Les rythmes cosmiques et les plantes

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Les rythmes cosmiques et les plantes
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               Les rythmes cosmiques
                    et les plantes
         Il n’y a point de doute : le cosmos est rythme par essence. Mais com-
         ment cela transparaît-il au niveau des êtres vivants ? Cette question
         n’est pas nouvelle, et les recherches dans ce sens non plus. Les tra-
         vaux présentés dans cet article apportent cependant des éléments de
         réponse originaux sur le sujet. Cet article se concentre sur une partie
         des travaux de Lawrence Edwards : la découverte d’importants
         rythmes chez les bourgeons végétaux, ainsi que leur relation avec des
         événements cosmiques. Initiées dans les années 1950, ces recherches
         ouvrent sur d’immenses domaines et gagneraient à être poursuivies
         par un plus grand nombre de chercheurs. Cependant, la quantité
         impressionnante d’informations et de résultats obtenus à ce jour
         vaut déjà la peine d’être présentée, en particulier en France où ces
         travaux sont très mal connus, les publications étant toutes en anglais
         ou en allemand.

               es plantes ne semblent pas influen-                 s’intéresse à la croissance, au rendement

         L     cées par d’autres rythmes que ceux
               du Soleil et de la Lune, c’est ce que
         semble dire la science contemporaine.
                                                                   ou à la composition de la plante. Les tra-
                                                                   vaux de l’écossais Lawrence Edwards
                                                                   nous emportent sur de tout autres pistes,
         Pourtant, depuis la nuit des temps, l’agri-               qui interpelleront sans doute plus particu-
         culture tient compte de rythmes cos-                      lièrement tous ceux qui s’intéressent aux
         miques bien plus variés, et ce n’est que                  qualités plus subtiles des plantes, d’une
         récemment que l’on a commencé à igno-                     importance capitale en thérapeutique,
         rer ces influences. Bien entendu, ce qui                  mais également en nutrition.
         était avant accepté tel quel gagnerait à
         être étudié maintenant avec précision. Là
         surgissent plusieurs difficultés : ces                                 La géométrie projective
         rythmes sont intimement mêlés, et étu-                                  et les "path curves"
         dier l’effet d’un seul d’entre eux soulève                Un des fondements du travail de
         de nombreux problèmes. D’autre part, à                    Lawrence Edwards repose entre autre sur
         quel niveau faut-il chercher l’effet des                  une indication de Rudolf Steiner disant
         rythmes cosmiques subtils sur les                         que la conscience extra-corporelle est de
         plantes ? Un nombre croissant de travaux                  nature inversée ou polaire à la conscience

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        ordinaire, de telle sorte que cette pre-
        mière regarde à partir de la périphérie
        cosmique vers l’intérieur en direction
        d’un point inaccessible. C’est à George
        Adams (et indépendamment Louis
        Locher-Ernst) que nous devons la des-
        cription de l’espace, appelé contre-espace
        ou espace polaire, qui répond à ces cri-
        tères, qu’il obtient en poursuivant la sug-
        gestion de Rudolf Steiner selon laquelle
        la géométrie projective serait un excellent
        point de départ pour des études holis-
        tiques (Adams and Whicher 1980,
        Locher-Ernst 1957). Pourtant, au XIXème
        siècle déjà, Félix Klein découvrit ce que
        nous appelons maintenant les courbes de
        chemin ou courbes harmoniques (path
        curves). Mystérieusement, son travail et
                                                        Fig. 1 A. : Représentation d’une path-curve,
        celui de Sophus Lie eurent peu d’impact          choisie parmi une infinité de courbes sem-
        et restèrent rangés sur les étagères pous-         blables dont l’ensemble définit une des
        siéreuses des bibliothèques universitaires              formes fondamentales : l’œuf.
        jusqu’à leur redécouverte par George
        Adams.
        Il est malheureusement impossible dans
        le cadre de cet article de détailler tous les
        points permettant de comprendre ce que
        sont réellement ces courbes harmoniques.
        Il nous suffira ici de mentionner deux
        aspects : tout d’abord, celui qui prend la
        peine de suivre tout le processus menant
        à l’élaboration de ces formes se rend
        compte qu’elles constituent, dans le cadre
        de la géométrie du contre-espace, des
        formes parmi les plus simples et décou-
        lent directement des principes fondamen-
        taux. Deuxièmement, suivant la logique
        de cette géométrie, il est possible de pen-
        ser que lorsque nous rencontrons des
        formes similaires dans la nature phy-
        sique, elles pourraient révéler des lieux
        d’actions de forces relevant des lois du
        contre-espace de la géométrie projective.       Fig. 1B. : Un œuf avec les points invariants
        C’est G. Adams qui, le premier, attira            X & Y, couvert par l’ensemble infini de
        l’attention sur le fait que certains cas par-           path-curves qui l’a généré.

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          Fig. 2 : Formes ovoïdes pour 1 < l < infini (de gauche à droite) avec un exemple des courbes
                                     harmoniques associées à leur surface.

         ticuliers de ces courbes harmoniques - ou                 à la base pour devenir un cône avec un l
         des surfaces générées par des familles de                 infini (Fig. 2). Ces formes sont aussi les
         courbes (path-curves surfaces) - emprun-                  profils d’œufs d’oiseaux.
         tent des formes semblables aux œufs ou                    Après avoir enseigné ces idées de nom-
         encore aux vortex. Pratiquement, on                       breuses années à l’école Waldorf
         observe de telles courbes dans le cône de                 d’Edimbourg (il est professeur de mathé-
         pomme de pin (Edwards 1993) et dans de                    matiques), Edwards en vint finalement à
         nombreux bourgeons. Une courbe typique                    se demander si les formes des bourgeons
         est représentée Fig. 1.                                   et des œufs sont réellement des courbes
                                                                   harmoniques, ou seulement des formes
         Les courbes sont dirigées par trois para-
         mètres : λ lambda qui contrôle la forme
         du profil vertical, ε qui contrôle la ten-
         dance spirale et β qui gouverne le profil
         horizontal. Nous ignorerons β ici puisque
         pour des coupes transversales il est nul,
         et que c’est le cas le plus couramment
         rencontré chez les bourgeons. Le para-
         mètre ε est nul si la courbe harmonique
         est un cercle horizontal et augmente à
         l’infini lorsque la spirale devient plus
         tendue/verticale, pour en fait atteindre
         l’infini si c’est une courbe verticale plate
         telle que le profil d’un œuf. Pour le tra-
         vail qui nous concerne, c’est la forme du
         profil vertical de l’ovoïde qui nous inté-
         resse. Ainsi λ sera important, ε n’étant
         pas nécessaire. Pour λ = 1, la courbe est
         une ellipse (dans certains cas particuliers
         un cercle). Lorsque λ tend vers l’infini, la
         forme devient de plus en plus asymé-                             Fig. 3 : superposition des variations
         trique, plus étroite en haut et plus aplatie                    réellement observées sur un bourgeon.

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        similaires. C’est une question philosophi-       visible à l’œil, il y avait encore un faible
        quement difficile, car une bonne ressem-         pourcentage de déviation d’après les cal-
        blance n’est pas une preuve mathéma-             culs.
        tique. En arrière-plan vivait une notion
        supplémentaire : ces courbes harmo-              Rapidement, Edwards montra que
        niques pourraient être vues comme issues         presque tous les bourgeons qu’il examina
        de l’interaction de l’espace avec le contre-     étaient de "bonnes" courbes harmoniques,
        espace et être ainsi l’expression des forces     ainsi que la plupart des œufs d’oiseaux.
        éthériques actives dans les formes du            Pour comprendre la portée de cette décou-
        vivant. Ainsi une similarité élevée pour-        verte, il faut savoir que la chance d’obte-
        rait supporter cette idée. Quoi qu’il en         nir une courbe harmonique en dessinant
        soit, Edwards décida de la tester en mesu-       un œuf est pratiquement nulle ! Les dévia-
        rant les formes réelles et en regardant si       tions observées pour certains bourgeons,
        elles pouvaient être décrites comme              tel le bouton de rose peuvent être inter-
        courbes harmoniques. Il établit le pro-          prétées en les réintégrant dans un contexte
        cédé mathématique nécessaire pour tester         plus général, soit comme indicateur du
        la vraisemblance de la ressemblance de           stade de développement (Edwards 1993),
        telle sorte que les résultats de nombreuses      soit comme la combinaison de formes
        mesures puissent être combinés pour              ovoïdes (résultats non publiés de
        obtenir un résultat statistique classique.       N. Thomas).
        Sa méthode fut établie à partir des idées
        du contre-espace impliqué plutôt que sur                  Des bourgeons dormants…
        les méthodes statistiques standards (p. ex.                  à l’écoute du cosmos
        test du χ2_) car c’est ce qu’il testait réel-    Au cours de son travail, Edwards se mit à
        lement. Le test s’est avéré très sensible ;      étudier les bourgeons des feuilles
        même dans les cas où la différence entre         d’arbres. En effet, comme ceux-ci se for-
        la forme réelle et théorique n’était pas         ment généralement dès la fin de l’été et

                       Fig. 5 : Charte générale de l’évolution du décalage de phase.

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          Fig. 4 : Variation de l pour le hêtre en 1984-1985 : en clair, la courbe des points journaliers ;
                                    en foncé, courbe de la moyenne sur 3 jours.

         sont dormants tout l’hiver jusqu’à l’arri-                vement, et plus tard par l’utilisation de
         vée du printemps, il pensait que le repos                 matériel plus sophistiqué.
         des mois d’hiver constituerait une réfé-
         rence stable pour le travail dans lequel il               En d’autres mots, la forme des bourgeons
         s’était engagé (il pensait en effet à cette               variait constamment avec une tendance
         époque que chaque espèce aurait une                       rythmique visible, les bourgeons prenants
         valeur de λ spécifique, ce qui n’était pas                des formes ovoïdes plus ou moins accen-
         le cas). En débutant en 1981-1982, il                     tuées. La figure 3 nous montre une diffé-
         s’aperçut, à sa grande surprise, que les                  rence de forme typique établie sur les
         bourgeons étaient loin d’être "dormants",                 variations réellement observées.
         et montraient au contraire une variation
         régulière de leur valeur λ tout au long de                La sensibilité de la méthode adoptée par
         l’hiver ! Décelant une tendance ryth-                     Edwards est de tout bénéfice puisque la
         mique dans ces variations, il décida de se                mesure de λ est directe, et que la forme
         concentrer l’année suivante sur les bour-                 est bien caractérisée par ce seul para-
         geons de quelques espèces (frêne, ceri-                   mètre, rendant le phénomène directement
         sier, orme, chêne et hêtre) et de prendre                 apparent. La figure 4 nous montre l’aspect
         une mesure quotidienne de λ pour chaque                   d’ensemble le plus généralement rencon-
         bourgeon considéré, ce qui s’avéra déli-                  tré. La ligne grisée représente les mesures
         cat puisqu’il s’agit de prendre une photo                 journalières tandis que la courbe noire
         du bourgeon toujours sous le même angle.                  représente la classique moyenne entre
         Le problème a été résolu les années sui-                  trois jours consécutifs. Plusieurs cen-
         vantes en prenant plusieurs bourgeons sur                 taines de courbes ont ainsi été établies et
         la même branche d’arbre à chaque prélè-                   il est remarquable de noter qu’il existe

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        des caractéristiques communes (voir              planètes, comme Mars environ toutes les
        aussi fig. 6). En général, les variations        deux semaines. Différentes espèces
        automnales sont importantes avec des             d’arbres ont des "phases" différentes : la
        pics ou creux bien caractérisés ; entre fin      variation du λ de leurs bourgeons sur les
        décembre et une grande partie de janvier,        graphiques n’est pas synchrone. Par
        les variations sont plus faibles, tout en        contre, des arbres de la même espèce sont
        restant bien souvent clairement visibles         toujours "synchrones". Ainsi pour des
        pour augmenter à nouveau jusqu’à l’arri-         arbres traditionnellement associés à Mars
        vée du printemps et l’éclosion du bour-          - tel le chêne - il trouva un graphe tempo-
        geon. On peut aussi noter une évolution          rellement en phase avec les conjonctions
        globale de λ sur toute la période d’exis-        et les oppositions de la Lune et de Mars.
        tence du bourgeon (figure 6).                    De la même façon Saturne se révéla asso-
        Pour la plupart des bourgeons qu’il testa,       cié au hêtre et au charme, Jupiter aux
        Edwards trouva que λ variait sur une             érables, Mars au chêne, Vénus au bou-
        période de deux semaines. Ces résultats          leau et au sorbier (Sorbus aria), Mercure
        lui semblèrent si importants qu’il               à l’orme, et le Soleil au frêne et au ceri-
        réorienta presque complètement sa                sier. Ceci explique pourquoi les graphes
        recherche pour étudier ces phénomènes.           d’espèces différentes ne sont pas en phase
        Il réalisa immédiatement que ces deux            - sauf si les planètes associées sont en ali-
        semaines pouvaient être mises en relation        gnement - et aussi pourquoi au sein d’une
        avec la Lune, qui entre effectivement en         espèce les graphes sont toujours en phase.
        conjonction puis en opposition avec les

     Fig. 6 : valeurs moyennes de l de bourgeons de hêtre, hiver 1989-1990, avec les alignements Lune-
     Saturne correspondants, apparemment influencé par la conjonction Mars-Saturne en février-mars.

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                  Le décalage de phase :                           pour masquer le phénomène fondamen-
                 un phénomène inexpliqué                           tal. Après quatre ans, toutes les personnes
          C’est en 1983 que débutèrent les obser-                  impliquées se demandaient ce qui allait
          vations, ce qui s’avéra être particulière-               se passer ! Logiquement, arbres et pla-
          ment fortuné. Alors que les années                       nètes devraient être à nouveau en phase
          s’écoulaient, les graphiques commencè-                   puisque le processus est rythmique (un
          rent à n’être plus en phase avec l’arbre                 décalage de 14 jours équivaut à un déca-
          considéré (les alignements prenaient du                  lage nul), mais après combien de temps ?
          "retard"). Pourtant, les tests statistiques              Le temps devait le dire… et ce fut après 7
          (estimés sur les graphes-A construits par                ans. Ce chiffre a été maintenant confirmé
          Edwards) montrèrent clairement que la                    par l’enregistrement de deux cycles de 7
          relation entre un type d’arbre et sa pla-                ans. S’il y a bien une chose qui frappe
          nète restait visible en dépit du décalage.               dans l’évolution du décalage, c’est qu’il
          Cette relation est aussi apparente en rai-               n’évolue pas régulièrement : très lente-
          son de la légère variation de période pour               ment autour du moment où les évolutions
          les différents "types planétaires". Saturne,             des planètes et de la lune sont en phase
          par exemple, avance plus lentement                       avec les variations de forme des bour-
          autour du Soleil que Mars, de telle sorte                geons (indiquées par la valeur λ) et rapi-
          qu’il existe une légère différence dans la               dement lorsque le décalage est important.
          période réelle d’alignement avec la Lune.
          Cette particularité est aussi visible sur les            Tout ceci est plus amplement détaillé
          graphes-A et confirme la corrélation                     dans une série de rapports qu’Edwards
          entre un arbre particulier et une planète                rédigea sous le titre Supplement and
          (voir plus loin). En quelque sorte il fut                Sequel, d’où la Fig. 5 est tirée, ainsi que
          chanceux pour Edwards d’avoir com-                       dans son livre (Edwards 1993). En dépit
          mencé ses observations en 1983 alors                     d’efforts importants de plusieurs col-
          qu’il n’y avait pas de décalage de phase                 lègues, en particulier Graham

   planète             période             période                   plante       Période moyenne observée
                       moyenne             corrigée                               (nombre d’observations)
   Soleil, Mercure     14,77               14,68                     Primevère           14,63 (faible)
   Vénus                                                             Bouleau             14,69 (faible)

   Mars                14,23               14,15                     Chêne               14,29 (²1000)
                                                                     Géranium            14,38 (faible)
   Jupiter             13,75               13,67                     Centaurée           13,87 (faible)

   Saturne             13,70               13,61                     Hêtre              13,60 (>1000)
                                                                     Stichtvort         13,45 (faible)

               Tableau 1 : Période d’alignement Lune-planète calculée et corrigée par le déphasage,
                            comparée à la période calculée d’après les variations de l.

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        Calderwood, la raison du décalage de            par la communauté scientifique. Peut-être
        phase reste obscure. Cependant, des résul-      justement parce que nombre de ces effets
        tats plus récents d’Australie par John          sont plus subtils qu’on ne le croît, comme
        Blackwood suggèrent que le décalage de          le montrent les résultats de ces travaux.
        phase pourrait dépendre de la longitude         Les études associent la centaurée à Jupiter,
        et serait ainsi le résultat d’un processus      et en 1994, au moment de la collision
        impliquant la Terre. Mais ceci reste une        entre la comète Shoemaker-Levy et
        hypothèse. Encore plus récemment, un            Jupiter, des résultats remarquables furent
        nouveau collègue en Amérique (sur une           enregistrés : Edwards étudiait cette plante
        autre longitude) a commencé des obser-          depuis 1985 et disposait donc d’un bon
        vations qui, si elles sont poursuivies, per-    ensemble de données de référence. Il avait
        mettront de tester plus avant l’influence       établi les limites statistiques à l’intérieur
        de la longitude. Un groupe roumain a            desquelles les observations étaient conte-
        aussi proposé de collaborer, ce qui serait      nues (les triples courbes de déviation
        d’une grande aide.                              standard). Durant et avant la collision de
                                                        la comète, les valeurs de λ s’écartèrent
              Interférences et influences               significativement en dehors des limites,
            d’autres événements cosmiques               ce qui n’était jusqu’alors pas arrivé.
        Au début des observations, un arbre n’a         Les interférences entre les différentes
        pas montré le rythme de deux semaines.          influences planétaires constituent un
        Après vérification des données et des cal-      autre sujet intéressant, que nous aborde-
        culs, Edwards retourna sur place pour           rons par l’exemple suivant (Fig. 6) :
        voir si cet arbre avait quelque chose de        Durant tout l’hiver 1989-90, des observa-
        particulier. Il constata alors qu’il était      tions de bourgeons de hêtre ont été enre-
        proche d’un transformateur électrique,          gistrées et montrent une bonne corréla-
        suggérant que des champs importants             tion avec les résultats des autres années
        puissent masquer l’influence planétaire.        sauf pour février-mars 1990, période cor-
        Une hypothèse délicate à tester car un          respondant à une conjonction Mars-
        arbre est long à pousser ! Cependant,           Saturne (l’écart entre les planètes est
        Edwards menait également des études sur         indiqué sur la courbe). Attachons-nous
        les bourgeons floraux qui montraient            d’abord à l’aspect général du graphe et à
        aussi le même rythme de 14 jours, parti-        sa valeur significative : comme les
        culièrement la centaurée. Celle-ci est          mesures quotidiennes concernent un
        assez aisée à observer, et les mesures          ensemble de bourgeons, elles ne peuvent
        qu’il put enregistrer révélèrent également      être exactes, et contiennent donc un élé-
        un affaiblissement, voir un brouillage          ment d’incertitude dû à la récolte au
        complet du rythme, dans les cas de plantes      hasard ; chaque jour, un nombre impor-
        poussant sous des câbles électriques,           tant de bourgeons de valeur λ élevée ou
        confirmant son hypothèse.                       basse a pu coïncider. Il est donc impor-
        Ces résultats, plusieurs fois confirmés         tant de s’assurer que la taille des creux
        maintenant, ouvrent des perspectives            est supérieure à ce degré d’incertitude ; si
        nouvelles, quand à l’étude des influences       ce n’était pas le cas il serait difficile de
        électromagnétiques sur les êtres vivants,       considérer les creux comme quelque
        sujet brûlant d’actualité, mais peu reconnu     chose de significatif. En analysant les

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         mesures nous pouvons trouver ce que                       espèce avec une autre planète est généra-
         l’on appelle leur déviation standard, et en               lement perturbateur. Pourtant il ne faut
         déduire - par la théorie statistique - la                 pas exclure que d’autres phénomènes
         probabilité pour les valeurs moyennes de                  soient affectés différemment.
         rester entre certaines limites. Par exemple,              Ces derniers résultats apportent une
         l’intervalle dans lequel les valeurs                      confirmation remarquable de la nature
         moyennes ont 95 % de probabilité d’être                   cosmique du phénomène qu’il étudiait, et
         comprises. C’est ce que représentent les                  de la sensibilité des plantes aux influences
         lignes en pointillé. Toute variation à                    planétaires.
         l’extérieur sera alors communément
         acceptée comme probablement significa-                      Confirmation de l’attribution d’une
         tive. Les flèches soulignent les moments                           planète à une plante
         réels des alignements Lune-Saturne, le                    Bien entendu, l’idée d’une influence pré-
         déphasage étant nul en cette année. En                    pondérante d’une planète pour chaque
         prenant les moyennes sur 9 jours, on peut                 plante n’est pas une idée nouvelle, et
         lisser pratiquement toutes les variations à               c’est sur les indications de Rudolf Steiner
         court terme de la courbe, et c’est de cette               principalement que Lawrence Edwards
         façon qu’a été obtenue la courbe centrale                 établit ses premières hypothèses. Dans
         en trait continu. Elle nous montre la ten-                tous les cas, c’est l’expérience qui lui
         dance générale de la variation durant tout                dicta la correspondance, exception faite
         l’hiver. Nous voyons une augmentation                     des planètes intérieures et du Soleil qui
         lente et constante de λ jusqu’aux pre-                    représente un cas plus difficile que nous
         miers jours de février suivie par une                     n’aborderons pas ici. De plus, toute autre
         diminution de plus en plus rapide jusqu’à                 correspondance momentanée reste for-
         la fin mars. Cette dernière étant sans                    tuite et nécessiterait pour être valable à
         doute due au bourgeon qui commence                        long terme un décalage de phase spéci-
         très doucement à s’enfler avant son ouver-                fique pour chaque planète, et évoluant
         ture. Les huit alignements Lune-Saturne                   très rapidement et erratiquement : rien de
         d’octobre à février correspondent bien                    bien sensé ! Il n’y a donc qu’en 1982,
         aux seules chutes significatives de λ (en                 1989 et 1996 que les alignements corres-
         dehors de l’intervalle de confiance en                    pondent directement aux variations de λ,
         pointillé). Pourtant, les deux alignements                cependant que l’application du décalage
         qui entourent la conjonction de Mars et                   de phase donne une image très cohérente
         de Saturne ne sont pas associés à une                     à tout moment. Il existe pourtant encore
         chute significative de λ. Il ne reste que                 une autre preuve : la période séparant
         des variations résiduelles qui pourraient                 deux alignements consécutifs de la Lune
         être reliées à l’influence de planètes ayant              et d’une planète particulière varie mois
         un effet moindre sur le hêtre tel Jupiter,                après mois, tandis que la période moyenne
         comme semblent le montrer d’autres                        est constante et caractéristique de chaque
         études. La même perturbation du rythme                    planète. Dans le tableau 1, sont ainsi
         de deux semaines a été retrouvée pour de                  reportées la valeur moyenne ainsi que la
         nombreux événements de conjonction, ce                    valeur pondérée par le décalage cyclique
         qui permet d’affirmer que l’effet de                      sur 7 ans. Les moyennes calculées à par-
         conjonctions de la planète associée à une                 tir des observations de l définissent clai-

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        rement la planète associée dans la plupart        lution des idées qui accompagna la pro-
        des cas, en particulier pour le hêtre qui         gression de ses recherches. «C’est en
        totalise un grand nombre d’observations.          1950 que mon attention a été captivée
        Lawrence Edwards a entrepris cette                par le royaume complet de formes qui
        recherche avec un grand dévouement et             surgit lorsque nous apprenons à réitérer
        une objectivité scientifique, tout en étant       le simple processus de collineation, en
        son critique le plus sévère. Ses travaux          l’appliquant encore et à nouveau. Le
        sont de la plus haute importance, fournis-        monde des courbes harmoniques, et des
        sant comme il se doit des évidences objec-        surfaces harmoniques apparaît directe-
        tives dans le domaine du vivant quant à la        ment devant notre imagination. Il m’a
        relation particulière entre la Terre et le        fallu de longues années pour explorer ce
        cosmos. Ses travaux indiquent aussi une           monde avec mon professeur. Mais, c’est
        voie pour tester les effets de la technologie     seulement 14 ans plus tard, l’année sui-
        sur l’environnement, ce que démontrent            vant sa mort, que j’ai ressenti en 1964 la
        les résultats obtenus avec l’électricité.         première impulsion pour commencer à
        Un autre aspect important, qui préoccupe          mettre en pratique ces choses dans la
        l’homme depuis bien longtemps, est sou-           nature environnante. Au début, je voyais
        levé par ces travaux : la relation entre le       en effet les choses surtout à partir d’un
        monde extérieur des phénomènes percep-            point de vue spatial. Elles étaient les
        tible aux sens et le monde intérieur de la        formes répandues autour de moi, repo-
        pensée et de l’imagination qui trouve son         sant telles quelles, l’une à côté de l’autre.
        expression dans cette géométrie. Au moins         Je pouvais aller de l’une à l’autre, obser-
        dans certains cas, lorsque les formes sont        ver, mesurer, comparer, le but étant tou-
        du type de l’œuf ou du cône, le rapproche-        jours de trouver juste où et à quel point
        ment entre ces deux mondes est justifié           ces deux mondes de l’expérience des sens
        par les travaux de Lawrence Edwards. De           extérieurs et de l’imagination étaient un
        toute évidence, quelque chose de très puis-       miroir l’un de l’autre.»
        sant et de réel est à l’œuvre ici, mais est-il    Il a fallu que 14 ans supplémentaires se
        justifié de voir cette action dans et autour      soient passés, en 1978, pour que lui
        de l’espace de la plante par exemple ?            vienne l’impulsion d’introduire l’élément
        "J’en viens de plus en plus à penser que          temps dans son travail. «Pour la pre-
        ce n’est pas le cas. Je crois que nous            mière fois, j’ai cessé de considérer les
        avons affaire avec des formes non pas de          bourgeons comme des formes finies, mais
        l’espace, mais du temps." Ainsi en parti-         plutôt comme des stades d’un organisme
        culier avec la courbe du déphasage, nous          se développant dans le temps. J’ai ainsi
        pourrions avoir affaire à l’écoulement            étudié l’ouverture des bourgeons.
        d’un vaste vortex dans le temps. Bien que         Maintenant, avec du recul, je n’arrive
        là, beaucoup reste à faire pour simplement        pas à comprendre pourquoi il m’a fallu si
        commencer à s’orienter.                           longtemps pour réaliser l’importance de
                                                          cet aspect.»
           Lawrence Edwards résume ainsi                  Avec les résultats des observations sur
                  ses recherches                          l’ouverture des bourgeons et les travaux
        Il est ici intéressant de voir comment            sur l’influence des rythmes cosmiques,
        Lawrence Edwards lui-même décrit l’évo-           «on commence à comprendre où repose

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         l’importance de cette nouvelle étape. Dès                 transformation du bourgeon en forme de
         que l’on prend en compte l’élément du                     coupe du vortex, s’ouvrant à tout l’uni-
         temps, la nature du temps commence à se                   vers. Et nous voyons comment cette apo-
         révéler elle-même. Le temps est rythme,                   théose finale de la forme du bourgeon a
         est l’activité rythmique ; et ce rythme est               besoin d’être précédée de son opposé
         de la nature de la respiration ; pas seule-               polaire ; les deux processus vont de pair,
         ment l’influx et l’afflux d’air mais l’inspi-             chaque grande expiration étant précédée
         ration et l’expiration par un organisme                   d’un petit moment d’inspiration.»
         de son être essentiel, incarnant et excar-                De nouveaux collaborateurs sont toujours
         nant ; et ces deux processus polaires                     les bienvenus pour poursuivre le travail
         s’expriment dans la forme que prend un                    dans ce domaine vital de la recherche.
         organisme à un moment particulier. On                     Nous conseillons aux lecteurs intéressés
         commence à sentir qu’une augmentation                     par les détails techniques de consulter les
         de λ est associée avec l’inspiration et la                ouvrages donnés en références.
         tension, qui en arrive à un certain som-
         met avec la forme du bourgeon du rosier                   Pour résumer, il s’agit là d’une décou-
         sauvage, tandis qu’une diminution de l                    verte fondamentale qui mériterait, ne
         mène à la relaxation/relâchement, et                      serait-ce que par la rigueur du travail
         finalement quand l devient négatif, à la                  entrepris, d’être bien mieux connue. En
                                                                   rétablissant les intuitions anciennes et les
                                                                   indications plus récentes de Rudolf
                                                                   Steiner reliant la vie des plantes aux
                                                                   rythmes cosmiques, ces travaux confir-
                                                                   ment encore une fois les fondements de
                                                                   l’agriculture bio-dynamique.

                                                                                             OLIVIER FRITSCH
                                                                   Rédigé sur la base d’un article de Nick
                                                                   Thomas, collaborateur poursuivant une partie
                                                                   des travaux de Lawrence Edwards.
                                                                   Références :
                                                                   Raum und Gegenraum, L. Locher-Ernst,
                                                                   Philosophisch-Antroposophischer Verlag am
                                                                   Goetheanum, Dornach, 1957.
                                                                   Entre Soleil et Terre : La Plante, G. Adams et
                                                                   O. Whicher, Triades, 1982.
                                                                   The Field of Form, Lawrence Edwards, Floris
                                                                   Books, Edimburgh 1982.
                                                                   Projective Geometry, Lawrence Edwards,
                                                                   Rudolf Steiner Institute, Phoenixville, 1985.
                                                                   The Vortex of Life, Lawrence Edwards, Floris
                                                                   Press, Edimburgh, 1993.
         Le bois est plus dur et moins sujet à la pour-            Supplement and Sequel, Lawrence Edwards,
           riture s’il est abattu au début de la Lune              Volumes 1-7 (impression privée).
                            croissante.
           Le bûcheron, par Fernand Hodler 1910

  50   BIODYNAMIS   - Hors-série N° 13   Au rythme des planètes   MARS   2011
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