valeur ce précieux patrimoine :
                                                                                     journées de découverte, conférences, communication dans la presse...
                                                                                     L’appartenance au Parc national des Écrins, parfaitement justifiée, constitue
                                                                                     un label de qualité supplémentaire dont nous devons être fiers.

    Réalisation : Mairie d’Embrun suivi par Christian Couloumy                       Dans le cadre d’un programme national destiné à mieux connaître, préserver
    Coordination : MONTECO - Bureau d’études en écologie - Caroline Guignier         et valoriser son patrimoine naturel, la commune a bénéficié d’une aide de
    Conception graphique : Le naturographe ©2020                                     l’État lui permettant l’élaboration d’un Atlas de la biodiversité communale
                                                                                     (ABC). Ce document en est le fruit.
    Partenaires du projet :
                                                                                     Ses conclusions guideront les orientations communales futures pour un
    Fils et soies : Anne Bounias-Delacour                                            avenir prospère de la nature, de sa faune, de sa flore et de ses paysages, pour
    Arachnologue - réalisation de l’inventaire des araignées et des scorpions        le bien-être de toutes et tous.
    Flavia : Yann Baillet
    Entomologue - réalisation de l’inventaire des papillons de nuit
    Arnica Montana / Association française de lichénologie
    Claude Rémy, avec la participation de Mireille Lebris                            Chantal Eyméoud                                             Christian Couloumy
    Botaniste et spécialiste des lichens - réalisation de l’inventaire des lichens   Maire d’Embrun                             Conseiller municipal délégué à l’écologie

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La démarche ABC
                                                                                            Un Atlas de Biodiversité Communale (ABC) est une
                                                                                            démarche volontaire permettant à une commune
                                                                                            (ou intercommunalité) de mieux connaître,
                                                                                            préserver et valoriser son patrimoine naturel.

                                                                                            Cette initiative, portée par le ministère de l’Environnement en 2010, est
                                                                                            désormais soutenue par l’Office français de la biodiversité (OFB), en
                                                                                            partenariat étroit avec différentes structures, dont les Parcs nationaux.

                                                                                            Au-delà de la réalisation d’inventaires naturalistes et de la synthèse des
                                                                                            données existantes, la démarche inclut la sensibilisation et la mobilisation
                                                                                            des élu(e)s et citoyen(ne)s et la définition de recommandations de gestion
                                                                                            ou de valorisation de la biodiversité.

                                                                                            À partir d’un diagnostic réalisé pour la faune, la flore et les habitats naturels,
                                                                                            la connaissance permet d’orienter les actions, de prendre en compte la
                                                                                            biodiversité dans l’utilisation d’un territoire : connaître la biodiversité permet
                                                                                            de mieux agir, de l’intégrer aux enjeux d’un territoire et de la préserver.

                                                                                            Au-delà des données déjà recensées pour son territoire, la commune
    Remerciements                                                                           d’Embrun a choisi d’approfondir ses connaissances naturalistes autour de
    Se sont également joints à cette démarche différents partenaires et                     groupes moins connus : les araignées, les lichens et les papillons de nuit.
    notamment le Parc national des Écrins, le GRENHA (Groupe des                            C’est ainsi qu’en 2018 différents spécialistes ont sillonné la commune afin de
    entomologistes des Hautes-Alpes), l’OFB.                                                récolter de précieuses informations.
                                                                                            Faire partager les connaissances est aussi un objectif des ABC : sorties
    « Au sein des communes qui composent le territoire du Parc national des Écrins,         naturalistes avec des spécialistes, journées thématiques, panneaux
    Embrun est au carrefour des influences méditerranéennes et alpines. Adossée             d’information, livret et sentiers balisés sont autant de moyens que la
    au lac de Serre-Ponçon et bénéficiant d’un climat régulièrement emprunté par            commune d’Embrun met en place pour partager les connaissances.
    le soleil, avec la diversité des habitats naturels que l’on y rencontre, la commune
    peut se féliciter d’abriter une diversité d’espèces considérable. L’étude de la
    « biodiversité ordinaire », celle que l’on rencontre au pas de sa porte, tels que les
    araignées, les papillons et les lichens vient témoigner une nouvelle fois de ses
    richesses. »
                     Damien Combrisson - Service scientifique du Parc national des Écrins

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La biodiversité pour Embrun - une chance Atlas de la - Atlas de la Biodiversité Communale
Sommaire
                                                                                                               La biodiversité sur la commune.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 08

                                                                                                               La richesse spécifique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 10
                                                                                                               L’étage collinéen. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 12
                                                                                                               Iscles : bancs de sable au milieu d’un cours d’eau. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 15
                                                                                                               Les milieux ouverts de la plaine et des coteaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 16
                                                                                                               Les zones urbanisées et les jardins. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 18
                                                                                                               Les lichens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 19
                                                                                                               L’étage montagnard. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 20
                                                                                                               L’étage subalpin : la « Taïga alpine ».. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 22
                                                                                                               L’Étage alpin : la « Toundra alpine ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 24
                                                                                                               En hiver. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 26
                                                                                                               Les galliformes de montagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 28

                                                                                                               Les milieux rocheux d’altitude. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 30
                                                                                                               Des groupes à la loupe dans le cadre de l’ABC d’Embrun. . . . . . . . . . . . . . . . . p. 32
                                                                                                               Les fonctionnalités écologiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 34
                                                                                                               Les espèces patrimoniales. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 36

                                                                                                               Favoriser la biodiversité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 38
                                                                                                               Itinéraires pédestres. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 40
    Crédits photographiques

    pour le Parc national des Écrins :                                                                         Biodiversité n.f
    Christophe Albert, Didier Brugot, Robert Chevalier, Damien Combrisson, Mireille Coulon, Marc Corail,       Toutes formes d’expression de la variabilité du vivant.
    Christian Couloumy, Cyril Coursier, Cédric Dentant, Sylvie Durix, Claude et Amandine Evanno, Denis Fiat,
    Jean-Marie Gourreau, Ludovic Imberdis, Thierry Maillet, Marie-Geneviève Nicolas, Bernard Nicollet,
    Hélène Quellier, Pascal Saulay, Jean-Philippe Telmon, Olivier Warluzelle                                   La biodiversité rassemble la diversité des gènes, des espèces et
                                                                                                               des écosystèmes, sans oublier les interactions qui existent entre eux.
    pour la mairie d’Embrun : Christian Couloumy                                                               Thierry Tatoni, Maître de conférences à l’université St Jérome à Marseille
    pour l’association Fils et soie : Anne Bounias-Delacour
    pour l’association Flavia APE : Yann Baillet                                                               Il se pourrait que le mystère le plus étonnant de la vie porte sur les moyens
    pour l’association Arnica Montana : Claude Rémy                                                            utilisés pour créer tant de diversité à partir d’aussi peu de matière.
    pour les champignons : Jacques Guinberteau                                                                 Edward O. Wilson

6                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            7
La biodiversité pour Embrun - une chance Atlas de la - Atlas de la Biodiversité Communale
La biodiversité
    sur la commune                                                                     Une diversité biologique remarquable
                                                                                       Les inventaires spécifiques réalisés en 2018 dans le cadre de l’Atlas
    Embrun, un territoire fort en contrastes… et en biodiversité                       de la Biodiversité Communale d’Embrun ont permis de découvrir :

                                                                                         526 39                                                             37                  1
    De la Durance à la Tête de l’Hivernet, ce sont plus de 2000 mètres de dénivella-
    tion qui structurent l’étagement du vivant sur la commune. Adossée au massif
    des Écrins, bordée par la Durance, Embrun bénéficie d’un climat exceptionnel :

    « Embrun, 870 m, bénéficie d’un climat parmi les plus secs et ensoleillés des
                                                                                                                                     nouvelles espèces     nouvelles            nouvelle
    Alpes. C’est la raison pour laquelle on la surnomme à juste titre la « Nice des      nouvelles espèces                           pour le Parc national espèces pour         espèce pour
    Alpes » Wikipedia 2019                                                               pour la commune d’Embrun                    des Écrins            les Hautes-Alpes     la France
    Cette bienveillance du climat lui vaut une réputation internationale.
                                                                                        La biodiversité connue à ce jour pour la commune d’Embrun

                                                                                        911 18                                                    62                          6
    Remontant la vallée de la Durance, le souffle de la Provence vient se mêler
    au climat alpin, apportant à ce territoire résolument montagnard une touche
    méditerranéenne, source de nombreuses originalités pour ses espèces comme
    pour ses habitats naturels.
                                                                                         espèces                       espèces                   espèces              espèces
                                                                                         de plantes                    de champi-                de lichens           d’amphibiens
    Biodiv’Ecrins                                                                        45% PNE, 28% 05                 gnons                    30% PNE, 8% 05       54% PNE, 29% 05

    Biodiv’Ecrins met à votre
    disposition l’ensemble des données
    collectées par le Parc national des
                                                                                        209 49
                                                                                         espèces                       espèces de
                                                                                                                                                      9
                                                                                                                                                espèces de
                                                                                                                                                                        25
                                                                                                                                                                      espèces
                                                                                         d’oiseaux                                              reptiles
    Écrins depuis sa création en 1973.
    Chaque jour, ses agents relèvent
                                                                                                                       mammifères                                     de poissons
                                                                                         73% PNE, 64% 05                52% PNE, 50% 05          64% PNE, 30% 05              83% 05
    des observations dans le cadre de

                                                                                                                                                                              2
    leurs missions avec un véritable

                                                                                        857 158 70
    souci d’enrichissement des
    connaissances. Elles sont affichées
    en temps réel sur cet atlas.                                                                                                                                       espèces
    Vous pouvez ainsi suivre l’état des
    connaissances sur ce territoire.                                                     espèces                       espèces                  espèces de             de vers
                                                                                                                                                                       18% PNE, 50% 05
                                                                                         d’insectes                    d’arachnides             mollusques
                                                                                                                                                                         52
                                                                                         36% PNE, 19% 05               araignées                  40% PNE, 33% 05
                                                                                                                       & scorpions
                                                                                                                        54% PNE, 63% 05          > autres
    http://biodiversite.ecrins-parcnational.fr                                                                                                   arthropodes           espèces de
                                                                                        *Nombre d’espèces connues pour la commune
    www.ville-embrun.fr                                                                 par rapport au nombre d’espèces connues pour
                                                                                                                                                 9 espèces             diatomées
                                                                                        le Parc national des Écrins et pour le département                                    33% 05
                                                                                        des Hautes-Alpes, pour chaque groupe.

8                                                                                                                                                                                             9
La biodiversité pour Embrun - une chance Atlas de la - Atlas de la Biodiversité Communale
La richesse spécifique

                                                                                                  Milieux aquatiques
                                                                                                  Zones humides
                                                                                                  Prairies
                                                                                                  Pelouses thermophiles
                                                                                                  Pelouses alpines
                                                                                                  Fourrés
                                                                                                  Fourrés thermophiles
                                                                                                  Landes alpines
                                                                                                  Forêts de Pin sylvestre
                                                                                                                                                              Étage nival
                                                                                                  Forêts de Mélèze                                    très peu représenté
                                                                                                                                                              à Embrun
                                                                                                  Sapinières
                                                                                                  Plantation de conifères
                                                                                                                                                   Étage alpin
                                                                                                  Éboulis alpins                              2 400 m - 2 824 m
                                                                                                                                                les alpages et
                                                                                                  Éboulis thermophiles
                                                                                                                                           éboulis d’altitude
                                                                                                  Zones rocheuses

     Le nombre d’espèces est                                                                      Cultures
     étroitement dépendant de la                                                                                                 Étage subalpin
                                                                                                                             1 700 m - 2 400 m
     diversité et de la qualité des                                                                                    la forêt de conifères
     milieux naturels. Pour Embrun,
     les habitats naturels ou semi-
     naturels peuvent être regroupés                                                                   Étage montagnard
                                                                                                              1 100 m- 1 700 m
     en 16 grands types.                                                                                         les cultures

     Ils sont répartis en fonction     Carte des habitats naturels                          Étage collinéen
     de différents paramètres dont     Commune d’Embrun                                       778 - 1 100 m
     l’altitude qui régit les étages   source : PNE                          le fond de vallée habité
                                       réalisation : C. Guignier - MONTECO
     de végétation.                    mai 2019 • Fonds : Google map

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La biodiversité pour Embrun - une chance Atlas de la - Atlas de la Biodiversité Communale
L’Étage collinéen                                                               La Truite fario (ou Truite com-
                                                                                     mune) : de souche autochtone, ce
                                                                                     poisson exigeant aime les eaux
                                                                                     claires, froides et bien oxygénées.
                                                                                     Robuste, la Truite fario peut remon-
                                                                                     ter les courants rapides et exécuter
                                                                                     des sauts importants.

     À Embrun cet étage correspond au lac de Serre-Ponçon, à la
                                                                                     La Couleuvre vipérine, dont la res-
     Durance, à la plaine sous le Roc et au maillage bocager autour                  semblance troublante avec sa cou-
     d’Embrun. Il bénéficie de conditions climatiques tempérées.                     sine moins fréquentable la Vipère
                                                                                     aspic lui vaut souvent d’être tuée,
                                                                                     est un serpent aquatique totalement
                                                                                     inoffensif qui vit principalement
                                      Le lac de Serre-Ponçon                         dans l’eau.
                                      et la Durance
                                      La Durance s’écoule au pied de la Plaine
                                      sous le Roc. Ce torrent, long de plus de
                                      320 km, prend sa source vers 2 390 m, sur
                                      les pentes du sommet des Anges (Montge-
                                                                                     Le Chabot : sa forme et sa couleur
                                      nèvre) et se jette dans le Rhône près d’Avi-
                                                                                     sont parfaites pour se cacher au
                                      gnon. Tout au long de ses rives, une faune
                                                                                     fond de l’eau. Il se nourrit de vers,
                                      et une flore se sont installées et adaptées
                                                                                     de larves et parfois d’alevins. Il a be-
                                      aux bouleversements dynamiques de ce
                                                                                     soin d’une eau fraîche et bien oxy-
                                      cours d’eau capricieux (crues).
                                                                                     génée. Poisson indigène pour l’Eu-
                                                                                     rope, il est beaucoup plus rare que
                                                                                     la Truite fario.
                                      Le milieu aquatique
                                      Durance et Plan d’eau sont favorables à de
                                      nombreuses espèces de poissons.
                                                                                     Les Goélands leucophées, souvent
                                      Les eaux fraîches et renouvelées de            pris pour des mouettes, ont remonté
                                      certains ruisseaux de la commune               la Durance il y a quelques dizaines
                                      hébergent l’Écrevisse à pattes blanches        d’années et trouvé avec le lac un
                                      dont la présence témoigne d’une eau            lieu de villégiature idéal. Chaque
                                      d’excellente qualité.                          jour, ils font l’aller-retour entre le lac
                                                                                     de Serre-Ponçon et la déchetterie de
                                                                                     Pralong : du dortoir au restaurant !

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La biodiversité pour Embrun - une chance Atlas de la - Atlas de la Biodiversité Communale
Les bancs de gravier ou de sable
                                                    en îlots dans le lit de la rivière
                                                    permettent le développement
                                                    de plantes comme la Massette à
                                                    larges feuilles, espèce colonisa-
                                                    trice se réinstallant rapidement
                                                    après des crues dévastatrices.
     Massette à larges feuilles et Petite mas-      Les gravières sont aussi propices
     sette. Ces deux roseaux poussent sur le        à certains oiseaux comme le Petit

                                                                                                                                                                               Iscles
     bord de la Durance. Si la Massette à larges
                                                    gravelot et le Chevalier guignette
     feuilles est assez fréquente, la Petite mas-
     sette, beaucoup moins répandue, est pro-       qui viennent y nicher avant de re-
     tégée.                                         partir pour le sud.
                                                                                                                                                                  Bancs de sable au
                                                                                                                                                             milieu d’un cours d’eau

                                                                                                                                                             Osier rouge, Saule drapé, Saule blanc, Peu-
                                                                                                                                                             pliers blanc et noir, Peupliers tremble ou
                                                                                                                                                             d’Italie, Argousier des fleuves, colonisent
                                                                                                                                                             les bords des cours d’eau de l’embrunais.
                                                                                                                                                             Ripisylve : ensemble des formations boi-
                                                                                                                                                             sées (arbres et arbustes) aux abords d’un
                                                                                                                                                             cours d’eau. Ces formations contribuent à
                                                                                                                                                             lutter contre l’érosion des berges et atté-
                                                                                                   Argousier des fleuves ou « pétafouère » en patois local
     Cincle plongeur : facile à observer, il sait   Petit gravelot, un visiteur d’été : ce petit                                                             nuent les effets ravageurs des fortes crues.
     jouer avec l’eau vive, dessus comme des-       limicole pond parmi les graviers avec les-                                                               Elles jouent également un rôle de filtration
                                                                                                                                           L’Alpestre est    des polluants (engrais, pesticides). Leur
     sous ! Son observation est possible depuis     quels ses œufs se confondent totalement.
                                                                                                                                           un papillon       ombrage réduit l’évaporation et équilibre
     la passerelle sur la Durance.
                                                                                                                                           vivant le long    le développement des algues. Elles consti-
                                                                                                                                           des cours d’eau   tuent également le refuge de nombreuses
                                                                                                                                           montagnards       espèces et favorisent leurs déplacements.
                                                                                                                                           des Alpes du
                                                                                                                                           Sud et des                            La Pardose de Wagler
                                                                                                                                           Pyrénées                              est une araignée-loup
                                                                                                                                           orientales                            ou Lycose qui ne vit
                                                                                                                                           où poussent                           que sur les rives des
                                                                                                                                           saules et                             cours d’eau ou des lacs.
                                                                                                                                           peupliers,                            Elle pratique la chasse
                                                                                                                                           plantes                               à courre, poursuivant
     Bergeronnettes grise et des ruisseaux : tout en élégance, elles aiment la proximité de                                                nourricières                          sa proie jusqu’à épui-
     l’eau où elles cherchent inlassablement leur nourriture composée de petits invertébrés.                                               des chenilles.                        sement de celle-ci.

14                                                                                                                                                                                                          15
La biodiversité pour Embrun - une chance Atlas de la - Atlas de la Biodiversité Communale
Les milieux ouverts
                                                                                                                                                       Le Grand Murin est
                                                                                                                                                       une chauve-souris eu-
                                                                                                                                                       ropéenne active la nuit,

     de la plaine et des coteaux
                                                                                                                                                       par temps doux. Il fré-
                                                                                                                                                       quente la mosaïque de
                                                                                                                                                       boisements et prairies,
                                                                                                                                                       à proximité de grands
                                                                                                                                                       édifices, grottes, caves,
                                                                                                                                                       combles où il s’abrite.

                                                             Façonnée par l’Homme, cette
                                                             mosaïque d’habitats naturels                                                              Le Hérisson : petit
                                                             (prairies, pelouses, haies,                                                               mammifère omnivore
                                                                                                        Le Roc                                         plutôt nocturne que
                                                             mares, petits boisements,
                                                                                                                                                       nous connaissons tous
                                                             petites cultures) est riche                La ville d’Embrun est juchée sur une ter-      est de plus en plus rare.
                                                             d’une biodiversité que l’on                rasse fluvio-glaciaire constituée d’allu-
                                                             peut observer au quotidien.                vions héritées de la dernière grande glacia-   L’Araignée-lynx
                                                                                                        tion, le « poudingue ». Cette roche est un     hétérophtalme court et
                                                                                                        conglomérat de galets et de sable compac-      saute dans les grami-
                                                           Sous le Roc, l’humidité de la Durance et
                                                                                                        tés au cours du temps. La Durance a large-     nées et parfois dans les
                                                           du fond de vallée bénéficie aux prairies
                                                                                                        ment érodé ces dépôts laissant aujourd’hui     arbustes, chassant à
                                                           de fauche. De petits bosquets de feuillus,
                                                                                                        une falaise abrupte de plusieurs dizaines      courre en poursuivant
                                                           des mares, les jardins familiaux, parti-
                                                                                                        de mètres de haut. Elle constitue l’habitat    ses proies.
                                                           cipent au charme de cette plaine labelli-
                                                                                                        vertical encore sauvage de nombreuses es-
                                                           sée Site classé !
                                                                                                        pèces rupicoles comme le Faucon créce-
                                                           La Linyphie triangulaire s’observe faci-
                                                                                                        relle ou les Choucas des tours.
                                                           lement abritée dans une toile de chasse
                                La Linyphie triangulaire
                                                           en nappe.
                                                                                                        Cultures, prairies, plantes messicoles...
                                                                                                        Le maillage agricole local enrichit la bio-
                                                                                                        diversité avec notamment les plantes
                                     Mares et Sonneurs                                                  messicoles « habitantes des moissons ».
                                     Le Sonneur à ventre jaune, petit batracien très rare, est          Il convient parmi elles de citer les plus
                                     reconnaissable à son ventre marbré de jaune vif et de              colorées : Coquelicot, Nielle des blés, Ado-
                                     noir ainsi qu’à sa pupille en forme de cœur. C’est une             nis d’été et Adonis couleur de feu… Ces
                                     espèce pionnière qui colonise les points d’eau souvent             plantes, qui naissent et vivent au rythme
       Sonneur à ventre jaune                                                                           des cultures, parviennent difficilement à
                                     temporaires comme les ornières, les tranchées, les
                                     flaques ou les mares peu profondes. Son faible taux de             se maintenir dans d’autres conditions. Ces
                                     reproduction est compensé par une longévité impor-                 dernières décennies, leur présence est en
                                     tante, jusqu’à plus de 15 ans !                                    nette régression en France en raison de
                                                                                                        la modification des pratiques agricoles.
                                     Les mares accueillent également la Tétragnathe allongée,           Grâce à des modes de culture tradition-
                                     une araignée au corps fuselé, présente près des zones hu-          nels, Embrun est épargnée et le printemps
                                     mides. Elle s’étend sur une tige ou un roseau près de sa           offre encore des champs aux mille cou-
                                     toile de chasse orbitèle ou régulière.                             leurs.
        Tétragnathe allongée

16                                                                                                                                                                                 17
Les zones urbanisées                                                                        C’est quoi un lichen ?
     et les jardins                                                                              De nombreux lichens peuvent être observés en ville
                                                                                                 et dans les zones urbanisées lorsqu’il n’y a pas trop de
                                                                                                 pollution. Parmi les plus visibles sur les troncs d’arbres,
                                                                                                 la Xanthorie des murailles formant souvent de grandes
                                                                                                 taches circulaires jaune orangé ou des Physcies et
                                                                                                 Physconies formant elles de grandes taches circulaires
                                                                                                 blanches plus ou moins
                                                                                                 grisâtres. On peut les
                                                                                                 observer facilement par
                                                                                                 exemple sur les arbres du
                                                                                                 jardin de l’archevêché.
       La biodiversité est aussi dans                                                            Classés actuellement parmi les
                                                                                                 champignons, les lichens sont consti-
         la cité ! L’été, hirondelles et
                                                                                                 tués par l’association durable d’une
      martinets noirs virevoltent en                                                             algue verte microscopique (ou d’une
     rondes infatigables sur les toits                                                           cyanobactérie) et de filaments de                    Xanthoria parietina                   Physconia distorta
     de la ville où ils installent leurs   Agélène à labyrinthe   Martinet   Sitelle torchepot   champignon. Il existe des échanges                donc inutile de vouloir les détruire, et leur
      nids. Les jardins et les espaces     L’Agélène à labyrinthe est une belle arai-            entre les deux partenaires leur permet-           observation à l’aide d’une simple loupe
                                                                                                 tant de vivre dans des milieux où ils ne          révèle des formes et des couleurs éton-
       verts hébergent tout un petit       gnée très fréquente le long des chemins.
                                                                                                 pourraient pas vivre séparément. Cette            nantes. Les lichens peuvent vivre dans des
         monde familier : mésanges,        On peut l’observer sur sa toile en nappe
                                                                                                 association permet de créer de nouvelles          conditions très difficiles mais ils sont très
                                           avec une retraite en forme d’entonnoir.
                  sittelles, papillons…                                                          formes et de nouvelles propriétés physio-         sensibles à la pollution et en particulier
                                           Le Vulcain est un beau papillon de jour,              logiques et biochimiques. Elle est donc           à la pollution atmosphérique. Le nombre
                                           souvent posé sur les murs des maisons                 créatrice de biodiversité morphologique et        d’espèces de lichens diminue en présence
                                           pour prendre un bain de soleil ou dans les            chimique (des substances chimiques sont           de polluants atmosphériques. Une grande
                                           jardins pour butiner les fleurs des massifs.          fabriquées par le champignon uniquement           diversité de lichens est donc le plus sou-
                                           Passant l’hiver à l’état de papillon adulte,          lorsqu’il est associé à une algue). Il existe     vent révélatrice d’une bonne qualité de
                                           il ne dédaigne pas se réfugier dans les               environ 20 000 espèces de lichens dans le         l’air. Une méthode validée scientifique-
                                           granges et les maisons pour se protéger               monde. Le département des Hautes-Alpes            ment permet d’évaluer la qualité de l’air en
                                           du froid. Ses chenilles ont besoin pour se            renferme au moins 800 espèces (dans l’état        estimant la diversité lichénique. L’associa-
                                           développer, des orties souvent compagnes              actuel de nos connaissances). Les lichens         tion Arnica Montana a établi en 2005 une
                                           des activités humaines, ou des pariétaires,           sont présents à pratiquement toutes les al-       carte de qualité globale de l’air d’Embrun à
                                           plantes qui poussent dans les interstices             titudes et toutes les latitudes sur des sup-      l’aide de lichens. Lors d’une pollution azo-
                                           des murs. Généralement considérées                    ports très variés : arbres, sol, rochers, vieux   tée (pollution par engrais ou par véhicules
                                           comme de la « mauvaise herbes » ces                   murs … Les lichens qui poussent sur les           à moteur), certaines espèces de lichens
                                           plantes sont pourtant indispensables à la             écorces ne se servent de l’arbre que comme        peuvent proliférer et donc révéler ce type
                                           survie de nombreux papillons.                         un support et ne le parasitent pas. Il est        de nuisance.

18                                                                                                                                                                                                         19
L’Étage montagnard

     Les coteaux d’Embrun s’étagent entre 900 et 1 500 m d’altitude. C’est
     l’espace de l’agriculture de montagne : fourrage, céréales rustiques…
                                                                                                     Les boisements de l’étage montagnard sont composés de feuillus comme
     Les lisières jouent ici un rôle écologique majeur, traits d’union entre                         le Frêne élevé et différents érables (champêtre, plane, sycomore). Le Pin sylvestre est éga-
     l’agriculture de montagne et les bosquets de feuillus. On y retrouve                            lement omniprésent dans la région. C’est une essence colonisatrice capable de s’adapter
     encore le mélange des influences alpines et méditerranéennes.                                   à des sols secs et caillouteux tout comme aux fortes gelées hivernales. Les boisements de
                                                                                                     Pin noir d’Autriche résultent de plantations menées au XIXe siècle par les forestiers du
                                                                                                     RTM (Restauration des Terrains en Montagne) destinées à lutter contre l’érosion. Elles
                                                                                                     ont été principalement installées dans les ravins et sur les terrains instables. La très faible
                                                                                                     valeur de ces formations en termes de biodiversité comme son rôle d’accueil des chenilles
                                                                                                     processionnaires doivent conduire l’abandon de son usage.

     Les pelouses sèches et les landes
     Une exposition au sud ainsi que des condi-
     tions climatiques et de sols plutôt arides
     favorisent le développement de milieux et      Le Lézard ocellé
     d’espèces xérophiles (qui aiment la cha-       voilà le plus grand lézard d’Europe avec 55      Érable champêtre            Érable plane                     Érable sycomore

     leur) comme l’Ophrys abeille et l’Ophrys       à 70 cm de longueur ! Ce reptile fréquente
     bourdon (des orchidées) ou d’autres            les milieux chauds du sud de la France,                                 Pin sylvestre
     plantes comme l’Anthyllide à fleurs            pourvu qu’il dispose de nombreuses ca-                                  et Isabelle de France
     rouges, l’Astragale d’Autriche… D’autres       ches (terriers, pierriers). En forte régres-
                                                    sion, il fait l’objet d’un Plan National d’Ac-                          Endémique d’Espagne et de France, ce pa-
     encore sont de vraies montagnardes
                                                                                                                            pillon emblématique des boisements de
     comme l’Œillet de Séguier.                     tions en France.
                                                                                                                            Pin sylvestre est connu de la haute vallée
                                                                                                                            de la Durance et de ces affluents ainsi que
                Le Saltique à arche est une                                Le Petit duc                                     des Pyrénées orientales. L’isabelle compte
                Araignée-sauteuse qui chasse
                                                                           L’un des plus petits        parmi les plus beaux et les plus gros papillons d’Europe. La dé-      La Russule sanguine
                à vue. En France, elle est une
                                                                           rapaces nocturnes           couverte de cette espèce en 1922 dans les Alpes sur la commune        est un champignon
                des deux saltiques à construire
                                                                           (à peine aussi gros         de L’Argentière-la-Bessée a suscité pendant plusieurs décen-          commun des forêts de
                une toile. La sienne est en
                                                                           qu’un merle !). Roi         nies de nombreuses controverses sur son indigénat. En outre,          pins. Le rouge de son
                forme de voile ou de paravent.
                                                                           du camouflage, son          sa forte valeur marchande auprès des collectionneurs a poussé         chapeau et sa chair
                                                                           chant nocturne              de nombreux chasseurs de papillon à la prélever au point où           blanche la rendent
     La faune est enrichie elle aussi par des es-
                                                                           passe beaucoup              des communes ont été obligées de prendre des arrêtés commu-           assez facilement
     pèces méridionales. C’est le cas en particu-
                                                                           moins inaperçu              naux comme Château-Queyras en 1974. De nos jours l’Isabelle           reconnaissable. Non
     lier de la Fauvette Orphée, du Petit-duc ou
                                                                           pendant les nuits de        est protégée en France et en Europe. La chenille de cette espèce      toxique, elle ne semble
     du rare Lézard ocellé.
                                                                           la belle saison.            se nourrit exclusivement de Pin sylvestre.                            pas très savoureuse.

20                                                                                                                                                                                                     21
L’Étage subalpin :
                                                                                                    Les mélézins renferment                                 Le Bec-croisé des sapins
                                                                                                    une flore lichénique très                               fréquente les flancs boisés
                                                                                                    intéressante. À la base des                             du Mont-Guillaume toute

     la « Taïga alpine »
                                                                                                    troncs et sur les vieilles                              l’année. En petites bandes
                                                                                                    souches de Mélèzes (et                                  bruyantes, ces oiseaux, dont les
                                                                                                    autres résineux) pousse un                              mâles sont rouge vif, exploitent
                                                                                                    lichen verdâtre, en forme                               les cônes de mélèzes desquels
                                                                                                    de lames poudreuses : la                                ils extirpent les graines grâce
                                                                                                    Parmélie ambiguë. Ce                                    à un bec parfaitement adapté.
                                                                                                    lichen est un indicateur                                Avec les mésanges, sittelles, roi-
     La forêt de conifères, représentative de l’étage subalpin, s’élève                             de la hauteur moyenne                                   telets et d’autres passereaux, ils
     jusqu’au-delà de 2 200 m sur les flancs du Mont-Guillaume.                                     de neige. Les usnées, des                               passent l’hiver vagabondant à la
     Essentiellement forestier, l’étage subalpin est largement dominé par                           lichens en forme de che-                                recherche collective de nourri-
     le Mélèze en compagnie des Pins sylvestre et à crochets. Le Sapin                              veux ou de barbes, sont                                 ture. Ce comportement solidaire
                                                                                                    fréquents sur les troncs                                en « rondes » multispécifiques
     parvient ici et là, à occuper quelques secteurs, souvent plus frais.                           et branches dans les mé-                                constitue une stratégie très effi-
                                                                                                    lèzeins et sapinières un                                cace contre les prédateurs.
                                                                                                    peu humides.

                                                                                                                            De retour depuis                          L’Escargot des
                                                                                                                            quelques décen-                           forêts est une espèce
                                                                                                                            nies seulement,                           patrimoniale dont la
                                                                                                                            les chevreuils                            coquille mesure de 12
                                                    On peut rencontrer en sous-bois la Cory-                                ont aujourd’hui                           à 16 mm de hau-
                                                    dale intermédiaire, l’Ancolie des Alpes,                                rejoint la faune                          teur et 18 à 25 mm
                                                    la Grande Listère ou encore la Luzule                                   des ongulés de                            (rarement jusqu’à 28)
                                                    blanche.                                                                la commune                                de diamètre. On le
                                                    Dans les pinèdes de Pin sylvestre,                                      dont le chamois                           trouve dans les forêts
                                                    le Xystique audacieux, une                                              qui peut être ob-                         de montagne jusqu’à
                                                    Araignée-crabe, vit sur les gra-                                        servé en altitude.                        2 400 m d’altitude.
                                                    minées mais aussi sur le tronc des
                                                    conifères. Elle est visible, les pattes avant
     Le Mélèze tient son nom français du            écartées en position de chasse à l’affût.
     terme Dauphinois « mel » qui signifie                                                                                  Outre les champignons comestibles
     miel, douce couleur de ses boisements à                                                                                recherchés par les ramasseurs, il
     l’automne. Il est le seul résineux dont les                                                                            existe bien d’autres espèces moins
     aiguilles jaunissent à la mi-octobre avant                                                                             convoitées ! Le Ganoderme du
                                                                             La Chouette                                                                                La Massue alpine
     de tomber laissant des arbres à l’aspect                                                                               mélèze est un champignon rare,
                                                                             chevêchette                                                                                présente une
     décharné !                                                                                                             pouvant mesurer jusqu’à 10 cm,
                                                                             est le plus petit                                                                          coquille allongée
     Ces boisements clairs laissent pénétrer la                                                                             poussant uniquement sur le tronc ou
                                                                             rapace de France                                                                           avec des spires
     lumière permettant ainsi la prospérité de                                                                              la souche des mélèzes.
                                                                             (15 à 17 cm).                                                                              étroites et effilées.
     nombreuses espèces dont une flore très                                  C’est un oiseau                                La Spathulaire jaune est un                 Cet escargot plutôt
     variée. En outre, la présence d‘arbres âgés,                            rare dont la vie                               petit champignon de forme                   rare affectionne la
     d’arbres morts ou sénescents, est un gage                               secrète se cache                               assez originale poussant sous les           litière, les troncs et
     de richesse spécifique.                                                 au fond des bois.                              conifères de montagne, entre juillet        les rochers avec de
                                                                                                                            et novembre.                                la mousse des bois.

22                                                                                                                                                                                               23
L’Étage alpin :
     la « Toundra alpine »
                                                                                                                                                  L’Épeire cirée          La Pisaure
     Entre 2300 et 2800 mètres d’altitude, les conditions deviennent trop
                                                                                                                                                  est une très belle      admirable chasse à
     sévères pour les arbres qui laissent ici place aux vastes pelouses                                                                           araignée qui chasse     l’affût abritée dans
     alpines émaillées d’éboulis. On les retrouve notamment sur l’alpage de                                                                       sur sa toile orbitèle   une fleur ou sur une
     l’Hivernet où les troupeaux en estive se régalent d’une herbe de qualité.                                                                    ou régulière            tige de graminée.
                                                                                                                                                  construite dans les
                                                                                                                                                  graminées ou entre
                                                                                                                                                  deux arbustes. On
                                                                                                    Bostryche lunaire                             la rencontre au-
                                                                                                    et Dryade à huit pétales                      dessus de 1 000 m
                                                                                                                                                  d’altitude.
     À ces altitudes, la belle saison est très                                                      Plus discrètes la curieuse Botryche lunaire
     courte. Les animaux se hâtent de se repro-                                                     et la Dryade à huit pétales peuvent former    Parmi les zones humides remarquables
     duire afin que leurs jeunes bénéficient des                                                    de véritables tapis dans les combes à neige   présentes en altitude à Embrun, il convient
     belles journées de l’automne avant que                                                         ou sur les épaules ventées.                   de signaler l’incontournable lac de l’Hiver-
     tout ce petit monde ne soit plongé dans                                                                                                      net. Les Grenouilles rousses y trouvent
     l’hiver.                                                                                                                                     un lieu de ponte idéal.
     Il en est de même pour la végétation,          Traquet motteux, Accenteur alpin
     condamnée à une floraison expresse. De-                                                                                                                         La Méta de Mérian
     puis les premières fleurs émergeant de la      Dès le retour de leurs lointaines contrées                                                                       s’observe sur sa toile de
     neige encore présente comme les Solda-         africaines d’hivernage, les Traquet mot-                                                                         chasse régulière près
     nelles à celles qui ne fleurissent que plus    teux regagnent leurs quartiers d’altitude                                                                        des zones humides et
     tard en saison, c’est un cortège multicolore   où ils vont nicher. Fin avril déjà, les plus                                                                     même dans les grottes.
     qui se succède jusqu’aux premières gelées.     audacieux s’installent et chantent sur ces
                                                    territoires restés en hiver. C’est un oiseau
                                                    plutôt commun et facilement reconnais-
                                                    sable à son croupion blanc. Il aime se per-
                                                    cher sur les petites éminences comme les
                                                    blocs de rocher. Il retrouve ici l’Accenteur
                                                    alpin et le Pipit spioncelle autres familiers
                                                    de la toundra alpine.
     Tout au long de l’été, Aster des Alpes,
     gentianes, anémones et autres myoso-
     tis constellent l’alpage de leurs couleurs
     éclatantes que les conditions locales d’un
     ensoleillement brûlant leur ont imposées…
     pour le meilleur !

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En hiver
                                                                                               Les Marmottes se réfu-
                                                                                               gient dans leurs terriers
                                                                                               pour un long sommeil
                                                                                               durant lequel battements
                                                                                               cardiaques et température
                                                                                               corporelle vont considé-
                                                                                               rablement baisser. Cette
                                                                                               « éclipse » dure de la
                                                                                               mi-octobre à la fin mars.

                                                               Certains papillons comme le Citron ont la particularité
                                                               de passer l’hiver à l’état de papillon adulte. À l’abri dans
                                                               un trou d’arbre ou un tas de bois, le Citron s’est doté d’un
                                                               antigel au cours de son évolution pour résister aux hivers
                                                               rigoureux. Ainsi, il n’est pas rare de le voir voler lors des
                                                               redoux hivernaux en quête des premières fleurs pour an-          Les chamois ont préféré adopter
                                                               noncer l’arrivée du printemps.                                   un pelage foncé très dense.

                Les conditions hivernales dans                 Les empreintes
                l’étage alpin sont sévères. Le
                froid et la neige ont imposé                   Ces animaux continuent donc de se déplacer pour se
                aux espèces sédentaires des                    nourrir et s’abriter. Pour la plupart, ils se cantonnent à
                adaptations particulièrement                   un petit territoire qu’ils arpentent discrètement, attentifs
                                                               aux risques d’une mauvaise rencontre.
                ingénieuses, qu’elles
                soient physiologiques ou                       Dans la neige fraîche, leurs traces sont souvent visibles
                comportementales.                              mais cette écriture est plus ou moins facile à déchiffrer.
                                                               Selon la densité et la température de la neige, l’empreinte
                Qu’il s’agisse d’économiser l’énergie en li-   sera plus ou moins nette.                                                                    Traces de lagopède alpin
                mitant les déplacements, d’accumuler des
                réserves (écureuils, cassenoix) ou encore      C’est d’abord aux traces de pattes que l’on pense, mais
                de muer pour un pelage ou un plumage           bien d’autres indices peuvent laisser deviner la présence
                plus épais, ils ont trouvé la solution pour    de la faune ! Il y a les restes de repas, os, plumes et poils,
                survivre aux pires conditions ! D’autres       enveloppes de graines… Les terriers, les vieux nids et les
                quittent totalement la région, vers le sud     abris creusés dans les arbres morts ou dans la neige… Et
                pour les oiseaux, ou disparaissent sous        puis les excréments de tout ce petit monde discret.
                terre comme les marmottes !
                                                               Il peut être tentant de suivre ces empreintes ... Mais
                Experts en camouflage, le Lagopède al-         mieux vaut s’en abstenir ! Un animal déjà éprouvé par les
                pin, le Lièvre variable et l’Hermine aban-     conditions de vie hivernales sera encore affaibli s’il doit
                donnent le gris-brun de l’été pour un blanc    fuir l’homme, et sa survie peut alors être compromise.
                immaculé qui les soustraira plus facile-
                ment à la vue de leurs prédateurs.
                                                                                                                                               Iglous et crottiers de lagopèdes alpins

26                                                                                                                                                                          27
Les galliformes
                                                                                                  Le Tétras-lyre
                                                                                                  ou Coq de Bruyère

     de montagne                                                                                  Il est présent sur l’ensemble
                                                                                                  de la chaîne alpine, jusqu’aux
                                                                                                  Balkans. Chez nous, on le
                                                                                                  trouve dans la zone de com-
                                                                                                  bat (au niveau des derniers
                                                                                                  arbres) où nourriture et refuge
                                                                                                  lui conviennent. Au printemps,
                                                                                                  les parades nuptiales de ces
                                                                                                  oiseaux noirs sont spectacu-
                                                                                                  laires. On y observe les coqs
                                                                                                  s’affronter sur des places de
                                                                                                  chant appelées « Leks » ou
                                                                                                  « arènes » sur lesquels ils re-
                                                                                                  viennent année après année.

     Perdrix bartavelle, Lagopède                   Le Lagopède alpin                                                               Contrairement à ses compagnons d’altitude,
     alpin, Tétras lyre, cousins                                                                                                    la Perdrix bartavelle préfère les versants
                                                                                                                                    adrets, secs et ensoleillés où elle occupe une
     sauvages de nos poules                         Il ne quitte jamais les étages supérieurs
                                                                                                                                    mosaïque de milieux : prairies, pelouses, pe-
                                                    de la montagne. Son habitat est composé
     domestiques, sont des                                                                                                          tits bosquets, buissons, escarpements rocheux,
                                                    de landes à arbrisseaux nains et d’ébou-
     oiseaux plutôt terrestres                      lis au-dessus de 2 000 m d’altitude. Il y a                                     éboulis. Mâles et femelles arborent le même
     aux populations généralement                   20 000 ans environ, ces oiseaux du froid                                        plumage, dos gris cendré brunâtre, pattes et
     sédentaires qui coulent une                    ont suivi le retrait des glaciers qui cou-                                      bec rouges, queue rousse.
     existence discrète entre 1 600 m               vraient l’Europe en grande partie. Les uns
                                                    peuplent aujourd’hui les zones boréales
     et 3 000 m d’altitude.                                                                                                                         Ces oiseaux font l’objet de suivis
                                                    tandis que les autres se sont retrouvés sur
                                                    les montagnes des Pyrénées et des Alpes…                                                         réguliers par l’Observatoire des
     Végétariens ou insectivores, leur régime       notamment sur le Mont-Guillaume ou à                                                           Galliformes de Montagne (OGM)
     alimentaire est adapté aux conditions          Chante-Perdrix !                                                                                 avec lequel le Parc national des
     locales et aux saisons. Les tétraonidés                                                                                                       Écrins est partenaire et pilote sur
     (lagopède, tétras-lyre) ont développé des                                                                                                                          certains sites.
     adaptations étonnantes : ils sont capables
     de digérer une partie de la cellulose des
     aiguilles de conifères, des fragments de
     petits ligneux et même du bois, tirant pro-
     fit des rares végétaux disponibles l’hiver !                                                                                                                Pour aller plus loin :
                                                                                                                                                             « Les galliformes, Poules et
     Les populations de ces galliformes de
                                                                                                                                                                    coqs de montagne »
     montagne connaissent une forte régres-
                                                                                                                                                             Les cahiers thématiques du
     sion ces dernières décennies que le chan-                                                                                                                             Parc national
     gement climatique ne fait qu’aggraver.                                                                                                                         Territoire des Écrins
                                                                                                                                                                     dec. 2006. 36 pages

28                                                                                                                                                                                          29
Les milieux
            rocheux d’altitude
            Les milieux rocheux de la région sont principalement composés
            de flyschs. On remarquera un peu partout sur les parois, les
            strates rubanées de roches sédimentaires superposées en
            millefeuilles alternant calcaire marnes et grès. Elles sont issues
            d’avalanches sous-marines au fond d’une mer très ancienne et
            constituées de matériaux aujourd’hui empilés.

                                                            < Androsace pubérulente, Androsace pubescente

                                                                                                                                                         Certains oiseaux se réfugient dans les fa-
                                                             La Zélote de Thorell                                                                        laises pour nicher. Ils y sont à l’abri d’une
                                                             est une araignée nocturne toute noire.                                                      partie de leurs prédateurs. C’est le cas du
                                                             Dans la journée elle s’abrite sous une                                                      splendide Tichodrome échelette qui s’y
                                                             pierre ou un bois mort, dans une loge de                                                    nourrit de petits invertébrés en explorant
                                                             soie. Elle chasse la nuit en utilisant les                                                  consciencieusement les anfractuosités.
                                                             vibrations pour repérer ses proies.                                                         Le Crave à bec rouge et le Chocard à
                                                                                                                                                         bec jaune sont également nicheurs dans
                                                                                                                                                         cet habitat vertical. Plus étonnant est de
                                                                                                                                                         retrouver à ces altitudes le Rouge-queue
                                                                                                                                                         noir, familier des villes et villages.

                                                                                                                                                         Le Tichodrome échelette est considéré
Androsace de Vitaliano           Bérardie laineuse                                                                                                       comme le joyau des falaises. Son vol, sa
            Le soulèvement alpin les a transportées                                                                                                      forme et ses couleurs en font l’un des plus
            et hissées en altitude. Avec un peu d’at-                                                       La Lycose-renard des Alpes                   beaux oiseaux d’Europe.
            tention, on trouvera des ardoises sur                                                           est une grande araignée rapide, avec
            lesquelles figurent des traces sinueuses                                                        une grande bande blanche médiane sur
            témoignant de la présence fossilisée de                                                         le corps. Elle appartient à la famille des
            vers marins (les helminthes). Tour à tour                                                       Araignées-loups et vit dans les pierriers
            siliceuses (le grès) et calcaires, ces roches                                                   alpins et dans les pelouses alpines.
            offrent aux plantes un substrat varié favo-
            risant une grande diversité.

  30                                                                                                                                                                                                     31
Des groupes à la loupe
     dans le cadre de l’ABC
     d’Embrun
     Pour la réalisation de son ABC, la commune d’Embrun a choisi
     de faire procéder à des investigations complémentaires
     approfondies pour des groupes très méconnus. Ainsi, des
     spécialistes ont été recrutés pour réaliser des inventaires sur
     les araignées, les papillons de nuit et les lichens.

                                                     Les araignées peuvent être observées à         Les papillons de nuit
                                                     toutes périodes de l’année et dans tous
                                                     les milieux, des déserts aux îles australes
                                                     et septentrionales ; une espèce vit même       Contrairement aux papillons de
                                                     dans l’eau, l’Argyronète. Sur la commune       jour dénommés aussi rhopalo-
                                                     d’Embrun 154 espèces ont été réperto-          cères, les soi-disant « papillons de
                                                     riées, mais ce chiffre pourrait largement      nuit » ou hétérocères sont actifs
                                                     être doublé, car aucun inventaire n’a été      de nuit ou de jour selon les es-
                                                     réalisé en hiver, saison la plus riche. Les    pèces. Avec près de 5 230 espèces
                                                     araignées adultes en hiver vivent dans les     en France, ils vivent dans tous
                                                     feuilles mortes. Leur taille dépassant rare-   les milieux excepté les milieux
                                                     ment les 2 mm, on les remarque moins.          marins. Certains ont même des
                                                                                                    chenilles qui vivent sous l’eau !
                                                                                                    Contrairement aux papillons de
                                                     Les lichens                                    jour, ils sont moins appréciés du
                                                     La prospection n’ayant pas été exhaustive,     public alors qu’ils sont pour cer-
     Les araignées                                   il est difficile de préciser leur nombre sur   tains tout aussi colorés et à une
     Les araignées ne sont pas des insectes,         la commune. On peut estimer le nombre          exception près, tout aussi inof-
     mais des arachnides. Elles possèdent 8          d’espèces pour les Hautes-Alpes à au           fensifs pour l’homme. En France,
     pattes et leur corps est divisé en 2 parties.   moins 800 (62 pour Embrun connus ac-           seule la processionnaire du pin
     En France, elles sont souvent mal-aimées,       tuellement).                                   peut causer des soucis de santé
     alors que leur venin n’est pas mortel pour                                                     à cause de ses poils allergènes.
     l’homme. À ce jour, 1 765 espèces ont déjà      Les lichens sont de très bons indicateurs      Actuellement, sur Embrun nous
     été inventoriées dans notre pays, mais en       de la qualité de l’air, de conditions envi-    avons inventorié 401 espèces de
     raison du faible nombre d’arachnologues         ronnementales et des changements clima-        papillons de nuit. Nous pensons
     actifs, une vingtaine de nouvelles espèces      tiques.                                        qu’il en reste au moins autant à
     sont découvertes chaque année !                                                                découvrir…

32                                                                                                                                         33
Les fonctionnalités                                                                                                                        La trame verte et bleue locale

     écologiques
                                                                                                                                                Commune d’Embrun

                                                                                                    De plus en plus fréquemment, on peut
                                                                                                    voir et entendre passer des grues dont le
     Les êtres vivants sont                                                                         vol en V est caractéristique.
     étroitement liés à leurs milieux,                                                              La Bondrée apivore, les martinets, les
     que ce soit pour se nourrir,                                                                   hirondelles, le Chevalier aboyeur, la
     pour se déplacer, se protéger                                                                  Cigogne blanche ou le Héron crabier
                                                                                                    comptent parmi les migrateurs utili-
     ou encore se reproduire.
                                                                                                    sant la Durance comme couloir de
     Leurs exigences très variables                                                                 déplacement. Ils font régulièrement
     dépendent de leur sensibilité et                                                               une halte sur la commune. À cet
     de leur possibilité d’adaptation.                                                              égard, le Plan d’eau et plus lar-
                                                                                                    gement le lac de Serre-Pon-
                                                                                                    çon constituent de belles
     La prise en compte de l’ensemble de ces        D’une façon plus simple, on cherche à           opportunités de repos et
     besoins est complexe mais essentielle          connaître le fonctionnement du territoire       de nourrissage.
     pour préserver et favoriser la biodiversité.   en fonction des espèces connues et de
     Limiter ou contraindre les déplacements,       leurs besoins. Certaines dites « indica-        Il existe des interac-
     réduire ou détruire un habitat de repro-       trices » ont été choisies pour être repré-      tions entre des es-
     duction ou un habitat de repos peut avoir      sentatives de plusieurs autres aux exi-         pèces vivantes très
     des conséquences très importantes pour         gences écologiques comparables.                 éloignées au ni-
     de nombreuses espèces.                                                                         veau « liens de pa-
                                                    De nombreux enjeux existent ainsi pour          renté », comme par
     Afin de répondre à ces exigences, plu-         le territoire de la commune d’Embrun,           exemple entre oiseaux
     sieurs notions ont été retenues comme          notamment pour les déplacements de la           et lichens. De nombreux
     la définition de « fonctionnalités écolo-      faune et de la flore. La vallée de la Durance   oiseaux     utilisent  des
     giques », de « réservoirs de biodiversi-       constitue un axe de transit très important      lichens pour construire ou
     té » ou de « corridors » qui peuvent être      que ce soit pour des déplacements locaux        dissimuler leurs nids… Des
     prises en compte à l’échelle d’une com-        comme pour des migrations beaucoup              études ont montré que la dis-
     mune, d’une intercommunalité, mais             plus importantes. C’est un trait d’union        parition de lichens sous l’effet de
     aussi d’un département, d’une région,          entre les Alpes et la zone méditerranéenne.     la pollution atmosphérique peut
     d’un pays, voire de plusieurs continents                                                       avoir une répercussion négative sur
     pour le cas des grandes migrations par                                                         les populations d’oiseaux. Il est donc
     exemple. Ainsi, pour Embrun, la réflexion                                                      nécessaire de préserver l’ensemble de
     a été étendue au-delà afin par exemple de                                                      la biodiversité et non pas seulement
     préciser le rôle de la vallée de la Durance                                                    quelques espèces ou groupes « emblé-
     pour la migration.                                                                             matiques ».

34                                                                                                                                                                               35
Les espèces                                                                                                                      Les espèces
         patrimoniales                                                                                                                    invasives
         Une espèce dite patrimoniale présente une
         importance particulière. Cette importance                                                                                        On parle d’invasives pour
         peut être considérée pour des raisons                                                                                            les espèces au fort pouvoir
         écologiques, scientifiques, de rareté mais                                                                                       colonisateur qui ne sont
         aussi culturelles.                                                                                                               naturellement pas présentes
         Une espèce patrimoniale n’est pas                                                                                                sur le territoire considéré.
         nécessairement protégée par la loi !                                                                                             Certaines présentent des
                                                                                                                                          stratégies d’adaptation et/ou
                                                                           Le Pigamon simple : espèce de prairies plus ou moins humides
                                                                                                                                          de colonisation pouvant être
                                                                                                                                          fortement nuisibles à la faune et
                                                                           Le Calicium notarisii est un lichen rare                                                                    La Renouée du Japon, le Faux vernis du
                                                                           en France et peut être considéré comme
                                                                                                                                          à la flore locale.
                                                                                                                                                                                       Japon, l’Arbre à papillon ou encore le Ro-
                                                                           patrimonial d’intérêt national, en danger                                                                   binier pseudo-acacia sont des exemples
                                                                           d’extinction. Il est verruqueux, en forme                                                                   de végétaux invasifs présents sur Em-
                                                                           de croûte jaune verdâtre, avec des taches                                                                   brun. Des mesures de gestion devront être
                                                                           noires (apothécies) non pruineuses. Il se                                                                   mises en place pour éradiquer leur déve-
                                                                           trouve sur bois, écorces de feuillus et de                                                                  loppement.
                                                                           conifères dans des endroits bien éclai-                                                                     La Renouée du Japon est une plante très
                                                                           rés, souvent un peu humides jusque dans                                                                     compétitrice à port buissonnant. Elle pos-
                                                                           l’étage subalpin.                                                                                           sède des tiges souterraines pouvant at-
                                                                                                                                                                                       teindre 15 à 20 m de long et pénétrer dans
 La Pédiculaire des marais : espèce des marécages et prairies tourbeuses                                                                                                               le sol jusqu’à 2-3 mètres de profondeur.
                                                                                                                                                                                       Dans son pays d’origine, l’Asie orientale,
         Pour la commune d’Embrun, la diversité                                                                                                                                        elle colonise les pentes des volcans. En
         est telle que les espèces patrimoniales                                                                                          L’Hélicelle des Balkans est un escargot      France et en Europe, elle forme des peu-
         sont nombreuses ! Ainsi 223 parmi celles                                                                                         terrestre de taille moyenne, de coloration   plements étendus principalement sur les
         recensées sur le territoire sont protégées                        Enfin, d’autres espèces peuvent également                      entièrement blanche et ayant la particula-   rives des cours d’eau, les alluvions… Ces
         dont 47 sont considérées comme mena-                              être considérées comme patrimoniales                           rité de monter sur la végétation (ou tout    peuplements nuisent au développement
         cées en région SUD avec 4 d’entre elles en                        pour la commune comme le Gaillet des                           autre support disponible) afin de lutter     de la flore locale (notamment herbacée),
         danger critique, 14 en danger et 25 autres                        marais, le Pigamon simple ou la Vesce                          contre les températures excessives du sol.   modifient les peuplements de macro-
         menacées à l’échelle de la France. Cer-                           des moissons.                                                  Invasif originaire des Balkans, il se pro-   faune (escargots, mille-pattes, araignées,
         taines, notamment parmi les oiseaux, sont                                                                                        page sous l’action de l’homme (qui reste     insectes…) et peuvent entraîner des pol-
         simplement de passage sur la commune.                             Le Sonneur à ventre jaune et la Pédicu-                        sont principal vecteur de diffusion) et se   lutions organiques de l’eau. En outre, elles
         C’est le cas pour le Fuligule morillon ou le                      laire des marais sont des espèces en dan-                      retrouve communément le long des axes        dégradent les habitats des amphibiens,
         Blongios nain                                                     ger en région SUD.                                             routiers et sur les sites les plus touris-   participent à la création d’embâcles et li-
                                                                                                                                          tiques…                                      mitent l’accès aux rives des cours d’eau.

36                                                                                                                                                                                                                                    37
Favoriser
     la biodiversité

     Différentes actions et
     aménagements sont et
     seront engagés par la
     commune, permettant de                          Isabelle de France
     favoriser la biodiversité.
     Elles sont mises en                                                          Petites constructions                           • Favoriser la diversité et les espèces
                                                                                  Différents petits aménagements peuvent            locales dans les haies, les prairies, parti-
     œuvre dans le cadre          Éclairage                                       être mis en place afin de favoriser l’accueil     cipe à diversifier la faune ;
     d’aménagements publics       Dans un esprit d’atténuation des effets         de la vie sauvage : nichoirs, petits hôtels à   • Tondre tardivement ou encore laisser
     mais sont également          néfastes sur la vie nocturne (insectes,         insectes ou tout simplement en laissant           des secteurs non fauchés à l’attention
     proposées pour les           chauves-souris) et d’économie d’éner-           sur place des tas de vieilles branches, de        des insectes pollinisateurs.
                                  gie, la commune s’est engagée dans un           pierres ou de feuilles mortes.
     pratiques agricoles et
                                  programme de réduction progressive de           La commune sollicitera le concours du           L’agriculture locale reste très largement
     même individuelles.          l’éclairage public en aménageant les ho-        monde associatif qui fourmille d’idées ori-     inspirée de pratiques respectant l’envi-
                                  raires de fonctionnement, l’intensité lu-       ginales et efficaces. Plusieurs structures      ronnement. Les exploitations seront en-
                                  mineuse, l‘orientation des réverbères et la     locales dont la Ligue de protection des         couragées à maintenir ou améliorer leur
                                  couleur de l’éclairage.                         oiseaux ont déjà contribué à améliorer les      fonctionnement pour un bénéfice mutuel
                                                                                  choses.                                         de la Nature et d’une production agricole
                                  Bâtiments, chauves-souris,                                                                      de qualité.
                                  hirondelles, martinets                          La biodiversité au jardin
                                                                                  De nombreux petits gestes peuvent être          Urbanisme
                                  Les bâtiments existants sont souvent fa-
                                                                                  réalisés au jardin :                            Il conviendra d’inscrire une « préoccupa-
                                  vorables à l’accueil des chauves-souris ou
                                                                                                                                  tion environnementale » systématique
                                  des oiseaux. Des aménagements simples           • Attirer les insectes pollinisateurs ou
                                                                                                                                  dans les documents d’urbanisme. En
                                  permettent de les accueillir sans provo-          les auxiliaires de culture permet de fa-
                                                                                                                                  effet et l’expérience l’a prouvé, prendre
                                  quer d’effets indésirables. Ils seront mis en     voriser les équilibres biologiques en évi-
                                                                                                                                  conscience en amont des enjeux de biodi-
                                  œuvre ou favorisés.                               tant ainsi des maladies pour les plantes
                                                                                                                                  versité facilite leur prise en compte et peut
                                                                                    cultivées et en limitant les insectes non
                                                                                                                                  éviter de fâcheux désagréments ensuite.
                                                                                    désirables ;

                                  Tarier des prés

38                                                                                                                                                                                 39
Itinéraires pédestres

     Tour du Roc                                                       Tour du Plan d’eau
               Distance              Dénivelée   Durée    Difficulté            Distance                 Dénivelée   Durée   Difficulté
               4,3 km                + 80 m      1 h 30   aucune                2,5 km                   0m          40 mn   aucune

     Le « Tour du Roc » chemine entre                                  Tôt le matin comme au soleil
     ville, falaise et campagne. Pro-                                  couchant, cette balade au fil
     menade bucolique et variée, elle                                  de l’eau sur tout son parcours
     permet d’apprécier la proximité                                   invite à la contemplation des
     d’une cité à la longue histoire avec                              montagnes qui la dominent.
     des espaces naturels agricoles (la                                Au bout du Plan d’eau, le
     Plaine), la Durance ou encore avec                                paysage s’ouvre à l’ouest
     tout un petit monde sauvage et                                    sur le Lac de Serre-ponçon
     discret réfugié dans les à-pics du                                et la vallée de la Durance
     Roc. Randonnée facile, elle est ac-                               qui bientôt rejoindra la Pro-
     cessible en toutes saisons.                                       vence. Jogging, poussette
                                                                       ou marche curieuse, le lieu
                                                                       invite à la sérénité et au res-
                                                                       sourcement.

40                                                                                                                                        41
Atlas de la

                                                                Réalisation : Mairie d’Embrun • Coordination : MONTECO • Conception graphique : Le naturographe • Impression sur papier recyclé • Livret gratuit.
                 Biodiversité
                 Communale

L  e dérèglement climatique et l’érosion
   de la biodiversité sur notre planète ne
sont plus une hypothèse, ils constituent
aujourd’hui une réalité préoccupante.

Face à cette situation, il est impératif de réagir. Les
dirigeants bien sûr, mais aussi chacune et chacun d’entre
nous. Ce constat a justifié l’engagement de la commune
d’Embrun dans la réalisation d’un document rassemblant
l’ensemble des connaissances sur la faune et la flore
de son territoire. C’est dans le cadre d’un programme
national initié par l’Office Français de la Biodiversité
(OFB) que ce projet a pu être mené à bien sous la forme de
cette publication : un Atlas de la Biodiversité communale.
Les bilans présentés dans ce livret témoignent d’une
grande richesse biologique. Elle est le fruit de la situation
géographique privilégiée de la commune, un pied en
Provence et la tête près des neiges éternelles, d’un
climat exceptionnel et d’une nature encore préservée.
L’appartenance d’Embrun au Parc national des Écrins est
une reconnaissance de la qualité de son environnement.
L’étagement de la végétation et l’altitude ont servi de fil
conducteur à cet ouvrage pour la découverte du petit
monde discret qui peuple le cœur de notre ville comme
les lieux les plus retirés de la montagne. Des araignées
aux chamois, du lézard ocellé au lagopède alpin, des
lichens aux papillons de nuit, le bruissement de la vie
vibre encore à Embrun. Faisons en sorte, ensemble, pour
que nos enfants profitent eux aussi de notre chance.
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